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Débat Laurent Wauquiez et Jérôme Guedj

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

La séance est suspendue, elle continue sur LCP. Bonjour et merci de nous retrouver pour la suite de questions d'actu. Nous allons débriefer ces questions au gouvernement. Au menu, les 3%, la crise auto et les rythmes scolaires, un programme chargé pour en débattre. Mes deux invités, Laurent Wauquiez pour l'UMP et Jérôme Gage pour l'EPS. Questions d'actu, la suite générique. Et chez vous, vous pouvez tweeter, bien évidemment, comme chaque mardi, comme chaque mercredi, avec le hashtag QDA. Bonjour messieurs, merci d'être sur le plateau de questions d'actu.

Juste avant de vous laisser débattre, cette information, il y aura bel et bien un débat à l'Assemblée sur le sommet européen, annonce d'Alain Vidalis, le ministre chargé des relations avec le Parlement durant la séance des questions au gouvernement. C'était une demande à la base des députés UDI, les députés centristes, relayés par les députés UMP quelques jours plus tard. Pour le moment, aucune date n'a été fixée. Et on démarre par le chiffre du jour. 3%, l'objectif des 3% de déficit a très peu de chances d'être atteint. Voilà les conclusions du rapport de la Cour des comptes publié hier. Par conséquent, la prévision de croissance pourrait être revue à la baisse et les économies à la hausse.

Mais pour Pierre Moscovici, le ministre de l'économie, les objectifs sont maintenus. Écoutez-le.

1:22
Invité

Pour ce qui est des objectifs, ils sont très exactement maintenus. Nous avons des prévisions de croissance, nous avons des engagements de déficit public et nous avons surtout l'engagement de réduire le déficit structurel, beaucoup plus que cela n'a été fait, car en réalité, il a augmenté pendant le précédent quinquennat. Et nous faisons à cet égard cet effort très important. Le calendrier, eh bien, il y a, c'est vrai, des rendez-vous qui nous attendent dans le cadre de ce qu'on appelle le semestre européen, avec la Commission européenne qui va faire ses propres prévisions le 22 février, avec aussi le programme de stabilité que nous devrons présenter à la Commission européenne le 15 avril.

Et c'est dans ce contexte-là que nous évaluerons l'état précis de la situation économique. Et pour le reste, surtout, il y a une méthode. Cette méthode, c'est le sérieux, car il faut réduire les déficits, il faut réduire l'endettement. Mais un sérieux de gauche, un sérieux qui préserve la justice, qui préserve l'appareil productif, qui vise le redressement de la compétitivité. Et vous parliez des investisseurs, Mme Pécresse, il m'arrive. Dans mes fonctions de rencontrer souvent, croyez-moi, ils ont vu le changement.

2:29
Présentateur

Jean-Marc Gage, d'un côté, François Hollande parle de nouveaux ajustements, Jean-Marc Ayrault parle de nouvelles économies. Et de l'autre côté, Pierre Moscovici maintient les objectifs. On n'y comprend plus rien, non, au bout d'un moment ?

2:40
Laurent Wauquiez

Vous savez, la matière est d'abord la prévision économique, c'est du ressort du gouvernement. Et elle s'ajuste en fonction des circonstances. On n'est pas dans la même configuration qu'il y a quelques mois.

On a tous bien compris, parce que moi, je ne suis pas l'habitude de manier la langue de bois, que de toute façon, il allait falloir tenir compte de l'enracinement de la crise et de l'adaptation probable, qui viendra, et Pierre Moscovici l'a confirmé dans sa réponse, à une Valérie Pécresse qui n'était pas elle-même très convaincue dans la formulation de son questionnement, parce que peut-être par empathie ministérielle pour avoir connu ses fonctions, elle connaît la difficulté de cette prévision et de cet ajustement. Donc, il y a le semestre européen, il y a le 22 février.

Donc, je pense qu'entre février et avril, on va avoir un ajustement de la prévision de croissance, avec peut-être de bonnes surprises.

3:25
Présentateur

Avec un collectif budgétaire, vous le souhaitez ?

