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interview28 minutes - ARTE· 24 juillet 2025 24 min

Budget 2026 : la France a-t-elle un problème avec ses travailleurs ? | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Ça suffit. C'est le nom de la pétition lancée pour faire barrage aux mesures annoncées par François Bairou la semaine dernière. Près de 44 milliards d'économies en vue, pas complètement digéré.

À mon avis, si on fait un forcine, on va aller au clash quoi. Je crois je pense qu'il y a peut-être d'autres moyens avant d'attaquer les Français sur le mode de travail qui sont déjà acquis que potentiellement surtout mes de jours de congé. En plein été, la fronte s'organise.

La pétition de l'intersyndical a déjà dépassé les 200000 signatures. Un appel à bloqué le pays à partir du 10 septembre a aussi été lancé sur la toile. En cause notamment la suppression des deux jours fériers, les coupes dans certains services publics ou encore le gel des prestations sociales annoncé par le premier ministre.

Il faut que toute la nation travaille plus pour produire et pour que la situation de la France s'améliore. Avec 666 heures de travail par habitant, la France se situe ena de la moyenne des pays de l'OCDE qui atteint les 776 heures. Pour le gouvernement, c'est la preuve que les Français travaillent moins que leurs voisins. une conclusion active pour certains économistes qui y voi plutôt le signe d'une mauvaise répartition du travail dans notre pays.

Au-delà de cette bataille de chiffres, ce qui est sûr, c'est que cette injonction à travailler et produire plus intervient alors que le monde du travail semble en crise en France. Le taux d'absentéisme dans le privé frôle les 6 %. Un record, burnout, épuisement.

Les chiffres de la souffrance psychique au travail ont doublé en 10 ans selon une étude de santé publique France. Le corps c'est comme effondré. On dit souvent le corps lâche.

On peut dire probablement que le burnout est lié à un modèle de performance et de et d'organisation productive qui provoque des atteintes psychiques. Au vu de cette situation, les mesures annoncées par le Premier ministre sont-elles acceptables par les Français ? Les efforts demandés sont-ils répartis de façon équitable ?

Les travailleurs sont-ils les grands sacrifiés de ce plan Bairro ? Et pour en parler ce soir, nous recevons Agath Leberder. Bonsoir.

Bonsoir. Vous êtes secrétaire général adjointe de l'UGICT CGT. Selon vous, les travailleurs sont les premières victimes du plan Bérou.

La colère monte car on demande toujours plus d'efforts aux salariés, dites-vous. Et cela sans réelle rétribution puisque les salaires n'augmentent pas. À vos côtés, Flora Baumelin.

Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes directrice d'expertise sur les sujets de travail à l'IFOP.

Selon vous, une grande majorité des travailleurs désapprouvent les mesures du plan Bérou. Ils ont le sentiment qu'ils vont devoir travailler toujours plus et ne plus pouvoir concilier vie professionnelle et vie personnelle. Et puis Bertrand Martinau, bonsoir.

Bonsoir. Vous êtes économiste associé à l'Institut Montge. Vous avez coécrit avec Franck Morel le livre Le travail et la solution par aux éditions Herman.

Selon vous, le plan Bérou n'est pas un plan d'austérité car il ne modifie pas le modèle social. L'objectif est de faire des économies. Il ne vise pas, dites-vous, que les travailleurs mais aussi les entreprises.

Il n'y a pas de baisse de dépenses complètement indolore. Et pour entamer ce débat, Valérie, on va démarrer avec un mot. Oui, c'est plus qu'un mot Jean-Mthieu, c'est un symbole.

La chaîne de l'Himalaya, le Premier ministre a choisi le plus haut sommet du monde pour représenter le le mur de la dette et l'ascension à laquelle chaque français doit se préparer pour réduire le déficit de 43,8 milliards d'euros rien qu'en 2026. Et pour le gravir, cet Himalaya et bien François Bairou a prévu tout un tas de mesures, des mesures qui visent principalement le travail. Suppression de 2 jours fériers, monétisation de la 5e semaine de congé payé durcissement de l'assurance chômage, augmentation des jours de 40 gel des salaires dans la fonction publique.

