Pénurie de carburant, réquisitions dans les raffineries, réforme des retraites, refus d'obtempérer… Ce qu'il faut retenir de l'interview de Sébastien Chenu
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. Ça s'améliore petit à petit dans les stations Essence de France grâce aux réquisitions, à la libération de stocks stratégiques et aussi à la bonne volonté de certains grévistes qui ont laissé sortir des camions de carburant. Les réquisitions, Sébastien Chenu, est-ce qu'elles étaient inévitables ?
Les réquisitions, si vous voulez, c'est quand on a tout essayé et que rien n'a fonctionné. Donc c'est le dernier étage de la fusée. Le problème, c'est qu'avant d'arriver au dernier étage, par définition, il faut aller aux étages précédents. Et que le gouvernement a zappé toute la série d'étages et d'anticipations qu'il aurait fallu avoir pour gérer ce conflit. C'est-à-dire lesquels ? C'est-à-dire d'abord, on a un gouvernement qui n'a pas vu venir ce mouvement de grève qui a quand même, je crois, plus de trois semaines aujourd'hui.
Il a fallu trois semaines avant que les négociations ne se commandent.
Or, on est quand même dans des secteurs, si on parle des énergies, avec le groupe Total, dans des domaines, si on parle des transports qui quand même, matin, midi et soir, obsède à juste titre les Français depuis déjà plusieurs mois. Et le gouvernement n'est pas allé prendre la température du climat social du groupe Total, n'a pas regardé, n'a pas imaginé que l'augmentation assez indécente du PDG de Total, sans augmenter, en revanche, les salariés ne pouvaient pas avoir de répercussions. Bref, a fait comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes, à la fois totalement déconnectés, incapables d'anticiper... Mais qu'est-ce qu'il aurait pu faire avant ?
Parce que le gouvernement ne peut pas imposer à une entreprise privée des négociations salariales. Vous, c'est ce que vous auriez fait ? Vous auriez appelé il y a trois semaines Patrick Pouyanné, le PDG de Total, en disant qu'il faut se mettre autour de la table ?
Une entreprise, ce n'est pas uniquement des actionnaires. Alors, je sais que le tête-à-tête permanent entre les actionnaires et le gouvernement, c'est quelque chose probablement qui les excite. Mais une entreprise, ce sont aussi des employés, des salariés, des clients, des fournisseurs. Et donc, quand on voit... Mais la question, c'est que peut faire le gouvernement ? J'y viens. Quand on voit une entreprise comme Total qui verse des dividendes, qui fait des bénéfices énormes et qui verse des dividendes, à un moment, surtout dans un secteur aussi stratégique, on s'y intéresse.
Effectivement, on convoque, on rencontre, si on ne veut pas passer de façon autoritaire, le PDG de Total et on le questionne sur le climat social de son entreprise. On attire son attention sur le fait que l'augmentation des salaires, qui est un enjeu qui n'est pas uniquement lié à Total, d'ailleurs. Il y avait des augmentations en novembre. Oui, mais que l'augmentation des salaires suite aux dividendes est peut-être un enjeu intéressant dans un moment où le climat social, quand même, se détériore dans notre pays. Bref, on ne reste pas sourds à cette question.
Ça veut dire que quand Bruno Le Maire, dès cet été, disait « J'appelle les entreprises qui le peuvent à augmenter les salaires », vous dites qu'il aurait dû être plus ferme à ce moment-là ?
Mais en fait, je pense qu'on ne s'échappera pas de cette grande question des salaires par quelques mesurettes ou par quelques façons de... comme le fait Bruno Le Maire, simplement en parlant. C'est-à-dire que je pense qu'il va falloir convoquer une conférence sur les salaires. Ça existait déjà dans notre histoire, une conférence sur les salaires. Ça existait à plusieurs moments de notre histoire, au moment où l'inflation est forte, pour pouvoir mettre tout ça sur la table et travailler avec les grandes entreprises qui n'échapperont pas à la nécessité d'augmenter les salaires et de revenir, pourquoi pas, à la proposition que défend Marine Le Pen.
Augmenter tous les salaires de 10% en échange de baisse de charges patronales. Ça, c'est le geste que l'État peut faire parce que les Français, évidemment, sont dans des situations qui sont inacceptables. On a des Français matin, midi et soir qui nous disent « Je travaille, je me lève tôt le matin, je ne réussis pas à bénéficier des fruits de mon travail ».
Et la grève qui se poursuit ce week-end, elle reste justifiée alors que Total Energy a mis des propositions sur la table qui ont été signées, propositions d'ailleurs par une majorité syndicale.
