Remaniement : toujours la même histoire ?
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:12OuverteRéponse directe
Que faut-il attendre de Gabriel Attal comme nouveau Premier ministre ?
- 0:36OuverteRéponse directe
Comment présenter Gabriel Attal ?
- 1:45RelanceRéponse directe
Malléabilité idéologique ou transport de la gauche ?
- 2:03OuverteRéponse directe
Est-ce un signe de reconnaissance du macronisme ?
- 3:16OuverteRéponse directe
Signe d'habileté politique ou dissolution de l'idéologie ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Quelle est la caractéristique historique du macronisme ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:05InvitéFait
« C'est quelqu'un qui vient de la gauche, qui a été conseiller de Marisol Touraine, qui a milité au Parti Socialiste dans sa première jeunesse. »
- 2:08InvitéFait
« Tout à fait, puisqu'en plus il colle tout à fait à la politique d'Emmanuel Macron. »
- 2:22InvitéFait
« Qui progressivement s'est de plus en plus cranté vers la droite jusqu'à cette fameuse loi immigration. »
- 3:32InvitéFait
« Le mot-clé, c'est le mot de dépassement, plus encore qu'en même temps. Le dépassement politique. »
- 3:59InvitéFait
« La caractéristique du macronisme, c'est l'exercice du pouvoir beaucoup plus que l'application d'une doctrine. »
- 4:28InvitéFait
« C'est finalement, à chaque dossier, sa vérité. »
- 5:50InvitéFait
« Emmanuel Macron fait toujours montre de sa détermination, de sa volonté d'aller vite, de montrer que c'est lui qui détient les clés du pouvoir. »
- 6:28InvitéFait
« François Béroux a quand même été la clé de l'élection d'Emmanuel Macron en 2017. »
- 7:13InvitéFait
« François Béroux était hostile à la nomination de Gabriel Attal. »
- 7:17InvitéFait
« Son candidat favori, c'était Julien Denormandie, un haut fonctionnaire, au profil beaucoup plus techno que politique. »
- 11:03InvitéFait
« On ne sait pas très bien pourquoi, quel était le sens politique, finalement. »
- 11:16InvitéFait
« Elle a mené une politique plutôt de droite, ou en tout cas pas très sociale, avec d'abord la réforme des retraites. »
- 33:10InvitéFait
« c'est moi qui décide »
- 33:24InvitéFait
« pourquoi il n'y a pas eu ces gouvernements resserrés ? »
- 33:31InvitéFait
« ah oui mais il faut respecter l'équilibre du camp présidentiel »
- 33:40InvitéChiffre
« un gouvernement un 43 ministres »
- 33:42InvitéFait
« dont les trois quarts sont parfaitement inconnus du grand public »
- 33:51InvitéFait
« ça me fait penser au gouvernement de guerre »
- 33:57InvitéFait
« 1916 ça a commencé c'est les anglais qui ont commencé »
- 34:05InvitéFait
« elle l'a fait aussi en 1916 en France »
- 34:12InvitéFait
« les mots qui ont été utilisés aussi bien par monsieur Macron que Gabriel Attal c'est le terme de réarmement »
- 34:33InvitéFait
« le vocabulaire d'Emmanuel Macron est depuis le départ un vocabulaire on pourrait dire réarmement et régénération »
- 34:39InvitéFait
« le terme régénération est de 89 »
Temps de parole
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Voilà, nous avons un nouveau Premier ministre et celui-ci se nomme Gabriel Attal. Que faut-il attendre de cet homme pour en parler ? Nous sommes en compagnie de Nicolas Rousselier. Bonjour Nicolas Rousselier, vous êtes historien, professeur d'histoire politique à Sciences Po. On vous doit notamment un livre qui est désormais un classique. La force de gouverner, le pouvoir exécutif en France aux éditions Gallimard, Claire Gatinois. Bonjour, vous êtes journaliste au service politique du Monde. Comment pourrait-on présenter Gabriel Attal ?
Alors Gabriel Attal est de fait présenté par l'Elysée un peu comme l'incarnation de la génération Macron. C'est-à-dire que c'est un homme jeune, incarnation de l'audace et surtout effectivement qui correspond tout à fait au profil un peu macroniste dans son parcours idéologique. C'est-à-dire que c'est quelqu'un qui vient de la gauche, qui a été conseiller de Marisol Touraine, qui a milité au Parti Socialiste dans sa première jeunesse on peut dire.
Et qui aujourd'hui au sein du gouvernement et en particulier lorsqu'il a pris la tête de l'éducation nationale en juillet dernier, a mis en œuvre une politique qu'on pourrait plutôt qualifier de droite avec d'entrée l'interdiction de la baïa, avec un discours très axé sur l'autorité, le retour de l'autorité du professeur, des savoirs. Donc il montre un petit peu cette malléabilité idéologique de la macronie.
