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interviewFrance Culture — Sens politique· 5 avril 2025 44 min

Erwan Balanant (député MoDem) : "La politique est un acte de création"

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0:08
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Sens Politique, l'émission qui prend le temps de connaître un invité pour décryptir avec lui son parcours, son engagement et sa personnalité au rythme de l'actualité. Notre invité est un homme, féministe, photographe et ancien champion de France de Sceaux en hauteur, ce qui n'est pas très fréquent en politique. Né en 1971 dans le Morbihan en Bretagne, son père est maire de Rédené, 2000 habitants dans le Finistère. Petit, il traîne dans la salle du conseil municipal et n'arrive pas à dater le début de son engagement comme s'il avait toujours été là.

En 2008, 36 ans, il suit les traces familiales adjoint au maire de Quimperlé, au sud du département, 35 km de Concarneau, et une tentative d'être maire en 2014, il échoue de peu face au Parti Socialiste. Entre temps, il a pris sa carte au Modem pour François Bayrou et l'élection de 2007. En 2012, nouvelle campagne présidentielle, il est conseillé à la communication visuelle, l'œil du réalisateur, lui qui a déjà fait des clips et des concerts de chanteurs. 2015, rapprochement du Modem avec la droite, il claque la porte du mouvement centriste pour rejoindre, deux ans plus tard, l'aventure En Marche. Élu député en 2017 de la huitième circonscription du Finistère, réélu deux fois depuis.

Que pense-t-il des premiers mois de François Bayrou à Matignon ? Comment juge-t-il la situation politique et internationale ? Il vient de passer six mois à enquêter comme député sur les violences sexuelles dans le milieu du spectacle et du cinéma. Il nous dévoile en avant-première les recommandations de son rapport. Bonjour Erwann Balanant. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation et merci à vous de nous écouter. Comme chaque samedi, nous sommes ensemble jusqu'à 13h30. Je n'ai jamais rencontré de politique diplômée en art. Et vous ?

1:58
Erwan Balanant

Il doit y en avoir quelques-uns peut-être. Il faudrait qu'il y en ait plus. Parce que je pense que la politique est un acte de création. C'est-à-dire écrire la loi, c'est un processus et un travail qui demandent d'être créatif à mon avis. Parce que créer, c'est inventer des choses nouvelles. Et quand on fait la loi, il faut parfois inventer des choses nouvelles. Il faut parfois être un peu un terme qui a été à la mode à un moment donné, destructif. Mais je crois que c'est quelque chose qui pourrait être utile d'avoir plus de personnes issues de ces professions. artistiques et designers et tout, architectes, tous des gens qui créent à partir de la contrainte.

Parce que c'est ça qui est intéressant aussi dans le geste de création politique. On le fait à partir de la contrainte, comme en art en réalité.

2:43
Présentateur

Vous êtes titulaire d'une maîtrise d'histoire contemporaine obtenue à Rennes 2, d'un Master of Art en 1997 à l'École Nationale Supérieure de Création Industrielle du London College of Printing. Et vous êtes passé par l'École du Louvre. Qu'est-ce que ce parcours change pour vous, Erwann Balanant, dans votre rapport à la politique ?

3:00
Erwan Balanant

Les études d'histoire à Rennes 2, on connaît Rennes 2, c'est une université hautement politique qui politise le discours, qui politise les gens. Et moi, j'ai beaucoup appris à Rennes 2. J'ai eu un prof que j'ai beaucoup aimé, Alain Croix, qui était un prof plutôt communiste, mais quelqu'un qui m'a appris le sens critique. Ensuite, les études de l'École du Louvre, ça donne une ouverture, une connaissance un peu encyclopédique, académique de l'art. Et puis, l'ENSI Les Ateliers, qui est la grande école de design en France, moi, j'ai fait les premières années des formations autour du design numérique. Et ça, ça apprend une méthodologie de travail sur...

Vous avez des contraintes, vous avez un cahier des charges, et vous devez répondre à une fonction, vous devez répondre à un besoin. Et c'est quelque chose qui me sert beaucoup en politique quand j'aborde les textes de loi et quand j'aborde le travail parlementaire. C'est-à-dire faire des constats, analyser, et ensuite essayer de créer des dispositifs législatifs qui répondent à la demande et qui répondent évidemment aux citoyens.

4:04
Présentateur

Ensuite, vous devenez photographe, puis réalisateur. En 2009, vous travaillez pour Florent Pagny, Marc Lavoine, Béry. Vous faites des, je le disais en introduction, des spectacles que vous réalisez, des clips également. À quel moment on passe de cette vie-là à député du Modem à l'Assemblée nationale, huit ans plus tard ?

4:21
Erwan Balanant

Mais j'ai jamais quitté l'engagement politique. Vous avez parlé de mon père, qui était maire de la commune, mais ma mère a été pendant presque 30 ans présidente de la communauté Emmaüs, sur la même commune. Et j'ai baigné dans ce qui est justement le sens politique de la vie, c'est-à-dire l'engagement pour les autres. Et ça m'a jamais quitté, en fait. Et même quand j'étais, je me souviens que certains des moments dont vous parlez là, 2012, je me souviens, je travaillais avec Marc Lavoine et j'avais essayé de l'embarquer à un des premiers meetings de François Bayrou, pas en 2012, même en 2007, je crois. Bon voilà, ça m'a jamais quitté, en fait.

5:03
Présentateur

Et il n'avait pas suivi ?

5:04
Erwan Balanant

Il n'était pas loin, mais non, il avait dit que son père, qui était un vieux communiste, ne lui aurait peut-être pas pardonné.

