Barnier c'est fini ? Motion de censure : un événement historique
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Bonsoir à toutes et à tous pour cette nouvelle édition de Toujours Debout, votre quasi quotidienne d'infos et de débats. Nous continuons toujours notre nouvelle formule, une première partie Toujours Debout l'info consacrée à l'actualité chaude, diffusée en direct sur le canal 165 de la Freebox, sur Molotov, sur Youtube et sur notre site internet lemédiatv.fr. Cette première partie a vocation à se transformer en véritable journal télévisé si nous parvenons à mobiliser 200 000 euros dans le cadre de notre campagne de dons de fin d'année. La seconde partie, diffusée en direct sur notre antenne télé et en replay sur Youtube, sera elle consacrée au débat.
Dites-nous ce que vous en pensez en commentaire ou via e-mail. On le rappelle, notre indépendance est à vous qu'on la doit et pour cette campagne, nous avons déjà recueilli un peu plus de 48 000 euros. Ce n'est malheureusement pas suffisant pour continuer de faire vivre votre média. Rendez-vous sur lemédiatv.fr. Et maintenant, place à Toujours Debout l'info. Au sommaire, ce soir, le RN le confirme, il a déposé une motion de censure contre le gouvernement et votera celle du NFP. Cette dernière devrait donc recueillir au moins 289 voix. Le seuil pour renverser Michel Barnier. L'examen à l'Assemblée nationale est actuellement court. Le dépouillement aura lieu dans quelques instants.
Michel Barnier vit peut-être ses dernières heures en tant que Premier ministre. Toujours en France, l'Assemblée nationale a approuvé à l'unanimité le remboursement intégral des fauteuils roulants par l'assurance maladie. Et ce, malgré les réserves du gouvernement, le texte doit encore être débattu au Sénat. On en parle dans cette édition avec notre invité. Et alors que l'avenir du gouvernement est entre les mains de l'Assemblée, Emmanuel Macron, lui, rentre d'Arabie saoudite aujourd'hui. Troisième et dernier jour de sa visite d'État. Double objectif, renforcer le partenariat économique. Et s'entendre sur des dossiers stratégiques tels que le Liban et Gaza.
Mais l'ombre des violations des droits humains a plané sur cette rencontre. Explication dans ce journal. La France est en passe de vivre un événement inédit. Michel Barnier sera-t-il renversé ? Nous le saurons dans un peu plus d'une heure. Deux motions de censure ont été déposées. Une par le RN, une par le NFP. Et celle du NFP sera votée par le parti d'extrême droite. Une alliance mécanique qui permettra l'adoption de la motion de censure. Et signera donc la chute du Premier ministre. Alors comment Michel Barnier en est-il arrivé là ? Et les mots de réponse tout de suite regardés.
Les heures du gouvernement Barnier sont comptées. Sans majorité à l'Assemblée depuis trois mois, le Premier ministre a été obligé de négocier avec le RN, s'exposant ainsi à leur bon vouloir. Dès le début, les conditions étaient posées. Après plusieurs mois de tractation, il a été nommé le 5 septembre car il était l'un des rares candidats à convenir à la fois aux macronistes et à l'extrême droite, qui s'est engagé à ne pas le censurer, comme s'envantait le député RN Guillaume Bigot.
On ne censure pas car un seul tweet de Marine Le Pen suffit à infléchir la position du Premier ministre sur la désindexation des salaires.
Mais lorsque commencent en octobre les discussions sur les textes budgétaires, marquées par un déficit énorme laissé par l'ancien gouvernement, les relations se détériorent. Malgré les propositions de la gauche, le gouvernement Barnier ne leur donne aucun crédit.
Il a dit « je connais vos propositions, certaines sont intéressantes, mais je ne peux pas y satisfaire sans prendre le risque de fracturer mon socle commun ». Voilà l'aveu qu'il nous a fait, c'est que les négociations étaient d'abord dans son camp et ensuite avec le Rassemblement national.
Le Premier ministre préfère céder sur les lignes rouges du RN. Il promet d'instaurer une dose de proportionnelle, annule une hausse de taxes sur l'électricité et annonce une baisse de l'aide médicale d'État. Obligé d'utiliser le 49-3 lundi pour le vote du budget de la Sécurité sociale.
« J'engage la responsabilité du gouvernement, de mon gouvernement ».
Il a, dans un ultime espoir, adressé un communiqué personnel à Marine Le Pen et appelé les socialistes à la responsabilité.
Et on le rappelle, l'examen est en cours à l'Assemblée nationale. Nos reporteurs Lisa Lapp et André Manivy y sont depuis ce midi. On les rejoint tout de suite. Bonjour Lisa. Alors, nous vous retrouvons régulièrement en direct de l'Assemblée nationale. Et moi, aujourd'hui, c'est très, très particulier. C'est peu de le dire. On saura dans quelques instants si Michel Barnier reste ou quitte son poste de Premier ministre. Quelle est l'ambiance au sein de l'Assemblée nationale aujourd'hui ?
Alors là, je pense que vous pouvez l'entendre et le voir derrière moi. Il n'y a jamais eu autant de journalistes à l'Assemblée nationale. C'est vrai que l'issue, on la connaît, c'est très, très, très probable que Michel Barnier et son gouvernement tombent aujourd'hui. Donc, voilà, une ambiance où les députés de gauche essayent de placer leur pion.
L'extrême droite est un peu plus discrète mais dit qu'elle va voter la motion. Et puis, les macronistes disent que c'est un choix d'irresponsabilité, etc. Donc, peu de suspense mais beaucoup de monde actuellement là. Alors, Lisa, vous avez pu rencontrer des députés aujourd'hui. Qu'est-ce qu'ils disent ?
Alors, au niveau du NFP, on essaye d'avancer le fait qu'Emmanuel Macron n'a plus le choix que de nommer un premier ministre de gauche. Après, c'est vraiment quel premier ministre de gauche ? C'est-à-dire que les socialistes essayent d'avancer et que ce sera peut-être un socialiste et qu'il faut trouver des accords avec des macronistes pour qu'il n'y ait pas de censure s'il y a un gouvernement de gauche. LFI nous dit c'est le NFP, rien que le NFP. Donc, on peut voir que dans l'alliance de gauche, ça discute encore
sur la stratégie à venir. Clairement, la France insoumise dit qu'il faut qu'Emmanuel Macron démissionne. C'est la fin d'Emmanuel Macron.
Les macronistes disent, je le disais, que c'était un choix irresponsable et ne savent pas trop quoi dire pour la suite à part que ça va être le chaos. Alors, nous, on l'a déjà dit ici, ce ne sera pas le chaos si Barnier tombe ce soir. Et puis, au niveau de l'extrême droite, on dit, voilà, ça ne nous dérange pas qu'il y ait un Barnier bis, mais il faut que ce soit notre budget. Donc, voilà un peu les positions de tout le monde avec qui on a un petit peu discuté.
Merci, Lisa, pour toutes ces précisions. On se retrouve de toute façon tout à l'heure. Merci beaucoup. Oui, merci. Et la chute de Michel Barnier sera peut-être actée dans quelques heures. Les Français sont en ébullition. Emmanuel Macron, lui, est plutôt loin de cette effervescence à des milliers de kilomètres. Il était en Arabie saoudite accompagné de quelques PDG du CAC 40. Il a négocié avec Mohamed Ben Salman des contrats économiques. Il a également été question de la guerre à Gaza, du conflit au Liban, de nombreux ordres du jour.
Mais alors, où MBS est fréquemment critiqué pour le traitement des dissidents politiques et des journalistes qu'Emmanuel Macron le présente comme un partenaire fiable, eh bien, cette visite interroge. Regardez.
Dîner, conférences et signatures de contrats. Voici le programme d'Emmanuel Macron pour sa troisième visite officielle en Arabie saoudite depuis 2017. Arrivé lundi 2 décembre à Riyad, le chef de l'État était accompagné de plusieurs ministres mais également de dirigeants de grands groupes français comme Total Energy, EDF ou Dassault Aviation pour la vente de Rafale. L'objectif pour les deux pays, renforcer de manière importante leurs échanges économiques d'après les mots de l'Élysée. Du côté saoudien, ses partenariats rentrent dans le programme de modernisation du pays Vision 2030 porté par le nouvel homme fort du régime Mohamed Ben Salman.
Emmanuel Macron, mis sous pression en France mais fort de son rôle dans le cessez-le-feu au Liban, d'aller co-présider avec le prince saoudien une conférence en juin sur la création d'un État palestinien. On se demande donc s'il a eu également le temps d'aborder les atteintes aux droits de l'homme et le triste record de plus de 300 exécutions dans le royaume saoudien en 2024.
Et cette visite d'Emmanuel Macron revêt de multiples enjeux à la fois géostratégiques et surtout économiques. C'est ce que nous explique Laurent Bonnefoy, les chercheurs au CNRS et spécialistes du monde arabe. Écoutez-le.
Les enjeux sont multiples. Tout d'abord, il faut garder à l'esprit qu'on est bien dans un contexte qui est marqué par le conflit entre Israël et ses voisins. Et l'Arabie saoudite tente depuis une dizaine d'années maintenant d'émerger comme un acteur régional important. Mais c'est probablement pas ce qui structure malgré tout la rencontre, du moins pas essentiellement, parce que depuis pareil, une dizaine d'années, peut-être un peu plus, on conçoit que l'essentiel de la relation entre la France et les pays du Golfe est marqué par une dimension, on pourrait dire, essentiellement économique.
On comprend que l'objectif principal d'Emmanuel Macron quand il se rend à Riyad, c'est d'assurer la signature d'accords économiques, commerciaux, soit pour la vente d'armements, notamment les rafales, soit pour obtenir un certain nombre d'aides, la participation des Saoudiens à des projets liés par exemple au patrimoine. Et on avait depuis de nombreuses années évoqué par exemple une participation des Saoudiens à un fonds pour le soutien au patrimoine français qui, disait-on, devait atteindre un milliard d'euros. Et en réalité, ce qui a été signé aujourd'hui est beaucoup plus bas, un vingtième de cette somme, 50 millions d'euros seulement.
Et le tapis rouge déroulé à Emmanuel Macron, Riyad, suscite aussi de nombreuses critiques sur la question du respect des droits humains. Alors que Human Rights Watch dénonce des abus contre les travailleurs migrants, un effroyable décompte de l'AFP fait état de plus de 300 exécutions dans le royaume depuis le début de l'année. Autant de dossiers auquel se rajoute, on le rappelle, le cas du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Mais pour Laurent Bonnefoy, la question des droits humains en Arabie Saoudite ne fait pas du tout partie de l'agenda de l'exécutif français. Écoutez.
Les questions des droits humains n'ont jamais été au cœur, je pense, de la diplomatie française au Moyen-Orient. Le cas extrêmement douloureux, pourrait-on dire, et puis extrêmement médiatisé du journaliste Jamal Khashoggi dont vous parliez, qui a été assassiné effectivement en octobre 2018, avait un temps refroidi les relations, mais on voit que l'ensemble des acteurs diplomatiques occidentaux, dès lors qu'il s'est agi de réactiver et de profiter d'une certaine façon de la manne saoudienne, particulièrement dans un contexte où les Saoudiens cherchent à diversifier leur économie, cherchent à investir en dehors de leur pays, eh bien, effectivement, ne pèse pas lourd.
Et cette question des droits humains est, de façon assez systématique, mise sous le tapis, pourrait-on dire, que ce soit pour des questions d'enjeux économiques, commerciaux, la vente particulièrement d'armement dans la région, mais aussi pour ce qui concerne des enjeux plus sécuritaires et on avait vu le cas, par exemple, avec l'Égypte, par exemple, avec la Tunisie ou l'Algérie, dès lors qu'il s'agit d'enjeux, par exemple, liés à la lutte qu'on appelle de l'antiterrorisme au cours de la décennie 2000.
Et on parlait en début de cette édition de la destitution de Michel Barnier qui ne devrait pas tarder à être actée. Et l'autre actualité au sein de l'Assemblée nationale, c'est l'adoption hier soir à l'unanimité du remboursement intégral des fauteuils roulants. Une proposition de loi portée par le député Sébastien Pétaville. C'était, on le rappelle, une promesse du gouvernement. Pourtant, il émettait quelques réserves lesquelles, regardez.
C'est une avancée considérable pour les personnes handicapées. Une proposition de loi votée à l'unanimité pour 165 contre 0 l'Assemblée nationale a adopté. Permet le remboursement intégral des fauteuils roulants. Le texte porté par le député génération Sébastien Pétaville, lui-même paraplégique depuis ses 3 ans, stipule que les fauteuils roulants font l'objet d'une prise en charge intégrale par les organismes d'assurance maladie avec la participation éventuelle des complémentaires santé et de la prestation compensatoire du handicap. Le député n'a donc pas caché sa satisfaction.
L'élu avait en effet
dénoncé une réforme injuste proposée par le gouvernement qui voulait fixer un plafond à 6300 euros. Il a rappelé que de nombreux fauteuils coûtaient plus cher que cela et que certaines personnes en situation de handicap avaient recours à des cagnottes pour pouvoir s'équiper. Lui-même a été contraint d'acheter 7 fauteuils en 39 ans dont certains ne sont pas adaptés ou causent des blessures. Le texte doit maintenant passer devant le Sénat et être appliqué par l'actuel ou le prochain gouvernement.
Odile Morin, vous êtes militante antivalidiste et présidente de l'association Handi Social. Vous êtes avec nous ce soir, merci. Oui, merci. Alors, est-ce que c'est une victoire pour vous ? Écoutez, c'est un progrès. Maintenant, il reste à s'assurer que cette loi sera réellement votée et appliquée. Et on peut quand même avoir des inquiétudes face à un gouvernement qui ne souhaite absolument pas favoriser l'autonomie des personnes handicapées mais qui les considère comme des variables d'ajustement des politiques budgétaires. En tout cas, félicitations à Sébastien Pétavie pour apporter ce combat et auquel j'ai apporté ma contribution.
Alors, la ministre chargée des personnes handicapées a affirmé poursuivre pleinement le même objectif que celui de la proposition de loi mais avec une vraie divergence quant à la méthode. Pourquoi la méthode pose-t-elle problème ? Alors, ce n'est pas une divergence de méthode, c'est véritablement une divergence de fonds contrairement à ce qu'affirme la ministre puisqu'en fait, la méthode de la ministre, ça consistait à plafonner le montant du remboursement des fauteuils roulants niant ainsi la nécessaire spécificité de cette question. C'est-à-dire qu'un fauteuil roulant, ce n'est pas comme une voiture. On peut choisir entre une Renault, une Peugeot, une petite et grande.
