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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 5 mars 2025 22 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalDéfenseJusticeImmigration & asile

Sébastien Chenu : "Boualem Sansal c'est l'honneur de la France !" (Sud Radio)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 25 %Attaque 60 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:38OuverteRéponse directe

    Comment vous interprétez ce discours de Trump, Sébastien Chenu ?

  • 1:08RelanceRéponse partielle

    Avec une méthode que l'on juge brutale, vous la considérez aussi comme brutale, cette méthode ?

  • 2:44OuverteRéponse directe

    Trump affirme avoir obtenu un retour de Zelensky pour signer le plan de paix. Comment l'analysez-vous ?

  • 3:34OuverteRéponse directe

    Marine Le Pen a condamné la décision brutale de Trump. Partagez-vous cette critique ?

  • 4:37OuverteRéponse directe

    Quelle attitude faut-il adopter face à Trump dans ces conditions ?

  • 5:32OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous du plan Van der Leyen sur l'aide à l'Ukraine ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41Invité politiqueFait
    « C'est la poursuite de sa campagne présidentielle et de sa thématique présidentielle « Make America great again ». »
  • 2:05Invité politiqueFait
    « La réalité, ça fait 30 ans que nous sommes gouvernés par des gens qui se moquent des résultats. »
  • 6:30Invité politiquePromesse
    « Il faudrait faire porter l'effort de défense nationale à 3% du PIB. »
  • 7:39Invité politiqueFait
    « Gabriel Attal, qui a participé à la ruine de la France, qui a été un très mauvais Premier ministre. »
  • 8:47Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron prend vraiment les Français pour des imbéciles. »
  • 10:45Invité politiqueFait
    « Tous ces gens-là, depuis 7 ans, ont ruiné et ruinent le pays avec beaucoup de méthodes. »
  • 15:59Invité politiqueFait
    « Boilem Sansal n'a commis aucun délit. »
  • 17:59Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron ne veut rien faire parce qu'il a peur. »
  • 18:58Invité politiqueFait
    « Si Bruno Retailleau continue, c'est donc qu'il est cynique et qu'il se moque des Français. »
  • 19:52Invité politiquePromesse
    « C'est Marine Le Pen à l'Élysée, Jordan Bardella à Matignon. »
  • 20:54Invité politiqueFait
    « Occupons-nous déjà de protéger dans nos quartiers un certain nombre de gays des attaques homophobes. »
  • 21:11Invité politiqueFait
    « Dans les quartiers, d'où viennent aujourd'hui les agressions, les attaques, au nom de quelle culture. »

Temps de parole

  • Sébastien Chenu74 %
  • Présentateur26 %

3,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Sébastien Chenu, le vice-président du Rassemblement National, député du Nord. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. Merci d'être avec nous ce matin. Trump, l'Ukraine, le plan européen, le policier devant la justice, peut-être dans l'affaire Naël, donc et le procès. Et quelques autres questions dans l'actualité que nous allons évoquer dans un instant, bien sûr. Commençons par le discours cette nuit de Donald Trump. Discours fleuve, 1h40 devant le congrès. « America's back », a-t-il martelé. Et il affirme que les États-Unis sont sur le point de connaître un retour en force comme le monde n'en a jamais connu et n'en connaîtra peut-être jamais plus.

Avant de rentrer dans le détail, Ukraine, Drandom, comment vous interprétez ce discours de Trump, Sébastien Chenu ?

0:41
Sébastien Chenu

C'est la poursuite de sa campagne présidentielle et de sa thématique présidentielle « Make America great again ». On est dans la même logique, avec les mêmes effets d'estrade et parfois les mêmes excès de langage connu de Donald Trump qui poussent toujours très loin le curseur pour obtenir quelques résultats qu'il s'est d'ailleurs lui-même valorisés très largement. Donc on est dans cette...

1:08
Présentateur

Avec une méthode que l'on juge brutale, vous la considérez aussi comme brutale, cette méthode ?

