Ukraine : que vaut le nouveau plan de Trump ? L'analyse de Renaud Girard
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Renault Girard. Bonjour Vincent. Avant d'essayer de plonger dans ce que l'on sait de ce que l'on connaît du plan Trump, je voudrais qu'on revienne ensemble sur ce qui a fait la polémique cette semaine en France.
D'autant plus intéressant que elle émane d'une déclaration de quelqu'un qui est censé diriger une institution qu'on surnomme la grande muette. Ce qu'il nous manque et c'est là que vous avez un rôle majeur, c'est la force d'âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l'on est. Les armées, c'est un extrait de la nation.
Les femmes et les hommes qui sont aujourd'hui employés partout dans le monde ont entre 18 et 27 ans sur le terrain. Ils sont jeunes, ils viennent de vos communes, ils ont les mêmes aspirations. Ils tiendront dans leur mission s'ils sentent que le pays tient avec eux.
Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants parce qu'il faut il faut dire les choses de souffrir économiquement parce que les priorités iront à de la production de défense par exemple. Si on n'est pas prêt à ça, alors on est en risque. Alors cette intervention du chef d'étatmajor des armées et s'inscrit dans la suite du discours du président de la République ici à l'hôtel de Bruen le 13 juillet dernier.
Alors, est-ce que le kit d'urgence euh qui a été donné aux Français et aux jeunes français, les propos dramatisants du chef d'étatmajor des armées euh ne sont pas un peu surprenants aujourd'hui euh et surtout s'ils s'inscrivent dans ce que les déclarations d'Emmanuel Macron, d'après ce que dit la ministre Vautrin, quand on sait que l'Ukraine elle-même a du mal à mobiliser ses troupes. Oui. Alors évidemment, disons que le général Mandon en général a raison.
Oui, il faut qu'effectivement dans un monde plus dangereux, la France se réarme, se réarme militairement, se réarme moralement. Certainement. Peut-être qu'on peut repenser à réintroduire une forme de service immunilitaire et cetera et cetera.
Donc là, on peut pas lui reprocher la teneur de ses propos. On peut en reprocher peut-être le timing ça voilà c'est sont peut-être pas opportun pourquoi c'est pas opportun opportun parce que la France en fait a deux impératifs stratégiques aujourd'hui comme grande puissance européenne. Le premier impératif stratégique à mon avis, c'est quand même de ne pas voir un conflit localisé entre frères orthodox slave orthodoxe à un conflit qui était issu en fait une bombe à retardement de l'éclatement de l'Union soviétique en 1991 dégénéré comme ça avait été le cas avec un petit conflit localisé en Bostier Zeggovin en 1914 dégénéré en conflit mondial.
C'est-à-dire que on aime beaucoup euh les Ukrainiens, mais enfin euh on n pas envie de voir euh de d'être entraîné dans une guerre nucléaire puisque la Russie est une puissance nucléaire et de voir Paris raser. Vous voyez ce que je veux dire ? la Première Guerre mondiale euh a fini par le sucide de l'Europe et euh et en fait euh la la France est sortie victorieuse mais complètement exangle de la Première Guerre mondiale euh qui s'est dire poursuivi par une deuxième guerre mondiale.
Voilà. Bien. Euh donc euh donc c'est là notre problème.
Ça c'est la première chose. La deuxième chose effectivement c'est que quand on entend le quand on entend le chef d'étatmajor désormé parler ainsi, on n pas l'impression qu'il a cette impératif stratégique en tête. il a plutôt on a plutôt l'impression d'avoir des espèces de vat en guerre qui sont à ce front qui est quand même euh très dangereux par les répercussions qu'il peut avoir.
Voilà. Alors le deuxième impératif stratégique que je n'ai pas cité mais qu'il faut ménager, il faut ménager la France doit aménager deux impératifs stratégiques en même temps. Donc là ne pas avoir d'escalade et ne pas avoir une guerre mondiale.
Et le deuxième impératif stratégique c'est ne pas non plus donner une victoire à la Russie qui effectivement victoire qui ébranlerait nos alliances parce que nous avons contracté librement des alliances. On peut le reprocher mais ça a été fait. euh des alliances au sein de l'Union européenne et au sein euh de l'Alliance atlantique.
