Macron : demain tout commence #cdanslair 13.05.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 34 %Attaque 36 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:57OuverteÉludée
Qu'est-ce qui se passe en coulisses depuis lundi ?
- 7:19OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il a eu vraiment le temps de se préparer à présider ?
- 8:49OuverteRéponse directe
Il négocie ? Il passe sa journée au téléphone ?
- 10:22OuverteRéponse directe
Expliquez-nous les 149 noms qui manquent.
- 12:23RelanceRéponse directe
François Bayrou a annoncé tout va bien, on a un accord. Et cet après-midi, Richard Ferrand dit non, non, non, il n'y a pas d'accord avec Bayrou.
- 14:45OuverteRéponse directe
Sur la nomination du conseiller en communication de François Hollande, Gaspard Ganser, parachuté à Rennes.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:10InvitéFait
« Il y a un an, rappelez-vous, c'était le 8 mai, il était à Orléans chez Jeanne d'Arc et tout le monde se disait tout de même, pourquoi est-ce que ce jeune homme parle de sa trajectoire comme une flèche ? »
- 4:33InvitéFait
« Un an plus tard, il est allé à l'Élysée. Ça, c'est quand même un record de vitesse. »
- 4:41InvitéFait
« Il n'a pas mis son drapeau européen dans sa poche au moment où tout le monde disait que l'Europe, le scepticisme européen, lui, a gagné là-dessus. »
- 9:24PrésentateurChiffre
« Presque 6 sur 10 n'ont jamais fait de politique, viennent de la société civile. »
- 21:22InvitéFait
« Mais ça n'était jamais un dimanche. »
- 37:25Invité politiquePromesse
« Évidemment, c'est non seulement son souhait et son espoir, mais c'est son pari. »
- 37:48Invité politiqueFait
« L'engagement qu'il a pris dès le début de son quinquennat est donc funeste engagement en promettant une inversion très rapide de la courbe. »
- 38:02Invité politiqueChiffre
« Entre le moment où il a pris le pouvoir et le moment où il l'a rendu, il y a entre, suivant les estimations, 600 000, 800 000 chômeurs de plus. »
- 38:13Invité politiqueFait
« il va être observé au millimètre et qu'il doit souhaiter que très rapidement, il y ait des signaux positifs pour que la confiance gagne »
- 38:22Invité politiquePromesse
« faire enfin baisser le chômage »
- 38:30PrésentateurFait
« qui sera à parité avec 15 membres, dit-on, c'est en gros un tiers de gauche, un tiers de droite et un tiers de société civile »
- 38:42PrésentateurFait
« c'est ceux qui l'entourent, c'est presque tous des gens qui sont issus du Parti socialiste »
- 38:59InvitéFait
« Jean-Yves Le Drian, évidemment, puisqu'on reproche à Emmanuel Macron d'avoir un profil peu régalien »
- 39:47InvitéFait
« Il avait parlé de mesures concernant la moralisation de la vie politique »
- 40:20PrésentateurFait
« Ça s'affichait beaucoup avec François Hollande ou des socialistes »
- 41:35InvitéFait
« Non, parce que de toute façon il restera une droite, il restera une gauche »
- 41:47PrésentateurFait
« Moi, je fais plutôt le pari qu'on aura deux grands groupes à l'Assemblée nationale, un groupe En Marche et un groupe Les Républicains »
Temps de parole
- Présentateur47 %
- François Bayrou18 %
- Invité16 %
- Invité 211 %
- Invité 34 %
≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. L'un reste, l'autre part. C'est un rituel de la Ve République. La passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron aura lieu demain matin à l'Elysée. Au-delà du symbole et de l'émotion, cette cérémonie marque le vrai coup d'envoi du nouveau quinquennat. Tout devrait aller assez vite ensuite. On attend la nomination du Premier ministre dès lundi, voire demain soir. Un aller-retour à Berlin est également prévu pour rencontrer la chancelière Angela Merkel. Un agenda chargé alors que la bataille des législatives commence. François Bayrou a obtenu apparemment un accord plus favorable tard hier soir avec La République en marche.
La crise est terminée mais le match ne fait que commencer. Le nouveau chef de l'État a un mois pour décrocher une majorité à l'Assemblée. C'est dire l'ampleur de la tâche pour Emmanuel Macron qui entrera à l'Elysée en compagnie de son épouse, Brigitte, la femme de sa vie, qui devrait continuer à jouer un rôle important. C'est un couple qui arrive au pouvoir. En tout cas cette fois ça y est, la présidentielle est bel et bien terminée. Pour le nouveau président, demain tout commence. On en parle avec nos invités. Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match. En une de votre magazine cette semaine, Macron, président, l'espoir a gagné.
Michel Cotta, vous êtes éditorialiste politique à Europe 1, auteur de nombreux livres sur l'histoire de la Ve République. Votre dernier ouvrage, « Comment en est-on arrivé là ? » a été publié chez Robert Laffont. Fabrice Lhomme, vous êtes grand reporter au journal Le Monde, co-auteur avec Gérard Davé du livre « Un président ne devrait pas dire ça » chez Stock. Anne Fulda, vous êtes grand reporter au Figaro. Vous venez de publier une biographie du nouveau président chez Plon. Emmanuel Macron, un jeune homme si parfait. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à cette émission en direct. Nous attendons bien sûr vos questions par SMS et Internet.
On avait très très peu d'images, voire pas d'images du nouveau président ces derniers jours. On en a une, parce qu'il était quasiment sous les radars. C'est une photo, un selfie avec son équipe. Il l'a postée sur les réseaux sociaux. On la verra dans quelques instants. C'est un sacré coup de jeune quand même. Oui, forcément. À la fois cette communication et son arrivée au pouvoir. Oui, d'abord son âge, 39 ans. On a beaucoup dit sur, évidemment, le plus jeune président de l'histoire de la République. Évidemment, ses méthodes, puisqu'il a décontenancé tout le monde, révolutionné tous les codes de la 5e République. Et au fond, d'ailleurs, il ne les a pas appliqués.
Il a plutôt inventé des nouvelles. C'est plus simple de le dire comme ça. Il n'a pas du tout été dans les codes habituels. Il a appliqué les siens. C'était plus simple. Et puis après, il y a sa communication à lui. Évidemment, il va essayer d'imprimer sa marque dès le début. Alors, aujourd'hui, c'est le selfie avec les candidats qui étaient en séminaire à Paris. Les candidats de la République En Marche, dont une grande partie a été dévoilée cette semaine par le secrétaire général du mouvement, Richard Ferrand. Donc, forcément, c'est un nouveau président. Et ça va aller très vite, je pense, à partir de demain. Parce que son premier défi, vous l'avez dit, c'est d'obtenir cette majorité.