Malléabilité ou alors transport de la gauche, puisque effectivement il a été formé par un certain nombre de classiques du PS, dont Jean-Christophe Cambadélis. Et puis aujourd'hui le voici, Gabriel Attal, disiez-vous Claire Gatinois, défendre des idées ou une politique plutôt de droite. Est-ce que ça par exemple c'est l'un des signes de reconnaissance du macronisme ?
Tout à fait, puisqu'en plus il colle tout à fait à la politique d'Emmanuel Macron, qui de la même façon est venu de la gauche, ancien ministre de François Hollande, ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée, qui progressivement s'est de plus en plus cranté vers la droite jusqu'à cette fameuse loi immigration, qui a choqué y compris les macronistes d'origine qui étaient plutôt issus de cette gauche sociale un peu strauss-canienne.
Donc Gabriel Attal, en fait, l'opposition qualifie déjà de mini-Emmanuel Macron, ce qui n'est pas forcément très gratifiant, mais en tout cas qui correspond effectivement à ce parallèle qu'il y a entre la carrière des deux hommes et en tout cas dans cette capacité qu'a eu Gabriel Attal, de naviguer avec des idées de droite et avec des symboles dont s'est emparée la droite. On pense notamment à son expérimentation sur l'uniforme à l'école, qui plaisent tout à fait par exemple aux Républiques.
Nicolas Rousselier, est-ce que c'est un signe d'habileté politique, de dissolution de l'idéologie dans justement cette sphère du tactique,
ou bien autre chose ? Ah non, c'est beaucoup plus que de la tactique. En fait, il faut remonter au logiciel initial du macronisme. Le mot-clé, c'est le mot de dépassement, plus encore qu'en même temps. Le dépassement politique. Donc je pense que ceux qui sont entrés en Macronie, comme Gabriel Attal très tôt, savaient où ils mettaient les pieds. Ils sortent du PS, c'est pas un hasard, ils sortent du PS pour faire autre chose. Et donc c'est un dépassement politique. Depuis 2017, je pense que la caractéristique aussi historique, maintenant on peut faire un peu l'histoire du macronisme, on a 7-8 ans de recul. Prudemment !
Bon, la caractéristique du macronisme, c'est l'exercice du pouvoir beaucoup plus que l'application d'une doctrine. Il n'y a pas une doctrine politique, si vous voulez, quand on fait une perspective historique, on a tel ou tel isme qu'on peut associer à une doctrine. Par exemple, bien sûr, socialisme. Là, c'est plus le cas. Ils sortent d'un parti qui s'appelait socialiste, c'est pas pour faire un nouveau isme. Donc l'exercice du pouvoir a tendance à tout prendre. Et cet exercice du pouvoir, c'était ça qui était en fait théorisé par Macron, ou maintenant par Gabriel Attal. C'est finalement, à chaque dossier, sa vérité.
Donc il peut y avoir un dossier, par exemple, la baïa ou l'uniforme, qui porte, si je puis dire, à droite, mais il peut y avoir d'autres dossiers, transition écologique ou autre, qui porte à gauche. Bon, vous me direz qu'il y a plus de choses qui portent à droite qu'à gauche depuis quelque temps. Certes, mais le macronisme, c'est ça. Donc il n'y a pas à s'étonner d'une évolution d'un Gabriel Attal de la gauche vers la droite, puisque finalement, il voulait en sortir. Ce qui est intéressant, en fait, c'est la filière de recrutement. C'est-à-dire qu'en fait, un Gabriel Attal, il est recruté, justement, par rapport à l'exercice du pouvoir. Il ne représente pas une tendance d'un parti politique.
Pourquoi ? Parce qu'il n'y a plus de parti politique, enfin, j'allais dire digne de ce nom, il n'y a plus de parti politique à l'ancienne, où vous aviez des congrès avec des tendances, comme l'ancien PS de la grande époque, si je peux dire, et des tendances dont chaque leader peut être recruté. Là, ce n'est pas ça. Donc il y a une façon de recruter un Premier ministre très nouvelle.
Claire Gatinois, est-ce que tout cela se justifie ? Est-ce que tout cela explique la lenteur du remaniement, puisqu'il y avait, semble-t-il, un calendrier, ou en tout cas un timing, des horaires qui n'ont pas été tenus ? Pourquoi, selon vous ?
Un petit peu toujours pour les mêmes raisons. C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron fait toujours montre de sa détermination, de sa volonté d'aller vite, de montrer que c'est lui qui détient les clés du pouvoir, et c'est lui qui décide, d'où son surnom de Jupiter.
