Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Autrefranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 11 mars 2026 25 minAutoproduitMixte

Prix des carburants, retour de l'inflation... Le "8h30 franceinfo" de Michel-Edouard Leclerc

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Temps de parole

  • Invité politique77 %
  • Présentateur12 %
  • Invité6 %
  • Invité 24 %

4,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Michel-Édouard Leclerc. Bonjour Agathe. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour, bonjour. C'est la conséquence concrète ici de la guerre au Moyen-Orient, l'augmentation y compris dans les stations Leclerc des prix à la pompe. Le gazole dépasse 2 euros le litre du jamais vu depuis 2022. Lundi, Michel-Édouard Leclerc, vous avez mis en cause les raffineurs comme Total ou Esso, vous leur reprochez d'avoir répercuté trop vite cette inflation. Le ministre des Transports, Philippe Tabarro, était sur France Info ce matin. Il dit qu'il va dans le même sens que vous, même s'il est moins catégorique. Peut-être embarrassé, on l'écoute.

0:36
Invité

Il y a 5 à 10% des distributeurs qui posent problème. Par contre, c'est donc probablement une question avec les raffineurs et notamment sur la marge brute. Moi, je dis qu'il n'y a pas 50 possibilités. Si on voit que ce ne sont pas les distributeurs, il est possible que ce soit les raffineurs.

0:52
Présentateur

Est-ce qu'il y a des profiteurs de guerre, Michel-Édouard Leclerc ?

0:55
Invité politique

Je pense que tout le monde a un peu les pétoches. Je ne vais pas dire que ce sont des profiteurs, mais beaucoup d'industriels aussi, dans tous les métiers, anticipent que ça va monter. Alors, ils prennent leur mise le plus rapidement possible. Ils ont peur après de s'entendre dire qu'on va bloquer les prix et tout ça. En tout cas, moi, je suis comme les automobilistes. Je raisonne comme eux. Parce que vous avez 180 000 salariés. Oui, mais beaucoup de nos 180 000 salariés viennent en voiture aussi au magasin, font le plein dans leur centre Leclerc. Donc, je suis sensible à leurs propos. Je me mets dans leur peau. Je ne suis pas patron. Là, je suis presque association des automobilistes.

Et je n'ai pas compris la rapidité avec laquelle on est passé d'une hausse du pétrole brut à de l'essence très chère dans les magasins. On va prendre l'intention de le dérouler. Mais qui a les pétoches ce matin, pour répondre à votre expression ? Tout le monde a peur de la flambée des prix. On voit bien que cette guerre, ce n'est pas trop la libération du peuple iranien. On n'entend pas trop les projets politiques. Et donc, par contre, on voit bien qu'il y en a au niveau des pays qui sont très contents que le cours du pétrole augmente. La Russie y trouve son intérêt. L'Amérique y trouve son intérêt.

Du coup, le coup du Venezuela, je fais un peu de géopolitique, ça devient intéressant aussi pour Trump parce que c'est une ressource qu'il va pouvoir remettre en production. Le pétrole vénézuélien est dur à mettre en production. Et puis, en même temps, les Chinois et les Indiens sont privés de la haute du pétrole. Donc, on voit bien que géopolitiquement, il y a des gens qui ont intérêt à ce que cette guerre dure. Et moi, je prie pour que ça s'arrête assez vite. En tout cas, il a suffi de quelques déclarations.

2:40
Présentateur

Oui. Alors, justement, là, vous dites que les raffineurs en ont profité. Ils ont augmenté leur marge plus que de raisons. Vous aussi, les pays ont... Ils l'ont fait une fois. Ils l'ont fait une fois. Et vous, alors ?

2:50
Invité politique

Alors, nous, on est pratiquement à prix coûtant. Donc, on n'a pas de marge. Et de quoi, pratiquement ? Ça veut dire qu'on est à zéro. Il n'y a pas de marge, pas de profit. Il faut savoir que Leclerc et U, on est concurrents. On est concurrents. Leclerc et Coopérative U, vous recevez Dominique Schellcher quelquefois ici. On est concurrents. Mais on a vu que face à un marché mondial, il fallait s'allier. Donc, on achète nos carburants ensemble. On achète ensemble 12 milliards de litres de carburant, système U et Leclerc. Ce qui fait d'ailleurs que... Et on ne prend pas de marge ou très peu de marge.

