Dans l'Eure, la fermeture de l'usine Europhane - reportage #cdanslair 13.12.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00SabrinaFait
« J'ai de fortes chances d'avoir à nouveau un salaire un jour, mais beaucoup plus bas, même s'il n'était pas très haut. »
- 4:00AlexandreFait
« Des entreprises, il y en a beaucoup qui ferment et qui partent. Les charges sont trop chères. »
- 8:00S.Pierre-BrossoletteFait
« Un socialiste à la Cour des comptes dit qu'il y a beaucoup de dépenses inutiles qu'on peut couper intelligemment. »
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
- A.de Tarlé: F.Bayrou va devoir affronter un climat social tendu.
Les faillites et redressements judiciaires se multiplient en France. Nos équipes se sont rendues dans une usine qui s'apprête à fermer dans L'Eure. - Au pied de cette usine normande, les vestiges d'une bataille perdue.
L'entreprise Europhane va fermer dans un mois. Les 85 salariés vont tous être licenciés. La fin d'une tranche de vie pour cette femme, monteuse-câbleuse dans l'usine. - Le nombre de croix représente le nombre de familles en deuil de travail.
Je ne me serais jamais attendue à avoir une fermeture comme ça, du jour au lendemain. C'est dur de se dire que tout est fini. On a du mal à s'imaginer l'après.
Il faut tourner la page et on a du mal à s'imaginer...
Le plus dur pour moi va être de perdre mes collègues. C'est comme une 2e maison, une 2e famille. - A 39 ans, Sabrina est plongée dans l'incertitude et les angoisses.
A l'approche de Noël, son salaire est amputé par 3 semaines de grève et la perspective du chômage n'augure pas des jours meilleurs. - J'ai de fortes chances d'avoir à nouveau un salaire un jour, mais beaucoup plus bas, même s'il n'était pas très haut. Ouvrier en usine, on ne gagne pas des mille et des cents.
De savoir qu'on a une maison, un crédit immobilier, un crédit voiture...
On a la scolarité de nos enfants. A côté de ça, il faut manger. J'ai déjà dit, de colère à mon mari, "on va vendre la maison", parce que ça fait peur, la peur de s'engouffrer dans des dépenses qu'on ne pourra plus honorer.
On s'imagine le pire, dans ces situations. - Il va falloir faire un peu de route. Peut-être 30 minutes.
J'ai beaucoup de famille qui travaille en usine. Ma maman y a travaillé, mon oncle, j'ai un autre oncle, un autre oncle aussi...
Mine de rien, que ce soit pour ma femme ou pour ma famille, ça fait mal. - Le groupe pour lequel Sabrina travaille réalise plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires. - On va faire des pâtes.
Tu adores les pâtes. - Mais il a choisi de délocaliser sa production en Serbie et au Royaume-Uni. Rien d'étonnant pour Alexandre. - Des entreprises, il y en a beaucoup qui ferment et qui partent.
Les charges sont trop chères. Je suis indépendant, gérant d'une entreprise...
On a commencé à 2, on gagnait plus de sous qu'à 5. Quand on a des ouvriers, les charges, il faut les payer. - Dans ce contexte économique fragile, les grandes manoeuvres économiques de ces derniers jours ont du mal à passer. - Nous, à côté d'eux qui s'entre-battent dans leur côté politique...
Nous, à côté, on se bat avec pas grand-chose et pour avoir un minimum. Nous, les petits, on est oubliés. On est des petits citoyens au fond du trou qu'on n'a jamais pu aider. - Déçue par les politiques, Sabrina envisage de s'abstenir aux prochaines élections.
Son mari envisage de se tourner vers l'extrême droite et le RN. - A.de Tarlé: On voit la détresse de cette famille qui annonce la vente de la maison pour faire face aux difficultés.
