Depuis le 7 octobre, “la solitude” des juifs de France - C à Vous l’intégrale - 30/09/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Très heureuse de vous retrouver. On est ensemble jusqu'à 21h pour toute l'actualité de ce mardi 30 septembre. Avec Emilie, Pierre, Patrick, Lorrain et Louis.
A la une, un homme qui ne sera plus jamais le même. - A.Essebag: Il n'y a pas un nouvel antisémitisme.
Il était là. Depuis le 7-Octobre, j'ai l'impression qu'il s'exprime en roue libre, au grand jour et librement. Nous représentons 1 % de la population et nous subissons 60 % des actes de violence.
Ces Français-là ne se sont jamais sentis aussi seuls. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, Arthur.
Vous êtes animateur, producteur de télévision et aujourd'hui, l'une des voix de la communauté juive de France dont la vie a basculé le 7 octobre 2023. Un cri de colère sur France Inter que vous exprimez dans un livre. Vous le signez de votre nom, Arthur Essebag.
L'espoir d'un règlement de conflit est venu hier des Etats-Unis. - P.Cohen: Un plan de règlement du conflit.
L'espoir est mince. - A.-E.Lemoine: A la une également, G.Miller en garde à vue. - A.Mouglalis: Je rencontre G.Miller qui me propose de me faire visiter son home cinema.
Il me propose une séance d'hypnose que je refuse. Il commence à se tendre et à devenir un peu agressif. - L.Sénéchal: A.Mouglalis dénonçait il y a quelques mois la pratique de cet homme, G.Miller, accusé de viols et d'agressions sexuelles par 27 femmes. - A.-E.Lemoine: Dans la Story, des médecins inquiets. - J'arrive vers la salle d'attente et elle me flanque un coup de coude dans la poitrine.
J'ai eu un énorme bleu. Je ne savais plus quoi faire. - L.Amar: Près de 2000 médecins agressés en France en 2024.
Vous entendrez la peur et la colère de 2 victimes. - A.-E.Lemoine: Le point sur le 6e jour d'audience sur le procès Jubillar. - E.Tran Nguyen: Pourquoi certains faits divers fascinent, intriguent plus que d'autres?
C'est le cas de D.Jubillar. - A.-E.Lemoine: Nos invités après 20h, D.Farrugia et C.Célarié.
Pierre? - P.Lescure: J.-M.Poiré nous parlera de J.Villeret, à l'occasion de la ressortie de "Papy fait de la résistance". - A.-E.Lemoine: On parle du plan Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza. - P.Cohen: Plan présenté hier soir à la Maison-Blanche.
Un président américain extatique, convaincu d'avoir trouvé la formule magique pour arrêter un conflit millénaire. - P.Cohen: D.Trump considère déjà que l'écriture de ce plan devrait lui valoir le prix Nobel de la paix et que si, par malheur, il ne l'avait pas, ce serait une grande insulte pour les Etats-Unis.
C'est ce qu'il vient de dire à une réunion de généraux. Mais avant le Nobel, il faudrait que le plan puisse fonctionner. Plusieurs obstacles à ce plan, qui prévoit la libération des otages, le plus attendu et le plus important, un échange de prisonniers, la capitulation du Hamas et son désarmement, lequel désarmement serait supervisé par un contingent international mais sans les Etats-Unis.
L'armée israélienne se retirerait progressivement. La promesse est déjà contredite par B.Nétanyahou, qui a assuré aujourd'hui que l'armée resterait dans la majeure partie de la bande de Gaza.
Le territoire serait pourtant administré par un comité de la paix, présidé par D.Trump en personne et dirigé par un revenant, l'ancien Premier ministre britannique T.Blair.
Le Hamas est sommé de donner son accord puisque Trump et B.Nétanyahou l'ont répété hier, il n'y a rien à négocier, c'est à prendre ou à laisser. Le mouvement terroriste est invité à consentir à sa disparition. 2e point: l'extrême droite israélienne au pouvoir qui pourrait rejeter le plan Trump, estimant que le prix est trop élevé puisqu'il y est fait mention d'un futur Etat palestinien.
Le plan doit faire l'objet d'un vote en Conseil des ministres dans les prochains jours. Si le Hamas dit oui, dit une professeure israélienne de science politique citée par l'AFP, B.Nétanyahou n'aura plus de gouvernement. 3e obstacle: B.Nétanyahou lui-même, accusé de tenir un double discours en envisageant dès hier soir l'échec de ce plan. - P.Cohen: "Israël finira le travail", ce que B.Nétanyahou annonce depuis longtemps, de même que les familles des otages détenus à Gaza l'accusent de saboter les efforts diplomatiques en vue d'un cessez-le-feu et de prolonger la guerre pour servir ses intérêts politiques. - A.-E.Lemoine: On voit à quel point le plan de paix présenté hier soir par D.Trump est fragile.
Il n'empêche, vous y voyez un début d'espoir que les armes se taisent, comme vous le souhaitez dans le livre, et c'est souhaité de Tel-Aviv à Gaza? - A.Essebag: C'est le début de la fin.
On a 2 démocraties, aussi imparfaites soient-elles, qui discutent avec un mouvement terroriste. On donne la possibilité au mouvement terroriste d'amener la paix pour le peuple gazaoui et de ramener les otages. J'espère qu'ils vont dire oui.
Tout le monde est suspendu aux lèvres d'un mouvement terroriste pour savoir si la paix va arriver. Je suis passé d'animateur télé à géopolitologue. C'est compliqué pour moi.
Je ne donne que mon avis. Je pense que le Qatar a dû donner des garanties concernant le Hamas. Je voulais revenir sur un truc, Patrick.
Le gouvernement israélien ne sautera pas puisque Lapid a donné des garanties d'accompagner B.Nétanyahou, si jamais il y avait... - P.Cohen: Ce serait un changement de coalition complet.