Il a besoin d'une majorité claire, une majorité nette pour pouvoir gouverner. Avant ça, il va très vite nommer son premier ministre. Et puis, là, les cinq semaines, elles vont être très politiques. Mais aussi avec beaucoup d'images. Parce que les images, justement, ça va aider à garder cet élan imprimé depuis le premier tour de la présidentielle. Michel Cotta, coup de jeune, c'est ce qu'on disait aussi lorsque Valéry Giscard d'Estaing est arrivé au pouvoir. Mais il a neuf ans.
Il a neuf ans de plus que lui. Et en plus, il y a beaucoup de différences entre Valéry Giscard d'Estaing et... Même si on veut les comparer, parce que c'est drôle de comparer de jeunes gens, si j'ose dire, un peu moins jeunes pour l'un et un peu plus jeunes pour l'autre. Arriver à l'Élysée, on les compare. Mais derrière Valéry Giscard d'Estaing, il y avait des années et des années de présidence d'un parti, même si ce n'est pas un grand parti, de participation au gouvernement avec le général de Gaulle, il y avait quand même des années de carrière derrière lui.
Tandis que là, évidemment, ce qui fait le coup de gêne, c'est qu'il y a un an, rappelez-vous, c'était le 8 mai, il était à Orléans chez Jeanne d'Arc et tout le monde se disait tout de même, pourquoi est-ce que ce jeune homme parle de sa trajectoire comme une flèche ? De qui parle-t-il vraiment ? On commençait à se demander. Un an plus tard, il est allé à l'Élysée. Ça, c'est quand même un record de vitesse. C'est fulgurant. C'est un record de vitesse. Et puis, oui, c'est nettement... En plus, il n'a pas mis son drapeau européen dans sa poche au moment où tout le monde disait que l'Europe, le scepticisme européen, lui, a gagné là-dessus.
Alors que par rapport à ses concurrents, tout le monde était très, très eurosceptique. Il n'y avait pas beaucoup d'enthousiastes européens là-dedans. Donc, c'est évidemment quelqu'un qui a gagné vite sans mettre aucun drapeau dans sa poche.
Emmanuel Macron est allé rencontrer en effet les candidats du mouvement La République en Marche qui ont été investis cette semaine. Ils étaient rassemblés au musée du Quai Branly à Paris. Ça, bon, c'est la face émergée de l'iceberg, plus le selfie, c'est la com. Qu'est-ce qui se passe en coulisses depuis lundi, Fabrice Lam ? Qu'est-ce qui fait le nouveau président ?
Il travaille avec qui ? Il travaille à quoi ? Alors, sur ce qui se passe en coulisses, je ne suis pas le mieux placé sur cette table pour en parler. En revanche, moi, ce qui m'intéresse, c'est que puisqu'on parle du coup de jeune que Macron amène incontestablement, de par son âge et de par, ce que disait Michel Cotta, son parcours fulgurant, l'intérêt des mois qui viennent et même des semaines, c'est de voir s'il va, à son tour, succomber, j'allais dire, à la malédiction de l'Élysée. C'est-à-dire que le fait d'entrer à l'Élysée et de dire, avec moi, ça va être différent, avec moi, ça va changer, c'était le cas de Giscard d'Estaing, mais ça a été le cas de tous.
Rappelons-nous de Sarkozy, quand il arrive au pouvoir en 2007, il entraîne avec lui, enfin, il a une vraie dynamique et tout le monde dit, ça y est, il a ringardisé les autres, la politique française va s'américaniser, etc. Et on a vu que, finalement, Sarkozy, comme Giscard, comme les autres, et comme François Hollande aussi, ont voulu renouveler le genre, en quelque sorte, ou laisser entendre que, eux, ce serait différent, et tous, ou presque, ont succombé à cette malédiction de l'Élysée, qui fait que, très vite, on retrouve les réflexes, qui sont ceux d'un président de la République qui travaille en solitaire et qui, progressivement, arrive à s'isoler de son peuple.
Moi, j'ai en tête encore cette première réunion en 2012 de François Hollande, réunissant tous ses conseillers qui travaillent dans son cabinet, et au-delà, tous les conseillers élyséens, pour leur faire un discours à lequel on avait pu assister avec Gérard Davé, qui était très fort, en disant, attention, il faut, vous savez, le danger de ce palais, c'est la solitude, c'est l'isolement, il faut sortir, il faut être en contact avec les gens, sinon, ça va mal se passer. Et pourtant, ça s'est mal passé, et François Hollande, alors aussi pour des raisons privées, s'est retrouvé complètement esselé dans son palais.
Est-ce que, et c'est ça, je pense, vraiment l'enjeu de Macron, est-ce que lui va tenir la promesse du renouvellement, y compris sur ce plan-là, ou est-ce qu'il va se retrouver, comme les autres, j'allais dire, comme le roi dans son palais ?
Ça, c'est vraiment très intéressant, parce que, Anne Fulda, tout est allé si vite pour Emmanuel Macron. Est-ce qu'il a eu vraiment le temps de se préparer à présider, à exercer le pouvoir ?
Je pense qu'il s'est préparé psychologiquement assez vite. En fait, je pense que tout est inscrit en lui depuis quelque temps, quand même. Il a un plan assez déterminé. Cela dit, ce qui sera intéressant, je répondis un peu sur ce qui vient d'être dit, c'est que ces marcheurs, ça va être un peu sa bonne conscience, son Gémini Cricket, parce que ces gens-là, il s'est fait élire, effectivement, sur une promesse de renouvellement. Là, on voit ce qui vient de se passer. La tentation de la politique de papa du monde d'avant, elle est là, elle n'est pas loin. Donc, il va falloir qu'il veille à ça. Il faut que ça reste sa ligne directrice.
Et puis, on parlait de renouvellement, oui, évidemment, il arrive, le coup de jeûne, la communication avec des tweets, des selfies, etc. Néanmoins, il faut se souvenir quand même le soir de son élection. Il s'ancre dans l'histoire. Cette marche, cette fameuse marche qui rappelle celle de François Mitterrand, la rose à la main au Panthéon. Et c'est quelque chose qui est assez présent. Il conjugue les deux, toujours la modernité, et toujours se rappelle cette manière de se placer dans l'histoire, et dans l'histoire de France, pas seulement de la Ve République, au-delà. Il inclut dans ses références toujours aussi des références monarchiques.
