Remise des prix des députés et du livre politique | 34ème journée du Livre politique
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« Je pense en premier au président Jean-Louis Debré, lui qui, en 2004, eut l'idée de créer le prix des députés. »
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« Son autobiographie de plus de 700 pages, il faut que je vous dise, fut même couronnée en 2014 par le prix des députés. »
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« Ce week-end, en effet, plus de 1 000 visiteurs viendront rencontrer 117 auteurs. »
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« Une bibliothèque rénovée, magnifiée, et dont les 700 000 références sont riches de trésors. »
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« Ma mission, comme présidente de l'Assemblée nationale, est justement de veiller sur ces repères avec exigence et vigilance. »
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« C'est le droit d'avoir des droits, ceux du préambule de 1946, droit à l'éducation, à la santé, au travail. »
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« Notamment, lorsque se tenait le prix du livre historique chaque année à la mairie du 5e arrondissement de Paris. »
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« Il fut élu à plusieurs reprises entre 1973 et 1993. »
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« nous n'étions que deux socialistes dans le jury, donc il n'y a aucune mesure de favoritisme. »
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« je pense évidemment au combat qu'il mena pour les retraites dont la résonance à notre époque est troublante. »
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« se sont cassés les dents sur la réalité profondément humaine du destin d'un peuple. »
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« c'est sans doute aussi ce qui ressort, ces sujets-là sont les plus compliqués de ceux qu'on a traités dans une vie politique. »
Temps de parole
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Il est midi, il est midi et nous accueillons maintenant en direct les téléspectateurs et téléspectatrices de la chaîne parlementaire. Bienvenue à vous, bienvenue à la 34e journée du livre politique qui s'est fixé. Un objectif, un véritable défi, celui de décrypter les nouveaux repères de la République. Alors pour cela, pour nous y aider, nous avons eu la chance d'assister à plusieurs tables rondes que vous retrouverez en intégralité sur notre site internet et notre chaîne YouTube. Et pour déchiffrer ces nouveaux repères, il existe aussi des ouvrages, des essais, des analyses que nous allons célébrer dans quelques instants à travers la remise de plusieurs primés.
Mais juste avant, pour ouvrir cette nouvelle séquence, je vous propose d'accueillir la présidente de l'Assemblée nationale, Yel Brunpivet. Bonjour à tous. Ravi de vous voir aussi nombreux dans cette magnifique galerie des fêtes, dans votre maison, la Maison du Peuple.
Alors, monsieur le Premier ministre, cher Bernard Cazeneuve, monsieur le Premier ministre, ministre d'État, ministre des Outre-mer, cher Manuel Valls, mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le président directeur général de LCP, mesdames et messieurs les membres du jury, cher Luce Ferrault, monsieur le vice-président de Lire la société, mesdames et messieurs les auteurs, éditeurs, journalistes, mesdames et messieurs.
En ce jour où nous célébrons la rencontre fertile entre la plume et la politique, je souhaite d'abord rendre hommage à deux anciens présidents de l'Assemblée nationale qui étaient aussi deux grands amoureux de cette journée du livre politique. Je pense en premier au président Jean-Louis Debré, lui qui, en 2004, eut l'idée de créer le prix des députés, lui qui revendiqua toujours cette souveraine liberté de l'écriture qu'il fit sienne dans ses mémoires comme dans les polars. Ce bonheur de prendre la plume, il le décrivit dans un de ses livres.
Écrire ainsi ce que je pensais, ressentais, pressentais, espérais, sans chercher à plaire ni à nuire, sans espérer récompense ou approbation, sans craindre, critique ou représaille, m'a procuré un grand bonheur. Ce grand bonheur fut aussi celui du président Louis Mermaz. Agrégé d'histoire, il fut homme d'État autant comme de lettres. Son autobiographie de plus de 700 pages, il faut que je vous dise, fut même couronnée en 2014 par le prix des députés. Le président Mermaz y décrit comment, jeune étudiant, il se laissait happer par le vertige de la lecture. Je ne pensais plus à rien d'autre qu'à lire, lire encore.
Je finissais par oublier que je venais ici, à la bibliothèque, pour préparer des examens. Fidèle entre les fidèles, le président Mermaz ne manqua aucune des 33 dernières journées du livre politique depuis la toute première en 1991. Ces deux figures tutélaires, à qui Roselyne Bachelot et Bernard Cazeneuve rendront aussi hommage après moi, nous lèguent un même message, un même héritage. La politique sans le livre est orpheline. C'est précisément cette alliance, cette alchimie que nous célébrons par nos prix. Pour décrire nos délibérations et sans trahir de secret, j'emprunterai les mots que prononça à ce même pupitre en 2017 Jean-Louis Debré, alors président du Prix des députés.
Après des débats difficiles, compliqués, affirma-t-il, où chacun inventait les mérites du livre qu'il soutenait, personne ne s'est finalement fâché avec personne. Et cette année encore, personne ne s'est fâché avec personne. Et je veux en remercier nos jurys. Oui, merci de faire vivre ce rendez-vous unique où la culture nourrit la politique. Pour moi, l'une ne respire pas sans l'autre. Elles sont les deux poumons de notre République. Cette journée m'est d'autant plus chère qu'elle incarne la politique d'ouverture culturelle et citoyenne que je conduis à l'Assemblée nationale.
Ce week-end, en effet, plus de 1 000 visiteurs viendront rencontrer 117 auteurs, 1 000 esprits curieux, 1 000 regards différents, 1 000 raisons de croire que notre Assemblée est bien ce qu'elle doit être, un creuset d'idées, une assemblée, une agora vivante, une république des lettres. Tous ensemble, nous ferons ainsi rayonner ce que Luspero nomme « l'autre exception culturelle française », cette liaison unique, presque organique, entre politique et littérature. Certes, Stendhal jugeait cette alliance contre nature, la comparant à un coup de pistolet au milieu d'un concert. Et pourtant, que sont le Rouge et le Noir ou la Chartreuse de Parme, sinon deux fresques politico-romanesques ?
Du reste, comment pourrait-on dissocier au pays de Voltaire la plume de la politique ? Quant à Victor Hugo, ne fut-il pas aussi un parlementaire passionné ? N'a-t-il pas dévoilé la parenté profonde entre les mots « livre » et « libre » ? Si nos grands écrivains furent de grands politiques, nos grands politiques furent aussi de grands lettrés. De Gaulle eut les honneurs de la Pléiade, Pompidou composa une anthologie de la poésie française et Simone Veil accéda à l'immortalité académicienne. Et comment ne pas citer encore deux grands députés ? Césaire, qui fit danser les mots de notre langue, et Senghor, le poète président.
Cette tradition de la politique littéraire, pour reprendre le mot de Tocqueville, continue de prospérer avec vous et grâce à vous. Nous en sommes les héritiers. À mon tour, et je dirais même à ma place, j'ai voulu m'inscrire dans cette tradition. Et je vais vous faire une confidence, ces derniers mois, en tenant la plume, tout en tenant le perchoir, j'ai éprouvé ce plaisir stimulant, grisant de l'écriture. J'ai mesuré combien elle aiguise la pensée, sculpte la réflexion et éclaire l'action. Cette lumière des livres, nous autres législateurs en avons besoin. C'est pourquoi je vois comme un symbole puissant que notre journée précède de quelques jours la réouverture de notre bibliothèque.
Une bibliothèque rénovée, magnifiée, et dont les 700 000 références sont riches de trésors. Le texte de la Marseillaise de Rouget de Lille ou des manuscrits de Rousseau, Lamartine, Hugo, Clémenceau, Césaire. Mais surtout, cette réouverture réaffirmera une évidence. Une démocratie qui lit est une démocratie qui vit. La thématique de cette journée, soit les nouveaux repères de la République, nous le rappelle aussi avec force. Écrire, c'est déjà agir. C'est un acte éminemment politique. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Jean-Louis Debré plaça le premier prix des députés sous les auspices d'un repère républicain qui lui était cher, la laïcité.