Et donc nous sommes des alliés, nous l'avons approuvé hein, c'est on nous l'a pas obligé. Nous sommes alliés des pays Baltes par exemple. Et donc euh euh aujourd'hui, il est pas impensable de penser qu'un jour peut-être monsieur Poutine voudrait l'ornier sur Narva ou sur une partie euh de l'Estonie.
Et ça, nous sommes tenus par nos engagements de d'empêcher cela puisque nous sommes des alliés et je suis favorable par exemple au prépositionnement de troupes ou d'avions français rafales dans les pays baltes pour dissuader toute attaque russe contre ses alliés. Très bien. Alors, on a ces deux impératifs stratégiques, mais effectivement aujourd'hui euh c'était je pense que le timing était pas très bien venu parce que effectivement euh il faut pas être cri au loup quand euh aujourd'hui euh euh nous ne sommes pas menacés et puis la la Russie, nous réprouvons personnellement, je réprouve beaucoup ce qu'a fait la Russie d'attaquer son voisin en 2022 et de violer le droit international.
Mais les Russes ne sont pas mon ennemi principal par j'ai un ennemi principal et j'arrête là. J'ai un moi français mon ennemi principal c'est ceux qui tuent mes enfants euh dans euh nos rues, c'est-à-dire le Bataclan, l'islamiste. Ça c'est ça c'est mon ennemi principal.
L'ennemi au sud et pas à l'est. le justement vous dites qu'il y a un problème de timing, mais est-ce que précisément euh on y est, est-ce que les polémiques que qui ont été suscitées par ces déclarations finalement ne sont pas vaines au regard surtout du plan de paix de Donald Trump ? Oui.
Alors effectivement, les Européens ne sont plus du tout euh dans la diplomatie parce que comme ils ne comptent pas euh militairement euh ils ne sont pas vraiment euh dans la grande diplomatie euh aujourd'hui puisque'en fait on a fait un autre choix hein, c'est la Turquie qui est plutôt dans la diplomatie. C'est assez curieux. la Turquie qui est un ennemi historique de la Russie mais elle est neutre et donc elle accueille les discussions entre les les les Ukrainiens et euh et les Russes.
Nous nous avons choisi notre camp. Euh donc nous ne sommes pas dans la grande diplomatie. C'est l'Amérique effectivement qui fait directement la diplomatie avec la Russie.
Euh et il y a euh ce nouveau plan euh qui a été présenté le secrétaire à l'armée, c'est-à-dire le ministre délégué euh à l'armée euh de terre de des euh des États-Unis d'Amérique. Il s'est déplacé avec le chef de l'OTAN, euh américain, le chef militaire à Kief pour présenter effectivement ce plan de paix à Alors, justement, qu'est-ce qu'on sait ? Qu'est-ce que vous avez compris de ce plan de paix américain ?
Ce que j'ai compris, c'est que il incitait effectivement les Ukrainiens à faire des concessions. Quelle concession ? De céder euh le Donbas, c'est-à-dire que le Donbas est fait de deux oblaces.
Louang, c'est déjà totalement contrôlé par les Russes. Euh Donk, il reste je crois 30 % 25 % aux mains des Ukrainiens. Et de données, c'est 25 % qu'il tiennent toujours de don.
On regarder un petit peu d'ailleurs les cares les cartes de donné en fait c'est cramatorsque et loupiansk voilà. Alors ce qu'on ne sait pas si est-ce que en échange les Russes renonceront à l'annexion de de deux autres blastes c'estàd Zaporidja et Kerson dont les Ukrainiens détiennent encore beaucoup de territoires. Euh euh et donc ça serait un échange de territoire tenu quoi.
Voilà. euh aujourd'hui militaire. Euh ça c'est la première chose.
La deuxième chose c'est euh on ne sait pas effectivement quelle euh garantie de sécurité donnera euh l'Amérique à l'Ukraine parce qu'en fait ce qu'a dit la réponse de Zelenski est très fine diplomatiquement. dit "Écoutez moi, nous voulons la paix mais nous voulons euh nous voulons éviter qu'il y ait une troisème agression russe. Première agression russe est évidemment la conquête de la Crimée.