Ce qui fait d'ailleurs que sur les tableaux du gouvernement, quand vous faites une extraction d'enseignes sur les prix de chaque enseigne, on est dans 98% des cas les moins chers. D'accord ? Si ce n'est pas l'un, c'est l'autre. Mais vous avez l'intradition de vente à perdre. De vente à perdre. Mais on n'a pas le droit de vente à perte. Donc, la semaine dernière, comme on était au taquet, on a été obligés de faire augmenter les hausses que nous tarifaient les raffineurs. Voilà. Mais je vous annonce quand même une bonne nouvelle. Dites-nous. C'est qu'hier soir, tard, on a réussi à négocier d'être parmi les premiers dans le mouvement de baisse.

Donc, sur les deux jours qui viennent, au fur et à mesure que les stations sont réapprovisionnées, on va avoir une fois 23 centimes de baisse, puis encore 7 centimes de baisse, soit à peu près 30 centimes de baisse par litre. Comment vous avez obtenu ceci ? Je précise, parce qu'après, ça circule. Donc, dans les deux jours, là, il faut le temps que les camions arrivent dans les citernes, dans les cuves, et qu'elles soient vides pour les renouveler. Dans les deux jours, le prix des carburants en général, du gasoil en particulier, va descendre entre 27 et 30 centimes du litre pour le consommateur. Dans les centres Leclerc, dans les systèmes U, probablement dans les intermarchés, les carrefours.

4:38
Présentateur

Alors, comment ça se fait ? Comment vous l'avez obtenu ? C'est dû à quoi, cette baisse ?

4:41
Invité politique

Alors, c'est dû, d'une part, au fait qu'on a eu l'impression de s'être fait avoir, comme les automobilistes, avec cette rapidité d'exécution presque automatique, quoi. Et un Leclerc blessé, ou un distributeur blessé.

4:55
Présentateur

Vous voulez dire que vous avez mis la pression sur les raffineurs ?

4:57
Invité politique

On a mis la pression sur les raffineurs, et l'État nous y a aidés, parce que, franchement, j'étais pas trop d'accord, j'étais pas d'accord du tout qu'on vienne nous faire le coup des contrôles du pompiste dans les stations. Ça vous a énervé, ce qu'il y a fait ? L'inflation, elle est à l'échelle mondiale. Il n'y a que deux pays qui contrôlent ces stations de service, c'est la Corée du Sud et la France, pour cette histoire. Donc, ça ne nous met pas dans les cours des grands.

Et puis, je veux dire, même si le pompiste de Vernon, ou le pompiste, je ne sais pas, avait pris sa marche sur sa petite cuve, ça n'expliquait pas la flambée des prix, ça n'expliquait pas cette augmentée générale en Europe. Mais c'est la France, le prix en France est le même que dans la moyenne européenne.

5:36
Invité

Mais n'est-ce pas normal aussi que le gouvernement, pour reprendre votre expression, contrôle votre marche sur votre petite cuve ? C'est normal, non, qu'il vérifie que vous ne prenez pas dans vos poches ?

5:43
Invité politique

Et pas les raffineurs, et pas les revendeurs de carburant.

5:46
Présentateur

Il y a eu quand même 6% de sanctions sur ces contrôles lancés. Hier, sur 200 et quelques contrôles, il y avait déjà 6% de sanctions, ce qui n'est pas mal.

5:53
Invité politique

Mais pas sur les prix. Et puis, le ministre du Commerce lui-même l'a dit, c'est des trucs, ils n'étaient pas dans le temps de l'affichage, etc. Donc, se mettre en scène, alors qu'on a une telle bouffée d'inflation. Vous allez en voiture avec des lunettes à la James Bond, et puis Al Pacino.