C'est quelque chose, c'est un fil conducteur chez lui. Il y a toujours les deux.
Mais il est aussi rattrapé par la réalité, la réalité politique. Je disais à l'instant, effectivement, qu'est-ce qu'il fait ? Il négocie ? Il passe sa journée au téléphone ? Il y a eu ce couac avec François Bayrou ? Bonne jeudi. Bon, effectivement, d'abord, je pense que sa préoccupation, c'est son Premier ministre, son gouvernement. C'est ça, aujourd'hui, le plus urgent pour lui. Et c'est vrai que c'est invité en cette fin de semaine la communication un peu cafouilleuse et la publication de la liste des 428 candidats qui, au-delà de l'incroyable promesse de renouvellement, parce que là, pour le coup, la promesse est remplie, au moins pour les 428 premiers. Il y a plus de...
Presque 6 sur 10 n'ont jamais fait de politique, viennent de la société civile. Bon, après, il y a eu, effectivement, le couac avec François Bayrou qui ramène, et Anne Fulda le disait, qui ramène quelque part à la vieille politique, à corps ou pas. Est-ce qu'il y avait une promesse de 90 circonscriptions au modem ? Là, on retombe un peu dans la politique politicienne façon cinquième, alors, pour le coup, façon très classique. Et ça a provoqué 48 heures de mini-psychodrame. Juste, vous avez dit que... Je ne sais même pas...
Ils ne sont pas finis.
Voilà, Michel disait avant d'entrer sur le plateau que ce n'était pas fini, paraît-il. Oui, parce que le mouvement En Marche dit... Non, il n'y a pas d'accord.
En Marche dit... Refuse la proposition de François Bayrou, telle qu'elle a été négociée hier avec Gérard Collomb.
Je pense que jusqu'à la publication de la deuxième liste des 149 noms qui manquent, va y avoir sans doute cette guerre des nerfs... Juste, expliquez-nous les 149 noms qui... Alors, ils ont publié une première liste de 428 noms. Il reste effectivement, pour aller à 577, 149 noms à publier. Et ce sont des circonscriptions qui ont été laissées pour l'instant vacantes, sans candidat. C'est aussi un moyen de faire pression un peu sur la droite, notamment, et sur les républicains. Puisque, ça ne vous aura pas échappé que mercredi, c'est après, dimanche ou lundi. Donc, après, nous aurons connaissance et du nom du Premier ministre et de son gouvernement.
Il y aura forcément, puisque c'est la volonté de Emmanuel Macron d'y mettre des gens de droite. Le Premier ministre pourrait même être issu de la mouvance Les Républicains. Et du coup, ça, il espère que ça entraîne des candidats LR ou des gens républicains qui, du coup, pourraient prendre la tunique La République en marche. C'est un peu l'espoir d'Emmanuel Macron qui veut la majorité la plus large possible. Et c'est vrai qu'il part de zéro, ce qui serait un exploit pratiquement jamais atteint. Il part de zéro. Et il lui en faut 290. 289 exactement. 289.
Bel exploit en vue. Fabrice Lov. Il arrive. On a le sentiment qu'Emmanuel Macron a le besoin, la nécessité de reprendre les choses en main très rapidement. Puisque là, l'impression que ça donne, c'est qu'il y a déjà des cafouillages avant même qu'ils soient intronisés. C'est quand même une première. Il y a déjà des problèmes et pas des petits. Ce qui se passe avec François Bayrou, ce n'est pas neutre. Tout le monde s'accorde à dire que c'est le ralliement de François Bayrou qui, dans la campagne, a été le point de bascule décisif, sans doute, pour que Macron prenne la tête et finalement la conserve jusqu'à l'arrivée. François Bayrou, ce n'est pas anecdotique.
Les problèmes avec Bayrou sont doublement ennuyeux. Puisqu'évidemment, le fait de savoir s'il va s'accorder et s'il pourra, in fine, avoir une majorité. Mais aussi, bien sûr, ce qu'on disait tout à l'heure, ce que ça renvoie à cette image de manœuvre politicienne, de discussion un peu boutiquière qui renvoie à des pratiques passées. Donc ça, ça peut le plomber d'entrée et durablement.
Alors on va revenir en effet sur ce qui s'est passé au cours des 24 dernières heures. François Bayrou a annoncé tard hier soir, lui-même, qu'il avait conclu un nouvel accord avec le mouvement d'Emmanuel Macron. C'est vrai qu'il fallait à tout prix régler ce problème et présenter un front uni avant l'entrée en fonction du chef de l'État. Marie-Charlotte Deluc.
Réunion de famille à huis clos. Emmanuel Macron est venu soutenir ses candidats en personne. Au Quai Branly, le président félicite les heureux élus investis par son mouvement pour les législatives et galvanise ses troupes. Vous êtes les nouveaux visages de la politique française. C'est la première promesse tenue. Depuis ce matin, les candidats de la République En Marche sont réunis pour une formation express à la fonction de député. L'image doit être parfaite pour faire oublier les couacs liés aux investitures. La séance prend des faux airs de clubs de rencontre. Ou même le responsable des investitures aux législatives, Jean-Paul Delevoye, découvre les heureux élus.
A ses côtés, Benjamin Griveaux. Le porte-parole de la République En Marche en profite pour tempérer le coup de colère de François Bayrou après la publication des investitures. Les choses sont apaisées et des solutions ont été trouvées. Il y avait quelques endroits qui posaient difficulté. Mais très franchement, c'était une tempête dans un verre d'eau. Une quarantaine de circonscriptions avaient été attribuées aux centristes. Trop peu pour François Bayrou. Il aura donc fallu plusieurs heures de négociation hier et un nouvel accord qui porterait sur une centaine de places pour que le président du MoDem retrouve le sourire. Heureusement, la raison l'a emporté.
Je pense qu'Emmanuel Macron a expliqué à un certain nombre des cadres qui l'entourent que ça n'était pas l'accord que nous avions trouvé. Je pense qu'on va y arriver. Je trouve ça positif. L'accord est toujours en attente de validation par le bureau de la République en marche. Autre rétro-pédalage. Sur la nomination du conseiller en communication de François Hollande et camarade de promo à l'ENA d'Emmanuel Macron, Gaspard Ganser, parachuté à Rennes. Atterrissage malheureux puisque 24 heures après sa désignation, le conseiller renonce, victime de nombreuses critiques.