Bref, le premier ministre veut mettre plus de français au boulot. Euh Bertrand Martina, c'est c'est la dure vérité comme il l'annonce hein dans l'intitulé même de son allocution le moment de vérité. La France doit se mettre au travail où ce sont les actifs qui trinquent injustement dans ce plan budgétaire ?

Alors déjà sur le diagnostic, je pense que tout le monde est à peu près d'accord, même ceux qui sont totalement opposés au ce que vous appelez le plan le plan Bairou. Pour reprendre la métaphore de l'Himalaya, avec ce qui est annoncé là, on va dire qu'on commence à quitter le camp de base simplement mais que le pire est évidemment devant nous. Euh ce qui ce qui est en train de se passer est évidemment prévisible depuis très très longtemps.

On est dans une situation où on a une faiblesse des gains de productivité et on a un vieillissement démographique qui est même pire que ce qu'on avait imaginé mais en même temps, on le savait déjà depuis les années 80 qu'on avait un problème de vieillissement démographique et on s'y est pas préparé ni à la baisse de productivité ni à cette démographie. Ça veut dire qu'on a un modèle social globalement qui est calé pour une croissance économique de entre 2 et 3 % par an. Or, d'après même en étant assez optimiste, on va avoir du mal dans les prochaines décennies à dépasser 1 % par an en moyenne.

Bon, euh donc il y a effectivement, il va y avoir des choix politiques très lourds à faire. Donc dans un premier temps, effectivement, comme il y a pas une majorité pour faire quoi que ce soit, en fait, on ralentit le rythme des dépenses. Je rappelle que tendantiellement les dépenses publiques augmenteraient à peu près de 50 60 milliards et on va finalement elles ne vont augmenter que de 30 milliards.

Donc, c'est pour ça que je dis qu'on est juste en train de sortir du camp de base. On n' pas commencé vraiment l'ascension. Ouais, je en même temps euh il est vrai Agath Leber pour vous quand vous entendez justement ce que dit aujourd'hui Bertrand Martina, est-ce que ce sont les salariés qui doivent porter qui vont porter d'ailleurs tous les le coût justement des des dépenses imaginées par François Bro ?

Bah là, c'est ce qui est annoncé, c'est une année noire pour les salariés et c'est ce qu'on refuse à la CGT, mais aussi dans l'ensemble des organisations syndicales de ce pays qui ont lancé, comme vous l'avez rappelé au début, une pétition qui a rassemblé plus de 200000 signatures en 2 jours. Et j'invite évidemment toutes celles et ceux qui nous regardent à la signer pour envoyer un message très fort au gouvernement sur le fait qu'on refuse de faire ce niveau de sacrifice là pour pour ce budget. Aujourd'hui, le budget, bah ce qui ce qui vient d'être dit ne me convient pas parce que on nous dit les dépenses ne vont pas augmenter, sauf qu'elles continuent d'augmenter en fait pour les entreprises et notamment pour tout ce qui concerne les aides publiques aux entreprises qui représentent là un rapport sénatorial vient de nous le rappeler et de confirmer he le chiffre qu'avait publié la CGT en 2022 qui représente plus de 200 milliards d'euros par an de dépenses publiques pour les entreprises sans contrôle ni contrepartie.

Ces aides continuent de filer. Tout comme bah il y a aucun geste qui est fait sur les questions de patrimoine, de grands patrimoines. Aujourd'hui, on ne va pas imposer plus ceux qui possèdent beaucoup notamment les rentiers et rien évidemment sur la rémunération du capital qui atteint des records en France.

On l'a vu cette année en 202. Flora Bomelin, justement cette impression que c'est les salariés qui vont davantage passer à la caisse, elle se vérifie notamment quand on interroge les Français. Alors, c'est vrai que quand on interroge les Français, bah au lendemain des annonces de de François Bairou, on a 77 % des Français qui désapprouvent la suppression des deux jours fériers.