5:11
Présentateur

En 2017, vous exposez à la Villa des Arts, dans le 18e arrondissement de Paris, un travail documentaire photographique sur les femmes en situation de grande précarité. Une expo qui s'appelle « À la rencontre des femmes oubliées » avec la journaliste Héloïse Bouton. Vous avez suivi pendant six mois des maraudes des femmes en situation de grande précarité. Est-ce que là, vous mêlez votre engagement artistique et féministe, Erwann Baladan ? Et est-ce qu'en tant que député, vous avez pu le poursuivre, ce combat-là, pour ces femmes-là ?

5:36
Erwan Balanant

Alors, oui, oui, parce que c'est le sens de mon engagement à la délégation aux droits des femmes pendant le premier mandat. C'était ce sujet-là. On a beaucoup travaillé sur les problèmes de précarité. On a beaucoup travaillé, de façon plus générale, sur l'égalité femmes-hommes. Mais ce moment-là, qui est un moment assez étonnant d'ailleurs, parce que c'est un moment de ma vie d'artiste qui était en train peut-être de décoller. C'est ma dernière expo, mon dernier vrai travail photographique avant d'être élu. Mais il était important parce que c'était un moment très émouvant de passer ces six mois tous les jeudis soirs et les mercredis et les jeudis soirs avec elles dans leur quotidien.

Et on en avait tiré une expo photo avec les textes d'Héloïse Bouton qui étaient des textes très beaux, très forts. Ça participe au travail parlementaire ensuite, d'avoir un peu être trempé dans le réel. S'il fallait prendre une photo pour illustrer la situation française

6:38
Présentateur

ou internationale du moment, vous iriez où ?

6:41
Erwan Balanant

Peut-être dimanche, place Vauban. Ce sera là. Je pense que c'est là qu'il faut aller pour voir cette énorme contestation de l'état de droit qui est en train de s'organiser dans notre pays par Marine Le Pen et ses affidés.

6:59
Présentateur

Vous parlez du rassemblement de Jordan Barnella et Marine Le Pen après la décision de justice de lundi. Exactement.

7:05
Invité

Il est vrai qu'il y a des interrogations. Et j'ai moi-même souvent exprimé des interrogations sur le seul sujet qui me paraît devoir être dans cette affaire sous notre observation. En principe de droit, toute décision lourde et grave en matière pénale doit être susceptible d'appel. Toute décision est de recours. Il se trouve que le seul point de l'exécution provisoire fait que des décisions lourdes et graves ne sont pas susceptibles de recours. Des décisions potentiellement porteuses de conséquences irréversibles ne sont pas susceptibles d'appel.

Je l'ai dit comme citoyen à différentes reprises, par exemple pour le maire de Toulon, je considère qu'il devrait y avoir possibilité, je considère comme citoyen, qu'il devrait y avoir... Je suis citoyen. Je suis citoyen. Voilà. Et donc, les principes du droit... Allez, s'il vous plaît. Et donc, les principes du droit font que les décisions de justice sont protégées, que les magistrats doivent être soutenus et que c'est au Parlement, lorsqu'il s'agit de s'interroger, de prendre ses responsabilités.

8:52
Présentateur

François Bayrou, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, mardi 1er avril, au lendemain de la condamnation dont on parlait à Rwane Balanand, de Marine Le Pen à 4 ans de prison, dont 2 fermes, inéligibilité de 5 ans, avec exécution provisoire, elle a fait appel de cette décision. Est-ce que, dans l'enceinte de l'hémicycle, François Bayrou est citoyen ou Premier ministre ? Il est Premier ministre.

9:12
Erwan Balanant

Quand on est Premier ministre, il y a des règles qu'on doit rappeler, qu'il a rappelées d'ailleurs. Il l'a rappelé avant ou après, je ne sais plus exactement. La règle... Et quand on est Premier ministre, il faut aussi rappeler ce qu'est une démocratie. Et aujourd'hui, on a des attaques frontales sur ce qu'est notre modèle démocratique. La démocratie, c'est des votes, effectivement, des citoyens qui votent pour leurs représentants, les députés. On a aussi le vote des sénateurs. Et l'Assemblée et le Sénat, le Parlement font la loi. Les juges appliquent la loi. Et si, à un moment donné, les citoyens et la pression citoyenne estiment que la loi doit changer, on peut imaginer changer la loi.

Mais jamais, jamais, on ne critique la décision des juges. D'ailleurs, ce n'est pas ce que fait François Bayrou. François n'a aucun moment critiqué les juges. Il n'a pas critiqué le jugement, il a critiqué le dispositif

10:12
Présentateur

qui permettait le jugement. Il a quand même fait savoir, par son entourage, qu'il était, je cite, « troublé par cette décision ». Est-ce bien son rôle en tant que Premier ministre ?

10:20
Erwan Balanant

Oui, alors moi, je l'ai dit, je n'ai pas été troublé. Moi, je le dis, ce qui vient de se passer, malgré les attaques de Marine Le Pen qui dit que c'est un déni de démocratie, c'est tout le contraire, en fait. C'est le schéma démocratique qui vient de se dérouler. C'est-à-dire, les juges, au nom du peuple français, ont appliqué les textes qui sont les textes qui sont le droit positif, qui est le droit positif. Ils n'ont rien fait d'autre que cela. Et toute attaque sur les juges, plus des attaques en plus, parfois, personnellement, sur des juges, voilà, sont inadmissibles.

