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interviewSUDRADIO· 15 juillet 2026 22 min

Abandons d'animaux / Le cri de détresse des pompiers volontaires

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Sud Radio, les débats de l'été, 10h-13h, Maxime Liedot. Bonjour à tous, bonjour à toutes. Soyez les bienvenus pour trois heures de discussion, de conversation, d'échange, de débat, d'altercation peut-être même. Soyons fous, un peu de folie, tiens, en ce mercredi 15 juillet, vous pouvez bien sûr vous installer autour de la table avec votre café. Vous êtes sur la route, vous avez un téléphone. Alors attention, quitte main libre, bien sûr, mais il y a un numéro à composer quand même, c'est le 0826-300-300. C'est le camarade Manu qui vous attend au standard et vous allez pouvoir nous joindre durant ces trois heures d'émission.

Si vous voulez réagir, nous interpeller, passer un coup de cœur ou un coup de gueule, ça arrive, il n'y a pas de souci. De quoi on va causer par rapport à l'actualité ? C'est une nouvelle qui est tombée hier. C'est le Premier ministre Sébastien Lecornu qui souhaite saisir le Conseil constitutionnel par rapport au vote concernant la fin de vie. La question qu'on va se poser ce matin, on ne va pas rentrer dans la popole, on ne va pas rentrer dans les inquiétudes des uns et des autres. En revanche, une question se pose, est-ce qu'on peut vraiment faire confiance à l'État quand il s'agit de mourir dans la dignité ? Dans le sens où est-ce qu'il est vraiment possible de mourir dans la dignité ?

Est-ce que vous, cette loi vous rassure ? Est-ce qu'elle vous inquiète ? Est-ce que vous comprenez ceux qui veulent s'empresser d'une certaine manière de pouvoir donner, aider certaines personnes à donner la mort ? Ou est-ce que vous êtes inquiet des dérives que cela peut provoquer ? Et même peut-être de la vision que cela provoque un État qui donne la mort, n'est-ce pas un peu étrange ? Je vous viendrai en parler avec nous au 0826 300 300. La Légion d'honneur, hier 14 juillet, on a eu la liste, et elle est large cette liste aujourd'hui de personnalités qui reçoivent la Légion d'honneur.

On passe par Nathalie Portemal, l'actrice américaine, par Christine Lagarde, qui est la directrice de la Banque Centrale Européenne. Ou encore, par exemple, Richard Malka, avocat, connu et reconnu, aujourd'hui, quand on voit les personnes qui l'ont, que ce soit des actrices, des chanteurs, des acteurs, peu importe, est-ce que la Légion d'honneur est devenue le gadget du pouvoir ? Est-ce qu'on ne la donne pas désormais à n'importe qui ? Ou quand même, il faut se rappeler que c'est une haute distinction nationale française créée par Napoléon Bonaparte en 1802, c'est censé récompenser le mérite, le civisme, le courage.

Et quoi qu'on en pense, quand on décore des personnalités comme celle-ci, ça participe aussi au rayonnement de la France. Venez nous donner votre avis au 0826 300 300. Et puis, on va causer lecture. Tiens, peut-être que vous êtes sur la route des vacances, peut-être que vous avez eu l'opportunité d'en prendre, de partir sur un petit bout de paradis en France et que vous avez amené quelques bouquins à table, ou en tout cas dans vos valises. La question qu'on se pose, c'est est-ce qu'on peut encore sauver la lecture en France ?

Parce qu'on voit, le marché ne se porte pas très bien, mais il y a une initiative rassurante, figurez-vous, un concept qui vient des États-Unis, qui s'installent tout doucement en France dans les grandes villes. Ça s'appelle les, pardonnez-moi mon accent anglais, les Reading Party, les Reading Party en bon français. Donc, c'est en tout cas des réunions de gens qui s'installent, qui se retrouvent pour lire et puis éventuellement après pour se rassembler, pour débriefer de leur lecture, pour évoquer les dernières pages qu'ils ont, bref, partager un peu le livre qu'ils ont entre les mains. Est-ce une bonne initiative ?