1:13
Sébastien Chenu

Oui, mais vous savez, Donald Trump, c'est un homme d'affaires. Donc il fait avant tout du business, il a une vision en tous les cas qui est orientée comme telle. Il le fait avec cet aspect direct, brutal, pragmatique et également avec la recherche... Pragmatique, vous dites quand même. Oui, mais c'est un pragmatique. Il n'est pas très idéologue, en fait, Donald Trump, contrairement au vice-président Vance, qui à mon avis l'est davantage. Mais Trump, c'est quelqu'un qui veut des résultats, même si les résultats ne sont pas à la hauteur de ce qu'il a annoncé. Il veut du concret, rapidement. Il veut que les choses bougent, avancent. C'est son moteur, c'est sa façon de faire.

Alors nous, ça nous change ici, puisque ici, on est habitué à avoir des hommes politiques qui nous gouvernent depuis longtemps, qui ne recherchent pas de résultats. Ils recherchent des résultats, mais peut-être différemment. Non, on ne recherche pas de résultats. La réalité, ça fait 30 ans que nous sommes gouvernés par des gens qui se moquent des résultats. Donc vous dites que finalement, c'est la bonne méthode, alors qu'utilise Donald Trump. Avoir des résultats, a priori, quand on gouverne, ça doit être l'objectif. Non, mais nous, on est surpris qu'un gouvernant, un président comme Trump, soit raccord avec ce qu'il a promis, et ensuite cherche à obtenir des résultats.

Après, tout ça peut être très contestable. Sur la méthode, sur la forme, c'est vrai qu'ici, nous, on est gouvernés par des gens qui se moquent des résultats, et en tous les cas, ce qu'ils ont obtenu depuis des années ne sont quand même pas très brillants, et qui, de toute façon, se moquent aussi de savoir s'il y a une suite à ce qu'ils ont promis au moment des élections. Trump, c'est un peu le contraire.

2:44
Présentateur

Alors Trump, justement, il dit avoir obtenu un retour de Zelensky pour signer le plan de paix. Une lettre, notamment sur l'échange, les minerais, etc. Elle était rare après le clash de la semaine dernière. Donc c'est une méthode forte qui obtient des résultats. Bon, on n'a pas le retour de Zelensky.

3:03
Sébastien Chenu

Moi, je n'ai pas aimé cette méthode, pour tout vous dire. Ce côté, vous l'avez dit, brutal, mais qui, lorsqu'un pays comme l'Ukraine est affaibli, essaye de se défendre pour survivre, pour continuer à exister, est mis sous cette pression extrêmement forte au moment où ce pays a beaucoup de difficultés. Je trouve, au milieu de la crise, je trouve que c'est quand même largement contestable. C'est la méthode Trump. C'est sur quoi elle ne me plaît pas, voyez-vous.

3:34
Présentateur

Marine Le Pen, quand elle s'est exprimée cette semaine, elle a condamné cette décision brutale et cruelle dans la façon de faire de Donald Trump. Mais en même temps, on a senti quand même de la retenue dans le discours. C'était pour ne pas froisser la Russie ?

3:51
Sébastien Chenu

Non, je ne suis pas de froisser qui que ce soit. La France est un pays libre, indépendant, qui doit parler à tout le monde, qui doit parler et aider l'Ukraine. Je crois que nous avons été au rendez-vous, et nous sommes au rendez-vous de cette aide nécessaire à l'Ukraine, qui continuera à parler demain aux États-Unis. Ceux qui disent que les États-Unis ne sont plus un pays allié sont des pitres. Évidemment que les États-Unis restent un allié important. Même si Trump continue de nous mettre la pression ? Oui, mais Trump défend ses intérêts. J'aimerais qu'on comprenne ça.

Enfin, si on imagine que Trump est un allié qui va défendre les intérêts français et européens, on se met le doigt dans l'œil. Trump est un allié, les États-Unis, enfin Trump, les États-Unis, plutôt, sont un allié, à la tête duquel Trump, le président Trump, défend les intérêts des Américains.

