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interviewRMC — Face à Face· 3 juin 2022 21 min

L'interview : Jordan Bardella - 03/06

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Jordan Bardella. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le président du Rassemblement National. On va parler du Stade de France, des prisons, du pouvoir d'achat, de la laïcité à l'école. Mais sur tout ça, vous n'aurez véritablement de poids que si vous avez des élus. Et des élus, on se demande un tout petit peu quand même si vous avez vraiment envie d'en avoir.

0:31
Jordan Bardella

Écoutez, le Rassemblement National, et d'après le sondage Elab, que vous avez sorti sur BFM TV, le seul parti politique est aujourd'hui en dynamique. La République En Marche tombe, la NUPES se tombe, les deux ont perdu 2,5.

0:44
Présentateur

Enfin, ils tombent de plus haut, c'est ça la petite différence quand même.

0:45
Jordan Bardella

Je pense que nous sommes aujourd'hui en capacité d'arriver en tête du premier tour des élections législatives et peut-être d'empêcher Emmanuel Macron d'avoir une majorité absolue. Alors moi, je veux appeler ce matin nos électeurs à se déplacer et à aller voter parce que nous ne sommes plus, d'après encore une fois les sondages, qui ne se sont pas trompés au premier tour de l'élection présidentielle, d'être en tête du premier tour des élections législatives. Donc s'ils vont voter, alors ils auront des élus Rassemblement National très nombreux à l'Assemblée qui pourront effectivement s'opposer à la politique d'Emmanuel Macron.

1:12
Présentateur

Sauf que Jordan Bardella, on a quand même l'impression qu'après le deuxième tour des élections où en effet vous êtes arrivé clairement au-dessus de Jean-Luc Mélenchon qui lui a été éliminé dès le premier tour, pour autant on a quand même l'impression que c'est lui qui a pris la place de premier opposant.

1:26
Jordan Bardella

Je vous rassure, c'est une impression. C'est une impression et vous savez...

1:30
Présentateur

Enfin, les projections lui donnent un groupe plus important que le vôtre, nettement.

1:34
Jordan Bardella

Non, il n'y aura pas de groupe NUPES, c'est une alliance électorale. Chacun retrouvera son groupe, la France Assoumise aura un groupe, le Parti Socialiste aura un groupe et Europe Écologie-Les Verts aura un groupe. Ah, vous ne croyez pas au grand bouclier NUPES à l'alliance ? Non, absolument pas. En tout cas, je note que Jean-Luc Mélenchon a menti aux Français. Jean-Luc Mélenchon a menti aux Français parce qu'il veut être en même temps, si vous voulez.

1:51
Présentateur

Vous êtes là, vous êtes hyper speed. Attendez, là vous dites non, non, non, non, non, non, non, non, non. Enfin, vous ne pouvez pas balayer d'un revers de la main le fait qu'ils ont fait une alliance, qu'ils ont des affiches communes, qu'ils ont un logo commun, qu'ils font des réunions communes. C'est une alliance, Jordan Bardellas-Pas, parce que vous, vous n'avez pas fait d'alliance avec ceux qui vous le proposez, qu'il faut que vous dénigriez l'alliance qui existe.

2:10
Jordan Bardella

Non, mais je ne dénigre pas. Je dis que ce qui est une impression relève aussi parfois du scénario médiatique. Sur les deux premières semaines du mois de baie, s'agissant du temps de parole sur France Inter, ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'ARCOM, ancien CSA, temps de parole de la NUPES, 75% du temps de parole politique. Le Rassemblement National, 3,75%. Donc, il y aura évidemment un effet de rattrapage. Mais, si vous voulez, ne soyez pas et ne soyons pas dupes. Vous êtes en invitée ce matin, Jordan Bardellas. Qui a été mise en œuvre depuis quelques jours pour vendre Jean-Luc Mélenchon comme le Premier ministre d'Emmanuel Macron.

Tout le monde sait que Jean-Luc Mélenchon ne sera pas le Premier ministre d'Emmanuel Macron. Jean-Luc Mélenchon a fait élire Emmanuel Macron, puisqu'il a appelé à voter pour lui. Et d'ailleurs, la NUPES, c'est en fait l'alliance de tous les partis politiques qui ont appelé à voter Emmanuel Macron. Mais Jordan Bardellas, vous accusez...

