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Laurent Wauquiez répond à la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu - 14/10/2025

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Laurent Wauquiez

Monsieur le Premier ministre, vous prononcez votre discours dans une crise politique inédite sous la Vème République. Au cours des dix derniers jours, la politique française a donné le pire des spectacles. Une image terrible, oui, mais ayez juste, messieurs et mesdames, l'élémentaire lucidité consistant à vous dire que vous y avez tous contribué, que chacun a contribué à cette situation lamentable dans laquelle la politique française s'est abîmée. Ceux qui ont joué avec la censure et qui, visiblement, ont plus de mal à faire leur autocritique. Ceux qui ont la volonté de tout faire tomber parce qu'ils y voient leurs intérêts.

Et ceux, oui, reconnaissons-le, qui veulent que rien ne change alors que les Français aspirent à plus de ruptures. Et vos rires sarcastiques sont l'illustration de votre incapacité à vous poser les bonnes questions. Les Français regardent cela. Ils regardent tout le monde. Ils le regardent avec un mélange d'écœurement. Ils le regardent aussi avec de la colère. Et ils le regardent plus que tout. Et vous feriez bien de l'entendre, vous, qui traitez cela avec tant de légèreté, avec une profonde inquiétude. Et ne vous y trompez pas. Ils jugent avec sévérité ceux qui jouent avec cette inquiétude. Parce que nous sommes dans une des pires périodes d'instabilité qui est connue notre histoire.

Parce que cela renvoie à la période que nous avons connue sous la Troisième République où à la fin du XIXe siècle, les gouvernements duraient à peine quelques semaines et certains ici semblent s'en réjouir. Parce que cela renvoie à une période au moment de la guerre d'Algérie où les gouvernements n'étaient pas capables de tenir tellement plus longtemps et certains ici ne devraient pas se réjouir de ce chaos. Mais au moins, vous qui semblez si imperméable à cette inquiétude des Français, à l'époque, la France pouvait compter sur une économie solide. A l'époque, la France pouvait compter sur une économie prospère qui protégeait ses compatriotes.

Aujourd'hui, notre nation fait face à une triple crise. Une crise politique, certains ici la nourrissent, une crise économique, certains ici n'y semblent pas sensibles, et une crise géopolitique au moment où notre nation danse au-dessus du volcan. Aucun d'entre nous, je l'espère, aucun d'entre nous, sincèrement, ne peut s'en réjouir. Et chacun d'entre nous, j'en suis sûr, quelles que soient les différences politiques qui sont les nôtres, aspire à ce que notre pays retrouve les chemins de l'intérêt général. Et il est urgent de tourner cette page catastrophique pour la politique française. Et cela suppose un certain effort un certain effort de chacun.

Est-ce qu'il y a de fortes différences politiques entre nous ? C'est une évidence. Est-ce que nous sommes tous convaincus que l'élection présidentielle dans nos institutions est la seule qui soit fondatrice ? Évidemment. Est-ce que ce moment de confrontation entre les visions politiques des uns et des autres viendra ? Tout le monde le sait. Mais entre-temps, il y a une question qui nous est posée. Est-ce que nous voulons tout détruire ? Ou est-ce que nous sommes capables de faire des efforts les uns vers les autres ? Un an. Un an. Juste un an. Un an avant qu'il y ait la campagne présidentielle. Un an avant ce débat décisif sur les causes de notre impuissance et les moyens d'en sortir.

Et entre-temps, juste faire. Cet effort minimal qui consiste à trouver des compromis plutôt que de s'écharper, qui consiste juste tout simplement à discuter plutôt que de parier sur une énième élection par défaut. Que chacun juste soit capable de ce petit effort agir pour le moindre mal dans cette période où le pire est possible et où nous devrions tous le redouter. Et les Français, chers collègues, c'est cette lucidité que les Français attendent de nous. Ils nous disent « Entendez-vous ». Ils nous disent « Discuter ». Ils nous disent « Trouver des solutions ». Et j'en suis convaincu, ils jugent avec sévérité ceux qui nourrissent le chaos.

Et je le regrette, ceux qui nous écoutent ne l'entendent pas. Mais au moment où je parle, vous avez dans cet hémicycle sur les deux bouts ceux qui ne sont que capables de hurler, qui sont incapables d'écouter et qui sont incapables juste de se respecter et qui continuent à nourrir cette image lamentable de la politique française. Monsieur le Premier ministre, c'est la condition pour que votre gouvernement puisse agir. Oui, l'Assemblée nationale est divisée. Mais cela n'empêche pas d'avancer. La France l'a réussi par le passé et bien des démocraties autour de nous y parviennent.

