2027 : une candidature unitaire est-elle possible à gauche ? Benoit Hamon nous répond | ÇA IRA !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Ben maman, alors vous il y a quelques secondes vous disiez votre inquiétude qu'on parle politique ce soir, je vous préviens la séquence qui c'est pas correct. Moi j'ai plus d'avis politique en plus. [rires] Ben pourant, on va on va vous le demander.
Euh non, parce que euh face à l'extrême droite, vous avez déclaré plusieurs fois que la gauche n'était pas à la hauteur et puisque vous vous êtes transformé en influ bah en influenceur en influenceur maintenant sur les réseaux sociaux, on va vous on va vous revoir tout de suite. Bon, je vais peut-être pas me faire que des copains avec cette très courte vidéo mais je vais vous parler dans quelques secondes de la gauche. Mélenchon.
Il parle de la France, de l'Europe, du monde. Il met ses propositions sur la table, il désigne la droite et l'extrême droite comme adversaire et il déroule. Le reste de la gauche, quand bien même certains de ces membres ont indiscutablement des idées, ce reste de la gauche, on retient d'elle, qu'elle parle d'elle-même beaucoup, qu'elle parle de Mélenchon aussi beaucoup.
Et c'est à peu près tout. Bah tout ça vous donne une explication des rapports de force. Quand ça va aujourd'hui.
Salut [rires] sur un beau contrechamp. Les insommis ont vu un soutien. Est-ce que c'est le cas ? [rires] Il suffit que ça part vite quand même dans le dans ou c'est horrible ou c'est génial sur les réseaux sociaux.
Euh mais par ailleurs le votre partie génération ce que vous avez fondé en tout cas il est parti présente de la primaire lui. Est-ce que vous pensez toujours que c'est le chemin le chemin de la nature unitaire est possible et qu'il est souhaitable ? Oh alors franchement le c'est pour moi c'est pas mon sujet hein.
Euh au sens où je suis pas sûr d'avoir un avis plus original ou plus intéressant que qui que ce soit. Non, je vais revenir sur cette phrase-là parce que euh vous avez raison, plein de gens m'ont dit "Ah, ça y est à mon soutien mélanchant." Euh d'autres euh et d'autres qui ont vu aussi, ce qui est quand même un petit peu le le chemin que j'indique au reste de la gauche, c'est que euh il y a des débats à gauche euh et moi j'en ai euh avec Mélenchon comme je peux en avoir avec euh Fort, euh Tendelier, Gluxman et cetera.
Sauf que je note que et c'est pour ça que c'est l'affaire est est pliée dans ces cas-là, que si quelqu'un parle au pays désigne un adversaire et que les autres qui veulent s'en distinguer ne parlent que de lui, bon bah c'est ce premier qui va forcément ramasser la mise. Et et je moi je me souviens qu'en 2017 quand on a des débats par exemple sur le revenu universel qui était très critiqué à l'époque par la France assoumise c'était un débat intéressant parce qu'il c'était un débat qui portait sur le travail qui portait sur le rapport qu'on avait au capitalisme. Ça c'est la meilleure critique qu'on m fait c'est quand on m'a dit oui on veut prolonger l'espérance de vie du capitalisme avec le revenu universel.
On va en parler. Ça ça va. Alors je je alors là je me régale d'avance parce que on peut dire 300 milliards prélevés, ça ça réjouit les grands les le les comment dire les détenteurs du du capital.
Bon bref, on en reparlera si vous voulez avec plaisir. D'ailleurs, ce que je veux dire c'est que c'était c'est plus intéressant de parler de cela euh que le le le l'exercice que j'observe. Alors ce qui m'inquiète, je vais vous dire ceux qui m'inquiètent, c'est quoi ça ?
C'est simple. C'est ceux qui disent d'un côté mélchons jamais jamais c'est pas possible c'est c'est plus la gauche c'est fini il est parti il est ailleurs. Et ceux qui en face disent ah PS plus jamais c'est pas possible et cetera.
Bon bah ça les amis c'est pour des raisons différentes quand même. Ah mais oui mais ça fait ça fait perdant à chaque fois. Ah [rires] c'est fait perdant à chaque fois.
Ah oui bah ça fait perdant à chaque fois aux élections présidentielles à force quand vous avez une tripartition de la vie politique avec un RN un gros bloc central et c'est fini. C'est donc donc il y a il y a un moment, faut quand même essayer d'envisager euh et je le dis vraiment euh aux militants des deux composantes parce que ceux qui fabriquent cela sont d'ailleurs en rupture avec beaucoup de citoyens qui ont pas des tout cet état d'esprit à euh prononcer des occases et des anathèmes. Si on avait un petit peu moins le réflexe à l'excommunication réciproque, surtout qu'on y a été capable si mes souvenirs sont monde construire des allian législative, je pense qu'on se situerait dans une perspective et une mise en mouvement de la société euh bah beaucoup plus par dire ça depuis que je suis dans les comm on dit.