2:55
Présentateur

Vous accusez les médias français d'avoir fait le jeu de Jean-Luc Mélenchon ou d'avoir joué ?

3:02
Jordan Bardella

Je ne dis pas cela. Jean-Luc Mélenchon a probablement plus d'amis dans les groupes de presse que nous. Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'on est en campagne électorale. On essaie d'écrire des scénarios... Vous pouvez peut-être le reconnaître, il a bien joué. On essaie d'écrire des scénarios différents. C'est normal. Je vous rappelle qu'à la présidentielle, on nous avait vendu, Valérie Pécresse, la Thatcher française, la Angela Merkel française. Elle a fait 4%. On nous avait expliqué en 2017 que Jean-Luc Mélenchon serait pendant 5 ans le premier opposant à Emmanuel Macron. Ça n'a pas été le cas. Ils ont fait 6% aux élections européennes, c'est-à-dire à l'élection d'après.

Donc, soyons pas dupes de cela. Nos électeurs rentrent généralement assez tardivement dans l'élection. Et les élections ont maintenant lieu les 12 et 19 jours. Et moi, je les appelle à aller voter. Je leur dis qu'on peut empêcher Emmanuel Macron d'avoir une majorité absolue et qu'on ne peut pas laisser faire pendant 5 ans la réforme de la retraite à 65 ans, l'explosion des prix des carburants et notamment les prix de l'énergie et de l'alimentation, qu'on ne peut pas laisser un tel chaos sécuritaire et migratoire s'orchestrer dans notre pays sans rien faire. Donc, Emmanuel Macron ne doit pas avoir les pleins pouvoirs.

Et moi, j'appelle nos électeurs à nous donner de la force et à se donner des députés patriotes qui, pendant 5 ans, vont les défendre. L'affaire du Stade de France, elle est très révélatrice. Parce que si on n'avait pas été là, personne n'aurait parlé des violences. Si le Rassemblement National n'avait pas mis sur la table la question des radias qui ont été organisées.

4:19
Présentateur

Il me semble que c'est Éric Zemmour qui vous a un petit peu doublé.

4:22
Jordan Bardella

Non, non, c'est Éric Zemmour quand ça vous arrange. Ça m'arrange pas du tout, ça m'arrange à plus en personne. Je regarde juste qui est parti premier. Si les patriotes n'avaient pas été là, personne n'aurait parlé de ces violences. Tout le monde s'en serait tenu à la question de la biais. Les journaux ont évoqué aussi la réalité. Et tous les journaux, RMC en premier, a embrillé 2-3 jours après, quand nous avions sur les réseaux sociaux, fait monter ce sujet. Vous pouvez écouter la matinale de lundi matin. On est peut-être en désaccord là-dessus. Moi, je me rappelle que dimanche, j'avais une émission politique dimanche dernier. Et nous étions les seuls à avoir mis ce sujet sur la table.

Donc, la vérité, c'est que...

4:53
Présentateur

Je ne parle pas pour dimanche, je vous parle de lundi matin. Je peux vous dire que j'ai reçu ici même, à ce même micro, Linda Kebab, avec cette question de la criminalité opportune. Donc, franchement, en tout cas, vous ne pouvez pas faire ce reproche de non-lucidité.

5:08
Jordan Bardella

La lucidité est tardive, si vous me le permettez. Et je pense que nous avons été de ceux, je le maintiens, qui ont permis de faire émerger les scènes de violence, les scènes de pillage, les scènes de chaos que le gouvernement a cherché à dissimuler, y compris devant la commission d'enquête parlementaire du Sénat.

Parce que quand on passe trois heures à parler d'un problème de billetterie, alors que le problème, ce sont les bandes qui sont venues piller, agresser, attaquer, et que des journalistes de la presse britannique et de la presse espagnole disent « On n'a jamais vu un tel niveau de sauvagerie », je me dis qu'heureusement que le Rassemblement National est là, et nous devons être là pendant cinq ans pour faire en sorte que ce genre d'affaires dramatiques ne soit pas mise sous le tapis par l'exécutif.

5:40
Présentateur

Vous estimez, Jordan Bardella, qu'il y a un déni national, c'est-à-dire que si je vous écoute bien depuis le début de cette interview, vous nous dites que non seulement le gouvernement a en gros cherché à camoufler les véritables problèmes derrière un problème de billetterie, mais que plus globalement la France entière se voile la face ?