Et en fait, il arrive toujours un moment où la réalité se rappelle à lui, c'est-à-dire qu'il a la tête non seulement d'une majorité relative, mais aussi d'un camp présidentiel, composé de différentes tendances, avec notamment les ténors du Modem et le patron François Béroux, qui tient à conserver son influence, avec ce bagage historique, qui est que François Béroux a quand même été la clé de l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, et Emmanuel Macron s'en souvient. Et alors en politique, on a de la gratitude ? On a de la gratitude intéressée.
C'est-à-dire que si François Béroux, tout d'un coup, décide de quitter le camp présidentiel, Emmanuel Macron, d'autant plus aujourd'hui, où il dispose d'une majorité relative à l'Assemblée nationale, Emmanuel Macron est condamné à l'impuissance, qui est sa hantise absolue.
Et François Béroux était hostile à la nomination de Gabriel Attal ?
François Béroux était, alors il s'en défend, mais il était hostile à la nomisation de Gabriel Attal. Lui, son candidat favori, c'était Julien Denormandie, un haut fonctionnaire, au profil beaucoup plus techno que politique. Donc on peut imaginer que Julien Denormandie aurait permis justement à François Béroux de pouvoir un peu, davantage, tirer les ficelles dans les coulisses pour faire valoir ses idées si Julien Denormandie avait été nommé à Matignon. Et Gabriel Attal convient peu aussi à Édouard Philippe, qui voit dans ce jeune ambitieux, très habile, avec les médias, très politique, un rival potentiel.
En moins de six mois à l'éducation nationale, Gabriel Attal a réussi à tutoyer Édouard Philippe dans les sondages, alors que le maire du Havre avait construit sa stature politique, pas laborieusement, mais en tout cas au fil des ans, et qu'il essaye de se construire un personnage solide. Et là, tout d'un coup, en quelques semaines, on voit ce rival se pointer.
Nicolas Rousselier, un commentaire sur la façon dont Emmanuel Macron choisit ses premiers ministres, puisque là aussi, on a désormais un historique.
Oui, alors il y a un atout, en fait, dans le macronisme, c'est qu'effectivement, du coup, avec une doctrine qui n'est pas vraiment caractérisée, il y a une souplesse dans le choix. Donc on peut choisir aussi bien des hauts fonctionnaires pas forcément très connus, comme Jean Castex, ou bien un personnage beaucoup plus politique, puisqu'on ne cesse de le dire depuis la nomination, et à juste titre que Gabriel Attal a un profil plus politique. Donc d'un côté, c'est un atout de souplesse. Finalement, ça élargit le choix, la palette.
Mais d'un autre côté, je me répète, c'est ça qui est aussi très nouveau, c'est que c'est un coup certain d'avoir placé Gabriel Attal là où il est, mais on a du mal à en définir le contenu politique. C'est-à-dire qu'en fait, il y a un coup, certains diraient un coup de communication, bon, c'est un peu superficiel de séparer communication et politique de nos jours, mais bon, un coup de communication, mais on a du mal, en fait, à associer la nature politique à ce coup de nomination.
Et justement, le fait qu'il ait pu hésiter entre des profils aussi différents, puisque Julien Denormandie est peu connu, et le fait qu'il ait cru bon de remplacer Elisabeth Borne, qui avait plutôt un profil de technocrate, par un autre technocrate, qu'est-ce que ça signifie selon vous ?
Cela signifie probablement que le recrutement, la filière de recrutement par les cabinets, parce que vous parlez de Mme Borne, on se forme par l'activité dans les cabinets ministériels. Donc, évidemment, on peut dire technocratie, mais le terme est trop vague. C'est beaucoup plus précis. On est à la charnière du politique et de l'administratif. Donc, on voit beaucoup de choses sur l'administration, mais on n'est pas forcément bon communicant. Ce n'est pas sur le critère de communication qu'on est recruté comme chef de cab, chef de cabinet, directeur de cabinet.
Tandis que là, Attal, c'est finalement, Mme Gatinois le disait, c'est peut-être le seul ou un des seuls produits politiques du macronisme, de la génération Macron.
Claire Gatinois, parce que dans ces conditions, le canard enchaîné d'ailleurs le dit, jusqu'au bout, semble-t-il, Emmanuel Macron a hésité à ne pas tout simplement maintenir Elisabeth Borne à Matignon ?
Alors, je crois, de ce que j'ai cru comprendre de sources élyséennes, qu'Emmanuel Macron était déterminé à se séparer d'Elisabeth Borne. Et M. Rousselet le disait tout à l'heure, en fait, on ne sait pas très bien pourquoi, quel était le sens politique, finalement. Parce qu'Elisabeth Borne a réussi dans la mission qu'Emmanuel Macron lui a confiée.
