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interviewC dans l'air· 22 février 2023 64 min

Présidentielle : Poutine télescope la campagne #cdanslair

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Comment se déclarer candidat à la présidentielle alors que l'Europe est au bord de la guerre en Ukraine avec des chars russes pointés sur Kiev ? Et pourtant, le compte à rebours est lancé. Emmanuel Macron n'a plus que 9 jours pour se déclarer. Alors question, Vladimir Poutine va-t-il rebattre les cartes de cette élection présidentielle ? Alors qu'Éric Zemmour, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne cachent pas leur sympathie pour le maître du Kremlin. Une élection également parasitée par le psychodrame des parrainages, au point que Marine Le Pen a suspendu hier sa campagne pour s'y consacrer à 100%.

C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air, intitulé ce soir « Présidentiel, Poutine télescope la campagne ». Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Dominique Reynier. Vous êtes directeur général de la Fondapol, c'est la Fondation pour l'innovation politique. Et je rappelle cette étude réalisée avec la Fondapol, intitulée « 2022, le risque populiste en France sur la droitisation du pays ». Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste politique, directeur de la rédaction de Franc-Tireur. Pauline de Saint-Rémy, vous êtes journaliste politique pour Politico Europe. Et enfin, Brice Tinturier, directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos.

Merci de participer à cette émission en direct. Christophe Barbier, on est à J-9 là, avant le dépôt des signatures. Ce sera vendredi en 8. Est-ce que ça devient compliqué maintenant pour Emmanuel Macron de choisir le moment où il va se déclarer à cette élection présidentielle ? C'est compliqué parce qu'il avait lui-même indexé cette déclaration sur deux crises qu'il s'agissait de traverser. La crise épidémique, elle est véritablement en train de se calmer. Les mesures sanitaires se lèvent les unes après les autres. Et puis la crise ukrainienne, et celle-là, elle est plutôt en train de s'aggraver.

Le président espérait pouvoir assurer le suivi diplomatique, organiser ce sommet Biden-Poutine et dire entre deux moments de détente diplomatique, bon, j'ai sauvé la paix, au fait, je suis candidat. Ce n'est pas du tout le scénario qui va se passer. Il va devoir se déclarer candidat alors que la partie diplomatique a été un échec. L'opinion pour l'instant ne lui emporte pas trop de crédit, de débit parce qu'il a fait tout ce qu'il a pu. Mais enfin, c'est quand même un échec. Il va devoir quand même dire qu'il est candidat. Juridiquement parlant, il pourrait presque s'en passer.

Le Conseil constitutionnel, dans neuf jours, peut dire, voilà, Emmanuel Macron a le nombre de parrainages nécessaires. Il est, c'est le terme juridique, présenté par un nombre d'élus suffisant. Donc il est juridiquement candidat. Il pourrait s'y opposer s'il ne le dit pas, s'il ne le fait pas, c'est qu'il est candidat. Néanmoins, politiquement, c'est très difficile de ne pas avoir la petite phrase rituelle et de dire aux Français, oui, je souhaite continuer mon action. Il va devoir trouver donc, d'ici le 4 mars, le moment pour le faire. On a une petite idée sur le modèle de la façon. L'Élysée voudrait vraiment neutraliser le salon de l'agriculture, où le président se rendra samedi.

Difficile de le faire un dimanche, à moins d'un rendez-vous médiatique improvisé. En revanche, on va tous scruter les déplacements du président en tout début de semaine prochaine. Ce qui est à peu près acquis, c'est que la machine électorale est prête. Premier meeting le 5 mars. Et à ce moment-là, on déroulera le plan de campagne du président. Il aura du mal à faire l'économie d'une simple déclaration. Néanmoins, ce président qui fait la course en tête depuis le début dans les sondages se retrouve dans la position favorable qu'occupait François Mitterrand en 1988. Un président qui domine plutôt la mêlée et qui n'a pas besoin de mettre de la solennité dans sa déclaration.

Le président de la République, François Mitterrand, avait attendu très tard et s'était contenté d'une brève interview télévisée. Emmanuel Macron peut faire aussi simple, aussi tardif et finalement essayer d'installer l'idée non d'une réélection mais d'une reconduction du président. Avec comme argument, certes l'Ukraine n'est pas réussi à faire la paix mais ce n'est pas dans la guerre ou dans une ambiance de guerre qu'on doit changer de général. Brice Tinturier, est-ce que véritablement ces bruits de bottes en Ukraine viennent percuter cette entrée en campagne d'Emmanuel Macron ?