Non, pour un fauteuil roulant, on a besoin qu'il soit adapté à nos corps et comme nos corps sont très divers, forcément, ces adaptations nécessitent des options qui vont être très diverses d'une personne à l'autre. Et surtout, ce qu'on sait, c'est que, c'est surtout ça qui est aberrant, c'est quel est le coût sanitaire d'un mauvais positionnement sur un fauteuil roulant. Il faut quand même être conscient du fait que si le fauteuil n'est pas parfaitement ajusté de la même manière que si la prothèse n'est pas parfaitement ajustée, cela va créer des blessures. Et qu'une des blessures classiques qui touche notamment les personnes paraplégiques, c'est ce qu'on appelle les escarbes.
Ce sont des plaies qui se développent sur des points de contact, notamment chez les personnes paraplégiques parce qu'elles ne sentent pas la douleur et qu'elles ne voient pas, elles ne sentent pas venir la plaie. Et ces plaies, il faut savoir que si vous passez six mois à l'hôpital et c'est quelque chose qui arrive fréquemment quand vous devez traiter une escarce, c'est-à-dire que vous allez passer de longs mois à l'hôpital, le service public va dépenser plus d'argent pour vous soigner que ce que coûte, y compris un fauteuil roulant électrique très adapté qui peut coûter jusqu'à 50, 40 ou 50 000 euros.
C'est-à-dire qu'en six mois, on va dépenser plus que ce qu'il faudrait pour permettre aux gens d'être autonomes. Et si vous prenez par exemple une personne en fauteuil manuel paraplégique, quand elle a un mauvais fauteuil, elle va s'esquinter les épaules. Et donc résultat, ça va générer la nécessité d'avoir un fauteuil électrique à la place d'un fauteuil manuel beaucoup plus tôt. Donc ça va générer là aussi des coûts inutiles. C'est-à-dire qu'en fait, on est dans un système où la ministre ne veut surtout pas s'attaquer à la rente de situation des fabricants de fauteuils roulants. C'est-à-dire qu'elle veut les laisser continuer à appliquer les marges qu'ils veulent.
Et au contraire, quand elle dit que ça coûtera moins cher, ça ne coûtera pas moins cher parce que l'effet de créer un tarif plafond, c'est de faire que les fabricants vont proposer des produits plutôt étant au prix du tarif plafond plutôt que les prix les moins chers. Alors que ce n'est pas le prix du fauteuil roulant qui détermine sa qualité. C'est vraiment l'adaptation. Et là, le problème, c'est que ce que propose Sébastien Pétavier, qui est intéressant aussi, c'est le fait de faire appel à des spécialistes du positionnement. parce qu'aujourd'hui, les personnes handicapées sont toutes seules face aux revendeurs qui peuvent leur revendre n'importe quoi.
Et Dieu sait que certains abusent manifestement la matière en proposant des fauteuils parfois bas de gamme de très mauvaise qualité quand les gens sont pauvres et en essayant quand ils sentent qu'il y a la moyenne financée de proposer plus cher. Ce qu'il faut, et c'est ce que propose le projet de loi, c'est qu'on réexamine le coût de chaque fauteuil et qu'on examine la marge du fabricant. Alors, Mme Morin, on va rappeler qu'en 2023, quand même, le Conseil de l'Europe a estimé que le gouvernement français était responsable, je le cite, d'une violation des droits des personnes en situation de handicap mais aussi de leur famille.
Manque d'accompagnement, difficulté pour accéder au logement, difficulté pour accéder au transport, refus de scolarisation des enfants en situation de handicap à part cette loi sur le remboursement des fauteuils roulants. Qu'est-ce qui a changé depuis cette sonnette d'alarme ? Alors, d'abord, les sonnettes d'alarme, elles retentissent depuis très longtemps puisqu'on en est à trois rapports de l'ONU, du Comité des droits des personnes handicapées et notamment le dernier en 2021. Il y a trois termes qui émergent. Ségrégation, privation de liberté atteinte aux droits humains.
C'est-à-dire que la France est toujours dans un modèle médical et non pas dans un modèle des droits humains, c'est-à-dire qu'on est des objets de soins et non pas des sujets de droits. Et la France, en plus, je dirais même sur le plan économique, c'est une hérésie, elle ne favorise pas l'autonomie. Quand elle permet à quelqu'un d'avoir un fauteuil léger qui lui permet de se déplacer facilement, ça favorise l'accès à l'emploi, ça favorise l'accès et la participation à la vie sociale.
Alors que ce que la politique que mène la France, c'est de planquer les personnes handicapées dans des établissements spécialisés, confier à des organisations gestionnaires qui en plus parlent au nom des personnes handicapées. c'est un peu comme si demain Orpea ou les patrons d'EHPAD disaient on représente les personnes âgées. Et bien on a ce système-là dans le champ des personnes handicapées sans que ça émeuve qui que ce soit. Et le résultat, c'est que nos droits reculent parce que nous sommes des variables d'ajustement et que les organisations gestionnaires, elles protègent leur dotation au détriment de nos droits fondamentaux.
C'est même y compris sur le plan économique essentiel de favoriser l'autonomie, de favoriser la participation à la vie sociale. Ou alors il va falloir nous éliminer. Vous le disiez Madame Morin, beaucoup de problèmes en France, des allocations trop faibles, des mauvaises conditions d'accès au logement, mais aussi sur le caractère inclusif de l'école, l'insuffisante inclusion des élèves handicapés dans les écoles sur ce dossier précisément. J'aimerais revenir sur ça avec vous. Où en est la France par rapport à ses voisins européens ?
La France continue à organiser la ségrégation dans des établissements médico-sociaux des IME, dont c'est le sous-comité de prévention de la torture et des traitements inhumains et dégradants de l'ONU qui vient de le déclarer il y a quelques semaines. Les établissements sont bien des lieux de privation de liberté, même quand la porte n'est pas fermée à clé parce qu'en fait il n'y a pas d'alternative. C'est-à-dire dans beaucoup de situations encore, la France n'a pas mis en œuvre les alternatives alors qu'en plus elles ne sont pas forcément plus chères, elles sont même parfois moins coûteuses, mais elles préfèrent donner des rentes de situation aux organisations gestionnaires.
Et le problème, c'est que l'école ne s'adapte pas à l'ensemble des enfants. Je dirais qu'elle s'adapte aux cinq premiers de la classe et aux autres de se démerder, y compris les enfants handicapés. Et aujourd'hui, on est en train d'opposer les conditions de travail des enseignants avec le droit fondamental des enfants handicapés d'être dans l'école ordinaire. Pourquoi ? Parce qu'on a un système élitiste qui n'adapte pas les pédiagogies. C'est-à-dire qu'en fait, on nous parle beaucoup des AESH. Les AESH sont des éléments importants, des maillons indispensables qui doivent être bien traités, qui doivent être respectés, mais ça n'est pas suffisant.
C'est-à-dire que tant qu'on ne formera pas les enseignants à accueillir des enfants différents, à prendre en compte la différence, à s'adapter à toutes les formes de manières de fonctionner sur le plan cérébral, on aura de l'échec. Je pense notamment au fils d'une de mes amies, Nicolas Joncourt, qui est aujourd'hui qui parcourt le monde. Ce garçon, sa maman a été menacée par l'ASEH de lui retirer la garde de son enfant parce qu'elle avait la prétention que son enfant soit scolarisé et il était autiste non-verbal. On lui a dit que son enfant n'était pas capable d'aller à l'école, n'était pas capable d'apprendre.
Aujourd'hui, Nicolas est à la faculté en filière sociologie, il parcourt le monde. Il ne parle toujours pas de lui-même mais il utilise une tablette, un ordinateur qui retranscrit les propos qu'il écrit. Tout ça, c'est ce dont on prive aujourd'hui les enfants handicapés encore en France. Madame Morin, est-ce que les Jeux Paralympiques ont changé un tout petit peu la donne ? Non, absolument pas. C'était une opération de communication gouvernementale destinée à célébrer les whiners du handicap, c'est-à-dire ceux qui dépassent leur handicap, renvoyant les autres à la souffrance qu'ils ont dans les établissements spécialisés.
C'était une pure opération de communication qui n'a rien changé sur le plan des déplacements. Vous voyez, je viens de rentrer de Paris, on nous avait vanté les taxis parisiens qui allaient s'adapter aux personnes handicapées. Figurez-vous que j'ai fait appel à G7 qui s'est conduit de manière totalement honteuse puisque G7 ne forme pas ses taxis pour prendre en charge les personnes correctement.
Résultat, j'ai failli louper mon train parce qu'il a fallu qu'on se débrouille à trouver un moyen par le bus pour rejoindre la gare tout simplement parce que le véhicule n'était pas adapté au niveau de la taille de mon fauteuil alors que j'avais bien précisé les dimensions de mon fauteuil et en plus, le chauffeur n'était pas formé, il comptait me transporter sans attacher correctement mon fauteuil et donc, en cas de freinage violent, j'aurais été éjecté dans le pare-brise parce que le chauffeur n'était pas formé tout simplement. Voilà.
Et ça, c'est le pur fruit du capitalisme, c'est-à-dire qu'on présente des mesures en disant oui, regardez ce qu'on fait pour les personnes handicapées, c'est juste des effets d'aubaine pour une entreprise comme G7 qui a financé des adaptations de véhicules, prétend avoir une flotte mais ne s'adapte pas à nos besoins. Odile Morin, vous êtes militante antivalidiste, présidente de l'association Handi Social. Merci d'avoir répondu à nos questions excellente soirée. Merci pour ce moment. Et c'est ainsi que s'achève la première partie Toujours debout l'info, restez avec nous pour la suite.
Un plateau exclusivement consacré à un événement inédit s'il arrivait, mais le doute est mince, la chute du Premier ministre Michel Barnier. Les motions de censure à son encontre ont été examinées à l'Assemblée nationale. On attend encore le dépouillement, la fin du suspense approche. On en parlera longuement avec nos invités dans le fond de l'info. Ne touche à rien, l'émission continue juste après un court clip de promotion.
Il y a un an, le média réalisait l'impossible et franchissait une étape historique. Nous devenions une véritable chaîne de télé. Le média est désormais officiellement à la télé. Une chaîne d'info accessible sur le canal 165 des freebox. Jamais un média indépendant et populaire n'avait été diffusé sur le petit écran. Chaque jour, nous avons produit près de 4 heures de programmes originaux. À coups d'enquêtes, de directs, de reportages, de débats, le média s'est petit à petit imposé comme une alternative à la dérive des chaînes télé détenues par les milliardaires. En un an, nous avons créé une télé d'info 100% libre des coups de pression des puissances industrielles et politiques.
Mais en fait, ça ne va pas ! Un véritable refuge pour les nombreuses voix invisibilisées. Les gens qui entendent ce témoignage ne peuvent plus se taire. Cet été, nous avons franchi une nouvelle étape. Nous nous sommes battus pour obtenir un canal TNT. Nous avons suscité l'espoir d'une autre télévision, d'une autre information sur les fréquences publiques. En écoutant vos envies et vos attentes, nous avons convaincu des dizaines de médias indépendants de rejoindre cette bataille en s'alliant à notre candidature. Persuadez, que l'union fait la force. Mais l'Arcom, le gendarme de l'audiovisuel, a tout gâché, préférant offrir 15 chaînes à 4 milliardaires.
Nous n'étions ni Vincent Bolloré ni Daniel Kretinsky. Face à cette injustice, nous n'avons pas baissé les bras. Nous avons décidé de riposter, d'engager un bras de fer pour faire annuler cette décision. Une bataille juridique s'est engagée. Ce vendredi 15 novembre, c'est au Conseil d'État que nous porterons notre combat pour une autre information et pour davantage de pluralisme à la télévision. Pour autant, notre détermination est intacte. Ces dernières semaines, nous avons non seulement lancé une seconde chaîne YouTube pour développer de nouveaux contenus, mais également convaincu l'application Molotov de nous diffuser sur leur bouquet. Grâce à votre soutien, le Média ne s'arrête pas.
À chaque bataille, notre projet télé se renforce. On ne lâche rien, on ne renonce à rien. Le Média lance sa grande campagne de dons de fin d'année. Objectif, grossir, encore et encore. Envahissons le champ de bataille médiatique et soyons la première chaîne d'info indépendante de France. Et bonsoir,
si vous nous rejoignez, bienvenue dans notre deuxième partie d'émission. Plus d'une heure de débat consacré à la chute ou non du Premier ministre Michel Barnier. Comment en est-il arrivé là ? Qui pour le remplacer s'il est renversé ? Quelle sera la réaction d'Emmanuel Macron ? Beaucoup de questions. On va tenter d'y répondre pendant plus d'une heure avec l'éclairage de nos invités. Elsa Marcel, vous êtes avocate au barreau de 700i. Bonsoir. Bonsoir. Mathieu Slama, vous êtes essayiste. Bonsoir. Bonsoir. Et Stefano Palombarini, vous êtes enseignant, chercheur en économie politique. Bonsoir à vous.
Bonsoir.
Alors, on va le rappeler, une motion de censure pour être adoptée doit être votée par la majorité des membres de l'Assemblée nationale. La majorité absolue est fixée à 289 députés. Aucun camp n'atteint ce nombre à lui seul. Les alliances, on les appellera comme on veut, sont donc nécessaires puisque le NFP, c'est quatre groupes parlementaires avec au total 192 députés. Le RN, c'est 124 députés. Ils ont assuré voter la motion du NFP. Si on fait le calcul, ce sera donc voté. Elsa, il n'y aura pas de surprise dans quelques minutes, en tout cas dans une heure, a priori. c'est ce à quoi on s'attend. Là, j'en... Allez-y ! Il n'y aura pas de surprise en tout cas, c'est sûr.
Je pense que la question aujourd'hui, le doute est mince. Oui, le doute est très mince. Ça fait quelques jours que c'est le scénario qui commençait à se préciser et effectivement que c'est l'option pour laquelle le Rassemblement national a finalement opté parce que je pense que c'est toujours la contradiction de sa position plus récemment entre quête de respectabilité et posture d'opposition. Je pense que là, il y avait un sondage d'ailleurs qui est sorti il n'y a pas très longtemps qui montrait que la majorité de son électorat était favorable à la censure du gouvernement.
Donc je pense que d'une part, il y avait cet enjeu-là pour le RN qui est celui de ne pas trop se séparer de sa base et puis c'est aussi une espèce de petit coup de pression au gouvernement puisqu'il ne s'estime pas assez intégré au régime d'une certaine manière, pas assez respecté. Donc je dirais que du point de vue du RN, c'est une motion de censure plutôt tactique vraiment stratégique qui sert aussi un peu à recomposer le rapport de force, à taper du point sur la table et qu'effectivement ça a fait plusieurs jours qu'on voyait ce scénario-là se préciser et qu'on en est quasiment sûr.
A priori, il n'y aura pas de retournement de situation malgré les supplications impuissantes et ridicules de Michel Barnier. Oui, monsieur Aslamatou, tout est déjà joué.