Aujourd'hui comme hier, dans un monde saturé d'immédiateté, nous avons donc grand besoin du livre, cette boussole dans le brouillard, pour distinguer l'essentiel de l'écume. Cette année encore, les livres finalistes nous y aideront. Ils nous parlent de sincérité, de fidélité, avec la biographie de Pierre Moroy, ce dernier socialiste, comme l'appelle Pierre-Emmanuel Guigaud. Ils nous confrontent avec Patrick Roger, aux cicatrices toujours ouvertes de la tragédie calédonienne, prouvant combien le passé, quand on le regarde en face, peut éclairer et apaiser le présent.
Je l'ai ressenti avec force sur le caillou en novembre dernier, quand nous avons, avec le président Gérard Larcher, commencé à rôtisser le fil du destin commun calédonien. Enfin, les livres finalistes nous alertent lucidement, fermement, sur le péril mortel de l'extrême droite, comme l'ont fait Michael Fossel et Étienne Olyon avec leurs livres « Une étrange victoire » éco-glaçant de l'étrange défaite de Marc Bloch. Et les débats d'aujourd'hui prolongent encore ces réflexions en posant ces questions centrales et charnières. La Constitution doit-elle évoluer ? Comment se fabrique l'opinion ? Comment transmettre le goût de la politique ? Comment gouverner autrement ?
En somme, comment renforcer nos repères républicains ? Ma mission, comme présidente de l'Assemblée nationale, est justement de veiller sur ces repères avec exigence et vigilance, et en particulier sur un pilier malmené, dénigré, attaqué et pourtant vital, l'État de droit. Car l'État de droit, c'est la garantie de vos libertés, celle d'aller et venir, d'écrire, d'imprimer, de penser librement. Car l'État de droit, c'est aussi l'égalité entre les femmes et les hommes. C'est le droit d'avoir des droits, ceux du préambule de 1946, droit à l'éducation, à la santé, au travail.
Et j'en ai l'intime conviction, dans ce monde devenu fou, où les droits des femmes sont attaqués, où des magistrats sont menacés, notre devoir impératif et impérieux est de protéger nos institutions. Les protéger, oui, mais aussi les faire respirer, en leur redonnant du souffle, en assurant leur efficacité, en retissant la confiance avec nos concitoyens et donc en ouvrant grand les portes de nos institutions. Et des journées comme celle-ci incarnent cette ambition. Elles sont l'oxygène de notre démocratie. Elles prouvent que la politique et la pensée peuvent et doivent cheminer ensemble.
et elles nous invitent à prendre le temps de réfléchir, non pour ralentir, mais pour mieux agir et avancer. Car comme le rappelait un de mes anciens collègues, Victor Hugo, qu'est-ce que la littérature ? C'est la mise en marche de l'esprit humain. Je vous remercie d'être aussi nombreux présents aujourd'hui et j'ai le plaisir de céder maintenant la parole à Madame la ministre de la Culture, Madame Roselyne Bachelot. Merci. Merci beaucoup, Madame la Présidente. Je passe tout de suite la parole à Roselyne Bachelot qui a choisi une très jolie veste, une très jolie couleur.
Ancienne ministre de la Culture, vous allez rendre hommage à une figure marquante qui a occupé une place importante ici même au Palais Bourbon et qui nous a quittés récemment, Jean-Louis Debré, ancien président de l'Assemblée nationale. Je vous laisse là.
Avec Jean-Louis Debré, c'est d'un demi-siècle de ma vie et de l'histoire de la Vème République qui remonte à ma mémoire. Je revois comme si c'était hier dans le salon familial Michel Debré dire à mon père qu'il voyait son fils Jean-Louis, il n'avait guère plus de 20 ans, faire une carrière politique et pourquoi pas emmener Loire. Finalement, cela ne s'est pas fait, mais j'ai souvent pensé que nos histoires politiques eussent été alors sans doute bien différentes. Dans notre temple de la démocratie, il était entré en 1986 pour faire une des plus belles carrières de la République.
Président du groupe parlementaire gaulliste, ministre de l'Intérieur, président de l'Assemblée nationale, président du Conseil constitutionnel. Malgré ce parcours exceptionnel, Jean-Louis eut toujours le sentiment d'être entré ici par effraction et fut habité d'un désir d'ailleurs qui ne le quitta jamais. Peut-être le poids d'une famille peuplée par les statuts de commandeur, la déception de constater que ceux qui l'aimaient, tel Jacques Chirac, étaient toujours sceptiques sur ses capacités, mais aussi la distance d'un esprit aguerri par la vie politique et qui savait avec Adolphe Thiers qu'il faut tout prendre au sérieux et rien au tragique.
C'est sans doute pour cela, très cher Luce Perrault, qu'en 2002, il vous invite à le rencontrer dans ses tout premiers jours comme locataire de l'Hôtel de la Seine. Le prix du livre politique existe déjà, mais il veut vous donner des moyens, une logistique, un bureau, vous incite à rénover les statuts et surtout à créer un prix des députés. Jean-Louis croit à l'écrit, au bonheur et à la fierté de tenir dans ses mains l'ouvrage sorti de sa chair et de son sang et le bonheur sans mélange de partager ses émotions et ses combats avec ses lecteurs, rompant ainsi l'armure des pudeurs que l'on s'impose. Mais Jean-Louis Debré fut aussi un écrivain.
Il ne fut pas de ces hommes politiques auteurs d'un seul livre entre testament et plaidoyer d'auto-justification pro-domo. Son œuvre littéraire est riche et diverse. Des essais juridiques et historiques, bien sûr, comme l'essai co-écrit avec son père Michel Debré et le pouvoir politique. Des réflexions plus engagées, telles le gaullisme n'est pas une nostalgie et des témoignages intimes et sensibles. Je tape la manche, une vie dans la rue, résultat de ses rencontres avec un SDF pendant plusieurs années alors qu'il était président du Conseil constitutionnel montrant qu'il était non seulement un homme d'esprit mais aussi un homme profondément humain.
Essayiste mais aussi romancier et tout particulièrement de romans policiers, je ne résiste pas à vous rappeler que son premier opus intitulé Le Curieux mettait en scène une prostituée nommée Josiane Balladur. Essayiste, romancier et même dramaturge puisqu'il adaptera son essai, ces femmes qui ont réveillé la France au théâtre et qu'il jouera cette pièce avec sa compagne Valérie Brochnec.
S'il fut fidèle à ses attachements, il ne fut pas fidèle à ses éditeurs, tant mieux car les nombreux qui sont ici pourront se réclamer de lui, Albin Michel, Robert Laffont, Alandier, L'Archipel, Fayard, Jean-Claude Lattès, Perrin, Séguers et c'est sous la houlette de notre commun éditeur Jean-Luc Barré, président de Plon, que nous avons dîné ensemble il y a quelques semaines à la foire du livre de Brive. C'est tout cela, Jean-Louis Debré, un être complexe, un fidèle sans illusion, un orgueilleux sans vanité, un français sans chauvinisme.
Je relisais ces derniers jours l'étrange défaite du grand historien Marc Bloch, issu comme Jean-Louis d'une famille juive alsacienne et ses quelques phrases en début du livre lui conviennent parfaitement. La France demeurera, quoi qu'il arrive, la patrie dont je ne saurais déraciner mon cœur. J'y suis né, j'ai bu aux sources de sa culture, j'ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel et je me suis efforcé à mon tour de la défendre de mon mieux. Tout cela, sans forfaiterie et sans arrogance.