Est-ce que les Français suivent de près, s'intéressent et qualifient cette attitude d'Emmanuel Macron dans ce conflit en Ukraine ?

4:10
Valérie Pécresse

Je crois qu'il y a deux choses. D'abord que les Français sont inquiets par ce qui se passe en Ukraine. La réponse est oui. Ensuite, vous pouvez prendre ce sujet de deux façons. Soit en considérant que c'est un sujet de politique étrangère et du coup rappeler que les Français sont rarement extrêmement sensibles, que le pouvoir d'achat, c'est ça leur véritable préoccupation. Je ne crois pas du tout qu'il faille faire ce raisonnement. Soit considérer que c'est une crise. Et que ce que les Français voient, c'est plutôt une nouvelle crise après la crise pandémique. Et à ce moment-là, c'est la deuxième attente des Français à l'égard de ce que doit être et incarner un président de la République.

Ils nous disent un bon président de la République, on vient de faire une enquête pour France Inter sur le modèle de leadership présidentiel, c'est quelqu'un qui doit savoir écouter les Français. Et juste après, vous savez, c'est quelqu'un qui doit savoir faire face à des crises graves. Et du coup, cette crise, je pense que c'est une crise grave. Et elle permet aussi, à mon avis, à Emmanuel Macron de renforcer cette dimension, de renforcer sa présidentialité. Je ne pense pas que les Français, mais on le verra dans les jours qui viennent, vont surtout retenir son impuissance face à Poutine.

Je crois qu'ils ont bien compris que, certes, Valéry-Mère Poutine avait probablement roulé dans la farine en partie Emmanuel Macron, mais qu'au moins celui-ci avait essayé de faire un certain nombre de choses. Et encore une fois, l'image la plus fondamentale, c'est que c'est une crise grave, c'est une crise inquiétante, et à ce moment-là, ça renforce la présidentialité. Dernier point, 60% des Français aujourd'hui nous disent qu'Emmanuel Macron a la stature présidentielle. Celle qui vient juste derrière, c'est Valéry Pécresse, avec 38%. Donc vous avez un écart très fort. Et quand on est en temps de crise, je pense que ça accentue cette dimension, accentue cette focale.

Donc oui, il y a un échec de la diplomatie, vous l'avez dit. Mais c'est un échec, je pense, qui devient plus relatif par rapport à cette impression dominante. La crise est grave, les Français sont inquiets, en réalité. Les bruits de bottes aux portes de Kiev et de l'Europe, c'est pas si loin. Et du coup, ça transforme quand même la donne présidentielle. Évidemment, ça joue sur la déclaration de candidature, enfin sur tous les autres, j'allais dire, problèmes non pas subalternes, mais qui sont quand même de moindre importance. Les Français savent bien qu'Emmanuel Macron va être candidat. Donc savoir s'il va le faire avec un oui à la France militaire entre 88. Je le crois.

Bon, je ne vais pas dire que c'est secondaire, c'est très important. Mais c'est quand même secondaire par rapport à l'intensité de la crise ukrainienne.

6:28
Présentateur

Justement, Dominique Rénier, ça rappelle qu'on va élire celui qui est le chef des armées. Ça montre la dimension régalienne de cette stature du président de la République. De ce point de vue, est-ce que ce n'est pas anodin ce qui se passe par rapport à l'image d'Emmanuel Macron ? Non, non, c'est tout d'un coup dans une campagne qui ne démarrait pas, où on avait parfois des débats qui n'étaient pas du niveau d'une élection présidentielle.

Il y a un rappel brutal par la réalité historique contemporaine de ce que c'est que cette fonction, de ce à quoi on peut être confronté, dans un contexte historique que les Français ressentent comme étant particulièrement préoccupant, parce qu'on sent bien que l'Occident est défié et que les temps ont changé. Et d'une certaine manière, il est clair que nous allons désormais être testés de façon de plus en plus offensive, agressive, par des pays qui ont envie de renégocier la distribution des ressources et du pouvoir à leur avantage. On a déjà vécu ça avec la Turquie, avec quand même des comportements extrêmement agressifs en Méditerranée, la Chypre, la Grèce, mais aussi la France.

