Niger, inflation, visite du Pape : Sur TF1 et France 2, Macron se vante de ses échecs
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« Des propos complètement faux, démontrés comme faux, preuve à l'appui, bien sûr. »
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« Des faits alternatifs. »
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« Que lui répondez-vous ? »
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« Parce que la clé c'est qu'on doit mieux protéger nos frontières. »
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« Emmanuel Macron laisse entendre que la baisse du chômage et l'augmentation du SMIC règlent en grande partie le problème. »
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« D'abord, ce n'est pas tout à fait vrai au regard de l'inflation alimentaire, celle qui touche le plus les plus défavorisées et qui est de 20% sur deux ans. »
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« Et de toute façon, le fameux pouvoir d'achat diminue. »
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« L'INSEE montre que le pouvoir d'achat arbitrable, donc le reste à vivre, manger, loisir après le paiement des factures, des impôts, etc., a été au plus bas depuis 10 ans en 2022. »
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« Nous avons été à la demande du Burkina Faso, du Mali, du Niger sur leur sol pour mener cette guerre. »
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« Et Barkhane, cette opération militaire, est un succès. »
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« La France a décidé de ramener son ambassadeur. »
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« Quand des marins disparaissent en mer, c'est bien sûr un drame pour leur famille. »
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« Et quand les institutions politiques interdisent aux organisations non gouvernementales et même aux navires qui croisent dans ces eaux de porter secours aux naufragés, c'est un crime tout aussi grave et une violation du droit international maritime le plus élémentaire. »
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« Si on les écoute, l'Afrique, avec 1,4 milliard d'habitants, va se déverser dans l'Europe impuissante. »
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Avez-vous déjà entendu parler de Kellyanne Conway ? Oui ? Non ? Il s'agit d'une femme politique américaine qui a aujourd'hui 56 ans. En janvier 2017, elle était la conseillère en communication de Donald Trump, alors président des États-Unis, et elle devait faire face à une polémique née des propos de Sean Spicer, porte-parole de la Maison Blanche, selon lesquelles l'investiture de Donald Trump était celle qui avait attiré la plus grande foule dans l'histoire des États-Unis. Des propos complètement faux, démontrés comme faux, preuve à l'appui, bien sûr. Face aux journalistes, pour se sortir d'affaires, Kellyanne Conway inventa, disons, un concept nouveau. Des faits alternatifs.
À l'époque, beaucoup de Français se sont moqués de ces vulgaires américains qui avaient élu un président vulgaire, roi des fake news, et à la tête d'une équipe de menteurs professionnels. Ah là là, ils s'en foutent, c'est Yankee. Quoique, en mai 2017, les Français ont élu, pour faire barrage à l'extrême droite, un homme passant pour libéral, éduqué, pondéré, bref, l'exact contraire du grand méchant Trump, mais qui s'est révélé complètement accro aux faits alternatifs. Comme un grand nombre de nos politiques, à l'image d'un Philippe de Villiers qui a complètement vrillé suite à la visite du pape François à Marseille, on en parle dans cette nouvelle édition de l'actu démasquée.
Est-ce que ça sert encore à quelque chose de regarder les trop régulières interviews d'Emmanuel Macron ? Je pose la question autrement. Est-ce qu'il ne serait pas préférable qu'on mette fin à la comédie de la confrontation avec des journalistes qui sont ici sélectionnés pour leur incroyable servilité et leur absence de volonté de rebondir sur les bobards prononcés par le président merveilleux que le monde entier nous envie ? Ce 24 septembre encore, Macron était face à Anne-Claire Coudray de TF1 et Laurent Delahousse de France 2. Et on ne peut pas dire qu'il a été férocement confronté.