Il s'agit de l'un des ministres radicaux extrémistes qui composent le gouvernement de B.Nétanyahou. Il dit que ce plan, ça ne va pas du tout. - A.Essebag: Il y aurait une coalition en Israël, qui est tiraillé depuis 2 ans par cette guerre et par son opinion publique. - P.Cohen: Il y aurait un recentrage du gouvernement. - A.Essebag: Ca fait partie des choses que j'ai lues hier. - A.-E.Lemoine: Votre vie a basculé le 7 octobre 2023.
Avant, vous étiez animateur et producteur de télévision qui faisait rire les Français. Aujourd'hui, vous êtes "géopolitologue". - A.Essebag: Je le fais toujours.
J'avais samedi soir P.Cohen comme invité. - P.Cohen: Pas longtemps. - A.Essebag: Il n'a pas brillé, mais il a eu la moyenne. - A.-E.Lemoine: Jusque-là, on ne savait rien de ce qui vous mettait en colère.
Après le 7-Octobre, c'est devenu impossible de ne pas parler? - A.Essebag: Je n'ai jamais exposé ma vie privée, que ce n'était pas mon rôle.
On a toujours ce souci de se dire: "Et mon image? Comment les gens vont le prendre?" Après le 7-Octobre, mon ADN s'est mis à bouillir.
J'étais tellement choqué et traumatisé par ce qui s'est passé que pour la 1re fois, je me suis dit: "Qu'est-ce que j'ai à perdre? J'ai 60 ans. Je vais dire ce que j'ai sur le coeur." Les étoiles se sont alignées.
Au moment où j'ai dit ce que j'avais sur le coeur, ça correspondait à ce que pensaient les Français juifs. - A.-E.Lemoine: Une marche est organisée au Trocadéro le 9 octobre 2023, mais la place est trop grande pour les 5000 personnes présentes.
C'est un vide assourdissant, écrivez-vous, où l'absence des artistes vous choque autant qu'elle vous déçoit. Marcher pour dénoncer le 7-Octobre, c'était un risque et ils vous l'ont fait savoir. - A.Essebag: C'est vertigineux.
A chaque fois qu'on participe à une marche, quelle que soit la cause...
J'ai marché pour les Ouïgours, pour Floyd...
Ce jour-là, cette place était clairsemée. Nous n'étions que 500. 5000, pardon.
J'ai ressenti un terrible abandon auquel je ne m'attendais pas. Le massacre du 7-Octobre, je pensais que ça allait plus bouleverser les gens. Ce qui m'avait beaucoup choqué, c'est que...
On ne peut pas être de toutes les causes, mais 50 Français venaient d'être tués ou pris en otage. - A.-E.Lemoine: Vous avez interpellé les artistes qui sont de toutes les causes, mais pas celle-là. - A.Essebag: Je l'ai fait un peu maladroitement.
Qui suis-je pour demander aux artistes de prendre une position quelconque? J'ai pensé à tous ceux qui m'avaient demandé de signer des pétitions, de venir marcher...
Ce jour-là, leur silence était assourdissant et violent. - A.-E.Lemoine: On vous fait comprendre que vous êtes devenu une fréquentation toxique.
Il y a eu une confusion. Vous dénoncez le 7-Octobre, mais on vous prend pour l'ambassadeur d'Israël. On vous somme de justifier la politique et les décisions de B.Nétanyahou. - A.Essebag: La bascule dans ma vie et dans mon quotidien, c'est que jusqu'à présent, on ne m'a jamais parlé, on ne s'est jamais adressé à moi sous le prisme de ma judéité.
Ca n'a jamais été le propre des conversations. A chaque fois que je me suis retrouvé à des dîners, des soirées, j'étais devenu le juif de service. Comme j'étais juif, dans l'amalgame des gens, j'étais proche d'Israël, donc je soutenais B.Nétanyahou, donc j'étais pour la guerre à Gaza...
Je me suis retrouvé à devoir justifier de ce qui se passait en Israël alors que je n'ai pas à le faire. Je suis français. J'ai pas mal de problèmes avec le gouvernement français et je ne vais pas me mêler en plus de ce qui se passe en Israël. - A.-E.Lemoine: Ca vous a valu des milliers d'insultes antisémites, 1000 par minute.
Vous êtes devenu une cible numérique et une cible tout court? - A.Essebag: J'étais sur France Inter...
J'ai décidé de ce livre après une interview. J'étais invité par S.Devillers.
En sortant de l'interview...
Je n'avais jamais vu ça. Au début, j'ai reçu quelques messages de gens qui me disaient merci d'avoir parlé en leur nom, d'avoir mis des mots...
Après, c'est devenu un tsunami...
Je n'ai jamais vécu un tsunami, mais la violence des messages que j'ai reçus était indescriptible. A tel point que Meta, qui s'occupe des comptes Facebook et Instagram, a fermé mes comptes en disant qu'on était à 1000 messages par minute, 1000 menaces de mort par minute. Vous n'imaginez pas ce qu'est un raid numérique.
Je l'ai vécu dans ma chair et ma vie a changé automatiquement. On m'a fait comprendre que ma sécurité devait être renforcée. Ma vie a changé parce qu'aujourd'hui, je vis accompagné, 24h/24.
Même la nuit, pendant que je dors, des gens surveillent ma maison. C'est dingue. C'est d'autant plus dingue que ce jour-là, je ne dis qu'une seule chose: nous, Français juifs, nous sommes très inquiets de la montée de l'antisémitisme.
Je n'ai pas dit de chose qui aurait pu exciter la foule. J'aurais pu prendre une position quelconque, dire que je soutenais B.Nétanyahou...