Bien sûr, ce sont des syndicats représentatifs qui ont signé les accords et donc, par conséquent, la logique voudrait que ceci s'arrête.
La CGT doit lever la grève partout.
Oui, je pense que la CGT, aujourd'hui, dessert les intérêts qu'elle dit défendre. Elle dessert les intérêts des salariés en continuant, d'une manière un peu jusqu'au boutiste, cette grève et en embêtant, c'est le moins qu'on puisse dire, les Français, dans leur grande majorité, qui ont besoin de leur voiture. Pas besoin de leur voiture quand vous êtes à Paris, sur une trottinette ou à pied. Vous avez besoin de votre voiture lorsque vous êtes à Denain, dans ma circonscription, et que vous travaillez à Valenciennes.
Mais ils ont eu raison de se mobiliser, les salariés, finalement. C'est simplement que là, ça y est, ils auraient dû entrer chez eux.
Non mais sur la mobilisation sur les salaires, oui. Moi, je considère que c'est une question centrale et que les salariés qui se mobilisent pour une augmentation de salaire dans une entreprise qui fait des super profits, on est exactement dans ce cas-là, ils ont évidemment raison de se mobiliser.
Est-ce que c'est la même chose si EDF, dans les centrales nucléaires ? Si centrales nucléaires qui sont en ce moment touchées par un mouvement de grève, alors justement que l'hiver va commencer et qu'on est en pleine période de sobriété.
Là aussi, on pourrait se dire qu'effectivement, prendre la température un peu plus tôt de ce qui se passe, si j'ose dire, à EDF, ce serait nécessaire, la question salariale dans notre pays est centrale. On n'y échappera pas. Donc, nous, on a fait des propositions, on les refera, mais le gouvernement, ce n'est pas en détournant le regard et en laissant tout simplement les grands patrons de ces grandes entreprises gérer cette question sociale seuls, qu'ils solutionneront cette question salariale.
On vous repose quand même la question sur EDF, parce que EDF, dans quelques semaines, sera une entreprise 100% publique. Donc, c'est une décision de l'État, au final, d'augmenter ou non les salaires. Est-ce qu'il faut augmenter les salaires pour les opérateurs du nucléaire ?
Oui, il faut augmenter les salaires globalement. En France, c'est pour les opérateurs du nucléaire aussi.
Mardi. Oui, mardi, Naïla Latrousse. Mardi, c'est le mouvement de grève général, général, non, justement, interprofessionnel, pardon, lancé par la CGT. Est-ce que vous avez l'impression, d'abord, que la CGT, justement, est en train de jouer, en fait, ce mouvement de grève de mardi ? Et c'est pour ça que le mouvement n'est toujours pas levé dans les stations essence.
Oui, mais moi, j'ai surtout l'impression qu'il y a des gens qui cherchent à faire oublier, à racheter leur position au moment des élections présidentielles. La CGT a appelé à voter Emmanuel Macron et, aujourd'hui, ils sont plus anti-macronistes que n'importe qui. Donc, il y a un côté aussi...
Ce n'est pas un appel direct à voter Emmanuel Macron ?
Oui, enfin, bon, sincèrement, ils ont la direction de la CGT, contrairement, d'ailleurs, à sa base, probablement, à appeler à faire barrage à Marine Le Pen et donc à voter Emmanuel Macron. On a l'impression qu'il y a un côté marché de dupe à travers tout ça. Et donc, c'est politique ? C'est ça la question ? Bien sûr que c'est politique. Une grève, ça coûte un milliard et demi, une grève générale, un milliard et demi par jour. Ça a été calculé par des économistes. Donc, soyons très précautionneux, soyons attentifs à ce qui va se passer mardi, mais ne soyons pas dupes des récupérations politiques.
On voit bien aussi, derrière ça, l'extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon qui, embrouillé dans ses affaires, Catenins, le barbecue, Bayou, Obono, cherche une porte de sortie parce qu'ils ont, devant les Français, démontré leur incapacité à être des gens sérieux.
Vous dites qu'il faut augmenter les salaires. Vous allez manifester, vous ? Demain, peut-être ?
Non, parce que moi, je fais des propositions à l'Assemblée nationale. Donc, l'on n'est pas à manifester ni à faire de rêve. Non, nous nous faisons... Nous, vous savez, nous ne cherchons pas à tout casser. Nous cherchons à tout solutionner. C'est probablement ce qui fait la différence avec l'extrême gauche dans ce pays.