Est-ce que c'est comme ça qu'on va récupérer ceux qui ont abandonné la lecture ? Eh bien, vous viendrez avec nous en discuter au 0826 300 300. Pour le moment, il est 10h07, notre premier fait du jour. Et alors qu'il est 10h07 sur Sud Radio, notre premier fait du jour, en réalité, va s'intéresser à une liste d'abandons. C'est malheureusement un lot quotidien à chaque fois. Chaque été, on s'aperçoit que des personnes, tout simplement, abandonnent leurs animaux de compagnie partout en France. Bonjour Jacques Gauchy. Oui, bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes le président de la SPA. Fin juin 2026, et c'est un chiffre hallucinant.

Les refuges que vous gérez comptaient près de 7500 animaux en hausse par rapport, évidemment, à l'an dernier. Et on ne fait que longtemps depuis quelques heures maintenant. C'est vrai que cet été, c'est un chiffre et, on va dire, un mouvement. Oui, les abandons d'animaux sont vraiment de plus en plus nombreux.

3:48
Invité

Alors, en fait, c'est un peu plus compliqué que ça. Nous avons effectivement, depuis le début de l'année, plus de 10% d'animaux à prendre en charge dans nos refuges. Et notre inquiétude, c'est que l'été commence à peine et nous allons bien sûr avoir l'épisode des abandons. Alors, c'est essentiellement des chatons. Vous savez qu'en fait, et c'est ça que les gens ne savent pas, un couple de chats, en 4 ans, s'ils sont tous viables, en font près de 21 000. Donc, oui, les fibolets. En fait, ce qui se passe, c'est que des gens sont débordés par cette prolifération. On retrouve devant la porte de nos chenilles des petits cartons dans lesquels il y a des portées. Parfois, ils ne sont pas sevrés.

Donc, heureusement, nous avons des familles d'accueil provisoires et des bénévoles qui les prennent en charge. Et ensuite, il faut qu'on les passe à l'adoption. Et puis, il y a également une recrudescence. Alors, il faut être prudent parce qu'il y a de plus en plus de maltraitances. Mais ce n'est pas forcément parce que les gens maltraitent plus les animaux. C'est que nous avons, nous, dans nos réseaux, des enquêteurs qui sont sur le territoire et qui, donc, sont informés de maltraitances.

5:03
Présentateur

De signalement, ça ne veut pas dire qu'il y a forcément plus de maltraitances. C'est juste que, grâce à vos méthodes, vous les repérez davantage.

5:10
Invité

Exactement. C'est ça. Donc, il faut faire attention, effectivement, aux chiffres. Alors, c'est vrai que les gens sont souvent aussi débordés par la prolifération d'animaux chez eux. Il faut savoir que les animaux, les gens ne se rendent pas compte que quand ils prennent des animaux, ça a un coût.

5:26
Présentateur

Donc, un chien, le vétérinaire, que ce soit parfois aussi l'alimentation, certains équipements en fonction des situations, oui, c'est un choix de vie. Forcément, ça demande un peu d'argent pour l'assumer.

5:37
Invité

Absolument. Un chien, c'est environ 1 000 euros par an. Un chat, c'est environ 780 euros par an. Donc, c'est un coût. Et nous avions fait, l'an dernier, avec un cofinancement de la fondation Affinity et la SPA, nous avons fait une étude sur les causes de l'abandon. Et dans les causes de l'abandon...

5:55
Présentateur

C'est ce que j'allais vous demander. Outre les causes de l'abandon, c'est vrai que c'est toujours ahurissant quand on découvre, là, au cœur de l'été, une hausse des abandons. Donc, outre les raisons que vous allez nous donner dans un instant, c'est quoi ? On part en vacances et on s'aperçoit que c'est un peu compliqué. Le chien qui tire la langue dans la voiture, à transporter sur un lieu de vacances, un chat qu'il faut transporter dans un carton qui miaule peut-être pendant 5 heures de trajet.