Oui, je pense qu'il n'y a pas trop de doute puisque le RN a dit que c'était sûr et certain qu'il votait cette censure et au fond, ce qui est quand même intéressant, c'est ça en fait, c'est que c'est le RN qui décide. On est aujourd'hui dans une situation politique où c'est le RN qui décide si un gouvernement reste ou pas et ça, c'est parce que Michel Barnier a décidé de se soumettre aux exigences du RN.
C'est Michel Barnier qui a décidé de se mettre sous la coupe de Marine Le Pen et d'être dans une posture de soumission à elle totalement délirante avec des concessions en veux-tu en voilà et notamment une concession qui moi m'a horrifié c'est cette histoire d'aide médicale d'État où juste pour plaire à Marine Le Pen alors bon, je ne dis pas que Michel Barnier est un grand humaniste il représente quand même une droite assez dure mais pour plaire à Marine Le Pen il est allé jusqu'à dire on est prêt à enlever je ne sais pas 500 000 euros voire plus à l'aide médicale d'État plus d'ailleurs beaucoup plus à l'aide médicale d'État donc baisser le remboursement des soins pour les personnes sans papier avec les conséquences que ça a du point de vue humain et du point de vue de santé publique même donc une décision qui montre à quel point il était prêt à tout au fond pour plaire au Rassemblement National et au final ça aboutit à quoi même ça ça ne plaît pas à Marine Le Pen qui comme l'a très bien dit Elsa est dans des purs calculs stratégiques tactiques elle voit bien qu'il y a la base qui lui met la pression pour la censure moi je pense on y reviendra après qu'elle fait une erreur une très grosse erreur stratégique mais on y reviendra peut-être après mais voilà mais en tout cas elle est prise par la pression de sa base je crois que c'était soit plus de 60% voire 70% de sa base qui voulaient la censure et puis globalement une majorité de français plus de 50% de français veulent la censure donc elle a vu tout ça elle a en plus les emmerdements de procès qu'elle est en train de vivre ensemble donc voilà mais moi ce que je retiens de cette séquence quand même c'est la manière dont un gouvernement de droite et un homme de droite comme Michel Barnier est prêt à tout vendre à l'extrême droite juste pour rester en place
ce que vous dites Mathieu Salama c'est ce qu'a dit M. Vallaud c'est ce qu'a dit le député Egege que finalement M. Barnier a préféré parler au RN plutôt qu'à la gauche M. Pannou
oui oui ce gouvernement est né comme ça déjà le nom de Barnier a été choisi parce que Macron a interrogé Le Pen et Le Pen lui a dit Barnier ça va alors qu'il a mis son veto sur d'autres noms donc c'est un gouvernement qui est né comme ça après quoi je ne sais pas que l'erreur stratégique du RN il faut voir que le RN il est pris dans une contradiction c'est à dire qu'on a un pouvoir macroniste qui les considère comme le seul interlocuteur pour pouvoir gouverner et en même temps l'électorat est reine il s'est agrégé autour de l'opposition au macronisme et donc pour Le Pen et pour les dirigeants du Rassemblement National s'associer au macronisme au moment où le macronisme vit ces derniers jours monter sur un bateau qui est en train de couler alors qu'on s'est constitué comme un mouvement d'opposition au macronisme avec beaucoup d'hypocrisie mais c'est comme ça que le RN s'est agrandi évidemment c'est une contradiction je ne pense pas que le RN puisse s'associer très longtemps alors pour l'instant le destin de Barnier semble scellé il y a des incertitudes sur ce qui va suivre il y a beaucoup de choses ouvertes mais je pense que continuer sur une stratégie d'un gouvernement minoritaire qui vit grâce à l'opposition du RN cette contradiction sera encore là et donc si Macron pense répéter l'expérience éventuellement en allant encore un peu plus vers l'extrême droite je pense que ce sera des tentatives voies à échec
ça veut dire que finalement on parle de Michel Barnier finie Elsa Marcel comme disait monsieur Palombarini c'est aussi la Macronie qui est finie aujourd'hui oui après je pense qu'il faudrait articuler cette discussion avec un peu effectivement les scénarios possibles les alternatives etc parce que le problème c'est que même avant cette histoire de dissolution la Macronie grandit beaucoup sur la faiblesse des alternatives politiques et c'était déjà le cas je veux dire on l'a beaucoup dit en 2022 c'est un président mal élu un président élu par défaut c'est un président qui même au moment des élections législatives anticipées a réussi à ressusciter le front républicain autour d'une logique moi ou le chaos pour finalement effectivement faire naître le gouvernement que décrivait Stefano qui est celui d'un gouvernement avec un premier ministre de l'Intérieur abominable terrifiant atroce qui est retaillot en nous vendant que c'était en réalité ça le rempart au RN donc le problème c'est que oui le macronisme est très affaibli ça date pas de la dissolution ça date d'il y a plus longtemps et le macronisme a perdu des plumes en fait au cours de son quinquennat ses deux enfin son quinquennat et demi et on l'a vu à de nombreuses reprises même au moment des gilets jaunes au moment de la contestation massive de la réforme des retraites etc c'est un pouvoir qui est fragile il y a peu d'options pour les classes dominantes et en ce sens moi je me félicite de la chute du gouvernement Barnier je pense que ça montre qu'il y a une vraie fragilité du côté du pouvoir et des classes dominantes et que maintenant la question pour faire tomber la macronie vraiment c'est quelle alternative et quelle logique politique parce qu'on a vu que les législatives anticipées c'est pas franchement une réussite dans la mesure où le régime et en particulier celui de la 5ème République a tout un tas d'outils très très très antidémocratiques très brutaux qui permettent d'imposer le retour de Macron encore et toujours dans un contexte où moi je suis par ailleurs favorable à sa démission et au fait qu'il chute mais la question c'est pour quoi faire parce que si c'est pour réorganiser des élections présidentielles le remplacer par un nouveau monarque et par ailleurs même sans parler de ça je veux dire de voir que même pour imposer le départ de Macron il faut un rapport de force considérable enfin lui je sais pas si vous avez vu il y a un article qui est sorti qui disait que sa démission il ne l'envisagerait qu'en cas de guerre civile ce qui donne une petite idée de l'intensité de l'intensité de sa position et je trouve qu'on est dans une situation un peu paradoxale parce qu'il y a une Macronie extrêmement affaiblie un ARN en difficulté même si effectivement il a fait des scores électoraux impressionnants mais il y a une contradiction de sa proposition politique qui même du point de vue de son électorat il y a non seulement son rapport avec le macronisme mais il y a aussi un problème de projet parce que par exemple quand on se rappelle de l'interview qu'a donné Bardella dans le Figaro très très libéral en disant il n'y a pas d'argent machique etc que c'était vraiment du Macron dans le texte alors même que voilà il a aussi une base anti-macroniste ouvrière etc il y a ces contradictions là et c'est pour ça que je pense que oui le macronisme est affaibli mais que la question c'est que pour le faire chuter il faut de mon point de vue un mouvement de masse politique etc qui allie les différentes coordonnées de la situation pour aller au bout parce que je dis une dernière phrase sur cette question il y a aussi beaucoup d'offensives sociales enfin on est en train de discuter de cette crise politique énorme au moment où il y a des vagues de licenciements dont certains pronostics estiment qu'elles peuvent même être plus importantes qu'en 2010 donc pourtant il y a des ingrédients qui permettent d'articuler les colères et de les coaliser pour vraiment mettre un terme à Macron parce qu'en l'état il est encore maître de l'initiative et d'ailleurs on voit que même le parti socialiste était prêt à lui tendre la main en lui disant s'il voulait il y a une porte de sortie etc alors on parlait du RN on ne peut pas parler du RN sans parler de cette alliance peut-être alliance mécanique en tout cas entre NFP et RN Marine Le Pen l'a encore dit tout à l'heure que cette alliance elle ne faisait pas de gaieté de coeur alors le mot alliance peut faire grincer des dents je vous propose d'ailleurs d'écouter un petit problème technique je pense on n'a pas le qu'est-ce qu'il faut pour la suite un gouvernement Barney encore un gouvernement à droite à gauche sur tous les bancs de cette assemblée la responsabilité on la doit à ceux qui nous ont élus vous voyez la consommation elle a commencé à décrocher la confiance des ménages elle a commencé à décrocher la confiance elle perd 3 points la consommation elle perd 0,3 moi j'étais ministre de la consommation j'ai une crainte pour Noël que les gens épargnent plus qu'ils ne dépensent je pense à nos commerçants je pense à nos commerces de bouche je pense aussi à l'appréhension des français qui ont une voiture un crédit conso un crédit immobilier qui se disent qu'est-ce qui va se passer en janvier je pense à nos entrepreneurs qui ont des difficultés de trésorerie et il n'y a rien de pire pour les ménages que les entreprises que l'opacité le manque de visibilité c'est ce dans quoi le pays va sombrer possiblement dès ce soir par irresponsabilité des deux meilleurs amis que sont aujourd'hui les insoumis et le Rassemblement National donc deux meilleurs amis Rassemblement National et LFI monsieur Palombarni qu'est-ce que vous en pensez ?
j'en pense que c'est un peu n'importe quoi c'est l'effet de voter ensemble une censure contre un gouvernement ça n'exprime aucune alliance politique ça exprime une opposition commune éventuellement pour des raisons différentes contre un même gouvernement le problème c'est un paysage politique en trois blocs quel que soit le gouvernement il risque d'avoir des blocs contre lui et donc d'être mis en minorité et d'avoir une censure qui est votée mais évidemment il n'y a rien qui ressemble à une alliance entre le nouveau Front Populaire et le Rassemblement National Mathieu Slama en fait les macronistes ont deux éléments de langage qui sont assez évidents au final enfin je veux dire voilà clair c'est premièrement c'est le chaos si vous votez la censure si la censure est votée la France rentre de le chaos le chaos financier le chaos social les hausses des taxes etc.
si ce budget n'est pas voté à cause de cette censure donc déjà le discours du chaos que Michel Barnier avait déjà tenu à la télévision quand il avait essayé de sauver en quelque sorte sa peau dans un 20h je ne sais plus c'était TF1 France 2 il avait dit si je tombe c'est le chaos et la crise financière etc.
donc ça c'est le premier élément de langage et le deuxième c'est l'alliance des extrêmes donc le NFP dominé par Mélenchon je me mets à la place d'un macroniste et de l'autre côté l'extrême droite alors je voudrais quand même dire là-dessus parce que du coup j'ai lu le texte de la censure présenté par Éric Coquerel et qui est celui qui va normalement voter l'URN et je dois dire que ça m'a quand même stupéfait parce que l'URN va voter un texte dans lequel il est écrit je cite alors qu'une large majorité de concitoyennes et concitoyens a fait le choix du barrage à l'extrême droite lors des élections législatives le premier ministre a cédé à leurs plus vides obsessions avec une nouvelle loi immigration qui poursuivrait la faillite morale et politique de l'année dernière et une remise en cause de l'aide médicale d'Etat qui apporte humanité et dignité à ceux qui foutent notre sol et est une mesure essentielle pour tous de santé publique voilà le Rassemblement National va voter ça va voter ça donc déjà mais Jean-Philippe Tanguy l'arrondi
il ne s'agit pas d'une alliance c'est juste d'un outil mais en tout cas il va de ce texte là qui est écrit
déjà un quand on est un peu éloigné de la politique et qu'on apprend une chose pareille on se dit bah dis donc ces gens-là n'ont pas beaucoup de convictions et sont dans des histoires de stratégie de partis etc au détriment des idées etc et ça donne quand même une image assez curieuse du Rassemblement National bon curieuse pour quelqu'un qui ne suit pas forcément les choses et c'est pour ça que je dis que c'est une très grave erreur du Rassemblement National de voter cette censure c'est d'une part ils votent un texte dans lequel ils sont qualifiés d'extrême droite premièrement deuxièmement ils votent un texte qui est en fait la grande victoire de Mélenchon la grande victoire de la gauche de rupture puisque la censure c'est quand même une stratégie qui est celle de longue date de Jean-Luc Mélenchon qui d'ailleurs il a bien fait d'ailleurs c'est de bonne guerre
selon vous le RN s'est trompé en vantant sa censure
donc Jean-Luc Mélenchon arrive à l'Assemblée Nationale pour suivre les débats et pour suivre cette censure pour bien montrer que c'est lui le gagnant de cette séquence et il a raison parce que c'est lui le gagnant de cette séquence que c'est la victoire de sa stratégie et troisièmement cette stratégie va mécontenter tous les lectorats qui essayent de récupérer le RN c'est à dire un électorat peut-être plus CSP plus peut-être plus modéré entre guillemets mais qui sont un peu dans une logique il vaut mieux Marine Le Pen que la gauche et que Mélenchon et qui est quand même l'électorat qu'ils veulent récupérer pour achever définitivement leur normalisation leur dédiabolisation et qui est un électorat dont ils ont besoin pour gagner l'élection présidentielle et de ce point de vue-là je crois qu'avec le fait de voter cette censure ils perdent des points dans cet électorat-là donc je pense que l'Assemblée nationale fait une erreur stratégique maintenant du point de vue de la gauche la question qui se pose maintenant c'est comment faire pour voilà Mathieu Sama
en ce moment actuellement il y a Michel Barnier qui est en train de s'exprimer au sein de l'Assemblée nationale je vous propose de l'écouter
60 milliards d'intérêts voilà ce que les français que nous allons devoir payer chaque année 60 milliards d'intérêts c'est davantage que le budget de notre défense ou de notre enseignement supérieur que se passe-t-il je vous remercie en vous présentant des textes financiers difficile c'est pas par plaisir que j'ai présenté quasiment même si nous ne l'avons pas pour faciliter les choses et les discussions cette réalité elle reste là écoutez-moi bien elle ne disparaîtra pas par l'enchantement d'une notion de censure ça ne m'étonne pas
il y a beaucoup beaucoup de monde tout à l'heure on a eu nos reporters qui étaient à l'Assemblée nationale beaucoup de monde à l'Assemblée nationale donc un petit bug technique alors on parlait justement de cette alliance mécanique entre le RN et l'FI selon Mathieu Sama c'est une erreur stratégique que le RN ait voté cette mention de censure Elsa Marcel est-ce que vous partagez l'avis de monsieur Sama ?