Et ce qui est en train de se produire avec l'émission, la manifestation de dimanche est une attaque frontale à la démocratie, pour moi. Et c'est quelque chose qui s'organise au niveau international, en ce moment. Les premiers soutiens de Marine Le Pen ont été des personnes qui, dans leur pays, ont remis en cause l'état de droit, l'ont transformé. Je pense à la Hongrie, pardon, je pense à Elon Musk, je pense à un certain nombre de personnes qui, aujourd'hui, dans une sorte d'organisation internationale d'extrême droite, pour ne pas dire internationale fasciste, sont en train d'organiser une remise en cause totale de notre modèle démocratique occidental.

11:42
Présentateur

On voit que les mots ne sont pas du tout les mêmes que ceux de François Bayrou, qui est dans votre parti. En janvier, par exemple, ce qu'il disait, il estima que ces procès visant le modem comme l'URN, parce qu'on va en parler, le modem a aussi été condamné pour les mêmes faits, ces procès étaient fondés, je cite, sur une accusation injuste, disait François Bayrou.

12:02
Erwan Balanant

Alors, c'est François Bayrou sur cette question, il pense qu'un attaché parlementaire fait automatiquement de la politique. Et pour le coup, il n'a pas tout à fait tort. Et la frontière est subtile. Vous avez dit que le modem a été condamné pour les mêmes faits, et non, pas du tout. Le modem, la condamnation, elle est minime sur une somme qui n'a rien à voir avec les 4,1 millions. C'est 300 000 euros ? 200 000 euros.

12:28
Présentateur

200 000 euros.

12:29
Erwan Balanant

200 000 euros.

12:30
Présentateur

Il y a eu quelques condamnations dans le rang. Il y a eu quelques condamnations

12:32
Erwan Balanant

qui sont plus de l'ordre des erreurs de calibrage d'un certain nombre de contrats. Chez nous, nous avions décidé d'avoir des contrats quand vous étiez attaché parlementaire. si vous travailliez pour le parti, vous aviez un double contrat et donc vous étiez à mi-temps pour l'un et à mi-temps pour l'autre, pour que ça soit clair. Et ça a été reconnu par la juge pour le cas du modem qu'il n'y avait pas eu d'organisation de détournement d'argent public au modem. Il y a eu quelques erreurs, mais pas d'organisation. Et c'est toute la différence.

13:02
Présentateur

Est-ce que François Bayrou, s'il a cette attitude dans cette histoire, c'est aussi parce qu'il serait jugé parti ? Parce qu'il a été relaxé en première instance, mais le parquet a fait appel pour son cas à lui.

13:14
Erwan Balanant

François Bayrou a très mal vécu ce procès sur le modem parce que c'était des accusations qu'il a qualifiées d'injustes et qui, je pense, pour le cas du modem étaient assez injustes. La preuve, on n'est pas au niveau de détournement massif comme 4,1 millions, je rappelle. 4,1 millions. Avec en plus une organisation qui est quasi militaire pour le faire et qui est assumée. Et c'est ça qui est grave chez Marine Le Pen. D'ailleurs, c'est ce qui explique en partie la décision des juges sur la sévérité. C'est que c'est assumé.

Et chez nous, on a toujours été très vigilants sur l'argent public et sur ces contrats et sur cette difficulté d'avoir des gens qui travaillent effectivement pour un parti et en même temps pour un parlementaire. Ce qui est assez souvent logique. Et on avait fait des doubles contrats. Donc on était dans quelque chose de profondément différent et François Bayrou l'a particulièrement vécu. Oui, alors est-ce que c'est ce qui explique son trouble ? Peut-être, évidemment. Mais je crois qu'en tant que Premier ministre, il l'a fait, il a bien rappelé qu'on ne conteste pas les décisions de justice sauf quand on est mis en cause et qu'on peut évidemment faire appel.

14:24
Présentateur

Est-ce qu'il y a un cordon sanitaire entre le Modem et le RN ? Je vous dis ça à Rouen Balanant parce que François Bayrou est assez clément parfois avec Marine Le Pen. Il lui a donné son parrainage à la présidence qu'il y a l'an en 2022. Juste avant ce jugement de lundi dernier, ils échangeaient ensemble sur la proportionnelle. Il voulait accéder à sa demande de créer une banque de la démocratie. Est-ce qu'il y a des liens entre vos partis ?

14:45
Erwan Balanant

Alors la banque de la démocratie c'est nous. C'est nous qui l'avons proposée il y a très longtemps et Marine Le Pen a souhaité la reprendre. Ce qu'il y a, le cordon sanitaire il est total sur les idées du RN. Chez nous, vous n'aurez pas un parlementaire pour être bienveillant vis-à-vis des idées du RN. Nous les combattons et nous les combattons avec force et détermination tout le temps. Mais ce que exprime là François Bayrou je pense c'est cette idée de se dire que c'est une famille politique française et qu'elle a le droit de s'exprimer. Mais je... Oui, elle a le droit de s'exprimer mais il faut qu'elle s'exprime dans le cadre de nos institutions et en respectant nos institutions.

Marine Le Pen a déposé un projet de loi constitutionnelle le 25 janvier 2024 il n'y a pas très longtemps. Et ce projet de loi constitutionnelle dépaisse complètement notre cinquième république et on ne l'a pas dit assez. Et ces gens-là c'est le rassemblement national n'a qu'une idée c'est de faire écrouler notre système démocratique et notre système de valeurs.

15:56
Présentateur

Mais justement en accédant à sa demande si le premier ministre le fait sur la proportionnelle n'est-ce pas lui faire un cadeau ?

16:04
Erwan Balanant

C'est la proportionnelle pour moi on en a déjà parlé ensemble dans d'autres émissions je pense que c'est un système qui est un système juste qui est un système qui permet de travailler en coalition qui est un système qui permet d'avoir de la nuance en politique donc oui il faut faire la proportionnelle mais il ne faut pas toucher au reste et c'est ce que veut faire Marine Le Pen c'est toucher au reste. Marine Le Pen n'a pas besoin de la proportionnelle pour arriver au pouvoir hélas.