J'ai simplement dit que les Français avaient peur. Je ne me suis pas trompé. 2 ans plus tard, la croissance de l'antisémitisme est exponentielle.
Chaque jour en France, il y a un acte antisémite violent. Il y a 48 heures, un pauvre monsieur s'est fait tabasser dans l'Essonne. L'été, ça a été...
Je me sens peut-être plus concerné, mais tous les jours, il se passait quelque chose. - E.Tran Nguyen: Les chiffres ont explosé depuis le 7 octobre 2023.
Les 6 premiers mois de 2025, ça a baissé, mais il y a 646 actes antisémites recensés. C'est un bond de 112 % depuis 2023. Comment on fait pour y mettre fin? - A.Essebag: Ce n'est pas à moi de vous donner la réponse.
C'est aux pouvoirs publics de trouver la bonne solution. - E.Tran Nguyen: Ils n'en font pas assez? - A.Essebag: On est beaucoup dans les mots, mais il faut être dans les actes.
On parlait de ce raid numérique où j'ai reçu des milliers de menaces de mort. J'ai porté plainte. Aujourd'hui, il ne s'est toujours rien passé.
Les personnes qui m'ont menacé de mort ne sont même pas au courant que j'ai porté plainte, tellement il y a une lenteur. La semaine dernière, j'ai été convoqué pour un examen psy, pour savoir à quel point ces messages avaient pu me perturber. - P.Cohen: C'est ce qui est prévu en matière de harcèlement.
Il faut prouver un préjudice. - A.Essebag: Vous avez des gens qui vous menacent de mort et il faut prouver que vous avez eu un impact physique.
Quand ils ont vu mes agents de sécurité débarquer devant le bureau du psy...
A ce jour, sur les milliers de personnes qui m'ont menacé de mort, aucune n'a été ne serait-ce qu'interrogée. Je ne critique pas la justice. Il y a eu beaucoup de débats cette semaine là-dessus.
Je dis qu'il faut peut-être trouver des mesures un peu plus... - P.Cohen: La bonne nouvelle, c'est qu'on retrouve les gens sur les réseaux sociaux.
L'anonymat, c'est fini. Il faut le répéter pour que les gens intègrent cette idée et qu'on arrête avec les menaces. Les gens, on les retrouve. - A.Essebag: Le problème, c'est qu'on les retrouve longtemps après.
Dans mon cas, ça fait pratiquement 18 mois. Je me dis que sur les milliers de menaces que j'ai reçues, il suffit qu'un seul puisse passer à l'acte...
Il n'y en a pas un qui a été inquiété. Mais rassurez-vous, tout va bien. Personne ne passera à l'acte et je vais continuer à vous sourire. - A.-E.Lemoine: Vous évoquez dans ce livre votre peur de mourir.
La première fois que vous l'avez ressentie dans votre vie, à 57 ans, c'était à Tel-Aviv. Vous êtes allé là-bas à plusieurs reprises. Il faut se réfugier dans un abri à la moindre alerte.
C'est une crainte de la mort que connaissent les Israéliens, mais aussi les Palestiniens qui vivent sous les bombardements. Vous le rappelez à plusieurs reprises dans ce livre. On n'imagine pas que si vous dénoncez l'antisémitisme, vous ne dénoncez pas aussi les horreurs à Gaza? - A.Essebag: J'espère que vous l'avez lu.
C'est très clair dans mon livre. On est dans un monde où il y a très peu de nuances. L'émotion prend parfois le dessus sur la raison.
Les gens se sentent obligés d'être dans un camp. On peut, comme moi, aimer Israël et ne pas soutenir B.Nétanyahou.
On peut dénoncer le Hamas et être en empathie avec le peuple palestinien. Je suis père de famille. Les images des enfants israéliens morts le 7-Octobre ou les images des enfants qui arrivent sur les réseaux, des enfants palestiniens, ça me bouleverse de la même manière.
Le point commun de ces enfants qui meurent, c'est ce Hamas, ce groupe terroriste qui pourrit la vie des Israéliens et des Palestiniens. - P.Lescure: Avant ce livre, vous avez aussi essayé par divers moyens de témoigner et de faire témoigner autour du 7-Octobre tragique, notamment à travers le regard des artistes.
Vous avez organisé une exposition. L'une des artistes vous a particulièrement...
C'est Michal Rovner. Dans cette exposition, elle a proposé un tableau, des tableaux où elle peignait des coquelicots. C'était plus qu'un symbole. - A.Essebag: C'est l'une des plus grandes artistes israéliennes reconnues dans le monde entier, exposée dans les plus grandes galeries.
Jusqu'à présent, elle n'a toujours peint que la douleur, la migration, la violence. Quand je suis allé la voir dans son atelier, elle m'a dit: "C'est très particulier parce que ce que j'ai peint n'a rien à voir dans mon travail. J'ai peint des coquelicots.
Elle s'est mise à pleurer. Les coquelicots ont repoussé sur le lieu où a eu lieu le festival. Là où ils ont été massacrés, un champ de coquelicots a repoussé.
On avait l'impression que ces enfants étaient les siens. Elle ne peut plus peindre la douleur. Elle ne peut peindre que ces coquelicots.
J'ai convaincu un autre artiste de venir à cette exposition. Il m'a donné le tableau qu'il a peint depuis le 7-Octobre. Je l'ai chez moi.
Il l'a retourné et c'était un coquelicot. Ca veut dire que la vie repousse et que la vie continue. Ca m'a bouleversé.
Cette exposition était très importante pour moi. On en avait parlé dans votre émission. Je suis passionné par l'art depuis toujours.