6:14
Invité

Il y a sans doute ce cliché, mais il n'y a pas que ça. Il y a en fait, dans notre étude, nous avons identifié la cause essentielle, c'est la perte de mobilité, l'incapacité de pouvoir conduire par la vieillesse. Et puis, il y a ensuite l'aspect rupture familiale, c'est assez important, et puis difficulté financière. Et on vient de le voir au niveau du coût. Alors maintenant, le problème, c'est aussi...

6:41
Présentateur

Quand vous parlez simplement, Jacques Gauchy, en rappelant que vous êtes président de la SPA, quand vous parlez des ruptures familiales, c'est-à-dire des situations familiales qui éclatent, c'est ça ? Une séparation, un divorce, c'est ça ?

6:50
Invité

C'est exactement ça, c'est ça. Le problème qui se pose, c'est... Il y a aussi, heureusement, nous avons ce qu'on appelle l'abandon volontaire. Les gens se rendent compte qu'ils ne peuvent plus s'occuper de leur animal, et ils viennent nous l'apporter. Ça, la démarche est plus vertueuse, déjà. Mais pour l'essentiel, c'est ça. Mais on lutte contre ce qu'on appelle l'achat compulsif.

7:18
Présentateur

C'est ce que j'allais vous poser. Est-ce que ce n'est pas aussi l'occasion de rappeler, alors qu'au cœur de l'été, on le sait toujours, il y a une multiplication de ce type d'actes assez haut dur. Est-ce qu'il ne faut pas rappeler ce que engendre réellement le choix d'un animal de compagnie chez soi ? C'est-à-dire que, oui, ça va prendre du temps, oui, ça va parfois être des moments un peu plus pénibles, oui, ça va demander des coûts, oui, ça va demander de l'attention. Ce n'est pas uniquement... Enfin, je veux dire, on n'achète pas un gadget en ligne, là.

7:41
Invité

C'est exactement ça. Nous avons réussi à faire interdire la vente dans les animaleries. Mais là, c'est peut-être un petit peu ce qu'on aurait dû y penser. On a oublié les foires et salons de chiots et de chats. Et là, c'est que les gens, effectivement, conviennent. Oh, il est joli, il est joli. Et ils ne se rendent pas compte qu'après, d'abord, les chiens, suivant leur taille, quand ils sont petits, ils sont petits, mais ils peuvent devenir très, très gros. Et puis, après, les chats ont leur caractère. Il y a des chats qui sont compatibles à l'enfant, d'autres qui ne le sont pas. Donc, tout ça, c'est l'éducation qu'il faut faire.

8:19
Présentateur

On parle depuis tout à l'heure, Jacques Gauchy, des abandons d'animaux. Je rappelle qu'il y a une loi qui encadre tout ça et que c'est un délit, l'abandon d'un animal. C'est un délit passible de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. J'imagine que parfois, il vous arrive de suivre certains dossiers d'abandon comme ceux qu'on peut évoquer régulièrement dans l'actualité. Est-ce que cette loi est suffisamment évoquée ? Ou là aussi, on s'aperçoit que certes, dans le texte, c'est un peu rude. Mais alors que quelqu'un qui abandonne son chien sur une bretelle d'autoroute, bon, finalement, il prendra quelques mois avec sursis, on n'en parle plus.

8:49
Invité

Alors, c'est un peu plus compliqué que ça. Je pense que les sanctions sont bien proportionnées. Le problème, c'est qu'il faut les attraper, les gens. La personne qui veut aborder son animal, il ne va pas le faire publiquement. Donc, je n'ai pas de statistiques, mais il faudrait voir avec les gendarmes et la police. Mais je pense que c'est assez rare de pouvoir trouver le délinquant et le punir. Mais sinon, au niveau des peines, elles sont sévères. Donc, ce n'est pas la peine de les remonter. En plus, il est possible que les gens qui pratiquent les abandons ne sont pas solvables. Donc, non, je pense que c'est la difficulté d'arriver à prendre sur le fait la personne qui abandonne.