16:29
Invité

Il y a un moment donné ça va si c'est mon procès je me taille tout de suite mais déjà vous êtes dans une commission d'enquête non mais une commission d'enquête on a l'impression que vous voulez me faire dire quoi ? que Gérard Depardieu je ne dois pas dire que je l'ai apprécié à une époque qu'est-ce que vous voulez savoir ? la question en plus vous avez le droit encore de l'apprécier j'ai le droit d'avoir mon opinion vous n'êtes pas là pour me faire la morale je suis désolé madame absolument et vous arrêtez de faire la morale à tout le monde est-ce que je peux vous poser une question comment ça vient faire ?

17:06
Présentateur

un extrait de l'audition de Dominique Bessner agent artistique face à Sandrine Rousseau qu'on a entendu la présidente de cette commission d'enquête et vous Erwann Balanant qui êtes le rapporteur de la commission d'enquête sur les violences sexuelles dans le cinéma le 17 mars dernier c'est pas exactement ça son intitulé c'est sur l'ensemble des milieux artistiques la publicité l'audiovisuel ça a duré 6 mois vous avez été mobilisé avec elle vous avez interviewé 90 personnes dont des acteurs très connus des syndicats des petites mains de ces milieux-là que faut-il retenir de ce rapport ?

17:39
Erwan Balanant

ce qu'il faut retenir de ce rapport c'est que ce monde de la culture spectacle vivant cinéma la mode la publicité la musique est à l'image en réalité de notre société c'est-à-dire une société encore sexiste et une société patriarcale mais dans ce milieu-là par l'organisation par la difficulté de faire ce métier par le fait que certaines personnes font ce métier par passion il y a des choses qui se passent encore plus graves vous avez aussi de l'omerta et donc en réalité c'est le reflet de la société mais un reflet amplifié mais c'est un monde aussi qui a pris conscience qu'il fallait qu'il change qui a déjà engagé un certain nombre de changements c'est ce que l'on constate dans le rapport mais on a besoin d'amplifier les décisions qui ont été prises on a besoin d'aller beaucoup plus loin en fait parce que parce que ce monde ne peut pas on ne peut pas avoir une exception culturelle française qui devient une machine à broyer des talents

18:37
Présentateur

et vous allez très loin dans ces 87 recommandations encadrer les castings en rendant obligatoire leur organisation dans des locaux professionnels pendant les heures ouvrables en présence de deux personnes au moins avec interdiction de demander aux comédiens de se dénuder et de leur faire réaliser des essais sur la base de scènes d'intimité ou à caractère sexuel sauf si un coordinateur d'intimité déclarait obligatoirement l'ensemble des castings organisés auprès des pouvoirs publics encadrer le contrôle des productions qui emploient des enfants est-ce que le milieu du cinéma va totalement changer après si les recommandations de ce rapport sont appliquées ?

19:13
Erwan Balanant

Moi ce rapport il y a 87 propositions il y a des propositions fortes il y a des propositions d'ajustement moi je le fais avec beaucoup d'humilité je le pose sur la table du débat et je dis maintenant professionnels du monde de la culture c'est à vous de vous en saisir et travaillons ensemble pour faire évoluer le cadre et aller vers une loi qui encadre un certain nombre de choses je pense qu'on doit mieux encadrer la situation des mineurs on constate qu'aujourd'hui il y a des choses qui ne vont pas on doit coordonner un certain nombre de productions qui ont besoin d'être mieux formées encore ça s'est fait mais ça doit être fait encore mieux et puis on a un petit sujet aussi sur les agents qui aujourd'hui sont des personnes qui doivent accompagner les acteurs les actrices et qui ne le font peut-être pas suffisamment sur le point de l'accompagnement quand ils ont été victimes ou quand ils se sentent en souffrance face à quelqu'un et donc il y a beaucoup de choses à faire mais je le dis vraiment humblement c'est aussi à ce milieu de changer pour être exemplaire parce que s'il est le reflet de la société il peut aussi être un miroir d'une société qui se transforme et une société qui sorte de ce patriarcat qui lui fait tant de mal

20:30
Présentateur

Est-ce que vous vous attendez à des réactions diverses et variées pour la réception de ce rapport ? Est-ce que vous savez à qui il va plaire à qui il va déplaire et c'est peut-être aux réalisateurs que je m'adresse quand on lit par exemple la recommandation numéro 64 donner obligatoirement au talent un droit de regard sur le montage des scènes faisant apparaître leur partie intime ? Mais ça me paraît assez normal je pense Vous ne croyez pas que les réalisateurs vont se dire que leur liberté artistique est entraînée ?

20:56
Erwan Balanant

Mais la liberté artistique elle doit s'encadrer elle est encadrée par un code du travail par des règles si vous avez quelqu'un une femme ou un homme qui ne souhaite pas qu'on voit ses parties intimes c'est tout à fait logique qu'elles le disent Et là c'est un droit de regard sur le montage Oui mais il y a une autre proposition qu'il faut contractualiser les choses et qu'il faut mieux storyboarder les choses c'est-à-dire que les scènes d'intimité doivent être cadrées et c'est-à-dire qu'on ne peut pas demander à une actrice qu'on lui dire on ne verra pas tes seins et que l'actrice découvre dans les rushs et dans le film final ses seins c'est pas possible Donc c'est tout simplement

21:36
Présentateur

Ça, ça se passait ?