J'étais allé l'applaudir alors qu'il jouait au théâtre de Passy et après le spectacle, il me confiait qu'un passant lui avait fait le plus beau compliment de sa vie en lui lançant « Salut l'acteur ! » Oui, salut l'acteur, salut l'artiste. Au revoir, cher Jean-Louis.
Merci. Merci beaucoup, Roselyne Bachelot, pour cet hommage. Il nous faut également saluer la mémoire d'un autre président de l'Assemblée nationale qui nous a quittés l'été dernier, Louis Mermaz. Et pour nous parler de son parcours, nous accueillons l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. Monsieur le Premier ministre, Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les députés, Lorsque Luce Perrault, il y a de cela quelques semaines, m'a demandé de rendre hommage à l'occasion de cette manifestation à Louis Mermaz, j'en ai éprouvé une profonde et grande émotion. Il est vrai qu'avec Luce Perrault, nous avions, avec Louis Mermaz, des souvenirs en partage.
Notamment, lorsque se tenait le prix du livre historique chaque année à la mairie du 5e arrondissement de Paris et que venait le temps de la remise des prix, nous le voyions arriver de sa maison de Limours, propulsée avec ses grandes cannes de marche. Il avait l'air austère, le regard était sévère, mais tout cela n'était que de surface. Ce qui dominait chez lui et ce qui a toujours forgé son caractère, c'est une grande ironie et une espièglerie qui nous faisait aimer avec lui l'échange et qui nous mettait avec lui dans le partage.
On évoquait à l'instant de grandes figures républicaines qui furent des passionnés de lecture, tout, chez Louis Mermaz, puisé au creuset d'une culture d'abord issue d'une histoire familiale singulière. C'est sa grand-mère et sa mère qui, l'ayant élevé, firent de l'exigence intellectuelle, de la rigueur que l'on doit mettre en toute chose et par conséquent du goût de l'excellence, le vecteur de sa vie dès l'enfance.
Puis il y eut aussi ces grands professeurs, ces grands enseignants qui, dans la période troublée de la guerre, lui permirent de découvrir les humanités, les grands auteurs de l'Antiquité, les grands auteurs classiques qui permirent à Louis Mermaz dès l'enfance de s'éveiller à la culture, de goûter au goût de la lecture, de commencer à se passionner à l'écriture et enfin d'entrer de plein pied dans les grandes phases et les grandes césures de l'histoire.
Et lorsque Louis Mermaz évoque ces grands enseignants, il le fait, bien entendu, avec la précision de ses souvenirs dans le très beau livre évoqué à l'instant par la présidente de l'Assemblée nationale, mais il le fait aussi avec le sentiment de ce qu'il devait à ses enseignants, Hussard Noir, professeur ardemment républicain, croyant que la méritocratie est la reconnaissance des talents passés par l'école, ce qui contribua aussi à forger une certaine conception de la culture chez Louis Mermaz. Et puis, il y eut la passion d'enseigner et la passion d'enseigner notamment les grands textes. Cela le conduisit à vouloir passer le concours de l'école normale supérieure.
Il s'y essaya à partir du lycée La Canale dont il considérait qu'il n'affichait pas des résultats aussi brillants que d'autres lycées dont il aurait aimé qu'il puisse l'accueillir. Mais malgré tout, il persévéra et finit par obtenir l'agrégation d'histoire qui fit de lui un excellent professeur de retour au lycée La Canale après être passé par celui du Mans et puis finalement professeur d'université à l'université de Clermont-Ferrand où il commença à s'adonner à la passion de l'écriture à travers deux très beaux textes concernant deux sujets qui paraissaient très loin de ses bases intellectuelles et politiques. Le premier concernait Madame de Maintenon et le second l'histoire d'Ewen Zollern.
Tout cela, bien entendu, a dû inspirer à un moment sa contribution à la rédaction du programme commun de la gauche mais dans cette période finalement où la liberté était première où on ne reprochait pas aux individus les sujets de leurs intérêts ni l'endroit à partir duquel ils parlaient il n'est venu à l'esprit de personne de reprocher à Louis Mermas compte tenu des sujets auxquels il s'intéressait de ne pas être vraiment de gauche. Il est vrai que c'était une époque où la gauche la culture l'intelligence se conjuguaient ensemble.
Il y eut ensuite un parcours politique parcours politique très remarquable qui conduisit Louis Mermas au lendemain au lendemain de la guerre alors qu'il en avait éprouvé toutes les difficultés et qu'il avait mesuré la difficulté de la reconstruction à s'engager dans le combat politique. Il le fit aux côtés de François Mitterrand dès le début en adhérant à l'UDSR dans les années 50. Il décida d'aller là où étaient ses racines là où il avait fréquenté les territoires les paysages les cours d'eau les arbres il avait cet amour de la nature qui dès l'origine de son parcours le rapprochait de l'esprit de François Mitterrand.
Alors il décida d'aller se présenter dans le département de l'Orne mais dans le département de l'Orne les électeurs socialistes ne constituaient pas la majorité du genre et à trois reprises consécutivement il échoua à gagner l'élection et comme il n'entendait pas changer de conviction pour pouvoir la gagner cette élection il décida de changer de circonscription et c'est ainsi qu'il se dirigea vers le département de l'Isère où il fut élu à plusieurs reprises entre 1973 et 1993 menant tous les combats essuyant à la fois les défaites mais aussi quelques victoires et participant à l'ascension au pouvoir dans les conditions dont on se souvient de François Mitterrand.
Alors Louis Mermas n'était jamais là où on l'attendait parce qu'il était toujours là où François Mitterrand lui demandait d'être utile.