De toute façon, dès le départ, il a pris la confiance et a choisi de répondre à des questions qui ne lui étaient pas posées ou de ne pas répondre aux questions posées. Exemple. Nous avons reçu le pape à Marseille, le pape qui a interpellé nos démocraties européennes, y compris le dirigeant que vous êtes, sur le drame des migrants. Quand il parle, quand il met en garde contre le fanatisme de l'indifférence, que lui répondez-vous ? On est d'accord. La journaliste lui demande de réagir aux interpellations du pape sur la crise de l'accueil des migrants et exilés. Mais lui... Que lui répondez-vous ? D'abord, vous venez de le dire, je voudrais commencer cet entretien en félicitant les Français.
Parce qu'il y a peu de pays aujourd'hui dans le monde qui peuvent relever des défis concomitants de cette nature. Nous accueillons la Coupe du Monde du rugby. Lille, Marseille, Paris, Saint-Etienne, Nice, cette semaine ont accueilli des matchs. On a reçu le roi et la reine d'Angleterre à Paris puis Bordeaux. Non mais le foutage de gueule ! La question ne portait pas sur l'accueil des supporters de l'Écosse ou de la Nouvelle-Zélande, chef, concédant aux journalistes qu'ils l'ont relancé pour qu'ils la répondent vraiment. Mais ça n'a pas été le cas tout le temps. Un petit exemple.
Macron explique qu'il va continuer d'enrouler les pays de la rive sud de la Méditerranée dans la bataille contre l'émigration clandestine et les réseaux de passeurs. Quel pays au fait ? Anne-Claire Coudray se lance. Parce que la clé c'est qu'on doit mieux protéger nos frontières. La Libye par exemple, est-ce que vous serez en mesure d'envoyer des études dans un pays qui est politiquement très… Un pays qui est politiquement très… quoi ? La journaliste ne poursuit pas sa phrase. Elle ne dit pas que la Libye est un pays aujourd'hui sans exécutif réel, coupé en deux, livré à l'arbitraire des milices.
Et que les gardes-côtes que l'Europe finance sont accusés par les ONG de défense des droits de l'homme d'entretenir des rapports douteux avec les dites milices ou de tirer à balles réelles sur des migrants. Bref, Anne-Claire Coudray n'insiste pas et Emmanuel Macron peut oser. Non, le pape a raison. Mais enfin Manu, entre François Ier…
Et Gérald Darmanin… Alors la France n'accueillera pas de migrants qui viennent de Lampedusa. La France veut une position de fermeté.
Il faudra bien choisir le « en même temps » à des limites. Le reste de l'interview est à l'avenant. Sur la question brûlante de l'inflation et du refus obstiné de l'exécutif de réguler les prix, Emmanuel Macron laisse entendre que la baisse du chômage et l'augmentation du SMIC règlent en grande partie le problème. À aucun moment, les intervieweurs ne le relancent sur les radiations de Pôle emploi et les recours excessifs aux contrats courts, car ce sont surtout les chiffres des demandeurs d'emploi de catégories B et C qui baissent. Pas plus de répandants non plus sur le SMIC qui auraient augmenté plus que l'inflation.
D'abord, ce n'est pas tout à fait vrai au regard de l'inflation alimentaire, celle qui touche le plus les plus défavorisées et qui est de 20% sur deux ans. Là où les hausses du SMIC, qui on le rappelle se sont faites mécaniquement, selon un mode de calcul préexistant, ont plafonné à 11%. Et de toute façon, le fameux pouvoir d'achat diminue. L'INSEE montre que le pouvoir d'achat arbitrable, donc le reste à vivre, manger, loisir après le paiement des factures, des impôts, etc., a été au plus bas depuis 10 ans en 2022. Mais bien entendu, personne n'a fact-checké le locataire de l'Elysée. On ne l'a pas non plus interrogé dans la foulée des sénatoriales sur les mauvais résultats de Renaissance.