21:38
Erwan Balanant

Bien sûr Bien sûr Vous avez le témoignage d'Anna Mougladis dans la commission d'enquête qui nous dit qu'elle ne souhaitait pas que l'on voit son sexe et son sexe est vu est vu tellement vu qu'il est même dans la bande-annonce du film Donc ça c'est pas un droit de regard c'est juste du bon sens

21:54
Présentateur

Certains acteurs comme Pierre Ninet Jean Dujardin Pio Marmaille ont demandé le huis clos pourquoi leur avoir accordé ? Qu'avez-vous appris dans ces auditions à huis clos qui n'auraient pas pu être dit publiquement ?

22:05
Erwan Balanant

Alors on a auditionné les grandes actrices françaises à huis clos Donc il était assez logique en parallélisme des formes que les hommes qui sont ces grands acteurs aussi soient à huis clos Moi je regrette parce que leur audition était très intéressante très intéressante sur cette différence justement de perception entre les femmes et les hommes sur ce milieu-là Les hommes n'ont pas vu pendant très longtemps que des femmes étaient en souffrance que des femmes étaient agressées sexuellement et cette omerta ces non-dits sont assez révélateurs aussi et les hommes moi je leur ai posé la question est-ce que vous pensez qu'à certains moments vous avez été un peu inappropriés un peu lourds parce qu'on l'a tous été quand on est un homme quand on a été élevé dans cette société patriarcale on a tous et tous les garçons eu des rapports aux femmes qui sont un peu lourds il faut l'admettre et ils l'ont admis ils ont dit on va changer et je trouvais ça intéressant et ce milieu ce monde et ce pays changera si les hommes aussi changent

23:09
Présentateur

Gilles Lelouch en effet parce que les auditions étaient à huis clos mais les comptes rendus sont publics et Gilles Lelouch réalisateur et acteur a dit en effet si je dois faire une radioscopie de mes comportements c'est sûr que j'ai dû être lourd c'est évident peut-être un dernier mot c'est la recommandation numéro 3 mieux mettre en avant le travail des femmes artistes oubliées par l'histoire de l'art pourquoi est-ce important et quel est le lien avec les violences sexuelles

23:33
Erwan Balanant

parce que ces femmes ces grandes femmes artistes sont des rôles modèles et sont les rôles modèles pour d'autres femmes et pour les petites filles d'aujourd'hui vous savez par exemple j'ai découvert récemment que la sœur de Mozart était une très grande interprète était peut-être aussi douée que son frère on l'a obligé de se marier et elle n'a jamais fait de carrière c'est dommage c'est dommage tout simplement pour l'art parce qu'on perd un potentiel incroyable c'est aussi pour ça que je pense qu'il faut changer

23:59
Présentateur

Alors Erwann Balanant pourquoi rejoignez-vous en 2007 le modem ?

24:10
Erwan Balanant

C'est une bonne question parce que je suis profondément démocrate et que ça s'appelle le mouvement démocrate et que j'ai toujours eu cette idée que la démocratie était le meilleur des systèmes pour notre pays mais que c'était aussi un système extrêmement complexe et le mouvement démocrate est une vieille émanation d'un vieux parti qui est le parti populaire démocrate fondé par un certain nombre de députés dans les années 20 qui se mettait sur une voie un peu centrale justement entre l'international socialiste et le capitalisme galopant qui était en train aussi d'exister et qui est le parti qui a créé le mouvement politique via Saint-Nier qui a créé les mutualités qui a créé le mouvement coopératif en France et cette idée de se dire que la coopération entre les hommes le respect de la personnalité humaine pouvait s'inscrire dans une économie de marché et ça m'intéressait et François Bayrou à l'époque avait fait un certain nombre de discours qui m'avaient intéressé et j'ai adhéré au Modem en 2007 suite à l'élection de 2007 où François Bayrou a failli arriver au second tour on l'oublie parfois et en 2015 vous le quittez ce parti oui oui parce que j'étais plus tellement en phase avec certains accords qui avaient été faits dont l'accord avec Wauquiez dans le Rhône-Alpes dans le Rhône-Alpes à l'époque

25:32
Présentateur

c'était une alliance avec LR pour les élections régionales

25:35
Erwan Balanant

oui

25:35
Présentateur

approuvée par les adhérents vous vous claquez la porte mais aujourd'hui

25:39
Erwan Balanant

je claque la porte mais je claque la porte gentiment en réalité je prends mes distances et puis je me dis peut-être que je vais mettre entre parenthèses mon parcours politique et ça a été un moment où je me suis dit peut-être qu'il faut penser à autre chose que la politique parce que ça devient très vite une obsession dans une vie la politique et ça peut avoir des conséquences sur votre vie professionnelle et même parfois sur votre vie familiale et donc c'était un moment où j'avais besoin de prendre du recul mais force est de constater que je n'ai pas pris du recul très longtemps et que j'ai été rattrapé en 2017 par la patrouille

26:09
Présentateur

et alors en 2017 vous allez sous aux législatives que vous aviez déjà raté une fois

26:15
Erwan Balanant

cette fois-ci sous Bannière En Marche non en réalité mais ça c'est une grande confusion ça circule beaucoup sur le net ça circule mais alors non

26:24
Présentateur

vous n'avez pas été élu

26:25
Erwan Balanant

sous Bannière En Marche En Marche à l'époque c'était le parti d'Emmanuel Macron et le Modem c'était l'ensemble qui s'appelait En Marche et il y avait un accord ensuite pour avoir un groupe qui allait s'appeler Ensemble c'était Ensemble pour la République d'ailleurs il y avait le parti En Marche et Modem ça a beaucoup changé de nom ça a beaucoup changé de nom et voilà et moi j'avais il était clair pour moi c'était évident que je rejoignais le groupe Modem s'il y avait un groupe Modem