Il voulait être ministre de l'Intérieur en 1981 il sera pendant quelques semaines seulement ministre de l'équipement avant que François Mitterrand ne lui demande de venir se présenter à l'Assemblée nationale comme président il réussira et sera président de l'Assemblée nationale pendant le premier septennat de François Mitterrand puis François Mitterrand étant réélu il reviendra au gouvernement de nouveau comme ministre de l'équipement pendant quelques semaines simplement sous l'autorité de Michel Rocard puis François Mitterrand lui demandera de prendre la présidence du groupe socialiste entre 1988 et 1990 il ne sut pas lui dire non et le revoilà à l'Assemblée nationale avant que de revenir entre 90 et 93 au gouvernement pour occuper successivement les postes de ministre de l'agriculture puis de ministre chargé des relations avec le Parlement en charge à ce moment-là du porte-parole du gouvernement il fut battu en 1993 mais réélu en 1997 et c'est à ce moment-là que j'ai découvert Louis Mermas à l'Assemblée nationale où je venais moi-même d'être élu François Mitterrand venait de nous quitter et nous avions avec Louis Mermas en partage cette idée qui n'est plus franchement à la mode que la mémoire des morts précise à l'action des vivants que l'on ne peut pas rompre tous les fils qui nous lient à l'histoire de ceux qui nous ont précédés et que les pas dans lesquels nous nous inscrivons s'inscrivent dans une histoire eux-mêmes qui vient de très loin qui dicte des fidélités qui dicte des héritages qui dicte aussi à l'esprit d'être constamment en exercice pour pouvoir interroger les temps présents à travers ce que sont les valeurs des grands ancêtres qui parfois conquirent bien des libertés et bien des avancées de haute lutte alors j'ai appris à ce moment-là de Louis Mermas que les sillons qui sont longtemps creusés que les traces qui sont laissées par ceux qui par leur personnalité ou par leur combat ont imprimé leur marque ne doivent pas être oubliés qu'il y a un lien entre la politique et la réflexion qu'il y a un lien entre le discours et les textes et par conséquent entre ce que l'on dit et parfois ce que l'on peut écrire ou ce que d'autres ont écrit avant nous et c'est parce qu'il était porteur de cette conception élevée de l'action publique de la politique qu'il avait cette exigence intellectuelle qui constamment l'avait portée à l'excellence que je suis particulièrement heureux aujourd'hui de pouvoir rendre cet hommage à Louis Mermas qui fut un grand président de l'Assemblée nationale qui fut un intellectuel et un historien reconnu et qui fut surtout un homme dont la fidélité et dont les combats aujourd'hui encore peuvent nous inspirer Merci beaucoup Merci Bernard Cazeneuve Je vous propose maintenant d'aborder la remise du prix les premières remises de prix celui du livre des députés Pour découvrir les trois ouvrages en lice je passe tout de suite la parole à Jérôme Gage qui nous rejoint sur cette tribune qui va nous présenter le premier ouvrage finaliste Pierre Moroy le dernier socialiste de Pierre-Emmanuel Guigaud
Merci Par quelle ruse étonnante une douzaine de parlementaires d'horizons divers représentant la situation étonnante que nous vivons à l'Assemblée nationale aujourd'hui ont pu parmi la quarantaine d'ouvrages qui nous étaient proposés au début du processus retenir dans les trois derniers la biographie de Pierre-Emmanuel Guigaud le dernier des socialistes je vous livre dans le secret des délibérations certaines des remarques qui ont été faites par plusieurs de ces parlementaires et je le redis venues de toutes les familles politiques nous n'étions que deux socialistes dans le jury donc il n'y a aucune mesure de favoritisme plusieurs des expressions disaient nous avons besoin de redécouvrir cette figure peut-être tombée dans l'oubli alors même qu'elle a par son parcours incarné le meilleur du socialisme et le mérite et je suis très heureux à cet instant de faire l'éloge de la biographie de Pierre-Emmanuel Guigaud c'est avec le parcours de Pierre Moroy ce regard dans le rétroviseur nous permettre aussi d'espérer et cela transpirer de plusieurs des expressions des députés présents renouer avec une gauche qui sache être populaire qui sache être universaliste qui sache être rigoureuse dans ses exigences de gestion bref si ce livre a été retenu au-delà des qualités de la biographie j'y reviendrai dans un instant c'est d'abord et surtout pour nous inviter le débat que nous avions tout à l'heure l'a mentionné à renouer avec ce qui fait le sel de la politique des parcours cohérents des engagements méthodiques et une vision ce que portait ce que portait Pierre Moroy au-delà bien sûr de ce moment fondateur de ce premier premier ministre de François Mitterrand et les conquêtes que nous regardons avec envie aujourd'hui l'abolition de la peine de mort la bataille des salaires les 39 heures la cinquième semaine de congés payés les radios libres les lois au roux la décentralisation celle d'un premier ministre qui aura à coeur de rester fidèle avec cette préoccupation pour les aspirations populaires je pense évidemment au combat qu'il mena pour les retraites dont la résonance à notre époque est troublante si ce n'est salutaire premier ministre d'un gouvernement d'union des gauches socialiste aux origines populaires il ne pouvait ignorer qu'au droit au travail devait se joindre un droit au repos et je veux insister sur un point qui me tient à coeur c'est la dimension de défenseur de la laïcité de promoteur de l'universalisme républicain attaché à l'école publique que porta Pierre Moroy je n'ai plus le temps de vous parler de son ancrage à Lille et de l'amour pour sa ville mais je veux vraiment terminer puisque c'est l'éloge du biographe aussi que je veux faire à cet instant en saluant le fait que Pierre-Emmanuel Guigaud parvient à capter la complexité de Pierre Moroy souvent tiraillé entre ses idéaux socialistes et les réalités économiques entre son accent ch'tis et les dîners avec les énarques entre la bière et le Bordeaux bref un homme humain avec ses grandeurs ses contradictions il capte cette complexité avec finesse et avec une tendresse inattendue on sent qu'il aime son sujet mais sans le sanctifier il montre l'homme derrière la figure l'humain derrière la carure le colosse aux pieds bien ancrés dans la réalité lilloise bref pour aimer la politique pour reconstruire ce clivage que nous appelons tous de nos voeux renouons avec la parole de ces anciens et donc je vous invite vraiment à lire la biographie de Pierre-Emmanuel Guigaud
Merci beaucoup Jérôme Guetsch pour vous présenter le deuxième ouvrage en lice j'invite Harold Huvar vous allez nous donner envie de lire Nouvelle-Calédonie la tragédie de Patrick Roger
Merci à vous alors autant la biographie de Pierre Moroy nous a séduit par son classicisme et sa densité autant l'ouvrage la Nouvelle-Calédonie une tragédie de Patrick Roger nous a aussi séduit d'abord par son originalité parce que dans le choix d'un bon livre politique Patrick Roger a su choisir un sujet qui n'avait jamais jusqu'ici été traité de façon exhaustive et condensée et qu'il avait fait le choix de le faire avec des dispositions historiques une passion de la vérité qui renoue avec la grande tradition historique notamment parce que il a su tout au long du livre disséquer l'engrenage implacable des erreurs politiques l'enchaînement avec cette dimension tragique des idées fausses et des mauvaises décisions qui ont abouti au résultat qui comme dans toutes les grandes tragédies met au regard d'un enchaînement de décisions et de faits à la fois la souffrance l'espoir d'un peuple et l'autre qualité aussi de ce livre c'est d'avoir fait une grande part de façon assez étonnante et originale à l'expression des participants des acteurs des représentants du peuple calédonien de leur avoir tout au long du livre donné la parole et du coup de permettre aussi aux lecteurs même si la plupart d'entre nous ne sommes jamais allés en Nouvelle-Calédonie de ressentir l'intensité des émotions des passions qui s'est déchaîné sur ce lointain territoire donc c'est un livre profondément humain c'est aussi un livre engagé et il est rare que dans un livre politique avec une dimension historique journalistique aussi forte il y ait à ce point aussi la capacité à formuler un jugement qui soit encadré et rigoureux sur l'enchaînement des faits et sur un sujet qui est éminemment