Les questions pour demain, d'ailleurs. Est-ce que vous craignez d'éventuels débordements ? Est-ce que vous demandez au ministère de l'Intérieur de mettre un dispositif pour éviter ce qu'on a pu voir dans des manifestations précédentes ?
Il faut y être attentif. J'ose espérer pouvoir faire confiance aux organisateurs de ces manifestations, aux syndicats, pour pouvoir faire sorte que ça se passe bien. Mais bien entendu, j'espère que le ministre de l'Intérieur a quand même imaginé qu'il puisse y avoir éventuellement des gens qui s'infiltrent, des casseurs, puisqu'ils n'ont pas dissous les Black Blocs. J'espère qu'ils sont quand même intéressés à la sécurité de ce manif.
Un dispositif, évidemment, particulier, qui met en place, avec quelques centaines, effectivement, de membres de Black Blocs qui sont déjà soupçonnés de participer à cette marche demain. Ce sont les informations de France Info ce matin. Vous restez avec nous, Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée députée Rennes du Nord. Le fil info d'abord, Diane Ferschit à 8h40.
Deux policiers en garde à vue pour homicide volontaire par personne dépositaire de l'autorité publique. Les deux agents ont tiré lors d'un refus d'obtempérer. Hier soir, dans le 12e arrondissement de Paris, le conducteur du véhicule a été tué. Les deux autres occupants de la voiture ont pris la fuite. Une cérémonie à la Sorbonne cet après-midi pour remettre à des collégiens le tout premier prix Samuel Paty, deux ans après l'assassinat de l'enseignant par un jeune terroriste tchétchène. Du côté de l'enquête, elle est terminée. Au total, 14 personnes sont mises en examen. Les camions-citernes à nouveau autorisées à rouler ce week-end pour ravitailler les stations essence.
D'en près d'une station sur trois, il manque au moins un carburant pour le retour à la normale. Pas avant au moins une semaine, voire deux, selon la Fédération des Carburants. La grève qui se poursuit dans cinq sites Total Énergie, faute d'accords sur les salaires trouvés avec la CGT, la CFDT et la CFE-CGC ont, elles, signé le compromis trouvé hier. Au moins 28 morts, plusieurs dizaines d'ouvriers bloqués dans une mine de charbon dans le nord-ouest de la Turquie ont cause une explosion à coup de grisou, selon le ministre turc de l'énergie. Au moment du drame, les mineurs étaient plus d'une centaine sous terre. France Info
Le 8.30 France Info, Néhile à la trousse, Laurent Sénéchal.
Toujours avec Sébastien Chenu, député du Nord, vice-président de l'Assemblée nationale, vice-président de l'Assemblée nationale, au titre du Rassemblement national, je précise. Marine Le Pen a été reçue hier par la première ministre, Elisabeth Borne, dans le cadre des concertations sur les retraites. Pour vous, c'est non ? Il n'y a rien à discuter sur cette réforme ?
Il y a à la fois le fond et la forme, si vous voulez. Est-ce que c'est bien le moment d'entamer une négociation sur les retraites, sur la réforme des retraites aujourd'hui, quand on voit l'État, le climat social du pays ? Sincèrement, est-ce que vous voulez ajouter à la question du pouvoir d'achat, à la question de l'inflation, à la question des salaires, la question aujourd'hui d'une réforme des retraites ? Il n'y a pas d'urgence ? Non, il n'y a pas d'urgence. D'abord, financièrement, il n'y a pas d'urgence. Le comité d'orientation des retraites nous a bien dit que le système n'était pas déficitaire, il est même excédentaire. Juste pour cette année, il va très vite devenir déficitaire.
D'accord, donc ça veut dire qu'il n'y a pas d'urgence. Aujourd'hui, au moment où on a problématique d'inflation, de pouvoir d'achat et un climat social très dégradé dans le pays, il n'y a pas d'urgence à ajouter un débat sur la réforme des retraites. D'abord, ajouter un débat, moi je veux bien. Enfin, si c'est pour débattre comme on débat du budget, on aura l'occasion probablement d'en parler avec l'arrivée du 49. C'était houleux hier à l'Assemblée. Non, mais si à la fin, tout ça, tout ce qu'on vote, et on en parlera j'espère, mais on a fait voter des amendements hier, va à la poubelle pour déclencher le 49.3.
Si c'est ça les nouvelles méthodes du gouvernement, je ne vois pas bien l'utilité de tendre à ce point le pays. Donc Marine Le Pen a expliqué à la Première Ministre qu'effectivement, il ne lui semblait pas opportun en ce moment d'ouvrir ce débat.