C'est pas une surprise puisque c'est une mesure qui demande aux Français et surtout aux actifs de travailler plus sans contrepartie. C'est même pas un travailler plus pour gagner plus comme à l'air de Nicolas Sarkozy. C'est une demande sans contrepartie.

Euh et ce score de 77 % il monte à 83 % chez les actifs puisque de toute façon c'est un score de désapprobation puisque évidemment c'est eux qui sont les premiers concernés. D'accord. Oui, c'est ça.

Alors, on va le voir, il y a vraiment au cœur en effet de ces propositions Bérou et de cette sensation des salariés qui devraient payer davantage que les autres. Il y a aussi un sujet qui est l'absentéisme au travail. On en parle beaucoup de ce coût absent sauteraille et Julia on va voir qu'avec vous chez notre voisin d'outrein et bien on en parle de cet absentéisme au travail qui sévit aussi hein.

Effectivement environ 15 jours d'arrêt maladie par an et par salarié en Allemagne. Ce sont les chiffres de 2023 avec un land particulièrement touché. La Turinge dans le centre-est jours d'arrêt par an et par salarié.

En fait c'est depuis le Covid que les Allemands posent de plus en plus d'arrêts maladie. Pourquoi ? Alors, certains disent que c'est lié à la procédure qui est simplifiée.

Désormais, tout se passe électroniquement en Allemagne. Un clic sur internet et l'arrêt est envoyé. Les syndicats disent que les arrêts augmentent surtout en raison de la détérioration des conditions de travail.

En tout cas, elle s' pos entreprises allemandes parce que ce sont elles qui paient les congés maladies et n'ont pas la sécurité sociale comme en France. Alors, et quelle solution ? Vous allez voir que les idées fleurissent chez nos voisins allemands.

Par exemple, réintroduire un jour de carence, c'est ce qu'a proposé le patron de la banque Alliance. La chambre fédérale des médecins a elle pensé à un congé maladie à temps partiel. Ça veut dire en gros si vous êtes malade mais pas trop malade, vous pouvez travailler quelques heures de chez vous en télétravail.

Le débat en tout cas est toujours en cours en Allemagne et pendant ce temps, certaines entreprises utilisent la méthode disons forte. Tesla par exemple a lancé une prime pour les salariés. bons élèves et l'entreprise menace de couper le salaire pour ceux qui sont les plus absents et puis d'autres sociétés s'offront même les services de détective privé pour traquer et oui ceux qui posent des arrêts maladies fraudulent.

Bertrand Martinaux, on voit que cette question de l'absentéisme ce n'est pas juste un fléo français. Ça se passe dans d'autres pays européens. Rappelons que chez nous le taux il atteint 5,8 % dans le secteur privé.

Quelle est selon vous la solution pour lutter contre ce problème ? Alors, il y a plusieurs euh solutions. Il y a des mesures euh disons de type assurantiel.

Alors, peut-être sans aller jusqu'à certaines extrémités là de de détective privés, c'est normal qu'une assurance contrôle le risque donc des jours de carence, des niveaux de remboursement. Euh dans le livre que j'ai fait avec euh avec Franck Morel, je on propose par exemple de moins indemniser les petits jours de congé et de mieux indemniser les jours longs qui a priori sont des maladies donc en gros mieux indemniser le gros risque pour dire les choses et moins le petit risque. On peut imaginer donc des techniques assurentielles qui permettent de voilà de maîtriser mieux le le risque parce que et il y a effectivement de l'abus en même temps bien entendu l'immense majorité des gens sont pas fraudeurs mais il y a quand même des techniques assurentielles à à mettre en place mais plus profondément et ça concerne tous les pays occidentaux on a effectivement un problème de rapport au travail et de nouvelles pathologies créées par le travail qui sont moins des pathologies de pénibilité physique aujourd'hui que des pathologies psychiques sur fond de population il faut quand même le dire, on a un problème de santé mentale dans nos pays.