9:34
Présentateur

Jacques Gauchy, vous êtes président de la SPA. Votre association gère un réseau assez immense. Vous avez plus de 64 refuges, 12 dispensaires. Et vous vous appuyez sur un réseau excessivement solide de 7000 bénévoles et 830 salariés. Ma question, elle est simple pour les quelques secondes encore qui nous restent dans notre conversation, Jacques Gauchy. Pour tous ceux qui sont en train de nous entendre, qui ont une véritable petite passion pour les animaux, j'imagine qu'ils aimeraient apporter de l'aide dans cette période où les abondances multiplient. Comment ils font pour vous rejoindre s'ils en ont envie ?

10:00
Invité

Alors, c'est très, très simple. Il y a le site qui s'est la-du-6-spa.fr. Dessous, il y a toutes les indications. Alors, je vous rappelle en plus qu'on peut faire des dons, même minimes. Et ensuite, on peut très facilement contacter dans sa région via ce site le refuge pour se présenter comme bénévole. Et même à la limite aussi, avec une formation minimale, comme délégué enquêteur.

10:25
Présentateur

Il y a des moyens d'apporter son soutien quand, de temps en temps, on le souhaite. Ça, c'est bien noté. Merci beaucoup, Jacques Gauchy, président de l'ASPA, d'avoir été avec nous ce matin. Et en cette période, on cause bien sûr beaucoup de la canicule, beaucoup d'incendie, beaucoup des départs en vacances avec parfois un ton de légèreté. Il ne faut pas oublier que pour certains, c'est un prétexte pour commettre cet acte odieux, c'est-à-dire abandonner certains animaux. Mais vous l'avez entendu, c'est un sujet qui vous interpelle. Vous avez envie de proposer votre aide, ça tombe bien.

Vous allez sur le site de l'ASPA, vous avez entendu un même sans diplôme, même sans compétence entre parenthèses reconnue. Mais vous pouvez donner un coup de pouce à cette association, l'ASPA, si vous aimez les animaux. C'est toujours l'occasion, ça fera la bonne action de l'été. Il est 10h15 sur Soudradio. Dans un instant, je vous le disais, un contexte toujours extrêmement sévère, de canicule, d'incendie, avec des pompiers qui sont sur le terrain. Beaucoup de pompiers, près de 32 000 hectares de forêt, sont partis en fumée depuis le début de la saison 2026. C'est pour vous donner quand même un cadre. Il faut savoir que la plupart des pompiers sur le terrain sont volontaires.

Mais il n'y en a pas quelques-uns des volontaires. Ils sont près de 80% des effectifs actuellement en luttant contre les flammes. C'est 80% de volontaires. On sera avec Bruno Ménard dans un instant, qui est le secrétaire général du syndicat général, du syndicat des sapeurs-pompiers volontaires. Il va nous expliquer que, oui, aujourd'hui, si les pompiers sont sur le terrain, c'est grâce aux volontaires. C'est grâce à des jeunes. Et en plus, il va passer un coup de gueule, parce que vous n'avez même pas idée de combien ils sont payés. pour être directement sur le front, face aux flammes, et gâcher leur été pour essayer de sauver certaines parties du territoire.

Vous allez tomber de votre chaise. A tout de suite sur Sud Radio. Il est 10h20 sur Sud Radio. La suite de nos faits du jour. On s'est intéressé à cette hausse, qui est malheureusement une marotte dans l'actualité. À partir du moment où on rentre dans cette période d'été, cette marotte, c'était l'abandon des animaux. On en a discuté il y a quelques instants avec le directeur de la SPA. Cette fois-ci, on va s'intéresser à ceux qui sont sur le terrain, qui se battent actuellement par la chaleur, au milieu des flammes, pour tenter de sauver une forêt, des habitations, des parcelles de terrain, des maisons dans le sud. Ce sont nos pompiers.