J'ai été très honoré de la proposition d'Emmanuel Macron de m'investir comme candidat dans la deuxième circonscription d'Ille-et-Vilaine. Mais après réflexion, je préfère refuser cette proposition d'investiture à Rennes car je pense que ce n'est pas une bonne idée. Beaucoup espérer l'investiture de quelqu'un de vraiment local. Je pense que les Bretons ont un attachement particulier à ce que leur candidat vraiment soit quelqu'un d'ancré au terrain. Donc certains ont été déçus de ce fait. Maintenant, encore une fois, il n'y a pas de... Pas d'animosité vis-à-vis de Gaspard Ganser lui-même.
Pas d'animosité et surtout pas de vague avant la tempête qui risque d'être déclenchée en cas de nomination d'un Premier ministre issu de la droite.
Question SMS. La contestation de Bayrou envers les choix de Macron est-elle déjà un aveu de faiblesse de l'alliance LRM, La République en marche, Modem, Al-Fulda ? C'est vrai que ça part fort. Ça part fort.
Ça fait des étincelles. Bon, ça montre que la confrontation avec le fameux principe de réalité est parfois un peu dure à vivre. Et puis bon, c'est vrai que François Bayrou, il faut le contenir parce que les propos qu'il a tenus sous le coup de la colère et qu'il pourrait à nouveau tenir s'il n'était pas vraiment satisfait sont quand même gênants. C'est vrai qu'il a parlé de recyclage du Parti Socialiste. C'est exactement ce que craint Emmanuel Macron. Donc ils ont intérêt à bien contenir François Bayrou.
Je rappelle quand même, parce que tout ça est un petit peu confus, que hier soir, François Bayrou a annoncé tout va bien, on a un accord. Et que cet après-midi, Richard Ferrand, l'un des hommes forts du dispositif Macron, dit non, non, non, il n'y a pas d'accord avec Bayrou. C'est pas très sérieux quand même, Michel Cotta. Ça fait un peu improviser.
Oui, on ne peut pas dire que ce soit...
Maîtrisé, quoi.
Non, ça n'est pas maîtrisé. Mais surtout, avec François Bayrou, il ne faut pas oublier que l'affrontement a commencé dès lundi matin. Ce que tout le monde a oublié lorsque François Bayrou a dit qu'il était contre le gouvernement par ordonnance. Et ça, ça a été... C'est apparu aux yeux de l'état-major d'Emmanuel Macron et d'Emmanuel Macron lui-même, comme une déclaration, comme une première griffure, si vous voulez. Donc après, tout le reste s'est enchaîné d'une manière un peu désagréable pour l'un et pour l'autre.
Mais d'autant qu'on a l'impression quand même qu'aujourd'hui, aucun ne veut lâcher vraiment ni Emmanuel Macron, qui tient bien à montrer son autorité et qui ne va pas se faire dicter une liste de 100 députés ou de 100 candidats à la candidature. Et de l'autre côté, François Bayrou, qui tient tout à fait, avec un calcul qui est... J'ai fait... Je lui ai donné 6 points, donc ça veut dire qu'il en avait 18. Donc je veux le tiers des députés. C'est vrai que c'est un peu difficile à formuler et aussi à accepter.
Est-ce qu'il pourrait être le grand gagnant, finalement, François Bayrou ? S'il tient le coup, là, s'il maintient ce rapport de force, il pourrait être le grand gagnant avec des circonscriptions, un groupe, un ministère peut-être ? Je ne sais pas s'il sera le grand gagnant. De toute façon, il aura un groupe. Le problème, c'est que lui, évidemment, François Bayrou, il veut beaucoup de députés. Et il considère que c'est lui qui a fait gagner Emmanuel Macron.
Peut-être, d'ailleurs, a-t-il tort de le dire un peu trop fort à un président nouvellement élu, qui, lui, est en train de faire quand même un test d'autorité de choisir le nombre de circonscriptions qu'il veut accorder via son secrétaire général, Richard Ferrand. Je crois qu'au-delà de ça... Alors après, François Bayrou, attention, c'est... Anne le disait, ce n'est pas quelqu'un qui se laisse marcher sur les pieds. Il a été capable d'écrire un livre dans lequel il expliquait que Nicolas Sarkozy, c'était l'enfant barbare. Ça, c'était au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Quelqu'un qui n'a peur de rien. Donc, il est capable de... Il ne transigera pas, François Bayrou. Il est comme ça.
Donc, de toute façon, il veut ce groupe. Il veut un groupe ample. Ce qui se joue aussi au-delà, c'est que sa formation modem, c'est zéro député. Donc, lui, effectivement, il voudrait en avoir quand même un nombre suffisant pour être le premier groupe centriste aussi, quelque part. Parce qu'il y a aussi les cousins de l'IDI, le centre droit, qui lui, peut-être, aura aussi des députés. Et puis, au-delà de ça, ce qu'il faut dire, c'est que pendant la campagne, François Bayrou et Emmanuel Macron ont plutôt noué une relation de confiance. Ça a plutôt bien fonctionné entre eux. Il a fait un très beau discours, François Bayrou, à Pau, à l'endroit d'Emmanuel Macron.
C'est plutôt en dessous que ça ne marche pas bien. C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron et les marcheurs, François Bayrou et les marcheurs, ça ne marche pas. Il y a vraiment eu, pendant cette campagne, des tensions qui se sont nouées. Richard Ferrand, tout ça, il le trouve un peu curieux, ce François Bayrou. Il le découvre. Il ne connaît pas Raoul et il devrait faire attention. Est-ce que Raoul va être au gouvernement ? Je dis ça parce qu'on va parler du gouvernement maintenant et du Premier ministre. C'est la grande question. A priori, il fait partie vraiment des... Pour le coup, il incarne le centre et il aurait toute sa place dans ce gouvernement.
On dit qu'il pourrait être un des ministres régaliens. Je ne sais pas à quel poste il est réservé. On parle de la justice. On a parlé de la justice. On verra bien. En tous les cas, ce qui est certain, c'est qu'il n'est pas candidat aux législatives et que c'est vrai qu'il peut entrer au gouvernement. Il y a d'autres de ses proches qui pourraient y être aussi. On a cité les noms de Marielle de Cernes et surtout Sylvie Goulard.