C'est mon sanctuaire, mon refuge. Après le 7-Octobre, le monde artistique s'est mis à boycotter les artistes israéliens de manière ultra violente. C'était d'une débilité sans nom, puisque les artistes israéliens sont vent debout contre B.Nétanyahou depuis des années. - A.-E.Lemoine: C'est ce qui s'est passé aussi pour Amir cet été en Belgique, un appel au boycott d'autres artistes qui participaient à ce festival.
Il a quand même chanté et a été très applaudi, mais il en est sorti très marqué. Il a peur pour ses enfants. - A.Essebag: On en parle souvent.
Maintenant, je suis devenu un peu le conseiller en sécurité des mecs menacés sur les réseaux sociaux. Le bédouin dont je parle...
Amir était avec moi quand je l'ai reçu. Depuis le 1er jour, je me suis occupé de faire venir en France les familles d'otages pour les faire rencontrer les pouvoirs publics, les journalistes. A un moment, il y avait des otages français dont on ne parlait pas.
Les gens n'étaient pas au courant qu'il y avait des otages français. J'ai commencé à faire venir les familles françaises et les familles de bédouins parce qu'il y a aussi des musulmans israéliens qui ont été pris en otage par les terroristes. - A.-E.Lemoine: Parmi les nombreuses mobilisations dont vous êtes à l'origine, il y a aussi ce clip contre l'antisémitisme, qui a été diffusé le 14-Juillet lors de la finale de l'Euro de foot. - Ca suffit.
Enlevez-moi Cohen des livraisons, des VTC...
Je ne veux plus en entendre parler. - On met quoi? ... - Dans la rue, on ne peut pas la porter.
Il ne faut pas se faire remarquer. - Tu vas à la synagogue? - Ne dis pas ça aussi fort. - A.-E.Lemoine: Ce clip a été vu 100 millions de fois, mais la 1re fois que vous l'avez vu, vous avez halluciné.
Vous y avez reconnu votre cousine dentiste qui n'est pas comédienne. - A.Essebag: Elle fait des petits jobs...
Elle est aussi comédienne. Elle est surtout dentiste. - A.-E.Lemoine: Elle vous a expliqué la raison de sa présence? - A.Essebag: Personne n'a voulu...
Après la finale du Super Bowl, un clip a été diffusé. On s'est Dit, avec Maurice Lévy, que nous ferions la même chose. On est partis pleins d'entrain et on a vu une montagne à gravir.
On ne trouvait pas de réalisateur, pas de comédiens. La réalisatrice brillantissime, l'une des plus grandes publicitaires françaises, une grande cinéaste, m'a dit: "C'est la 1re fois que je fais un casting et que personne ne vient." Tous les gens que vous voyez dans ce clip sont des copains d'un copain...
Les gens avaient peur de se retrouver...
Je me suis retrouvé dans des réunions où des gens de l'agence disaient qu'il fallait prévoir une cellule psychologique pour les comédiens. Au moment de la sortie du film, il allait peut-être falloir envoyer le héros en vacances. Un réalisateur, un comédien a peur de venir jouer dans une pub qui dit simplement: "Regardez ce que les juifs de France vivent au quotidien." Mais mon livre ne parle pas que de ça.
La grande majorité des Français...
Je me suis ouvert. Je raconte aussi de belles histoires et ma vie à travers ce message d'amour. - A.-E.Lemoine: "J'ai perdu un Bédouin dans Paris".
L'un des proches s'est littéralement perdu dans Paris et vous partez à sa recherche. Vous restez avec nous pour commenter le reste de l'actualité. C'est la Story de L.Amar. - J'y pense toujours, à changer de métier, suite à ça.
Les agressions verbales, les menaces, j'en avais déjà eu, mais jusqu'à ce jour-là où on est passé à l'acte...
Je me suis dit que c'était la limite. - L.Amar: C'est l'histoire d'une violence qui monte et qui alarme.
Portraits de 2000 médecins agressés en France en 2024. C'est 26 % de plus que l'année précédente. Regardez ces chiffres issus de l'Observatoire national de la sécurité des médecins.
Le nombre d'agressions est en constante augmentation. Tous les professionnels de santé sont touchés, mais la majorité concerne les généralistes. Nous en avons rencontré un cet après-midi.
Un rendez-vous banal avec un enfant et sa maman. Une petite incompréhension au moment de poser le diagnostic et, une heure plus tard, la femme revient avec son mari. - Une personne qui fait au moins 2 m, 120 kg.
Il m'a attrapé. J'ai eu à peine le temps de me retourner et de voir la personne se jeter sur moi. Il a commencé à me donner des coups au visage.
Il venait pour me frapper. Il a saccagé mon bureau. J'avais mon clavier...
Il les a jetés par terre. C'est quelque chose qu'on n'oubliera jamais. C'est à cause de ça que j'ai quitté mon cabinet, ma patientèle.
J'ai installé des caméras. Je me suis dit que ce serait peut-être un peu dissuasif. - L.Amar: Selon l'Ordre des médecins, 55 % des agressions commises en 2024 l'ont été sur des femmes.
Nous avons souhaité donner la parole à une médecin généraliste, installée à Montreuil, en région parisienne, victime d'une agression violente il y a 2 ans. - C'était une agression par une dame qui a commencé par être tout de suite assez désagréable. Je lui ai dit que je n'allais probablement pas pouvoir faire cette consultation parce qu'elle était trop désagréable.
Elle m'a dit qu'elle ne bougerait pas. J'arrive vers la salle d'attente et elle me flanque un coup de coude dans la poitrine. J'ai eu un énorme bleu que j'ai photographié.
Je suis KO. Je reconnais souvent mes torts. Je me dis que je n'aurais pas dû dire ci ou ça.
Je n'ai rien dit de spécial et rien fait de spécial qui justifie une telle violence. - L.Amar: En 25 ans d'exercice, elle confirme n'avoir jamais connu un climat aussi tendu.
