L'invitée d'Apolline Matin : Carole Delga - 25/03
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC. Vous êtes bien sûr RMC et RMC, sorry, LFI déchire à l'EPS. C'est votre première prise de parole depuis les municipales. Bonjour Carole Delga. Bonjour. Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes la présidente de la région Occitanie et le PS qui tenait son bureau national jusque tard dans la nuit hier soir. Vous y étiez deux lignes qui se sont affrontées, qui s'affrontent autour de la question des alliances ou non avec la France insoumise. Vous faites partie de ceux et de celles qui ont toujours estimé qu'il fallait rompre de manière totale avec la France insoumise. L'ambiguïté d'Olivier Faure à cet endroit, est-ce qu'elle est tenable ?
Est-ce qu'à vos yeux Olivier Faure peut rester premier secrétaire du Parti Socialiste ?
Il est nécessaire d'avoir une parole forte politique dans un monde complexe. On le voit avec ce qui se passe en Iran. On le voit avec la désarroi des Français pour les problématiques de fin de mois. Et aujourd'hui quand on est responsable politique, il faut avoir un message clair. Et cela fait 4 ans que je dis que nous ne pouvons pas avoir d'accord ou de complaisance avec la France insoumise. Parce qu'au niveau de la France, nous voyons que c'est l'extrême droite qui est en progression. Et pour donner un espoir à la population, c'est par la force de la clarté d'un projet. Et les socialistes ne peuvent pas avoir un projet clair avec les insoumis.
Parce que nous avons de nombreuses différences sur la question ukrainienne, sur la question européenne, sur la question de la relation au monde de l'entreprise, sur la question de la laïcité, sur la question de l'antisémitisme. Et donc ces différences font que nous ne pouvons pas être dans une géométrie variable avec la France insoumise. Donc cela fait 4 ans que je dis que nous devons avoir une position claire. Il y avait un bureau national du 3 mars qui avait pris une position claire que le premier secrétaire Olivier Faure n'a pas respecté. Et c'est pourquoi hier soir, nous lui avions demandé de voter un texte qui réaffirme une clarté dans la vision de la gauche.
Et il a refusé de le mettre au vote. Il a refusé de pouvoir voter ce texte qui aurait sans doute conduit à sa chute. Ce texte permettait d'avoir une assise claire sur la position du parti socialiste vis-à-vis d'un projet de société qui n'est pas compatible avec celui de LFI.
Vous n'avez plus rien à voir avec LFI, ni avant, ni pendant, ni après les élections ?
Que ce soit bien clair, je ne mets pas sur le même plan l'extrême droite et LFI. Pour moi, l'extrême droite est en dehors de l'arc républicain. Mais nous ne pouvons pas, au sein de la gauche, avoir des unions avec LFI, parce que le message est complètement brouillé. Quel est le point commun entre LFI et le parti socialiste sur la question de la laïcité ? Sur la question du communautarisme ? Sur la question du soutien au peuple ukrainien ? Sur la question du projet européen ? Nous n'avons pas cette même vision de la société. Moi, je ne peux pas accepter d'être avec des leaders qui disent « la police se tue ». Non, la police, dans notre pays, elle protège.
Moi, je pense qu'il faut travailler avec les entreprises, parce que la question de la création d'emplois est essentielle. Il faut être dans une relation exigeante avec le monde de l'entreprise, que ce soit avec les syndicats, avec, bien entendu, les chefs d'entreprise tout particulièrement.
Donc, pour vous, le projet n'est pas le même, donc ce n'est même pas la question des outrances. Certains ont dit que c'est des outrances. Alors, pour vous, ce n'est même pas ça, c'est les fondamentaux de vos projets. Quand vous entendez Olivier Faure qui, d'un côté, dit « pas d'alliance nationale avec LFI », qui, en réalité, dit ensuite qu'il comprend, je cite, les maires ou les candidats socialistes qui se sont alliés avec LFI, et qui, au lendemain du premier tour, à mon micro lundi matin, dit « Jean-Luc Mélenchon est un boulet pour la gauche ». Quel est l'Olivier Faure que vous retenez là-dedans ?