Elle a, on l'a beaucoup dit, avalé beaucoup de couleuvres, puisqu'elle se présentait comme une femme de gauche, et elle a mené une politique plutôt de droite, ou en tout cas pas très sociale, avec d'abord la réforme des retraites, puis cette loi immigration qui emprunte quand même beaucoup de thèmes à l'extrême droite, et notamment cette notion de préférence nationale. Donc, pourquoi se séparer d'Elisabeth Borne ? A planer dans l'atmosphère, l'idée qu'Emmanuel Macron voulait son confort personnel, en fait. Il ne s'entendait pas très bien avec Elisabeth Borne, il voulait quelqu'un avec qui la complicité serait plus aisée.
Et puis, il y a cette crise liée au projet de loi immigration qui fracture et qui déchire complètement le camp présidentiel, où sortent quand même des macronistes historiques, tels Philippe Grandjon, qui vient quand même de la gauche sociale. Donc là, Emmanuel Macron se rend compte qu'il est obligé d'agir, de faire quelque chose pour impulser un nouveau souffle.
Claire Gatinois, journaliste au Monde, Nicolas Rousselier, historien. On se retrouve dans une vingtaine de minutes pour évoquer ce que Gabriel Attal va faire à Matignon.
Quel bilan pour Emmanuel Macron
et Elisabeth Borne ? Pour en parler, nous sommes en compagnie de Claire Gatinois, journaliste au service politique du Monde, mon camarade Jean Lémarie, et Nicolas Rousselier, historien, professeur d'histoire politique à Sciences Po. On vous doit la force de gouverner le pouvoir exécutif en France. Aux éditions Gallimard, alors justement, ce pouvoir-là, est Elisabeth Borne. Un bilan, Nicolas Rousselier, si vous deviez nous dire, quelle fut sa pratique du pouvoir ?
Je dirais, du point de vue des institutions et de sa pratique institutionnelle, qu'il y a ce contraste entre ce qu'elle a constamment mis en avant, à savoir qu'elle avait réussi à faire des majorités d'idées. C'est-à-dire qu'elle a réussi à faire travailler le Parlement sur un grand nombre de textes. Elle dit 50 ou 60 lois qui ont été votées, malgré la difficulté, c'est-à-dire malgré la majorité relative. Donc, à l'été 2022, quand on prédisait le pire pour ce nouveau Parlement, on a beaucoup exagéré. C'est du cabotage. C'est-à-dire qu'effectivement, c'est de l'IKEA, c'est-à-dire on prend, on bricole. Et c'est là la limite. C'est-à-dire que ce bricolage ne passe pas la rampe.
Ce bricolage n'a pas imprimé dans le public, parce que ce qui est imprimé dans le public, c'est au moment des lois de finances, et pire, au moment de la réforme de retraite, je dégaine le 49-3. Donc le 49-3 n'a jamais eu autant de succès public, si je peux dire, n'est jamais aussi bien connu des Français qu'avant. Donc tous les Français sont devenus constitutionnalistes grâce au dégainage, le fait d'avoir multiplié 49-3. Mais justement, vous,
qui l'êtes un peu plus que nous, constitutionnalistes.
Oui, on peut dire, en essayant de prendre du recul, c'est un peu injuste, probablement, pour Mme Borne, parce qu'elle a fait le job. Mais probablement que cette idée qu'on fait le job, on se met finalement dans une fiche de poste, un peu comme dans une entreprise, donc on remplit un cahier des charges qui a été fixé par quelqu'un d'autre, et on ne fait pas autre chose. C'est probablement là, sa faiblesse. C'est finalement de ne pas avoir su se distinguer du président, ou de ne pas avoir su vendre, disons, cette réussite parlementaire. Vous voyez, quand je dis réussite parlementaire, c'est un paradoxe. Plein de gens pourraient dire, non, la loi d'immigration, c'est affreux, et c'est un échec.
Et justement, la loi d'immigration, c'est quoi ? C'est le moment où le gouvernement n'est plus législateur. C'est-à-dire que le gouvernement ne manage plus le Parlement, déraille, déraille dans sa capacité à contrôler le Parlement. Et je pense que c'est ça qui a mis à mort, entre guillemets, politiquement Mme Borne pour Emmanuel Macron. C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron a probablement détesté se faire imposer une loi qui est maintenant votée et qui sera peut-être retoquée par le Conseil constitutionnel, mais qui est une loi dans laquelle il y a plusieurs articles qui sont, que M. Macron rejette.
Donc, Mme Borne, je pense, restera comme l'un des cas de Premier ministre, effectivement, qui a rempli un rôle, mais un rôle enfermé dans la technique gouvernementale.
Claire Gatinois, qu'en pensez-vous, justement, de ce bilan d'Elisabeth Borne ?