5:56
Jordan Bardella

Je pense que la sécurité et l'immigration sont hors de contrôle en France aujourd'hui, et que le ministre de l'Intérieur a capitulé devant la délinquance, et que ce gouvernement, d'une manière générale, a capitulé devant la délinquance et devant les voyous. Parce que quand des femmes sont agressées sexuellement, que des supporters britanniques qui témoignent par dizaines et dizaines depuis des jours disent avoir été agressées au cutter, pillées, les fenêtres des voitures cassées, les sacs volés, les femmes agressées, alors on ne peut pas accuser la billetterie. On ne peut pas expliquer que ce qui s'est passé la semaine dernière est le fait de supporters britanniques.

On cherche à cacher la vérité aux Français, et je pense que nous avons été de ceux qui depuis des années ont mis ces sujets-là sur la table. La sécurité et l'immigration sont hors de contrôle en France, et si on laisse filer la situation, alors le chaos va s'accélérer dans notre pays.

6:46
Présentateur

Comment est-ce que cette soirée chaotique et ces moments dont vous parlez de criminalité vaste auraient été différents ? Qu'est-ce qui aurait été différent ? Est-ce que franchement, parce que les policiers étaient là, et ils étaient là en nombre, qu'est-ce qui fait que ça aurait été différent ?

7:03
Jordan Bardella

Croyez-moi que si on nous avait écoutés il y a 30 ans, probablement qu'on n'en serait pas là aujourd'hui. Parce que si Gérald de Darmanin avait fait son boulot correctement, une grande partie des agresseurs qui ont commis des pillages et du vandalisme n'auraient pas été en France. Voilà, c'est ça la réalité. Moi, il y a un policier de Saint-Denis qui m'a dit, sur 49 qui a travaillé au commissariat de Saint-Denis dans la nuit de samedi à dimanche, sur 49 gardés à vue, il y avait 31 clandestins. Dont certains, d'ailleurs, étaient sous OQTF, c'est-à-dire sous obligation de quitter le territoire français, notamment un Algérien et un Palestinien.

Ce qui veut donc dire que si le ministre de l'Intérieur, si le gouvernement avait fait son boulot, mais il m'en a d'ailleurs. Quand il dit qu'il y a 40 000 faux billets, c'est du délire. 40 000 faux billets à l'extérieur, ça veut donc dire qu'il y aurait eu, personne ne les a vus, l'équivalent du Parc des Princes rempli à l'extérieur. L'UEFA dément totalement et parle de 2 800 faux billets. Le sujet, ce n'est pas les faux billets. Le sujet, c'est la capitulation du ministre de l'Intérieur devant une violence qui est toujours plus importante. Oui, il y a un problème avec la Seine-Saint-Denis aujourd'hui en France. Et moi, je ne souhaite pas que...

Vous en êtes originaire, vous êtes né en Seine-Saint-Denis. Et parce que je connais parfaitement ce département, que j'en suis parti pour des raisons de sécurité, je ne souhaite pas que la France entière ressemble à la Seine-Saint-Denis. Parce que ce qu'ont subi les supporters britanniques ce soir-là, c'est ce que subissent tous les jours les habitants de la Seine-Saint-Denis.

8:22
Présentateur

Quand vous dites que j'en suis parti pour des raisons de sécurité, ça veut dire quoi ?

8:25
Jordan Bardella

Ça veut dire que j'en suis parti parce que j'ai été menacé de mort. Parce qu'il y a des gens qui n'acceptaient pas que je sois engagé au Front National à l'époque. Et qu'une grande partie des gens qui vivent dans ces quartiers, qui sont aujourd'hui aux mains du trafic de drogue, parce que moi j'ai grandi dans une cité qui est cernée par le trafic de drogue, où les gens qui rentrent sont contrôlés, où on contrôle les pièces d'identité des gens qui rentrent, ma famille habite encore là-dedans. Et ce qu'ont subi les supporters britanniques ce soir-là, c'est ce que subissent tous les jours les habitants de la Seine-Saint-Denis.

