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Podcast / conversationFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 18 octobre 2022 8 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesNumérique

"Le capitalisme s'est toujours adapté, saura-t-il s'adapter à cette crise ?", dit Pierre-Pascal Boulanger

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:23OuverteRéponse directe

    Le choix est donc fait. En tout cas le sondage qu'on vient de faire...

  • 0:53OuverteRéponse directe

    Donc c'est un choix par défaut ou par conviction ?

  • 1:29OuverteRéponse directe

    La sobriété nous est souvent présentée comme un mode de gestion de la rareté...

  • 2:04OuverteRéponse directe

    Et il y a une de vos conférences qui portera sur cette sobriété comme étant peut-être un modèle économique alternatif.

  • 2:17OuverteRéponse directe

    Le capitalisme saura-t-il rebondir ? Est-ce que le capitalisme est compatible ?

  • 2:23OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'un capitalisme sobre, c'est une illusion, un oxymore ou pas ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32PrésentateurChiffre
    « Nous avons 88% des français qui estiment que la sobriété est une nécessité de long terme. »
  • 0:41PrésentateurChiffre
    « Ces 88% regroupent 73%, 3 français sur 4, qui pensent que c'est une nécessité de long terme liée aux enjeux climatiques. »
  • 0:56PrésentateurChiffre
    « C'est un choix par conviction, puisque 79% d'entre eux pensent que c'est conciliable avec la représentation qu'ils se font du bien-être. »
  • 1:14PrésentateurFait
    « ils ont déjà fourni énormément d'efforts. »
  • 2:39PrésentateurFait
    « le capitalisme n'est pas social, il est condamné à devenir social, à partager la valeur ajoutée, tout simplement pour trouver des débouchés parmi la classe ouvrière, etc., et étendre ses marchés. »
  • 2:53PrésentateurFait
    « Marx n'avait pas prévu sa flexibilité, donc il pensait que c'est un système qui a, en fait, il s'est toujours adapté aux crises. »
  • 3:43PrésentateurFait
    « notamment par l'Institut Veblen, qui organise cette conférence sur le rôle de la publicité, et qui fait bien le lien entre la publicité et la sobriété. »
  • 3:52PrésentateurFait
    « le fait que la publicité pousse à la surconsommation, et donc au gaspillage, et donc à la surexploitation des biens communs. »
  • 4:00PrésentateurFait
    « on a un grave problème, là, qui arrive, c'est l'eau. »
  • 5:05PrésentateurFait
    « la grande faiblesse des démocraties, c'est, un, la différence entre tous les pays, pour se coordonner, la différence de leur calendrier électoral, et même du rythme électoral. »
  • 5:31PrésentateurFait
    « On a vu que le climat était une priorité avant la crise de 2008, et le grenelle de l'environnement a couché d'une souris, parce que la crise financière est devenue numéro 1, et tout d'un coup, le climat, on l'a oublié. »
  • 6:16PrésentateurFait
    « la connaissance, c'est un bien commun, ça doit être gratuit. »
  • 6:36PrésentateurFait
    « Pour deux vieilles raisons culturelles. Je pense à un vieux fonds catholique qui est resté. Le rapport à l'argent, la méfiance vis-à-vis de la richesse, la méfiance vis-à-vis de l'entreprise. »

Temps de parole

  • Présentateur72 %
  • Invité28 %

9,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Le printemps de l'économie s'ouvre aujourd'hui, oui, en plein mois d'octobre, il n'y a vraiment plus de saison. Bon, ça c'est pour le sourire, en réalité c'est le Covid qui a décalé cette série de conférences à l'automne et son président fondateur est avec nous. Bonjour Pierre-Pascal Boulanger.

0:12
Présentateur

Bonjour Mathilde Minot.

0:13
Invité

C'est la dixième édition, quatre jours de débat l'an dernier. Le thème c'était « Bifurcation, l'heure des choix ». Cette année le thème c'est la sobriété, le choix est donc fait ?

0:23
Présentateur

Le choix est donc fait. En tout cas le sondage qu'on vient de faire, Le sondage Opinion Way pour le printemps de l'économie et Omnes Education le prouve. Nous avons 88% des français qui estiment que la sobriété est une nécessité de long terme. Ces 88% regroupent 73%, 3 français sur 4, qui pensent que c'est une nécessité de long terme liée aux enjeux climatiques et non pas une nécessité de court terme liée à la guerre en Ukraine.

0:53
Invité

Donc c'est un choix par défaut ou par conviction ?