Alors, j'ai l'impression qu'Elisabeth Borne a fait elle-même le bilan de son action de ces 20 mois à Matignon, lorsqu'elle a expliqué au lendemain de l'adoption du projet de loi immigration qu'elle était gorgée du sentiment de devoir accompli. C'est-à-dire qu'on a une Première ministre, M. Rousselet l'expliquait très bien tout à l'heure, qui exécute et qui en fait met de côté toute éventuelle conviction politique. Alors qu'Elisabeth Borne se présente au moment de la passation de pouvoir avec Jean Castex issue de la droite, elle se présente comme une femme de gauche. Mais elle applique la politique d'Emmanuel Macron qui consiste en fait au pragmatisme.
C'est-à-dire je pioche les textes qui, selon moi, conviennent le mieux aux volontés de l'opinion publique. Et effectivement, elle reste la Première ministre du 49-3. Non pas seulement parce qu'elle a déclenché plus d'une vingtaine de fois et notamment au moment des budgets, mais parce qu'elle a déclenché surtout au moment de la réforme des retraites. Et à ce moment-là, le 49-3 devient un objet politique. Et Elisabeth Borne est marquée par ce 49-3 qui est le symbole finalement de l'autorité et de l'exercice du pouvoir d'Emmanuel Macron. Et il y a aussi, et M. Rousselet l'expliquait bien tout à l'heure, ce sentiment finalement d'un pouvoir qui navigue à vue.
C'est-à-dire qu'elle fait 60 textes mais on ne comprend pas du tout la logique, on ne sait pas du tout où Emmanuel Macron veut nous conduire. Il n'y a pas de cap, il n'y a pas de récit. Et donc, on sent en fin d'année 2023, Emmanuel Macron qui quasiment panique en se disant voilà, il y a un écart assez vertigineux dans les sondages entre la liste du camp présidentiel pour les élections européennes et celle du Rassemblement national et Emmanuel Macron se sait grignoter par les opposants et redoute d'être condamnée à l'impuissance et de finir son quinquennat comme un Jacques Chirac dépeint en roi fainéant.
Jean-Lémarie, votre bilan à vous ? Sans faire un bilan global et puis je le fais un peu chaque matin, je l'ai fait un peu chaque matin au fil des derniers mois mais je voudrais rebondir à la fois sur ce que disait Nicolas Rousselier et sur ce que Claire Gatinois vient de dire sur la multiplication des 49-3 parce que il faut vraiment comprendre que ça a laissé des traces considérables et dans l'opinion et à l'Assemblée nationale parmi les députés parce que ce qui est en cause le point d'interrogation c'est le rôle du Parlement à quoi ça sert ? A quoi ça sert d'élire des députés ? Quand on est député à quoi ça sert de voter ?
De débattre parfois pendant des heures dans des conditions extrêmement difficiles dans une tension extrême qu'on a relatée ici jour après jour avec une assemblée extrêmement polarisée c'est ça qui est en jeu aujourd'hui et je crois effectivement qu'Elisabeth Borne lorsqu'elle a exprimé son sentiment de devoir accompli essayait de justifier d'une certaine façon la critique principale qui lui a été faite malgré ces quelques dizaines de textes adoptés avec une majorité elle les a mis en avant la présence de ces 23 49-3 seulement en quelques mois là c'est un point central Gabriel Attal a donné quelques indications hier lors de la passation de pouvoir en se tournant c'est peut-être de pure forme mais c'est intéressant vers l'opposition en disant qu'il allait écouter en se retournant aussi et ça c'était très attendu dans la majorité vers les députés de son propre camp en disant aussi je vais vous vous écouter vous allez compter vous serez là le gouvernement ne va pas travailler sans vous
bon mais qu'est-ce qui prouve Nicolas Rousselier qu'aujourd'hui avec Gabriel Attal la pratique du pouvoir soit modifiée
moi je trouve que ce qui est quand même intéressant il y a beaucoup d'auditeurs qui pensent peut-être que ce remaniement c'est pas très important c'est de la com' et que ça n'embraye pas sur le réel en tout cas il y a beaucoup de journaux qui le pensent plutôt oui c'est tout à fait logique si vous voulez de médire ou de repousser ça d'une piche nette de relativiser de relativiser mais il faut quand même faire bien attention à une chose c'est que changer de premier ministre c'est pas changer de collaborateur moi je vais contre l'idée que le premier ministre est devenu un collaborateur et que finalement même l'idée un peu simple de hyper président soit valable pourquoi parce que il faut rappeler des choses un peu simples mais le premier ministre est le seul et pas le président à aller à l'assemblée à l'assemblée il faut faire voter des lois je dirais d'un point de vue un peu technique c'est ce qu'a fait plutôt bien madame Borne mais il faut aussi embarquer il faut embarquer sa majorité il faut embarquer ses partenaires pourquoi pas élargir sa majorité par l'éloquence aussi l'éloquence politique donc Gabriel Attal on peut essayer de le créditer de ça peut-être que ça ne marchera pas pourrait ramener l'éloquence au centre de la politique deuxième chose un premier ministre c'est lui qui mène aussi des campagnes électorales il ne va pas être tête de liste du camp présidentiel aux européennes mais il sera de fait le chef de file le leader politique un leader politique ça fait des meetings ça va faire des débats télévisés c'est Attal qui fera des débats télévisés contre Bardella ou d'autres c'est pas le président de la république donc on a oublié un petit peu dans l'expression qui est valable pourtant l'expression de monarchie républicaine on a oublié aussi l'idée que le président est un monarque et monarque ça veut dire celui qui se retire de la reine qui prend de la distance qui ne se mouille pas les mains qui ne met pas la main dans le cambouis donc c'est Attal qui va faire le cambouis et en ce sens ça donne de la substance au rôle de premier ministre après ça marche ça marche pas