6:07
Présentateur

Vous parlez du ministre du Commerce, Serge Pafin, qui a des lunettes de soleil.

6:09
Invité politique

Voilà, mon ancien copain et concurrent, Systemu, qui va dire, je contrôle les commerçants. Non, ça va, ils nous font le coup à chaque fois. Nous, personne ne conteste, aucun ministre ne le conteste, nous sommes les moins chers, d'accord ? Et donc, la concurrence entre Leclerc, Systemu, Intermarché, Carrefour garantit qu'on est au taquet, quoi. Par contre, c'est vrai, c'est vrai qu'on n'a pas entendu les ministres dire, on va aller contrôler les raffineurs. Là, c'est nouveau ce que...

6:39
Invité

Et vous nous annoncez aussi ce matin, donc, que les camions qui partent de vos dépôts, là, vont baisser de 23 centimes. Ok, mais par rapport au prix de cette nuit. Oui. Si on reprend un peu de recul par rapport au début de la guerre, il y a 12 jours, on est à une augmentation de combien ?

6:52
Invité politique

Je ne sais plus, parce que c'est tellement volatil. Honnêtement, j'ai pris des notes, mais je ne les sais plus par cœur. Je n'ai plus le... Mais c'est vrai que c'est très volatil. Et donc, la question, ça va être ça, c'est-à-dire aux consommateurs... Vous disiez d'ailleurs que vous n'avez jamais vu un marché aussi volatil. Je n'ai jamais... Oui. Et c'est moi qui ai créé le secteur carburant dans les centres Leclerc, il y a très longtemps déjà. Et j'ai gagné... On l'a créé contre... C'est un monopole, le carburant en France. Donc, on a gagné à la Cour de justice européenne d'avoir le droit de vendre du carburant moins cher que les raffineurs à l'époque.

Aujourd'hui, moi, je suis très sensible à ça. C'est un total... C'est le seul prix dans un hypermarché que vous voyez affiché à l'extérieur. Donc, c'est le totem de votre politique commerciale. Et donc, pour nous, c'est très important de ne pas se faire avoir, de bien acheter. Et alors, ça peut arriver. Ce que je veux expliquer aussi, c'est qu'il y a des consommateurs qui ne comprennent pas que le Leclerc, le matin, il est le moins cher. Et l'après-midi, c'est l'intermarché.

7:47
Invité

Vous me disiez sur la volatilité, vous n'aviez jamais vu ça.

7:49
Invité politique

Je n'ai jamais vu 30 centimes de volatilité en une semaine. Dans ma vie, j'ai vu 2, 3 centimes de volatilité. Ça monte, ça baisse.

7:58
Présentateur

Ça monte, ça baisse. C'est notamment, vous avez mis la pression sur les raffineurs. Il y a aussi les déclarations de Donald Trump qui a dit que la guerre allait bientôt se terminer. Aussi, qui ont peut-être détendu un peu le marché. Ça signifie, c'est baisse que vous n'allez pas faire de gestes ? Vous n'allez pas faire des opérations à prix coûtant ?

8:13
Invité politique

On n'a pas le droit de vendre la perte quand on est déjà...

8:14
Présentateur

Mais à prix coûtant. Le ministre du Budget, David Damiel, ce matin sur France Inter disait, tout ce que peuvent faire les distributeurs, il faut qu'ils le fassent. Est-ce qu'aujourd'hui, vous nous dites, si ça remonte ou si ça continue, on fera un geste ?

8:25
Invité politique

Alors, dans tous les centres Leclerc de France, là je ne parle plus des autres distributeurs, dans tous les centres Leclerc de France, il y a des centres Leclerc qui sont déjà à prix coûtant et qui sont en train de faire les panneaux dans leurs magasins.

8:35
Présentateur

Donc, il y a des opérations déjà ?

