#MeToo dans la culture : le rapport accablant de la commission d'enquête | Ça vous regarde -09/04/25
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 23 %Attaque 57 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 6:41OuverteRéponse directe
Violence persistante, endémique et systémique dans le monde de la culture. Expliquez-nous le choix de ces mots.
- 8:47OuverteRéponse directe
Quel est ce système où l'on protège les agresseurs et où l'on utilise ces violences pour faire de l'art ?
- 10:55OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes d'accord avec Judith Gaudrech : « Le cinéma est une grande famille incestueuse » ?
- 12:43OuverteRéponse directe
Vous avez témoigné publiquement. Le huis clos était possible. Pourquoi certaines n'ont pas voulu dire qu'elles venaient ?
- 14:03OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça dit que la parole se libère à l'Assemblée nationale et pas devant la justice ?
- 18:01OuverteRéponse directe
Une proposition forte : inscrire dans le Code de procédure pénale une obligation pour les employeurs de signaler à la justice les violences portées à leur connaissance. Ça peut tout changer ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:35Erwann BalanantFait
« Dans ce pays nous avons la chance d'avoir une exception culturelle, c'est une grande chance, mais il y a cette excuse du génie qui s'est mise en place petit à petit. »
- 17:20Isabelle SteyerChiffre
« En justice, quand vous êtes violés, vous avez aujourd'hui 20 000 euros. »
- 25:08Sandrine RousseauFait
« On a auditionné le responsable des Légions d'honneur, et vous voyez bien le message qui est passé quand le président Emmanuel Macron dit de Gérard Depardieu qu'il fait honneur à la France. »
- 34:28Isabelle SteyerPromesse
« Il faut interdire les scènes intimes et sexuelles à tous les mineurs de moins de 16 ans. »
- 38:23Éric CaronFait
« On entend très peu parler, en réalité, maintenant des victimes civiles de Gaza, très peu dans les médias. »
- 38:39Éric CaronFait
« Il y a l'idée, chez beaucoup de gens dans cette classe politique, que les Palestiniens ne sont pas des humains tout à fait comme les autres. »
- 39:17Éric CaronFait
« Tous les spécialistes aujourd'hui de la question des génocides, de la Shoah, de différentes nationalités, des spécialistes israéliens notamment, utilisent désormais ce terme de génocide. »
- 43:06Éric CaronChiffre
« Les atrocités du 7 octobre, qui sont impardonnables, inacceptables, qui nous ont toutes et tous absolument bouleversés. 1200 morts, parmi lesquels 800 civils. »
- 44:01IntervenantFait
« que ce sont les États-Unis qui arment en grande majorité, aujourd'hui, Israël. »
- 44:10IntervenantFait
« Il faudrait que les députés de l'Assemblée nationale soient dignes. »
- 44:35IntervenantFait
« un courrier qui était signé par une quarantaine de députés, entraînés par Caroline Yadant, qui est aujourd'hui la voix du Likoud à l'Assemblée nationale. »
- 45:19IntervenantFait
« le Rassemblement National, quand le Rassemblement National va sur l'invitation du gouvernement d'Italia ou en Israël et se dit « nos combats sont communs », c'est du soutien au génocide. »
- 47:22IntervenantFait
« Israël est en train de devenir une dictature. »
- 50:10IntervenantPromesse
« Enfermons les OQTF à Saint-Pierre-et-Miquelon. »
- 50:30IntervenantFait
« Soit vous rentrez chez vous, soit c'est Saint-Pierre-et-Miquelon. Pas la France, c'est fini. Pas la métropole. »
Temps de parole
- Présentateur58 %
- Intervenant14 %
- Intervenant 211 %
- Invité9 %
- Présentateur 25 %
≈ 6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir et bienvenue, je suis très heureuse de vous retrouver dans Savourgarde. Ce soir, les violences dans le monde de la culture sexiste, sexuelle, physique, économique. Le rapport de la commission d'enquête parlementaire est un électrochoc. Anatomie d'une machine à broyer les talents dans le cinéma, l'audiovisuel, la danse, le théâtre, la mode et la publicité. 86 recommandations pour sortir de l'entre-soi et de l'omerta. Grand débat dans un instant avec mes invités. La scène s'est déroulée hier dans l'hémicycle. Les photos des visages de jeunes palestiniens victimes des bombardements israéliens à Gaza, initiative d'un insoumis au risque de la sanction.
Ils signent un documentaire sur les ravages de cette guerre dans l'enclave. Aymeric Caron est d'en franc parler tout à l'heure. Enfin, la question qui fâche ce soir, jusqu'où ira la surenchère de Laurent Wauquiez ? Sa proposition choc d'envoyer les OQTF dangereux à Saint-Pierre et Miquelon a provoqué un tollé ? Nous en parlerons avec nos chroniqueurs à la fin de cette émission. Voilà pour le sommaire. Ça vous regarde. Installez-vous. C'est parti. 6 mois de travaux, 85 auditions, 350 personnes interrogées. La commission d'enquête sur les violences dans le monde de la culture est devenue le lieu de la libération de la parole.
Des témoignages édifiants à la limite du supportable parfois qui lève le voile dans le sillage de Judith Gaudrech sur un monde opaque, hiérarchisé où règnent omerta et impunité. Alors en quoi ces violences sont-elles particulières au monde de la culture ? En quoi ces professions sont surexposées ? Et surtout, qu'est-ce qu'on fait ? Bonsoir Sandrine Rousseau. Bonsoir. Merci d'être là. Vous êtes la présidente de cette commission d'enquête, députée écologiste de Paris. Bonsoir Erwann Balanant.
Bonsoir.
Merci également. Rapporteur de la commission d'enquête en question, député modem du Finistère. C'est vous l'auteur de ce rapport. Bonsoir Anna Mouglalis. Bonsoir. Merci d'être parmi nous ce soir. Vous êtes comédienne, actrice. Vous avez témoigné devant cette commission d'enquête. Et vous êtes très engagée dans cette vague du MeToo dans le cinéma qui a fini enfin par déferler. Bonsoir Isabelle Steyer. Bienvenue avocate au barreau de Paris. Et vous défendez notamment deux femmes victimes de violences commises dans le cadre du Festival de Cannes. Vous aussi, vous étiez devant cette commission d'enquête.
Avant de vous entendre, le rapport, la présentation, les images et surtout les recommandations, c'est dans le récap de Bruno Nonnec. On accueille tout de suite. Bonsoir Bruno. Bonsoir Myriam. Bonsoir à tous. Il est accablant ce rapport pour tout un secteur, la culture. C'est à une femme ou une actrice qui a eu le courage de raconter les viols et les violences qu'elle a subis dès son plus jeune âge que l'on doit le rapport parlementaire qui vient tout juste d'être rendu. Je me permets de vous demander de prendre l'initiative d'une commission d'enquête sur le droit du travail dans le monde du cinéma et en particulier ses risques pour les femmes et les enfants. C'était le 14 mars 2024.
Judith Godrèche appelait de ses voeux une prise de conscience politique du problème. Exaucée quelques semaines plus tard, la comédienne apparaissait en larmes dans l'hémicycle, tout comme elle l'était ce matin lorsque vous êtes arrivés, Sandrine Rousseau et Erwann Balanant, pour révéler vos conclusions. Car pour produire le rapport qui nous intéresse ce soir, les députés ont longuement entendu des témoignages, souvent poignants, des récits comme celui de Sarah Forestier, victime de violence et d'humiliation sur un plateau de tournage.
Je veux simplement que mon agresseur aille en prison parce que frapper une femme alors qu'elle sort de l'hôpital et qu'elle ait utilisé ce moment de faiblesse pour la frapper, ça a détruit des années de ma vie. Ce rapport de 313 pages a donc mobilisé 31 députés. Il a nécessité 6 mois d'enquête, 85 auditions et 118 heures d'échange avec 350 professionnels de la culture. Un long travail au terme duquel une liste de 86 recommandations a été établie pour assainir et sécuriser la création artistique. Vous proposez notamment qu'il y ait un droit de regard sur les scènes de nudité, une obligation de publier les chiffres des violences, mais également de beaucoup mieux protéger les mineurs.
On souhaite pro-ibé la représentation sexualisée des mineurs à l'écran et dans les photographies de mode.