politique parce que le sujet le drame la tragédie calédonienne on le découvre au fur et à mesure des pages ça fait partie de ces sujets au chevet duquel les plus grands de nos dirigeants politiques se sont penchés parfois avec des succès qui ont été contrecarrés par la dynamique qui faisait que la Nouvelle-Calédonie en permanence était sacrifiée au nom d'intérêts qui se jouaient ici à Paris aussi dans une dimension où même les plus brillants de nos dirigeants politiques dans un passé récent ou dans un passé lointain se sont cassés les dents sur la réalité profondément humaine du destin d'un peuple et qui nous rappelle et qui dessine en creux tout au long du livre à la fois le portrait de nos institutions avec leur dysfonctionnement administratif mais aussi le portrait en creux de ce qu'est l'essence même de la politique et d'un dirigeant politique où finalement la compétence technique le côté brillant ne compte pas mais où seul compte la lucidité l'écoute la dimension profondément humaine la connaissance historique toutes choses qui ont fait parfois la différence dans l'histoire du dossier mais toutes choses aussi qui ont tragiquement manqué dans la succession de ceux qui se sont penchés sur le sujet moi en tout cas je me rappelle enfant de dîner avec un des protagonistes de cette affaire qui s'appelait Georges Lemoyne chez qui nous allions régulièrement dîner parce que c'était un voisin qui avait gardé dans son bureau la carte de la Nouvelle-Calédonie au plus fort des événements avec les détachements de gendarmerie de l'année 84 et qui m'expliquait que c'était sans doute le dossier le plus apocalyptique et le plus complexe et le plus dramatique qu'il a eu à gérer de toute sa vie politique et quand on parle avec tous les acteurs du dossier calédonien monsieur le ministre des Outre-mer le redira peut-être c'est sans doute aussi ce qui ressort ces sujets-là sont les plus compliqués de ceux qu'on a traités dans une vie politique et c'est aussi ça qui fait la grande force de ce livre je vous remercie
merci beaucoup merci beaucoup Harold Uvar pour cette présentation découvrons enfin le troisième ouvrage finaliste Une étrange victoire du Michael Fossel et Étienne Olyon et c'est Isabelle Roche qui vient nous en parler bonjour merci beaucoup donc moi c'est aussi avec un très grand plaisir que je vais dresser l'éloge d'un des finalistes enfin de finalistes aujourd'hui effectivement c'est une étrange victoire l'extrême droite contre la politique donc c'est un ouvrage de Michael Fossel et d'Étienne Olyon qui sont les finalistes de notre prix littéraire qui le prix littéraire ça ne vous a pas échappé consacré au nouveau repère de la République et ce livre par son analyse fine et ses thèses audacieuses a suscité des réactions contrastées au sein du jury donc témoignant ce livre de sa capacité à interroger et à bousculer les certitudes ce qui n'est pas étonnant quand on connaît Michael Fossel et Étienne Olyon donc le premier Michael Fossel a l'énorme qualité d'être né à Thionville alors vous allez vous demander pourquoi je le dis mais parce que je suis la députée de cette circonscription donc voilà c'était le clin d'oeil que je voulais faire mais surtout Michael Fossel a pris la juste place du philosophe dans la cité et dans le débat public spécialiste de Kant formé à l'école normale supérieure professeur à Polytechnique chroniqueur à Libération directeur de la collection au Seuil il explore depuis longtemps le thème de la liberté et nous alerte sur les risques démocratiques professeur à Polytechnique lui aussi normalien lui aussi le sociologue Étienne Olyon dissèque pour sa part l'État les élus et les institutions politiques il a notamment depuis 2017 travaillé sur le renouvellement des profils politiques et la professionnalisation des engagements mais tous deux ont choisi un titre qui divise mais interpelle en effet sans vous dévoiler toutes les coulisses du débat et des débats qui ont pu nous animer ce titre a été un des enjeux des discussions parmi nous parmi les membres du jury donc certains ont salué son caractère percutant et évocateur estimant qu'il reflète parfaitement les paradoxes analysés dans l'ouvrage la montée en puissance idéologique d'un courant politique qui redéfinit les cadres républicains tout en adoptant des éléments consensuels d'autres jurés ont exprimé des réserves jugeant ce titre ambigu ou risquant de prêter à confusion quant à l'objet réel du livre cependant messieurs Fossel et monsieur Lyon vous aviez anticipé ces interrogations et ces débats car je vous cite l'étrangeté n'a rien de mystérieux surtout à partir du moment où l'on comprend qu'elle participe de la victoire elle-même et donc ce débat témoigne autour du livre témoigne de la richesse et de la complexité du sujet abordé et sur le fond le jury s'accorde à reconnaître les qualités indéniables de cet SFC la construction rigoureuse du propos la pertinence des arguments et la profondeur des réflexions en font une oeuvre marquante par laquelle ils analysent les ressorts d'une forme de normalisation de l'extrême droite dans un contexte contemporain particulier par une synthèse entre essence et adaptation à la modernité Michael Fossel et Etienne Olyon parviennent à conjuguer philosophie et sociologie pour offrir une analyse éclairante sur ces mutations politiques contemporaines qui ne sont pas exclusivement à l'oeuvre ici cependant certains membres ont souligné que le style parfois dense pourrait rendre l'ouvrage moins insensible pour un lectorat non initié je vois que le temps file et je ne vais pas forcément arriver au bout de tout ce que je voulais vous dire mais ce que je peux conclure c'est que malgré ces nuances dans l'appréciation une étrange victoire s'impose comme une contribution essentielle au thème de notre prix il pousse à réfléchir sur les défis auxquels la république est confrontée aujourd'hui et sur les valeurs qui doivent continuer à la structurer par son originalité et son engagement intellectuel ce livre incarne parfaitement l'esprit d'interrogation critique que nous souhaitons promouvoir et si ce livre a également divisé sur l'interprétation des nouveaux repères de la république une partie du jury dans lequel je m'inscris a applaudi son appel à réinvestir une politique fondée sur l'égalité et à dépasser les assignations identitaires y voyant un plaidoyer puissant pour revitaliser les idéaux démocratiques et d'autres ont exprimé des interrogations sur le ton adopté par les auteurs estimant que leur critique des dérives identitaires aurait pu être davantage nuancée pour éviter tout risque de polarisation et depuis quelques jours l'actualité bruce de votre thème messieurs de votre thème d'études confirmant et illustrant en grande partie vos thèses nous le doute que vont fleurir en librairie des ouvrages sur une aussi étrange défaite ils relèveront néanmoins davantage du commentaire politique que de l'analyse rigoureuse et vivifiante pour laquelle nous vous honorons aujourd'hui et dont je recommande chaleureusement la lecture je vous remercie je donne tout de suite la parole à Jérôme Gage qui va remettre un prix un prix très spécial je crois
je vois que le temps passe vous avez compris que les débats ont été âpres à l'intérieur du jury parmi ces trois finalistes et j'ai plaisir de remettre là aussi sans aucun favoritisme le prix spécial du jury à Pierre-Emmanuel Guigaud pour le dernier des socialistes cette excellente biographie ironiquement je ne sais pas où est Pierre-Emmanuel il faut qu'il nous rejoigne voilà ironiquement sous-titré le dernier des socialistes coïncidence calendaire je vous quitterai cet après-midi pour aller participer au lancement du prochain congrès du parti socialiste qui aura lieu à Nancy et pour lequel nous serons quelques-uns à essayer de ne pas être les derniers socialistes félicitations on m'a dit un mot alors je ne dirai qu'un mot merci à toutes et tous merci aux éditeurs merci aux jurys et aux députés pour la lecture et puis félicitations aux concurrents j'ai eu plaisir à lire et vraiment leurs ouvrages sont remarquables merci
merci merci beaucoup merci aux trois auteurs et puis pour découvrir enfin qui remporte le prix du livre des députés nous accueillons Manuel Valls ministre des Outre-mer et ancien premier ministre je vous laisse la parole