bah non enfin moi je ne comprends pas tellement pourquoi parce que le fait je pense que le RN vote le texte du NFP de l'FI c'est vraiment tactique pour eux et qu'en réalité je ne sais pas si c'est acquis que Mélenchon sorte gagnant de cette séquence parce que la réalité c'est qu'effectivement il y a un bloc d'opposition qui est assez clair il y avait déjà eu le débat enfin en fait ça fait depuis la rentrée est marqué en fait par cette menace de la censure le RN avait déjà donné sa confiance une fois au gouvernement je pense que le risque qui courait est beaucoup plus important c'est celui d'une intégration beaucoup trop claire au régime dans un contexte où c'est un régime pourrissant en difficulté et que le enfin je veux dire l'autorité principale qu'elle a sur son électorat c'est un dégagisme anti-Macron et que de ce point de vue je ne vois pas bien ce qu'il était possible de faire d'autre dans un contexte où en plus qui va capitaliser sur cette séquence ça reste à déterminer et je pense que de ce point de vue elle avait d'ailleurs c'est une position très claire parce qu'au moment où LFI avait refusé de voter le texte qui était à l'initiative du RN en disant voilà on ne vote pas les textes du RN etc mais qu'eux allaient proposer la leur moi par ailleurs je ne voyais pas bien ce que ça change puisque de toute façon effectivement oui dans une assemblée tu votes des textes communs si tu es opposé au même gouvernement c'est des choses qui peuvent arriver et par ailleurs le RN disait Marine Le Pen avait dit ça en sortant en disant écoutez nous on n'a pas de problème on n'est pas sectaire on ne fait pas des principes de boutique etc on votera le texte de la gauche parce que notre priorité c'est les français c'est les 11 millions d'électeurs qu'on représente les 11 millions d'électeurs qu'on représente ils sont contre le macronisme et du coup ils doivent sortir de cette ornière après la question c'est effectivement qu'est-ce qui va sortir de tout ça je pense que c'est surtout justement alors qu'est-ce qui va sortir parce qu'en effet la question c'est plus de savoir si Michel Barnier va être destitué mais qui va le remplacer on a entendu parler justement de Bruno Retailleau en tout cas c'est un nom qui a circulé voilà ce que certains députés en disent écoutez
peu importe qui c'est même si c'était monsieur Barnier qui revenait en changeant sa méthode en nous écoutant et en prenant en compte les revendications de 11 millions de français alors je dirais bravo et s'il ne franchit pas nos lignes rouges nous nous abstiendrons sur ce budget donc ça n'est pas tant une question de personne qu'une question de volonté politique de nous entendre
plus il ira vers la droite et moins il comprendra et moins il sera en phase avec ce qui est en train de se passer dans le pays maintenant je vois bien son obsession à ne pas vouloir regarder du côté de la gauche et de l'écologie et bien il emportera l'entièreté de la responsabilité
c'est une hypothèse qui est improbable improbable c'est une ligne rouge pour vous ?
c'est pas une question de ligne rouge mais vous voyez bien que le baril centre d'un équilibre il est plutôt sur le centre gauche donc si vous faites des maths vous faites de l'arithmétique politique ça ne marche pas donc c'est improbable ce serait le choix de la censure en vérité personne ne peut accepter d'avoir à nouveau un ministre important du gouvernement déchu prendre la tête du gouvernement qui comprenne qu'aujourd'hui il faut qu'il y ait un gouvernement qui ait une assise plus large que le gouvernement barnier remettre un ministre du gouvernement barnier c'est s'assurer d'une censure rapide donc c'est faire le choix de l'instabilité
monsieur Palombarni c'est un non-sens un Retailleau
disons il faut mettre les choses un peu dans le contexte il y a Macron qui dit vouloir rester président jusqu'en 2027 donc encore des années et demie son projet politique son base pour porter enfin il a un projet politique mais il n'a plus de base pour les porter du coup si vraiment il s'accroche au pouvoir on peut aller vers des situations différentes mais qui seront toutes compliquées donc effectivement une possibilité c'est d'aller encore plus vers l'extrême droite Retailleau pourquoi pas directement un premier ministre du rassemblement national tant qu'on y est et avec la contradiction dans la coalition des gouvernements qui associe Macroniste et le rassemblement national que j'ai rappelé tout à l'heure c'est vrai ce que tu disais sur le fait que le bloc d'extrême droite s'est constitué par une sorte de vague successive des couches successives et la dernière les dernières années c'est des électorats de classe plutôt aisés qui est passé d'un vote Macron à un vote extrême droite parce qu'il pense que face au risque d'effondrement du macronisme les garants de la continuité c'est l'extrême droite je ne pense pas que cela change de façon fondamentale parce que l'effondrement du macronisme est toujours là et c'est des grandes options qui sont ouvertes c'est soit l'extrême droite soit le nouveau front populaire et la gauche pour les classes qui veulent la continuité des politiques néolibérales ça reste à l'extrême droite la perspective c'est pas parce qu'ils font tomber Barnier que ça change de façon fondamentale c'est pas des classes qui recommencent à voter Macron alors qu'ils voient très bien que ce n'est plus ou les successeurs de Macron alors qu'ils voient que ce n'est plus une perspective et encore moins évidemment ils vont voter à gauche donc une possibilité c'est ça c'est de concéder encore davantage le rassemblement national en négociant ouvertement il y avait une députée du rassemblement national qui partait des lignes rouges qu'il faut respecter donc une négociation ouverte ce qui a déjà été le cas au cours des derniers mois mais encore plus clair encore plus ouverte avec le rassemblement national
c'est probable selon vous même si c'est la motion de censure du NFP qui va être adoptée selon vous c'est possible qu'on voit un premier ministre d'extrême droite
quoi qu'il soit n'importe quel scénario sur lequel on raisonne c'est un scénario fragile ok parce que si Macron décide qu'il va rester président ça provoquera une crise politique qui va durer jusqu'à 2027 il n'y a pas de et même tout le monde dit oui mais il y aura des législatives probablement l'été prochain c'est probable ça c'est toujours Macron qui décide c'est lui qui décide si il y a la dissolution de l'Assemblée ou pas et si Macron décide qu'il y a la dissolution de l'Assemblée c'est parce qu'il pense qu'il peut avoir une situation qui n'est pas pire que celle d'aujourd'hui donc cette idée de la dissolution l'été prochain qui va tout résoudre non si Macron s'aperçoit que la gauche gagnerait largement il ne va jamais dissoudre l'Assemblée surtout que la constitution
n'impose aucune limite au président pour choisir un premier ministre on se rappelle qu'entre la démission de Gabriel Attal et la nomination de Michel Barnier c'était passé 51 jours Elsa Marcel est-ce que c'est possible qu'on soit dans le même scénario qu'Emmanuel Macron mette beaucoup de temps à nommer son premier ministre je pense que la difficulté qu'on a de la séquence plus en général pour articuler peut-être effectivement avec des perspectives mais qui ne sont pas uniquement sur le terrain parlementaire c'est que on laisse à Macron l'initiative absolue et ça effectivement c'est un des propres de la Ve République d'un régime ultra-présidentiel qui a le pouvoir absolu et unilatéral de dissolution tout un tas d'autres on est en train de parler de l'article 16 enfin je veux dire c'est des débats qui sont présents dans la presse en fait d'une extension absolue des pouvoirs présidentiels et la réalité c'est que oui Macron il a l'initiative totale de la situation et c'est la raison pour laquelle je pense qu'il y a un vrai débat un peu de perspective à avoir à une échelle large parce que la réalité c'est qu'on voit et c'est aussi pour moi ce qui s'est produit avec les législatives anticipées c'est que si on leur laisse le temps de réorganiser la transition démocratique de ce pays ça peut durer longtemps et ça peut durer le temps qu'ils veulent et effectivement il va probablement nous pondre un gouvernement plus à droite puisque la porte est fermée au NFP etc mais par ailleurs ça ne changerait pas fondamentalement le niveau de crise dans la situation dans laquelle on est et je pense qu'il faut regarder ce que disent même des éditorialistes libéraux, bourgeois par exemple je lisais un article de l'Opinion qui commence à discuter de la nécessité d'un changement de régime qui évoque la genèse de la constitution de la cinquième et du régime de 58 sans évoquer évidemment que ça a été fondé sur un coup d'état et que ça répond en fait à une nécessité de surdirection de l'exécutif mais les classes dominantes sont en train de se préparer à des scénarios de plus en plus radicaux et c'est pour ça qu'à mon avis la question qu'on doit aussi aborder c'est quel est le plan pour les millions de travailleurs de travailleuses de jeunes des classes populaires en général pour une alternative sociale et démocratique dans la mesure où on voit bien qu'il y a une espèce de cycle de plus en plus fou où la crise politique s'approfondit et où en fait des solutions parlementaires les unes sur les autres ne permettent pas une issue puisqu'il y a des ressources et que c'est pas moi je suis assez fascinée de voir l'arc de force qui appelle à l'organisation d'élections anticipées présidentielles et ça va de Jean-François Copé à Mélenchon en passant par à peu près toutes les forces politiques parce que la question c'est qu'ils veulent en réalité réorganiser la transition du régime mais sans même que ça permette d'endiguer et ça je suis d'accord avec ce que tu disais mais quoi qu'il arrive le gouvernement qui va sortir de cette situation sera un gouvernement d'offensive ultra-libérale très très dur et c'est pour ça qu'à mon avis ce qu'il faudrait aussi discuter c'est un peu je suis moi étonnée du silence absolu de la CGT aujourd'hui sur cette situation il n'y a pas une position qui a été prise j'écoutais Marie-Lise Léon de la CFDT qui disait moi ça ne me regarde pas je suis syndicaliste alors que c'est évident qu'il y a une situation dans le pays qui n'est pas juste une situation de crise politique mais aussi de crise sociale demain il y a une grève qui est ultra suivie dans l'éducation enfin les chiffres sont assez spectaculaires c'est mal préparé c'est ça dans le primaire et 50% dans le secondaire avec une colère considérable parce que ce gouvernement combine des mesures bonapartistes autoritaires très brutales avec des offensives autisociales abominables les jours de carence etc et qu'en réalité il y a des ingrédients pour non seulement se battre sur un terrain économique contre les licenciements pour la préservation de la fonction publique etc mais aussi apporter une issue à la crise qui ne soit pas juste laisser à Macron la possibilité de se réorganiser pendant je ne sais pas vous donniez l'exemple 40 jours 50 jours 51 jours je pense que la question c'est aussi de mettre sur le débat des propositions démocratiques aussi radicales que celles que les classes dominantes sont en train de mettre en débat de réfléchir à qu'est-ce qu'il y a d'autre comme alternative on pourra en discuter plus longuement que simplement appeler inlassablement à l'organisation de nouvelles élections qui vont donner strictement la même chose alors on en parlait tout à l'heure de Rotaillot peut-être Premier ministre on avait plusieurs scénarios possibles en tout cas pour certains c'est le NFP Auréen je vous propose écoutez
il n'y a pas d'accord de gouvernement technique il n'y a pas d'accord de non-censure c'est soit un gouvernement du NFP soit on votera la censure contre le nouveau gouvernement qui sera nommé ça c'est inévitable mais ça c'est le jeu démocratique mais au moins respectant le résultat des élections nous ce qu'on demande c'est que le nouveau NFP est arrivé en tête qu'il soit nommé au gouvernement on fera des propositions il y aura des débats dans l'Assemblée si une motion de censure censure le nouveau gouvernement du nouveau NFP c'est le jeu démocratique mais au moins on aura respecté le résultat des élections ce qui aujourd'hui n'est pas le cas Michel Barnier incarne la quatrième force politique personne n'a voté pour Michel Barnier cet homme n'a été élu par personne donc il est illégitime depuis le début la censure elle était inévitable elle arrive à mon avis deux mois trop tard parce qu'on a perdu deux mois pour les françaises et les français et aujourd'hui il faut revenir à la raison avec un nouveau gouvernement issu du résultat des élections si Emmanuel Macron s'est en tête il doit partir c'est NFP ou rien on l'a toujours dit c'est nous qui avons remporté les élections législatives c'est ce que veulent les électeurs les électeurs ont envoyé un message clair à la fois le programme du Nouveau Front Populaire en tête et le barrage contre l'extrême droite là nous étions gouvernés depuis plusieurs semaines par le seul gouvernement les seules personnes qui n'ont pas appelé à faire barrage et ce qu'on demande c'est une fois pas du tout c'est pas uniquement la question de Matignon c'est on demande dorénavant une question une présidentielle anticipée c'est pour ça tout à l'heure que mon collègue Gabriel Amare a demandé si M.