Ecoutez la fréquence à laquelle des incidents se produisent dans son cabinet. - C'est devenu une fois par jour. Que ce soit verbal...
Cela ne va pas tout de suite dans les coups. Pour un médicament, un arrêt de travail, on est devenus un déversoir. On a l'impression d'une hostilité. - L.Amar: "Faites ce que je vous demande ou ça va mal finir." - Absolument. - L.Amar: Ces 2 témoins ont un point commun.
Ils ont essayé de saisir la justice en déposant plainte ou en écrivant directement au procureur de la République. Même résultat dans les 2 cas: classement sans suite ou absence de réponse. Le rapport de l'Ordre des médecins note une évolution.
Au-delà des agressions physiques ou verbales, on constate une nette hausse des vols. Ca concerne des tampons professionnels, du matériel, des électrocardiographes et des ordonnances. La hausse considérable du nombre de fausses prescriptions, plus de 256 % en un an.
On vous en a déjà parlé dans "C à vous". Très difficile pour les pharmaciens de détecter les contrefaçons. - J'ai 2 modèles différents d'ordonnancement à chaque fois, on a le code-barres avec le RPPS du médecin, qui correspond à un médecin réel.
Il y a le nom du médecin, le nom du patient, la signature, éventuellement un tampon en plus. On a souvent des ordonnances sans tampon. Rien ne peut différencier ces 2 ordonnances, à première vue.
Rien ne nous fait douter de sa véracité. - L.Amar: Cette augmentation du nombre d'ordonnances falsifiées a aussi un coût pour l'Assurance maladie: plus de 13 millions de fraudes en 2024. - A.-E.Lemoine: Merci.
Ils s'appellent Louis et Elyah. Ce sont les enfants de Delphine et Cédric Jubillar. Elyah avait 18 mois au moment des faits et Louis, 6 ans.
Il est devenu l'un des témoins-clés de l'affaire. Il était aux côtés de sa mère dans les heures ou peut-être les minutes qui ont précédé sa disparition. Au 6e jour du procès, leurs témoignages étaient rapportés à la cour par la voix de leur avocate. - Les punitions de C.Jubillar, on se met à genoux, les mains derrière la nuque et on s'assoit sur des Lego.
Louis nous a Dit que ça durait longtemps dans son souvenir. Lorsqu'il va chez sa tante, elle peut exprimer que spontanément, quand elle lui dit qu'il est puni, il va se mettre à genoux par terre. Ce n'est pas possible. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, V.Arama.
Vous êtes journaliste police-justice à franceinfo, en charge de la couverture du procès de l'affaire Jubillar avec N.Schulz. Beaucoup de témoins ont confirmé les violences de C.Jubillar. - V.Arama: Tous les proches témoignent de la violence dont pouvait faire preuve l'accusé envers son fils, des châtiments corporels, des violences verbales envers son fils, mais aussi parfois envers sa femme, même sa petite fille.
Une fois, il a dit qu'elle était une handicapée parce qu'elle avait des difficultés à marcher alors qu'elle avait 18 mois à l'époque de la disparition de sa femme. Il en ressort un comportement qu'on pourrait appeler rustre, mais aussi violent à l'égard de sa famille. - A.-E.Lemoine: Il s'en est défendu. "Les enfants, il faut qu'ils aient peur..." Ca révèle un aspect inquiétant de sa personnalité? - V.Arama: Oui.
On n'a pas encore entendu les psychologues qui nous parleront d'une éventuelle dangerosité, mais ça dépeint un environnement, un contexte. Il dénigrait beaucoup sa femme, qui avait tendance à s'effacer auprès de lui. Quelques mois avant sa disparition, elle a repris un peu du poil de la bête.
Elle voulait se séparer de lui, refaire sa vie. Justement, c'est peut-être à ce moment-là qu'il y a un possible passage à l'acte. - A.-E.Lemoine: Louis a 11 ans, aujourd'hui.
Il vit avec sa soeur chez sa tante, la soeur aînée de D.Jubillar. Ce n'est qu'une fois confié à sa tante qu'il a donné une tout autre version du déroulement de la soirée de la disparition de sa mère? - V.Arama: Comme si sa parole s'était libérée.
Dans les premiers mois qui suivent la disparition, il est encore sous l'autorité de son père qui n'a pas encore été incarcéré. Il dit qu'il ne s'est rien passé de spécial, qu'il a regardé un film, enfin une émission de télévision jusqu'à 23h avec sa mère. 6 mois plus tard, quand son père est incarcéré, qu'il n'est plus avec lui physiquement et moralement, quelque part, il va dire qu'en réalité, ce soir-là, il a vu ses parents s'empoigner, qu'il les a entendus se disputer, qu'il a entendu sa mère crier "arrête-toi".
On pourrait se dire que c'est un petit garçon, qu'il ne peut pas se rappeler précisément, que son témoignage est fragile...
Il situe très bien la scène. Il dit qu'ils se sont disputés à côté du sapin de Noël. Une semaine avant sa disparition, D.Jubillar avait acheté ce sapin.
Un ticket de caisse le prouve. Ce petit garçon, dans la salle Mélanie, où on recueille les témoignages des enfants pour les sécuriser, il a pris 2 poupées, il a pris leurs bras et les a tendus pour montrer comment ses parents s'étaient empoignés ce soir-là. - A.-E.Lemoine: Comment il va? - V.Arama: Il va bien.
Sa soeur l'a dit à l'audience...
La soeur de D.Jubillar a dit que c'était un petit garçon qui grandissait aussi bien que possible. Il grandit sans mère et quelque part, sans père.
Il n'a pas vu C.Jubillar depuis son incarcération. Il y a beaucoup de colère chez lui, dit la soeur de D.Jubillar.