On voit bien que la Chine, qui demande aujourd'hui à tous ces médias de ne rien dire contre Poutine et de ne rien dire de favorable aux Occidentaux, que la Chine est dans une logique de spectateur intéressé à la déculottée des Occidentaux. Et Poutine, qui manifestement ne peut pas entendre quoi que ce soit, on va voir la situation. Ce que je trouve, moi, c'est un poste qui va être ça, d'ailleurs qui est désormais comme ça, que ce soit une crise intérieure, type gilet jaune ou une crise pandémique grave, une crise militaire, une crise financière, demain, de grande ampleur, possiblement, etc. C'est un poste où on ne fera que gérer des crises.

Le problème ici, il faut peut-être ajouter ce point par rapport à ce qui a été dit, on ne sait pas, je parle de la Russie et de l'Ukraine, de quelle crise il s'agit. C'est encore trop tôt. C'est-à-dire que nous n'avons pas encore eu les opérations militaires. Peut-être n'aurons-nous pas les opérations militaires. Si nous avons des opérations militaires russes, Si la Russe envahit l'Ukraine et va jusqu'à Kiev, et bombarde, et les images d'Ukrainien tués sous les bombes dans la campagne électorale, ça devient malgré tout compliqué. Parce qu'on ne peut pas dire que c'est secondaire. Je comprenais tout à fait le propos que tenait Président Turier, j'approuvais ce qu'il disait.

Mais à un moment donné, ça devient extrêmement étrange. Et là, pour le coup, je termine là-dessus, mais on pourrait avoir un résultat qui serait... Là, je pense à la présidentielle. On se dit comment penser à la présidentielle quand il y a des risques de guerre. Mais il faut quand même que la démocratie fonctionne et que nous ayons un chef d'État réélu ou élu. Eh bien là, on pourrait quand même avoir une pression supplémentaire sur cette campagne qui conduirait à une élection, ici l'hypothèse de la reconduction du sortant, une élection qui se serait déroulée sans avoir vraiment eu lieu, sans donner lieu à un véritable débat.

Ce qui, évidemment, n'empêcherait pas la proclamation d'un résultat, la désignation d'un président, ici recondue dans cette hypothèse, mais ouvrirait ensuite sur une relation très tendue avec le pays. Parce que là-dessus, comment fonder des politiques de réforme ? Comment faire face aux défis, notamment financiers ? Là, ça sera compliqué, bien sûr. Pauline de Saint-Rémy, comment l'action d'Emmanuel Macron a-t-elle été jugée à Bruxelles ? Parce qu'en France, on était très fiers de voir qu'Emmanuel Macron avait annoncé dimanche soir qu'il avait réussi à organiser le sommet de la paix entre Biden et Poutine. Et puis finalement, patatras, Vladimir Poutine a envahi le Donbass.

Donc on s'est dit, tiens, il ne s'est pas fait respecter. Et à Bruxelles, comment a-t-on vu cette action d'Emmanuel Macron ?

10:06
Invité

D'abord, moi qui bosse pour un média européen, j'ai pu observer de près que les journalistes, notamment qui travaillent pour des pays européens alliés, portent un regard beaucoup plus dur sur l'action d'Emmanuel Macron que nous, nous le faisons. Ils étaient déjà très sceptiques lorsque Emmanuel Macron est allé à Moscou, beaucoup plus que nous ne l'étions en France. Dès le départ, ils étaient nombreux à ne pas croire du tout à l'efficacité de cette initiative. Alors, il y a en plus cette idée toujours assez présente quand même qu'Emmanuel Macron serait un chef de l'État arrogant, trop sûr de sa capacité à influer sur ce conflit. Et là, effectivement, ils se sentent confortés dans cette idée.

Il y a eu un communiqué, j'allais dire, un petit peu triomphant, c'est excessif, mais de l'Élysée vers 1h45 du matin pour dire que Vladimir Poutine d'un côté et Joe Biden de l'autre étaient prêts à participer à un sommet dès le lendemain matin. On a compris que ce ne serait absolument pas le cas. Alors, bien sûr, l'Élysée se défend en expliquant que Vladimir Poutine n'a pas tenu sa promesse, sa parole. Du côté de mes collègues bruxellois et étrangers, on est beaucoup à dire, oui, enfin, il a été…

11:20
Présentateur

C'est typique des Français que de se croire encore…

11:22
Invité

– Et puis Emmanuel Macron a été naïf, ce qui est d'ailleurs ce que disent certains de ses opposants, pour le coup, dans la campagne, notamment Valérie Pécresse.