Donc on a capitulé devant la violence, devant l'explosion de l'insécurité en France. Et je vais vous dire, le pire dans notre société, c'est l'indifférence. C'est le relativisme. Il y a quelques jours, le fils d'un grand cuisinier français a été assassiné dans les rues de Paris par un criminel, par un chauffeur. Ça a fait deux lignes, plus personne n'en a parlé. Si madame, il y a eu un médecin à Marseille qui a été égorgé, au cri d'Ala Akbar, par un récidiviste. Devant l'école de son... Deux lignes dans la presse, plus personne n'en a parlé. Et pourquoi ? Parce qu'un fait d'actualité, un drame en chasse, un autre.

La vérité, c'est que nous subissons un ensauvagement de notre société et que l'impunité qui règne aujourd'hui dans notre pays, la faiblesse, le laxisme, la faiblesse de la justice et notre incapacité à contrôler l'immigration en France est un puissant moteur de la violence et de l'insécurité dans notre pays. La première des mesures à prendre pour arrêter la violence en France, c'est d'arrêter l'immigration. Parce que la quasi-totalité de la délinquance de rue et le fait de l'immigration dans notre pays... Mais il n'y a pas de Français violents ? Mais bien sûr qu'il y a des Français violents, mais il y a aussi des Français violents qui ont acquis la nationalité.

Donc, il faut arrêter l'immigration. Il faut expulser les délinquances des criminels étrangers. Il faut mettre fin au regroupement familial. Il faut rétablir les peines planchées. Il faut créer des places de prison. Il faut arrêter ce grand laxisme à Paris. À Paris, 75% des mineurs qui sont déférés devant le parquet de Paris sont des mineurs étrangers. Mineurs étrangers isolés. qui n'ont rien à faire en France. Donc, tant qu'on ne remettra pas de l'ordre dans le pays, et je pense qu'Emmanuel Macron est incapable de le faire, alors nous serons contraints de nous habituer à vivre à ces drames. Et moi, je dis aux Français, ne vous habituez pas à cette violence.

Ne vous habituez pas à cet ensauvagement de notre société. Un fait d'actualité en chasse un autre. Et je pense que le plus grand danger de notre société, c'est l'indifférence et c'est de s'habituer à cela.

10:34
Présentateur

Ce soir, il y a à nouveau un match au Stade de France, France-Danemark. Et à la veille de ce match, Emmanuel Macron a redit sa confiance en Gérald Darmanin. Pour ce soir, pour le coup, vous n'avez pas d'inquiétude ?

10:46
Jordan Bardella

Mais bien sûr que j'ai des inquiétudes. Vous n'avez pas d'inquiétude à confier votre sécurité, la sécurité de vos enfants, à un ministre de l'Intérieur qui a failli. Je n'ai aucune confiance dans le ministre de l'Intérieur. Et je vais même vous dire, si Gérald Darmanin était venu devant les Français en disant « J'ai commis une erreur. J'ai sous-estimé le risque d'incident ce soir-là. Je vais réorienter massivement, drastiquement, notre politique sécuritaire, judiciaire et migratoire. » Alors je pense que les Français auraient pu lui pardonner.

Mais voyez bien, il y a encore un sondage qui est sorti ce matin dans le Figaro qui montre que deux tiers des Français ne sont pas dupes et ont bien compris que Gérald Darmanin était dans le mensonge.

11:21
Présentateur

Les trois tiers des Français disent ne pas partager les explications de Gérald Darmanin. C'est un sondage en effet de ce matin. Vous en êtes compte qu'il risque,

11:27
Jordan Bardella

pardon de vous couper et si vous me le permettez, qu'il préfère l'incident diplomatique avec l'Angleterre qu'avec la Sainte-Saint-Denis. Il s'est excusé, hein ?

11:35
Présentateur

Il a fini par s'excuser. Il s'est excusé pour l'utilisation disproportionnée du gaz lacrymogène sur les supporters de Liverpool.

11:42
Jordan Bardella

Oui, il s'est excusé timidement de nuit dans le brouillard derrière un camion. Il s'est excusé extrêmement timidement. En l'occurrence au micro d'une commission au Sénat. Le maire de Liverpool était sur place. Oui, mais voyez bien qu'en fait, on se voile la face. Je veux dire, la quasi-totalité de l'intervention de Gérald Darmanin et de l'audition au Sénat est sur la billetterie. C'est vrai que, comme l'a écrit d'ailleurs un de vos confrères du Figaro, Vincent Trémolet, si les Britanniques n'allaient pas en Seine-Saint-Denis, la Seine-Saint-Denis sera probablement un breu de paix.