0:56
Présentateur

C'est un choix par conviction, puisque 79% d'entre eux pensent que c'est conciliable avec la représentation qu'ils se font du bien-être et on a été très très surpris, on les a interrogés non pas sur plein d'autres sondages qui ont été faits sur le même thème sur ce qu'ils ont l'intention de faire, c'est du déclaratif, ça ne vaut pas grand chose, mais sur les efforts qu'ils ont déjà faits, ils ont déjà fourni énormément d'efforts. Alors pas dans tous les domaines, bien sûr, peut-être moins sur la consommation de viande, là on est moins informés, mais sur le reste ils ont déjà fait énormément d'efforts et ils disent nous on a fait, maintenant c'est à vous de faire, entreprise et État.

1:29
Invité

La sobriété nous est souvent présentée comme un mode de gestion de la rareté, avec une vision négative, des restrictions, ça va faire mal aux porte-monnaie. Vous, vous nous dites, c'est voir les choses par le petit bout de la norniette.

1:41
Présentateur

Oui, parce qu'au bout du compte on a été habitué à ça. Lors du premier choc pétrolier en 73, on disait déjà la France a des idées, on n'a pas de pétrole mais on a des idées, il faut baisser le chauffage, tout ça c'est pas nouveau. Alors bien sûr il faut le faire, mais c'est une vision très à court terme pour passer l'hiver. Là visiblement, les français déclarent être mûrs, ils ont très très conscience des enjeux, et ils sont mûrs je pense pour du long terme, on attend des mesures de long terme.

2:04
Invité

Et il y a une de vos conférences qui portera sur cette sobriété comme étant peut-être un modèle économique alternatif. J'aime beaucoup d'ailleurs les titres de vos conférences, il y en a une c'est « La sobriété est-elle le cheval de Troie de l'anticapitalisme ? »

2:17
Présentateur

Eh oui, effectivement. Le capitalisme saura-t-il rebondir ? Est-ce que le capitalisme est compatible ?

2:23
Invité

Est-ce qu'un capitalisme sobre, c'est une illusion, un oxymore ou pas ?

2:26
Présentateur

Exactement. A dire vrai, le capitalisme, quand il cherche son but systématiquement, il est capable, je ne vais pas dire de vendre son père et sa mère, mais bon, suite à la crise de 1929, on a un problème de débouchés, le capitalisme n'est pas social, il est condamné à devenir social, à partager la valeur ajoutée, tout simplement pour trouver des débouchés parmi la classe ouvrière, etc., et étendre ses marchés. Le capitalisme saura-t-il devenir sobre ? En fait, le capitalisme, Marx n'avait pas prévu sa flexibilité, donc il pensait que c'est un système qui a, en fait, il s'est toujours adapté aux crises. Saurait-il s'adapter à celle-là ?

3:02
Invité

Vous en pensez quoi, vous ?

3:03
Présentateur

Ça dépend, ça dépend, ça dépend. En tant que président, je ne suis pas chercheur en économie, j'ai bien mon idée, bien sûr, mais bon.

3:10
Invité

Alors, dans vos conférences aussi, vous abordez un sujet qui est, dites-vous, délaissé par les économistes, c'est la pub, le rôle économique de la pub, est-ce que la pub doit être régulée ? Pourquoi c'est un sujet qui est délaissé déjà ?

3:22
Présentateur

C'est un sujet dont on a parlé, mais jamais très sérieusement. Ceux qui en parlaient très sérieusement, en tout cas, n'ont pas été écoutés, ça n'a pas été vraiment relayé, donc c'était plutôt, on va dire, un sujet à la marge. Là, on a des études très récentes, qui seront présentées, notamment par l'Institut Veblen, qui organise cette conférence sur le rôle de la publicité, et qui fait bien le lien entre la publicité et la sobriété. C'est-à-dire ?

Et donc, notamment, le fait que la publicité pousse à la surconsommation, et donc au gaspillage, et donc à la surexploitation des biens communs, et ce qui est, en fait, une véritable catastrophe, puisqu'on le voit bien déjà, on a un grave problème, là, qui arrive, c'est l'eau. On l'a bien vu cet été, le manque d'eau, et donc le prix des légumes, qui va exploser, mais aussi, le manque d'eau, ce n'est pas un phénomène passager.