Jean Lémarie mais Nicolas Rousselier vous croyez vraiment que le président de la république va cesser de mettre les mains dans le cambouis il ne fait que cela il règle le moindre boulon
oui bien sûr il fait la stratégie il définit le cahier des charges la feuille de route mais il n'empêche que vous avez c'est un peu comme au théâtre vous avez un vrai rôle substantiel du premier ministre on est dans une monarchie à deux têtes à double exécutif bien sûr il y a une hiérarchie entre les deux et vous avez eu raison dans votre papier peut-être pas jumeau d'ailleurs c'est plus un mentor et un petit frère donc je préfère petit frère que jumeau et c'est assez nouveau puisque maintenant c'est Macron qui va jouer le rôle de mentor donc de plus âgé par rapport à plus jeune mais une autre remarque que l'on peut faire c'est cette idée de vision du monde c'est-à-dire il faut un cap il faut une vision du monde il faut se poser à la question de savoir si ce n'est pas une réflexion de vieux si vous me permettez j'en les marie et ça vaut évidemment encore plus pour moi une réflexion de vieux c'est-à-dire de personnes qui ont été habituées aux années 70 années 80 90 où la politique est attendue pour produire une vision par exemple changer la société changer la vie pour remonter à des choses anciennes or là est-ce que le macronisme a inventé une politique pour le 21ème siècle je délire un peu mais disons par pragmatisme et effectivement la politique est une façon de passer d'un dossier à un autre c'est pas très très flamboyant comme façon
de faire mais surtout est-ce que c'est véritablement très nouveau Nicolas Rousselier parce qu'on a accusé beaucoup de présidents récents d'avoir fait cela
vous aviez la 3ème république dans la 3ème république de Gambetta à Valdeck-Rousseau vous aviez cette idée qu'il fallait qu'il n'y avait pas une question centrale Gambetta avait dit il n'y a pas une question sociale il y a des questions sociales et il avait dit je vais prendre dossier par dossier ceci dit la 3ème république était émancipatrice sur le fond
mais même la 5ème avec Nicolas Sarkozy et la fameuse triangulation est-ce que ça n'était pas déjà le fait qu'il y ait une conséquence beaucoup plus large de la fin des idéologies des systèmes qui fait que les politiques sont dans l'administration des choses oui
sauf que Sarkozy avait encore ses punchlines sur le travail le travail qu'il doit rapporter quelques punchlines et il avait la suite du gaullisme et le gaullisme lui porte évidemment cette vision de la France de la grande France peut-être que c'est d'ailleurs ça qui est encore dans le macronisme Claire Gatinois
question de vieux Gabriel Attal va devoir faire de la politique de la politique notamment parce que il y a cette situation au parlement et parmi les critiques qui lui sont adressés il y a le fait d'être peu outillé puisqu'on a un homme qui n'a pas été élu et qui dès lors pourrait avoir quelques difficultés à faire ce que pourrait faire un vieux briscard de la politique
alors il y a un vrai enjeu effectivement et notamment vis-à-vis de sa majorité mais aussi vis-à-vis de ses ministres on a beaucoup jasé hier sur la photo qu'a publié Bruno Le Maire sur les réseaux sociaux le montrant tenant Gabriel Attal par l'épaule le tutoyant qui montre qu'effectivement la jeunesse de Gabriel Attal peut être compliquée aussi pour s'imposer au sein même du gouvernement vis-à-vis de ses poids lourds comme Bruno Le Maire à Bercy ou comme Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur des politiques plus madrées qui peuvent déjà préparer des coups pour la suite et préparer fourbière leurs armes pour 2027
et savonner des planches éventuellement
exactement donc Gabriel Attal arrive quand même dans une situation où effectivement il aborde quand même la face nord du quinquennat donc ça va être extrêmement compliqué pour lui et on le disait tout à l'heure il arrive avec une majorité complètement fracturée assez traumatisée par ce qui s'est passé par le projet de loi immigration donc il va devoir essayer de montrer aux macronistes historiques qui se sentent complètement trahis par ce texte que le macronisme existe encore et qu'on est toujours dans le dépassement et qu'on n'a pas renoncé aux idéaux d'origine et puis
il y a aussi des français parce que on considère que le macronisme a manqué de personnes qui étaient capables de prendre le pouls du pays est-ce que vous pensez que Gabriel Attal est capable de prendre ce pouls-là ?