12:10
Présentateur

Jordan Bardella, ce matin sur RMC, je recevais Dominique Simono qui est contrôleur général des lieux de privation de liberté, c'est-à-dire les contrôleurs des prisons. Et elle disait, elle faisait une comparaison entre la situation de surpopulation carcérale dans les prisons et les poulets en batterie. Et elle disait, en fait, cette situation est telle qu'il faut arrêter d'envoyer des gens en prison. Elle parlait notamment des alternatives de bracelets électroniques. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?

12:33
Jordan Bardella

Je leur dis que la place de gens qui se comportent comme des sauvages, qui agressent parfois 10, 20, 30 fois de suite en passant par le commissariat, sans jamais être inquiétés par la justice, puisque deux heures après, ils sont dehors, leur place n'est pas dans notre société en liberté qu'un bracelet électronique, mais derrière les barons.

12:49
Présentateur

Ce n'est pas en liberté qu'un bracelet électronique, Jordan Bardella ?

12:51
Jordan Bardella

Oui, parce que ça fait maintenant plusieurs années dans notre pays, c'est le cas avec M. Dupond-Moretti, c'était déjà le cas hier et avant-hier avec Mme Taubira. On considère que la prison doit être une exception et que l'alternative à la peine doit être une norme. Moi, je considère l'exact inverse. Et je pense que des gens qui sont dangereux, qui sont des multirécidivistes, parce que que vous disent les policiers ? Moi, on les connaît bien, les policiers. Je suis allé au commissariat de Saint-Denis. Il y a quelques jours, les policiers nous disent quoi ? Ils nous disent que les gens qu'on arrête, ils ont des cartes de fidélité, ils ont des cartes d'abonnement au commissariat.

On les arrête parfois 10, 20, 30, 40 fois. On ne peut plus continuer comme cela. Moi, je vous rappelle qu'il y a 100 000 peines de prison qui ne sont pas appliquées chaque année parce qu'on manque de place dans les prisons. Mais la question, ce n'est pas est-ce qu'il n'y a pas assez de place dans les prisons ? C'est qu'il y a trop de quoi dans nos prisons. Et quand vous avez 25% de détenus qui sont étrangers, alors je pense qu'il faut rétablir que les policiers n'ont pas à avoir la double peine. Vous êtes étrangers. Vous commettez un crime ou un délit dehors. On vous renvoie dans votre...

13:45
Présentateur

Dominique Simonot qui ajoutait à cela, si vous ne le faites pas pour les prisonniers eux-mêmes, pensez au moins aux gardiens de prison qui vivent eux aussi dans cette promiscuité. Madame, vous ne pouvez pas expliquer...

13:56
Jordan Bardella

Non mais attendez. Moi, j'entends que l'administration pénitentiaire et les surveillants pénitentiaires nous le disent, on est saturés. Mais vous ne pouvez pas expliquer aux gens qui ont perdu un enfant parce que l'enfant a été agressé, est tué, égorgé par un récidiviste qu'on ne peut pas le mettre en prison et qu'on va lui mettre en mal. Non mais vous savez bien que... Ça, ça ne s'entend pas. Et ça fait trop longtemps.

14:16
Présentateur

L'exemple que vous prenez n'est pas juste. Et ça, ça fait trop longtemps. Quelqu'un qui aurait tué un enfant va aller en prison en France. Il va paraître avec un bracelet électronique. Je vais vous dire,

14:22
Jordan Bardella

pour aller en prison en France aujourd'hui, il faut le faire. Il faut quand même le faire. Non mais j'en ai demandé là, vous le savez, c'est des aménages en peine

14:27
Présentateur

qui ne valent pas pour ce genre de crime.

14:30
Jordan Bardella

Nous souhaitons mettre fin en remise automatique de peine, rétablir des peines planchées. S'il y a des peines maximales, il doit y avoir des peines minimales. Et surtout, réglons la question de l'immigration. Arrêtons l'immigration. Expulsionons les délinquants des criminels étrangers. Et vous verrez que la tranquillité reviendra en partie dans notre pays.

14:45
Présentateur

Il y a deux points encore sur lesquels je voudrais qu'on puisse échanger. Vous posez des questions sur le pouvoir d'achat et vous posez des questions sur la question de la laïcité à l'école. Le pouvoir d'achat. Est-ce que gagner 3673 euros par mois, c'est être riche, Jordan Bardella ?