Est-ce que vous savez qu'actuellement, alors que 32 000 hectares de forêt sont partis en fumée depuis le début de la saison 2026, tous les pompiers, ou une majorité des pompiers sur le terrain, sont des volontaires ? Le chiffre, il est effarant. 80% des effectifs actuellement sont des sapeurs-pompiers volontaires. Bonjour Bruno Ménard. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes le secrétaire général du syndicat des sapeurs-pompiers volontaires. Je le disais, 80% des sapeurs-pompiers sauvons le terre. Ça représente près de 200 000 soldats du feu.

C'est clairement vous, aujourd'hui, qui tenez d'une certaine manière le front face aux flammes et face aux périodes extrêmement difficiles que nous connaissons cet été.

13:09
Invité

Bien sûr. Les sapeurs-pompiers volontaires, comme vous le dites, c'est 80% des effectifs en France et c'est également 67 à 68% des interventions. Ça veut dire que deux fois sur trois, quand vous croisez un pompier en intervention, c'est involontaire. Et sans nous, le système de sécurité civile s'effondre.

13:26
Présentateur

Mais c'est quand même ça qui est hallucinant. C'est-à-dire que quand on a eu envie de faire le sujet dans la rédaction, on en a parlé tous ensemble et c'est presque, quand je voudrais dire ça, inenvisageable, inouïe de se dire qu'aujourd'hui, la plupart des personnes sur le terrain sont de jeunes sapeurs-pompiers volontaires. C'est-à-dire que tout ce qu'on voit à la télévision, les images assez extraordinaires, parfois effrayantes, ça tient sur vous, ça tient sur une poignée de volontaires.

13:51
Invité

Ça tient sur nous, en effet. Un sapeur-pompier volontaire, pour bien expliquer ce que c'est réellement, c'est un homme, une femme, qui a un emploi à côté, qui est salarié, ouvrier, étudiant, chef d'entreprise, chômeur, et qui a pris un engagement citoyen, volontaire et bénévole, pour aider la population. C'est ça, un sapeur-pompier volontaire en France.

14:12
Présentateur

Bruno Ménard, est-ce qu'on peut, dans la suite de ce que vous venez de dire, est-ce qu'il y a un peu un portrait robot aujourd'hui, par exemple, du sapeur-pompier volontaire ? Est-ce qu'on sait, je ne sais pas moi, est-ce que c'est plus facilement un homme, plus facilement une trentaine d'années, plus facilement jeune, ou vous avez vraiment toute la population qui décide de s'engager derrière votre tenue de pompier ?

14:30
Invité

Toute la population aimerait s'engager derrière la tenue de pompier, par contre, toute la population ne peut pas le faire. Ce qu'on sait, par exemple, c'est que trois pompiers volontaires sur quatre sont des hommes. Pourquoi ? Parce qu'une femme qui a des enfants en bas âge ou pas, va rester plus facilement garder les enfants qu'un homme. Attention, ce n'est pas sexiste, ce que je dis, c'est une réalité. C'est actuel, moi je pense qu'il faudrait plus de femmes dans le corps des sapeurs-pompiers, comme il faudrait plus de profils diversifiés, il faudrait vraiment ouvrir à tout le monde, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui.

15:10
Présentateur

Et Bruno Ménard, pour qu'on puisse réaliser, là évidemment l'actualité, mais particulièrement l'objectif sur ces pompiers qui sont extrêmement mobilisés, peut-être sur une année, est-ce qu'on peut avoir une idée quand on s'engage, quand on est pompier volontaire, concrètement, on fait combien d'heures par an ?