Car les conclusions que vous dressez sont totalement édifiantes. Vous évoquez un modèle français de création artistique qui doit être assaini et sécurisé, mais surtout une machine à broyer les talents dans laquelle la loi du silence, Myriam, est devenue la règle. Et un espace est décrit dans cette enquête comme particulièrement opaque et problématique. Oui, c'est celui des castings. Il est décrit comme propice aux violences, notamment à l'égard des débutants et des plus jeunes, mais pas seulement. Comme vous l'avez confirmé, Anna Mouglalis, lors de votre audition ici même.
J'ai vécu des castings dans lesquels on a pu me demander de me glisser dans des tenues en latex. Et je ne vois pas ce que la tenue en latex va permettre de découvrir sur ma capacité à jouer en tant que comédienne.
Alors quelques voix se sont tout de même élevées pour critiquer ce rapport. Elles sont rares. J'en ai recensé 19. 19 avocats qui publient une tribune dans les colonnes de Marial dans laquelle ils vous accusent, vous Sandrine Rousseau et vous Erwann Balanant, de fouler au pied la présomption d'innocence. Vous les avez renvoyées ce matin à la réalité politique car, tenez-vous bien, vous avez révélé un chiffre absolument sidérant, celui des contrôles. Entre 2020 et 2024, l'inspection du travail n'a effectué, d'après votre rapport, que 6 interventions, 6 contrôles en 4 ans dans le secteur de la production des films et des programmes de télévision. Merci beaucoup, merci Bruno.
Il y a beaucoup de choses dans votre récap ce soir. Je voudrais qu'on reste un instant sur le diagnostic avant de venir à ces propositions. Sandrine Rousseau, violence persistante, endémique et donc systémique dans le monde de la culture. Expliquez-nous le choix de ces mots. Vous avez même dit ce matin qu'il existait une incurie des employeurs du monde de la culture. Oui, parce que c'est un monde où, au nom du talent, au nom de l'art, au nom de ce qu'Erwann Balanant appelle le génie, au nom de tout cela, on oublie qu'on est dans un cadre de travail et qu'en fait, il y a des règles qui s'appliquent, qui s'appellent le code du travail.
Et ce qui m'a énormément frappée dans les auditions que nous avons faites, c'est que quand des victimes réussissaient à mobiliser tout le courage nécessaire pour venir dans une commission d'enquête, et je dois quand même rappeler ce chiffre à chaque fois, c'est que pour un témoignage que nous avons eu dans cette commission, il y en avait au moins neuf que nous avions par téléphone ou par écrit, mais qui ne souhaitaient pas venir officiellement dans la commission, donc c'est pour vous dire le caractère. Jusqu'à quelques minutes avant la conférence de presse encore.
Absolument, et donc quand les personnes arrivaient à mobiliser ce courage et à venir témoigner dans la commission d'enquête, et bien ce qu'elle disait, et Anna Moulaïs en a été un exemple absolument tout à fait représentatif et exemplaire, elle parlait de violence, mais nombreuse, c'est-à-dire c'est pas juste on croise une personne qui se comporte mal, c'est tout au long de la carrière, cette carrière est maillée de violence, depuis les débuts, depuis l'école, depuis les castings, jusqu'à la fin, et moi j'ai été très impressionnée par une grande actrice dont je ne peux pas dire le nom ici, mais qui est quand même une des actrices hyper connues et vraiment majeures du cinéma français, et qui a décrit des violences qui s'étaient produites il y a quelques semaines, quoi.
Et en fait, quel est ce système qui protège à ce point-là les agresseurs, les auteurs de ces violences, et qui finalement utilisent ces violences pour faire de l'art ? Et c'est là qu'à mon avis il y a quelque chose à dénouer, c'est qu'on ne fait pas de l'art si on violente les personnes. Alors quel est ce système, Erwann Balanant, où vous parlez de mécanisme de silenciation, qui joue à plein dans la culture, une forme de déni, de minimisation permanente, tout au long d'une carrière et jusqu'à encore aujourd'hui, alors que le MeToo doit passer ?
Ce qu'on dit dans le rapport, c'est aussi que ce monde de la culture est le reflet de notre société, de notre société encore sexiste et encore bâtie sur cet héritage patriarcal.
Il n'y a pas de spécificité ?
Si, il y a des spécificités après dans le monde du cinéma, dans le monde du spectacle vivant, du théâtre, c'est qu'il y a des facteurs aggravants et qui rendent les situations encore plus difficiles. Et il y a un facteur qui est particulièrement aggravant, c'est dans ce pays nous avons la chance d'avoir une exception culturelle, c'est une grande chance, mais il y a cette excuse du génie qui s'est mise en place petit à petit.
Et parce que vous avez du pouvoir, parce que vous êtes un grand comédien, parce que vous avez un pouvoir d'argent, mais aussi un pouvoir parfois de charisme, entre guillemets, artistique, on vous pardonne tout et des productions oublient tout simplement qu'il y a un code du travail dans notre pays et aussi qu'il y a un code pénal et que le code pénal est le code de la définition de nos interdits dans cette société. Et c'est parfois oublié sous prétexte de créer une œuvre.
Moi j'ai la certitude qu'on peut parfaitement créer des belles œuvres dans un cadre où chacun trouve sa place et où surtout chacun a le respect de sa personnalité, de sa personne aussi, de son intimité, parce que c'est ça qu'on a vu, ce sont des jeunes femmes, des jeunes hommes, mais moins souvent, des jeunes femmes qui ont eu leur intimité bafouée par des pratiques de casting, par des pratiques de tournage mal encadrées. Et c'est ça qu'il faut stopper aujourd'hui, parce que le monde de la culture doit être exemplaire pour justement être prescripteur d'une société plus inclusive, d'une vraie société de l'égalité entre les femmes et les hommes.
On va y revenir à ce que vous appelez l'excuse du génie avec le cas de Depardieu dans un instant, un amour glaliste. Judith Gaudrech, elle a cette phrase, elle dit « Le cinéma est une grande famille incestueuse ». Est-ce que vous êtes d'accord avec elle ?
Oui, je suis d'accord avec elle dans la mesure où tout le monde parle de la famille du cinéma, c'est-à-dire que c'est un tout petit milieu. Voilà, donc tout le monde se connaît, tout le monde sait, mais personne ne parle. Quand j'entends, il y a des personnes qui veulent absolument garder une forme de neutralité, la neutralité en matière de violence sexiste et sexuelle, de violence au travail, la neutralité n'a pas lieu d'être. Être neutre, c'est être du côté des violents et du côté des agresseurs.
Et c'est la grande majorité encore aujourd'hui ?
C'est la grande majorité encore aujourd'hui. Moi, je veux vraiment célébrer le travail qui a été fait par la commission parce que la plupart du temps, nos récits, nos témoignages, certaines portes-plaintes, sont isolés. Et à chaque fois, la personne qui prend la parole pour parler est délégitimée par l'ensemble de la profession. Et voilà, on la traite de folle. Alors là, on aura pu remarquer qu'il y a énormément de folles. Et que ce sont des folles qui, en plus, sont folles depuis longtemps. Qui, pour autant, sont respectées. Pour certaines, travaillent beaucoup. D'autres, il y a d'autres qui ont vraiment perdu complètement leur travail. Mais c'est un...
Maintenant, moi, je pense qu'il s'agit vraiment d'une affaire de responsabilité collective.
Oui, on va y venir. Mais quand même, pour prolonger, pour tous ceux qui n'ont pas vu ces témoignages, vous avez témoigné publiquement. Le huis clos était possible. Et même la liste des actrices qui sont venues vous voir n'est pas officielle. Certaines n'ont même pas voulu dire qu'elles venaient. Vous-même, à 19 ans, vous avez connu des castings où votre intimité a été violée. Vous avez connu des plans. Vous avez dit non à certains plans serrés de scènes d'intimité, de sexualité. Et on ne vous a pas écouté. C'est-à-dire que vous vouliez absolument vérifier ce qui était montré. Et on vous a manipulé.
Alors, c'est pas exactement ça. C'est-à-dire que, oui, j'ai été manipulé. On m'a dit qu'au moment où je bougeais, la caméra allait monter sur mon dos. Et la caméra n'est pas du tout montée sur mon dos. Donc, le plan qui a été tourné est un plan qui n'avait pas lieu d'être. J'ai tout enclenché. J'ai demandé à mon agent d'intervenir. J'ai immédiatement saisi la script qui a noté sur son rapport que je ne voulais pas de ce plan. On a changé l'axe. J'ai tout fait. Le plan est dans le film et dans la bande-annonce. Donc, quand je parle de responsabilité collective, mais aussi de solidarité dans le cadre du travail, je parle de ça. Pourquoi est-ce que je suis seule à ce moment-là ?