11:29
Présentateur

– Si je peux, je peux vous foutre un mot ? – Oui, c'est quand même… – Ça va être le sujet de l'émission, mais… – Oui, non, là-dessus, c'est quand même étonnant, parce que c'est sur les commentaires des Européens, on pourrait rappeler que c'est typique de la France d'avoir un budget militaire. – D'accord. – De faire des efforts en matière d'armement. Nous sommes les seuls à le faire sur l'Europe continentale. Et que c'est assez curieux de dire après, il y a de l'arrogance, les Français pensent avoir de l'influence, c'est les seuls qui tentent d'en avoir en tout cas, parce que si vous regardez à l'entour, il n'y a personne. Vous avez des polices à l'intérieur et puis c'est tout.

– Alors, pas encore candidat, mais déjà annoncé en meeting, la crise en Ukraine perturbe la campagne, l'entrée en campagne d'Emmanuel Macron. Et pas seulement au niveau du calendrier, ses efforts diplomatiques avec la Russie et le potentiel impact sur l'économie se retrouvent également sous le feu des critiques. Pas sûr pour autant que cela profite à ses adversaires. Sujet de Mathieu Lignot et Nicolas Baudry-Dasson.

12:23
Valérie Pécresse

À cet instant, Emmanuel Macron espère encore pouvoir sauver la paix. Une victoire diplomatique bienvenue avant son entrée en campagne.

12:32
Présentateur

Mais dix jours plus tard, l'Ukraine est au bord du chaos. Alors c'est au président que les députés demandent des comptes.

12:39
Invité

– Merci monsieur le président, monsieur le Premier ministre. – Si on ne peut pas reprocher au président de la République d'avoir fait des efforts de médiation, le moindre des constats et que Vladimir Poutine l'a berné.

12:49
Présentateur

– Le moment viendra de faire le bilan de la diplomatie française en Australie, au Liban, au Sahel et en Ukraine. – J'entends les accusations portées contre le président Macron, mais que l'auteur des faits qui sème le trouble, qui porte atteinte à la paix dans le monde et à l'intégrité d'un État, s'appelle monsieur Poutine. Alors, de grâce, je pense que nous devons plutôt être soudés et rassemblés, soudés et rassemblés dans cet objectif, plutôt que de chercher à en tirer des profits politiciens intérieurs. – Mais voilà, les candidats à la présidentielle de tous bords ne se privent pas. – Manifestation hier devant l'ambassade russe, avec des figures de la gauche.

13:33
Invité

– Je pense qu'Emmanuel Macron a sous-estimé l'agressivité, la brutalité et les velléités guerrières de Vladimir Poutine.

13:46
Présentateur

– Autre stratégie aujourd'hui, Valérie Pécresse rend visite à l'ambassadeur ukrainien.

13:52
Invité

– Le président de la République ne veut pas être blâmable parce qu'il a dialogué, mais ce dialogue, il doit être fait sans aucune naïveté. Et aujourd'hui, on doit condamner absolument fermement et mettre en place des sanctions qui soient des sanctions vraiment puissantes pour éviter l'escalade de ce conflit. Et dire à Vladimir Poutine, maintenant c'est stop.

14:14
Valérie Pécresse

– La candidate Les Républicains est en perte de vitesse et recule dans les sondages. Dans cette étude parue aujourd'hui, elle perd 2,5 points à 11,5%

14:26
Présentateur

derrière Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Éric Zemmour, presque à jeu égal avec Jean-Luc Mélenchon. Le candidat France Insoumise semble avoir mis de l'eau dans son vin dans cette crise ukrainienne.

14:38
Valérie Pécresse

Parfois accusé de complaisance avec Poutine, il condamne l'invasion pilotée par le Kremlin.