3:27
Laurent Wauquiez

Moi, écoutez, moi, je fais partie de ceux, puisque le débat existe dans ma formation politique, qui considèrent que, de toute façon, les 3% ne sauraient constituer un dogme indépassable et que le pragmatisme politique et économique dont sait faire preuve François Hollande doit pouvoir s'appliquer en l'espèce. Les 3%, c'était, vous savez, un engagement de campagne qui était partagé et par Nicolas Sarkozy et par François Hollande en avril ou en mars 2012, mais qui s'est fracassé sur la réalité de l'aggravation de la crise. Donc, on a déjà réévalué la prévision de croissance au mois d'octobre-novembre. 0,8% ?

Donc, peut-être, faudra-t-il tenir compte du consensus des économistes, du FMI à l'OCDE ? Alors oui, bien sûr, il faudra réajuster les prévisions budgétaires. Et c'est là que, moi, je veux juste terminer par ce mot. Dernier mot ? Sans faire du respect des 3%, un dogme, je crois qu'il faut tenir compte de la conjoncture économique qui suppose, peut-être, de mettre en place des politiques contracycliques.

4:24
Présentateur

Laurent Wauquiez, je vous laisse une minute pour réfléchir à votre réponse. On prend la direction de la salle des 4 colonnes à l'Assemblée avec Fernand Tavares. Bonjour, Fernand. Bonjour, Thomas. Côté de la communiste, Marie-Georges Buffet.

4:33
Invité

Alors, effectivement, Marie-Georges Buffet, quand vous entendez que la croissance, c'est compromis, que les économies, il va falloir revoir cela également. Est-ce que ça sent le collectif budgétaire, un projet de loi de finances rectificative ? Est-ce qu'il va falloir, au niveau du français moyen, si j'ose dire, compter son argent et à nouveau mettre la main au portefeuille ? Ce qu'on peut dire, c'est que ça ne sent pas bon, parce que, dès le début, nous avions dit que cette politique, ce dogme de la réduction des dépenses publiques, nous amenait à la catastrophe.

C'est la conséquence du traité Sarkozy-Merkel, qu'hélas, la nouvelle majorité a ratifié, et qui fait qu'on cherche à sortir de la crise par la réduction des dépenses publiques. Or, les dépenses publiques, c'est de l'investissement. Les dépenses publiques, c'est de l'emploi. Les dépenses publiques, c'est la réponse aux besoins, et donc, c'est du bien-être, et donc, c'est de l'espoir, c'est de la consommation, etc. Donc, c'est une mauvaise politique. Et je pense que c'est un peu dommageable que l'UMP et le Parti Socialiste fassent la course à savoir celui qui va le plus réduire les dépenses publiques.

Il faut chercher de l'argent, mais il faut aller le chercher là où il existe, dans les revenus financiers, dans les grosses fortunes. On avait proposé une réforme de la fiscalité qui soit réellement progressive, c'est ça qu'il faut faire. Alors, le Front de Gauche, qui fait quand même partie de la majorité présidentielle, vous avez appelé à voter François Hollande. Aujourd'hui, face à ses difficultés financières et économiques, qu'est-ce que vous dites ? Vous le soutenez toujours ou du bout des lèvres ? Nous avons le Front de Gauche à ses propositions, celles portées par l'humain d'abord, avec une nouvelle fiscalité pour les entreprises.

Je vous l'ai dit, une réforme de la fiscalité sur les revenus, avec le développement de notre industrie à travers la sécurité d'emploi et de formation, à travers une fiscalité intelligente qui bénéficie aux entreprises qui font de l'emploi, font de l'innovation, etc. Donc, nous défendons nos propositions parce que nous sentons que cette politique qui est menée aujourd'hui par le gouvernement ne correspond pas aux attentes populaires et surtout ne nous permet pas de sortir de la crise, ne nous permet même pas de résoudre les difficultés que nous connaissons aujourd'hui.

6:23
Présentateur

Merci Marie-Georges Buffet. A vous Thomas. Merci beaucoup. On parle du dogme des 3% à la fois partagé par la droite et la gauche, en tout cas l'UMP et l'EPS. Faut-il revoir cet objectif-là en période de crise économique ?