4:37
Présentateur

Alors, quelle attitude il faut-il adopter, justement, face à Trump, alors, dans ces conditions ?

4:41
Sébastien Chenu

Parce que vous dites que c'est un allié, mais en même temps, c'est vrai qu'il nous impose un bras de fer. Il faut être exigeant. Il faut être exigeant, parce que d'abord, on a le droit d'être... Parce qu'on en a les moyens. Non, mais bien sûr, on a le droit d'être exigeant vis-à-vis de ses alliés, à partir du moment où on s'en donne les moyens. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, l'Union européenne, par exemple, qui est dans une politique plutôt tentée par la décroissance, quand on regarde le Green Deal, dont nous avons demandé avec Jordan Bardella, l'abandon, quand on regarde les politiques qui sont celles de décroissance, de produire moins, eh bien, se tire une balle dans le pied.

Et on ne peut pas résister à l'Amérique de Trump et à Trump si on se met à produire moins. L'Europe doit continuer à produire, doit continuer à assurer sa défense au niveau de ses nations, qui doivent pouvoir avoir des partenariats, doivent pouvoir aussi vendre du matériel français, par exemple, aux États européens, plutôt que les États européens aillent acheter du matériel américain. Ça, c'est des façons de résister.

5:32
Présentateur

– Et que pensez-vous du plan Van der Leyen sur, justement, d'aide à l'Ukraine ? Sur un plan militaire, là, il y a quand même beaucoup d'argent sur la table, hein ?

5:42
Sébastien Chenu

– Mais on ne sait pas comment tout ça va être financé. Mme Van der Leyen n'a aucune légitimité. Aucune légitimité à dépenser l'argent qu'elle n'a pas, à lever l'argent qu'elle n'a pas dans les poches des Français et des Européens, accessoirement, pour financer une politique de défense pour laquelle nous ne lui demandons rien. Nous considérons que la défense, parce que nous avons... – L'argent, il y en a, quand on veut, on peut en trouver. – Ah oui, c'est sûr que pour faire les poches des Français, ils auront probablement encore beaucoup d'idées. – Non, mais on peut changer aussi dans les choix, dans les priorités, peut-être, des budgets.

– Oui, mais nous, nous demandons, vous savez que le Rassemblement National a demandé depuis très longtemps, déjà, qu'on porte l'effort en matière de défense à 3% du PIB. On nous a rionné à l'époque. On l'a demandé dans chaque débat à l'Assemblée Nationale. On s'est moqué de nous, et aujourd'hui, qu'est-ce qu'on entend ? Il faudrait faire porter l'effort de défense nationale à 3% du PIB. – Mais ça, vous le soutenez, alors, ce plan, quand même, globalement ? – Oui, nous soutenons le fait que les nations, la France en l'occurrence, puissent avoir une défense qui lui permet d'être libre et indépendante.

Nous avons la puissance nucléaire, nous considérons que nous sommes les premiers à devoir décider de la façon dont nous devons l'utiliser. Nous ne pouvons pas la partager ni aujourd'hui, ni demain. Et accessoirement, nous disons à Mme von der Leyen qu'elle n'a pas l'autorité, elle n'a pas les prérogatives pour assurer la défense européenne.

7:04
Présentateur

– Non mais, alors, Sébastien Chenet, je vous suis, là, dans ce que vous dites. Vous dites, nous devons être libres, indépendants, la France, mais on doit quand même coopérer avec les Européens pour avoir ce plan. – Mais d'accord, vous soutenez quand même ce plan, quoi.

7:16
Sébastien Chenu

– Des coopérations de nations libres et indépendantes, nous n'y avons jamais renoncé. Nous ne voulons pas nous mettre sous la tutelle de qui que ce soit.

7:24
Présentateur

– Oui, un mot d'ailleurs, est-ce qu'il faut saisir les avoirs russes ? Il y a un débat en ce moment autour de ça.