Il a dit son opposition absolument totale à la réforme des retraites. Oui, absolument. Ça veut dire que vous iriez dans la rue, par exemple, contre une telle réforme ?
Mais nous, l'idée, ce n'est pas de monter sur des parricades, c'est de faire notre boulot d'opposant politique à l'Assemblée nationale.
Oui, mais si la réforme arrive...
On n'est pas d'accord sur les diagnostics, on n'est pas d'accord sur la méthode, on n'est pas d'accord sur les objectifs. Si la réforme arrive à grand renfort de 49.3, justement... Nous ferons tout pour nous opposer à cette réforme. Y compris des... Alors, est-ce que c'est aller dans la rue ? Je pense qu'il n'y a pas besoin de nous pour aller dans la rue, mais pourquoi pas ? Enfin, je veux dire, ce n'est pas indécent d'aller dans la rue. Nous nous opposerons à cette réforme des retraites.
Vous évoquiez le budget, ça discute, ça débate, mais il n'y a pas de blocage actuellement à l'Assemblée nationale. Vous aviez dit que vous voteriez contre le budget du gouvernement. Supposons, allez, le gouvernement n'utilise pas le 49.3. Le texte tel qu'il sort des débats, le Rassemblement national vote pour.
Probablement pas, parce que ce texte, c'est la traduction philosophique, en tout cas, pardon, la traduction financière des options philosophiques du gouvernement.
Je n'ai pas compris. Vous l'amendez, vous rajoutez des choses qui vont dans votre sens, mais vous ne le voteriez pas de toute façon s'il arrivait ?
Nous votons certaines dispositions. Il faudrait qu'on le fasse totalement évoluer. Il faudrait qu'on puisse renverser les logiques politiques d'Emmanuel Macron pour pouvoir le voter. Là, on se bat et on obtient un certain nombre de résultats qui, nous pensons, permettent de rendre de l'argent aux Français. Je vous donne l'exemple. C'est le crédit d'impôt sur la garde d'enfants. Hier, un amendement de Marine Le Pen qui a été voté. Ça, c'est quelque chose...
Avec l'avis du gouvernement.
Oui, avec l'avis du gouvernement, mais il y avait d'autres choses. Par exemple, le plan d'austérité pour les collectivités locales, on l'a fait voter, là aussi, amendement du Rassemblement National, contre l'avis du gouvernement. Donc, si vous voulez, on a des petites victoires au jour le jour. Est-ce qu'elles infléchissent complètement la philosophie de ce budget ? Probablement pas. Et on va les arracher, ces petites victoires. Alors, si on réussissait à changer profondément la nature de ce budget, ce serait intéressant de le voir, mais malheureusement, nous ne sommes pas majoritaires.
Donc, vous ne le votez pas parce que vous n'arrivez pas à totalement le réécrire. Les autres parties ne vont pas le voter non plus parce que, selon la même logique, ils n'arrivent pas à totalement le réécrire. Le gouvernement n'a pas d'autre choix que d'utiliser le 49-3.
Le gouvernement pouvait faire des concessions plus importantes s'il voulait que des parlementaires votent ce budget. Il a choisi de ne pas faire ces concessions. D'ailleurs, c'est un bras de fer permanent que nous avons avec lui en hémicycle. Quand on se bat pour ce crédit d'impôt sur la garde d'enfants ou quand on se bat sur la demi-part des veuves et des veuves d'anciens combattants, ce fut un bras de fer incroyable. Donc, il a fallu des retournements, des suspensions de séances, etc. pour pouvoir obtenir quelques résultats. Ce gouvernement n'est pas du tout dans une nouvelle méthode qu'il nous avait promise. Il n'est pas du tout dans un dialogue.
Il ne cherche pas à obtenir des consensus avec l'opposition. C'est un bras de fer permanent. Parfois, un bras de fer, on le gagne. Souvent, lorsqu'on n'est pas majoritaire, on ne le gagne pas.
Mais si je vous comprends bien, là, vous siégez pour rien. En fait, vous êtes en train de vous mettre d'accord sur des amendements en sachant pertinemment qu'à la fin, il y aura un 49.3, le texte écrit par le gouvernement. C'est ce que vous nous dites.