Vous vous l'avez dit, vous l'avez dit tout à l'heure que ce qui avait révélé Macron, c'était la fracture du PS en de la vérité, c'est probablement que les gens qui disent plus jamais PS, c'est à minimal la partie la plus droitière en vérité. Ouais, j'ai j'ai pas dit ça. J'ai dit j'étais plus loin que ce que vous dites.
La fracture en deux, il a toujours il y a toujours eu des courants au PS com il y en a sans doute au PC comme il sans doute d'ailleurs comme Mélanger sera plus là. Euh on est dans un parti. Ouais.
Voilà. Non mais euh on en reparlera pour la France aussi. Mais bon, ce que ce que j'ai dit, c'est que c'est c'est va plus loin.
Je pense que au sein du Parti socialiste en 2017, il y a des gens qui quand on écoutait les les choix qu'il mettaient sur la table pouvait se dire "J'appartiens à un parti de gauche" mais en réalité avait partagé des convictions sur la question de la politique de l'offre, sur la question de des retraites, sur la question des politiques sécuritaires, sur la question même des politiques éducatives qu'il est situé plus mais c'est pas mal en soi je mais plus dans le centre droit ou la droite qu'à gauche et c'est cette clarification qu'a opéré Macron. Tous ceux qui ont dit au moment où Macron a été élu, on rejoint Macron et on met en œuvre toutes les politiques depuis en se disant de gauche. Alors dites-moi le truc de gauche qu'a fait Macron en disant le truc aujourd'hui le l'état du PS c'est pas non plus très glorieux.
Vous en pensez quoi ? Est-ce que ça vous êtes bah c'est la réalité [rires] ceux qui ceux qui restent aujourd'hui, est-ce que vous ça vous conforte dans votre décision d'avoir quitté ce parti ou est-ce que au contraire vous dites que vous auriez peut-être pu rester pour peser en interne et essayer d'en faire quelque chose parce que bon là c'est compliqué vous me quand moi je quitte le PS et que je pense que je ne l'expérience que j'ai eu d'une campagne présidentielle c'est que euh la logique étit que je reste et que je prenne le parti Voilà, ça c'est ce que je prends le parti et je me place en situation de concourir dans les élections après. Voilà, ça c'est la logique.
Sauf qu'à ce moment-là euh ma comment dire dans mon équation personnelle plus intime, je n'ai pas cette énergie là. Je je pense que il y a eu trop de violence à l'intérieur du PS sur des choses essentielles pour que le jeu envahille la chandelle. Je considère que voilà mon histoire avec le PS à ce moment-là est terminé.
Ce qui veut pas dire que je rejette tout ce que j'ai fait avant au Parti socialiste. Pas ray d'un trait de plume, tous les combats auquels j'ai participé. J'étais au cabinet d'Abru, on a fait les 35 heures.
Bon ben voilà, qu'est-ce qui qui aura fait ? On on faisait des trucs quoi. On faisait la loi exclusion.
J'ai quand j'ai été ministre, j'ai fait la loi sur l'économie sociale et solidaire. Donc il y a tout ça, je jette pas. Et à ce moment-là, je pouvais plus, c'est tout.
Mais ce qui veut pas dire que ceux qui sont restés ont eu tort. Voilà. et je respecte ceux qui sont restés euh après je je suis pas d'accord avec tous.
Voilà, c'est tout. Et alors quand on quand on imagine par exemple que potentiellement quelqu'un comme François Hollande voudrait revenir se représenter, vous en pensez quoi ? [rires] C'est presque c'est presque un même serait silence.
Non mais qu'est-ce que ça dit cette volonté à minima de pour lui de revenir a dit que à droite comme à gauche, ne vous y trompez pas, le pouvoir est une addiction à droite comme à gauche et jusque dans les vraiment faut être je je vois pas beaucoup de gens qui ont été épargnés par dans les gens que je connais par l'ubris parfois ou cette tentation de la démesure où on perd un peu le contrôle lié au pouvoir. trouve un mec comme Poutou par exemple que je pense que j'ai toujours dans les que je il a eu relativement peu de pouvoir aussi sans vouloir mais justement oui mais qui a pas un mais même [grognement] qui est pas fasciné par cela je me semble-t-il euh voilà mais après c'est des degrés il y a des gens qui dont vous voyez que très vite que ça va ça va vite partir en en en toupie quoi. Et mais voilà et donc le le pouvoir est une addiction.