26:52
Présentateur

est-ce qu'il a bien fait François Bayrou en 2017 de se retirer de la course à l'Elysée pour Emmanuel Macron

26:57
Erwan Balanant

Oui je pense oui je pense parce que ça a permis à Emmanuel Macron d'être élu je pense que c'était évidemment la meilleure des solutions pour le pays à ce moment là et voilà et maintenant c'est parfois plus difficile mais c'est plus difficile parce que l'usure du pouvoir mais je crois qu'on est quand même dans les bonnes intuitions en réalité que ce pays a redémarré en partie tout n'est pas parfait il y a encore beaucoup de choses à faire il y a des choses qu'on a mal faites A redémarré

27:25
Présentateur

vous dites depuis Emmanuel Macron ou depuis François Bayrou

27:27
Erwan Balanant

Non depuis Emmanuel Macron depuis 2017

27:30
Présentateur

Vous partagez ce que dit Edouard Philippe que rien d'important ne sera fait en deux ans

27:34
Erwan Balanant

Je me suis un peu fâché quand j'ai entendu ça parce que je pense qu'on peut faire beaucoup de choses et puis les Français ne peuvent pas attendre deux ans sur plein de sujets ils ne peuvent pas attendre deux ans sur la question de la santé sur la question de l'éducation nationale ils ne peuvent pas attendre deux ans les Français donc il faut qu'on avance sur un certain nombre de sujets et d'ailleurs on l'a fait on l'a fait depuis l'élection législative de 2024 beaucoup de sujets ont avancé pour les Français beaucoup d'ajustements ont été faits et il faut continuer

28:04
Présentateur

Vous disiez tout à l'heure que vous aviez quitté en pris des vaux distances avec le Modem pour une alliance électorale avec LR aujourd'hui quand Bruno Retailleau par exemple est ministre de l'Intérieur quand le Premier ministre parle de sentiment de submersion migratoire est-ce que vous vous dites que c'est le pays qui s'est droitisé c'est vous qui avalé plus de couleuvres en vieillissant comment vous analysez ces deux phénomènes

28:32
Erwan Balanant

entre dix ans après Oui mais parce que on est dans un autre moment politique on est dans un moment politique où on a une montée des radicalités qui demande à l'axe républicain et démocrate de faire union moi je souhaite qu'on travaille avec aussi les sociodémocrates moi je pense que dans ce moment difficile cet arc central il doit aller des républicains modérés jusqu'aux sociodémocrates voire même vers certains écologistes et certains communistes je pense qu'il faut retrouver l'esprit du CNR du conseil national de la résistance nous sommes dans un moment où les personnalités politiques qui croient en notre système de valeurs qui croient à ce qui a été à ce qui est la France en réalité doivent s'unir

29:17
Présentateur

De LR au parti communiste

29:18
Erwan Balanant

Oui pourquoi pas

29:20
Présentateur

C'est pas la voie toute tracée pour le populisme

29:22
Erwan Balanant

Non je crois pas au contraire c'est la voie pour justement faire baisser les radicalités dans notre pays je crois que nous sommes dans un moment où on entre guillemets je vais employer un mot grossier on s'engueule trop dans ce pays on n'arrête on n'arrête pas de s'invectiver et je crois que le moment peut-être est à une absolue nécessité de trouver du consensus de discuter et sur beaucoup de sujets on n'est pas si éloigné sur beaucoup de sujets on n'est pas si éloigné on a des différences et on les aura toujours et il faut les respecter et c'est aussi ça la démocratie mais on ne peut pas continuer dans ce moment qui est d'un moment de tension extrême au niveau international à être aussi divisé à l'intérieur de notre pays

30:08
Invité

Oui en France

30:15
Erwan Balanant

l'accès à l'IVG est garanti par la loi Veil oui la juridiction constitutionnelle l'a considéré comme conforme à la constitution Oui notre bloc de constitutionnalité en particulier l'article 2 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 reconnaît la liberté de la femme Oui la loi du 2 mars 2022 est venue renforcer l'accès au droit en portant à 14 semaines de grossesse le délai de recours à l'IVG fort heureusement aucun parti politique français n'a verbalisé à ce jour à ce jour son souhait de revenir sur la loi Veil mais devons-nous nous accommoder de cet état de fait au motif que notre constitution n'aurait pas de vocation à cataloguer des droits individuels Quelle difficulté y aurait-il à renforcer en ces temps troubles les gages donnés à la préservation des droits reproductifs et sexuels des femmes Rappelons que si nous débattons aujourd'hui c'est que justement ce droit à l'IVG ne bénéficie pas de la protection la plus forte qu'il soit son inscription dans notre norme suprême la constitution

31:25
Présentateur

C'est votre voix Erwann Balanant qu'on entend député Modem à la tribune de l'Assemblée nationale pour la constitutionnalisation de l'IVG le 24 novembre 2022 vous parliez des divisions des engueulades voilà un moment où il y avait une forme de consensus

31:39
Erwan Balanant

Exactement en réalité je fais cette DG parce que je suis l'auteur de l'amendement qui a une discussion générale parce que plus loin dans le texte qu'on va étudier j'ai réussi à trouver un consensus sur un amendement que je dépose et qui est repris par l'identique par les parties du bloc central et que Mathilde Panot qui porte ce texte dit qu'elle va le voter et on trouve un consensus qui permet de faire redécoller la question et je crois que c'est l'exemple de ce que je disais tout à l'heure c'est à dire que parfois nous pouvons trouver des solutions pour avancer sur des projets et là c'était un projet qui est un projet vital pour les femmes et un projet de droit et maintenant nous l'avons constitutionnalisé et ce n'est pas rien et tout ça c'est un travail qui a été fait parce qu'on a pris le temps on a discuté malgré nos différences malgré parfois les conflits qu'on peut avoir il y a des sujets sur lesquels on peut se retrouver on peut se retrouver sur l'essentiel et moi je crois qu'il faut le faire plus souvent sur plus de sujets

32:42
Présentateur

le 8 mars 2024 l'IVG est donc inscrite dans la constitution vous étiez au congrès de Versailles ce n'était pas arrivé une révision constitutionnelle depuis 2008 quel souvenir gardez-vous de ce moment-là ?