7:29
Sébastien Chenu

– C'est visiblement très compliqué. – Est-ce qu'il y a de l'argent, là ? – Non mais, et puis alors, on fantasme beaucoup là-dessus. D'abord, un, c'est visiblement et juridiquement très compliqué. Et deux, on nous dit qu'avec les avoirs russes, on va tout financer. Quand j'entends Gabriel Attal, qui a participé à la ruine de la France, qui a été un très mauvais Premier ministre, oui, vous êtes quand même au courant de l'état financier de notre pays. Et qu'il vient nous dire que c'est grâce aux avoirs russes qu'on va financer la politique de défense, notamment l'accès au 3% du PIB en matière de défense. Là aussi, je me demande où ces gens ont-ils…

– Donc vous n'êtes pas très favorables pour qu'on aille piocher, essayer de… – Non mais, je n'y suis pas défavorable. Mais attention à ne pas faire croire aux Français des choses qui sont difficilement réalisables et qui ne rapporteront pas ce qu'on pense qu'ils rapporteront.

8:10
Présentateur

– Certains vont vous rétorquer, c'est parce que la Russie, vous avez prêté de l'argent.

8:14
Sébastien Chenu

– Non, non, mais tout ça est soldé depuis très longtemps. Tout ça est une histoire en tête. – Oui, ça c'est fini. – Ce n'est pas la Russie qui nous a prêté de l'argent, cher Patrick Roger. C'était une banque privée. Quand vous faites un prêt à la banque, vous ne devez rien à l'État français. Vous devez le remboursement à la banque. Vous n'êtes pas lié à l'État français.

8:33
Présentateur

– Oui, oui, sauf quand la banque a des capitaux aussi de l'État français. – Non, vous ne devez rien à l'État français.

8:37
Sébastien Chenu

Vous ne devenez pas le complice d'Emmanuel Macron.

8:39
Présentateur

– Oui, alors tiens, à propos d'Emmanuel Macron, qu'est-ce que vous attendez du président de la République qui a décidé de prendre la parole ce soir, Sébastien Chenu ?

8:47
Sébastien Chenu

– Emmanuel Macron prend vraiment les Français pour des imbéciles. Enfin, il va nous rejouer le sketch comme le Covid, comme quand l'Ukraine a été envahie par Poutine, c'est-à-dire de dramatiser à tel point qu'il faudra en oublier le reste. C'est-à-dire qu'il va nous dire, attention, Poutine va arriver à Paris, donc on ne parle plus de rien d'autre. On ne parle plus d'immigration, on ne parle plus d'insécurité, on ne parle plus de dette, on ne parle plus de la situation économique et financière de la France. Il va falloir se serrer la ceinture pour augmenter la dépense militaire européenne. Ça, c'est le discours d'Emmanuel Macron.

Il va falloir plus de fédéralisme parce qu'on est trop petit, on est tout seul, il faut aller vers plus d'Europe. C'est-à-dire qu'en réalité, il va faire avancer son agenda fédéraliste sur le dos de ce fait extrêmement grave qui est effectivement…

9:35
Présentateur

— Oui, mais là, est-ce que vous n'êtes pas de mauvaise foi ? Il y a un dossier qui est urgent, l'Ukraine, avec les discussions Zelensky, Trump et l'Europe. Donc il a peut-être raison, non, de prendre la parole ce soir pour clarifier ? Parce que vous-même, vous avez dit que vous attendez des clarifications d'imposition française, quoi.

9:53
Sébastien Chenu

— Emmanuel Macron joue sur les peurs. Il va nous dire le méchant Poutine, il va nous dire le méchant Trump. Et moi, je suis d'accord, je n'ai aucune tendresse ni pour l'un ni pour l'autre. Je dis simplement que, comme je l'ai dit en début de conversation, les États-Unis restent un allié avec un président très contestable, évidemment, à leur tête. Je dis qu'un jour, il faudra reparler à la Russie. La Russie sans Poutine, j'espère d'ailleurs. Mais un jour, il faudra reparler à la Russie. Emmanuel Macron est en train de nous dire « On est trop petit, on est trop seul. Oubliez tout ça. Ne vous occupez plus des affaires domestiques. Les enjeux sont internationaux. Faites-moi confiance.