Alors, en particulier en France et en particulier chez les jeunes. Donc l'entreprise et le travail n'est pas responsable de tout. Ça vient se grever sur voilà.

Donc oui, il y a des pathologies du travail qui sont mal pris en compte par les entreprises, parfois même mal pris en compte par le dialogue social. Effectivement, il y a énormément de progrès à faire, c'est évident. Et pour poursuivre justement cette discussion, Agath euh Leberd, le le montant euh des indemnités euh journalières.

Donc on verse en cas de d'absence justifiée aux salariés abondi entre euh 2010 et 2023. Selon les chiffres de la Caisse nationale d'assurance maladie, ça représente plus de 20 milliards d'euros en 2023. Est-ce qu'il ne faudrait pas toutefois serrer un peu la vis et regarder d'un peu plus près ?

Bien sûr que non. Le principe même de notre sécurité sociale, c'est de garantir notre niveau de vie. C'est-à-dire, je tombe malade, je suis arrêtée par une décision d'un professionnel ou d'une professionnelle de santé.

Et à ce titre là, j'ai le droit au maintien d'une rémunération qui me permet de rester dans mon appartement, ne pas avoir à vendre ma voiture ou à arrêter mes activités quotidiennes. Donc, c'est très important de maintenir le niveau d'indemnisation et c'est un grave problème que le gouvernement appelle à geler de manière générale les prestations sociales. C'est très très grave he les annonces qu'il a faites là. gouverement nous dit qu'il peut pas tenir, on peut pas tenir que dans l'avenir et ben on ne pourra plus être remboursé si on continue comme ça.

Alors on peut grâce au fait de créer de nouvelles recettes, de trouver de nouvelles recettes, on a généré des manques à gagner pour la sécurité sociale à travers les années, notamment par le biais de ce qu'on appelle les exonérations de cotisation sociale qui font partie de ces fameuses aides publiques. ces aides publiques les 200 milliards, c'est 6600 € par seconde qui sont versés aux entreprises aujourd'hui sans contrôle ni contrepartie. Sur les questions, on parlait de la question de la santé au travail, les patholog par un instant.

Je je vous propose, on va juste revenir dans un instant juste avant. Flora B une question sur ce qui nous attend dans les prochains mois. Les propositions de François Bairou, on l'a vu, font réagir.

Mar-lise Léon parle de carnage total. La CFDT aussi a également réagi. Est-ce qu'il faut s'attendre à un mouvement social d'ampleur à la rentrée selon vous ?

Alors, je vais pas jouer avec une boule de cristal. Cependant, on on voit clairement qu'il y a un schisme entre les Français, leur perception du travail aujourd'hui et les la démarche du gouvernement. Les annonces de François Baouot aujourd'hui, elles s'inscrivent aussi dans la droite ligne de toute la réforme sur les retraites, la volonté de faire travailler plus longtemps les Français, de les faire travailler plus aussi à l'année euh au moment même où les Français euh eux sont en train de souhaiter revaloriser finalement leur temps leur temps libre. et de lui donner une plus juste place et de euh comment dire décentraliser le travail dans leur vie.

Alors, il c'est vrai qu' c'est étonnant ce que vous dites parce que euh c'est intéressant parce qu'il est vrai que les Français ne travaillent pas assez euh on on le voit euh depuis longtemps, Bertrand Martinau, c'est quelque chose qu'on a l'impression d'entendre depuis des décennies et à chaque fois euh trava l'a dit tout à l'heure, travailler plus pour gagner plus, c'est un slogan qui est resté de Nicolas Sarkozy, on se souvient, c'était quand même en 2007, nous sommes en 2025, c'était donc il y a 20 ans. Même avant Nicolas Sarkozi, on en parlait. Pourquoi ça revient toujours en temps de crise euh ce slogan que les Français ne travaillent pas ?