F.Bayrou dit ce soir qu'il se fait un devoir sacré de s'attaquer au mur de verre entre les citoyens et le pouvoir. Ces gens ont l'impression qu'en haut, on ne réalise pas la détresse, la difficulté de vivre au quotidien. - J.Jaffré: Ce reportage nous ramène à la réalité, la réalité du pays, dans ce qu'elle a de plus difficile, de plus dur, parce que cette famille qui travaille et qui se heurte à ces problèmes...
Le sentiment que la politique ne peut rien pour elle, c'est certainement excessif, mais c'est leur façon de recevoir les choses. Mais ça se traduit par une idée d'abstention ou de vote pour les partis extrêmes. Ce sont 2 caractéristiques...
C'est là que la politique classique ne fonctionne plus. Ils peuvent voter pour des partis antisystème pour manifester leur colère. Le problème que nous avons dans le pays, c'est qu'il faut que les politiques, que F.Bayrou, dans ce gouvernement ou les autres qui viendront, arrive à régler un certain nombre de problèmes.
Le vrai risque est la crise sociale de type "gilets jaunes", que ça revienne sur une mesure mal comprise et que ça emporte beaucoup de choses avec encore plus de force que lors des "gilets jaunes" de 2018. On parlait tout à l'heure de la menace des marchés. Elle existe parce qu'elle étrangle la France sur le plan financier à sortir 60 milliards pour payer les emprunts... 70 demain.
Ce sont des sommes énormes qui pèsent plus lourd que le budget de l'Education nationale. Vous vous rendez compte de la situation où nous sommes. De l'autre, la menace et la situation incontrôlable qui emporte les institutions, le pouvoir démocratiquement élu et la démocratie française, à certains égards.
La réalité de la menace, c'est dans la souffrance de cette famille que vous la démontrez. - A.de Tarlé: Quand on voit ce sondage Elabe, 89 % des Français sont inquiets de la situation économique. 85 % sont inquiets de la situation de la dette. 82 % sur l'emploi.
L'emploi, c'est nouveau. F.Bayrou a dit qu'il n'ignorait rien de l'Himalaya qui se dressait devant nous. - C.Cornudet: Il avait de bonnes ondes, F.Bayrou.
C'est l'inverse de la Macronie. C'est le parcours d'un politique qui sait ce qui se passe sur le terrain. Il a été le relais des inquiétudes qu'il y a sur le terrain.
Les gens n'ont pas besoin de mots mais d'actes. Lui, ce n'est pas un technicien. Ce n'est pas quelqu'un qui jonglera avec le budget, qui trouvera des solutions au pouvoir d'achat qui changeront la vie des gens...
Peut-être, espérons-le, mais ça va être sa difficulté. On n'est pas dans la politique, mais dans le: comment fait-on pour améliorer le quotidien des gens? La donnée, c'est que la conjoncture économique s'est retournée.
Il va falloir trouver des vraies solutions pour les gens. - S.Pierre-Brossolette: Oui, mais il y a un risque que le débat se déporte sur le bilan de Macron et sa politique de l'offre.
La gauche dit que sa politique de l'offre était absurde. "Regardez la situation de la France aujourd'hui." Je ne suis pas spécialiste économique, mais pendant 7 ans, ça a à peu près tenu.
Il y a eu des difficultés mondiales sur certains secteurs et, ajoutées à la conjoncture post-covid, les faillites de certaines entreprises qui ont été empêchées...
Maintenant, tout déboule en même temps. Ca donne un effet catastrophique dans la vie des gens. Qu'est-ce qu'on peut faire concrètement?
Il va falloir être très courageux pour aider toutes ces personnes en difficulté. Il va falloir vraiment couper les dépenses inutiles. Même Moscovici le dit.
Un socialiste à la Cour des comptes dit qu'il y a beaucoup de dépenses inutiles qu'on peut couper intelligemment. Est-ce que F.Bayrou, adepte de la rigueur budgétaire, peut regarder ces rapports et demander peut-être à P.Moscovici de s'en occuper et trouver de l'argent qui était dans des dépenses inutiles pour les donner aux gens qui en ont besoin?
François Bayrou