Elle dit aussi qu'il souhaiterait avoir un lieu pour se recueillir, penser à sa maman. Il dit qu'il ne se souvient plus beaucoup de sa maman. Il se souvient de balades au parc, mais il n'a plus de souvenirs.
Il dit qu'il est persuadé que sa mère est morte et que son père est responsable. Il attend des réponses de C.Jubillar. - A.-E.Lemoine: C.Jubillar semble beaucoup plus serein.
Il a été rassuré par la stratégie de la défense qui s'en est prise frontalement à l'ancien procureur de la République de Toulouse, accusé d'avoir délivré de fausses informations lors de la mise en examen de leur client en juin 2021. - Lorsque les gendarmes arrivent, C.Jubillar était occupé à déclencher une machine à laver dans laquelle se trouve la couette du lit sur lequel dormait madame Jubillar. - A.-E.Lemoine: Les avocats disent que c'est faux. - V.Arama: C'est une imprécision plus qu'une vraie erreur.
Au moment où les primo-intervenants arrivent, les gendarmes arrivent, ils retrouvent C.Jubillar accroupi devant la machine à laver. On apprendra plus tard qu'elle n'était pas en train de tourner.
Ce qui est important, c'est de savoir pourquoi C.Jubillar est agenouillé devant une machine à laver à 4h50 du matin alors que sa femme vient de disparaître. Si cette couette a tourné et a été mise dans la machine à laver ou non, c'est une autre question. - A.-E.Lemoine: Les avocats de C.Jubillar s'appuient sur ces imprécisions pour décrédibiliser l'enquête. - P.Cohen: Et le procureur n'a pas reconnu son erreur. - V.Arama: Il dit qu'il a donné les éléments qu'il avait en sa possession à l'époque.
Il s'avère qu'il a raison de le préciser, on est il y a 4 ans. Il y a eu 4 ans et demi d'enquête. On a précisé certaines choses, confirmé ou infirmé certains éléments.
Le procureur de l'époque, ce n'est pas celui qui mène les investigations. Il rend compte de ce qu'on lui dit lors d'une conférence de presse. Les avocats de la défense ont leur stratégie de défense, ils pointent du doigt la forme, comme ils l'ont fait la semaine dernière avec le directeur d'enquête, qui est resté 7 heures à la barre. - A.-E.Lemoine: Il a été bombardé de questions. - V.Arama: Ils sèment la petite graine du doute.
Ils disent aux jurés: "Tout n'a pas été fait correctement. Il y a des zones d'ombre." Ils ne s'attaquent pas aux charges qui pèsent sur C.Jubillar parce qu'on n'est pas encore dans ce moment du procès.
Ils disent aux jurés: "Attention. Des choses ne sont pas tout à fait faites correctement." - A.-E.Lemoine: Il suffit de convaincre 3 des 9 jurés pour obtenir l'acquittement? - V.Arama: C'est une loi passée sous E.Dupond-Moretti lorsqu'il était ministre de la Justice.
Il suffit, sur un juré de 9 personnes, avec le président de la cour d'assises, les 2 assesseurs et 6 jurés populaires, de 3 personnes qui déclarent l'accusé innocent pour que la personne soit acquittée. C'est tout à fait possible dans cette affaire. C'est ce qui la rend extraordinaire.
Il y a une réelle incertitude sur l'issue et le verdict. C.Jubillar, à la fin du procès, soit il sera condamné à une peine lourde, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité, soit il sera acquitté.
Soit il a tué sa femme, soit il ne l'a pas tuée. Il n'y aura pas de demi-mesure. C'est la vie d'un homme qui se joue devant la cour d'assises du Tarn.
Ce que fait sa défense, et elle le fait très bien, elle mène un énorme travail minutieux en démontant tous les éléments un peu à côté des charges qui pèsent contre C.Jubillar, tout en sachant qu'il y a dans cette affaire ni corps, ni scène de crime, ni aveux. Je ne suis pas tout à fait d'accord... - E.Tran Nguyen: Vous avez répondu sur le mystère qui plane.
Ce qui interpelle aussi, c'est aussi l'attitude de C.Jubillar, avec son sourire. Ca a fait beaucoup réagir.
Ca a marqué les téléspectateurs. Pour assister au procès, il y a beaucoup de monde chaque matin prêt à se lever très tôt pour voir en vrai C.Jubillar, et à être là s'il craque. - On est venus à 5h du matin. - On s'est levés à 6h. - C'est une histoire qui me passionne.
On est fascinés par le mal. - Pour voir C.Jubillar, voir si sa culpabilité... - Il va peut-être craquer. - Peut-être que son masque tombera.
On espère. - E.Tran Nguyen: Ce qui fascine aussi, c'est le mystère qui plane autour de la victime, de D.Jubillar.
On peut imaginer que comme il n'y a pas de corps, qu'elle serait partie et serait encore en vie. C'est l'histoire d'une jeune femme normale dont le seul tort a été de vouloir quitter son mari, de s'émanciper et de vivre une autre vie avant d'en être empêchée. Fascination proportionnelle au niveau d'empathie qu'on peut avoir pour la victime et qui peut changer notre regard sur la société.
C'est ce qui s'est passé au procès de G.Pelicot, qui a changé notre regard sur le statut du violeur. La fascination pour les faits divers, qui deviennent des faits divertissants.
On le voit avec le nombre de cas, de romans et de documentaires. On ne compte plus les anonymes qui se mettent en tête d'être des enquêteurs. Ca décolle sur Facebook.
Il y a des groupes de discussion sur l'affaire Grégory. Il y a des milliers de groupes qui s'improvisent détectives. Il y a aussi des groupes "Christine Villemin est innocente". - P.Cohen: C'est une vérité judiciaire. - E.Tran Nguyen: Ils discutent et montent de toutes pièces pour voir les charges à son encontre...