32:56
Erwan Balanant

moi un grand moment de fierté parce que je sais avoir été acteur de ce moment et dans une vie de parlementaire et dans une vie de politique avoir été un des acteurs d'un changement de la constitution ce n'est pas rien et surtout sur ce sujet qui est un sujet qui dit beaucoup de choses sur notre pays nous sommes le premier pays à l'avoir constitutionnalisé et si nous le faisons c'était aussi en réaction aux arrêts de la Cour suprême aux Etats-Unis qui remettaient en doute et en cause ce droit pour les Américaines et ça je trouve c'est aussi pour ça que je vous ai proposé cet archive c'est que ça fait énormément écho à ce qui se passe partout dans le monde c'est-à-dire que souvent la France peut avoir un rôle moteur et quelque part être un modèle pour d'autres démocraties avec modestie évidemment on a encore beaucoup de défauts dans notre pays mais au moins sur la question des valeurs des droits des droits humains je crois qu'on doit continuer ce travail d'être un peu un phare pour l'ensemble du monde

33:56
Présentateur

Vous avez d'ailleurs dit à France Bleu à l'époque ici aujourd'hui que vous étiez favorable à des changements constitutionnels Oui

34:03
Erwan Balanant

il y a beaucoup de changements constitutionnels à avoir il y en a un en particulier sur l'article 89 La révision La révision pour dire explicitement dans l'article 89 qu'on ne peut pas réviser la constitution par l'article 11 par aucun autre article que la 89 c'est-à-dire qu'on ne peut pas faire de révision constitutionnelle par l'article 11 c'est un peu technique Ce qu'a fait De Gaulle Ce qu'a fait De Gaulle mais dans un autre contexte

34:28
Présentateur

Vous voulez l'inscrire pour que personne ne le fasse

34:29
Erwan Balanant

Je veux l'inscrire pour que personne ne le fasse Qu'est-ce qui vous inquiète derrière tout ?

Tout simplement le projet constitutionnel de Marine Le Pen et j'invite tous les citoyens français à lire ce petit ouvrage qui est un ouvrage de Pierre-Yves Boquet La révolution nationale en 100 jours et comment l'éviter Dans ce texte il explique comment en 100 jours Marine Le Pen peut complètement renverser nos valeurs complètement renverser notre démocratie en France C'est clair comme de l'eau de roche et je crois que tout le monde devrait le lire et beaucoup de personnes devraient s'inspirer et moi je pense qu'on doit faire une révision constitutionnelle pour cet article 89 On trouverait le soutien des sénateurs parce que si Marine Le Pen fait son oeuvre les sénateurs sont mis au banc et ne serviront plus à grand chose

35:12
Présentateur

Elle ne veut plus du Sénat

35:14
Erwan Balanant

C'est pas qu'elle ne veut plus du Sénat mais si à partir du moment où elle met en place cette réforme où il y a 17 articles de la constitution modifiés 6 articles nouveaux c'est pas rien on sort de la 5ème république avec ce projet de Marine Le Pen du 25 janvier déposé le 25 janvier 2024

35:30
Présentateur

Une question d'Esteban qui nous écrit à Marseille sur Instagram A votre avis quelles seraient les bonnes questions à poser en référendum ?

35:37
Erwan Balanant

C'est un sujet compliqué parce que moi je pense que certains grands sujets de société pourraient être interrogés par référendum mais moi je me méfie beaucoup du référendum je trouve que le référendum a ce côté plébiscitaire qui souvent tombe à côté de la vraie question et donc Pourtant vous défendez

35:57
Présentateur

la 5ème république Oui je défend le référendum en pilier

36:00
Erwan Balanant

Oui mais je pense que la 5ème république est un modèle d'une souplesse incroyable elle est solide mais je pense qu'elle a quelques ajustements à avoir et par exemple je pense que nous pourrions l'article 11 l'améliorer pour qu'on puisse avoir des vrais référendums d'initiative populaire ça ça serait quelque chose d'intéressant qui aujourd'hui n'est pas vraiment le cas

36:22
Présentateur

Dans votre réforme constitutionnelle est-ce que vous mettriez l'amendement que vous aviez déposé une fois pour supprimer l'élection du président de la république au suffrage

36:31
Erwan Balanant

universel direct ?