Je veux dire, toutes les lois existent.
Alors, Isabelle Steyer, l'avocate, cette solitude des actrices, malgré... Parce que toutes n'ont pas le courage de dire non, de dire plusieurs fois non. Je ne veux pas de ce plan. Et on ne les écoute pas. À 19 ans, c'était une autre histoire, puisque vous étiez dans un casting où on vous a fait faire des choses que vous ne vouliez pas faire. Un homme de 50 ans, vous l'avez raconté dans votre entrejambe. Mais d'abord, regardez, cette parole se libère à l'Assemblée nationale et pas devant la justice. Qu'est-ce que ça dit déjà ?
Écoutez, lorsque les victimes parlent devant la justice, et notamment dans des dossiers d'il y a une vingtaine d'années, les dossiers étaient systématiquement classés sans suite. Et on entendait, y compris de la part des magistrats, que finalement, elles avaient accepté ces scènes. Puisque sur le moment, elles n'auraient, soi-disant, pas réagi. Et la question de l'intégration de la sexualité obligée dans la vie, de la victime, c'est quelque chose qui était partagé, y compris par la magistrature, et y compris par certains inspecteurs de police, évidemment. Donc, on se trouvait dans une situation qui était impossible.
Et lorsque, d'ailleurs, des actrices parlaient, eh bien, en faisant sorte qu'il y ait des non-lieux, en faisant sorte de laisser penser qu'elles pouvaient être prostituées... Donc le système, il est au-delà du monde de la culture. Vous le dites au fond que les acteurs même de la justice... Il n'y avait pas de relais. Ils sont partis prenants. Il n'y avait pas de relais. Et en face, et c'est le seul dossier, les seuls dossiers dans lesquels, on m'a proposé de l'argent pour ne pas défendre les actrices. Ce sont les seuls dossiers. Qui fait pression dans ces cas-là ? Mais ce sont les avocats de la défense. Pour ne pas aller en justice. Exactement. Pour renoncer au procès.
Exactement, parce que ce sont des hommes célèbres, parce qu'il y a souvent autour des hommes de pouvoir, et que, par conséquent, si une, deux, trois commencent à parler, alors là, ça ne m'est pas arrivé récemment, mais ça m'est arrivé il y a quelques années, où, effectivement, dans la mesure où, moi, je ne l'acceptais pas, qu'est-ce qu'on faisait ? Vous savez, dans les dossiers pénaux, il y a l'adresse de tout le monde. Et le dossier pénal, il est donné à la défense. Qui, lui, peut l'avoir ? Moi, je n'avais pas le droit, jusqu'au 30 septembre 2024, je n'avais pas le droit d'avoir le dossier, de donner le dossier à ma cliente. Donc, eux, l'avaient, ils avaient toutes les adresses.
Là, vous faites référence à vos clients dans le cadre du Festival de Cannes ? C'est ça, parce que le Festival de Cannes, on a l'impression que tout est permis. Tout est permis, mais elles pouvaient ne pas l'être aussi. Mais ils faisaient le tour des popotes, des maisons de ces femmes-là, pour tenter de faire en sorte de conclure des contrats, des contrats pour acheter leur silence, pour donner quelques dommages d'intérim, et qui est trois fois rien. Et alors, pourquoi ne pas les accepter ? Puis, de toute façon, en justice, quand vous êtes violés, vous avez aujourd'hui 20 000 euros. Donc, effectivement, ils peuvent proposer beaucoup plus pour acheter le silence.
Donc, le pouvoir de l'argent, on le voit là. Si la justice n'est pas extrêmement ferme à poursuivre, à être aux côtés des partis civils, à expliquer ce qu'est un viol, à condamner et à condamner à des dommages d'intérêts à hauteur de la fortune de celui qui est dans le box ou qui va y être, eh bien, ça n'a pas de sens. Un euro symbolique n'a pas de sens. Le 10 000 euros n'a pas de sens. – Il y a beaucoup de choses, d'ailleurs, des propositions de plaintes anonymisées, de tentatives, justement, de recréer un lien de confiance pour qu'au fond, ces mondes circulent. Parce que vous avez fait, je crois, des articles 40 avec ce rapport.
– Oui, on a fait un certain nombre.
– Vous allez aller devant la justice.
– Ce n'est pas nous, mais on a signalé.
– Oui.
– On a signalé le théâtre du soleil.
– On a fait un article 40 sur le théâtre du soleil. On a fait plusieurs parjures et on a fait un signalement à l'autorité de la concurrence sur les agents parce que c'est un des nœuds, un des endroits de verrou de la parole des victimes. – On va y venir aux propositions dans le détail. Mais justement, je le disais, ce culte du génie qui excuse tout, le talent tout-puissant qui autorise tous les abus et nourrit ce sentiment d'impunité, il renvoie évidemment au cas de Gérard Depardieu, jugé pour des faits d'agression sexuelle. Le verdict est attendu pour le 13 mai, Dario Borgogno.
– C'est la chute d'un monstre sacré du cinéma, devenu un ogre. Fin mars, Gérard Depardieu, 76 ans, se retrouve à la barre, accusé d'agression et de violence sexuelle sur un tournage en 2021.
Premier procès de ce qu'on appelle l'affaire Depardieu. Quatre jours d'audience, marqués entre autres par la défense de son avocat, plaidoirie aux trancières, à la limite de l'injure. – C'est des folles, c'est des hystériques. On a entendu ça aussi dans le tribunal.
– La star est visée par quatre plaintes pour viol ou agression sexuelle, mis en cause par une vingtaine de femmes, actrices, journalistes ou membres d'équipes de tournage. La parole se libère dans un monde d'Omerta.
– J'ai tellement à perdre, en fait, si je l'ouvre, parce qu'on est dans un milieu où ceux qui parlent, on les dégage, en fait. Et en plus, je suis troisième assistante, donc je suis le plus bas de la hiérarchie. Je n'ai aucun signe qui me dit que je peux me confier à quiconque. Tout le monde le sait que Gérard est comme ça et personne ne dit rien.
– Face à ce silence si pesant, celles qui osent prendre la parole sont alors suspectées,
comme Charlotte Arnoux, la première à avoir brisé le tabou, affirmant avoir été violée deux fois chez lui.
Devant la commission d'enquête, la voici presque accusée de ce qui lui est arrivé. – Les cours de théâtre, on les fait dans des cours de théâtre. On ne va pas à domicile chez un acteur. En plus, comme on connaît Gérard Depardieu, il y a des bruits. Donc, elle y est allée deux fois, on m'a dit.
– La commission d'enquête a dénoncé ce qu'elle appelle l'excuse de génie, venue parfois du plus haut sommet de l'État,
après la diffusion d'un documentaire sur l'acteur. – Je suis un grand admirateur de Gérard Depardieu et je le dis en tant que président de la République et en tant que citoyen, il rend fier la France. La Légion d'honneur est un ordre dont je suis le grand maître qui n'est pas là pour faire la morale.
Gérard Depardieu à ce jour a toujours la Légion d'honneur et se dit victime d'un tribunal médiatique. – Anna Mougal, est-ce que vous voyez comment l'avocat de Gérard Depardieu a retourné l'accusation contre les victimes en les traitant de folles ? Les victimes qui disent, celles qu'ils parlent, on les dégage. Est-ce que c'est encore vrai aujourd'hui ? C'est comme ça que ça se passe aujourd'hui ?
– En fait, c'est un métier aussi, un milieu dans lequel tout repose sur l'argent. Tout se traduit par l'argent. Donc le capitalisme, c'est ça, celui qui vaut le plus de pouvoir. Et puis il y a des gens interchangeables. C'est-à-dire, c'est là où on déshumanise complètement des techniciennes. Voilà, là il s'agit de techniciennes dans votre reportage. Voilà, elles ne sont pas, que ce soit elles ou une autre, ce n'est pas très grave. Donc s'il y a un problème, bien sûr que c'est elles qui sautent. Et qu'après on ne va pas les réengager. D'ailleurs, il y avait dans l'audition de M. Bessner, un moment où il disait avoir fait lui-même l'objet d'un signalement.
J'aimerais vraiment savoir ce qui est arrivé au garçon qui a fait le signalement, s'il a été réembauché. Parce qu'on parle de ça avec cette commission d'enquête.