Je suis un habile chédrier. » — Alors qu'il parle aussi d'autres dossiers ce soir. — Mais je pense que quand même, la France traverse des difficultés exceptionnelles. — Oui, il va peut-être les évoquer. — La situation d'abord économique et financière de notre pays est dramatique. C'est le reflet de la politique d'Emmanuel Macron, d'Elisabeth Borne, de Gabriel Attal, de Bruno Le Maire. Tous ces gens-là, depuis 7 ans, ont ruiné et ruinent le pays avec beaucoup de méthodes. C'est l'État lamentable de nos politiques sécuritaires. C'est la réforme des retraites. C'est la politique migratoire. C'est l'éducation nationale qui est en ruine. Enfin, il y a quand même beaucoup de sujets.

La situation des hôpitaux publics, l'agriculture et le traité du Mercosur. Enfin oui, il y a quand même beaucoup de sujets qui, je pense, préoccupent les Français, en plus du conflit russo-ukrainien.

11:10
Présentateur

— Avant de passer à un autre sujet, quand même, une petite parenthèse, vous avez dit ni sympathie, pas de sympathie, ni pour Poutine, ni pour Trump.

11:18
Sébastien Chenu

Vous les mettez dans le même panier, alors ? — Non, non, je ne les mets pas dans le même panier. Mais ce sont des dirigeants de grande puissance. Mais c'est vrai que je n'ai pas beaucoup de sympathie pour eux. C'est le moins qu'on puisse dire. — Et comment se positionne, en fait, le RN aujourd'hui par rapport ? — Ça ne veut pas dire que je ne respecte pas, d'ailleurs, leur peuple et leur pays. Je ne confonds pas les dirigeants et les peuples.

11:37
Présentateur

— Comment se positionne le RN par rapport à Donald Trump ? Parce qu'on sait qu'il y a des gens à droite, à l'extrême droite, qui apprécient son discours provocateur. Est-ce que vous ne pensez pas qu'il y a certains autres politiques, peut-être pas du RN, qui vont surfer sur cette vague ? Comment se positionnez-vous de votre côté ?

11:56
Sébastien Chenu

— Si on croit que les Américains sont des Européens qui parlent anglais, on se trompe. Les Américains ont d'autres systèmes de valeurs en rapport à la liberté qui est différent. C'est une nation qui est bercée par des rapports religieux qui sont très différents d'une autre. Donc les Américains n'ont pas les mêmes systèmes de valeurs. Ils attendent autre chose. C'est un État fédéral. C'est pas la même organisation. Donc ne transposons pas les choses. Ils ont élu un président qui leur a parlé des difficultés qu'il traversait, qui leur a dit, avec moi, l'Amérique va reprendre de la couleur. Donc ça, c'est assez intéressant parce que Donald Trump fait résonner le sentiment national.

Et en cela, il est intéressant. Mais au-delà de ça, les politiques de Donald Trump, je n'en attends rien. D'abord parce que je ne suis pas Américain. Mais ensuite, en tant que Français, je sais qu'il va être impitoyable avec nous.

12:42
Présentateur

— Oui. Sébastien Chenu, autre sujet dans l'actualité. Le réquisitoire dans l'enquête sur la mort de Naël, le parquet requiert un procès. Pour l'instant, il n'y a pas de décision du juge d'instruction. On attend le juge d'instruction. Les syndicats de policiers sont en colère, vont manifester d'ailleurs aujourd'hui à la vie de journée. Vous êtes aux côtés des policiers. Vous serez à leur côté tout à l'heure ?