C'est sans doute une des grandes interrogations qu'auront qui suscite en fait parce que voilà il est très jeune il est un pur politique effectivement il ne fait pas partie de ces vieux briscards qui ont arpenté le pays de long en large et en travers
Non mais d'ailleurs là aussi dans les commentaires qui sont faits on a signifié que son trajet de l'école alsacienne à Matignon était un trajet qui demeurait dans les mêmes arrondissements parisiennes
Tout à fait il incarne l'élite l'élite parisienne le garçon bien né donc voilà il a essayé de casser un petit peu cette image lorsqu'il a fait cette émission de 7 à 8 où il racontait le harcèlement dont il avait fait l'objet à l'école où il a révélé de façon très très ouverte en fait son homosexualité et toutes les difficultés personnelles que ça avait pu ça c'est très commenté par exemple
dans le New York Times aujourd'hui dans son parcours c'est même le titre du New York Times
alors c'est assez intéressant si vous me permettez c'est que c'est qu'on peut imaginer en fait que que cette cette interview confidence est peut-être le fruit des conseils que lui a donné Nicolas Sarkozy parce que Gabriel Attal comme beaucoup de politiques aujourd'hui y compris issues de la gauche au sein de la Macronie est fasciné par l'ancien président de la République il a fait un déjeuner avant l'été avec Nicolas Sarkozy qui lui a conseillé avant tout d'être très sincère on se souvient de la mise en scène du divorce de Nicolas Sarkozy parce que Nicolas Sarkozy
était très sincère
en tout cas il étalait un petit peu sa vie privée voilà donc Gabriel Attal l'a fait effectivement pour craquer un petit peu le vernis justement un peu de ce monsieur parfait mais effectivement ça va être extrêmement compliqué pour lui et je pense que c'est sans doute pour ça aussi qu'il a rappelé que son objectif à lui était de que sa préoccupation visait les classes moyennes qui montrent qu'il est conscient de tous les problèmes de la réalité des français du quotidien il parlait lors de sa passation de pouvoir de ces français qui ne s'y retrouvent pas qui travaillent et qui peuvent être nourris par une forme de rancœur qui n'arrivent pas à boucler les fins de mois
en résumé Nicolas Rousselier même chose sur le fait d'avoir un homme qui est très différent probablement de beaucoup de personnages politiques traditionnels alors on peut peut-être le rapprocher de Nicolas de Fabius Laurent Fabius qui était considéré comme étant lui aussi bien né demeurant dans les mêmes arrondissements parisiens et peut-être trop éloigné du pays réel ce qui lui avait fait faire quelques tours de Paris en deux chevaux apprécier les carottes râpées bref on se souvient de ces commentaires là
Oui tous ces handicaps dont on parle par rapport à l'origine sociale le parcours de l'école alsacienne jusqu'à Sciences Po sont réels mais je crois que Gabriel Attal s'est fait connaître là justement dans les derniers mois par une question de méthode c'est-à-dire que dans les derniers mois en gros l'automne et puis le début de l'hiver on a eu deux choses d'abord on a eu le fait que la voie parlementaire a déraillé et est devenue une impasse ou en tout cas un labyrinthe très compliqué pour le gouvernement c'est la loi de l'immigration et ce qui est marrant c'est qu'au même moment par contraste on a l'émergence en gros Gabriel Attal casse le plafond de verre et devient très important en tout cas dans les sondages il faut faire attention à la méthode c'est-à-dire qu'il a réussi cette méthode non pas du temps en allant au parlement faire des lois sur l'éducation il n'a pas eu besoin de faire une loi pour le groupe de niveau il n'a pas eu besoin de faire une loi pour la baïa il fait des décrets des circulaires des arrêtés donc ici on a un enjeu entre la démocratie par la loi et le gouvernement par décret et je me demande si ce n'est pas ça qui est promu aussi à travers Gabriel Attal par Emmanuel Macron c'est de dire lui il a réussi sur des choses qui sont si vous voulez un peu comme l'acupuncture c'est peut-être des éléments assez restreints mais qui ont marqué en tout cas l'opinion donc en fait il y a la question aussi de savoir si le régalien une méthode régalienne est en train d'être promue on pourrait dire pour créditer en tout cas puisque c'est le début on peut créditer Gabriel Attal dire disons ce serait un état régalien à visage humain par rapport à des technos purs qu'en pensez-vous Jean-Lemarie ?