8:37
Invité politique

Oui. Et puis, il y a aussi de l'information consommateur pour expliquer qu'on vend des taxes d'abord, que ce n'est pas du produit et ce n'est pas de la marge sur le produit. Enfin, 55% de ce qu'on vend, c'est des taxes. Ce sont des taxes. Et puis le reste, c'est aussi des coûts de transport et tout ça. Donc, c'est pour que les consommateurs comprennent que le distributeur, là-dedans, s'il prend un centime, deux centimes, il ne pompe pas dans le trésor public.

9:07
Présentateur

Est-ce que les prix vont augmenter dans les jours qui viennent ?

9:10
Invité politique

Alors, vous parlez des prix de la consommation ? De l'essence. Les prix de l'essence, ça va faire yo-yo, je pense. Tant que le conflit dure au Moyen-Orient, et on voit bien que c'est quand même un peu ce que cherchent les oligarques derrière ces conflits, c'est quand même de gagner de l'argent sur le pétrole. Je pense qu'on se fait avoir. Alors, pour le coup, ça donne un argument. Moi, je suis militant. Ça donne un argument très fort pour garder notre souveraineté et qu'on passe plus vite à l'électrique ou aux carburants alternatifs. Parce que les carburants alternatifs, ils n'augmentent pas comme ça. Les carburants comme le E85, où il y a dedans... C'est le bioéthanol, c'est ça ? Comment ?

C'est ce qu'on appelle le bioéthanol ? Le bioéthanol. Il y en a d'autres qui s'appellent le HVO, qui est à partir du recyclage de produits de plastique et tout ça. On a intérêt à accélérer sur les carburants alternatifs et on a intérêt à accélérer sur l'électrique si on veut rester souverain et pas d'être dépendant ni des Russes, des Américains. Avant, Leclerc, on achetait, il y a deux ans, 25% du gasoil à des revendeurs russes. Avec les sanctions, on a arrêté. Mais du coup, on se retrouve avec des revendeurs américains qui viennent du Golfe du Mexique. C'est une autre forme de dépendance. Donc, il faut profiter de cette crise pour accélérer vers l'autonomie énergétique.

10:34
Invité

Vous nous annoncez donc ce matin sur France Info deux choses. Un, une baisse provisoire jusqu'à 30 centimes d'ici la fin de la semaine par litre et que les prix vont faire du yo-yo. Au vu de votre longue expérience, est-ce que vous pensez qu'on est dans un choc pétrolier ?

10:45
Invité politique

Pour le moment, si le conflit s'arrêtait dans les dix jours, non. S'il dépasse un mois ou si le baril, là, il doit être aux alentours de 130, je ne sais pas combien. Philippe Chalmin, qui est un des spécialistes des marchés des matières premières, un peu à la retraite mais toujours en veille, il dit que ça peut monter même jusqu'à 180 dollars le baril. Là, on se fait en crise. Alors, vous voyez, on vient de finir les négociations commerciales dans un cadre français très rigide avec tous les produits de consommation. Mais là, c'est sûr que les industriels, si ça dure, ils vont nous demander de revoir la copie.

11:23
Présentateur

On va en parler dans un instant. D'un mot juste, qu'est-ce que vous attendez du gouvernement aujourd'hui ? La classe politique se divise. Le RN demande des baisses de taxes sur le carburant, les insoumis, un blocage des prix, l'EPS, un chèque énergie.

11:35
Invité politique

Qu'est-ce que vous demandez ? Du point de vue des automobilistes, je plaide pour qu'on ouvre des scénarios à Bercy. Ce n'est pas la peine tout de suite de dire ce qu'on va faire si on n'est pas sûr que ça ne va pas durer. Parce que dire aussi qu'on va boucher les trous comblés, c'est faire durer l'inflation. Il y a des gens qui ont intérêt à laisser monter les prix si l'État dit qu'il va compenser. Donc l'idée, pour moi, c'est que ma proposition, c'est que M.

Lecornu, c'est que Maude Bréjon demande à Bercy un scénario pour qu'au moins les automobilistes, qui sont obligés de prendre leur bagnole pour aller au boulot, c'est le cas de nos salariés, la plupart du temps en province, 80% des Français utilisent leur voiture pour aller au travail, qu'on puisse leur proposer quelque chose, si ça dure, de manière à ce que les plus modestes, en tout cas... Une aide ponctuelle, un chèque énergie, comme l'a dit Olivier Franchino hier matin. Oui, mais que ce soit bien calibré, puisqu'on n'a pas beaucoup d'argent. Un chèque énergie, c'est copayé par l'entreprise et par l'État.