14:59
Jordan Bardella

C'est toujours plus riche que de gagner un SMIC. Mais la vérité, c'est que la classe moyenne devient de moins en moins une classe moyenne et devient de plus en plus une classe populaire. Parce que le problème, c'est que les classes moyennes, aujourd'hui, ceux qui travaillent dans notre pays, sont contraints de payer pour tout le monde et eux n'ont jamais d'aide. Avant-hier, j'étais en Gironde. J'ai rencontré un couple de viticulteurs qui a des difficultés à trouver des emplois saisonniers. Et ces viticulteurs m'ont dit nous sommes contraints aujourd'hui dans les vignes d'embaucher des personnes âgées. Des personnes âgées qui ont 65, 66, 67, 70 ans et qui sont contraints de venir travailler.

15:34
Présentateur

Je voudrais vous dire cela, Jordan Bardella.

15:36
Jordan Bardella

Ils embauchent des personnes âgées

15:38
Présentateur

mais qu'ils embauchent aussi les Tunisiens avec un accord avec les Tunisiens parce que les Tunisiens acceptent de venir travailler pour des jobs qui sont proposés en France et qui ne trouvent pas de renheur. Vous avez raison,

15:48
Jordan Bardella

mais c'est deux problèmes différents. Il y a la question des saisonniers. Là, je vous parle du pouvoir d'achat. Mais dans ces moments-là, vous dites heureusement qu'il y a des Tunisiens ? Laissez-moi terminer, j'en arrive. Ils sont contraints d'embaucher des retraités parce que les retraités n'arrivent plus à vivre correctement de leur travail. C'est parfaitement juste et je ne minimise pas du tout ça. Mais je voudrais aussi réindexer les changements de retraite sur l'inflation. Vous savez que plutôt que de distribuer des chèques, nous souhaitons notamment baisser les taxes parce que je pense que c'est le seul moyen, la seule solution pérenne pour rendre du pouvoir d'achat aux Français.

Et la première mesure que défendront nos députés à l'Assemblée nationale parce que le carburant a atteint un niveau délirant, c'est la baisse des taxes l'électricité, le gaz. Je ne sais pas qu'aujourd'hui dans notre pays, se déplacer ou se chauffer est en train de devenir un bien de luxe.

16:29
Présentateur

J'ajoute donc, Jordan Bardella, qu'à la fois pour les saisonniers dont vous parlez, notamment pour les récoltes, mais aussi pour les saisonniers dans l'hôtellerie-restauration, faute de candidats pour ces jobs-là, alors que les offres de postes sont là, la plupart de ces secteurs sont obligés d'aller chercher notamment des travailleurs tunisiens.

16:47
Jordan Bardella

Avec vous,

16:48
Présentateur

est-ce qu'ils pourront venir ces travailleurs tunisiens ? Est-ce qu'il y aura des serveurs dans les cafés ?

16:51
Jordan Bardella

Je préfère faire en sorte qu'on embauche les travailleurs français. Mais c'est pas un problème, on leur propose, ils ne viennent pas. Parce que c'est un cercle vicieux et que ça fait des années que l'immigration est utilisée pour faire peser à la baisse sur les salaires.

17:02
Présentateur

Vous préférez qu'il n'y ait pas de serveurs ?

17:03
Jordan Bardella

Non, mais écoutez, moi je suis pragmatique. Si demain, un viticulteur ou un restaurateur me dit je n'ai pas le choix que d'embaucher des Tunisiens ou des Marocains qui viennent faire ce travail-là que je ne trouve pas en France, évidemment que, notre objectif comme responsable politique est de faire en sorte que ces emplois puissent aller d'abord aux Français. Le problème, c'est que les salaires sont trop bas et qu'il faut donc augmenter les salaires. Et nous proposons notamment un deal gagnant-gagnant avec les entreprises. Vous augmentez de 10% les salaires. Ces 10% de hausse de salaire sont exonérés de cotisations patronales pendant 5 ans.

Et puis, il faut une prime également de 300 euros qui soit mis en place compensée par l'État pour tous les étudiants qui acceptent sous couvert de validation du diplôme d'avoir recours à des travaux saisonniers durant l'été.