13:06
Sébastien Chenu

— Bon, nous, notre rôle, c'est pas d'appeler à manifester. Mais Allianz sait que ce syndicat sait qu'il peut compter sur nous. On a souvent été aux côtés d'Allianz. Et nous savons que les policiers sont très meurtris par ce type de décision. Parce qu'on a le sentiment d'une inversion des culpabilités. On a le sentiment qu'on montre du doigt des hommes et des femmes qui protègent les Français tous les jours et qu'on est en train de leur dire « Vous êtes des salauds ». Nous, nous sommes résolument aux côtés de la police. — Oui. Donc vous allez manifester ou pas ? Non ? — Je n'ai pas prévu d'aller manifester. Non, non. Je pense qu'il y a une affaire, une instruction en cours.

Donc voilà, je ne pense pas que ce soit la place d'un législateur.

13:44
Présentateur

— Certains disent que c'est une décision quasi politique. — Oui, il y a quelque chose de politique.

13:48
Sébastien Chenu

— De crainte et de reprendre, d'avoir des émeutes qui reprennent. — Bien sûr qu'il y a quelque chose de politique. Mais vous savez, Emmanuel Macron... — Le Parquet n'est pas indépendant. — Mais Emmanuel Macron, je ne dis pas ça, mais je dis qu'il y a quelque chose de politique là-dedans. Emmanuel Macron avait d'ailleurs lui-même foulé au pied la présomption d'innocence du policier lorsqu'il s'était exprimé immédiatement après la mort du jeune Naël, qui reste un drame. C'est toujours un drame qu'un gamin meurt suite à ce type de heurts. Donc ça reste un drame. Mais c'est un drame qui a été instrumentalisé, en particulier par l'extrême-gauche, comme à chaque fois.

14:22
Présentateur

— Oui. Puisqu'on parle de justice, il y a des soupçons de corruption à Fréjus. La mairie à reine de David Rachline a été perquisitionnée. Ça fait deux enquêtes au total sur la gestion du maire. Qu'est-ce qui se passe ? Il y a un acharnement de la justice ?

14:37
Sébastien Chenu

— Oui. Laissons la justice travailler. Présomption d'innocence pour David Rachline, comme pour n'importe qui. Le maire de Fréjus, qui était très bien réélu, je pense que ses concitoyens sont ravis de la façon dont il gère sa mairie. Ils le réalisent dès le premier tour. Donc si la justice a quelque chose à chercher, qu'elle cherche.

14:53
Présentateur

— Et donc là, pour l'instant, il peut rester au RN.

14:55
Sébastien Chenu

— Non. — Bien entendu, David Rachline est maire, élu, il est présumé innocent de quoi que ce soit.

15:00
Présentateur

— Oui. Oui, oui, bien sûr. Et puis donc... Mais si ça s'avérait exact, ce qui a été...

15:06
Sébastien Chenu

— Non, mais je ne vais du tout dans cette situation.

15:08
Présentateur

— Vous non ? — J'ai confiance en David Rachline.

15:10
Sébastien Chenu

— Oui. D'accord. Total confiance. — On ne peut pas dire d'un côté, matin, midi et soir, Christophe de Chavannes est présomé innocent de taper de la coque. Et de l'autre côté, dire à des élus qui font un boulot incroyable tous les jours, lorsque la justice leur pose des questions ou perquisitionne, eux ne seraient pas présumés innocents. Rachline est présumée innocente.

15:26
Présentateur

— Sur l'Algérie... — Il l'est probablement. — Oui. Sébastien Chenet, sur l'Algérie, j'ai vu hier soir que vous avez fait un tweet sur Boilem Sansal. Qu'est-ce que vous voulez, effectivement ? Vous voudriez qu'il y ait une distinction pour lui, c'est ça ?

15:39
Sébastien Chenu

— Je ne veux pas une distinction. Je veux qu'on le protège, qu'on le sorte de prison. Boilem Sansal, c'est l'honneur de la France. C'est un immense écrivain. C'est un de nos compatriotes. Il est français. Il se bat contre l'islamisme, contre tous les obscurantismes. Et aujourd'hui, il est emprisonné en Algérie sans aucune raison. C'est un Français emprisonné en Algérie... — Pas au regard du pouvoir algérien. — Sans aucune raison. Boilem Sansal n'a commis aucun délit. Et il est français. Donc on n'a pas accepté qu'un intellectuel français soit emprisonné de l'autre côté de la Méditerranée.