Il ne faut pas irriter Jupiter. Le sommet des faits alternatifs est atteint quand notre bien-aimé président parle du Sahel et en particulier du Niger. Nous avons été à la demande du Burkina Faso, du Mali, du Niger sur leur sol pour mener cette guerre. Et Barkhane, cette opération militaire, est un succès. En gros, au début de Barkhane, le djihadisme sahélien hors Boko Haram était limité au Mali et la France jouissait plutôt d'un préjugé favorable. Aujourd'hui, il s'est étendu au Burkina Faso, au Niger et menace le Bénin et la Côte d'Ivoire. Mais Barkhane est un succès. La France officielle et son armée sont désormais vomies dans toute la région. Mais Barkhane est un succès. Ah ouais ?
Comment ça ? Parce que sans celle-ci, la plupart de ces pays auraient déjà été pris par des califats territoriaux et des djihadistes. Ok, c'était un succès parce que hypothétiquement, ça aurait pu être pire. Oui, peut-être. Mais peut-être que non aussi. En réalité, la vraie information de ce long entretien est que Macron recule. Il reconnaît son échec. Il expliquait tout l'été que jamais il ne reconnaîtrait les poutchistes, c'est-à-dire que jamais il n'accepterait l'expulsion de son ambassadeur et que jamais il n'accepterait de rapatrier les militaires français qui sont à Niamey.
Des observateurs, des experts, des analystes lui ont dit que, non seulement son attitude confortait les poutchistes, mais qu'elle était absolument intenable. Et qu'est-ce qu'il dit désormais ? La France a décidé de ramener son ambassadeur. Et donc dans les prochaines heures, notre ambassadeur avec plusieurs diplomates rentreront en France. Et nous mettons fin à notre coopération militaire avec les autorités de fête du Niger, car elles ne veulent plus lutter contre le terrorisme. C'est donc la fin de la présidence française militaire au Niger. Elle sera organisée dans le temps, dans les semaines à venir, mais c'est la fin de cette coopération.
En gros, et de manière assez honteuse, Emmanuel Macron capitule avec la satisfaction de dire, en s'en allant, c'est pas toi qui me vire, je me tire. Mais personne n'est dupe. Moi je ne veux pas mourir. Moi aussi j'ai le droit de vivre. Comme les marins en mer. Mais qui veut assassiner Philippe Devilliers, le pote ou l'ex-pote d'extrême droite de notre président de droite extrême ?
Moi je ne veux pas, je n'accepte pas que les évêques nous laissent mourir.
Mais c'est pas bien ça les évêques. Qu'est-ce qui s'est exactement passé ? Il y a le cardinal Aveline, l'archevêque de Marseille, qui a fait un discours dans le cadre du voyage du pape. Quand des marins disparaissent en mer, c'est bien sûr un drame pour leur famille. Mais cela faisait partie des risques de leur métier. Mais quand des hommes, des femmes et des enfants, ne connaissant rien à la navigation, fuyant la misère et la guerre, sont dépouillés de leur bien par des passeurs malhonnêtes qui les condamnent à mort en les faisant monter sur des embarcations vétustes et dangereuses, c'est un crime.
Et quand les institutions politiques interdisent aux organisations non gouvernementales et même aux navires qui croisent dans ces eaux de porter secours aux naufragés, c'est un crime tout aussi grave et une violation du droit international maritime le plus élémentaire. En quoi ces propos sont-ils susceptibles de causer la mort de Philippe de Villiers ?
En fait, ce qu'ils veulent, tout s'éclaire, c'est organiser la grande transhumance. Si on les écoute, l'Afrique, avec 1,4 milliard d'habitants, va se déverser dans l'Europe impuissante. Et ça en sera fini de nos vieilles nations.
Ceci n'est plus une exagération. C'est la création d'un univers fantasmatique. La génération de peurs qui ne peuvent déboucher au final que sur des crimes. Parce que, évidemment, si le fait de laisser vivre et d'accueillir des personnes qui fuient la misère revient à faire mourir l'Europe et les Européens, quoi de plus légitime que de se défendre, y compris en tuant les envahisseurs. Les faits alternatifs ne font pas que créer de la confusion. Ils nous préparent au pire. Merci d'avoir regardé cette édition de l'actu démasqué.
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