6:35
Jérôme Guedj

Moi, je n'ai pas de dogme des 3%. Et ce n'est pas mon problème. Le problème tel qu'il est soulevé par la Cour des comptes, ce n'est pas celui-là. C'est comment est-ce que vous retrouvez l'équilibre budgétaire ? Et qui fait l'effort ? C'est peut-être mon tempérament au vergnat. Mais je regarde de près la façon dont le gouvernement, là, retrouve l'équilibre. Et il le retrouve quasi exclusivement par les hausses d'impôts. Autrement dit, ce n'est pas le gouvernement qui fait les efforts. C'est les Français qui font les efforts. Et le phénomène majeur de restauration des équilibres, c'est fait par des augmentations d'impôts sans précédent.

Qui en plus, contrairement aux promesses qui avaient été faites, sont supportées quasi exclusivement par la classe moyenne. On nous avait dit, enfin, souvenez-vous, Jean-Marc Ayrault avait promis solennellement, 90% des impôts supplémentaires seront acquittés par les plus riches. C'est totalement faux. Aujourd'hui, c'est les retraités qui payent les impôts supplémentaires. C'est les salariés qui ont perdu les exonérations sur les heures sup. C'est la disparition de la participation et de l'intéressement. C'est les augmentations, y compris sur les frais électricité, gaz, les transports en commun. C'est tout ça qui est explosé.

7:35
Présentateur

Jean-Marc Ayrault parle de nouvelles économies pour les mois à venir. Vous y croyez ? On peut trouver 10 à 20 milliards d'euros dans des ministères ?

7:42
Jérôme Guedj

On peut trouver cela ? Mais d'abord, la première chose, c'est que jusque-là, aucun effort construit n'a été fait. C'est ce que dit la Cour des comptes. Quand il y a 3 euros de restauration de l'équilibre budgétaire fait par ce gouvernement, plus de 2 euros sont pris dans la poche des Français. Ce que je dis aujourd'hui, c'est que c'est au gouvernement de faire les efforts. Ce n'est pas aux Français de payer l'addition. Non, lesquels par exemple ? Concrètement, ça peut être quoi ? Moi, après, je ne parle pas en l'air. Dans ma collectivité locale, j'ai appliqué ces principes.

Quand je suis arrivé, une mairie qui avant était gérée par la gauche, la situation financière était catastrophique, avec des impôts qui augmentaient de façon chronique. On a changé ça. On a essayé de trouver des économies sur la dépense. Et on a réussi à juguler les augmentations de dépenses de fonctionnement. Le résultat, c'est que je serai sans doute cette année une des seules collectivités de France à baisser ses taux d'impôt. C'est ça qu'on attend aujourd'hui du gouvernement sur la sortie de crise.

8:30
Présentateur

Jérôme Gage, pas de nouvelles hausses d'impôts, mais des économies. Vous y croyez ?

8:34
Laurent Wauquiez

D'abord, je veux très tranquillement m'inscrire en faux sur une partie des constats qui ont été faits par Laurent Wauquiez, parce qu'il a la liste à l'après-verre un peu sélective. Il y a eu dans les choix budgétaires et fiscaux du gouvernement une rupture. Vous oubliez de dire que nous avons rétabli l'impôt de solidarité sur la fortune, que nous avons aligné la taxation du capital sur la taxation du travail. Qui a été annulée par le Conseil constitutionnel ensuite ? Non, le Conseil constitutionnel n'a pas contesté l'alignement de l'impôt de solidarité sur la fortune. Écoutez ce que je dis. Je ne parlais pas de 75%. Vous êtes d'accord que les 75% ont sauté ?

Oui, mais vous êtes d'accord avec moi aussi pour dire que c'est une mesure qui avait une vertu symbolique. Ce n'est pas les 220 millions d'euros de cette mesure-là qui avait un rendement significatif.

9:14
Jérôme Guedj

Est-ce que vous avez une promesse qui avait été faite par Jean-Marc Ayrault ? 90% des impôts acquittés par les plus riches. Oui, et je vais vous dire. Comment est-ce que vous pouvez me dire, et comment vous pouvez dire aux Français que 90% des impôts sont payés par les plus riches ? C'est faux. N'importe quel Français peut le constater sur l'évolution de sa feuille d'impôt. Plus de 50% des impôts supplémentaires sont concentrés toujours sur les mêmes, les classes moyennes. Et vous êtes en train d'asphyxier les classes moyennes et les familles modestes. Monsieur Wauquiez, il y a eu une alternance.