Non, mais ce n'est pas l'important de ce que moi je retiens, c'est que les Français retiennent que le Parti Socialiste, c'est tout et son contraire. C'est du grand n'importe quoi. Et moi, dans mon parti, je veux qu'on soit clair sur les fondamentaux. Je veux qu'on porte un projet de justice sociale où on bousquille l'ordre établi qui favorise les plus nantis, et un parti qui soit le parti du travail. Que pose la question ? Peut-il rester premier secrétaire du Parti Socialiste ? Ce que doit faire Olivier Faure, c'est mettre au voie du bord international.
C'est une sorte de démocratie interne au Parti Socialiste.
Non, mais parce que le Parti Socialiste, contrairement à LFI, il y a une démocratie interne. Hier soir, c'est très grave, puisque Olivier Faure a refusé de mettre en débat ce texte et d'avoir un vote, ce qui démontre qu'il était assuré d'être en minorité. Donc, moi, je redemande à ce qu'il y ait une position claire sur le projet socialiste qui ne peut pas être compatible avec celui de LFI.
C'est un texte qui était proposé par Boris Vallaud, lui-même jusqu'alors assez proche d'Olivier Faure, mais désormais qui demande effectivement cette clarification. Karim Bouamran, le maire de Saint-Ouen, qui était à mon micro sur BFM TV hier, demandait la démission, carrément, d'Olivier Faure. Pour l'instant, vous n'allez pas jusque-là. Une question tout de même, parce que dans votre région, l'Occitanie, il y a eu Toulouse, emblématique, avec cette alliance du socialiste, du candidat socialiste, avec le candidat LFI. Que je n'ai pas soutenu. Vous ne l'avez pas soutenu.
Est-ce que ça veut dire que si vous étiez à Toulouse, vous auriez voté Jean-Luc Moudinque ? Ce n'est pas le sujet de savoir pour nous. Déjà, je ne suis pas électrice toulousaine. C'est la question que quand je suis présidente d'une région, moi, je dois donner aux citoyens de l'Occitanie une clarté dans mes engagements et dans mes convictions. J'étais contre la NUPES, parce que je ne voulais pas signer un document où il y avait écrit Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre. C'était absolument délirant. Je continue à être constante, à être cohérente, et je ne pouvais pas approuver une quelque alliance que ce soit avec LFI. J'ai bien compris que vous ne l'approuviez pas.
Est-ce que ça veut dire qu'il faut comprendre qu'au fond, vous êtes soulagée que Jean-Luc Moudinque soit devenu maire de Toulouse ?
Je sais qu'au niveau de Toulouse, il y a une forte aspiration à un changement. Parce que Toulouse, c'est une ville dynamique. Que ce soit en démographie, on est la troisième ville de France, que ce soit en termes économiques. Et on a une gouvernance à Toulouse qui ne correspond pas à cette dynamique. Et je pense qu'il aurait fallu un changement. C'est pour ça que j'ai tout fait pour que le candidat socialiste soit le plus élevé possible. J'ai fait une campagne, comme je sais faire, à ses côtés, enthousiaste. Et c'est une campagne qui a fait que nous ne sommes arrivés à gauche que second. Mais c'est pour autant.
Mais dans ces cas-là, il aurait fallu pour vous assumer cela ?
Il fallait assumer, il fallait rester, et puis ne pas s'unir avec la France soumise. Parce que c'est complètement confus. C'est contraire à toute la vision que nous avons d'un projet de société qui soit apaisé et qui soit rassemblé.
Merci d'avoir répondu à mes questions ce matin. Carole Delga, présidente de la région Occitanie. Et merci d'avoir réservé à RMC votre première réaction à ces municipales.
Carole Delga