je ne sais pas je ne sais pas si vous m'auriez demandé d'annoncer le prix du livre des députés si ça n'avait pas été Patrick Roger pour son livre sur la Nouvelle-Calédonie et cette tragédie et donc je suis très heureux de pouvoir le faire à travers vous l'avez bien compris mes fonctions de ministre des Outre-mer un mot seulement puisque c'est lui que vous allez entendre il faut toujours bien connaître à travers les livres l'histoire de son pays et évidemment d'un territoire aussi complexe que celui de la Nouvelle-Calédonie et je vous invite vraiment à lire l'ouvrage d'un homme qui non seulement connaît bien la Nouvelle-Calédonie mais qui l'aime je pense que quand on s'occupe de la Nouvelle-Calédonie c'est peut-être vrai pour d'autres sujets mais en tout cas celui-ci il faut aimer il faut connaître il faut apprécier sa longue histoire que Patrick Roger évoque depuis les origines la conquête de la France en 1853 l'histoire tragique des bagnards des communards les révoltes des canaques et du chef à taille canaques qui ont failli disparaître la longue et difficile reconnaissance de la place des canaques en Nouvelle-Calédonie les différents statuts on a parlé du statut le moine et évidemment les moments tragiques des années 80 l'espoir avec les accords de Matignon et de Nouméa avec Michel Rocard et Lionel Jospin les conséquences de ces accords que Patrick Roger analyse avec beaucoup de finesse et qui vous permettent et qui nous permettent et qui me permettent de mieux comprendre ce qui se passe aujourd'hui j'étais un petit acteur de cette histoire aux côtés de Michel Rocard et de Lionel Jospin chef du gouvernement j'ai eu évidemment à suivre ce dossier j'avais lu ce livre il y a quelques mois et en repartant une deuxième fois en Nouvelle-Calédonie avec mes nouvelles responsabilités j'ai relu des passages du livre parce que ils vous permettent en effet à travers une synthèse très complète et très précise très personnelle aussi mais aussi équilibrée celle d'un grand journaliste je me disais que décidément quand on va avec des certitudes en Nouvelle-Calédonie avec l'idée que le passé n'a pas beaucoup d'importance que le nouveau monde a tout compris et bien alors on se trompe et on va à l'échec le plus étrange dans le livre de Patrick Roger c'est qu'il l'a terminé avant la tragédie la tragédie nouvelle la tragédie moderne celle de mai 2024 où le sang a de nouveau coulé et moi je pars avec cette même idée je reviens à la Nouvelle-Calédonie et j'y repars dans quelques semaines pour je l'espère aboutir à un accord mais il faut être très modeste parce que quand on lit Patrick Roger on s'aperçoit que parfois on est au bout d'un processus on est presque à l'accord et celui-ci n'est pas possible mais je le fais avec les mots de Michel Rocard et en le félicitant la paix c'est la négociation c'est le courage de céder sur un certain nombre de points au nom d'un objectif plus essentiel le courage de transformer l'ennemi en interlocuteur et bien c'est avec ce programme avec le livre de Patrick Roger sous le bras et avec cette histoire tragique et belle que j'appelle Patrick Roger à venir recevoir ce prix et en le félicitant et en le remerciant pour son apport à la connaissance de cette histoire et en remerciant évidemment les autres finalistes merci beaucoup
vous avez évidemment la parole et félicitations félicitations pour ce prix
très brièvement madame la présidente messieurs les premiers ministres mesdames et messieurs les députés je suis très honoré et très fier d'abord d'avoir pu avec ce livre comment dire apporter quelques éclairages et quelques clés de compréhension sur cette terre de Nouvelle-Calédonie à l'histoire douloureuse et violente et riche d'ombre et de lumière comme le dit l'accord de Nouméa et à l'avenir incertain surtout au moment où elles viennent de s'embraser à nouveau deuxième motif recevoir ce prix de la part des députés ici à l'Assemblée nationale où j'ai consacré 12 ans de ma vie de journaliste à rendre compte des travaux parlementaires à suivre des débats en séance de jour comme de nuit des travaux en commission la vie des groupes politiques dans cette maison qui était devenue un peu comme une deuxième maison enfin je vois un message au moment où justement le gouvernement avec les partenaires calédoniens tente de parvenir à un accord global qui ouvre le chemin vers un chemin de réconciliation de reconstruction et d'avenir commun dans ce territoire qui a été dévasté par le déferlement de violences les fractures économiques sociales et humaines qui ont suivi le 13 000 2024 aussi si cet accord aboutissait ce qui est loin d'être acquis lorsque vous serez sollicité à votre tour mesdames et messieurs les parlementaires pour l'approuver et peut-être lui donner une valeur constitutionnelle j'espère j'espère que vous serez nombreux vigilants et attentifs et que vous permettrez à la tragédie de la nouvelle Calédonie de céder la place à l'espoir merci
merci merci beaucoup Patrick Roger nous poursuivons tout de suite avec le prix du livre politique alors je vous propose de découvrir les trois ouvrages en lice la parole est à Isabelle Fissec chef du service France aux échos pour nous présenter le premier ouvrage finaliste la citadelle de Jean-Michel Blanquer je vous laisse la parole
merci beaucoup je suis novice dans le jury mais je crois pouvoir dire après les débats que nous avons eu qu'il est rare qu'un livre se distingue aussi longtemps semaine après semaine et c'est ce qu'il s'est passé avec la citadelle il n'est pas de coutume non plus de distinguer le livre d'un homme ou d'une femme politique mais nous avons considéré que vous n'étiez plus en tout cas pour l'instant dans la politique active même si chacun sait ici combien la vie de la cité et les repères de la république vous importent mais je crois pouvoir dire aussi que tous nous avons éprouvé un grand plaisir de lecture car votre écriture et la langue de la citadelle est belle précise ciselée vivante ce n'est pas rien et nous tenions à le souligner d'autant plus pour quelqu'un qui vous le racontez dont l'une des premières réponses les plus commentées lors des questions d'actualité au gouvernement dans cette grande maison a été il y a une seule langue française une seule grammaire une seule république et puis surtout la citadelle c'est une critique de l'intérieur du macronisme un témoignage précieux de l'intérieur du premier quinquennat d'Emmanuel Macron depuis le poste de ministre de l'éducation nationale que vous avez occupé durant cinq ans du premier quinquennat mais aussi de la deuxième campagne présidentielle ou plutôt la non-campagne et jusqu'à la dissolution à l'inspiration irrationnelle au tempo hasardeux aux conséquences graves écrivez-vous en parlant d'Emmanuel Macron alors comme un ange déchu de la politique lui qui avait suscité chez vous et d'autres tant d'espérance et dont la dissolution regrettez-vous n'est que l'acmé d'une vision bien trop personnelle de l'usage des pouvoirs présidentiels c'est aussi ce renversement que vous racontez dans la citadelle la citadelle c'est une réflexion sur le pouvoir sur l'exercice du pouvoir en temps de crise la possibilité ou pas de la réforme la difficulté de les mettre en oeuvre et de les expliquer dans un débat public qui vire souvent trop souvent à la caricature nous avons aimé combien votre récit rencontre du début du premier quinquennat tambour battant vous parlez vous-même de blitzkrieg vous qui aviez pensé réfléchi préparé les réformes pour l'éducation et puis au fil de votre récit apparaissent l'affaire Benalla par petites touches certaines déflagrations et puis les grandes crises les gilets jaunes la première tentative de réforme des retraites le Covid il y a aussi les déceptions votre disgrâce ou ce que vous décrivez comme votre disgrâce vous vous faites et c'est quelque chose qui a marqué l'ensemble du jury portraitiste avec une plume particulièrement acérée elle est claire sur le fonctionnement du président de la république sur le fonctionnement des entourages des ministres de la majorité et parfois des courtisans avec un petit bémol je crois que nous avons exprimé au sein du jury sur l'absence peut-être d'autocritique et du rôle que vous avez pu avoir dans ce fonctionnement mais je recommande à tous la citadelle les anecdotes sont savoureuses et certains portraits magistraux je m'arrêterai ici je ne vais pas jusqu'au bout mais je pense notamment et nous pensons tous à celui de l'actuel Premier ministre François Bayrou Merci beaucoup