15:26
Invité

On va être sur entre 800 et 1000 heures par an, avec certains services départementaux d'incendie de secours qui demandent 1400 heures, et lorsqu'on n'arrive pas à remplir ces 1400 heures, on nous dit, la porte elle est là, si tu n'y arrives pas, tu démissionnes. C'est la réalité. Donc 1400 heures, c'est quasiment un deuxième temps plein.

15:47
Présentateur

C'est un tout petit peu hallucinant en plus ce que vous nous racontez. Il y a autre chose d'hallucinant quand on se penche un peu sur le dossier, et il faut peut-être le répéter, et surtout quand on passe nos journées à voir des régions ravagées par les flammes, c'est la rémunération

16:01
Invité

qui frôle le scan-là. Un sapeur pompier, il faut le dire. Personne le sait, et quand on commence à dire la réalité, tout le monde est stupéfait par rapport à ces chiffres. Un sapeur pompier qui va être sur le terrain pour éteindre les feux, aujourd'hui en France, va toucher entre 8 et 10 euros de l'heure. Donc 8 à 10 euros, c'est pour courir après les flammes et risquer sa vie. Chacun en fera son opinion. Et un autre chiffre qui peut être aussi intéressant à donner, c'est lorsqu'un sapeur pompier volontaire est à domicile, chez lui, attendre que le bip sonne pour partir en intervention, c'est 40 centimes de l'heure qui touche.

16:47
Présentateur

40 centimes de l'heure et à peine 10 euros de l'heure quand ce sont des sapeurs pompiers volontaires qui sont sur le terrain, la plupart du temps, il faut le dire, quand même dans des situations dangereuses, on n'arrête pas de le voir ces dernières heures, et ça, c'est à peine une dizaine d'euros.

17:03
Invité

C'est minimum 8,40 euros et pour un officier, ça peut monter à 12 euros de l'heure.

17:09
Présentateur

C'est bien ça. Et j'imagine quand même, parce que je suis sûr que la plupart des auditeurs qui actuellement vous entendent, Bruno Ménard, en rappelant que vous êtes le secrétaire général du syndicat des sapeurs-pompiers volontaires, pardon, mais tombe un peu de leur chaise. J'imagine qu'il y a eu parfois des discussions, il y a eu des échanges, il y a eu des revendications au plus haut sommet de l'État en disant, écoutez, on ne peut pas à ce point faire tenir sur nos épaules de volontaires la structure pompier en France et être payé si peu. Qu'est-ce qu'on vous a répondu dans ces cas-là ?

17:34
Invité

Ah mais il ne faut surtout pas le dire. Ah d'accord, on vous interdit de le dire. On vous déconseille de le dire. Tout est fait aujourd'hui, tout est organisé pour éviter de dire ces choses-là. Parce qu'imaginez, les services départementaux et les agences sont indemnisés ou rémunérés par les collectivités territoriales, donc par les impôts des habitants des départements. Donc si on commence à augmenter les sapeurs-pompiers volontaires ou professionnels, derrière, c'est une augmentation des impôts qui suit. C'est ça la réalité.

18:05
Présentateur

On pourrait très bien se dire que précisément quand on lève des impôts, on a le droit aussi de choisir la répartition de l'argent et la répartition de l'argent, on a peut-être beaucoup plus envie de le mettre dans les sapeurs-pompiers volontaires que dans des associations, que dans des reconstructions, que dans des associations et autres choix. En réalité, c'est une question de volonté là.

18:25
Invité

Alors ça, c'est de la politique. Mais une chose qui est sûre et certaine aujourd'hui, et on le voit très concrètement sur le terrain, c'est que nous n'avons plus du tout assez d'effectifs partout en France. Certes, il y a du recrutement, mais les personnes ne restent pas. Et globalement, depuis 25 ans,

18:50
Présentateur

si on se plonge dans les chiffres, les sapeurs-pompiers, le chiffre, le nombre de sapeurs-pompiers en France, on reste aux alentours des 200 000. C'est-à-dire qu'on n'arrive pas à dépasser un certain plafond de verre.