9:43
Laurent Wauquiez

Ne vous en déplaise ?

9:44
Jérôme Guedj

Ça ne me déplaît pas du tout. Je le comprends parfaitement.

9:46
Laurent Wauquiez

C'est le jeu de la République. Si vous voulez, c'est deux minutes pour que je puisse développer mon argumentation. Ce sera beaucoup plus simple. Dans ce contexte-là, après une décennie de dégradation des finances publiques, qui a même succédé à un laissé-faire, laissé-aller coupable, et je ne le conteste pas, il y a un effort de redressement que la Cour des comptes, que Didier Migaud lui-même a salué. Un effort sans précédent. Donc moi-même, je peux parfois m'interroger de l'aprôté de celui-ci, notamment sur la baisse des dépenses publiques. Parce que je fais partie de ceux qui considèrent que les dépenses publiques, par définition, ne sont pas un mal absolu qui doit être réduit.

Elles peuvent soutenir l'investissement, elles peuvent soutenir le pouvoir d'achat.

10:26
Présentateur

Vous avez adopté une résolution dans votre courant maintenant, la gauche. Je vous cite, François Hollande n'est pas obligé de s'entêter dans le sérieux budgétaire poussé à l'extrême. Avec des amis comme cela, parfois on dit qu'on n'a pas besoin d'ennemis. Ça veut dire que le déficit, on peut le laisser couler en perte de crise économique ?

10:42
Laurent Wauquiez

Ça veut dire qu'il faut être pragmatique. Je soutiens à 2000% l'action du gouvernement. Écoutez, il faut par moment ne pas considérer que l'austérité ou le sérieux poussé à l'extrême. Moi, je ne veux pas qu'on meure guéri. On pourrait avoir des finances publiques assainies, et une croissance en berne, et du chômage qui explose. Il y a des moments où on est responsable de collectivité locale. On sait que si on baisse les dotations aux collectivités locales trop massivement, ça va tuer l'investissement public que nous faisons. Nous sommes les donneurs d'ordre pour le marché du BTP, des entreprises de prestation de services.

11:14
Présentateur

On va avancer sur ces thématiques économiques, mais juste avant cela, de suite, regardez notre confrère d'abord, Nicolas Prisset. Moscovici dit que les objectifs sont très exactement maintenus. On aura donc entendu tout et son contraire aujourd'hui. Autre son de cloche, celui de Thierry Salvador. Évidemment, Mme Pécresse qui posait la question, ne reconnaîtra jamais que les actuels problèmes financiers, ça vient de l'ancien gouvernement. Autre thématique économique, c'est bien évidemment la casse automobile. PSA, Renault, les plans sociaux se multiplient. Nous sommes dans la tempête. La petite phrase est signée Arnaud Montebourg. C'était il y a quelques minutes dans l'hémicycle.

11:50
Invité

Je dois vous dire que nous sommes dans la tempête. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Moins 22% pour Renault en 2012. Moins 13% de vente pour PSA. Moins 16% pour Fiat. Moins 15% pour Opel. L'Italie sur la vente globale des véhicules, c'est moins 19%. L'Espagne, moins 14%. La France, moins 13,8%. Et même l'Allemagne, moins 3%. Donc, que faire dans ces conditions ? Eh bien d'abord, éviter ou lutter contre la tentation permanente en France de la préférence pour le licenciement et le démantèlement. C'est le sens de l'accord qui se négocie aujourd'hui chez Renault. Pas de fermeture de site. Pas de licenciement. Pas de plan de départ volontaire.

Et au contraire, un travail avec des efforts communs de l'actionnaire et des salariés.

12:48
Présentateur

Et Arnaud Montebourg répondait au député du groupe UDI, Philippe Vigier. Ça tombe bien. Et il est en direct de la salle des 4 colonnes.