Bon qui s'est fait son en grande effusion de sang avec les petits hommes verts là qui ont pris les bases ukrainiennes en Crimée. La deuxième c'est évidemment la guerre avec effusion de sang de février 2022. Et donc les Ukrainiens disent on veut pas une troisème agression russe.
Et quelles sont les mesures que les Américains peuvent prendre ? Alors c'est pas le temps parce que l'Amérique n'envisage pas et que la Russie ne veut pas de plan des garanties de sécurité. Il y aurait dans le plan de paix d'après ce que l'on a vu, dans ce que l'on a lu le fait que l'Ukraine s'engagerait à ne pas adhérer à l'OTAN.
Pas adhérer à l'OTAN. Il y aurait aussi dans le plan de paix le fait que l'Ukraine devrait diviser son armée par deux. Alors, c'est envisageable si effectivement il y a la paix.
Elle gagnerait quand même une armée de 600000 hommes, he c'est pas l'armée française, c'est trois fois plus. Euh euh mais si effectivement il y a la paix, évidemment ces 600000 hommes seraient obtenus automatiquement par la démobilisation parce queon va pas l'Ukraine va pas garder une armée. Bon il y a des aujourd'hui ce sont des paires de famille hein qui sont au front depuis très longtemps.
Donc ça c'est envisageable surtout s'il a garantie de dire que si l'Ukraine fait une armée de métier finalement mécaniquement de toute façon elle réduira ses effectifs évidemment elle réduira ses effectifs et puis et puis évidemment il y a une il y a une revendication russe aussi que les américains considèrent comme légitime qui est que on revienne au statut de la langue russe d'avant 2014 c'est-à-dire que la langue officielle la langue officielle de l'Ukraine, c'était l'Ukrainien, mais que le Russe pouvait dans les régions orientales de l'Ukraine, dont certaines ne parlent pas russes, euh on pouvait utiliser pour les papiers administratifs le russe comme langue officielle, tout sorte de deuxème langue officielle. Voilà. Et euh donc c'est ça les exigences russes acceptées par les Américains.
Ce qu'on alors ce qui est pas très précis euh aujourd'hui, c'est quels sont les retours de territoire conquis par la Russie que voilà qui vont donner qui vont que les Russes sont prêts à rendre aux Ukrainiens, c'est la première chose. Et quelle est la réalité, et ça c'est très important, des garanties de sécurité donné par les États-Unis à l'Ukraine ? Est-ce que ce sont les mêmes garanties de sécurité que ce que les États-Unis donnent par exemple au Japon ou à la Corée du Sud ?
Euh ça évidemment euh ça va être l'objet de discussion prochaine entre Zelenski et Trump. Les deux ou trois prochaines semaines seront cruciales euh, déclare Victor Orban alors que euh l'Union européenne dit qu'elle n'a pas été informé euh d'un plan de paix euh européen. Euh c'est votre avis aussi que les que les prochains jours vont être euh importants ou bien est-ce que c'est encore un plan de paix dont on parle et puis finalement qui repasse les combats vont revenir ?
Voilà, l'Union européenne de compte enfin est un vassal hein des États-Unis. On l'a vu par l'attitude de madame Ursula Van Derleyenne qui est allé négocier et tout aé à Donald Trump. C'était l'été dernier dans son golfe privé en Écosse.
Vous vous souvenez de cette de cette séquence où elle a promis qu'on allait acheter pour 750 milliards de produits énergétiques américains dans les trois prochaines années d'investir 600 milliards et cetera et cetera. Vous vous souvenez de voilà. Et donc pour Donald Trump, l'Europe en fait ne compte pas diplomatiquement, s'est soumise économiquement et il a aucunement l'intention et on le voit dans cette phase de vraiment consulter les Européens.
C'est l'Amérique qui fait la diplomatie. D'ailleurs euh la ministre des affaires européennes, enfin la la ha au représentant aux affaires étrangères euh de l'Union européenne, Cajcalas a dit qu'elle avait connaissance de rien, elle l'a reconnu. Ouais.