Et pour ça, j'ai demandé qu'on puisse, sur l'idée de Noël Lenoir, ancien membre du Conseil constitutionnel d'ailleurs, rendons à César ce qui lui appartient, qu'on puisse l'élever au grade d'ambassadeur à la francophonie. Ça lui donnerait une protection fonctionnelle qui permettrait évidemment de ne pas le voir poursuivi pour les chefs d'accusation dont l'Algérie essaie de ne plus suivre.

16:29
Présentateur

— Alors le titre, c'est « Ambassadeur à la francophonie ».

16:32
Sébastien Chenu

— Pour ne pas le relier à un seul pays. Pour ne pas être ambassadeur de France. Ambassadeur à la francophonie, pour ne pas le relier à un seul pays. — Et ça, vous allez le proposer... — On l'a proposé, mais évidemment, moi j'ai vu l'ensemble...

16:43
Présentateur

— C'est le aucun dorset dans ces conditions ?

16:45
Sébastien Chenu

— C'est une proposition qui est sur la table, évidemment. C'est au président de la République de pouvoir faire avancer ceci. Mais j'ai l'impression qu'on oublie, que le gouvernement oublie Boilem Sansal, qu'on ne se mobilise pas. Je n'entends rien. Et de l'autre côté, la gauche, hier, il faut le savoir, le PS, le PC, les Verts. Et évidemment, la France insoumise ont refusé de voter une résolution demandant la libération de Boilem Sansal. L'idée même qu'on critique le pouvoir algérien leur donne des boutons à la gauche. Eh bien moi, je dis que c'est notre honneur de défendre Boilem Sansal.

17:14
Présentateur

— Vous voudriez qu'Emmanuel Macron s'exprime sur ce sujet ce soir ?

17:17
Sébastien Chenu

— Mais j'espère qu'il le nomme, par exemple, l'ambassadeur à la francophonie. — J'espère qu'il s'exprimera. Et j'espère qu'il va secouer le pouvoir algérien, car il est inadmissible qu'un des nôtres soit emprisonné.

17:28
Présentateur

— Alors vous avez vu, il y a deux lignes maintenant au pouvoir. — Oui, il y en a plus que deux. — Non mais celle d'Emmanuel Macron sur l'Algérie, sur les accords de 68, et celle de François Bayrou et Bruno Retailleau. Vous, vous êtes plutôt sur quelle ligne ?

17:41
Sébastien Chenu

— Écoutez, d'abord, je trouve ça consternant que l'État français ne soit pas capable de parler d'une seule voix, que le président de la République soit en opposition avec son premier ministre et son ministre de l'Intérieur, quand il s'agit de demander à l'Algérie d'être exigeant vis-à-vis de l'Algérie et d'abroger les accords de 68. Emmanuel Macron ne veut rien faire parce qu'il a peur.

Il a peur ici que la diaspora algérienne, dont il pense qu'elle est totalement acquise au pouvoir algérien, ce qui est scandaleux, parce que moi, je ne mélange pas et je ne confonds pas les franco-algériens ou les algériens avec le pouvoir algérien, il a peur qu'il le soit ému ou qu'il le prenne parti pour le pouvoir algérien. Eh bien, je dis qu'il faut que ce gouvernement remette en cause les accords de 68. Nous le demandons depuis des années parce que ça donne des droits supérieurs à l'Algérie et qu'en ce moment, l'Algérie se comporte mal puisqu'elle refuse de reprendre ses ressortissants. — Donc vous êtes plutôt du côté de Bruno Retailleau, notamment. — Bruno Retailleau, il n'agit pas.

Bruno Retailleau, il perd tous les arbitrages. Bruno Retailleau parle beaucoup.

18:38
Présentateur

— Il devrait en tirer des conséquences, là, lors de ça ?