Retailleau avait pris ses dispositions et est-ce qu'il avait commencé à organiser les conditions de cette présidentielle puisqu'on ne peut pas tenir comme ça pendant trois ans
Alors on l'a vu après les législatives anticipées la tradition républicaine en tout cas aurait voulu que ce soit un Premier ministre NFP qui soit nommé Macron ne l'a pas fait aujourd'hui on sait très bien qu'il ne va pas se contraindre à nommer un poste au poste de Premier ministre quelqu'un qui n'est pas issu en tout cas du socle commun M. Slama je me tourne vers vous s'il ne nomme pas quelqu'un du NFP quel sera le scénario en fait est-ce qu'on ne va pas encore rentrer dans une crise est-ce que ce n'est pas le serpent qui se prend la queue finalement
ça peut être sans fin cette histoire et avant d'évoquer les scénarios quand même arrêtons-nous un instant sur ces situations moi j'avais dit quand Michel Barnier avait été nommé que ça ne m'aurait pas étonné que des pays dans le monde fassent des communiqués en disant qu'ils étaient inquiets de la situation de la démocratie en France comme il est coutume de faire pour les pays notamment européens de faire des communiqués sur les situations démocratiques un peu partout dans le monde parce qu'on voit là à la fois toute la dimension non démocratique de la cinquième république et la manière dont Emmanuel Macron a poussé cette logique non démocratique jusqu'au bout du bout puisque les français ont envoyé deux messages pendant les élections législatives premier message non à l'extrême droite et deuxième message on met la gauche en tête une toute petite majorité très relative mais enfin la gauche a quand même gagné ses élections et sur à cause de la volonté d'un seul homme Emmanuel Macron on s'est retrouvé avec un gouvernement à la tête duquel Michel Barnier représente représentant 5-6% des français au regard de sa formation politique c'est une cinquantaine de députés donc c'est démocratiquement effarant et un président de la république qui ne veut surtout pas de gauche qu'elle soit modérée ou radicale au pouvoir et qui est donc est prête à aller du côté de l'extrême droite puisque au fond nommé Michel Barnier c'était de facto faire de Marine Le Pen et donc faire de l'extrême droite l'arbitre des élégances et celle qui allait décider de la survie ou non du gouvernement et ça Emmanuel Macron le savait très bien donc il savait qu'en décidant contre les élections donc contre la voie démocratique de mettre en place un gouvernement soumis au Rassemblement National c'était ouvrir la voie encore une fois à un gouvernement de plus en plus à droite et avec la victoire des idées d'extrême droite avec ça a été évoqué mais la loi immigration une nouvelle loi immigration encore plus dure des mesures sécuritaires encore plus dures enfin bref une droitisation une extrême droitisation sans fin du fait encore une fois d'un seul homme et là je suis d'accord avec ce qu'a dit Elsa c'est-à-dire que ces institutions même s'il ne faut pas tomber dans le formalisme voilà mais les institutions rendent possible des aberrations pareilles donc déjà on a un énorme problème parce qu'on a quand même
activé les outils démocratiques que sont les élections législatives anticipées la motion de censure finalement ce que vous êtes en train de me dire c'est que ça n'aura servi à rien ça sert à rien
puisque tout dépend de la volonté d'un seul homme c'est ça la folie de la 5ème république c'est de laisser le système politique dans les mains en fait d'un seul homme qui a en fait on se rend compte on pourrait parler des 49-3 je sais pas il y a eu une vingtaine de 49-3 22-49-3 qui est quand même une disposition anti-parlementaire voilà je parle pas de toutes les dérives liberticides qu'on a connues ces dernières années ça serait trop long à énumérer mais donc en fait on a une dérive antidémocratique globale et tout est dans les mains d'un seul homme alors maintenant la question des scénarios elle est très intéressante mais en effet moi je penche plutôt vers une droitisation encore plus dure pour plaire au Rassemblement National encore une fois puisque c'est le choix qu'a fait Emmanuel Macron c'est de se mettre dans les mains de Marine Le Pen donc moi je pense que c'est l'hypothèse la plus probable et donc évidemment avec des inquiétudes très fortes à la fois du point de vue social parce qu'il y aura évidemment des politiques austéritaires de casse sociale etc mais aussi et peut-être encore plus du point de vue des libertés publiques du point de vue des personnes sans papier du point de vue de l'immigration de manière générale du point de vue de toutes les personnes qui seraient victimes d'une politique encore plus à droite que celle qui a été menée jusqu'à présent alors l'autre option et je finis là-dessus c'est bon évidemment un centre-gauche voilà qui ou en tout cas une gauche qui poserait une candidature de compromis et dirant on va gouverner avec le bloc central avec des compromis sur un certain nombre de textes etc moi je considérerais que c'est la moins pire des solutions puisque bon ça serait un peu moins de casse sociale et puis moins de mesures inhumaines pour un certain nombre de personnes notamment les personnes minorisées de notre pays mais maintenant je suis persuadé qu'Emmanuel Macron refusera cette option parce qu'encore une fois Emmanuel Macron est obsédé par la poursuite de ses politiques néolibérales et ne veut en aucun cas qu'il y ait un gouvernement qui mette en cause ses politiques que ce soit sur les retraites mais pas seulement sur le droit du travail les entreprises tout ce qui concerne le néolibéralisme que lui a encouragé de manière très simple
est-ce que vous êtes d'accord avec monsieur Samin gouvernement de compromis centre-gauche c'est finalement la meilleure solution
j'ai pas dit ça la moins pire la moins pire solution oui c'est la meilleure aujourd'hui
mais la moins pire moi je pose pas le débat en ces termes en fait c'est à dire que déjà le scénario centre-gauche entre guillemets celui plus Gabriel Attal Jérôme Gage et toute la clique en fait je pense que déjà il faut voir même ce que je trouve assez parenthèse et après je dirais plus sur le moins mauvais des scénarios ou en tout cas moi je pense qu'on peut carrément dire le meilleur mais c'est pas celui-là c'est de voir la contradiction entre le fait que c'est quand même la France insoumise et en réalité le NFP qui permet aujourd'hui au Parti Socialiste d'avoir la position qu'il a c'est à dire d'avoir 66 députés qui sont ceux qui vont parler de motion de rejet offrir une main tendue au gouvernement pour leur dire écoutez si vous voulez qu'on négocie ensemble et qu'on reforme le bloc central il n'y a pas de soucis nous on est dispo appelez-nous tout de suite François Hollande est revenu d'ailleurs c'est aujourd'hui la grande star internationale c'est quand même celui tu parlais des offensives liberticides et des offensives néolibérales enfin il faut quand même se rappeler de ce que c'est que le Parti Socialiste de ce que c'est que François Hollande de ce que c'est que la loi travail la pire offensive contre le code du travail en fait des dernières décennies c'est le Parti Socialiste il n'a même pas besoin de Macron ou en tout cas c'était son ministre pareil sur le terrain liberticide pareil sur la déchéance de nationalité tout ce qu'on veut le PS n'est pas en reste donc parenthèse étant dite c'est aussi les contradictions de ce NFP qui est qu'en réalité en son sein même il y a un groupe qui a aujourd'hui 66 débutés qui ne les mérite pas parce que je dirais Anne Hidalgo elle était quand même à 1% il n'y a pas si longtemps qui est celui qui aujourd'hui propose le sauvetage non seulement du régime mais en plus le sauvetage du régime made in Macron maintenant du coup je pense que ce bloc central n'est en rien une réponse aux aspirations légitimes des millions de personnes qui sont en train de critiquer ce régime à la fois sur le terrain social mais aussi sur le terrain économique et qui aspire à la censure du gouvernement Barnier et je les comprends maintenant sur les alternatives moi je le disais je pense qu'on est en droit d'espérer mieux que ce débat qui est pipé en fait dont les dés sont déjà vipés et qui pourrait continuer à l'infini parce que même quand la gauche gagne et moi je suis d'accord évidemment que le NFP c'est plus à gauche que Marine Le Pen que Macron que LR que tout ce que vous voulez même quand la gauche gagne Macron garde l'initiative en fait et effectivement on l'a dit c'est non seulement les institutions de la 5ème République mais c'est aussi l'état de crise de ce système de manière plus générale qui a une crise aussi généralisée je veux dire on le voit à l'échelle internationale les phénomènes de crise de lutte et de crise de régime qui s'expriment un peu partout et du coup pour moi ce qu'on doit discuter c'est quelles perspectives on a à offrir aux gens et non les perspectives qu'on a offrir aux gens c'est pas juste la recomposition d'un bloc Hollande-Macron parce que les offensives antisociales vont continuer sous ce scénario là et je pense à l'inverse qu'on est en droit et qu'il y a les ingrédients pour espérer mieux et je m'explique on regarde quels sont les ingrédients même pendant la réforme des retraites déjà on est dans un pays où s'il y a une crise politique c'est aussi parce qu'il y a des gens qui se battent ça fait presque 10 ans qu'il y a une lutte sociale par an parfois une lutte d'ampleur nationale il y a la loi travail moi je viens de cette génération après ça il y a eu la bataille contre la réforme du rail les étudiants contre la sélection à l'entrée de l'université les gilets jaunes la retraite à point la réforme des retraites il faudra un gros mouvement populaire exactement je pense qu'il faut une grève générale politique qui conteste à la fois les vagues de licenciement mais aussi ce régime et ces institutions pourrissantes et qui commence à discuter d'un programme radical qui est une alternative et qu'est-ce que ça peut être c'est très concret déjà on regarde pendant la réforme des retraites les travailleurs non seulement ils se sont mis en mouvement pour obtenir le retraite cette réforme mais quand il y a eu le 49-3 il y a eu des travailleurs comme la raffinerie de Normandie qui sont entrés en grève reconductible qu'on dit maintenant on coupe les vannes on arrête le 49-3 ça passe pas il y a eu des phénomènes comme ça un peu partout c'est-à-dire des secteurs de la population qui se sont autorisés eux aussi à penser une alternative au régime mais ça ne se passe pas que dans les couloirs en fait absolument où on voit je veux dire effectivement c'est la maison des fous ça devient je veux dire la maison des fous il n'y a plus de solution on tourne en rond etc et pour dire une chose moi je pense qu'il y a des revendications qui sont autres que celles que des élections anticipées pour continuer la même mascarade on pourrait réfléchir à des expériences démocratiques qui ont été menées au cours de l'histoire moi je pense par exemple qu'on devrait remettre au cœur du débat ce que c'est que l'assemblée unique à un moment où la convention de 93 où il y a eu des expériences très avancées qui disaient bah non il faut une assemblée unique qui fusionne le législatif l'exécutif des députés élus pour deux ans avec un mandat révocable sans condition de nationalité ni de sexe et qui en réalité sont des éléments qui et moi je veux dire moi je suis à la révolution permanente je suis une militante politique révolutionnaire je pense qu'il n'y a pas de démocratie complète dans un système capitaliste une assemblée unique c'est pas le communisme par contre c'est un programme qui permet d'être cent fois plus démocratique que n'importe laquelle de ces démocraties en putréfaction qui n'apportent en fait que ce type de solution et je finis sur ça évidemment qu'avec un mot d'ordre qui est beaucoup plus je veux dire déterminé ça correspond un tout petit peu plus déjà au niveau de détermination des classes dominantes parce que je le disais il y en a qui commencent à discuter de nouveaux régimes il y a la sixième république version coup d'état de droite de classe dominante etc et le problème c'est que il y a une mise en mouvement qui est possible dans la mesure où la colère elle existe et je finis sur ça on a discuté de la grève de demain mais en fait il y a des phénomènes de contestation qui émergent de partout évidemment qu'on va partir pour un tour pour le même cirque pour se retrouver avec le même gouvernement ultra libéral que soit Barnier Retailleau ou Cazeneuve ça ne changera rien donc il faut débattre des questions démocratiques de manière beaucoup plus radicale et articulée aux questions économiques alors Michel Barnier a fini à terminer sa prise de parole à l'Assemblée nationale manifestement c'est l'heure du vote donc peut-être qu'on va le savoir dans quelques instants en tout cas le doute est mince si Michel Barnier va être destitué alors elle est fière je voudrais revenir sur ce point et plutôt clair au-delà de Barnier c'est la démission d'Emmanuel Macron qu'il souhaite on le sait Emmanuel Macron l'a dit depuis Riyad je ne démissionnerai pas avant 2027 M.
Pallon Barini quelle est vraiment la marge de manœuvre pour obtenir la démission d'Emmanuel Macron s'il y en a une
alors du point de vue institutionnel Macron décide donc il n'y a aucune marge pour pousser à une démission c'est l'impact de la crise et notamment de la crise sociale qui peut éventuellement le pousser à la démission maintenant le problème c'est qu'on a affaire à Macron c'est-à-dire un caractère quand même un peu spécial à quel niveau de crise sociale politique économique à quel niveau d'absence totale de perspective Macron va se dire ok il vaut mieux que j'arrête ici en connaissant enfin ce qu'on a vu au cours des des quinquennats de Macron fait craindre les pires quoi c'est-à-dire que c'est lui-même qui a dit je m'en vais si il y a une guerre civile voilà en dessous de la guerre civile je m'en vais pas ça veut dire ce que ça veut dire quoi maintenant alors si je me mettais dans la tête de Macron qui doit pas être un endroit très agréable mais si j'ai raisonné à sa place je me dirais qu'il y a une carte à jouer qui est la carte alors je dis Cazeneuve ou un nom équivalent à celui de Bernard Cazeneuve quelqu'un de gauche très très très très très modéré disons comme ça c'est l'étiquette qu'il a je sais pas qu'est-ce qu'il y a de gauche Cazeneuve disons l'étiquette qu'il a
c'est l'étiquette qu'on lui donne voilà
donc l'étiquette qu'il se donne et qu'il lui donne les médias c'est gauche modéré pourquoi c'est une carte parce qu'une nomination enfin un premier ministre de ce type qui proposerait alors je sais que Macron n'a pas envie de dire je dois me mettre en pause pendant six mois mais une sorte de pause dans le processus de réforme pendant six mois ça ferait éclater une vraie tempête dans le parti socialiste donc déjà la moitié du parti socialiste est hostile au nouveau Front populaire on le sait la moitié est droite celle qui a perdu le congrès mais d'un cheveu il y a comme je vois Jérôme Gage par exemple au propos de la réforme des retraites a dit ok vous êtes pour garder la réforme nous on est pour l'abroger faisons un compromis une suspension de la réforme on suspend la réforme et on fera redémarrer les choses dans quelques mois on peut imaginer une pause de ce type ça mettrait je dis ça ferait une vraie tempête dans le parti socialiste parce que jusqu'ici Olivier Faure qui a disons une stratégie unitaire à gauche a à peu près gardé la barre mais avec 50% du parti derrière lui et il y a un congrès du parti socialiste qui vient je pense que le parti socialiste c'est vrai au moins pour une partie à une proposition de ce type et pourquoi du point de vue de Macron serait une bonne disons si j'ai raisonné à sa place ça serait une bonne stratégie parce que ça fait éclater le nouveau Front populaire c'est du nouveau Front populaire qu'il ne veut pas il ne veut pas de la gauche et donc si ça fait éclater le Front populaire sur la base d'une pause de 6 mois et qu'on va aux législatives l'été prochain avec le nouveau Front populaire qui est parti à Mousseau à ce moment là vraiment il peut dissoudre parce que la crainte de la victoire de la gauche il a éliminé et donc ce qui reste comme perspective c'est éventuellement un bon résultat macroniste je n'y crois pas mais très probablement c'est qu'il recherchait avec la dissolution c'est-à-dire une victoire de l'extrême droite ce qu'il faut voir c'est que Macron a décidé de dissoudre l'Assemblée le soir même ou le jour après les résultats des Européens que le Rassemblement national avait gagné dès loin donc la logique je vois le Rassemblement national qui gagne