Euh reprenons euh à ce plan de paix euh américain. Euh c'est un nouveau revirement pour Donald Trump. C'est un nouveau revirement, c'est-à-dire que il veut le cesser le feu.
Donc il veut obliger les Russes à accepter le cesser le feu. Mais il a toujours pensé que comme c'était les Russes qui avaient gagné sur le terrain ou qui gagnaient sur le terrain, l'Ukraine devait faire des concessions. Donald Trump estime qu'en fait l'Ukraine n'a pas les moyens de reconquérir le territoire perdu parce que la Russie est trop forte.
Euh, il veut évidemment à tout prix une éviter une escalade nucléaire. Il veut d'ailleurs pas trop il veut arrêter cette affaire parce que il aime la paix, il veut le prix Nobel de la paix et pour pouvoir se concentrer sur sa rivalité avec en Indo Pacifique avec la Chine. Donald Trump estime que d'ailleurs la défense de l'Europe doit être laissée aux Européens et que c'est pas à 340 millions d'Américains de protéger 450 millions d'Européens contre 140 millions de Russes.
C'est ça en fait la doctrine Trump. Donc il veut faire il veut faire la paix sur la base de concession de l'Ukraine. Est-ce que l'Ukraine acceptera ses concessions ?
Je pense que elle ne pourrait accepter ses concessions que si elle a vraiment la garantie de que l'objectif de Zelenski sera réalisé, c'est-à-dire que ça rendra totalement impensable une troisème agression russe contre le territoire ukrainien. C'est l'enjeu euh finalement de de ces discussions. Et finalement, si je vous suis, si les Américains là quand même de ce que l'on voit, de ce que l'on entend, de ce que l'on apprend de ce plan de paix, on a l'impression que euh Trump donne quasiment euh l'Ukraine russe.
Mais ce que vous nous dites finalement, c'est que d'abord bah Trump voit le rapport de force qui est favorable aux Russes. en tous les cas l'analyse qu'il fait et qu'il pose et ensuite euh cette ce plan peut être acceptable pour les Ukrainiens s'il y a des garanties de sécurité américaine. S'il y a des garanties de sécurité, il faudra sans doute euh il faudra sans doute aussi j'imagine euh que il y ait un référendum en Ukraine pour accepter ce plan de paix parce que ça qu'est-ce que pourrait dire le référendum ?
Bah le référendum, c'est-à-dire il y aurait un plan de paix, c'est-à-dire avec des garanties de sécurité, mais avec la Crimée euh et euh le Donbas qui serait cédé euh à la euh à la Russie euh la levée des sanctions et cetera. Euh mais c'est surtout euh effectivement on ne peut pas imaginer euh que le peuple ukrainien euh euh accepte de perdre des territoires sans sans qu'il ait donner euh son avis. Euh et euh alors là se pose pour le pouvoir ukrainien et pour le peuple ukrainien.
Hien, c'est euh effectivement c'est un petit peu euh scandaleux euh au terme du droit international de céder face aux Russes aujourd'hui. Mais peut-être que si on ne cède pas aujourd'hui, on devra céder beaucoup plus tard. Et c'est le dilemme, je dirais, de Manorheim.
Manoram, c'était le leader de la Finlande. Il a pour préserver la liberté et la souveraineté de la Finlande, il a préféré céder euh à Staline en juillet 44, un moment où c'était pas trop tard pour lui, de céder des choses à Staline, notamment la neutralité de la Finlande et céder le territoire de la Carellie. Mais ça a préservé l'indépendance et la souveraineté de la Finlande.
Et finalement, la Finlande a eu un statut beaucoup plus enviable que tous les autres pays, la Tchécoslovaquie. la Pologne, la Roumanie et c qui ont été les esclaves des Russes jusqu'en 1991. C'était la définition de la souveraineté partagée par Renault Girard.
Merci beaucoup Renault d'être venu justement nous permettre d'y voir plus clair. C'est toujours passionnant comme d'habitude. Merci beaucoup et on vous retrouve mardi dans les pages du Figaro pour la nouvelle chronique mais bien sûr qui sera publié dès lundi soir sur le site du Figaro.
Christian Girard