– Erwann Malanon, cette excuse de génie est particulièrement forte avec Gérard Depardieu. Quand on entend Dominique Bessner dire au fond, c'est de leur faute, elles n'ont pas à répondre au rendez-vous, que ce soit à l'hôtel ou chez le réalisateur, c'est de leur faute. Comment vous avez reçu cette audition-là ? – À moi aussi. – Elles l'ont bien cherchée au fond.
– Cette audition-là, moi je l'ai un peu mal vécue. À un moment donné, je me suis dit « Mais je suis dans un sketch, c'est pas possible. » Et j'avais l'impression d'être… Voilà, c'était un ancien monde en fait. Mais sauf que ce n'est pas tout à fait l'ancien monde. – Non, ce n'est pas l'ancien monde, c'est exactement le même. Mais c'est qu'il y a énormément de pouvoir encore aujourd'hui. – Mais moi j'avais… Enfin j'avais… C'était terrible parce que pour les victimes se faire… Se porter la responsabilité des violences qu'elles ont portées, cette sorte de renversement de la responsabilité, c'est terrible. Le responsable, c'est la personne qui a commis les violences. Et c'était le moment…
C'était un des moments un peu terribles. Il y en a eu d'autres, mais voilà, après, moi j'avoue que ce témoignage…
– En effet, c'est un système qui se défend bien encore, c'est ça ?
– Oui, qui se défend bien, oui, qui se défend bien. Mais alors un système, moi peut-être, c'est mon côté bisounours. J'ai l'impression qu'il y a une prise de conscience quand même. Le CNC a mis des choses en place qui vont dans le bon sens.
– Qui conditionnent les aides, c'est ça ?
– Qui conditionnent les aides. Il faudra amplifier, il faudra encore faire mieux, c'est évident. Mais moi j'espère, c'est mon côté positif, je me dis que ce qu'on a pu faire aussi dans cette commission d'enquête, c'est aussi parce que ça change. Ce n'est pas que parce que les gens ont pu venir à l'Assemblée nationale, c'est aussi peut-être parce que certaines personnes progressivement se disent peut-être qu'en collectif on se met à parler, c'est ce que vous disiez, Madame Bladis.
– Parce que c'est surtout que notre parole était sacralisée. La plupart du temps elle est bafouée et là le fait qu'elle soit écoutée, recueillie au sein de l'Assemblée nationale, la sacralisait. Et en plus on venait toutes et tous, les unes après les autres, c'était collecté, on savait qu'un travail serait fait, que ce ne serait pas envoyé sur un placard. Et c'était très important, oui.
– Sandra Rousseau, et ensuite on parle des propositions. – Moi j'ai quand même été impressionnée par une audition dont on parle peu, mais qui étaient ces femmes qui ont souhaité être auditionnées à huis clos, qui n'ont pas souhaité avoir de compte-rendu, et qui n'ont même pas souhaité nous dire aux rapporteurs et à moi leur nom, de sorte que nous avions une vingtaine de femmes face à nous, qui s'appelaient Madame A, Madame B, Madame C, Madame D, Madame E. Et moi je donnais la parole en disant Madame F, Madame I.
Et en fait, ces femmes étaient des techniciennes, des assistantes réalisatrices, des jeunes comédiennes, des femmes, parce qu'il y avait essentiellement des femmes, il y avait deux hommes de mémoire, mais il y avait surtout des femmes, qui étaient dans une précarité économique, dans une précarité de vie, qui ne leur permettait pas de le faire. Et pourtant elles ont eu le courage de venir, et pourtant il y avait ce moment tout à fait lunaire, où moi je donnais la parole à des lettres. Et en fait, c'était pour moi très choquant, parce que ça disait la terreur. Et je voudrais juste rajouter quelque chose.
C'est qu'on a auditionné le responsable des Légions d'honneur, et vous voyez bien le message qui est passé quand le président Emmanuel Macron dit de Gérard Depardieu qu'il fait honneur à la France. Vous voyez bien le message qui est passé quand le président de la République invite Yacine Bellatar dans un de ses voyages officiels. Et en fait, aujourd'hui, c'est lui qui bloque. Et donc vous voyez bien que quand nous parlons d'un système, quand nous parlons d'un système qui protège les agresseurs, et bien vous voyez que c'est un système qui est extrêmement puissant puisqu'il va au sommet de l'État. Et c'est cela qu'il faut dire. Alors on va avancer sur...
Éric Briand qui vient d'être décoré, qui est quand même... Enfin, MeToo a commencé par Balance ton porc, grâce à Sandra Muller. On vient de décorer avant-hier. L'homme...
Et boutonnat et...
Bon, voilà.
Alors, on va essayer d'avancer sur les propositions, Isabelle Steyer. Une proposition forte qui peut-être aurait pu changer les choses dans l'affaire Depardieu, c'est d'inscrire dans le Code de procédure pénale une obligation pour les employeurs de signaler à la justice l'effet de violence porté à leur connaissance. C'est une forme d'article 40 dans le cinéma. C'est-à-dire, vous êtes témoin, si vous ne signalez pas alors que vous saviez, ça peut se retourner contre vous. C'est ça. Vous pouvez être sanctionné de n'avoir rien dit. Ça peut tout changer, ça ? Oui, ça peut tout changer. Et puis ça peut permettre aussi à ces femmes-là, ou ces hommes-là d'ailleurs, d'être accompagnés.
Et donc ne pas être seul dans ce signalement-là. Et faire le premier pas quand on a son employeur à ses côtés, son supérieur hiérarchique, ce n'est pas rien. Parce qu'on est entendu et on est protégé. Et donc, l'obligation de signaler, pour moi, elle est déterminante. Il faudrait qu'elle existe aussi pour les violences sur les mineurs de façon globale, ou les violences faites aux femmes. Parce qu'elle permet de faire en sorte que la société défende de façon systémique les violences. Enfin, les victimes de violences. Là, on a un système qui défend les agresseurs. On l'a vu jusqu'au haut sommet de l'État. Et par le biais de l'article 40, on pourra avoir un système qui défend les victimes.
Alors, l'article 40, pour ceux qui nous regardent, c'est quand vous êtes dépositaire de l'autorité publique, comme les élus, vous vous devez, c'est une obligation dans le code pénal, de faire ce signalement à la justice. Voilà. Et ce qui change aussi, c'est que lorsque l'on a un article 40 ou 43, le parquet demande d'enquêter. Donc, on a des vraies enquêtes préliminaires, on a des vraies investigations, on a des vraies auditions, on a des expertises. Donc, ça, vous prenez. Il faudrait une loi, j'imagine. C'est extrêmement important. Sur les castings, Erwann Balanant, on avance, parce qu'il y a beaucoup de choses dans votre rapport. On ne va pas parler des 86, rassurez-vous.
Les castings, les agents, le scénario. Il faut que le scénario, sur ce qu'on appelle les scènes intimes de sexualité, soit clair et précis. Ça, vous insistez là-dessus. On ne peut plus improviser au tournage ?
Oui, il faut que ça soit un élément contractuel, en fait. C'est-à-dire, aujourd'hui, le scénario, c'est scène d'amour, ils font l'amour. Avec ça, vous êtes plus avancés. Et moi, ce que je pense qu'il faut faire, c'est que ça soit mieux détaillé, que ça soit quand un des protagonistes de la scène le souhaite obligatoirement accompagné d'un coordinateur ou d'une coordinatrice d'intimité, que ces scènes soient scénarisées et qu'elles soient, quelque part, contractualisées. Et pour répondre à Mme Mougladis, qu'elle puisse, dans un cas comme elle a vécu, dire non, j'ai un droit de regard et je peux dire non sur cette image, parce que ce n'est pas ce que...
Elle a dit non, mais on n'a pas écouté.
Mais là, ça passerait par le contrat.
Sur les scénarios ?
Le scénario et le contrat que signe le comédien, ces scènes seraient, en réalité, contractualisées. Alors, j'ai déjà entendu des gens qui me disent la liberté de la création, mais la liberté de la création ne peut pas s'affranchir du consentement des partenaires de cette scène. On nous a décrit... Tout le monde est gêné dans le cinéma, quand il y a des scènes d'amour. Tout le monde, visiblement... Tout le monde, certains, visiblement, ont plaisir à se rincer l'œil, on a bien cru comprendre ça, mais tout le monde est gêné au moment du tournage, que ce soit les acteurs ou les actrices. Et parfois, les réalisateurs ne savent même pas comment faire.