Donc, moi, je pense que, de toute façon, derrière ça, si ça durait, outre que, politiquement, on peut revenir aux gilets jaunes, au blocage et tout ça, mais même pour la croissance, si les gens ne se déplacent pas, s'ils ne vont pas au boulot ou si ça freine la consommation, ce n'est pas bon pour l'économie française non plus. Donc, d'un point de vue macroéconomique, si je suis clair, aujourd'hui, je vous dis, ça rebaisse et je ne sais pas jusqu'à quand ça va rester comme ça, mais si ça durait, il faudra des mesures de soutien pour les plus modestes, pour les automobilistes les plus modestes, pour les travailleurs automobilistes les plus modestes.

13:12
Invité

Vous avez dit, on peut revenir aux gilets jaunes, c'est un risque pour vous que cette nouvelle guerre au Moyen-Orient...

13:15
Invité politique

C'est incroyable. L'IA, c'est bien, l'intelligence artificielle, on vous donne des réponses, mais quand on l'a vécu, tout le monde a oublié que l'exaspération des consommateurs et des PME pendant les gilets jaunes, c'est pour des histoires de carburant, de taxes sur les carburants, et puis c'est pour des 80 km heure limités sur les routes. Ce sont des décisions symboliques qu'à Paris, ils ne comprennent pas, mais parce qu'à Paris, il y a des transports collectifs partout, parce qu'il n'y a que 43% des gens qui vont au travail, qui prennent une voiture pour aller à la gare de banlieue.

Vu de la province, ce sont des produits symboliques, et c'est pour ça que les Leclerc, on a toujours investi sur le prix des carburants et quelques produits symboliques, comme le pain par exemple, comme porte-drapeau du prix bas.

14:02
Présentateur

Michel-Edouard Leclerc, on va continuer à parler des conséquences de cette guerre, dans vos magasins notamment, et pour le pouvoir d'achat des Français. Mais tout de suite, il est 8h48, et c'est l'Info en une minute avec Philippine Thibaudot.

14:14
Invité

Un nouveau navire touché par un projectile au large des Émirats arabes unis au 12ème jour de la guerre au Moyen-Orient. C'est ce que rapporte l'agence de sécurité britannique. Un projectile a touché un précédent bateau dans le détroit d'Hormuz. Le personnel a été évacué. Tout est sur la table pour tenter de faire baisser le prix des carburants à la pompe. C'est ce qu'assure Philippe Tabarro, le ministre des Transports sur France Info. Selon lui, 5 à 10% des distributeurs posent problème et augmentent leurs tarifs. A ce sujet, une réunion du G7 est prévue à Paris à 15h. A la même heure, Sébastien Lecornu, le Premier ministre, recevra les responsables des partis politiques.

Conséquences économiques un peu plus claires au fil des jours, un peu plus d'inflation et un peu moins de croissance avec la guerre, selon le gouverneur de la Banque de France. Et puis, aux Jeux paralympiques d'hiver, un seul Français en lice aujourd'hui. Car le tabouret au Paras qui te fonce, ça se passe à 11h35. La France est sixième au classement. France Info.

15:13
Invité politique

Le 8.30 France Info. Agathe Lambret, Paul Larouturou.

15:17
Présentateur

Avec Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres Leclerc. Paul, on continue de parler des conséquences de cette guerre dans les rayons.

15:24
Invité

Oui, parce qu'il n'y a pas que l'essence. On parle beaucoup du carburant, mais dans vos magasins, les prix alimentaires ont encore augmenté ces derniers mois. Est-ce que la grande inflation alimentaire est derrière nous ? Est-ce que les Français vont encore payer plus cher leur panier cette année ?