je vois le Rassemblement national
qui gagne largement les Européens qu'est-ce que je fais je fais des législatives quelle est la logique c'est de dire d'une part l'Assemblée nationale n'a pas au programme de remettre en cause de façon fondamentale la stratégie des réformes macronistes que ce soit sur les services publics que ce soit sur la fiscalité que ce soit sur les retraites etc il n'y a aucune remise en cause de la stratégie macroniste sur ce terrain là après il y a des discours sur l'identité sur la religion sur les français des souches mais sur le thème des politiques économiques et sociales c'est un point de continuité avec Macron et ça permettrait à Macron qui resterait président avec un gouvernement d'extra-droite de jouer il n'a plus de base parlementaire mais ça lui permettrait de jouer le rôle de celui qui modère les excès que quand ça va trop loin il dit attention je ne vais pas signer ça etc ça lui redonnerait une sorte de légitimité comme défenseur de la démocratie c'est ça qu'il avait en tête je suis certain que c'est ça qu'il avait en tête
M. Slama est-ce que si Emmanuel Macron pense beaucoup au RN est-ce qu'on peut s'interroger et se dire que si le NFP paraissait un peu plus uni peut-être que ça aurait plus de poids parce que je le rappelle si Olivier Faure soulignait la responsabilité d'Emmanuel Macron dans cette crise il rejette les appels à la démission du chef de l'État lancé par LFI
oui le NFP est en effet très enfin est-ce qu'il y a encore un NFP aujourd'hui d'ailleurs en réalité c'est la question parce qu'il est tellement éclaté aujourd'hui il a tellement volé en éclats sur tout un tas de sujets à la fois internationaux nationaux que finalement il y a l'EPS qui essaye de jouer sa résurrection
finalement ils l'ont fait pour les législatives et ça n'a pas fonctionné d'un coup voilà
alors ça n'a pas fonctionné mais on voit bien que le NFP est en situation de quasi mort alors il y a des gens comme Marine Tondelier qui essayent de continuer à le faire vivre mais tout en jouant un peu sa carte à elle donc il y a toujours une ambiguïté dans ce type de stratégie mais donc il y a la possibilité qu'ils essayent de trouver une solution à proposer Emmanuel Macron mais bon on sait déjà le discours sur LFI puisque de toute manière il y aura toujours le truc de le NFP c'est LFI donc on n'en veut pas premièrement deuxièmement la censure immédiate à partir du moment où non seulement il y a LFI mais même des écolos il y a un certain nombre de macronistes qui ont dit même ELV on censurera s'il y a des gens d'ELV il y a quand même des gens qui ont dit ça donc c'est pour ça que la position du NFP aujourd'hui est très fragile alors que ça en effet ça devrait être la logique démocratique de base qui est que la coalition pour laquelle les français ont voté parce que les français ont voté pour des listes NFP aux législatives cette coalition qui arrive en tête arrive au sein du gouvernement donc c'est là où en effet au fond ce qui n'est pas normal c'est que tout soit dans les mains d'Emmanuel Macron que ce soit lui qui décide et l'hypothèse Cazeneuve pourquoi pas mais encore une fois il faudrait qu'il puisse éviter la censure et en effet avec Cazeneuve ça continuerait la logique macroniste politiquement notamment sur les sujets économiques mais en tout état de cause je veux dire tout est dans les mains d'Emmanuel Macron et c'est ça le problème fondamental et au fond quand même il faut dire une chose sur ce qu'on vit là à la fois l'échec de la 5ème république mais aussi l'échec du macronisme qui quand même a commencé en 2017 avec une promesse voilà d'aller au-delà de la droite et la gauche d'exploser un peu les carcans de renouveler la pensée politique la pratique politique etc et on se retrouve dans une république en lambeaux un parlement qui ne fonctionne plus et un système politique dans une situation gravissime et un pays dans une situation gravissime et au fond c'est quand même ça derrière c'est qu'on parle pas de ce qui se passe dans le pays des français de la crise économique de la crise sociale on s'intéresse à des questions de partis des questions de coalition etc et c'est aussi ça quand même qui peut paraître choquant pour beaucoup de français c'est de se dire mais qui comprennent plus rien à ce qui se passe d'ailleurs si tant est qu'on peut arriver à comprendre quelque chose à ce qui se passe mais au fond on vit quand même la mort quasi définitive du macronisme au sens où le macronisme a commencé dans cette espèce de fausse promesse d'alliance entre néolibéralisme et progressisme ça s'est avéré en fait une position de plus en plus droitière au fil des années avec une logique liberticide anti-immigration qui a fait la courte échelle à mon sens à l'extrême droite voilà donc ça c'est quand même un échec flagrant et puis voilà un système politique en lambeau donc en fait aucune solution ne sera bonne maintenant je le redis je préfère encore
je préfère encore
une solution centriste même si c'est une solution qui n'est pas la bonne du tout voilà encore une fois une logique qui est encore plus extrême droite mais en effet comment on sort de ça moi je pense que la gauche doit viser 2027
je suis désolée je vais être obligée de vous couper on a une députée macroniste qui s'exprime actuellement écoutez là on s'est dispersé ici alors qu'il faut nous concentrer bien au contraire sur les mesures essentielles majeures pour notre pays j'espère j'espère mais vous savez quand je suis arrivée pour la première fois ici à l'Assemblée nationale j'ai senti réellement le poids de la responsabilité sur mes épaules il y a un davantage encore aujourd'hui puisque même si notre constitution on la découvre tous les jours est bien faite quelque part et prévoit beaucoup beaucoup d'outils pour permettre au pays de se doter d'un budget il n'empêche qu'on rentre néanmoins dans l'inconnu et dans un moment d'instabilité internationale européenne de fragilité économique aussi donc on a besoin je crois d'un sursaut des républicains il faut que l'ensemble des forces qui croient justement et qui portent notre république donc je mets de côté l'extrême droite et l'extrême gauche parce que les choses sont claires aujourd'hui les deux extrêmes recherchent uniquement la présidentielle anticipée et à fragiliser nos institutions et la république je pense qu'il est de notre responsabilité en tant que républicains des socialistes des sociodémocrates des écologistes des communistes du centre bien d'entendre jusqu'à la droite sociale je rappelle beaucoup de monde aujourd'hui à l'Assemblée nationale Elsa Marcel qu'est-ce que vous inspire cette prise de parole de Stella Dupont je me suis pas beaucoup concentrée en fait mais je pense qu'on voit globalement le contenu elle appelle à la responsabilité c'est la même chose depuis le début je sais pas s'il y a besoin de beaucoup écouter Stella Dupont mais mais mais non mais oui enfin en fait moi encore une fois peut-être pour réagir à ce qu'on disait avant sur est-ce qu'on est pessimiste autour de cette table oui tout à l'heure vous disiez justement que vous étiez contente bah oui non mais moi je pense pas qu'on soit enfin moi en tout cas je me sens pas pessimiste c'est à dire que je pense que la la chute du gouvernement est une bonne nouvelle parce qu'elle révèle une fois de plus la fragilité des classes dominantes et que je me joins aux appels à la démission d'Emmanuel Macron parce que évidemment qu'il faut le faire partir mais ce que je dis simplement c'est deux choses c'est de une qu'il faut pas s'arrêter là qu'il faut demander plus c'est qu'il faut en finir en fait avec ces institutions pourrissantes et et et avec ce qui permet tout ça évidemment la constitution de la 5ème république mais on peut penser au rôle du Sénat on peut penser au rôle en fait de toutes ces institutions profondément antidémocratiques qui permettent de tirer toujours plus à droite les projets de loi comme ça a été le cas notamment pour la loi immigration mais je pense aussi qu'il faut insister ici sur les possibilités de réponses par en bas et c'est pour ça que moi je suis pas pessimiste dans l'absolu de la situation parce que qu'il n'y ait pas d'alternative pour les classes dominantes qui s'imposent c'est clair, net et précis et je pense que c'est pas ça dont on a besoin aujourd'hui qu'il n'y ait pas une solution facile pour Macron sur ça on est d'accord sur Macron et j'entends évidemment le patronat et puis plus généralement l'agenda néolibéral mais la question qu'on doit se poser maintenant c'est les possibilités de réponses par en bas et je pense avoir déjà insisté sur ça à un certain nombre de reprises mais le fait que la Macronie s'effondre c'est une bonne nouvelle le fait que Macron soit en passe de dégagé c'est une bonne nouvelle moi j'ai pas de problème avec ça au contraire je pense que c'est bien que le gouvernement chute la question c'est maintenant quels sont les éléments le problème c'est que les classes dominantes et l'ensemble du champ parlementaire si on lui laisse l'initiative le gouvernement va en effet chuter mais peut-être pour qu'il y en ait un pire qui émerge oui mais ça c'est totalement possible si on lui laisse l'initiative c'est ce qui va se passer si on laisse à Macron l'initiative de la politique parlementaire en général comme ça s'est passé pour les élections législatives anticipées bien sûr que va se recomposer un gouvernement dont l'agenda ce sera de poursuivre les attaques qu'il a mis en place pendant ces quelques maigres 50 jours et la raison c'est moi c'est ce que je dis c'est pourquoi est-ce que face à la crise politique à laquelle on assiste qui a un effondrement total pourquoi il n'y a pas un appel à la grève générale politique pour en finir avec ce gouvernement qui a un genou à terre et pour instaurer des mesures sociales d'urgence pour en finir avec les licenciements pour porter des mesures qui sont celles en réalité voilà de l'interdiction des licenciements de l'augmentation des salaires de la lutte contre l'inflation et d'articuler ça avec une possibilité de revendiquer une alternative démocratique parce que et je finis sur ça mais pour dire que moi encore une fois je trouve que la séparation qui existe entre la politique parlementaire qui ferait croire que donner notre avis en politique c'est voter pour des coalitions électorales et le reste se battre pour nos conditions de travail c'est quand on le fait à l'appel des syndicats une fois de manière isolée etc je pense que cette division elle est délétère elle est en deçà de ce que la situation exige et en deçà des possibilités objectives puisqu'on voit qu'il y a une articulation énorme entre les possibilités de proposer une alternative démocratique et surtout de se battre aussi contre les offensives austéritaires qui sont actuellement mises en place par ce gouvernement fragile faible qui n'est pas en mesure de nous imposer ce qu'il est en train de nous imposer si on avait ne serait-ce qu'un appel à trois jours de grève générale tout ça c'est fini M.
Pallon-Barrigny en tout cas juste un instant en tout cas le vote a commencé
il y a une minute j'ai un point d'accord un point de désaccord avec ça le point d'accord c'est le rôle absolument essentiel du conflit social disons comme ça parce que ce qu'il faut voir dans la dynamique française si on compare avec d'autres pays moi je connais bien l'Italie par exemple s'il y a une gauche forte une gauche pas la gauche modérée de Cazeneuve une gauche forte en France c'est à cause il y a eu l'initiative politique de Mélenchon le parti de gauche à France Insoumise etc mais qui sont nourries d'une série d'une très longue série de conflits sociaux si le parti socialiste a été obligé de signer l'accord du PS autour d'un programme largement inspiré à l'avenir en commun en tout cas un programme de rupture et après des nouveaux ils ont fait d'accord sur les nouveaux fronts populaires c'est parce qu'il y a eu des mouvements je coupe
monsieur Palombarini on va prendre en direct un cercle Châtelain écoutez-la
c'est-à-dire un s'écharper sur le qui avant de se dire qu'est-ce qu'on veut faire au service des français c'est ce que le groupe écologiste et social a posé nous voulons travailler sur la question de l'industrie et de l'interdiction des licenciements boursiers suite au PSE qui s'accumule dans le pays
nous voulons avancer sur la question de l'hôpital de l'éducation notamment en réduisant le nombre d'élèves par classe par un plan de recrutement des professeurs nous voulons avancer
sur la question de la police de proximité nous voulons arrêter les pieds que nous en travaillant sur une loi concernant les médias je vous dis tout ça parce que je veux que nos collègues qui sont prêts à la discussion nous disent pas en nous parlant d'accord tacticiens mais en nous parlant
sur le compte qu'est-ce qu'ils acceptent et qu'est-ce qu'ils rejettent parce que le deuxième enseignement qu'on doit tirer c'est qu'une coalition
qui n'est qu'une addition d'intérêt sans ligne aux routes claires n'est pas solide à un moment il faut que le prochain gouvernement soit solide soit cohérent et soit solidaire c'est pour ça qu'il nous faut une feuille de route écologiste et sociale et que le groupe écologiste et social la propose
et donc oui ce qu'on dit c'est ne rejoint pas le même scénario en juillet et la dernière la dernière leçon que nous devons tirer de la période
c'est que cela se joue à l'Assemblée nationale il faut arrêter de penser qu'un gouvernement quel qu'il soit pourra tenir s'il méprise l'Assemblée nationale s'il ne laisse pas des groupes entre eux construire des compromis solides donc oui il faut une chose c'est un garantir d'arrêter d'utiliser le 49 et deux accepter que les discussions qui forment cette feuille de route gouvernementale aient lieu à partir des groupes de cette Assemblée
Alors la fin de Cyril Châtelain député ELV Monsieur Slama Mathieu Slama vous venez de l'entendre est-ce que vous avez une réaction ?
Oui j'ai une réaction il y a une chose qui m'a intéressée dans ce qu'elle a dit c'est au fond l'idée que peut-être qu'il y en a marre aussi de parler tout le temps du gouvernement et pas de parlement et les situations dans lesquelles au fond c'est pas très adapté à la Ve République qui est un système politique très présidentiel où le Parlement est quand même très cornaqué mais en fait une situation où il n'y a pas de majorité absolue c'est aussi l'occasion pour le Parlement de faire imposer sa loi si je puis m'exprimer ainsi d'ailleurs ça devrait être son rôle dans l'absolu mais je veux dire vraiment à travers des compromis des coalitions etc.
d'imposer une politique et de vraiment retourner à un esprit plus parlementaire dans la manière de faire la politique plutôt que d'avoir un Premier ministre un président qui décide des politiques etc. donc en fait des situations dans lesquelles il y avait une majorité absolue c'est théoriquement en tout cas l'occasion pour le Parlement de justement reprendre la main et de dire c'est nous qui allons décider à travers des coalitions que nous allons choisir choisir entre différents partis etc.
donc sur ce fond de discours je trouve que ce n'est pas inintéressant et que dans une situation où il n'y a pas de majorité absolue parce que c'est quand même ça un peu le problème dans le pays politique aujourd'hui on aimerait tous que ce soit le programme du NFP qui soit appliqué tel quel à 100% mais c'est impossible en tout cas aujourd'hui dans le système de rapport de force qu'on peut d'ailleurs tout à fait regretter et considérer qu'on est tous autour de la table à le penser que les systèmes institutionnels et aujourd'hui absolument comment dire n'est plus du tout adaptés à l'époque donc dans ces cas là moi je dis en effet qu'il faut qu'à gauche il y ait une position si la gauche veut espérer avoir comment dire Matignon une position qui soit dans une logique de compromis dans une logique d'alliance etc.