On passe maintenant au deuxième ouvrage en liste pour remporter ce prix du livre politique et j'invite François-Xavier Lefranc président du directoire de Ouest France pour vous présenter les normes à l'assaut de la démocratie de Jean-Denis Combrexel La parole est à vous
Lorsque Jean-Denis Combrexel a mis un point final à son livre nous n'avions pas encore entendu le président des Etats-Unis d'Amérique et les géants de la tech américaine nous expliquaient que les normes qui forment l'ossature de notre droit et qui sont là pour défendre la liberté des citoyens ne sont que de la censure mais ça fait bien longtemps que cette question des normes elle est quotidienne dans notre vie politique L'hypertrophie des normes est un danger pour la démocratie écrit Jean-Denis Combrexel Nous sommes arrivés à un point où les normes pourtant nécessaires à l'état de droit de plus en plus nombreuses de plus en plus complexes finalement affectent notre démocratie Mais et c'est le grand mérite du livre de Jean-Denis Combrexel il rappelle l'extrême importance de la norme quand elle protège il rappelle ce qu'est la démocratie elle est le pouvoir du peuple qui sait lui-même donner un cadre sous la forme du droit et de la loi oui les normes sont sans doute trop nombreuses et certainement mais le pouvoir sans le respect de l'état de droit conduit à la violence étatique le sujet de la dangereuse inflation des normes qui est le sujet de ce livre et du respect de l'état de droit est donc sérieux notre belle démocratie doit le prendre à bras le corps ce livre nous y invite il est d'une grande utilité il nous aidera à en débattre avec hauteur de vue il propose des solutions un chemin qui ne passe pas par toujours plus de normes mais par la chasse à quelques idées reçues par la prise de conscience que lorsque le populisme veut éliminer les normes c'est toujours pour en instituer de nouvelles à son profit finalement l'auteur nous amène à considérer lui qui est un grand serviteur de l'état que ce sont l'état et nos institutions qui sont la solution qui apporteront la solution face au risque actuel de dérive à condition évidemment de faire un vaste effort de remise en question notre jury a donc décidé de placer ce livre dans la toute dernière sélection nous l'avons apprécié évidemment l'actualité le rend rendrait presque sa lecture je ne vais pas dire obligatoire mais assurément nécessaire c'est un très bon livre politique et nous remercions l'auteur de nous avoir permis et de nous aider maintenant à aborder cette question fondamentale pour la démocratie avec des éléments de débat solides merci
merci beaucoup pour cette présentation découvrons enfin le troisième ouvrage finaliste la saga des élections présidentielles de Charles de Gaulle à Emmanuel Macron écrit par Gérard Courtois et c'est Carole Barjon qui vient nous en dire un mot tout de suite bonjour si vous le permettez je vais m'adresser directement à l'auteur cher Gérard Courtois cher Gérard pendant longtemps tu nous as régalé avec tes chroniques dans le monde en analysant et en décryptant la vie politique que tu connais si bien depuis quelques années tu as choisi de nous raconter d'une plume alerte et ciselée les grands épisodes qui rythment notre vie politique d'abord une histoire des grandes crises politiques françaises de 1958 à 2011 et maintenant donc la saga des élections présidentielles de Charles de Gaulle à Emmanuel Macron puisque tu as ajouté deux chapitres à ta précédente édition et que tu en as aussi enrichi d'autres pour notre plus grand plaisir ce livre restera donc précieusement rangé dans notre bibliothèque comme un ouvrage de référence tu nous rappelles utilement que depuis 1965 la première élection présidentielle au suffrage universel direct après la réforme de 1962 voulue par De Gaulle il y a eu 11 élections suprêmes chacune avec son lot de surprises une centaine de candidats pour seulement 8 heureux élus qui mieux que toi pouvait nous rappeler l'intensité de ces épopées car les campagnes présidentielles sont chaque fois des épopées qui mieux que toi avec la rigueur qui te caractérise pouvait nous remettre en mémoire des détails que nous avions parfois oubliés ou encore nous révéler quelques épisodes inédits comme par exemple à propos de Valéry Giscard d'Estaing beaucoup se souviennent du débat de l'entre-deux-tours de la présidentielle de 1974 et de la fameuse formule de Giscard vous n'avez pas le monopole du coeur monsieur Mitterrand formule qui avait déstabilisé le candidat de l'union de la gauche en revanche beaucoup n'avaient pas noté que lors de ce même débat Giscard avait aussi lancé une allusion perfide que seul Mitterrand pouvait comprendre en évoquant les travailleurs de Clermont-Ferrand ville socialiste qui avait davantage voté pour lui que pour Mitterrand ville avait encore souligné Giscard qui vous connaît bien et qui me connaît bien pourquoi le candidat de la droite avait-il insisté sur ce point Giscard l'a confié bien plus tard à notre ami Gérard Courtois parce qu'à Clermont-Ferrand il n'y avait pas seulement les travailleurs de l'usine Michelin il y avait aussi ceux de l'usine Pinjot propriété de la famille d'Anne Pinjot avec laquelle Mitterrand entretenait déjà une liaison Giscard connaissait les Pinjots était au courant de cette liaison comme tout le monde à Clermont t'a-t-il confié il a donc décoché cette flèche empoisonnée te raconte-t-il pour dissuader son adversaire de répandre des rumeurs malveillantes sur son couple ce qui était d'après lui bien l'intention de Mitterrand et conclut Giscard j'ai vu qu'il avait encaissé tu nous racontes encore à propos de François Hollande cette fois comment pendant le débat de l'entre-deux-tours de 2012 il prend soudain conscience qu'il a face à lui un Sarkozy là vraiment là malgré la pugnacité dont il sait faire preuve devant les téléspectateurs et c'est ce qui le convainc de décliner longuement l'anaphore bien connu moi président etc plus tard Hollande te confiera c'est à ce moment là que le transfert se fait psychologiquement c'est moi qui deviens président et lui qui ne l'est plus ce que le conseiller de l'ombre de Sarkozy Patrick Buisson aujourd'hui décédé te confirmera dans une formule que je ne résiste pas à vous citer l'anaphore déroulé sans interruption par François Hollande nous fit l'effet d'un découronnement symbolique je ne peux pas tout citer mais j'évoquerai encore la dernière victoire présidentielle d'Emmanuel Macron en 2022 suivie de sa cinglante défaite aux législatives et la conclusion que tu tires de ce quinquennat mort-né en laissant la parole à Albert Camus la nature a horreur des trop longs miracles je termine en disant que nous n'avons évidemment aucun doute sur le fait que tu nous offriras en 2028 une troisième édition de cette grande saga augmentée bien sûr du récit de l'élection présidentielle de 2027 et donc dans cette perspective plus que probable d'avance merci Gérard et celle qui va avoir le privilège de remettre le prix du livre politique c'est Laurence Parizeau qu'on accueille tout de suite présidente de City France mais surtout aujourd'hui présidente du jury du livre politique je vous laisse la parole merci beaucoup il y a certainement plein de présidents dans la salle et de présidentes donc mesdames et messieurs les présidents et surtout messieurs les premiers ministres et ministres mesdames et messieurs les parlementaires mesdames et messieurs les membres du jury tout d'abord je voudrais vous dire que c'était à la fois une surprise et un grand honneur pour moi quand on m'a sollicité pour présider ce jury du prix du livre politique mais c'était aussi une grande joie tellement il me semble important d'avoir comme aujourd'hui des occasions de rappeler à quel point la politique est essentielle et cette cérémonie que nous devons à Luce Perrault elle marque elle signe la valeur et l'honneur de la politique aujourd'hui tout est brouillé tout est broua le mot clé est celui qui est utilisé par les banquiers centraux incertitude il est vrai que parfois on ne sait pas très bien où on en est entre dépolitisation repolitisation hyperpolitisation et c'est là que les livres politiques nous permettent de sortir du piétinement dans lequel on a tendance à s'enfermer les livres politiques nous offrent un cheminement cette année d'après les membres du jury l'offre de livres politiques était tout à fait exceptionnelle le jury s'est réuni