Donc la coordination d'intimité permettrait de mieux coordonner ces scènes. Qui imagine une scène de cascade sans coordinateur de cascade ? Aujourd'hui, plus personne... D'accord avec ça, Anna Mougladis. Ça arrive, il paraît, vous nous en avez parlé.
Mais aujourd'hui, il y a un flou qui est entretenu. On ne dit pas les choses noir sur blanc dans le scénario pour pouvoir ouvrir le champ des possibles au tournage.
Mais non, non. On n'en est pas à ce point-là ? Non, mais bon, c'est pas mieux. C'est qu'on ne les écrit pas parce que ça viendrait peut-être éventuellement aussi forcer la pudeur du scénariste parce qu'on verra sa façon de se représenter la sexualité, par exemple. Alors oui, tout le monde force sa pudeur pour représenter quelque chose qui fait partie de la vie de tous les êtres humains. Je pense qu'il faut que la représentation de la sexualité puisse exister dans les films, mais de façon encadrée. Et plus on sait ce qu'on doit faire avec son partenaire, plus on peut même, en fait, jouer.
Jouer, pas être juste tétanisé à se demander ce qu'on va faire, à être gêné, à ne pas supporter un geste du partenaire. Parce que généralement, ce qu'on nous dit, c'est quand on dit, mais alors je fais quoi ? Dans quelle position ? On nous dit, fais comme tu fais dans la vie.
Mais non. Donc le coordinateur d'antimité, ça, ça a commencé. Les aides sont conditionnées, évidemment, par le CNC. S'il y a le moindre pépin, le problème, les aides s'arrêtent. Ça, c'est mis en œuvre. L'agent, il faut qu'il assiste. Il faut une obligation d'accompagnement parce qu'on sent que dans ce système, il peut aussi y avoir une vulnérabilité du comédien face à un agent un peu passif. L'agent, il y a deux sujets autour des agents. Le premier, c'est le fait qu'il y ait une libéralisation du statut des agents qui fait que n'importe qui peut se déclarer agent. Et en fait, il n'y a pas de contrôle, mais ça, je laisserai Erwann Manana en parler.
Mais surtout, il y a aussi un défaut de concurrence. C'est-à-dire qu'en fait, il y a deux agences d'agents qui sont... Enfin, deux agences qui sont énormes en termes de portefeuille de talent. De sorte que si vous accusez une personne de ce portefeuille et que vous êtes vous-même dans le portefeuille, eh bien, il y a une très grande simplicité à vous sortir du portefeuille et à garder celui que vous accusez. De sorte... Non, mais c'est très important parce que comme la carrière de beaucoup de gens, surtout que nous avons eu des témoignages disant que... C'est un peu technique, mais c'est quand même très important.
C'est que quand vous vendez un talent sur un film, quand vous proposez un talent qui l'est retenu, eh bien, derrière, il y a plein d'autres rôles secondaires qui viennent de la même agence. De sorte que si vous sortez de cette agence, votre carrière est quasiment terminée. Donc, c'est inadmissible parce que... Je vais vous dire dans les... Enfin, je l'ai déjà dit, mais dans les auditions qui m'ont vraiment le plus énervée, je crois que celle des agents m'a singulièrement irritée parce qu'ils n'avaient aucune espèce de parole ni pour les victimes, ni sur leurs responsabilités en tant qu'agents, ni sur le rôle de protecteur qu'ils pouvaient avoir ou pas.
Et en fait, pour moi, ça fait partie de ces verrous extrêmement puissants dans le monde du cinéma. Je voudrais qu'après, on parle des mineurs. Allez-y.
Oui, on a vu, le CNC a mis en place des formations obligatoires pour exercer le métier de producteur. Je pense qu'il faut des formations obligatoires pour exercer le métier d'agent. Et que le métier d'agent qui, aujourd'hui, est complètement ouvert, il n'y a plus de licence, il n'y a plus de carte professionnelle depuis la directive service au niveau européen, je pense qu'il faut trouver un moyen, et c'est aussi pour ça qu'on a saisi l'autorité de la concurrence, pour encadrer le métier. Parce que l'agent est l'interface entre le producteur et l'acteur.
Et il est l'interface qui permet aussi, s'il est formé, être en capacité parfois d'écouter, de ressentir et de dire au producteur, ou de même pourquoi pas, dire au talent, écoute, là, il faut que t'ailles devant la justice et il faut que t'ailles porter plainte. Et aujourd'hui, ce n'est pas suffisamment le cas. Vous voulez juste dire, en Belgique, c'est interdit
parce que c'est assimilé à du proxénétisme. Juste pour faire un point.
Alors justement, j'aimerais qu'on parle des mineurs. Il y a beaucoup de choses dans le rapport, comme le cinéma a de l'argent, vous voulez aussi permettre aux victimes de davantage pouvoir signaler, aller devant la justice, en demandant aux assurances, si jamais un tournage doit s'arrêter, de prendre en charge ce risque-là. Et ça, ça changerait beaucoup de choses, sans doute. Isabelle Steyer, sur les mineurs, le rapport va loin en disant simplement une chose, il faut interdire les scènes intimes et sexuelles à tous les mineurs de moins de 16 ans. Vous saluez ? Je salue tout le rapport. Je salue tout le rapport. Je trouve qu'il faudrait transposer ce rapport aux autres institutions.
Par exemple, la justice, le médical. Et pourquoi il est intéressant ? Parce que je trouve qu'il crée une déontologie, finalement, qui n'existait pas dans le milieu du cinéma. Nous, on est avocats soumis à une déontologie. Bon, ça marche, ça ne marche pas, mais elle y est. Et là, on n'avait absolument rien. Et ça sert à ça, finalement, la déontologie, c'est éviter les passages à l'acte. Donc, je trouve ça formidable d'avoir essayé de tisser ça et aussi de démontrer que c'est un système.
Et comme les journalistes du Monde avaient démontré que le féminicide, c'est un système, là, vous avez détricoté ce qui se déroule du début à la fin pour démontrer que les victimes rentrent dans un système, dans une nasse dont elles ne peuvent que très difficilement sortir. Et pour cela, je dis bravo, parce que ce n'est pas une simple description, mais c'est une description de la destruction et de l'entrée, comme ça, dans ce contrôle, finalement, sexuel massif. – On a ouvert pas mal de tiroirs, 86 propositions. Je sais que vous êtes très sollicités dans cette journée de présentation de rapport. On va vous laisser partir sur un autre plateau. Merci beaucoup.
On verra, j'espère que vous reviendrez, ce qu'il en advient de ces propositions. Sans doute, peut-être une loi, mais maintenant, la balle est aussi dans le camp des pouvoirs publics. Merci à vous. Et bonsoir, Émeric Caron. Merci d'être mon invité franc-parler dans un instant pour évoquer Gaza et l'enfer des Gazaouis depuis la reprise des bombardements israéliens. Vous avez alerté hier dans l'hémicycle, vous avez donné les noms, mais surtout les visages des jeunes victimes quitte à enfreindre le règlement. L'invitation de Marion Becker, interview juste après. Si on vous invite, Émeric Caron, c'est pour votre combat pour les enfants de la bande de Gaza.
Hier, lors des questions au gouvernement, vous avez alerté sur leur sort en brandissant des photos, un geste interdit dans l'hémicycle.
Tous les jours, des enfants palestiniens sont brûlés, écrasés, démembrés, décapités, abattus d'une balle dans la tête, amputés sans anesthésie, comme Bissan al-Hindi. Qui a été tué dans son sommeil par un bombardement sur sa tente.
Une outrance et des caricatures, alors que notre diplomatie s'est mobilisée
sans arrêt depuis le début pour retrouver la voie du dialogue. Ce combat, Émeric Caron, vous le portez depuis un an et demi et la riposte israélienne sur Gaza, vous, l'ex-journaliste devenu député. Il y a un an, à l'Assemblée, vous diffusiez un film sur la situation des enfants sur le territoire. palestiniens. Vous projeterez dans quelques jours une réactualisation dont voici quelques extraits. Des images choquantes, prises par des photographes gazaouis et des anonymes, sans voix off, dans ce territoire dévasté, à nouveau sous les bombardements, depuis qu'Israël a mis fin au cessez-le-feu il y a trois semaines. C'est sur cette situation peu médiatisée que vous voulez alerter Émeric Caron.
Bonsoir, Émeric Caron. Merci d'être là. Près de 1500 gazaouis ont été tués selon les chiffres du Hamas depuis la reprise des bombardements israéliens. Suspension de l'aide humanitaire dans l'indifférence générale ?