4:09
Invité

Oui, il y a des urgences à gérer, ce qui pose la question des systèmes démocratiques. Ça aussi, c'est une conférence qui, je trouve, est intéressante, et qui nous bouscule quand même, parce que vous nous dites, est-ce que les démocraties, finalement, sont aptes à prendre des décisions qui s'imposent tout de suite, sans tarder ? Est-ce qu'un système autoritaire, finalement, aurait plus d'atouts pour répondre aux impératifs ? C'est étonnant, c'est de la provoque, quand même, la vôtre.

4:33
Présentateur

Oui, c'est un peu de la provoque. C'est-à-dire qu'on sait très bien qu'un système autoritaire, oui, bon, il dispose du long terme, et il dispose du pouvoir de la contrainte. Bon, d'accord. Maintenant, on a bien vu qu'en Chine, dans un premier temps, le pouvoir autoritaire, gestion du Covid, etc., et on voit bien que, dans un deuxième temps, on a quand même une montée du Covid. Non, non, mais la démocratie, c'est vrai qu'on sait très bien que la pollution, on sait très bien que les problèmes climatiques ne s'arrêtent pas aux frontières, il faudrait une gouvernance mondiale, on n'en a pas.

Et donc, la grande faiblesse des démocraties, c'est, un, la différence entre tous les pays, pour se coordonner, la différence de leur calendrier électoral, et même du rythme électoral. Là, c'est 4 ans, avec des élections à mi-mandat, aux Etats-Unis. Là, c'est 7 ans. Là, c'est 5 ans. Et au bout du compte, le court terme fait que les politiques sont obligés, quelquefois, de trancher, ou en fonction de l'évolution de l'actualité, de revoir la hiérarchie des priorités. On a vu que le climat était une priorité avant la crise de 2008, et le grenelle de l'environnement a couché d'une souris, parce que la crise financière est devenue numéro 1, et tout d'un coup, le climat, on l'a oublié.

Et à chaque fois qu'on oublie le climat, le problème est décalé, et pendant ce temps-là, la température continue de se réchauffer.

5:48
Invité

Pierre-Pascal Boulanger, si vous avez créé ce printemps de l'économie, c'est pour sensibiliser à ce sujet. Il faut préciser que vous êtes professeur de sciences éco en lycée. D'ailleurs, cet événement, il est ouvert aux lycéens. Ça, c'est vraiment quelque chose d'important pour vous ?

6:00
Présentateur

Oui, il est ouvert aux lycéens, il est ouvert aux étudiants.

6:02
Invité

Les conférences sont gratuites, en ligne ?

6:04
Présentateur

Oui, c'est gratuit, c'est en ligne. On sort un magazine aussi, qui est diffusé dans les lycées de France et dans les universités, qui est gratuit, qui est même d'ailleurs livré gratuitement également, puisque la connaissance, c'est un bien commun, ça doit être gratuit. Et effectivement, on est parmi toutes les opérations similaires, celle qui a la plus forte proportion de jeunes. C'est 75% de notre public qui est constitué de lycéens et d'étudiants.

6:30
Invité

Vous trouvez que l'économie, c'est une discipline qui est mal aimée en France ?

6:33
Présentateur

Oui, oui, oui. Pourquoi ? Alors pourquoi ? Pour deux vieilles raisons culturelles. Je pense à un vieux fonds catholique qui est resté. Le rapport à l'argent, la méfiance vis-à-vis de la richesse, la méfiance vis-à-vis de l'entreprise. Donc voilà, une culture quand même extrêmement pessimiste. Néanmoins, on peut avoir des pointes d'appétence quand tout d'un coup, dans l'actualité, après 2008, par exemple, il y a eu une demande formidable de compréhension, tellement il était complexe de comprendre cette crise financière. C'est très compliqué, les subprimes, etc. Et là, c'est pareil, la suite de crise, crise du Covid, puis ensuite la guerre en Ukraine et la crise climatique.

Tout ça, ça s'articule, c'est compliqué. Et là, on a besoin d'éclaircissement.

7:22
Invité

Et vous nous donnez l'occasion, justement, de mieux comprendre les enjeux actuels avec votre printemps de l'économie. Quatre jours de débats, de rencontres dans différents lieux de Paris, mais donc aussi accessibles à distance. Prochaine édition, ce sera vraiment au printemps, là ? On se recale ?

7:34
Présentateur

Oui, on se recale au printemps.

7:36
Invité

Au printemps prochain, dans six mois, donc.

7:37
Présentateur

Dans six mois.

7:37
Invité

Merci, Pierre-Pascal Boulanger. France Inter Sous-titrage Société Radio-Canada

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