cinq fois entre novembre 2024 et ce matin je tiens à vous dire deux choses à propos de ce jury premièrement tous ceux qui en faisaient partie mais qui étaient directement ou indirectement confictés se sont immédiatement retirés des réunions de travail et des délibérations et puis deuxièmement c'est un jury assez remarquable il est bien loin des clichés un peu proustiens des jurys littéraires il n'y a ni malveillance ni manœuvre il y a au contraire transparence une sincérité une attention particulière portée par chacun à l'ouvrage à l'auteur à l'écriture il y a au fond sans aucun doute une volonté commune de mettre en valeur la politique dans ce qu'elle a de plus important et de plus grand on vous a présenté les trois finalistes et jusqu'à la fin on a été tiraillés tellement la qualité des trois ouvrages finalistes est exceptionnelle il a bien fallu prendre une décision et j'ai effectivement le privilège aujourd'hui de vous dire que le prix du livre politique 2025 est attribué à Gérard Courtois pour son livre la saga des élections présidentielles j'ai le coeur serré pour Jean-Michel Blanquer et Jean-Denis Combrexel mais il est vrai que nous avons été emportés par votre livre Gérard vous parlez de saga et c'est bien de cela dont il s'agit c'est une histoire mouvementée que vous nous racontez une histoire que nous croyions tous très bien connaître nous les passionnés de la politique mais avec à la fois l'acuité du journaliste la rigueur du politologue la passion de celui qui aime son objet d'observation avec la finesse du psychologue avec l'humour le talent de l'écrivain vous nous avez emportés au fur et à mesure de ces élections présidentielles Netflix a fait de The Queen un succès planétaire j'aimerais que les producteurs de Netflix s'inspirent de votre ouvrage et lancent un Fifth Republic nous aurions ainsi une possibilité d'offrir au plus grand nombre une lecture incomparable des coups tordus des coups de génie des raisonnements dans ce qu'ils ont de plus brillant ou de plus indigne et qui ont conduit à l'élection de nos différents présidents sous la Cinquième République mais il faut dire aussi que le jury en vous honorant aujourd'hui a voulu récompenser un livre exceptionnel qui est à la fois source de réflexion mais aussi de plaisir tout simplement à la lecture mais je crois que le jury a voulu aussi récompenser un grand journaliste politique que nous apprécions tous pour son honnêteté pour son indépendance pour son intelligence pour tous ces articles qui ont nourri l'action de ceux qui sont engagés la réflexion de ceux qui observent et au fond ce qui est remarquable c'est que votre livre tout en disant la vérité crue nous donne encore plus envie d'aimer la politique pour cela merci et bravo Gérard Courtois n'hésitez pas vous avez quelques minutes pour ce prix et encore félicitations
chère Laurence je suis un peu écrasé par cette avalanche de compliments qui me déborde dépasse un peu quant à Netflix je n'ai aucun contact mais je vous fais confiance
mes messieurs les premiers ministres mesdames et messieurs les ministres mesdames et messieurs les députés chers amis du prix du livre politique
et chère Luce Perrault infatigable animatrice de ce rendez-vous annuel c'est peu dire que je suis honoré d'avoir été distingué pour ce livre sur les campagnes présidentielles je le suis d'autant plus honoré que je me trouve
en excellente compagnie comme cela a été dit précédemment le récit que fait Jean-Michel Blanquer de ces cinq années passées au ministère de l'éducation nationale est un témoignage à la fois personnel lucide et courageux sur les grandeurs et les servitudes de l'action gouvernementale quant à Jean-Denis Combrexel il réussit une sorte de performance qui consiste à rendre limpide et passionnant un sujet qui peut paraître aride et qui est la source de bien des caricatures ou bien des idées convenues sur l'excès de normes dont souffrirait la France ce pays et sa démocratie mon dernier remerciement je ne sais pas s'il est dans la salle va à Benoît Hiver le patron des éditions Perrin qui m'a embarqué dans cette aventure et qui m'a accompagné pendant un assez long moment de ces encouragements chaleureux et de ces relectures exigeantes et minutieuses cela a été dit par Carole merci Carole des mots que tu as prononcés cela a été dit ces onze campagnes présidentielles ont donné matière à une littérature abondante riche de témoignages d'analyses de décodage de décryptage etc mais les rassembler toutes dans une unique fresque entière complète sur 60 ans à mon avis permet de enfin j'espère de mesurer plus précisément combien l'élection présidentielle est la matrice de notre vie politique elle en fixe le rythme elle en fixe les rituels elle elle en ouvre les passions ou elle en nourrit les passions elle accouche de nouveaux leaders elle fait le tri des compétences et des talents elle façonne en général les majorités qui gouverneront dans le pays bon il arrive que ça ne marche pas exactement comme prévu mais comme on l'a vu en 1922 mais en général c'est quand même ça c'est quand même à ce moment là que se joue l'avenir du pays et les français l'ont bien compris votre livre se lit comme un roman m'a-t-on dit et bien tant mieux parce que la lecture des romans est en général plus plus plaisante plus agréable que celle des traités de sciences politiques mais le récit n'interdit pas l'analyse l'une et l'autre se nourrissent et se vivifient me semble-t-il et c'est à mon sens tout l'intérêt de l'histoire politique c'est comprendre et faire comprendre à la fois les continuités les ruptures les ressorts et les blocages dont tous les citoyens vous et moi sommes à la fois les spectateurs pendant une campagne mais aussi les acteurs au moment du vote enfin cette histoire permet d'appréhender peut-être plus clairement les enjeux de demain car toute saga appelle
Carole tu l'as suggéré appelle de nouveaux épisodes et celui de 2027 est déjà dans tous les esprits en tout cas dans les esprits
de tous ceux il n'en manque jamais qui espèrent ou qui ambitionnent d'accéder et d'arriver à l'Elysée souhaitons simplement que ce soit pour le meilleur c'est à dire à mon sens une dynamique retrouvée et non pas l'inverse c'est à dire une impasse prolongée merci à tous et bonne lecture merci beaucoup et encore bravo à Gérard Courtois alors pour conclure cette matinée et peut-être nous donner les premières pistes sur la route des nouveaux repères de la République je vous demande d'accueillir à nouveau Roselyne Bachelot ancienne ministre de la Culture qui va nous dire un petit mot
comme la plupart des orateurs précédents n'ont absolument pas respecté leur temps de parole à croire qu'ils sont aveugles à regarder le minuteur voilà très bien personne il n'y avait pas la présidente pour les gronder bon je vais simplement féliciter à nouveau les lauréats et féliciter également ceux qui n'ont pas eu de prix mais à y réfléchir jamais ce ce prix du livre politique n'a eu autant d'importance et d'avoir décidé que les nouveaux repères de la République c'est au coeur de notre réflexion c'est absolument indispensable et je pensais à la phrase de Gramsci dans ses cahiers de prison l'ancien monde est mort le nouveau tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres oui les monstres ont surgi il s'appelle Trump il s'appelle Poutine c'est la guerre en Ukraine c'est Trump qui nous assassine c'est les bouleversements dans la vie politique française cette matinée elle a été consacrée finalement à un constat et puis nous allons réfléchir aux solutions aux solutions cet après-midi c'est-à-dire comment transmettre le goût de la République puisque nous sommes tous convoqués à bâtir ces nouveaux repères et puis gouverner autrement une interpellation qui s'adressera plus précisément aux acteurs de la gouvernance ont-ils le choix entre la radicalité ou le compromis je serai pour ma part radicalement pour le compromis à tout à l'heure
merci à toutes et à tous de nous avoir reçu pour cette première partie de la 34e journée du livre politique à la recherche des nouveaux repères de la République on se retrouve dans quelques instants avec de nouvelles tables rondes de nouveaux échanges et la remise du prix étudiant du livre politique ainsi que le prix étudiant de la BD politique rendez-vous dès 14h sur notre chaîne YouTube pour ne rien manquer de cet événement et dès 16h40 sur le canal 13 de la TNT à tout de suite