Fabrice Lowe. Au-delà de ça, je pense que l'épisode Bayrou, qui est très important, mais aussi, on a vu ces candidats qui étaient investis ensuite, qui disaient « mais en fait, on s'est trompé, je ne voulais pas y aller », etc. Enfin, il y a eu des erreurs énormes. Ça renvoie globalement à une image d'amateurisme aussi. C'est-à-dire qu'on aurait pu penser quand même que quand Bayrou et Macron ont noué leur accord, qu'ils auraient peut-être pu être un peu plus explicites et se dire ce qui allait se jouer. Il y a cette impression d'amateurisme. Vous avez raison. Ils ont dit « il n'y a pas de deal ».
Ça a été la communication pendant toute la... Les deux, d'ailleurs. Il n'y a pas de deal.
Peut-être, il y aurait-il dû avoir un deal pour se retrouver dans cette situation-là.
Allez, on avance un petit peu au-delà de François Bayrou, le Premier ministre. Ça va être la première décision, Anne Fulda, annoncée par Emmanuel Macron. Peut-être même dès demain soir, lundi. On ne sait pas.
Il y a encore un petit suspense là-dessus.
Ça a souvent été le jour de l'investiture, l'annonce du Premier ministre, en fait.
Mais ça n'était jamais un dimanche.
Alors, Anne Fulda, est-ce que ce choix est arrêté ? Le nom, plusieurs... Quelques noms circulent pas beaucoup. Édouard Philippe, le maire du Havre.
C'est vrai que c'est celui qui semble tenir la corde. En fait, on peut faire semblant d'être sûr, mais je crois que personne n'est vraiment sûr de l'identité du Premier ministre, en réalité. Donc, je pourrais prendre un l'air très assuré et vous dire « Oui, je pense que c'est une voire faible, mais je ne sais pas. » Personne ne sait. Mais ce qui est intéressant, d'ailleurs, aussi, pour en revenir à ce qu'on disait avant, c'est que ça donne une indication, déjà aussi, de ce qui se passe sur la désignation des candidats, de ce que va être la présidence d'Emmanuel Macron. Parce qu'il a dit « Je serai un président qui préside ». Oui.
Mais là, on voit qu'il est contraint, déjà, de reprendre les affaires en main et de mettre les mains dans le cambouis. Donc, le président qui préside et le Premier ministre qui gouverne, non, là, visiblement, ce n'est pas ça. Alors, et quant à la nomination du Premier ministre, ça sera évidemment, symboliquement, c'est le premier acte fort qui donnera l'empreinte des premiers mois, voire du quinquennat.
Le profil du Premier ministre va donner une indication, non seulement sur la politique, bien sûr, mais évidemment sur l'équilibre, les alliances.
Puisque tout est fait pour qui n'y ait ni droite, ni gauche, ou est gauche et droite. Par conséquent, dans la mesure où, effectivement, pour le moment, et d'ailleurs, Bayrou, ce n'est plus à le souligner, la balance pèse un peu sur les gauches, puisque 24 députés socialistes sont sur la liste. Donc, il faut quelqu'un qui rééquilibre, et c'est ça qui fait penser, effectivement, ou à Xavier Bartrand, mais qui a démenti vigoureusement, là, récemment, ou à un jupéiste, entre guillemets, donc pourquoi pas, pourquoi pas, Edouard Philippe. Mais après, je trouve quand même, le plus difficile, c'est que ça met en jeu les élections.
Et les élections législatives, on a beau se dire, maintenant, il y a tel ou tel Premier ministre, au fond, ce n'est pas tellement ça qui est le plus important. C'est est-ce qu'il a ou non une majorité à l'Assemblée nationale, avec ou non un groupe comme celui de François Bayrou, sur sa... au milieu, un groupe socialiste, progressiste, que je ne vois pas venir, d'ailleurs, mais enfin, éventuellement. Donc, au fond, l'enjeu, c'est d'avoir un Premier ministre qui entraîne une partie de la droite, de la droite derrière lui, voilà, pour rééquilibrer l'ensemble.
Donc, si je comprends bien, c'est un beau job, mais c'est un CDD d'un mois, quoi, renouvelable. Dans l'esprit d'Emmanuel Macron, absolument pas. Dans l'esprit d'Emmanuel Macron, c'est un Premier ministre durable, qu'il entend nommer demain ou lundi, un Premier ministre qui doit conduire à la victoire. Alors, est-ce que ce sera une victoire avec une majorité absolue, ou est-ce que ce sera une victoire avec un groupe très large, où il faudra nouer un accord avec un petit groupe ? Mais, dans son esprit, et c'est pour ça qu'au fond, l'élection d'Emmanuel Macron, la publication des listes même, montre qu'on se dirige vers un Premier ministre, probablement issu du centre droit.
Et sans doute, depuis que Xavier Bertrand a dit non, la porte est fermée de ce côté-là, même si c'était manifestement un des choix, une des cibles d'Emmanuel Macron. D'ailleurs, François Bayrou militait aussi pour Xavier Bertrand. Bruno Le Maire, ça ne peut pas être une option ? Bruno Le Maire, ce qui se dit, pour le coup, dans l'entourage d'Emmanuel Macron, c'est que Bruno Le Maire a eu le tort de se compter à la primaire, 2,4%. Aujourd'hui, Bruno Le Maire, c'est quelqu'un qui est assez isolé à droite, et qui aura, à mon avis, ça sera même peut-être un effet contraire, c'est vrai que ça n'entraînerait probablement pas.
En revanche, à Juppéis, ça peut entraîner un peu, même si c'est une personnalité peu connue, du grand public comme l'est Édouard Philippe, c'est quand même l'ombre d'Alain Juppé, le maire de Bordeaux, qui a toujours été avec lui depuis 2002, qui a été son directeur général à l'UMP, et puis qui, en plus, alors ça, ce sera raconté, sans doute, ce sera mis en scène par la communication du pouvoir. C'est le maire du Havre, une ville populaire, quelqu'un qui, pour le coup, qui incarne vraiment l'équilibre centre-droit, il a même milité un peu auprès de Michel Rocard, lorsqu'il était à l'ENA, donc c'est un profil qui... Encore un énarque. C'est un profil, voilà, encore un énarque.
Ah oui, c'est énarque plus énarque. Énarque plus énarque. 46 ans, je crois. 46 ans. 47 ans. 47 ans, voilà. Le maire du Havre, au Éna, c'est pratiquement le même parcours que le maire de Macron. Ne soyons pas dupes non plus, Fabrice Lombe. L'objectif d'Emmanuel Macron, c'est, bien sûr, de trouver une majorité, mais de diviser la droite.