mais le problème de cette position là aussi c'est à quel coût quoi quel est le prix de ça pour la gauche est-ce que ça veut dire de trahir des principes qui sont quand même fondamentaux est-ce que ça veut dire d'accepter certaines mesures réformes ne libérales des réformes austéritaires est-ce que ça veut dire accepter une politique migratoire qui est injuste qui est inhumaine est-ce que ça veut dire ça implique plein de choses donc la gauche est quand même dans une situation très compliquée aujourd'hui par rapport à tout ça parce que les compromis oui quand on avait une majorité absolue on est obligé de faire des compromis mais encore une fois à quel prix à quel prix donc c'est ça la grande question qui se pose à la gauche aujourd'hui je n'ai pas évidemment de réponse à ça et une dernière chose si j'ai encore une minute c'est ce qui m'a frappé dans les interventions ou l'intervention avant de la députée je crois macroniste voilà c'est les deux extrêmes et au fond la séquence qu'on est en train de vivre aujourd'hui acte la victoire de cette rhétorique en tout cas dans le clan modéré mainstream on va dire comme ça de cette rhétorique des deux extrêmes avec l'extrême droite mis en face avec le NFP et en particulier LFI qui est un discours qui est évidemment terrifiant parce que rien ne peut être enfin il n'y a aucune comparaison possible entre un mouvement progressiste si critiquable soit-il je suis le premier à le critiquer à longueur de temps et l'extrême droite mais ce qui m'inquiète c'est que cette rhétorique s'est installée et quand j'ai vu Michel Barnier s'adresser au Rassemblement National avec un air de supplication en quelque sorte et dire au Rassemblement National vous n'allez quand même pas voter un texte du NFP dans lequel figure LFI donc Michel Barnier qui dit en gros à l'extrême droite vous n'allez quand même pas voter quelque chose qui vient de la gauche c'est quand même le monde à l'envers c'est à dire qu'on fait du NFP et en particulier de LFI la nouvelle extrême droite en fait si on réfléchit un peu dans une logique un peu politique et ça c'est très inquiétant parce que c'est une rhétorique qui a été martelée ces dernières années et qui aujourd'hui trouve une sorte d'acmé avec cette crise politique
Michel Barnier justement a parlé une dernière fois aux députés de l'Assemblée Nationale pour tenter une nouvelle fois de les convaincre de ne pas voter la motion de censure je vous propose à l'écouter
nous sommes rendus les uns et les autres mesdames et messieurs les députés à un moment de vérité et un moment de responsabilité j'entendais tout à l'heure le premier ministre Gabriel Attal que je remercie de sa confiance exprimait le vœu exprimait le vœu de disiez-vous moins de bruit et plus d'action c'est compliqué ici en tout cas moins de bruit sans doute plus d'écoute et plus de respect le respect que j'ai moi-même exprimé en vous écoutant et depuis que je suis premier ministre avec la même constance il y a deux jours j'ai donc engagé la responsabilité de mon gouvernement sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale j'ai pris mesdames et messieurs les députés cette décision après avoir fait preuve d'écoute de respect en effet de dialogue ce qui a conduit le gouvernement à améliorer quasiment chaque jour son texte et je reconnais qu'il n'était pas parfait que nous n'avons pas tout bien fait au départ à améliorer ce texte sur plusieurs points importants comme les retraites les allégements de charges le remboursement des médicaments et sans parler d'autres points qui se trouvent je pense à la taxe sur l'électricité dans le projet de loi de finances qui vous est soumis par ailleurs
Monsieur Valon-Barni on vient d'écouter Michel Barni qui se dit déçu parce que selon lui il a amélioré le texte il a été au compromis il ne comprend pas finalement pourquoi il y a une motion de censure
il a été au compromis avec les rassemblements nationaux il ne comprend pas pourquoi les rassemblements nationaux votent la censure ça on peut le comprendre mais donc pour revenir à ce qui se joue dans cette phase ça me paraît important les discours sur les extrêmes qui se rejoignent il est très ancien l'électorat macroniste va continuer à y croire comme il y croit depuis un moment je ne pense pas qu'il y ait fait qu'un vote est censure dans lequel l'extrême droite et gauche votent ensemble ça change quelque chose de ce point de vue il y a un paysage qui change c'est le paysage si vous voulez des dernières précédentielles du deuxième tour des dernières précédentielles dans lequel l'alternative en France c'était entre l'européisme macroniste progressiste au moins en 2017 beaucoup moins déjà en 2022 et l'extrême droite c'est qu'a montré cette phase et c'est pour ça que l'Assemblée nationale est obligée aujourd'hui d'une certaine façon à voter la censure c'est que ce n'est pas une alternative c'est-à-dire qu'il y a une convergence très forte entre le macronisme et l'extrême droite et d'ailleurs il y a des sondages que Marine Le Pen doit regarder dans lesquels on demande qui est la principale force d'opposition à Macron et au cours des derniers mois pour des raisons logiques c'est la gauche qui est montée et donc je pense que par rapport disons à un discours médiatique parce qu'il y a un discours médiatique sur les extrêmes qui se réjoignent et il y avait un autre discours médiatique Mélenchon qui fait 19 puis 22% c'est une sorte d'anomalie passagère parce que la réalité c'est que Mélenchon tombe il chute etc.
et que des vraies perspectives c'est soit Macron européiste soit l'extrême droite nationaliste disons c'est raconté comme ça ces discours-là vraiment il est difficile à tenir aujourd'hui parce que tout le monde a vu qu'il y a une convergence et tout le monde a vu moi je ne suis pas d'accord que le nouveau front populaire est mort aujourd'hui tout le monde a vu que déjà avec la NUPES et après avec le nouveau front populaire que la gauche a été capable la gauche la gauche parlementaire politique a été capable de se rassembler pour des fois autour d'un programme assez clairement en rupture avec la logique néolibérale et ce qui dit aussi quelque chose sur les possibilités de compromis Macron pense et je crois qu'il a raison qu'il y a un espace de compromis possible avec l'extrême droite et il pense aussi qu'il n'y a pas d'espace de compromis possible avec la gauche tant que la gauche reste agrégée autour d'un programme de rupture c'est assez clair je veux dire entre la continuité néolibérale et la rupture avec le néolibéralisme et où l'espace de compromis c'est des directions opposées donc entre des directions opposées c'est difficile de trouver une voie intermédiaire et maintenant je répète il y a des coups tactiques que Macron peut jouer notamment pour engendrer une crise au parti socialiste pour isoler fort à l'intérêt du parti socialiste pour qu'un composant qui va rompre avec les nouveaux fonds populaires prenne encore plus d'efforts qu'il y en a déjà beaucoup il y a des coups tactiques qui peuvent jouer comme ça mais ce qui apparaît dans cette crise c'est que je ne parle pas de Macron le pélénisme je ne sais pas il y a un terme comme ça je crois que c'est Todd je ne suis pas sûr moi je ne parle pas de ça parce que ce n'est pas encore la même chose mais on voit très bien une convergence entre ces débloqués et on voit très bien que l'extrême droite est très éloignée de la gauche je veux dire à part quelques électeurs de Macron qui pensent vraiment que l'extrême se rejoigne tous ceux qui suivent un minimum savent très bien qu'il y a une distance énorme entre l'extrême droite et la gauche tout le monde voit très bien que quand il faut chercher un allié entre l'extrême droite et la gauche Macron regarde
vers l'extrême droite Elsa Marcel je vous interroge une dernière fois avant que vous quittiez ce plateau se jette cette motion de censure quelles conséquences aura-t-elle sur les français je pense que ça rejoint ce qu'on discute un peu à mon avis le scénario il est encore un peu incertain on le disait mais je pense qu'il n'y a que des options fragiles et faibles du point de vue des classes dominantes et beaucoup de scénarios de crise en perspective parce qu'il y a effectivement une contradiction de plus en plus aiguë entre la direction macroniste et ce gouvernement hybride et en réalité le niveau de contestation qui existe dans la population donc quelles conséquences elle aura moi c'est ce que je continue à dire c'est que ça dépend de comment est-ce qu'on y répond et que si on laisse l'initiative à Macron et si on lui laisse le temps de se recomposer et d'ailleurs c'est même ce qui s'est passé vous l'évoquiez en disant le temps qu'il a pris pour nommer un ministre c'est une capacité de recomposition et d'organisation de la transition qui est énorme enfin moi je pense que la réalité c'est que il y a mieux que des coalitions parlementaires à offrir aux français enfin voilà aux gens qui habitent en France entre guillemets mais de manière générale que moi je pense que c'est aussi c'est aussi des brèches c'est aussi des possibilités parce qu'avoir un gouvernement aussi affaibli enfin il faut se rendre compte du décalage entre son niveau d'offensive et la base sociale qu'il a et la marge de manœuvre réelle et ça c'est aussi des possibilités donc moi je pense que les différents que à la fois il faut avoir un plan d'urgence en fait déterminé pour mettre un terme à l'hémorragie sociale qui est en train de se produire parce qu'on est quand même avec un gouvernement avec des casbariants qui osent mener des offensives de cette violence alors qu'ils sont dans la posture dans laquelle ils sont enfin je veux dire c'est aussi en potentiel c'est un niveau de déconnexion délirant mais que la réalité c'est qu'il faut un plan de bataille mené par des organisations syndicales politiques etc qui ont la détermination d'aller au bout très rapidement je voudrais vous entendre justement monsieur Aslama sur ça vous êtes d'accord il faut le mouvement populaire c'est la seule solution aujourd'hui très rapidement avant qu'elle ne quitte
non je trouve que c'est fondamental parce qu'au fond depuis la réforme des retraites on n'a pas eu de grand mouvement social en France et quand je dis grand c'est plusieurs millions de personnes dans la rue or là dans la crise politique dans laquelle on est la crise démocratique la crise économique et la crise sociale normalement c'est vrai que rationnellement on se dit mais il y a tellement de colère dans le pays que ce devrait être le moment où justement une pression se fait dans la rue pour obliger Emmanuel Macron à vraiment écouter la population et c'est généralement dans ces moments là que d'ailleurs ce type d'événements se produisent parce que les gilets jaunes quand même ont eu lieu après une taxe quand même une taxe écologique donc la question c'est quelle est l'étincelle et là où Elsa je suis un peu plus circonspect mais j'espère ou peut-être que l'avenir très court me donne à tort mais on voit pas ça dans le pays on voit pas de alors est-ce que c'est parce qu'il y a du découragement est-ce que les gens se disent de toute manière qu'on va manifester pour la réforme de retraite ça passe quand même à coup de 49-3 d'autres qui se disent bon de toute manière c'est un tel cirque politique on comprend plus rien donc ça peut décourager moi je ne sais pas est-ce qu'en effet comme tu avais l'air de le dire ou comme tu le disais d'ailleurs les syndicats sont pas au niveau sont pas à la hauteur sont dans une logique presque de marchandage avec les gouvernements successifs qui font qu'ils ne veulent pas appeler à un mouvement très profond et global dans la société parce que c'est vrai que c'est pas seulement les fonctionnaires qui sont attaqués par le gouvernement c'est tout un tas de segments du travail et même hors travail parce que les chômeurs on parle toujours des travailleurs mais on parle pas des chômeurs dont les droits sont réduits chaque année continuellement etc donc il y a de quoi être en colère il y a beaucoup de mécontents il y a beaucoup plus de perdants dans le système actuel que de gagnants et malgré ça ça prend pas donc moi ma seule interrogation c'est vraiment
en une phrase moi je suis pas tellement d'accord parce que le problème c'est déjà je pense que la colère elle existe enfin elle est incontestable encore une fois il y a une grève de main qui est appelée comme ça pas comme s'il y avait beaucoup de préparation et pas comme si c'était la date du siècle non plus il y a 65% de grévistes c'est énorme je veux dire dans l'éducation nationale il y a une colère considérable et c'est vrai dans tout un tas de secteurs après le problème c'est que si effectivement si on ne propose pas de perspectives aux gens s'il n'y a pas de plan de bataille non seulement conséquent mais en plus avec des perspectives politiques plus importantes par exemple on discute des gilets jaunes les gilets jaunes ce qui a fait la force de ce mouvement c'est non seulement la méthode la radicalité mais c'est aussi le contenu c'est à dire que c'est parti effectivement d'une histoire de taxes et au final on était en train de discuter de RIC on était en train de discuter de Macron des missions c'était des gens qui pensaient pour un certain nombre qu'ils allaient faire la révolution quand ils disaient on va à l'Elysée c'est parce que dans leur tête enfin vraiment c'était la destitution du monarque donc il y avait une question qui commençait à poser évidemment de manière balbutiante initiale etc mais des questions de pouvoir de transformation sociale et là c'est évidemment ça dont il faut discuter parce que le problème c'est que si les organisations syndicales leur objectif c'est de profiter de la crise politique et de l'affaiblissement du gouvernement pour imposer un retour à la table des négociations réimposer le dialogue social le marchandage par-ci par-là évidemment qu'on va dans le mur et quand on entend Marie-Lise Léon dire moi je me préoccupe pas de ça je suis syndicaliste mais c'est criminel dans la période donc pour moi la colère elle existe maintenant la question c'est de l'organiser de lui donner des perspectives et de proposer une alternative qui soit sociale mais aussi démocratique et politique Elsa Marcel merci beaucoup je rappelle que vous êtes avocate merci d'avoir répondu à nos questions merci à vous bonne soirée monsieur Palombarini comme le disait Mathieu Slama Elsa Marcel il faudrait qu'aujourd'hui que ça vienne par le bas par un mouvement populaire c'est la seule solution aujourd'hui qui s'offre à nous
alors c'est c'est le point sur lequel j'étais pas totalement enfin c'est pas la solution il n'y aura pas une solution qui vient d'un mouvement social en même temps j'étais en train de dire tout à l'heure que les mouvements sociaux les mouvements sociaux qui ont eu en France depuis très longtemps ok il y en a eu une longue série ça part de la grève contre le mouvement Juppé en 1995 et en gros ça n'a jamais arrêté tous les 2-3 ans il y a un gros mouvement social en France une autre forme d'expression d'un mécontentement très fort on l'a eu en 2005 avec le référendum il y a eu une série d'épisodes très fort il y a eu toutes les manifs contre l'Oua et Comrie à l'époque d'Hollande ça contribuait très largement ça presque déterminait l'impossibilité pour Hollande de se représenter il y a eu les gilets jaunes il y a eu une série des manifs contre les retraites le problème c'est que alors ça est parti je ne peux pas en discuter avec elle mais pour fort qu'il soit le mouvement social il est essentiel il est vraiment essentiel parce que c'est l'oxygène de la gauche ce que j'appelle la gauche de l'optère pour la gauche de gauche qui ne peut pas respirer s'il n'y a pas un mouvement social d'ampleur qui pas qui la soutient les gilets jaunes ne soutenaient pas la gauche politique le mouvement de retraite c'est un mouvement très composite mais c'est l'eau dans laquelle la gauche peut nager en même temps c'est quoi le problème c'est qu'on constate c'est qu'il n'y a pas eu de solution à la crise du hollandisme par le mouvement contre le hollandisme il n'y a pas eu de solution à la crise engendrée par le macronisme qui est venu des gilets jaunes il n'y a pas eu de solution à la crise du macronisme qui est venu par le mouvement des retraites c'est pour ça que le mouvement c'est un peu on sort d'une crise politique avec une solution politique qui peut être une révolution à la limite si on croit à la révolution mais c'est une solution politique ce n'est pas une solution sociale autant les mouvements sociaux sont essentiels pour envisager une sortie de la crise qui ne soit pas une sortie autoritaire identitaire d'extra droite si on veut qu'une sortie par la gauche soit possible il faut du mouvement social puissant mais les mouvements sociaux en tant que tel ça ne peut pas être une solution à la crise politique