18:40
Sébastien Chenu

— Vous savez, quand vous vous mettez dans la situation qui est la suivante, vous parlez beaucoup, vous ne pouvez pas obtenir de résultats parce que vous n'avez pas les mains libres, parce que vous savez que vous êtes sous la tutelle de Macron, de Mme Borne, des socialistes à l'Assemblée nationale. À un moment, il faut partir si vous ne pouvez pas mener la politique à laquelle vous croyez. — Donc vous lui conseillez de partir. — Si Bruno Retailleau continue, c'est donc qu'il est cynique et qu'il se moque des Français. — Je pense qu'il se moque un peu des Français. — Pardon ? — Je pense qu'il se moque un peu des Français. — Ah bon ? Il se moque des Français, Bruno Retailleau.

— Il fait avancer son agenda personnel alors que les Français lui demandent des résultats.

19:15
Présentateur

— Il a plutôt une bonne image, ça, auprès des Français, là. — Oui, mais ça fait six mois qu'il est là. Il faut des résultats, maintenant. — Il faut des résultats. Dites-moi, tiens, à propos des résultats, comment vous allez faire au RN ? Vous avez vu qu'il y a match entre Jordan Bardella et Marine Le Pen dans notre sondage IFOP fiducial pour le Figaro et Sud Radio en début de semaine. — Non, mais c'est pas un match. Ils sont tous les deux très hauts. — Oui, les Français qui souhaiteraient voir quelqu'un se présenter à la présidentielle de 2027. Bardella est devant Marine Le Pen. D'un point, mais quand même.

19:47
Sébastien Chenu

— La réalité, c'est que nous sommes très clairs dans ce que nous proposons aux Français. C'est Marine Le Pen à l'Élysée, Jordan Bardella à Matignon. L'un et l'autre se préparent. L'un et l'autre préparent une proposition politique aux Français pour créer la grande alternance populaire dont nous avons besoin. Et chez nous, contrairement aux Républicains, à la bataille Vauquiez-Retailleau ou aux successeurs de Emmanuel Macron, les choses sont claires.

20:10
Présentateur

— Pour vous, elles sont claires jusqu'à la fin du mois de mars, début du mois d'avril ?

20:13
Sébastien Chenu

— Oui, mais ça, je ne sais pas pourquoi Marine Le Pen serait poursuivie ou condamnée sur quelque chose.

20:17
Présentateur

puisqu'elle est innocente. — Ah bah oui, mais pour l'instant, ce n'est pas ce que dit exactement la justice. Donc on verra. — Ah mais Marine Le Pen serait une innocente, elle aussi, d'ailleurs. — Oui, oui. Sébastien Chenu, dernière question. Il y a une centaine de personnalités, dont Mélenchon, Olivier Faure, Marine Tondelier, Clément Beaune aussi, qui ont signé une tribune... Pardon ? — Des gens charmants. — Oui, des gens charmants. Alors justement, est-ce que vous pourriez signer avec ces gens charmants une tribune qui appelle à la tenue d'une marche des fiertés à Budapest, qui est interdite par Budapest ?

Et je sais que vous, à un temps, vous aviez quand même fondé Guilib, un mouvement de défense des droits des homophobes. — Non, mais est-ce que vous pourriez...

20:54
Sébastien Chenu

— Non, mais moi, je vais vous dire, je ne donne pas de leçons aux pays étrangers. Occupons-nous déjà de protéger dans nos quartiers un certain nombre de gays des attaques homophobes ou des contraintes qu'ils peuvent subir parce qu'ils ne peuvent pas vivre librement. Ça existe. Il suffit de prendre le rapport de SOS homophobie. Une fois qu'on aura réglé le problème en France, on pourra donner des leçons à la terre entière. Et on sait très bien, d'ailleurs, dans les quartiers, d'où viennent aujourd'hui les agressions, les attaques, au nom de quelle culture, au nom de quel fantasme, un certain nombre de nos compatriotes, parce qu'ils sont gays, ne peuvent plus vivre dans leur quartier.

21:26
Présentateur

— Merci Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement National, député du Nord, a été l'invité de Sud Radio.