Certains ne font pas que se rendre sur Facebook, mais se rendent sur les lieux supposés du crime. - J'y vais 1 jour sur 2. Un gilet, le sac, le détecteur pour creuser...
Je cherche des ossements. Il est important d'avoir le corps. La famille ne peut pas faire de deuil correct sans corps. - E.Tran Nguyen: Malgré la meilleure volonté du monde de ces anonymes, ça peut nuire à l'enquête.
C'est expliqué par ce policier. - Une personne tiers vient perturber cette enquête en annonçant sur les réseaux sociaux qu'elle a trouvé l'assassin de tel ou tel crime, la personne qu'on soupçonne et qu'on met sous surveillance discrète peut changer ses habitudes. Ca peut perturber et polluer l'enquête. - E.Tran Nguyen: Vous qui êtes journaliste, est-ce que vous remarquez ce phénomène de fascination des faits divers?
Est-ce que les salles de procès sont de plus en plus remplies par ceux qui veulent suivre et enquêter? - V.Arama: Aussi loin que j'ai fait des procès d'assises, les salles ont toujours été très fréquentées.
Je me souviens d'un procès. "Je préfère faire ça que de regarder un show télévisé l'après-midi dans mon salon." Ca a toujours fasciné.
Avec tous les autres cas, les émissions, le true crime fascine. Les gens ont pu devenir acteurs du dossier en allant faire des fouilles eux-mêmes. En allant chercher des coordonnées GPS, on devient acteur du dossier.
On participe à l'enquête. On est dans le stade ultime de l'enquête criminelle. Ca fascine et ça a toujours fasciné.
J'ai parlé à des gens qui étaient arrivés à 3h du matin. C'est dingue. La salle ne désemplit pas.
Le public est toujours là après presque 10 jours d'audience. Je pense que ça va continuer de fasciner jusqu'au verdict. Il y a cette incertitude réelle qui plane sur le sort de C.Jubillar. - A.-E.Lemoine: Merci.
Je rappelle votre ouvrage: "Delphine Jubillar, une disparition". C'est l'heure du 5/5 de L.Sénéchal.
G.Miller en garde à vue pour viols et agressions sexuelles. - L.Sénéchal: Un an et demi après la révélation de l'affaire, il est entendu depuis ce matin dans les locaux de la brigade de protection des mineurs de la PJ parisienne.
Il est accusé de viols et d'agressions sexuelles par une dizaine de femmes, 27, selon Mediapart. La période concernée s'étend sur une trentaine d'années, d'après les 2 journalistes de "Elle". Ils étaient venus nous raconter un mode opératoire. - C'est toujours le même type de profil, des jeunes femmes, très jeunes femmes.
On a vu, d'après tous les témoignages reçus, qu'il y avait différents terrains. Il y a les plateaux de cinéma, la fac où il enseignait, les plateaux de télévision, parce qu'il a été chroniqueur. - L.Sénéchal: Le nom de G.Miller a été évoqué à la commission d'enquête parlementaire en décembre dernier sur les violences sexuelles au cinéma par A.Mouglalis. - A.Mouglalis: Je rencontre G.Miller, qui me propose de me faire visiter son home cinema.
Il me propose une séance d'hypnose, que je refuse. Il commence à se tendre et à devenir un peu agressif. Je n'en ai pas parlé au réalisateur ni au producteur.
J'aurais dû. Pendant le tournage, 2 jeunes femmes ont vécu la même chose chez G.Miller.
Elles ont vécu la séance d'hypnose et les agressions. - L.Sénéchal: Il a toujours clamé son innocence.
Il est présumé innocent. Il évoque des relations consenties. Sa garde à vue peut durer jusqu'à 48 heures. - A.-E.Lemoine: Après le Népal, la jeunesse fait trembler le pouvoir à Madagascar. - L.Sénéchal: Je vous avais montré le ministre des Finances poursuivi dans la rivière.
A Madagascar, des manifestants tentent d'imiter cette jeunesse népalaise. Ils ont obtenu le limogeage du gouvernement. Ils sont descendus dans la rue pour demander le départ du président. ... - L.Sénéchal: 3 Malgaches sur 4 vivaient en 2022 sous le seuil de pauvreté.
C'est l'un des pays les plus pauvres du monde. Les coupures d'eau et d'électricité ont été la goutte qui a fait déborder la colère qui s'exprime parfois avec de la violence. Les manifestations ont parfois dégénéré.
Il y a eu des bâtiments incendiés, comme dans la capitale. Un centre commercial a été pillé, avant d'être détruit. Ce mouvement s'est étendu aux autres grandes villes du pays.
La répression est sanglante, 22 morts, selon l'ONU. Ironie du sort, c'est une révolution populaire qui a porté au pouvoir Andry Rajoelina en 2009, lui qui appelait à chasser le pouvoir. C'est lui qui appelle au calme. ... - L.Sénéchal: Un point commun entre les manifestations au Népal et à Madagascar, un drapeau, celui du manga "One Piece".
C'est un manga qui raconte une épopée dans un monde de pirates et des héros qui défendent un idéal de partage et d'amitié. Ce drapeau a été brandi jusque sur les portes du Parlement au Népal, qui avait été incendié par les manifestants. On le retrouve à Madagascar.
On l'a retrouvé ces dernières semaines aux Philippines ou en Indonésie, à chaque fois des mouvements portés par la jeunesse. C'est une bannière de la Gen Z. Les regards se tournent vers le Maroc avec une jeunesse dans la rue sous la même bannière, 14 ans après les Printemps arabes.
Jeunesse qui dénonce la déliquescence des services publics et une corruption de l'Etat. - L.Sénéchal: Les Printemps arabes, c'était en 2011. - A.-E.Lemoine: En Russie, le pouvoir muselle les réseaux sociaux. - L.Sénéchal: X, Facebook, Instagram sont déjà interdits.