Monsieur Slama c'est pas une solution
ou un début de solution en tout cas il y a un vrai sujet qui est la manière dont les mouvements d'abord de contestation se forment et la trajectoire qu'ils prennent si on prend par exemple les gilets jaunes moi rétrospectivement j'ai quand même un regard assez critique sur ce mouvement il y a eu des choses très intéressantes mais il y a eu aussi une dérive populiste il y a eu aussi l'extrême droite qui a réussi à beaucoup infiltrer ce mouvement là il y a eu des positions pourquoi vous dites
rétrospectivement vous avez pris du recul oui voilà
avec le recul sur ce mouvement voilà exactement avec du recul sur ce mouvement on voit quand même qu'il y a eu une certaine dérive populiste et qu'au fond on a l'impression que dans ce pays certains mouvements de colère profitent plus à l'extrême droite qu'à la gauche et se font ça quand même la grande interrogation aujourd'hui c'est par exemple bon alors là en ce moment il y a le mouvement des agriculteurs qui est quand même très très à droite c'est un mouvement de colère mais bon alors les agriculteurs une partie des agriculteurs pas tous évidemment une partie des agriculteurs sont plutôt historiquement de droite voilà mais donc il y a des mouvements de colère aussi qui profitent à l'extrême droite et l'extrême droite le sait le rassemblement national le sait et ils savent que plus la colère monte dans le pays plus potentiellement c'est eux qui en recueillent les fruits et c'est quand même ce qui se passe depuis des années c'est ce qui se passe la colère sociale globalement a plus profité au rassemblement national qu'à la gauche je dis bien que jusqu'à présent c'est ce qui s'est passé plutôt dans en tout cas dans la montée de l'extrême droite qu'on observe parce que voilà rappelons quand même c'est quand même un score inimaginable quand on revient dix années en arrière quand même donc pourquoi aujourd'hui
cette colère sociale profite justement au RN et pas à la gauche
c'est la grande interrogation moi je pense qu'il y a un sujet qui est central qui est au fond qu'un certain nombre de médias je pense notamment à CNews certaines personnalités d'extrême droite ou de droite très dure etc ont installé dans le pays l'idée que la misère sociale la crise sociale c'était la faute de l'immigration c'était la faute des étrangers et c'est un discours qui a beaucoup pris avec la question des emplois et aussi la question d'ailleurs de la mondialisation parce que l'extrême droite pousse aussi un discours très anti-mondialisation un discours très anti-libre-échangiste qui s'inscrit aussi dans une logique xénophobe et ce que je dis c'est qu'au fond il y a ce sujet de la manière dont les sujets sociaux ont été kidnappés par l'extrême droite pour taper sur les immigrés et pour faire finalement des immigrés des étrangers au sens large des boucs émissaires de tout ça et ce discours là a fonctionné il a fonctionné grâce je le redis à des chaînes comme CNews à des discours qui se sont banalisés on ne va pas refaire tout le film on en parle beaucoup ici et évidemment il y a eu une sorte de coup d'arrêt là avec le nouveau front populaire et une sorte de front républicain qui a montré encore qu'il pouvait fonctionner et aussi comment dire une extrême droite qui a montré aussi toutes ses limites avec des candidats particulièrement incompétents etc mais le problème c'est que l'extrême droitisation du pays se poursuit quand même les discours déshumanisant envers les exilés les discours ultra sécuritaires les discours amalgamant insécurité immigration etc sont des discours qui ont comment dire ont contaminé les débats politiques et le pays entier et c'est ça tout le sujet c'est comment la gauche peut lutter contre ça et il y a la logique un peu à la François Ruffin qui considère que la gauche doit faire des concessions sur certains sujets moi je pense que c'est une erreur totale parce que dès qu'on fait des concessions à la droite dure et l'extrême droite on donne toujours le point à l'extrême droite et puis il y a l'autre option qui est de tenir une ligne forte à gauche sans compromis sur les questions d'immigration sur les questions de liberté publique sur les questions de démocratie sur tout un tas de sujets sur les questions progressistes évidemment et ça c'est un vrai sujet que doivent se poser la gauche parce qu'il y a une partie de la gauche qui est quand même tentée de se dire le Rassemblement National pose un certain nombre de bonnes questions ce qui est faux le Rassemblement National pose des mauvaises questions et apporte des réponses encore fiers
et puis il y a cette mise en garde des macronistes contre des turbulences graves sur les marchés financiers Stéphano à Paul Marini vous êtes économiste je m'adresse à vous est-ce que c'est juste pour faire peur aux français une motion de oui allez-y
je peux juste réagir oui allez-y je ne suis pas d'accord oui il y a une partie du discours avec lequel je suis d'accord c'est-à-dire que les désaccords c'est sur les mouvements sociaux qui nourrissent l'extrême droite ça je ne suis pas du tout d'accord alors la souffrance sociale engendrée par les politiques néolibérales la concrète politique néolibérale je sais pour ceux qui écoutent par les politiques sur hôpital par les politiques sur école la politique sur les retraites la politique sur l'université la politique sur les transports etc etc ça engendre de la souffrance sociale et les débouchés disons naturels entre guillemets de cette colère sociale c'est l'extrême droite parce que qu'est-ce qui fait l'extrême droite d'une certaine façon elle dit ben oui c'est comme ça on n'y fait rien on ne peut pas modifier radicalement les politiques sur l'hôpital sur l'école sur l'université sur les transports sur les retraites etc on ne peut pas faire vraiment autre chose ce qu'on peut faire c'est protéger une partie de la population celle catholique française des souches blanche etc c'est la segmentation notamment des classes populaires mais en général de la population et donc et donc vous voyez si les discours néolibéral qui dit toutes ces réformes toutes ces politiques sont inéluctables parce que sinon c'est la faillite de l'Etat parce que sinon on s'est fait bouffer par les concurrents internationaux etc ces discours les politiques sont inéluctables l'extrême droite n'a pas besoin de les contrer au contraire il les valide et donc d'une certaine façon naturellement la souffrance sociale engendrée par ces politiques alimentent l'extrême droite ce qui est le cas passément en France c'est le cas quasiment dans tous les pays européens et aux Etats-Unis avec Trump qui est revenu pour voir ce type de dynamique donc la gauche peut exister et c'est à ça que les mouvements sociaux sur les retraites les mouvements des gilets jaunes avec toutes les limites des gilets jaunes les mouvements contre le travail les mouvements des mains sur l'école qui disent sur ces politiques là on peut faire différemment et si un discours de ce type met dans la rue ou met en grève des millions de personnes le caractère inéluctable des politiques néolibérales est au moins remis en doute et ça ouvre un espace pour la gauche c'est pour ça que les mouvements vous voyez c'est les mouvements sociaux ça contre cette espèce de dynamique naturelle qui fait qu'il y a de plus en plus de mécontents mais qui ne voit rien d'autre comme possible et donc ils vont finir à l'extrême droite
un mouvement social est-ce que vous y croyez un mouvement social avant la fin de l'année
je crois que c'est une condition pour qu'à gauche puisse exister pour qu'à gauche puisse avoir une perspective
vous y croyez Mathieu Salama un mouvement social avant la fin de l'année avant les périodes de fêtes en fait
il y aura un mouvement social mais la question c'est son ampleur encore une fois il y aura une grève demain qui va être apparemment très importante dans la fonction publique on est dans une situation de crise où on voit bien aujourd'hui les conséquences très concrètes des politiques néolibérales qui ont été menées l'hôpital dans un état alors c'est vrai que c'est un discours qui revient depuis longtemps mais là on voit vraiment devant nous des services d'urgence qui ne peuvent pas accueillir de gens un mécontentement absolu d'à peu près tout le monde on voit dans l'éducation nationale pareil ça s'effondre de partout on voit dans un certain nombre de domaines les effets concrets des politiques de casse sociale des politiques de baisse des coûts des politiques managériales qui ont été menées donc aujourd'hui ça se voit ça se voit et en plus en plus de ça il y a une crise politique et donc les gens se disent non seulement on nous arrache à notre dignité mais en plus il n'y a même plus de gouvernement il n'y a plus rien donc ça ça pourrait concentrer toutes les colères et puis surtout il y a quand même une logique qui s'est installée au fond c'est qu'il est ininuctable qu'on perde des droits au fond c'est un peu ça le néolibéralisme c'est de dire pour s'adapter à la concurrence internationale pour s'adapter au capitalisme qui s'installe dans sa configuration moderne etc on est obligé de perdre des droits donc on perd des droits sociaux on perd des droits très concrets je veux dire très concrètement toutes les lois toutes les réformes qui ont été passées ces dernières décennies c'est des lois qui nous ont fait perdre des droits très concrètement la dernière en date les retraites c'est nous faire perdre concrètement des droits et pousser des gens à travailler dans des conditions de plus en plus difficiles à un âge avancé donc c'est ça au fond la logique néolibérale c'est on perd des droits et on perd des droits non seulement du point de vue économique et social mais aussi du point de vue des droits humains parce que les immigrés les étrangers ont de moins en moins de droits les frontières sont de plus en plus contrôlées les droits les droits humains baissent il y a des lois sécuritaires qui sont mises en place qui font aussi baisser les droits aujourd'hui manifester devient de plus en plus difficile on se rappelle quand même de la répression des manifestations contre la réforme des retraites ça a été quand même quelque chose d'assez spectaculaire si bien qu'il y a les sondages qui ont montré qu'une majorité de français avait peur d'aller manifester donc il y a ça aussi ce contexte là qui est important et par exemple je pense aussi aux manifestations c'est un autre sujet mais les manifestations pro-palestines ont été à un moment donné interdites de manière systématique voilà ça a été retoqué d'ailleurs par le conseil d'état mais c'est quand même une position que le gouvernement a pris donc on perd des droits de manière générale et c'est ça la logique du néolibéralisme et face à ça il y a l'extrême droite en effet qui dit le problème c'est les immigrés et c'est en tapant sur les immigrés que ça va aller un peu moins mal pour vous et la gauche qui dit on peut être dans un système où on regagne des droits où on gagne des droits et en effet les gens qui ont beaucoup d'argent ils devront accepter de gagner un peu moins d'argent et c'est cette logique là qui est en fait très simple c'est une logique progressiste de on peut avoir plus de droits on peut vivre mieux etc qui doit s'imposer aujourd'hui dans le pays dans le débat public et pour l'instant ce n'est pas encore totalement le cas on n'y est pas du tout encore donc c'est aussi quand même une bataille intellectuelle politique etc à mener pour convaincre que jamais on ne gagne des droits en sacrifiant des êtres humains que sont les immigrés etc
alors je vais revenir sur quelque chose dont je parlais tout à l'heure cette mise en garde des macronistes contre des turbulences graves sur les marchés financiers est-ce que selon vous c'est un scénario probable ou est-ce que c'est juste une menace qui est censée nous faire peur
ils exagèrent beaucoup trop la menace maintenant il y a des choses à dire que c'est effectivement les marchés financiers disons comme ça c'est-à-dire ceux qui investissent de l'argent en espérant en gagner un retour ils n'aiment pas trop
je vous coupe encore une fois décidément je n'aurai pas ma réponse sur cette question la motion de censure a été adoptée nous n'avons pas encore les chiffres exacts en tout cas ça a été adopté Michel Barnier ne sera donc plus premier ministre mais je le rappelle la constitution n'impose pas à Emmanuel Macron un délai spécifique pour le remplacer donc pour l'instant on ne sait pas qui sera le nouveau premier ministre mais Michel Barnier en tout cas ne l'est plus M. Pallon-Barnier maintenant qu'on le sait vraiment une réaction
vous le saviez déjà de toute façon on le savait voilà une surprise alors apparemment on me dit
qu'Emmanuel Macron a dit qu'il allait nommer quelqu'un d'ici 24h
oui ça il l'avait déjà dit dans la journée
après est-ce que c'est pas parce qu'aussi il y a Donald Trump qui va arriver samedi en France est-ce qu'il n'a peut-être pas envie d'être mais voilà
ça me permet de faire un peu les liens avec les marchés financiers voilà c'est-à-dire que alors Macron j'ai lui aussi qui a dit qu'il a déjà un nom en tête pourquoi est-ce que c'est vrai j'en sais rien mais si c'est vrai pourquoi il a déjà un nom en tête parce qu'il a anticipé la crise parce qu'il n'était pas vraiment pas difficile à prévoir et les marchés financiers ils n'attendent pas de regarder les résultats du vote de ce soir avant de mettre dans leurs prévisions le fait qu'il y a une grosse chance d'avoir une crise politique en France donc une partie de ces effets catastrophiques qui ne seront pas catastrophiques liés à l'instabilité ils ont déjà été intégrés par les marchés financiers parce que ce n'est pas une crise qui éclate comme dans la surprise générale on attendait des années de stabilité après législative tout le monde tout le monde savait qu'on rentrait
alors excusez-moi je vous coupe le flux 331 là
la majorité requise étant atteinte la première motion de censure est adoptée il n'y a pas lieu de mettre au voie la seconde motion les conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 sont donc considérés comme rejetés en raison de l'adoption de la motion de censure et conformément à l'article 50 de la constitution le premier ministre doit remettre au président de la république la démission du gouvernement les travaux de l'assemblée nationale sont ajournés la séance est levée ça c'est qu'on disait sur Barnier je ne sais pas s'il y a eu un premier ministre avec une durée de vie aussi courte
oui mais c'est le plus éphémère de la cinquième république
c'est depuis plus d'un demi-siècle les premiers qui se fait censurer quand même depuis 1960 donc il passera à l'histoire
très rapidement mais tu es obligé de conclure je suis désolé on a un délire parti je suis désolé allez-y
je vais ou pas 30 secondes les trous dans les finances publiques c'est les maires ministres de l'économie et Macron qui ont provoqué avec la politique des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises qui devaient se traduire dans du travail des revenus et donc des recettes ça n'a pas été le cas du tout ça a ouvert un énorme trou dans les finances publiques qui fait que les taux d'intérêt français sont déjà remontés dire au marché financier on continue pareil c'est pas ça qui va rassurer
M. Slama un dernier mot vraiment on doit rendre l'antenne
je suis d'accord avec ce qui vient d'être dit on a hâte de voir dans 24 heures ce qui va être décidé par notre monarque présidentiel
M. Slama merci d'avoir été avec nous je rappelle que vous êtes essayiste merci d'avoir répondu aux questions M.
Palombarini vous êtes enseignant économiste merci d'avoir répondu à nos questions je vous rappelle l'info du jour une info très très importante Michel Barnier ne sera plus premier ministre la motion de censure a été adoptée Emmanuel Macron l'a dit il nommera un nouveau premier ministre d'ici à 24 heures merci merci d'avoir suivi cette émission merci d'avoir regardé cette édition du début à la fin on reviendra de toute façon sur cette démission de Michel Barnier dès demain alors dites nous ce que vous avez pensé en commentaire de cette mission si vous nous regardez sur Youtube et via email si vous nous regardez à la télé nous sommes début décembre je le rappelle et le média a engagé sa campagne de dons de fin d'année nous avons déjà recueilli un peu plus de 48 000 euros grâce à vous mais ce n'est malheureusement pas suffisant pour continuer de faire vivre votre média rendez-vous sur lemédiatv.fr à très vite excellente soirée avec nous merci à vous
merci à vous merci à vous
Michel Barnier