ça peut faire ça aussi puisqu'on fait le jeu des ressemblances et des différences entre le chef de l'état et le nouveau premier ministre une différence avec Emmanuel Macron qui effectivement a toujours lui aussi prôné un pragmatisme l'efficacité le concret etc mais qui est accompagné depuis des années d'une image assez technocratique aussi c'était Bercy c'était tout ça Gabriel Attal sera-t-il présenté à cet égard un autre visage on va voir
un gouvernement alors pour l'instant celui-ci n'a pas été nommé bien sûr Claire Gatinois on a entendu tout à l'heure que Gérald Darmanin dans l'entourage de Gérald Darmanin on expliquait que celui-ci était maintenu à son poste autrement dit
ce qui en soi permettez-moi est quand même assez assez rocambolesque c'est quand même le ministre qui annonce par son cabinet son maintien son propre maintien au gouvernement
pourquoi d'après vous ?
parce que je pense qu'il y a beaucoup de questionnements justement sur la fidélité de certains poids lourds qui peuvent s'interroger sur l'opportunité en fait et l'intérêt politique qu'ils ont à se maintenir dans la barque macroniste au moment où elle commence à prendre l'eau donc Gérald Darmanin signifie vous pouvez imaginer que je vais prendre la tangente pour fonder ma propre boutique et courir vers la présidentielle la prochaine présidentielle là il dit non je veux encore rester au gouvernement l'heure n'est pas venue
Bruno Le Maire a fait part également de son bonheur d'être à Bercy donc on peut imaginer qu'il va y rester
tout à fait et je pense que c'est un signal aussi parce que ça montre qu'effectivement il va y avoir un grand chambardement en tout cas c'est ce qui est attendu s'il n'a pas lieu je pense qu'il y aura une grosse déception parce qu'il y a eu cet effet Gabriel Attal qui a stupéfait pas mal de commentateurs donc il faut poursuivre en fait le mouvement et là se joue finalement vous en parliez tout à l'heure la capacité d'Emmanuel Macron à avoir cette espèce d'électure de jouvence qui pourrait le relancer et on entend beaucoup parler de ce fameux gouvernement resserré dont on a cessé de parler lors des précédents remaniements Jean Lémarie je crois
vous avez fait un billet sur le gouvernement resserré vous croyez Claire à un gouvernement resserré on entend ça évidemment à chaque fois à chaque remaniement et depuis toujours vous croyez ?
tout le monde ricane moi je ne sais pas si je dois y croire non non c'est pas notre genre je ne sais pas si je dois y croire ou si je ne dois pas y croire mais en nommant Gabriel Attal alors que François Béroux voulait Julien Denormandie il a dit voilà c'est moi qui décide je ne me fais pas tordre le bras donc maintenant s'il parvient à faire un gouvernement resserré ce sera la poursuite de cette volonté de montrer qu'il n'est pas dans l'impuissance et que c'est lui qui décide parce que jusqu'à présent pourquoi il n'y a pas eu ces gouvernements resserrés ?
notamment parce qu'il y a Edouard Philippe et il y a François Béroux qui disent ah oui mais il faut respecter l'équilibre du camp présidentiel j'ai besoin de tant de ministres de mon camp etc et on se retrouve avec un gouvernement un 43 ministres dont les trois quarts sont parfaitement inconnus du grand public
Nicolas Rousselier un mot de conclusion
oui c'est pas pour terminer sur une note sombre mais c'est vrai que gouvernement resserré moi en histoire ça me fait penser au gouvernement de guerre c'est à dire que historiquement le moment où on a resserré le nombre de ministres c'était pour l'effort de guerre 1916 ça a commencé c'est les anglais qui ont commencé avec George George et ensuite Aristide Briand qu'on ne connait pas forcément sur ce rôle elle l'a fait aussi en 1916 en France puis ensuite bien sûr Clémenceau donc regardez que les mots qui ont été utilisés aussi bien par monsieur Macron que Gabriel Attal c'est le terme de réarmement par exemple audace réarmement autorité et donc là c'est vrai que l'actualité internationale n'est pas là pour nous rassurer ou pour nous faire penser que la guerre recule donc j'exagère peut-être un petit peu mais il y a cette idée en tout cas le vocabulaire d'Emmanuel Macron est depuis le départ un vocabulaire on pourrait dire réarmement et régénération alors régénération c'est un terme révolutionnaire le livre de Macron au tout départ avait été révolution bon ça peut faire rire évidemment mais le terme régénération est de 89 merci à tous les trois
Jean Lémarie Nicolas Rousselier je rappelle le titre de votre ouvrage La force de gouverner le pouvoir exécutif en France c'est aux éditions Gallimard Claire Gatinois on vous retrouve dans les colonnes du monde non
le pouvoir exécutif