12:54
Invité

Rebonjour, Fernand. Rebonjour, Thomas. Alors, Philippe Vigier, vous avez entendu la réponse d'Arnaud Montebourg. Est-ce que vraiment nous sommes dans la tempête ? Comment sortir de la faute acquis ? Et les dernières nouvelles du monde automobile, le PSA en particulier, ne sont pas très réjouissantes. Les nouvelles sont catastrophiques. En effet, on a appris ce matin que le PSA a perdu 5 milliards d'euros. Ça veut dire quoi ? Nous, nous avons demandé au gouvernement d'être courageux, d'avoir de l'audace et d'être capable de porter un nouveau plan de soutien à la figure automobile. Si on ne fait pas ça, ce sont des dizaines de milliers d'emplois qui sont menacés à moyen et à court terme.

Ça veut dire que le gouvernement doit se ressaisir et que les moulinets de la campagne électorale sont derrière nous. Vous savez, on avait tout entendu pendant cette campagne. Maintenant, dans la rue, les travailleurs, les ouvriers, ceux qui travaillent justement dans l'industrie automobile, dans les filières, demandent vraiment à ce qu'ils aient ce plan audacieux. Pourquoi ne pas faire comme on l'avait fait aux Etats-Unis avec General Motors, dont vous savez qu'il y avait une prise de participation de l'Etat. Et un an et demi plus tard, 18 mois après, ce n'est pas loin, c'était en 2009, cette entreprise avait renoué avec des bénéfices. Donc vous voyez qu'il y a urgence à agir.

Les déclarations de campagne, c'est terminé. Maintenant, un trop haut travail et nous attendons de M. Montebourg qui prennent des initiatives fortes.

14:05
Présentateur

Merci Philippe Vigé. A vous Thomas Lier. Alors les plans sociaux se suivent et se ressemblent malheureusement à Laurent Wauquiez. À part le dialogue, on sent que le pouvoir politique est un petit peu impuissant face au pouvoir économique. Est-ce qu'il y a une fatalité face aux plans sociaux ?

14:18
Jérôme Guedj

On a exactement l'illustration du débat qu'on avait avant. En choisissant de remettre de l'équilibre dans les comptes par les impôts, on est en train de tuer la consommation. Il y a un problème structurel de l'automobile en France, qui est un défi pour tous les ministres qui se sont succédés que personne ne peut contester. Moi, je m'étais battu pour empêcher la fermeture des usines qui étaient autour du Havre quand j'étais au ministère de l'Emploi. Mais là, il y a autre chose qui est en train de se jouer. Les chiffres qui sont donnés par M. Montebourg sont catastrophiques. Et catastrophiques pour la France. Pourquoi ?

Parce que comme les Français n'ont plus d'argent, comme le pouvoir d'achat est étouffé par les hausses d'impôts, ils n'ont plus les moyens d'acheter des voitures. Et donc la consommation de voitures est en train de plonger. Et ça pénalise au premier plan qui ? Peugeot, Renault, les fabrications de pneus de Goudière et la consommation de carburant, d'où le problème de Petro+. On peut les sauver ces emplois ? Il y a deux façons de le faire. La première d'abord, c'est qu'il faut un travail de longue haleine pour restaurer la compétitivité. Essayer de redonner des marges de manœuvre aux entreprises.

C'est exactement l'inverse de ce qu'a fait le gouvernement, qui quand il est arrivé, a mis plus de 15 milliards d'euros de charges supplémentaires, notamment sur les grands groupes du CAC 40, dont on nous disait que ce n'est pas le sujet. Mais le deuxième, c'est qu'il faut agir en urgence, pour relancer la consommation de voitures. Et donc, il faut remettre sur la table une prime à la casse pour aider les Français à pouvoir acheter des voitures. On nous a agité un pseudo-plan de soutien à l'automobile au début de l'année. Mais il n'y a rien dedans. Ça n'a pas eu le moindre impact.

Donc, il faut revenir à un outil d'urgence, si on veut sauver nos usines en France, deux primes à la casse permettant d'aider les Français à se financer une voiture sa coûte très cher.

15:50
Présentateur

La prime à la casse, ce serait la solution ?