C'était un amendement de provocation pour juste rappeler que nous sommes dans une vision de la 5ème république qui n'est pas à l'esprit de ce qu'elle était initialement la 5ème république n'était pas un régime présidentiel la volonté du constitutionnaliste à l'époque était de faire un régime parlementaire on va dire tempéré ou modéré et aujourd'hui c'est plus le cas par la pratique le président de la république quel qu'il soit et c'est pas du tout un jugement vis-à-vis du président actuel et d'Emmanuel Macron a trop de pouvoir ou on attend trop de lui et notre président de la république ou peut-être j'espère un jour notre présidente de la république est souvent l'homme ou la femme confidentielle et devient très vite l'homme ou la femme pestinentielle et c'est un vrai sujet je trouve c'est ce côté on attend beaucoup d'un homme on en attend trop et cet homme c'est pas qu'il va décevoir c'est que l'usure du pouvoir la difficulté du pouvoir fait qu'il devient haï et ça bloque le pays et c'est pas satisfaisant et je pense que le retour à un parlementarisme à des parlementaires qui peuvent faire oeuvre collective serait mieux pour notre pays

37:42
Présentateur

donc c'est un amendement de provocation mais dans le même temps vous pensez qu'il a trop de pouvoir ce président de la république à vous entendre Erwan Balanon

37:50
Erwan Balanant

les pratiques constitutionnelles les pratiques institutionnelles les pratiques institutionnelles qui se sont mises en oeuvre depuis en réalité depuis 1962 et l'élection suffrage universel du président sont pour moi problématiques oui je pense que un parlement fort il n'y a pas de démocratie forte sans parlement fort et notre parlement n'est pas assez fort parce que le président est trop fort mais je ne parle pas d'Emmanuel Macron c'était la même chose pour M. Sarkozy c'était aussi la même chose pour M. Hollande et c'était la même chose pour les autres

38:22
Présentateur

il faut lui enlever par exemple le pouvoir de nommer le premier ministre selon vous pour qu'il émane directement de l'assemblée

38:27
Erwan Balanant

non je ne pense pas mais il faut qu'il y ait un certain nombre de ça peut être à iso constitution cette histoire là le vrai chef de l'exécutif dans notre pays c'est Matignon c'est le président pardon le premier ministre

38:45
Présentateur

sur le papier

38:45
Erwan Balanant

sur le papier mais normalement ça l'a été à un autre moment ça l'a été pendant la comitation de Jospin Jospin était le chef de l'exécutif et je pense qu'il faut il faut retourner à cette idée là est-ce qu'il a bien fait

38:59
Présentateur

François Bayrou en décembre dernier de tordre le bras d'Emmanuel Macron pour être nommé à Matignon

39:03
Erwan Balanant

je ne sais pas s'il lui a tordu le bras déjà en tout cas je pense qu'à ce moment là et ça a été prouvé par la suite parce qu'on a réussi à avoir un budget alors qu'on pensait que tout était bloqué je pense que c'était l'homme de la situation oui

39:18
Présentateur

un dernier mot peut-être sur un sujet qui vous est cher Erwan Balanant c'est le harcèlement scolaire vous aviez remis un rapport décidément vous n'arrêtez pas de faire des rapports

39:25
Erwan Balanant

non j'ai fait une loi aussi sur le harcèlement scolaire

39:27
Présentateur

oui une loi mais vous aviez aussi fait un rapport en 2020 une proposition de loi adoptée quasiment à l'unanimité deux abstentions je dis toujours qui sont ces

39:34
Erwan Balanant

oui je sais mais je ne vais pas vous le dire

39:36
Présentateur

bon c'était une proposition de loi pour faire un délit pour transformer le harcèlement scolaire en délit aujourd'hui le ministère de l'éducation nationale a fait une enquête en 2024 qui dit que plus d'un enfant par classe est concerné les propositions que vous faisiez donc le délit la distribution d'un livret de sensibilisation aux outils numériques pour les parents la formation de l'ensemble des membres de la communauté scolaire où en sont-elles ?

40:03
Erwan Balanant

alors déjà la création du délit c'était le dernier point d'un texte de loi qui est un texte de loi qui était jugé important sur ce sujet qui donnait aussi des obligations de prévention à tous les établissements et des obligations d'accompagnement des victimes et des auteurs et ça c'est en cours de mise en place et moi je souhaite qu'assez vite on puisse évaluer cette loi parce que c'est aussi le travail des parlementaires d'évaluer le travail qu'on a fait et sa déclinaison pour peut-être encore adapter parce que le harcèlement scolaire est un fléau pour notre société un enfant qui est harcelé est un enfant qui perd confiance en lui il perd confiance en ses camarades il perd confiance en l'institution scolaire et en réalité il perd confiance en la société et on ne peut pas tolérer cela

40:46
Présentateur

est-ce que pour vous ce sont les réseaux sociaux qui aggravent ce phénomène ou ça s'explique par d'autres facteurs ?

40:51
Erwan Balanant

les réseaux sociaux sont évidemment un facteur aggravant parce que les réseaux sociaux n'offrent aucun répit à l'enfant quand vous étiez harcelé à l'école avant vous rentriez dans le cocon familial vous trouviez un moment de répit aujourd'hui avec les réseaux sociaux c'est permanent et surtout ça peut devenir massif souvenons-nous de l'affaire Mila Mila c'est du harcèlement qui est devenu international et quand vous avez 15 ans c'est impossible de résister à cela

41:18
Présentateur

merci Erwan Balanan député du Modem d'être venu dans le sens politique on pourra lire l'intégralité de votre rapport avec la présidente Sandrine Rousseau publié mercredi prochain sur les violences sexuelles et comment lutter contre ces violences sexuelles dans le milieu du spectacle et du cinéma vous pouvez réécouter cette émission et toutes les autres sur franceculture.fr et sur l'application Radio France je rappelle pour toutes celles et ceux qui nous posent la question sur le choix de nos invités que nous respectons les règles de l'ARCOM qui imposent le pluralisme en fonction des forces politiques représentées au gouvernement et au parlement y compris hors période électorale merci à Léa Varin qui m'a aidé à préparer cette émission accompagnée d'Anne-Claire Bazin cette semaine à la réalisation Luc-Jean Reynaud à la technique Marie-Claire Oumabadi à la vidéo Ruben Karmazine très bel après-midi sur France Culture à samedi

Erwan Balanant (député MoDem) : "La politique est un acte de création" — Erwan Balanant · Pourquijevote