Pour ça. Tant que faire se peut, bien sûr, on sait que son but est effectivement, à la fois de, on va dire, de recomposer le paysage politique autour de lui, si possible, en portant des coups qu'il espère être définitifs à la droite telle qu'elle est composée aujourd'hui et, bien sûr, à la gauche, surtout le Parti Socialiste. Après, c'est vrai qu'on se retrouve un peu dans le brouillard, mais ça, il y a une raison, c'est qu'on est dans une situation inédite, puisque nous avons, auparavant, lorsque nous avions un président de la République qui était élu, on avait des indications assez claires sur la nature de qui serait le Premier ministre. Il venait de son camp, de son parti.
C'était assez logique. C'était vrai sous Chirac, sous Mitterrand, sous Hollande. Mais là, par définition, Macron, il n'a pas de camp, ou alors c'est tous les camps. Donc, ce brouillard, il l'a entretenu lui-même, mais je dirais que c'est le corollaire de son positionnement, ni droite, ni gauche, ou droite et gauche, comme on veut, qui est un petit peu flou, mais là, il va falloir qu'il dissipe le brouillard.
Ça doit être une période, un week-end de grande fébrilité à droite, non ? Parce que la famille qui a déjà subi une défaite à la présidentielle, la famille politique de la droite, là, se demande ce qui va se passer, non ?
Ah oui, bien sûr, parce que selon l'identité de celui qui ira à Matignon, la campagne des législatives que mène François Baroin sera plus ou moins facile à mener. Ça, c'est sûr qu'une personnalité qui apparaîtra comme une prise de guerre du camp des Républicains, ça rendra la campagne plus difficile. Mais il y a une autre spécificité dont il faut tenir compte, je pense, qui est importante, c'est que lors de cette présidentielle, on a bien vu qu'il y avait une France qui était très en colère, qui a voté Le Pen et qui a voté Mélenchon, notamment, et cette France-là, il faudra lui parler aussi. Donc le Premier ministre choisi, il doit aussi pouvoir parler à cette France-là.
il ne faut pas qu'il oublie. C'est vrai que l'élection a semblé être une élection de maréchal, mais il faut se souvenir du premier tour. Il faut se souvenir du premier tour. Et il y a quand même cette France-là qu'il ne faut vraiment pas oublier.
Emmanuel Macron, il va retrouver François Hollande demain pour cette passation de pouvoir. Est-ce que leurs relations se sont un peu apaisées au cours des derniers jours, des dernières semaines, Fabrice Lhomme ?
Je crois que les choses se sont apaisées, en tout cas du point de vue de Hollande. Il lui a fallu à Hollande digérer déjà son propre retrait, qui a été terrible pour lui, évidemment, à assumer. Et puis, a fortiori, le fait de voir qu'il se fait prendre la place par celui qui l'a couvé et pour qui il portait de grands espoirs, mais alors pour beaucoup plus tard, en 2022 ou plus tôt.
On peut rappeler ce qu'il dit dans votre livre, dans les propos, évidemment, que vous avez recueillis sur Macron ?
D'abord, il a un regard très affectueux sur Macron. En plus, nous, on l'a vu à différentes séquences où on voyait que Macron montait en puissance, et j'allais dire aussi en insolence, multipliant les provocations contre Valls ou même contre Hollande. Et à chaque fois qu'on voyait Hollande pour lui dire « Mais enfin, quand même, vous n'avez pas envie de lui tirer les oreilles, de le remettre à sa place, ça ne vous choque pas ? » Non, non, toujours une grande bienveillance et surtout une confiance, une indulgence totale en disant « De toute façon, en gros, c'est moi qui l'ai fait, j'ai confiance en lui et il ne me trahira jamais et je n'ai pas d'inquiétude à avoir.
» Donc, il s'est totalement leurré sur ce point. Après, je crois qu'il a fait son deuil, il a compris. Hollande, c'est un pragmatique. Une fois que les ennuis sont arrivés, que la situation est figée, même si elle est mauvaise, il est dans l'après, il passe à autre chose. Là, évidemment, l'ennui, c'est que l'après n'est pas très intéressant pour lui, pas très motivant. Donc, je pense qu'il a plus l'angoisse du vide pour ce qu'il va faire après plutôt que le ressentiment vis-à-vis de... Voilà, par rapport à Macron. Michel Cotta.
Oui, je pense aussi que lorsqu'il s'est senti trahi, ça ne lui a pas fait plaisir du tout. Je vous rappelle que le 14 juillet, alors qu'Emmanuel Macron venait de lancer son mouvement dans un meeting à la mutualité, dans deux phrases assez compliquées, François Hollande a dit quelque chose comme « Il me doit tout » et je ne conserverai pas qu'il reste s'il me trahissait ou un truc comme ça. Et franchement, c'était assez flou, en tout cas, pour qu'Emmanuel Macron se demande lui-même, à ce moment-là, ce que voulait dire. Est-ce qu'il le fichait dehors ? Est-ce qu'il s'en débarrassait ou pas ? Et comme d'habitude, François Hollande ne l'a pas fait tout de suite.
Et du coup, ça a entraîné une rupture très brutale par la suite. Mais je trouve qu'il y a aussi autre chose dans l'état d'esprit, à mon avis, de François Hollande. Au fond, ce ralliement, cette espèce d'ensemble social-démocrate ou libéral-socialiste, comme on voudra, c'est ça, au fond, qu'il voulait faire. Alors, il n'a pas osé, il n'a pas pu, il a été élu d'une autre façon, il a été élu par la gauche. C'est très difficile, après, de le faire. Mais quelque part, il doit se dire « Voilà, ce jeune homme que j'ai couvé, et bien voilà, il fait quelque chose. Non seulement il m'a trahi, mais en plus, il fait quelque chose que je n'ai pas fait.
» Alors, après, ça s'apaise, parce que c'est des animaux, c'est des grands animaux, et donc ils ne vont pas rester sur leur petite critique. Donc, maintenant, effectivement, c'est plutôt des gestes paternels qui ont remplacé une certaine irritation.
Bono Jeudy, c'est vrai, le symbole, l'image, elle est terrible pour François Hollande. Le jeune loup embauché au début du quinquennat, qui, demain, va raccompagner François Hollande et le mettre à la retraite, il faut dire les choses. Ah non, mais demain, c'est une image complètement incroyable, puisque Emmanuel Macron, il y a cinq ans, il arrive avec son petit cartable à l'Elysée comme secrétaire général adjoint de l'Elysée, et franchement, le grand public ne connaît aucun des secrétaires généraux adjoints qui se sont succédés sous cette République.