Alors déjà euh c'est dans un contexte de de de diminution enfin de de modération du pouvoir d'achat, des salaires qui croisent beaucoup moins vite pour les raisons que j'ai évoqué, c'est-à-dire c'est l'économie générale qui ralentit, donc les salaires euh aussi comme l'ensemble de l'économie. Et donc vous avez et d'où le le succès du slogan de Nicolas Sarkozy en 2007, c'est que ça correspond à une appétence populaire très profonde. C'est il suffit d'aller dans les entreprises, les salariés ont envie de faire des ors supplémentaires majoritairement.

Bon et donc donc cette cette question de travailler plus pour gagner plus est un toile de fond depuis longtemps pour cette raison. Euh et puis il y a maintenant on vient se greffer une raison euh nouvelle mais qui euh qui est pas incompatible avec la première, c'est qu'on a aussi un problème de finance publique gravissime. Voilà, donc c'est la conjonction des deux qui fait que la question de la la quantité de travail dans l'économie qu'on apprenne par les debouts, c'est-à-dire par le nombre de gens qui travaillent et par la durée du travail des gens qui travaillent et qui pose qui devient un problème politique central pour ces deux raisons.

Agat Leber Améline Monchalin, la la ministre des comptes publics, euh déclarait que les Français travaillent sors de moins euh que les Allemands. Alors, elle se base sur les chiffres de l'OCD, on l'a vu euh dans le sujet euh qui euh démarrait ce ce débat, c'est 666 heures travaillé par an et par habitant pour les Français comparé à la moyenne de 776 heures pour le le reste de l'Europe. Est-ce que est-ce qu'elle a raison de se baser sur ces chiffres ?

Est-ce que c'est une bonne vision, une bonne focale ? Non, Amélie de Montchalin se trompe complètement sur ces chiffres là et c'est grave en fait prétend des choses qui n'existent pas. C'est-à-dire que les salariés ne travailleraiit pas assez.

Les gens travaillent énormément. On a deux problèmes dans notre pays. Des gens qui travaillent bien au-delà des 35 heures.

C'est notamment le cas des cadres et des professions intermédiaires à cause de mesures qui ont été portées par le patronat puisque l'augmentation du temps de travail c'est quand même une obsession patronale. C'est pour ça que ça revient régulièrement. C'est parce que le MEDF régulièrement dit "Les Français ne travaillent pas assez".

Euh c'est le forfait jour, le fait qu'on ne décompte plus les heures de travail pour les cadres, c'est très grave. Il y a un cadre sur deux aujourd'hui qui est au forfait jour et qui travaille en moyenne 45 heures par semaine. C'est 10h au-dessus des 35 heures hebdomadaires.

Et le deuxième problème qu'on a dans notre pays qui explique les chiffres qu'on comprend en France, c'est qu'on a un temps partiel imposé notamment chez les populations employé, en particulier chez les femmes qui subissent des temps partiels, des contrats très précaires avec des temps fragmentés qui ne leur permettent pas de vivre, qui expliquent aussi la pauvreté hein des salariés des catégories employées notamment des femmes et des des familles monoparentales. Et c'est un problème auquel le gouvernement refuse de s'attaquer alors qu'à la fin de la conférence sociale en octobre 2023, il avait dit qu'il travaillerait sur les question de temps partiel. Aujourd'hui, il refuse de le faire.

Alors, on voit tout à l'heure, vous avez parlé justement de cette santé aussi de cette précarité hein qui amène à des problèmes de santé et malheureusement, ce n'est pas nouveau. On va voir ouvrons notre placard archive et on va remonter jusqu'en 2009. À l'époque, France Télécom fait face à une série de suicides de ses employés.

Un terme s'impose alors dans le débat public souffrance psychologique au travail. Michel, 53 ans, travaillait dans ce centre de recherche à l'Agnon en Bretagne. Le 29 août dernier, il met fin à ses jours juste après son retour de vacances.

Les syndicats établissent un lien direct avec la pression qu'aurait subi ce technicien. Dans l'entreprise, les suicides se multiplient. Le 14 juillet, cet architecte réseau de 51 ans laisse une lettre à ses proches.

Il dénonce une surcharge de travail. En un an et demi, les syndicats ont recensé 22 suicides à France Télécom. Il dénonce des méthodes de management et les rythmes de travail.