Quasi-générale, oui, on peut le dire. On entend très peu parler, en réalité, maintenant des victimes civiles de Gaza, très peu dans les médias. Et puis il y a la classe politique française qui a décidé depuis un an et demi de se désintéresser complètement des Palestiniens. Et le seul constat qu'on peut faire, c'est qu'il y a l'idée, chez beaucoup de gens dans cette classe politique, que les Palestiniens ne sont pas des humains tout à fait comme les autres.
Qui visez-vous précisément dans cette classe politique ?
Tous ceux qui ont soutenu inconditionnellement l'action de l'armée israélienne, alors qu'on savait déjà qu'un génocide était en train de se produire. Ou en tout cas déjà, des crimes de guerre. Un risque de génocide,
parce que la Cour pénale internationale ne retient pas dans son mandat d'arrêt le mot génocide, un des quatre grands crimes internationaux.
Tous les spécialistes aujourd'hui de la question des génocides, de la Shoah, de différentes nationalités, des spécialistes israéliens notamment, utilisent désormais ce terme de génocide. Et il est employé évidemment par François-Est-Captalisé depuis très longtemps, la rapporteure spécialisation des Unis pour les territoires palestiniens occupés. Donc aujourd'hui, il y a une forme d'unanimité parmi tous les spécialistes de la question.
Alors, si on n'en parle pas, c'est peut-être aussi à cause du contexte international. Est-ce que je vous pose la question ?
Non, je vous réponds.
Le chaos du monde, Trump au pouvoir, avec son allié, Benyamin Netanyahou, au fond, il n'y a que lui qui l'écoute aujourd'hui.
Netanyahou n'écoute déjà que lui-même. Personne, à part lui-même. Non, on n'écoute personne, mais au-delà de ça, on sait que les crimes que commet aujourd'hui Netanyahou sont permis par l'Occident. Évidemment, le premier de ses partenaires occidentaux, c'est les États-Unis, qui fournissent les armes, qui tuent les enfants palestiniens aujourd'hui, mais l'Allemagne également, et la France, qui, elle, fournit des composants avec une forme de mystère, puisque vous savez qu'on a beaucoup de mal pour savoir réellement aujourd'hui quelles sont les pièces militaires qui sont utilisées dans les armes utilisées à Gaza. Mais au-delà de ça...
Emmanuel Macron avait grandi la menace de l'arrêt de livraison d'armes en Israël. Ça n'a pas suffi, selon vous ? Enfin, on ne fait rien. Il est en Égypte aujourd'hui. Il demande la reprise de l'aide humanitaire.
Il s'est indiqué. Hier, pour la première fois, il a parlé des dizaines de milliers d'enfants qui étaient victimes. Donc, il a au moins donné un chiffre qui se rapproche de la réalité, même si, en réalité, le nombre de victimes, c'est des centaines de milliers d'enfants. Vous savez qu'à Gazaoui, il y a plus de 2 millions d'habitants et que la moitié de ses habitants ont moins de 18 ans. Et qu'aujourd'hui, en réalité, c'est un million d'enfants qui sont impactés d'une manière ou d'une autre et pour leur vie entière. Ce sont des enfants qui ont tous été déplacés depuis un an et demi. Ce sont des enfants qui ne vont plus à l'école.
Ce sont des enfants qui connaissent tous dans leur famille quelqu'un qui a été tué. Il y a beaucoup d'enfants qui ont vu la moitié de leur famille décimée, voire l'entièreté de leur famille. Beaucoup d'enfants orphelins aujourd'hui, des dizaines de milliers. Et puis, il y a les chiffres que j'ai rappelés hier dans l'hémicycle.
Donner des visages. C'est très important d'individualiser, d'incarner. Parce que les chiffres, c'est une chose, mais vous avez souhaité, au risque de la sanction, puisque ça n'est pas possible à l'Assemblée, c'est le règlement qui le dit, cette image, c'est vous qui en êtes à l'initiative. Racontez-nous pourquoi vous avez voulu faire ça.
Parce que ce qui se passe à Gaza est absolument inimaginable. C'est-à-dire qu'en gros, c'est la crédibilité même de l'Occident qui est en train de s'évanouir à Gaza. Toutes les belles leçons que nous avons données pendant des décennies au monde entier sur les droits humains. Aujourd'hui, nous avons décidé d'abandonner le droit international et le droit international humanitaire là-bas. Nous avons décidé qu'il était acceptable que des enfants, des innocents, se fassent massacrer quotidiennement, et pas que massacrer, torturer. Parce qu'il faut voir les images qui nous parviennent. Pour celles et ceux, on n'est pas nombreux, mais qui nous imposons de les regarder, ces images, tous les jours.
Comme je l'ai rappelé hier, ce sont des enfants qui arrivent aux urgences, dans des états absolument déporables, brûlés souvent des pieds à la tête, à qui il manque une jambe, à qui il manque un bras. Parfois, quand ils sont dans le reste, ils sont déjà décapités. On les retrouve parfois sous les décombres, ils ont passé des heures entières. C'est incroyable qu'on puisse tolérer qu'une telle chose se passe. Qu'est-ce que vous feriez, Ébrek Caron, quand vous voyez bien
que malgré...
Il y a quelque chose que je ne comprends pas.
Les condamnations de la France, les atrocités du 7 octobre, il ne se passe rien, parce que Benyamin Netanyahou est soutenu par sa coalition.
Je vais juste rappeler quelque chose. Qu'est-ce que vous feriez pour l'arrêter, pour retrouver le gestionnaire ? Je vais vous répondre dans un instant. Les atrocités du 7 octobre, qui sont impardonnables, inacceptables, qui nous ont toutes et tous absolument bouleversés. 1200 morts, parmi lesquels 800 civils. Déjà, ce bilan nous paraissait hallucinant. Quelle inhumanité perpétrait ce jour-là. Quelle barbarie.
On est à peu près 50 000 victimes à Ghana.
Parmi eux, ce jour-là, 7 octobre, une quarantaine d'enfants. Est-ce que vous ne nous êtes pas dit ce jour-là, mais comment est-il possible que 40 enfants, 40 enfants aient été tués par cette barbarie du Hamas ? On a tous su s'émouvoir, être dégoûtés, condamnés. C'est 500 fois plus aujourd'hui d'enfants. Personne ne bouge. Effectivement, pourquoi on voulait montrer ces visages ? Parce que personne ne les montre. Personne ne veut les voir. Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il y en a des choses à faire. C'est ça, la question.
Quand vous voyez qu'aujourd'hui, Netanyahou qui titoute Washington...
Il faudrait dire que les ministres du gouvernement... On va parler de la France un peu. Parce que c'est trop simple à chaque fois de dire les États-Unis. Oui, bien sûr, il y a toute une partie, aujourd'hui, de ce qui se passe à Gaza, sur laquelle on ne peut pas agir directement. Parce qu'on sait très bien, je le répète, que ce sont les États-Unis qui arment en grande majorité, aujourd'hui, Israël. Mais il y a quand même des choses à faire. Nous, à titre personnel, en tant que nation, nous avons des choses à faire. Déjà, il faudrait que les députés de l'Assemblée nationale soient dignes.
Il y a aujourd'hui énormément de députés, aujourd'hui, qui colportent la propagande du groupe El Net, qui est un groupe de lobbying de l'extrême droite israélienne, qui a ses relais à l'Assemblée nationale.
Quel groupe ?
Et au Sénat. Quel groupe ?
Quel relais dans quel groupe politique ?
Plutôt à droite. Plutôt à droite, mais il y en a dans la majorité de très nombreux. Vous avez vu qu'il y a eu, par exemple, un courrier qui était signé par une quarantaine de députés, entraînés par Caroline Yadant, qui est aujourd'hui la voix du Likoud à l'Assemblée nationale.
Donc là, ça, c'est une députée macroniste.
Oui, absolument.
Elle n'est pas là pour se défendre.
Désolé, je peux quand même...
Bien sûr, totalement libre de votre parole.
Je suis une analyse de la situation. Elle a quand même fait signer un courrier à 40 de ses collègues ou 42 de ses collègues pour demander que le Quai d'Orsay s'oppose à la reconduction de Francesca Albanese en tant que rapporteur spécial
représentant des Nations Unies pour les territoires palestiniens.