Et cinq ans plus tard, le même homme revient sur le tapis rouge, entre dans le palais d'Elysée, et ensuite raccompagne celui qui l'avait fait, cinq ans plus tôt, il le raccompagne à sa voiture, direction une petite halte pour aller enterrer le PS, et ensuite, c'est la retraite. Donc, effectivement, c'est une image incroyable. Alors, François Hollande, qui, évidemment, a des regrets, on l'imagine assez facilement, essaie de masquer tout ça avec son humour, son masque de légèreté. Il était plutôt chaleureux. C'est le même, il a retrouvé son humour en public. Il a sorti quelques phrases, genre, rassurez-vous, je transmettrai tous mes pouvoirs à Emmanuel. Enfin, des choses comme ça.
Toute la semaine, il nous a fait un festival. Alors, c'est sa façon de décontracter les choses. Et je pense que, même demain, il arrivera à trouver encore des traits d'humour, parce qu'il est comme ça, et qu'au moment de la sortie, il essaie de cacher tout ça. Mais forcément, ça doit être compliqué et lourd à vivre, parce que, dans son entourage, on croit quand même, maintenant, on commence à se dire, il y a ceux qui ont poussé Hollande à ne pas se présenter, et comme par hasard, c'est les meilleurs supporters d'Emmanuel Macron. Rendez-vous donc demain à 10h pour Emmanuel Macron, qui sera accueilli par son prédécesseur, une passation de pouvoir. C'est toujours un moment d'histoire.
Chaque geste compte, même si, demain, on s'attend à une cérémonie dans un contexte plutôt serein, voire amical. Sébastien Pouquet, Laurent Hirsch, et Mathieu Vibaud.
François Hollande et Emmanuel Macron, tout sourire, côte à côte, lors de la cérémonie de commémoration de l'abolition de l'esclavage. Un petit air de répétition, avant le grand jour.
Emmanuel restera là, silencieux, mais inspiré. Il s'entraîne pour le ménageur, et il se prépare.
Première confidente, sa première conseillère, en plus d'être son épouse. Donc, évidemment, qu'elle va l'accompagner dans ses réflexions, ses décisions. Je ne sais pas comment ça va être formalisé concrètement. Sans doute, mieux, effectivement, de rompre avec une espèce d'hypocrisie ou de ce rôle de compagnon ou de compagne, en l'occurrence, dont on ne savait pas trop les contours. Maintenant, je pense qu'elle va aussi jouer un rôle, simplement, en termes d'image. Simplement, c'est sans doute l'espoir d'Emmanuel Macron. D'ailleurs, on sent cette popularité naissante, il faut qu'elle se confirme, peut évidemment rejaillir favorablement sur le président.
Et je dirais qu'Anne Fulda parlait à juste titre tout à l'heure d'épopée romanesque, celle du couple Macron, pas seulement Emmanuel Macron, le couple. Je crois que les Français projettent une image romanesque du président de la République. C'est pour ça qu'ils ont aimé Mitterrand, qui était effectivement un personnage de roman. Et c'est sans doute pour ça qu'ils n'ont jamais aimé François Hollande. Ce n'est pas de sa faute. C'est parce qu'il est tout sauf romanesque. D'ailleurs, son quinquennat a oscillé, on va dire, entre le théâtre de Mauvais Boulevard avec l'épisode du scooter ou la tragédie. Et ça, il n'y pouvait rien. Mais il n'a jamais incarné un personnage de roman.
Peut-être parce qu'il n'en lit jamais.
Voici maintenant vos questions SMS et Internet. En choisissant un Premier ministre de droite, Emmanuel Macron s'assurerait-il une victoire aux élections législatives ? Ça peut aider. Ça peut aider, forcément, puisque l'objectif, c'est quand même... Alors peut-être pas... Il aura peut-être du mal à fracturer la droite avec un Premier ministre du type Édouard Philippe. Avec Xavier Bertrand, ça aurait sans doute été plus décisif. Mais la frange centre-droit jupéiste peut, pour ce qui reste, qui n'a pas encore voté pour lui au premier tour, parce qu'il y en a quand même déjà une bonne partie qui a voté pour lui dès le premier tour.
C'est pour ça que ce choix, je ne suis pas certain que ce soit si décisif que ça, mais il en a besoin pour renvoyer la promesse du « et de gauche et de droite » ou « ni gauche ni droite » en tous les cas, j'allais dire, remplir cette seconde promesse après le renouvellement des candidats législateurs. Par qui, quand et comment sera annoncée la nomination du premier ministre ? On n'a pas le nom, mais on sait à peu près comment ça se passe. En général, c'est un communiqué de l'Élysée qui indique le choix du président de la République. Et selon vos informations exclusives, plutôt demain ou lundi ? On parle maintenant de demain.
Les marcheurs qu'on leur avait demandé d'annuler leur matinale radio lundi matin et ensuite, on leur a dit que vous pouviez les mettre. C'est un tout petit élément qui peut dire peut-être que ça sera demain soir. La tactique d'Emmanuel Macron serait-elle de diviser pour mieux régner ? Michel Cotta.
C'est dans son pari. Le pari existe dans la division de la gauche et de la division de la droite, lui prenant le milieu. Et en fait, c'est ça son ouverture. Ce n'est pas une ouverture au cas par cas. C'est une ouverture, c'est une recomposition de la vie politique. Alors, est-ce qu'il arrivera du côté gauche, il n'a pas eu grand-chose à faire pour pousser le parti socialiste ? Ça tient pour l'instant à droite. C'est un peu la différence. Du côté gauche, il n'avait pas de mal. C'était déjà fait. Du côté droit, ça tient sûrement beaucoup plus qu'il ne le croyait lui-même. Et c'est bien pour ça que la nomination du Premier ministre ne sera pas tout à fait inutile dans sa stratégie.
Anne Fulda ?
Il a observé la décomposition, surtout à gauche. Et finalement, de sembler vouloir créer la division, c'est une conséquence de ça, de cette décomposition qu'il a observée de l'intérieur, qu'il a vécue et qui a motivé aussi sa candidature. Donc, évidemment, il a intérêt à continuer à tirer le fil.