Nous ne disons pas à la CFDT que tout est lié exclusivement au travail. C'est souvent multifactoriel, mais nous disons que dans un certain nombre de cas, je crois que l'entreprise ne peut pas se dédouiner de sa responsabilité. Flora Bomelin, on le voit, c'est un exemple celui-là qui a véritablement marqué la société française par rapport à une entreprise qu'on connaissait très bien, France Télécom, devenu orange ensuite.

Cette question quand même de la souffrance psychologique au travail, elle est aujourd'hui presque au cœur des préoccupations des Français par rapport à leur emploi. Oui, tout à fait. Quand on interroge les salariés français, en fait, ils sont à 64 % à nous dire, ils estiment, pardon, exercer un métier pénible psychologiquement. 64 %, ça veut dire euh quasiment euh voilà de deux salariés sur trois, c'est plus que la pénibilité physique qui est là plutôt cantonnée euh euh à des métiers par exemple ouvriers.

Euh et donc cette cette question de la de la de la santé psychologique en fait, elle touche euh justement toutes les catégories professionnelles, euh les catégories populaires comme les cadres, comme les professions intermédiaires. Et c'est ça qui est marquant aussi, c'est que ça touche vraiment toute la population. et et et Bertrand Martina particulièrement la jeunesse, hein, les jeunes craquent. 49 % des jeunes ont tué un arrêt maladie en 2024 et les troubles psychologiques représentent 22 % de tous ces arrêts maladies chez les moins de 30 ans en France.

Pour comment expliquer ça ? Comment expliquer le fait que c'est ce soit un problème qui touche particulièrement la jeunesse ? Alors déjà la jeunesse, comme je disais tout à l'heure, euh il y a des enquêtes maintenant épidémiologiques qui montrent que elle est euh plus touchée que les autres par euh par euh des problèmes de santé psychique qui dépassent largement la question du travail et probablement pour vous c'est pas forcément lié au travail, c'est en partie lié au travail, pas uniquement.

Enfin, il y a une composante jeunesse particulière qui est en train, il y a beaucoup de chercheurs qui travaillent là-dessus. Il y en a beaucoup qui évoquent les conséquences à long terme du Covid et des causes des troubles psychologiques qui ont eu à ce moment-là. Mais ça se traduit aussi par euh les consultations euh psychiatriques, par les internements euh dans les hôpitaux psychiatriques et cetera.

Enfin, c'est un sujet qui dépasse largement la question du travail. On a affaire à des jeunes qui sont plus fragiles psychologiquement probablement que leurs aînés. Bon, cela étant que ce soit des jeunes ou des pas jeunes, une proportion importante de travailleurs français euh est exposée non pas à une durée du travail excessif parce qu'on n'est plus dans la civilisation de l'usine, mais sont exposés à des changements organisationnels qui sont incompris, qui sont parfois absurdes et qui viennent perturber justement la santé psychique.

Ils sont confrontés à un management toxique et vous savez quand vous avez un management toxique, il vaut mieux travailler 40 he sentir bien dans un environnement, une organisation du travail très adaptée que travailler 30h ou 32 he avec un management toxique quand vous allez quand vous allez au travail avec la boule au ventre, même si vous travaillez peu, de toute façon, vous aurez des problèmes psychiques. Donc ces ces phénomènes qui sont vraiment psychiques et non pas liés à l'usure physique, l'usure professionnelle renvoient à des questions d'organisation du travail et ne sont assez peu liés à la durée du travail en fait. Je vais rager, je me permets de rectifier puisque ce qu'on sait sur les risques socio-organisationnels, c'est comme ça qu'à la CGT, on parle des risques psychosociaux, c'est que le premier facteur de risque socio-organisationnel, c'est l'intensité de la charge de travail.

C'est notamment c'est les horaires rallonges. Travailler 40 heures par semaine, c'est un danger pour la santé. C'est la raison pour laquelle il faut réduire le temps de travail.