Pourquoi ? Parce que, précisément, depuis un an et demi, Francesca Albanese dénonce ce qui se passe à Gaza. Il y a des voyages. Des voyages, aujourd'hui, le Rassemblement National, quand le Rassemblement National va sur l'invitation du gouvernement d'Italia ou en Israël et se dit « nos combats sont communs », c'est du soutien au génocide. Donc, nous avons aujourd'hui une Assemblée nationale qui est en majorité complice dans ce qui se passe à Gaza. Et donc, nous, en tant qu'État, on aurait des choses à faire. On pourrait organiser du boycott, on pourrait organiser une rupture de toute relation commerciale. Enfin, on sait faire. On sait faire. On sait avoir une voix forte.
Par exemple, on pourrait dire qu'on ne reçoit pas un ministre, comme c'était le cas il y a quelques jours encore, un ministre du gouvernement d'Italia ou comme si de rien n'était. On ne le fait pas.
Alors, vous trouvez qu'au fond, la position de la France, parce que j'ai entendu quand même Jean-Luc Mélenchon reconnaître que la position de la France était plutôt... Ah bon ? Non, à reconnaître une certaine condamnation de la riposte. On sent bien qu'Emmanuel Macron la considère comme totalement disproportionnée.
Vous avez vu les communiqués ? Oui, mais ça, c'est tout nouveau. D'abord, malheureusement, Emmanuel Macron a quand même une parole qui varie d'une semaine sur l'autre. Et en termes de fermeté, on peut quand même faire mieux quand vous lisez les communiqués officiels de la France lorsqu'on apprend que 15 secouristes ont été exécutés. Exécutés !
15 secouristes palestiniens du Croissant Rouge et 1 de l'ONU, des Nations Unies.
Absolument.
Dans l'indifférence générale.
Dans l'indifférence générale. Et le communiqué de la France, je n'ai plus le terme exact, mais c'était une forme de surprise, une forme de... Il n'y avait absolument pas la fermeté qu'on attend d'un pays comme le nôtre.
Alors, en Israël, vous avez des contacts, vous êtes, j'imagine, à Gaza. Vous faites un film à partir de ces courageux palestiniens qui tournent avec leur smartphone, qui font relayer via les réseaux sociaux ce qui s'y passe. Est-ce que vous avez des contacts aussi avec la société israélienne qui n'en peut plus de Benjamin Netanyahou, qui considère que c'est une fuite en avant, qui demande un retour du cessez-le-feu et évidemment la libération des otages ? Est-ce qu'il faut que cette société-là, la France, le député que vous êtes, la soutienne pour qu'elle parvienne peut-être à faire partir son Premier ministre ?
Israël est en train de devenir une dictature. Ça, c'est une réalité. Donc, on ne peut que soutenir les voix en Israël qui appellent à un changement effectivement politique et au départ du criminel de guerre qu'est Benjamin Netanyahou, d'un homme qui aujourd'hui veut faire ma base sur la justice, d'un homme qui veut aujourd'hui se servir de son pays, de servir de ces jeunes qu'il envoie à la guerre pour sauver sa propre situation puisqu'il est inculpé et qu'il risque très gros. C'est absolument scandaleux. Donc, bien évidemment, qu'il faut soutenir tous les Israéliens aujourd'hui qui se battent pour un changement.
La Cour suprême, d'ailleurs, vient de remettre en cause le limogé du chef des renseignements israélien.
Voilà.
Vous le parle, le Premier ministre.
Bien sûr qu'il faut absolument soutenir. Il faut créer des liens forts avec non seulement les voix qui s'inquiètent de l'état de la démocratie en Israël, mais aussi les voix de la paix qui, aujourd'hui, il faut quand même le reconnaître, sont minoritaires parce que même si une grande partie de la société israélienne aujourd'hui manifeste, parce qu'en gros, dans l'opinion, on considère qu'il y a à peu près 30% encore d'Israéliens qui soutiennent des derniers ou donc 70% qui veulent son départ. Et dans ceux qui souhaitent son départ, malheureusement, tous ne disent pas forcément nous voulons absolument la paix avec les Palestiniens.
Le pays est divisé.
Nous sommes un pays très divisé, mais beaucoup de ceux et de celles qui, aujourd'hui, réclament l'arrêt des moeurs de Vence, c'est principalement, et ils ont bien raison sur ce point pour sauver les otages israéliens parce qu'il faut bien savoir quand même qu'on a la stratégie de Netanyahou où il y a quelque chose qui est à peu près terrible, c'est le fait qu'il abandonne totalement les otages, en réalité, en prétendant vouloir les sauver. Et ça, les Israéliens l'ont bien compris.
Merci beaucoup, Emre Caron. Votre film sera en ligne.
C'est un film, dernier détail.
Vous allez le montrer aux députés également, j'imagine ?
Alors, c'est une nouvelle version de film. Ça aussi, c'est assez important, je pense, de l'expliquer. J'avais effectivement proposé un film aux députés il y a de cela quelques mois.
Vous étiez venu d'ailleurs en parler ici.
Oui, juste avant la dissolution. Il avait été vu par 15 députés seulement. Personne n'avait voulu venir le voir. Donc, on l'a mis en ligne sur une plateforme, les mutins de Pongée. Et là, on s'est rendu compte en quelques semaines, quelques mois, qu'il y a 500 000 personnes qui se sont connectées pour le voir. Vous voyez un peu le décalage qu'il y a entre la classe politique aujourd'hui et l'intérêt que les Françaises et les Français ont pour ce sujet.
Et donc, il a été réactualisé.
Il a été réactualisé. Il sera remis en ligne lundi prochain.
Merci beaucoup.
Merci à vous pour votre invitation.
Merci, Emmerick Caron. Allez tout de suite pour terminer la question qui fâche avec nos chroniques. Duel de chroniqueuses ce soir. Elsa Mondingava, bonsoir. Bonsoir. Journaliste, la chaîne parlementaire, bien sûr, aux manettes des questions au gouvernement tous les mardis et mercredis. Bonsoir, Claire Cournuit. Bonsoir. Bienvenue, journaliste au Figaro en charge du suivi de la droite. Voici donc la question qui fâche ce soir signée Dario Borgogno. La question qui fâche nous vient de cette une du JDD News découverte hier soir. Enfermons les OQTF à Saint-Pierre-et-Miquelon.
À Saint-Pierre-et-Miquelon, à proximité du Canada, il fait 5 degrés de moyenne pendant l'année. Il y a 146 jours de pluie et de neige. Je pense qu'assez rapidement, ça va amener tout le monde à réfléchir. Pour ceux qui croyaient une blague, en voici la confirmation
quelques heures plus tard sur ces news.
Soit vous rentrez chez vous, soit c'est Saint-Pierre-et-Miquelon. Pas la France, c'est fini. Pas la métropole.
Envoyer les OQTF sur un territoire d'outre-mer de moins de 6000 habitants. Une proposition qui fait l'unanimité contre elle.
Il rêve encore du ban de Cayenne ou je ne sais quoi ?
C'est la démonstration, une fois de plus, du mépris de Laurent Wauquiez et de la droite plus généralement pour l'ensemble des territoires ultramarins. Il y a quelques jours, j'entendais Laurent Wauquiez dire qu'il voulait une rupture avec le macronisme. Là, c'est pas une rupture avec le macronisme qu'il fait. C'est une rupture avec la République.
Dans les rangs des Républicains, hors caméra, on n'en revient pas. Pourquoi pas Fort Boyard ? Il pète un câble. Je croyais que c'était un fake. Le député le plus concerné hésite entre colère et ironie.
Je pense que M. Wauquiez, il faut qu'il revienne sur Terre. On n'est pas dans un monde des bisounours. Quand on regarde le profil et le pédigré des OQTF les plus dangereux, ce ne sont pas des gens qui vont avoir peur d'un petit 5 degrés ou de quelques abats de pluie ou de neige.
Une proposition qui intervient en pleine guerre des chefs avec Bruno Retailleau pour la tête du parti.
On est dans une courche à l'échalote où chacun essaie d'être le plus ferme, mais au final, avec aucune solution réelle, pragmatique, concrète.
À cinq semaines de l'élection du président des Républicains, jusqu'où ira la surenchère à droite ? Elsa Mondin-Gava, c'est la campagne, la campagne interne pour le parti qui le fait monter comme ça dans la surenchère ? Voilà, un signe de fébrilité. Vraiment, plusieurs députés nous ont dit qu'on a dû revérifier que cette une n'était pas un fake, une fausse une au sein de la droite. Ils se sont vraiment au début cru à une blague. Ils se sont dit que ce n'était pas possible. Donc, preuve que sa proposition, il ne l'avait pas vraiment formulée auprès de ses camarades.