D'abord, on ne siège jamais pour rien. Mettre des questions sur la table, mettre des propositions politiques sur la table, c'est aussi démontrer que si c'était nous, ce serait différent. Nous aurions fait autrement. Après, le gouvernement a le choix d'ailleurs de reprendre ces amendements. Parce que vous nous dites, vous nous faites voter des amendements, vous seriez prêt à voter contre. Le gouvernement peut reprendre tous ces amendements qui ont été démocratiquement votés dans l'enceinte de l'Assemblée nationale. Même en faisant le 49.3, il peut reprendre ces amendements. Il fait le choix visiblement... Vous lui demandez ? Bien sûr que c'est ce qu'on demande. Il fait le choix visiblement...
On ne sait pas encore quel texte sera soumis au 49.3, le cas échéant. En tous les cas, il l'a fait... Il est possible qu'effectivement, le gouvernement a repris... Il a indiqué qu'il ne reprendrait pas les amendements votés démocratiquement dans cette Assemblée. Donc, il ira dire aux anciens combattants, il ira dire aux familles françaises qui cherchent des gardes d'enfants, il ira dire aux collectivités locales qu'effectivement, ce que nous avons voté pour leur donner de l'oxygène, il ne le reprend pas.
Vous demandez de pied ferme, en fait. S'il y a un 49.3, il y aura une motion de censure et vous la voterez. Même si elle vient de la gauche... Mais d'abord, on va en déposer une nous-mêmes.
On n'a pas besoin d'attendre la gauche. Vous savez, la gauche, il ne vote pas la taxe sur les super-profits. Il ne siège pas dans l'hémicycle. Très absent. Je n'ai pas vu Fabien Roussel une fois depuis la rentrée parlementaire. Il y a la gauche qui parle et puis il y a la gauche qui agit. La gauche qui agit, on attend de voir. Ils ne sont pas dans l'ensemble de l'hémicycle. Donc, on déposera une motion de censure probablement nous-mêmes et nous n'excluons pas de voter l'émotion de censure des autres sans aucun problème parce qu'on est des gens libres.
Sébastien Chenu, pour la onzième fois depuis le début de l'année, hier, la police a tiré, tué une personne, un suspect qui était en train de réaliser un délit de fuite. Onze personnes, deux seulement l'an dernier. Est-ce qu'il y a un problème d'abord sur la gestion des délits de fuite par la police ?
Il y a un problème d'abord d'autorité de l'État. Les gens qui commettent des délits de fuite sont souvent de multirécidivistes, des gens qui ont des choses à se reprocher et qui considèrent qu'ils ont plus à gagner, à échapper à la police qui les contrôle qu'à accepter d'être contrôlés. Est-ce qu'il faut tirer pour autant ? Il ne faut pas tirer pour autant, mais on tire lorsqu'on est menacé. Bien souvent, ce sont des gens armés. Moi, ce qui m'inquiète, c'est la violence de cette société qui devient exponentielle, la violence à tout prix.
Mais on le voit, vous savez, quand il y a des actes de violence que font des dingues des colos en balançant de la peinture sur un tableau, c'est un acte de violence aussi. Il y a une espèce de violence qui monte. Ce n'est pas la même chose. Je vous dis qu'il y a un état de violence qui monte dans la société et qui est inquiétant. Aujourd'hui, on célèbre les deux ans de l'égorgement par un islamiste de Samuel Paty. Quand j'entends la gauche qui pleurniche, on ne peut pas aiguiser les couteaux dans l'arrière-cuisine de la société française et venir pleurnicher sur les plateaux.
Il n'y a pas de problème de formation des policiers aujourd'hui.
Les policiers demandent à être formés. Mais je vous rappelle que dans tous les accidents qui existent dans les interpellations, ce sont les policiers qui, 9 fois sur 10, sont les victimes, qui se font écraser, qui se font renverser, qui se font abîmer.
Mais à vous entendre, il n'y a rien à faire. 11 morts, c'est dommage, mais c'est la violence de la société.
Ce n'est pas dommage. Ce n'est pas du tout ce que je dis. Je ne prends pas les choses avec des involtures. Il faut une société dans laquelle il n'y ait pas de laxisme à partir du moment où vous avez affaire à des gens qui ne respectent pas la loi. Un refus d'obtempérer, c'est ne pas respecter la loi. Ça ne mérite pas que ça se termine par la fin de la vie, mais c'est ne pas respecter la loi. Donc, c'est-à-dire que ces gens-là n'ont pas peur de la loi. Si la loi était plus ferme, on aurait probablement moins de refus d'obtempérer.
Sébastien Chenu, merci beaucoup. Vice-président de l'Assemblée, député RN du Nord, invité de France Info ce matin.