Et les jeunes l'ont parfaitement compris. Nous, on a interrogé justement à la CGT des ingénieurs cadres et techniciens les salariés sur leur souhait de réduire le temps de travail et les jeunes sont plus que les autres plus que les autres générations euh souhaitent plus que les autres voir réduire leur temps de travail. Et pourquoi ? parce que pour beaucoup, ils ont vu les générations d'avant et notamment la génération de leurs parents travailler trop au travail, faire des heures sup, travailler le weekend, ne jamais déconnecter.

Et j'ai entendu moi dans des organisations CGT des personnes me dire les seules personnes qui se souviendront que vous avez fait des heures supplémentaires sont vos enfants. Alors alors justement pour améliorer he le bien-être au travail, on éta en train justement d'en parler, bien le ministre de la santé Yannick Noder a eu une idée. Il veut inciter les entreprises à proposer des temps de repos.

Écoutez, je fais beaucoup de microsiestes et j'ai fait ça toute ma vie et ça m'aide encore beaucoup maintenant que je suis ministre. Je n'ai aucun conseil mais je crois que parfois les microiestes de quelques minutes dans un lieu calme peuvent naturellement largement améliorer la productivité d'un secteur, éviter les accidents aussi au travail. Donc je pense qu'il faut travailler mais aussi dans de bonnes conditions.

Et comme Yannick Noder, 70 % des Français se disent favorables à l'instauration de la sieste au travail. Flora Baumelin. Là le ministre vient éteindre le feu des annonces de François Boerou.

C'est une vraie solution. Alors on n pas testé la sieste encore, je suis désolée. J'ai pas faut essayer.

Il faut essayer. En revanche qu'on avait testé c'était la semaine de 4 jours. Voilà.

Et pour le coup, les Français et les actifs à Forceuri sont très majoritairement en phase pour que ce soit la semaine de 4 jours ou la semaine en 4 jours. Justement le B rapidement pour vous trois sur la sieste, est-ce que ça peut être aujourd'hui, on sait qu'il y a des pays en Chine aujourd'hui où c'est carrément dans la constitution, ça serait important, ça serait intéressant de mettre ça en place. Moi, je veux juste réagir.

Je trouve je trouve indécent que le ministre de la santé vienne parler de sieste alors que Bairou a annoncé la suppression de 3000 postes de fonctionnaires qui vont aussi toucher les hôpitaux, qui sont dans une situation gravissime où les internes font des heures superallonges, tombent malades, euh où les soignants, les infirmières sont obligés de faire des journées de 12h, de 12h pour que les services tournent. Ben, on est dans une situation catastrophique dans les services de santé publique et le ministre vient nous parler de sieste. Je trouve ça indécent.

Par contre, effectivement, il faut ouvrir le débat sur la question de la réduction du temps de travail avec la semaine de 4 jours et non pas la CGT en 4 jours. C'était la proposition de Gabriel l'année dernière. Mais il faut réduire aujourd'hui le temps de travail pour permettre aux gens de travailler mieux, de mieux partager le travail mais évidemment en maintenant le salaire.

Berto Martino rapidement s'il vous plaît sur la sieste cette idée de sieste est-ce que la réduction des temps de travail c'est la réduction des salaires. Donc il y a quand même un sujet non plus généralement au de la sieste c'est des problèmes d'organisation du travail. pouresendigatoire des incitations enfin pas qu'on soit des gaz mais plus généralement l'organisation du travail les questions de déconnexion qu'il faudrait bien faire respecter effectivement il y a des conventions collectives mais rallongent mais elles sont pas pas toujours respecté voilà et donc c'est au-delà de la question de la sieste qui d'un point de vue médical est sans doute très intelligente il y a la question de l'organisation du travail de la répartition des temps de travail dans la journée et de l'intensité du travail plutôt que la question de la durée noté merci en tout cas à vous trois d'être venus débattre ce soir autour de ce sujet.

Budget 2026 : la France a-t-elle un problème avec ses travailleurs ? | 28 minutes | ARTE — François Bayrou · Pourquijevote