Alors, si vous mettez cette cet appétit de pouvoir au service de la transformation sociale, si vous avez le souci de la démocratie, si vous avez de l'empathie, si bon voilà, on peut faire des choses formidables mais voilà, ça reste une donnée. Donc c'est surtout une ambition politique, le retour potentiel de de François Hollande alors qu'il avait été le premier président de à ne pas vouloir se représenter. Oui, ils en ont toutes et tous et lui il ne l'a pas perdu Manifestement.
Si c'est lui à la fin qui porte les couleurs du PS, la clarification dont vous parlez avec le macronisme n'aura pas vraiment opéré puisqu'on sera juste sur un retour à 2012 et une recette qu'on a déjà Mélenchon Hollande Bis. Ouais. Oui, Mélenchon n'a pas il le pouvoir.
C'est la différence. Non mais si il était ministre comme moi. C'est vrai, vous avez raison.
Vous avez raison sous la gauche pluriel. Et est-ce que du coup le retour de François Hollande dans le dans le jeu et bien est-ce que ça ça n'efface pas totalement celle de Raphaël Gluxman qui définitivement il y aura trop de candidats pour ce centre droit gauche ou centre gauche Ouais ça ça dépend les places si je suis sévère je pas aller trop parce que je pense que j'essaie de de mais il serait bien qu'on en parle aussi de voir comment on peut s'éviter quand même l'extrême droite et voilà c'est ça mon sujet et et mieux que ça comment on met en œuvre des politiques de justice sociale, comment on met en œuvre la transition écologique, comment on lutte contre le racisme, comment on recrée un contrat entre l'école et la nation, il y a plein de trucs, on peut si on en plus c'est pas des propositions qui manquent. Moi j'en ai plein surtout maintenant que je fais plus de politique, c'est plus on a plus de temps pour réfléchir.
Mais si j'étais sévère, c'est que qu'est-ce qui fonctionne pas aujourd'hui dans ce reste de la gauche ? C'est que c'est compliqué de dire nous sommes la gauche responsable. parce que nous sommes la gauche du gouvernement, les autres ne les tend pas et avoir 14 candidats alors que il y a le des règlements climatiques, il y a le péril raciste, il y a Trump, il y a Ouintao, il y a Poutine, il y a on on désigne des menaces qui sont presque existentielles.
La menace existentielle du dérèglement climatique sur l'humanité. La gauche, celle qui se s'autoappelle la gauche responsable, c'est finalement la gauche de la bourgeoisie. C'est la gauche qui va pas changer grand-chose et qui amène parfois la macronie.
C'est ça. Ouais, c'est militant quand même ici. Euh non mais je savais pas.
Je vous jure que c'est vrai. Vous nous avez jama Non mais je ne savais pas. Je si je me doutais que pourquoi ce serait plus militant que sur les plateaux ?
Non mais je trouve c'est plus militant que je vous assure dans mes vieux plateaux que j'ai fait c'était pas mais moi j'ai rien contre. Au contraire je trouve que c'est je trouve que c'est bien. Et vous avez raison par ailleurs je retire ce que j'ai dit par ailleurs.
Vous avez raison de nommer correctement les choses la bourgeoisie. Et euh parce que il y a aujourd'hui euh je pense dans une grande part de la bourgeoisie une volonté de prolonger l'espérance de vie d'un système qui est un système obsolète sur le plan économique mais aussi sur le pouvoir que ce politique que donne ce pouvoir économique. Et c'est et on le retrouve dans la contestation évidemment du dérèglement pas du dérèglement climatique mais des changement de modèle de développement qui que doit inspirer la lutte contre le dérèglement climatique.
On le voit dans le refus pour certains d'abandonner un certain nombre de privilèges, le patriarcat, on le voit dans le fait de refuser la domination de l'Occident sur le reste du monde. Il y a clairement aujourd'hui dans la bourgeoisie une vraie volonté de prolonger l'espérance de vie d'un modèle dont moi je pense qu'il est obsolète. Sur quoi débouchera-t-il ?
Je n'en sais rien. Vous connaissez la célèbre phrase de Gramchi, on a dû vous la dire 100 fois ici. C'est la crise c'est quand le vieux est mort et que le neuf hésite à naître.
Et quand Gramchi dit ça, il dit "Le neuf hésite à naître, on est pile dedans. C'est et" et il rajoute et de ce clair obscur peuvent naître ou ouais pe naître les monstres sur les monstres surgissent les monstres. Et et il dit quoi ?
En gros, le fascisme peut venir mais Bardella Le Pen que c'est encore Trump et tout et on est dans dans un moment comme celui-là. Donc et quand on est dans un intervalle comme celui-là, la responsabilité que nous on a, c'est pas de dire nous on est les responsables et les autres seraient les irresponsable et et et de se contredire immédiatement dans le fait qu'on n'est pas capable de de se mettre d'accord ni sur une méthode ou sur un ou une candidate. Mais mais parce que 14 même à 7 c'était trop.
Donc [musique]
Benoît Hamon