Évidemment, certains voient que Bruno Retailleau y bénéficient dans les sondages, même si ça commence à se tasser un peu, en tout cas, d'avis plutôt favorable. La campagne, elle va être rude, elle finit n'en pas longtemps. Donc, il faut marquer les esprits. Selon certains, voilà, il veut exister, mais ça démontre aussi une fébrilité parce qu'on voit que sa proposition, elle a été quand même assez peu, enfin, à l'unanimité, elle a été rejetée. Même Marine Le Pen, lui, il faut respecter un petit peu nos compatriotes d'outre-mer.
Donc, l'accueil a été très très frais, mais ça existe et ses soutiens disent « Au moins, ça a fait parler, c'est audacieux et au moins, on parle de lui, on parle de sa proposition. » D'où sort cette idée, Claire Cournuit ? En effet, il faut contextualiser tout ça parce qu'il y a donc la proposition en tant que telle et il y a l'histoire qui se joue derrière. Et quelle est l'histoire ? C'est l'élection à la présidence des Républicains. Et l'autre histoire, et en particulier pour Laurent Wauquiez, c'est qu'il faut percer le mur du son. Et quand votre concurrent est naturellement plus exposé parce que ministre et ministre de l'Intérieur, c'est pas que tout est bon à prendre.
Mais il y a dans le camp Wauquiez l'idée tout à fait assumée que oui, c'est une proposition au choc et notons qu'elle intervient à quelques heures, à 48 heures, de la conférence de presse que va donner Bruno Retailleau demain où il présentera son bilan. et donc ce n'est pas tout à fait un hasard. Donc il essaye quoi ? Il essaye de casser les pattes du favori Bruno Retailleau. Est-ce qu'en allant comme ça sur une proposition qui va parler à la base la plus radicale des militants des Républicains, il a une chance de remonter dans leur cœur en vue du scrutin ? C'est toute la question que représente la frange la plus dure si je puis dire des adhérents LR.
Combien d'adhérents déjà les LR aujourd'hui ? Il y a trois semaines on parlait de 70 000, on commence à parler de 90, 93 000, peut-être qu'on sera à 100 000 la semaine prochaine ce qui n'est évidemment pas rien. On fait des cartes juste avant l'élection. Et donc à qui cette proposition va parler ? Est-ce qu'on considère que c'est le cœur de cible des adhérents LR et que dans la dernière ligne droite sachant que dans quelques semaines on ne pourra plus adhérer à LR c'est à eux qu'ils s'adressent ?
Est-ce qu'on considère que la frange la plus dure chez LR parmi les adhérents ait déjà passé du côté du Rassemblement national en termes de vote ou alors a suivi le dernier mouvement siotiste quand il a fait alliance avec Marine Le Pen l'été dernier ? C'est toute la question et c'est pour ça que ce sera très intéressant de voir si ça a marché ou pas. Alors on a compris l'agenda, c'est clairement l'élection interne mais il s'abime ou pas Laurent Wauquiez ? Il doit se construire en opposition par rapport à Bruno Retailleau et là où ce qui marque c'est que lui a une forme de liberté. Il peut dire ce qu'il pense il n'est tenu par rien donc pas par une appartenance au gouvernement.
Ce qu'il essaye de voir c'est de critiquer aussi Bruno Retailleau ce qu'il disait hier Laurent Wauquiez c'est moi au moins je propose quelque chose on voit bien que ce système des OQTF ne va pas on voit bien que les pays ne veulent pas nous les reprendre bon vous êtes d'accord vous n'êtes pas d'accord mais au moins je mets quelque chose sur la table et c'est vrai qu'il essaye de se différencier il cherche à dire que Bruno Retailleau par sa place au gouvernement qu'il l'a fait un peu exploser en popularité c'est grâce au fait qu'il est dans le gouvernement que Bruno Retailleau a un espace médiatique que les Français commencent à voir qui il est Laurent Wauquiez lui il a fait le choix de rester en dehors donc il doit essayer de démontrer que ça lui procure des avantages une liberté de ton que Bruno Retailleau n'aurait Bruno Retailleau joue gros aussi parce qu'il présente son bilan mais en matière justement de laisser passer consulaire avec les étrangers délinquants sous OQTF pour l'instant on n'y est pas même si il y a un réchauffement entre Paris et LG et on n'y est pas il y a la CMP la commission mixte paritaire sur sa loi narcotrafic demain il peut encore aller devant les militants avec des victoires ou ça s'arrête là son bilan ce qui est très intéressant ça va peut-être paraître un peu basique mais quand vous parlez aux militants que ce soit lors d'un meeting Laurent Wauquiez ou d'une réunion publique ou d'une réunion publique tenue par Bruno Retailleau il y a quelque chose d'assez irrésistible chez les militants c'est que et pour ceux qui sont là depuis longtemps et qui attendaient que la droite revienne aux affaires ils sont très contents en réalité d'avoir quelqu'un à droite au sein du gouvernement c'est tout l'enjeu pour Laurent Wauquiez c'est non seulement d'être le challenger mais d'essayer d'exister même s'il est un peu mis en retrait sur le dossier algérien et que pour l'instant aucun d'autres KTF algériens n'est reparti dans son pays vous avez deux manières de voir la chose soit vous faites comme l'évoquiez donc soit vous dites il y a une impuissance de fait soit vous êtes retailliste entre guillemets et vous vous arguez que on fait ce qu'on peut avec dans les limites que nous avons mais au moins on essaye on essaye d'agir et au moins on prouve que dans ce gouvernement on reste on reste sur nos convictions et on ne se dédie pas je ne dis pas qu'une stratégie ou une autre va gagner on verra mais c'est deux versions de l'intrigue et on verra laquelle gagne il va y avoir comme ça d'autres annonces tonnées truantes c'est la course à l'échalote d'ici l'élection interne je pense que sur des annonces chocs on ne peut pas non plus en faire une par jour si vous voulez ça va faire mais effectivement et on voit qu'ils se construisent en creux c'est à dire que Bruno Rotaillot lui essaye de justifier aussi pourquoi il reste le gouvernement populaire non plus dans les sondages donc il doit aussi dire qu'il existe demain il va faire une conférence de presse pour dire qu'après six mois à Beauvau il y a des choses qui avancent mais Bruno Rotaillot s'il a menacé de démissionner sur le dossier algérien c'est qu'il commence aussi à préparer la petite musique qu'un jour ça le servira peut-être de dire je quitte ce gouvernement parce que je suis empêché parce que je ne peux pas aller jusqu'au bout donc on voit bien pour l'instant son intérêt c'est d'y rester pour l'instant son intérêt c'est d'y rester mais qui sait après si vraiment sur le dossier algérien on voit que les choses n'avancent pas comme ce qu'Emmanuel Macron veut prévoir peut-être qu'un jour dans la stratégie de Bruno Rotaillot s'il est au parti il pourra avoir intérêt à quitter le gouvernement Et les macronistes pour terminer est-ce que la coalition ce fameux socle commun qui va de Gabriel Attal à Bruno Rotaillot ça peut tenir est-ce qu'avec les annonces tonitruantes de Laurent Wauquiez extrêmement décriées c'est le tollé même Emmanuel Valls dit que ce sont des méthodes de colons le retour du bang est-ce que cet attelage politique peut tenir ?
Si on considère que Laurent Wauquiez est au centre du bloc central je ne sais pas En tout cas les LR font partie de cette coalition C'est vrai ce qui va être intéressant c'est que de toute évidence il y en a un qui se démarque en étant un peu plus dur on verra comment Bruno Rotaillot évolue lui de son côté avec des candidats du bloc central en l'occurrence Edouard Philippe avec lequel il y a peut-être quelques rapprochements donc ça va être un moyen aussi de tracer sa route politique avec ou sans le macronisme avec ou sans les héritiers d'Emmanuel Macron On dit c'est qu'il ne regarde pas vers le centre c'est qu'il regarde plutôt vers sa droite et vers Marine Le Pen quand il fait ce Jordan on ne sait pas tellement pour rassembler une grande famille centrale Merci beaucoup pour ce décryptage on y voit un peu plus clair on va suivre cette campagne interne et puis ce bloc central qui va pour l'instant au gouvernement cette coalition DLR au macronisme Merci à toutes les deux c'est la fin de cette émission Merci à vous de l'avoir suivie pour la voir la revoir la chaîne YouTube de LCP et désormais le podcast de Savourgarde Très belle soirée
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