15:37
Invité politique

Alors, on sort de négo. Je pense que la grande période d'inflation qu'on a eue depuis 2022, on a obtenu des baisses, et en tout cas que ça augmente plus de la part des grandes marques industrielles. On a augmenté le volume de vente et le nombre de références de nos marques de distributeurs. Jean-Ricot Plus, Marc Repair, chez Carrefour, je crois que c'est premier prix. Je ne veux pas tirer la truc à moi. Mais ça fait 40% des ventes aujourd'hui. Donc, du coup, ça a été une paire de claques pour les grandes marques. Et du coup, ils reviennent avec des propositions de baisse. Vous avez mis l'impression que je suis industriel. Oui, néanmoins...

16:12
Présentateur

Il y a eu trois mois de négociations qui viennent de se terminer. Qu'est-ce que vous dites à l'issue de ces trois mois de négociations ? Les prix vont augmenter de combien, concrètement ?

16:18
Invité politique

Moi, je suis parti pour une projection de 1,5% d'inflation sur l'année. Tout compris un service, parce qu'on vend des voyages, on loue des voitures et tout ça. 1,5% d'inflation. Alors, c'est à la fin, c'était il y a 15 jours, quand on rendait la copie au gouvernement. Mais vous voyez bien qu'aujourd'hui, si ça dure, tous les industriels qui ont signé ces contrats, ils vont revenir nous voir, ils vont essayer de revenir nous voir pour nous demander de renégocier. Alors, c'est là où vous...

16:50
Présentateur

Ce n'est pas gravé dans le marbre, ces négociations, ça peut changer ?

16:52
Invité politique

Eh bien, vous voyez, nous, on a des sanctions de la part du gouvernement quand on ne rend pas la copie à la date. Et puis là, on voit bien... Mais c'est que en France. Votre centrale d'achat européenne a été lourdement sanctionnée. Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, il a dit récemment qu'on avait un système qui était franchement bête.

17:07
Invité

Là, vous faites référence à une amende, vous êtes pris une amende de 33,5 millions d'euros.

17:10
Invité politique

Oui, et Carrefour aussi, parce qu'on n'a pas rendu la copie à l'heure, alors qu'on sort d'une inflation de 20... Vous voyez la préoccupation des pouvoirs publics, quoi. Il faut revenir à la case magasin, quand même, à la case pouvoir d'achat. C'est la première demande des consommateurs français. C'est la première préoccupation des consommateurs français. On attaque des distributeurs parce qu'ils n'ont pas rendu leur copie à date. D'ailleurs, on n'attaque pas les industriels qui ont signé avec eux. C'est quand même assez étonnant. En droit, je me rappelle, il y a quand même les deux parties au contrat. Normalement, ils sont responsables du contrat. Bon, bref.

Et on voit bien que c'était pendant le salon de l'agriculture. Il fallait jeter un petit...

17:45
Présentateur

Vous dites qu'il y a un deux poids deux mesures. Bien sûr. La ministre de l'agriculture, elle vous a accusé de faire un chantage mortifère pendant ces négociations parce que certains distributeurs ont menacé de déférencer certaines marques. Vous assumez la méthode ?

17:57
Invité politique

Non, il faut arrêter. C'est comme les contrôles... Pendant les distributeurs, c'est une mise en scène systématique. Il y a le salon de l'agriculture. Allez, hop, une amende à Leclerc, à Intermarché, à Carrefour, etc. Là, un truc sur les pompes alors qu'on est les moins chers et que les ministres eux-mêmes reconnaissent.

18:15
Présentateur

Donc, vous êtes des boucs émissaires, c'est ça ?

18:16
Invité politique

Oui. Alors, après, c'est quand même eux qui font notre popularité parce qu'il n'y aurait pas les méchants prévots, il n'y aurait pas les méchants politiques, il n'y aurait pas les gentils distributeurs. Vous voyez, c'est quand même... Les enseignes les plus populaires en France, les marques les populaires en France, outre les marques industrielles, L'Oréal, Danone et tout ça, c'est Leclerc, Intermarché, Carrefour et Systémeux. Donc, plus il tape dessus, le consommateur n'est pas idiot.