Le récit fait ses points presse quotidiens via Telegram. Le Kremlin veut imposer une autre appli à coups de messages publicitaires. C'est diffusé dans les rues façon "1984". ... - L.Sénéchal: Cette appli est installée par défaut depuis le début du mois sur tous les téléphones et les tablettes vendus en Russie.
Elle est vantée pour son efficacité. Elle fonctionnerait mieux que les autres, notamment dans les parkings ou dans les ascenseurs. C'est vanté par la propagande relayée par les stars chez les jeunes Russes, comme cette influenceuse. ... - L.Sénéchal: C'est surtout un espion dans votre poche, s'alarment les opposants, qui évoquent même un goulag numérique. - A.Essebag: Je pensais être invité à "C à vous" et en fait, on est dans un épisode de "Black Mirror".
C'est angoissant. Il n'y a pas une bonne nouvelle. Il n'y a pas un dauphin qui est né quelque part? - A.-E.Lemoine: Il n'y a pas de dauphin, mais... - A.Essebag: Il y a D.Farrugia qui arrive. - A.-E.Lemoine: On a une image du plus haut pont du monde. - A.Essebag: Super...
On est contents. Vite! Vite, une image d'un pont! - L.Sénéchal: Il fait 625 m.
C'est impressionnant. C'est en Chine, dans une province montagneuse. - A.Essebag: Quelle bonne nouvelle!
Je me sens soulagé. - L.Sénéchal: La portion centrale fait 1400 m. - A.Essebag: Quand même...
Une belle cascade d'eau. - L.Sénéchal: Plus grand ou plus petit que le viaduc de Millau? - P.Cohen: Le viaduc de Millau est plus petit. - L.Sénéchal: Regardez.
On a des moyens, dans "C à vous"... - A.Essebag: Un gars a fait cette animation? - L.Sénéchal: Il y a passé la journée. - A.Essebag: J'adore cette émission.
C'est magnifique. - A.-E.Lemoine: On sait exactement combien fait ce pont, sa longueur, sa hauteur.
Tout est vérifié. - L.Sénéchal: La Chine a battu son propre record. - A.-E.Lemoine: Vous repartirez moins idiot. - A.Essebag: Je vais pouvoir le ressortir dans les dîners. "Vous savez qu'il y a un pont plus grand..." Magnifique!
On va se quitter là-dessus? - A.-E.Lemoine: Non.
On va parler d'une jeune femme. - L.Sénéchal: Une jeune actrice IA.
Elle est suivie par 30 000 personnes sur Instagram. Elle est pleine de vie. Pourtant, elle n'existe pas.
Ce qui est bien réel, c'est l'ambition de ses créateurs, qui ont publié une forme de CV, de maquette virtuelle. On la voit en potentielle actrice dans différents films. Elle peut tout jouer.
Elle sera la prochaine S.Johansson ou N.Portman.
Ce que vous allez voir a été réalisé à 100 % par IA. ... - L.Sénéchal: Vous connaissez cette société? - A.Essebag: Oui.
Elle est à Londres. Je l'ai rencontrée à plusieurs reprises et je travaille avec. - L.Sénéchal: Ce n'est pas vous, dans les jeux télé? - A.Essebag: Ils ne font pas que des personnages virtuels.
Ils font beaucoup d'IA pour fabriquer des contenus à partir de catalogues. C'est une équipe qui a développé des outils géniaux. Je me demande si on ne devrait pas leur demander de faire nos avatars. - E.Tran Nguyen: C'est inquiétant, non? - A.Essebag: C'est flippant. - L.Sénéchal: La créatrice se défend...
Il y a des acteurs qui disent: "Quelle horreur! Honte à ces gens." La société se défend en disant ceci. - A.-E.Lemoine: Ce sont des marionnettes. - A.Essebag: Exactement.
On bascule dans un monde...
Je ne veux pas faire vieux con, mais c'est flippant. On crée une génération Z et on va aller vers la génération Alpha...
Ce sont des gens qui seront seuls et qui passent leurs journées sur les réseaux. Je me bagarre en permanence avec mes enfants pour lutter, comme le vieux père que je suis. C'est angoissant.
Jusqu'à présent, je ne suivais que votre compte sur Instagram, et celui de P.Cohen. Maintenant... - A.-E.Lemoine: On finit avec la NBA. - L.Sénéchal: Elle revient le 2 octobre. - A.-E.Lemoine: Avec V.Wembanyama. - L.Sénéchal: Vous savez qu'il avait encore grandi?
Il a été présenté comme un géant de 2,21 m. - A.-E.Lemoine: Il a pris combien de centimètres? - L.Sénéchal: Il a pris 3 cm. - A.Essebag: Comment? - A.-E.Lemoine: Il a 21 ans et il continue à grandir. - A.Essebag: Moi, je commence à me tasser. - P.Cohen: Je l'ai connu, il faisait 1,81 m. - L.Sénéchal: Est-ce qu'on peut avoir une petite ambiance quiz?
A quel Etat appartient l'équipe qu'on va voir? Ce sont des questions très faciles. - A.-E.Lemoine: Texas. - L.Sénéchal: Bravo.
L'équipe de Wembanyama chasse un titre depuis 2014. Quel est le surnom du joueur qu'on va voir? Il y a des indices énormes. - A.-E.Lemoine: Carte...
Joker! - L.Sénéchal: On voit un père et un fils. - A.Essebag: Il faut faire une pause. - A.-E.Lemoine: Sur le "carte"? - L.Sénéchal: Dernière image.
C'est un père et un fils. Ce sont le père et le fils L.James. - A.-E.Lemoine: Vous avez passé un bon moment? - A.Essebag: Je suis très content.
Laure Miller