Que va devenir le modem ? Un parti avec des députés. Pour l'instant, l'objectif, c'est d'en faire un parti avec des députés, ce qu'il n'a pas aujourd'hui et en faire un allié de la République en marche. Alors bon, pour l'instant, ça démarre difficilement. Potentiellement, il y a de la rivalité qui s'installe dès le début du quinquennat entre, j'allais dire, Richard Ferrand, qui est le patron de cette République en marche, et François Bayrou, qui est le responsable du modem. Emmanuel Macron
pourra-t-il faire baisser le chômage ? Évidemment, c'est non seulement son souhait et son espoir, mais c'est son pari. Il sait très bien que non seulement François Hollande, mais quasiment tous ses prédécesseurs ont été sanctionnés lorsque, sur le chômage, les problèmes n'étaient pas résolus. C'est la montée continue du chômage sous le quinquennat Sarkozy qui a anéanti sans doute ses chances, au-delà de ses problèmes de comportement, évidemment. Et quant à François Hollande, l'engagement qu'il a pris dès le début de son quinquennat est donc funeste engagement en promettant une inversion très rapide de la courbe. Cette inversion est arrivée mais in extremis, c'est beaucoup trop tard.
N'empêche qu'entre le moment où il a pris le pouvoir et le moment où il l'a rendu, il y a entre, suivant les estimations, 600 000, 800 000 chômeurs de plus. Et ça, c'est un échec terrible. Emmanuel Macron l'a vu de près et il en a même été, on ne va pas dire complice, mais il a quand même été à un poste à l'économie où il pouvait aussi agir. Donc il sait très bien que là-dessus, il va être observé au millimètre et qu'il doit souhaiter que très rapidement, il y ait des signaux positifs pour que la confiance gagne et qu'il arrive à tenir ce pari de faire enfin baisser le chômage.
Emmanuel Macron prendra-t-il beaucoup de socialistes dans son gouvernement ? L'idée dans son premier gouvernement qui sera à parité avec 15 membres, dit-on, c'est en gros un tiers de gauche, un tiers de droite et un tiers de société civile. Donc il pourrait y avoir effectivement quelques socialistes. Mais dans ces marcheurs, ces marcheurs initiaux, c'est ceux qui l'entourent, c'est presque tous des gens qui sont issus du Parti socialiste. Richard Ferrand est un député socialiste. On va avoir des surprises avec ce gouvernement qui sera aussi l'un d'un. Oui, forcément. Beaucoup, oh là là. Là, on va avoir des images et on va avoir une belle communication aussi.
La société civile, toujours, c'est des personnages qu'on n'attend pas.
Il y a toujours le cas Jean-Yves Le Drian, évidemment, puisqu'on reproche à Emmanuel Macron d'avoir un profil peu régalien. Jean-Yves Le Drian a été un des premiers à se rallier à lui, même si, pour des raisons simplement politiques, on lui a demandé de différer un tout petit peu son ralliement. Il y a eu une semaine de battement. Mais enfin, à mon avis, c'est le ministre le plus populaire du gouvernement socialiste et même très populaire de tous les gouvernements qu'il soit. Et donc, ce serait, à mon avis, bizarre de se passer de cet atout-là.
Quelle toute première mesure le nouveau gouvernement prendra-t-il ? Anne Fulda, qu'est-ce qu'il va faire en premier ?
Il avait parlé de mesures concernant la moralisation de la vie politique. Et effectivement, après une campagne qui a quand même été traversée par des affaires, un niveau de défiance envers la classe politique qui n'avait jamais été atteinte, ça serait une bonne initiative. Et symboliquement, c'est une manière de partir d'un bon pied.
L'attitude protectrice de François Hollande vis-à-vis d'Emmanuel Macron peut-elle porter préjudice au nouveau président ? On a vu qu'il avait essayé de prendre un peu de distance, notamment le 8 mai. Évidemment, il y a les législatives. Donc, ça s'affichait beaucoup avec François Hollande ou des socialistes. C'est forcément, pour lui, un jeu acrobatique puisque les EOE des gauches et de droites lui interdit d'un peu trop fraterniser
avec François Hollande. En même temps, il sait très bien que si, on va dire, s'il battait froid le président sortant, s'il se montrait presque incorrect ou impoli, ça lui serait reproché dans l'opinion publique qui a envie que la passation des pouvoirs se passe le mieux possible.
Il pourrait être un conseiller occulte, François Hollande ? Non, ça me paraît tout à fait impromptu. Non, c'est pas son genre. Bien.
Ni de l'un ni de l'autre. C'est le genre ni de l'un ni de l'autre.
Attendez, qu'est-ce que vous avez dit ? On verra s'ils s'embrassent demain puisque les deux hommes ont l'habitude de s'embrasser quand ils se saluent. Ça avait été le cas pendant la campagne au moment du dîner du CRIF. Donc on verra demain sur le moment du départ. L'équipe ministérielle d'Emmanuel Macron sera-t-elle modifiée après les législatives ? Ça, c'est possible, en effet.
En général, il y a souvent des ajustements après les législatives. Le Premier ministre ne change pas en général. Il peut y avoir des ajustements. Mais ils peuvent perdre.
En 2007, Alain Juppé avait perdu les législatives. Il avait démissionné et le gouvernement avait été réajusté dans ses grands ministres. Le clivage classique gauche-droite est-il donc définitivement obsolète ? Non. Non. Non, parce que de toute façon il restera une droite, il restera une gauche. Alors on voit bien que la gauche type parti socialiste elle est en miette. À droite, pour l'instant, ça tient. C'est le grand enjeu des législatives. Moi, je fais plutôt le pari qu'on aura deux grands groupes à l'Assemblée nationale, un groupe En Marche et un groupe Les Républicains. Qu'est-ce qui pourrait changer dans le domaine de la communication officielle du président, d'après vous, Anne Fulda ?
Je ne sais pas s'il y aura tellement de changements que ça. Peut-être qu'il y aura en apparence quelque chose de plus décontracté et puis quelque chose d'obliatoirement de plus juvénile lié à son âge. Peut-être quelque chose effectivement un petit air d'Obama comme on dit souvent. Néanmoins, je pense que c'est quelqu'un qui est attaché aux traditions et aux symboles. Donc, c'est à voir. Je crois que la communication
va surtout être verrouillée de très près.
Merci beaucoup à tous les quatre. Merci beaucoup d'avoir participé à cette émission. Merci à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air. Dans un instant, en Elisabeth Lemoyne pour Célèbdo. Demain, ne manquez pas C'est Politique. Karim Rissouli dès 18h35. Et j'aurai le plaisir de vous retrouver pour C'est Polémique à 19h45 pour une spéciale Passation de pouvoir avec de nombreux invités. Corinne Lepage, Axel Tessandier, René Dozière, Karim Adéli, Philippe Besson et Patrice Duhamel. Très bonne soirée sur France 5. A demain. Sous-titrage Société Radio-Canada
François Bayrou