18:39
Invité

Il fait ses courses. Mais vous ne pouvez pas aller plus loin, leur donner plus de marge industrielle pour rendre plus sur vos profits ?

18:44
Invité politique

Non, mon boulot, à moi, ce n'est pas de financer l'industrie, ce n'est pas de financer les multinationales.

18:51
Invité

Je parlais des agriculteurs. Excusez-moi, j'ai mal posé ma question.

18:54
Invité politique

Je ne voulais pas des agriculteurs. Oui, je pense que, pour le coup, on respecte bien la loi qui consiste à ne pas négocier la partie agricole et surtout, on essaye de faire des contrats tripartites où les agriculteurs sont dedans. Comme ça, ils savent le prix, tout ça. Mais cette loi EGalim, qu'on appelle EGalim, elle ne s'applique pas aux multinationales, elle ne s'applique pas aux exportations, elle ne s'applique pas à la restauration, elle ne s'applique pas aux grossistes de Rungis. Et donc, vous pensez bien qu'il y a plusieurs marchés. Et ça, aujourd'hui, c'est là où ça flambe.

Par exemple, je vous annonce que malgré nos négociations, le chocolat, ça va quand même continuer à augmenter de l'ordre de 14%. C'est énorme. C'est énorme. De toute façon, il faut en manger moins. Mais moi, j'ai besoin. Le café va continuer à augmenter de 9%. La charcuterie de 8,42%. Les œufs vont augmenter de 8,14%.

19:46
Présentateur

Et pourquoi ça augmente autant, ces produits-là ?

19:49
Invité politique

Alors, chaque industriel a son argumentaire. De toute façon, ils ont réellement des augmentations de coûts. Mais c'est simplement quand vous êtes une multinationale pour laquelle Leclerc ne pèse que 4% du marché mondial, par exemple Nestlé, ou les vendeurs de pet food, et pour les produits pauvres animaux, on n'est que dalle par rapport à eux.

20:07
Présentateur

Donc, c'est un rapport de force déséquilibrée, surtout ?

20:09
Invité politique

Oui, ils prennent leur marche tout de suite, alors qu'eux pourraient étaler ces hausses dans le temps. Je ne les critique pas en tant que tels. Je comprends qu'ils aient une hausse de coûts, de coûts d'énergie, etc. Mais ça peut s'étaler, une hausse. Un commerçant apprend à ne pas taper ses consommateurs à chaque fois que les prix augmentent. Mais toutes vos projections-là, pardon, c'était avant la guerre,

20:28
Invité

quand vous dites 1,5% de l'inflation globale. Non, non, je vous ai recalculé ça. Ça, c'est de l'hier soir. Donc, c'est l'hier soir. Et quel est l'impact de la guerre au Moyen-Orient, ce 12e jour, sur cette augmentation des prix hors essence ?

20:37
Invité politique

Ça ne peut être que pire. D'accord ? Alors, je reviens à votre question initiale, qui était très bien posée, sans flagornerie. L'inflation de 22 à 28% sur l'alimentaire qu'on a connu cumulé depuis 2022, depuis la guerre en Ukraine, celle-là est jugulée. Donc, on est parti sur une espérance d'inflation, une perspective d'inflation nationale de 1,5%. Si la guerre continue là, ça peut reflamber. Ça peut reflamber parce que ça fera reflamber le prix des containers. Vous savez bien, ça coûte cher tout ce qui est importé. Ça va reflamber les engrais agricoles. Ça, ça va.

Et puis, tout ce qui est dans le secteur automobile ou le secteur transport, et qui utilise beaucoup d'énergie, voire du transport de matières premières, des matériaux riches, des lithium et tout ça, ça, ça peut relancer l'inflation. C'est pour ça que, pour le coup, M. Lescure ou M. Lecornu sont fondés à... Mais alors, qu'ils mettent sous contrôle, quoi, l'ensemble des opérateurs, pas les distributeurs.