15:52
Laurent Wauquiez

Non, je ne suis pas convaincu que l'obsession de la prime à la casse, de l'espèce de cocaïne, que ça signifie de bouffée d'oxygène temporaire, dont on voit bien qu'à chaque fois, elle est suivie d'une décroissance, et qui surtout, parce qu'il faut aussi avoir une politique cohérente, ne s'inscrit pas justement dans cet effort dans la durée. Je préfère, comme vous l'avez dit, parce qu'on peut aussi reconnaître et partager les difficultés auxquelles tous les gouvernements ont été confrontés. M.

Vigier lui-même reconnaissait que le plan de cet été, dans le prolongement des plans qui avaient été adoptés précédemment, allait dans le bon sens, mais que, dans un contexte, et les chiffres qui ont été rappelés par Arnaud Montebourg en attestent, on est dans un contexte européen, dire que c'est l'augmentation de la fiscalité décidée par le gouvernement, c'est un argument quand même qui est, casse pas trois pattes, t'es un canard. Quand on voit qu'en Espagne, en Italie, à l'échelle de l'Europe, hormis les moins 3% en Allemagne, qu'on peut attester, mais même...

16:45
Jérôme Guedj

Là, vous êtes honnête.

16:46
Laurent Wauquiez

Mais Opel fait moins 15% de vente aussi. Là, vous êtes honnête.

16:49
Jérôme Guedj

C'est-à-dire qu'en Allemagne, c'est moins 3%, chez nous, c'est entre moins 15 et moins 20%. Les seuls pays qui sont touchés de la même manière, c'est l'Italie et l'Espagne. Et pourquoi ? Parce qu'ils mènent la même politique que celle que vous avez choisie, qui est celle du matraquage fiscal. Et donc, la seule bonne manière de s'en sortir, si on ne veut pas étouffer la consommation, c'est de soulager la consommation, et donc de ne pas tirer sur les impôts, mais d'essayer d'accompagner les Français sur l'achat de voiture. Je crois qu'il faut voir entre les censements dans les sites rentables, est-ce que ça peut répondre à cela ? C'est l'autre volet que je voulais...

17:15
Présentateur

Parce que le PSA n'est pas rentable,

17:16
Laurent Wauquiez

c'est pour ne pas s'appliquer. Ce n'est pas le sujet, mais c'est l'autre... Oui, mais vous avez parlé de Gaudière, par exemple, comme sous-traitant de l'industrie automobile. Et là, je pense qu'il faut... Et là, je pense que dans cette période-là, le volontarisme politique est important. L'intervention du ministère du Redressement Productif, qui fait de la dentelle sur chacun des sites, pour essayer, c'est le cas dans la discussion actuellement avec PSA, de faire en sorte que les plans sociaux soient les moins cruels et les moins insupportables possibles.

Et puis, il y a un autre sujet qui me tient à cœur, qui est aussi que la puissance publique puisse se doter d'outils pour limiter là où les plans sociaux sont inacceptables. dans des sites qui sont menacés de fermeture alors que ceux-ci sont rentables, c'est la jurisprudence de l'orange, ou dans des licenciements ou des suppressions de postes, dans des entreprises qui dégagent d'énormes profits. Moi, les licenciements boursiers, ça rend la puissance publique légitime à intervenir davantage.

18:09
Jérôme Guedj

C'est la future loi, peut-être une bouffée d'oxygène en France contre les plans sociaux ? Ça peut répondre à certains sujets, c'est-à-dire par exemple quand on a un fonds de pension qui est là uniquement pour fermer un site, alors que ce site peut être rentable.

18:18
Présentateur

Vous pourriez voter pour, par exemple, cette loi ?

18:19
Jérôme Guedj

Oui, mais je vais vous poser une question. Ça fait combien de temps qu'on nous la promet ? M. Montebourg, en septembre, avait dit sous trois mois, la loi sera déposée devant l'Assemblée nationale. Ça n'y est toujours pas. Moi, chez moi, dans mon département, j'ai une entreprise qui pourrait se retrouver dans cette situation. Le gouvernement a trop attendu sur ce sujet. Je voudrais rajouter une chose. M. Guedj a dit que la prime à la casse serait de la cocaïne. C'est pas de la cocaïne d'aider les Français à acheter. C'est pas de la cocaïne d'essayer de faire en sorte qu'on puisse garder des entreprises qui fonctionnent en France. Et il y a urgence.