19:00
Invité

On n'arrive pas à dépasser ce plafond de verre, ces 200 000. Par contre, le nombre d'interventions a pris 50% d'augmentation en l'espace de 25 ans.

19:10
Présentateur

Donc forcément, on comprend parfois ceux qui gueulent sur le terrain. Encore une question quand même, Bruno Ménard, vous êtes le secrétaire général du syndicat des sapeurs-pompiers volontaires. On a aperçu, il y a quelques heures, que dans l'incendie de Fontainebleau, qui ravage ce grand poumon proche de la capitale, on a reconnu et on a su que c'était un sapeur-pompier volontaire qui avait reconnu son implication dans les incendies qui touchent cette forêt. Comment vous avez reçu cette information ?

19:39
Invité

Alors malheureusement, là aussi, il faut dire les choses, on sait que ça existe. Ce n'est pas une chimère. Il y a eu d'autres cas dans l'histoire des feux de forêt en France.

19:49
Présentateur

C'est-à-dire que quand vous dites que ça existe en réalité, quand vous dites quoi ? C'est que dans le profil de certains sapeurs-pompiers volontaires, il y a, on va dire, des gens qui sont loin d'être églos, c'est ça ?

19:59
Invité

Alors je vais présenter ça plutôt d'une façon différente parce qu'on est quand même sur un versant psychiatrique. Un certain nombre de personnes d'incendiaires essayent de rentrer sapeurs-pompiers volontaires parce qu'ils ont une fascination du feu. Et ces personnes ne sont pas forcément identifiées parce qu'identifier un sociopathe aujourd'hui, c'est très complexe, c'est très compliqué. Donc il ne faut pas lancer non plus la pierre sur les services départementaux d'incendies de secours. 5% de la population en France est sociopathe. Donc c'est logique de retrouver ce pourcentage chez les policiers comme chez les gendarmes. Voilà, c'est une réalité et ça, les 10 n'y peuvent rien.

20:45
Présentateur

Mais bravo à vous d'une certaine manière Bruno Ménard. Certes, merci dans un premier temps d'avoir été avec nous ce matin et bravo pour tout le travail que vous faites en tant que sapeurs-pompiers volontaires et en tant que secrétaire général du syndicat des sapeurs-pompiers volontaires. Faut-il le rappeler, 32 000 hectares de forêt partis en fumée depuis le début de la saison et 80% des effectifs actuellement sur le terrain sont des sapeurs-pompiers volontaires. Vous l'avez entendu, quand ils sont tranquillement chez eux à attendre par exemple en permanence 40 centimes de l'heure et ils sont payés entre 8 et 12 euros quand ils sont actuellement en proie ou en combat face aux flammes.

C'est quand même quelque chose qui devrait nous faire réfléchir quand on voit ce type d'incident qui se multiplie. Dans un instant, alors qu'il est 10h29 sur Sud Radio, on va s'interroger, on va balayer l'actualité avec nos débatteurs et vous, amis auditeurs, 0826 300 300, vous venez participer à la conversation. On va causer de l'aide à mourir, un Premier ministre qui saisit le Conseil constitutionnel, un vote qui aura lieu dans quelques heures à l'Assemblée nationale et cette question, est-ce qu'on peut vraiment, est-ce qu'on peut vraiment mourir dans la dignité ? 0826 300 300. Tiens, on va s'interroger aussi sur la Légion d'honneur hier 14 juillet.

Nouvelle sélection de personnalités qui méritent visiblement cette haute distinction. On a de l'actrice américaine, on a de la directrice de Banque Centrale, on a de l'avocat, on a de l'actrice. Est-ce qu'aujourd'hui, la Légion d'honneur est autre chose qu'un simple gadget du pouvoir pour faire plaisir ? Là aussi, vous participez à la conversation au 0826 300 300. A tout de suite sur Sud Radio.