21:37
Invité

Pardon de vous interrompre. Pas que. Une phrase avant la question qui. Vous lancez une nouvelle édition de La Grande Rencontre, une journée dédiée au recrutement dans vos magasins, un job dating sans inscription. Pourquoi cette méthode ?

21:46
Invité politique

C'est parce que, d'abord, c'est de la communication, mais c'est aussi un plan d'action pour aller à l'encontre de ce qu'on dit. Moi, je crois à la croissance française. Elle tient son haut rang. Les groupes que j'ai cités tout à l'heure, on marche bien, on vend bien. Les consommateurs sont au rendez-vous. C'est un peu mollasson. Et donc, je veux tenir un discours positif sur les créations d'emplois. On a 5 000 emplois à pourvoir dans les centres Leclerc. Là, on parle souvent à la télé ou à la radio, même ici, 100 emplois supprimés là, 200 emplois supprimés.

Nous, on a 5 000 postes à pourvoir cette année et on lance un grand job dating dans une seule journée et on fait recevoir avec ou sans CV des gens qui cherchent un emploi et on les fait recevoir par le personnel, par les bouchers, par les fleuristes, par les comptables. Et donc, rien qu'en une journée, l'année dernière, on avait reçu 55 000 personnes demandeurs d'emploi et on avait trouvé 2 000 futurs collaborateurs.

22:43
Présentateur

Michel-Édouard Leclerc, l'appel est lancé. C'est le moment de la question qui, comme tous les jours à retrouver sur les réseaux sociaux de France Info aujourd'hui, la question qui tâque le terrain. Je n'exclus rien pour 2027, avez-vous dit début février sur France Inter. Qu'est-ce que ça signifie ? C'est sérieux ? Ou vous entretenez l'idée ? Parce que ça vous flatte ? Parce que ça vous distingue ?

23:03
Invité politique

Vous parlez des présidentielles ? Oui. Parce que vous voyez, je ne pensais pas. Je suis un homme d'action et je suis comme mes collègues sur le terrain, on le dit sur le carrelage chez nous, on voit bien que beaucoup de décisions qui sont prises, mais on en a parlé là, on ne nous demande pas notre avis alors que c'est nous qui allons les mettre en œuvre. Donc, je pense que ce n'est pas moi qui paye les sondages dans lesquels je suis.

23:28
Présentateur

Oui, mais c'est sérieux ou pas ? Quand vous dites que je n'exclus rien, c'est sérieux ?

23:30
Invité politique

Eh bien, je me rends compte qu'aujourd'hui, tout le monde m'écoute différemment. Je ne suis plus simplement l'épicier ou le commerçant ou le distributeur. Je ne suis pas simplement Leclerc, vendeur de carburant. Tout d'un coup, toute la classe politique se rend compte que finalement, le pouvoir d'achat, ça compte pour les Français.

23:44
Invité

Et vous êtes même en tête des personnalités préférées des Français avec 49% de bonnes opinions juste après le baromètre IFOP fiducial. Est-ce qu'aujourd'hui, sérieusement, vous avez un slogan ou une équipe ? Non, non, non. C'est dans un an, c'est demain.

23:54
Invité politique

Est-ce que vous vous préparez sérieusement ? Non, non, non. Si j'y vais, j'irai très vite et je gagnerai un chevet du Teddy Riner. Mais c'est... Vous gagneriez la présidentielle. Non, non. Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas moi qui ai payé ces sondages. Il y a plein de sondages qui sortent avec mon nom d'eau d'angle. Je ne veux pas me faire manipuler non plus. Mais je me rends compte aujourd'hui que du coup, l'intérêt des consommateurs est pris en considération avec cette hypothèse, avec cette hypothèque. Et donc, tout en n'ayant pas de désir élyséen, je me rends compte qu'on est mieux entendu et voilà, quoi.

24:26
Présentateur

C'est pas inutile. Merci beaucoup, Michel-Édouard Leclerc. Merci d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci, Paul. Merci infiniment. A demain. Tout de suite, les informés. Merci, Paul. Merci, Paul. Merci, Paul.