Donc, plutôt que de faire le pompier pyromane...

18:48
Laurent Wauquiez

C'est une dépense publique, M. Wauquiez, vous êtes bien d'accord. C'est une dépense publique. Vous êtes en train de...

18:52
Jérôme Guedj

Je vais vous dire, je préfère cette dépense publique, là.

18:54
Laurent Wauquiez

Je préfère de l'investissement public. Je préfère du long cours. Je préfère soutenir la compétitivité hors coût.

18:59
Jérôme Guedj

C'est sans doute une des différences entre nous. Moi, je préfère qu'il y ait de l'économie sur les dépenses de fonctionnement de l'État et que ça permette d'aider les Français sur leur pouvoir d'achat. Et on a sans doute une différence. Il peut y avoir du soutien au pouvoir d'achat direct.

19:10
Présentateur

Il y aura 5 minutes de débat et après l'économie, on va passer à l'éducation. La réforme des rythmes scolaires provoque la colère à la fois des syndicats, ils étaient dans la rue hier, mais aussi de l'opposition. Réforme défendue, bec et angle dans l'hémicycle par le ministre Vincent Péillon, qui appelle à l'Union Nationale.

19:25
Invité

Oui, nous avons besoin de la mobilisation de tous. Oui, il y a eu une très longue concertation. Oui, cette concertation se poursuit sur le terrain. Oui, ceux qui n'y arriveront pas en 2013 pourront passer en 2014. Oui, l'État a prévu des fonds qui n'ont jamais été prévus pour aider les collectivités, en particulier les plus pauvres, rurales ou urbaines, à accomplir cette réforme. Ce qu'il faut pour la réussir est stopper le déclin français. C'est aussi un peu de bonne volonté et de sens de l'intérêt général. Nous comptons sur vous.

20:01
Présentateur

Et vous réagissez sur Twitter avec ces deux tweets, sur ces rythmes scolaires. D'abord, Johan Castilloux. La réforme des rythmes scolaires ne satisfait peut-être pas quelques maires, mais sera profitable aux élèves. Ce qui reste la priorité, c'est son avis. Et puis Sébastien Fibla, l'école a tant été saignée que ça pour qu'il n'y ait plus de moyens. En revenant à 4 jours et demi, comme il y a 4 ans, il pose la question sur ces rythmes scolaires. Laurent Wauquiez, on sent que c'est le nouveau cheval de bataille de l'UMP après le mariage pour tous. Est-ce que vous souhaitez faire reculer le gouvernement ?

20:32
Jérôme Guedj

Vous savez, je vais répondre en essayant de sortir de l'affrontement de gauche et de droite. Je fais partie de l'association des élus de la montagne, qui est une association qui rassemble à la fois des élus de gauche et de droite. Quelle est notre inquiétude ? Notre inquiétude, c'est qu'on va aboutir à une école à deux vitesses. Mon problème, à la limite, c'est même pas de savoir qui paye. Mon problème est pas de savoir et de contester le fait que 4 jours et demi peut être positif. Moi, je suis prêt à m'inscrire là-dedans. Mon problème, c'est quoi ? C'est qu'on dit aux communes, vous vous débrouillez toute seule pendant 4 heures. Et à quoi ça conduit ?

Ça conduit que des communes riches, Paris, des communes comme celle du département de M. Gage, elles vont avoir les moyens de mettre en place un accompagnement luxueux pour les enfants, avec de la stimulation dans tous les sens, des activités culturelles, théâtrales, sportives. La commune pauvre de Haute-Loire, celle de Failly-sur-Lignon, celle des Vastres, qui, elle, n'a pas des gros moyens budgétaires, elle ne pourra pas faire ça. Et donc, ce qui est très grave dans ce projet, c'est pas les 4 jours et demi. Ce qui est très grave, c'est de faire exploser un principe fondamental que l'école en France, c'est la République, et que la République, c'est la même partout sur les territoires.

Là, c'est la voie à une école qui sera différente. Selon qu'on est en Haute-Loire ou dans le cœur de Paris, on n'aura pas accès à la même éducation. Ça, c'est très grave.