Dans un climat de division politique, trouver des équilibres, ne pas prétendre tout faire pour se concentrer sur l'essentiel, ce que vous avez rappelé, Monsieur le Premier ministre, dans votre discours. Les gouvernements d'Antoine Pinet pour la restauration de l'équilibre budgétaire, cher Michel, y étaient parvenus. Celui de Pierre Mendes France, avec la fin des guerres coloniales, y étaient parvenus. Le pays, à l'époque, avait su avancer en dépit de son instabilité politique et nous sommes convaincus avec les députés de la droite républicaine que c'est aujourd'hui notre responsabilité. C'est la position de notre groupe, Monsieur le Premier ministre, qui n'a pas changé depuis la dissolution.

Refuser d'abord, je l'assume, et quand je les écoute dans cet hémicycle, ma détermination n'est que plus forte, refuser d'abord qu'il y ait un gouvernement sous la coupe de la France insoumise, de la folie de l'extrême gauche qui est le principal danger politique pour l'avenir de notre République. Et notre deuxième priorité, c'est que la France ne soit pas bloquée et nous nous engageons conscients des compromis nécessaires pour que des lois indispensables soient adoptées. Cette position, nous l'avons définie collectivement avec nos députés et nos sénateurs. Nous ne censurerons pas un gouvernement a priori et nous ne ferons pas partie de ceux qui feront tomber les premiers ministres.

cette position des députés de la droite républicaine n'a pas varié. La France a besoin d'un minimum de stabilité. La France a besoin d'un gouvernement. La France a besoin d'un budget. Et pour ceux qui ici ne comprennent rien, notre priorité pour les semaines à venir sera simple. Il faut donner un budget à la France. parce que si nous continuons comme cela, il n'y aura pas de budget pour protéger les Français. Et il faut dire les choses. Priver la France de budget, c'est aggraver le déficit déjà le plus élevé de la zone euro. Priver la France de budget, c'est nous mettre dans la main des créanciers. Priver la France de budget, c'est le poison de l'incertitude.

les Français ne consomment plus parce qu'ils sont inquiets. Les entreprises n'investissent plus parce qu'elles sont inquiètes. Et vous feriez bien d'écouter les commerçants et les artisans de ce pays qui nous disent tous la situation n'a jamais été aussi difficile à cause de l'instabilité politique que certains nourrissent ici. Priver la France de budget, c'est geler les moyens dédiés à l'hôpital. C'est geler les moyens dédiés à la santé. Et c'est même que M. le Premier Ministre, geler les moyens consacrés à nos armées dans un contexte géopolitique encore plus menaçant que celui de la guerre froide. Et M.

le Premier Ministre, je me permets de rappeler ici une évidence parce que les débats de ces derniers jours ont tourné le dos au bon sens. Le sujet, il y a un peu de tension dans l'hémicycle. Ceux qui nous écoutent ne voient pas parce que certains se comportent n'importe comment. Voilà, c'est un peu regrettable mais ça me permet de l'expliquer à ceux qui nous écoutent. M. le Premier Ministre, je me permets donc de rappeler ici une évidence. Le sujet n'est pas d'augmenter les impôts dans un pays qui a le record de la fiscalité au monde. Le sujet, c'est de les baisser. Le sujet n'est pas d'augmenter la dépense dans un pays qui a le record de la dépense publique au monde.

Le sujet, c'est de baisser la dépense. Et pour que les choses soient très claires, ce n'est pas aux Français qui travaillent, ce n'est pas la France qui a travaillé toute sa vie de faire des efforts, c'est à l'État de faire des efforts en luttant contre la bureaucratie administrative et la dépense improductive. Et vous avez su envoyer des signaux, des premiers signaux symboliques et il faudra aller plus loin. Vous connaissez nos convictions, il faut supprimer toutes ces agences qui coûtent tant et qui ne servent à rien. Vous connaissez nos convictions, il faut arrêter la politique des chèques gouvernementaux.