17:44
Présentateur

Jordan Bardella, recul de la laïcité à l'école. C'est une étude du journal L'Opinion qui le montre. Des recteurs qui alertent et qui parlent d'une volonté notamment de tester parfois des actions coordonnées d'élèves qui se montrent avec des tenues à caractère religieux avec parfois la difficulté à définir ce qu'est le caractère religieux ou non d'une tenue parce qu'on ne parle pas uniquement de la question du voile mais aussi parfois d'Europe qui ressemble un peu à des dj là-bas. Emmanuel Macron a été interrogé là-dessus hier en déplacement à Marseille. Il affirme que la réponse dans l'application de la loi il dit la loi elle est très claire et nous l'appliquerons de manière très claire.

Vous dites la même chose sur ces questions-là. Vous dites que la loi elle existe quand même et qu'il faut l'appliquer. Non, vous n'êtes pas d'accord avec ça ?

18:23
Jordan Bardella

Non, je pense que là encore Emmanuel Macron fut le problème. Les islamistes pardon de reprendre une phrase que vous avez dite mais ne veulent pas tester la République ils veulent nous conquérir. Ils veulent imposer dans l'espace public y compris dans l'espace privé leurs mœurs leurs modes de vie leurs us et coutumes. La loi est beaucoup trop faible sur ces sujets. qui est écrit, rédigé prêt à être voté que nous soumettrons à l'Assemblée Nationale si les Français nous font confiance à compter du mois de juin un grand projet de loi contre l'islamisme.

Ce projet de loi contre l'idéologie islamiste qui ne s'en prend pas aux musulmans qui s'en prend à l'idéologie islamiste a vocation à permettre dans la loi d'interdire toutes les revendications visuelles et politiques de l'islam politique. Or aujourd'hui c'est vrai que la loi de 2004 à l'école crée une forme d'ambiguïté sur ces sujets. Quand vous arrivez avec un camiste vous l'avez parfaitement dit est-ce que ça rentre dans l'interprétation des signes religieux ostentatoires ? Certains dirigeants d'école considèrent que oui d'autres disent que non.

19:16
Présentateur

En fait ils considèrent que oui quand en demandant aux élèves de l'enlever ces élèves refusent de l'enlever et que donc le vêtement a plus de poids que juste un gilet par exemple.

19:25
Jordan Bardella

Et bien souvent vous avez des problèmes ensuite c'est-à-dire qu'aujourd'hui quand vous faites respecter la laïcité vous n'êtes pas à l'abri d'avoir parfois votre tête avec une cible sur le front. C'est arrivé à beaucoup d'enseignants je me permets de vous rappeler que c'est Valeurs Actuelles qui avait sorti ce chiffre qu'un enseignant sur deux est aujourd'hui contraint de s'auto-censurer dans les classes parce qu'il y a certains passages de l'histoire de France qu'on n'aborde pas. On ne parle plus de la Shoah pour ne pas froisser telle ou telle communauté. On ne parle pas de la guerre d'Algérie pour ne pas froisser telle ou telle communauté.

Donc on voit bien que quand nous nous reculons eux ils avancent. Et encore une fois le problème c'est la démographie le problème c'est le nombre parce que quand vous avez une communauté

20:00
Présentateur

En fait vous dites exactement la même chose qu'Éric Zemmour je ne comprends pas

20:06
Jordan Bardella

mais je ne finis pas sur le grand emplacement madame mais quand vous avez excusez-moi mais quand vous avez 45% des habitants de la Seine-Saint-Denis je crois que c'est la préfecture de Seine-Saint-Denis qui avait donné ce chiffre en 2016 qui sont de confession musulmane et bien ce terreau est aussi le terreau du développement de l'islam politique qui prend au piège et qui prend remprisonnier l'intégralité des musulmans.

Le meilleur service à rendre aux Français de confession musulmane qui respectent le loi et qui respectent nos valeurs c'est d'éradiquer l'islamisme et c'est de mener la guerre à l'islam politique et moi je regrette qu'on soit beaucoup plus faible à l'égard de l'islamisme que ne le sont certains pays musulmans eux-mêmes à l'égard de cette idéologie.

20:41
Présentateur

Jordan Bardella président du Rassemblement National merci d'avoir répondu à mes questions ce matin 8h53 sur RMC BFM TV