21:48
Laurent Wauquiez

L'école à deux vitesses, Jérôme Gage ? Non, mais d'abord, on va revenir aux fondamentaux, puisque M. Wauquiez nous a invité à dépasser le clivage gauche-droite, et on va se prononcer en républicain attaché à l'intérêt général. L'intérêt général, ce n'est pas la somme des intérêts particuliers. Si nous considérons que c'est une réforme fondatrice pour la réussite scolaire, pour que les élèves s'épanouissent à l'école, alors il faut revenir aux 4 jours et demi. Après, je ne vais pas en disconvenir, il y a des difficultés. Merci de vous reconnaître. Merci de vous reconnaître. Ce que vous décrivez sur demain, une France inégalitaire, les activités périscolaires, elles sont déjà inégalitaires, M.

Wauquiez, aujourd'hui. C'est dans le cœur de l'école que vous le faites.

22:25
Jérôme Guedj

Mais comment vous, vous qui êtes quand même un député attaché à l'égalité républicaine, comment vous pouvez dire ça ? Vous êtes en train de me dire, mais il y a déjà de l'inégalité en dehors, et donc ce n'est pas grave si on met de l'inégalité dans l'école de la République.

22:35
Laurent Wauquiez

Ce n'est pas possible. Une fois de plus, mon déroulé. C'est une révolution copernicienne que tous vont devoir mettre en œuvre pour dire quels sont les moyens que nous mettons pour que cette réforme réussisse. Moi, je suis présent dans le Conseil général, ça impacte les transports scolaires. Je considère que c'est une priorité, et que dans mes activités, je vais peut-être au détriment d'autres priorités d'action du Conseil général, considérer qu'il faut adapter les transports scolaires. C'est déjà les 4 jours et demi avant la réforme d'Arcôme.

23:00
Jérôme Guedj

C'est là où je voudrais bien être précis. Mon problème n'est pas que ça coûte de l'argent. Si les 4 jours et demi, c'est mieux pour les enfants, qu'on puisse le faire et qu'on investisse sur l'école, ne me gêne pas. Ce qui me gêne, c'est quoi ? C'est que toutes les communes n'auront pas la même capacité de le faire. Et ce qu'il fallait faire, c'est que les 4 jours et demi devaient être financés, et scolaires et périscolaires par l'État, pas pour soulager les finances des communes, mais juste pour que ce soit la même école sur tout le territoire. Là, c'est l'école à deux vitesses.

23:25
Présentateur

Les syndicats s'inquiètent de la gratuité de certaines activités pré-scolaires. Certaines pourraient être payantes. Est-ce que ça sera le cas dans certaines communes ?

23:32
Laurent Wauquiez

Écoutez, c'est vrai qu'il y a une appréciation qui est laissée aux communes. Mais moi, je fais confiance dans les maires de toute sensibilité qui vont veiller, ils vont pouvoir bénéficier du fonds d'amorçage pendant les années.

23:44
Présentateur

C'est le flou total, quand on vous entend, on a du mal à comprendre comment ça va s'articuler financièrement pour les mairies.

23:50
Laurent Wauquiez

Écoutez, il y a un fonds de 250 millions d'euros qui est mobilisé, qui est important, qui est pérennisé dans les villes à forte population en situation de précarité. Et puis, je le dis, il va y avoir un moment, le plus important va être de diminuer. On connaît les chiffres, on est aujourd'hui à 144 jours de travail. Un dernier mot, on va comprendre qu'il y a un flou total.

24:11
Jérôme Guedj

Quand on vous entend, on le voit très bien, c'est un flou total. Et moi, chez moi, je suis maire, j'ai fait mon calcul. Le fonds ne compense même pas un tiers de l'argent. Mais ce n'est pas ça le problème. Le problème, c'est qu'on aura effectivement des activités périscolaires de différents niveaux, et pire que ça. Il va y avoir des communes qui, pour compenser, vont faire payer les parents.

24:27
Présentateur

Merci, messieurs, d'avoir été les invités de la suite de questions d'actu. On vous réinvitera bien évidemment. C'est la fin de cette émission. On se retrouve mardi prochain pour de nouvelles questions au gouvernement et un nouveau numéro de questions d'actu. Très belle fin d'après-midi sur LCP.