Et vous connaissez nos convictions, il faut remettre de la bonne gestion dans nos services publics en faisant confiance aux acteurs de terrain au lieu de tout rendre si compliqué. Et c'est possible dans un certain nombre de nos collectivités locales. En Auvergne-Rhône-Alpes, nous avons baissé de 15% les dépenses de fonctionnement sans augmenter le poids de la dette ni la moindre taxe. Baisser la dépense, ce sera le combat de la droite républicaine dans ce débat budgétaire. Nous ne laisserons pas la gauche et la France insoumise imposer un budget contraire aux intérêts du pays et nous investirons le débat budgétaire pour faire valoir nos convictions et nos propositions.

Les aspirations des Français, Monsieur le Premier ministre, sont au fond beaucoup plus simples que ne le sont les fractures politiques dans cet hémicycle. Revaloriser le travail, rétablir l'ordre, arrêter l'immigration incontrôlée. Et je voudrais ici revenir sur ce débat fondamental pour les députés de la droite républicaine, arrêter l'assistanat et revaloriser le travail. La plus grande injustice en France c'est que le travail ne paye pas. Quand un employeur veut augmenter de 100 euros un salarié au SMIC, il doit mettre 500 euros sur la table.

Quand un salarié touche 3 000 euros de salaire brut, son employeur doit payer 4 000 euros et à l'arrivée, il ne touche que 2 200 euros déduits des taxes et des charges. Et dans le même temps, ce qu'on dit trop peu souvent, c'est qu'un couple aux aides sociales avec 3 enfants va toucher 2 300 euros d'aides sociales nets d'impôts et de charges. Eh bien, mes amis, il faut le dire, ça n'est pas juste. Ça n'est pas juste parce qu'aucune société ne peut tenir sans ce ciment de justice élémentaire la récompense du travail, la récompense de l'effort et la récompense du mérite. Cela a toujours été notre combat avec les députés de la droite républicaine.

Gardez le social, arrêtez l'assistanat, revalorisez le travail. Et notre engagement, Monsieur le Premier Ministre, et il sera fondamental que la droite républicaine soit écoutée, ce sera d'une part l'instauration d'une allocation sociale unique permettant de plafonner les aides sociales à 70% du SMIC pour qu'on ne gagne pas plus d'argent en restant chez soi qu'en allant travailler. C'est la justice.

Et le deuxième combat de la droite républicaine sera pour qu'il y ait un signal pour cette France qui travaille, avec la défiscalisation des heures supplémentaires, zéro impôt et zéro charge pour que l'on sorte de ce qui est si décourageant pour ceux qui se donnent du mal, travailler pour payer plus et pour perdre des aides. Enfin, Monsieur le Premier Ministre, et vous l'avez dit, il faut évidemment s'attaquer à l'ultra-violence et à l'immigration hors de contrôle. Cela suppose de réarmer notre droit en face de chaque sanction, en face de chaque infraction une sanction, rétablir l'autorité de la loi, rétablir l'autorité de la frontière, rétablir l'autorité de notre mode.

Monsieur le Premier Ministre, vous nous trouverez à vos côtés. Et ensuite, ensuite viendra le débat présidentiel, celui qui permettra donc lancer enfin la profonde reconstruction de notre pays. et notre conviction est que la France a besoin d'un redressement de droite, clairement de droite, avec un objectif, sortir du régime de l'impuissance de notre cinquième république aujourd'hui dénaturée, dont il faut retrouver l'esprit et l'efficacité des origines. Ce qui menace notre pays, c'est de glisser toujours plus vite sur la pente de la décadence. Pour surmonter une crise de régime dans notre histoire, notre pays n'a toujours suivi que deux chemins. Deux chemins et pas d'autres.

Le premier, c'est la tentation de tout renverser. Nous l'avons parfois suivi dans notre histoire et nous savons dans quel tourment la passion de la destruction a souvent condamné l'avenir de la France. L'autre chemin, c'est celui dessiné par le général de Gaulle en 1958, lui qui avait compris que la volonté de tout détruire était avant tout un aveu de résignation. Lui qui avait compris que le courage consiste à tout rebâtir et non pas à tout détruire, que le pire des dangers est le désordre, ce qu'il appelait la chianlis, dans un pays où la guerre civile est toujours une menace.

Comme le résumait Georges Pompidou, rebâtir en sachant ce qu'on veut rebâtir et ce qui en vaut la peine, changer ce qu'il faut pour préserver ce qui vaut, c'est ce changement qu'il faudra préparer avec tous ceux qui auront alors à cœur le sursaut français. Je vous remercie. Merci beaucoup, Monsieur le Président Roquet.