14:43
Invité

– Pour un Français, il ne peut pas être possible d'accepter que les frontières soient remuées par la force. Voilà. Parce que, évidemment, nous sommes un peuple souverain, nous avons l'intention de le renouveler et nous ne voulons laisser le goût à personne de franchir les frontières sans l'accord des gens. Toucher à la carte, toucher aux frontières, c'est créer un risque de guerre généralisée, comme celle qu'on a déjà connue dans le passé.

15:13
Présentateur

– Du côté de l'extrême droite, on regrette la reconnaissance des régions du Donbass par la Russie.

15:18
Valérie Pécresse

Mais Marine Le Pen et Éric Zemmour ne veulent pas de sanctions économiques contre le régime de Vladimir Poutine.

15:23
Présentateur

– J'estime que ces sanctions vont non seulement à l'encontre de nos intérêts économiques et qu'elles sont en plus inefficaces.

15:33
Invité

– S'il s'agit juste de se donner bonne conscience en disant « Regardez, comme nous sommes solides, nous avons mis en œuvre des sanctions, bon, qu'ils le fassent, mais quelle efficacité ! » On sait très bien que les sanctions ne sont pas efficaces.

15:49
Présentateur

– Quelles seront les conséquences de ces sanctions économiques en France ? Inquiétude sur le prix du gaz ou du blé ? Alors le gouvernement veut rassurer. – Il y a quelques entreprises, notamment dans les domaines énergétiques, qui peuvent avoir des difficultés. – Il peut y avoir des PME, des sous-traitants, plutôt que Total, c'est surtout les PME et les sous-traitants qui m'inquiètent. Donc nous les recevrons également pour voir comment les accompagner. Mais je le redis, l'impact sur l'économie française, les conséquences économiques seront limitées. – La crise est internationale, mais cette question de pouvoir d'achat est cruciale en période électorale.

16:23
Valérie Pécresse

Emmanuel Macron devra y répondre. Son premier meeting est prévu pour le 5 mars. Le président va donc déclarer sa candidature dans les prochains jours.

16:34
Présentateur

– Christophe Barbier, on voit bien que ce sommet de la paix qu'avait annoncé Emmanuel Macron dimanche soir, il n'aura pas lieu, et pour cause. Et il avait même publié, on va voir la photo, Emmanuel Macron, une photo de lui en pleine nuit, parasé, etc. Est-ce qu'il a communiqué un peu vite sur le président à la manœuvre pour sauver la paix en Europe ? – Il a communiqué trop vite et trop fort, dans la lignée d'ailleurs de ce communiqué un peu triomphant, grâce à la France, il y aura un sommet Biden-Poutine. Les événements ont joué contre lui, il a parié, il a perdu.

Ces images d'un président, parasé, qui passe ses nuits et ses jours, le week-end, à essayer de gérer le conflit russo-ukrainien, ça n'est positif, ça ne marche en communication politique que si l'issue est heureuse. Comme l'issue n'est pas heureuse, ça se retourne un peu contre lui en donnant l'impression, au moins, de grosses ficelles de communication, avec en plus l'usage du noir et blanc pour dramatiser un peu plus, c'est un peu ridicule, au pire, une vraie volonté d'instrumentaliser ce conflit à des fins de politique intérieure, à des fins de présidentialisation suprême du futur candidat. – Alors, question téléspectateur maintenant, de Nathalie Angironde.

François Fillon peut-il être un caillou dans la chaussure de Valérie Pécresse ? Alors là, Dominique Régnier, il faut nous décrypter, parce que François Fillon, qui était l'ancien candidat LR en 2017, est aujourd'hui au conseil d'administration d'un pétrolier russe. Donc c'est vrai qu'il peut paraître comme ayant basculé, il montre que LR, parfois, peut être de connivence avec le pouvoir du Kremlin. – Oui, c'est devenu un problème dans nos démocraties, d'ailleurs, d'une manière générale.

Les anciens premiers ministres ou ministres importants travaillent pour des entreprises qui servent les intérêts d'un autre État que celui de la France, d'un autre État qu'un des États européens, et même souvent, c'est le cas pour la Russie, d'un État qui est dans une situation souvent hostile à nos intérêts nationaux. D'autres travaillent pour d'autres entreprises dans d'autres pays. Gerard Schröder est aussi un salarié de Poutine, on le sait. En plus, Gerard Schröder, c'est celui qui a négocié l'accord qui permet l'importation du gaz et la construction de Gazprom. Donc on a cette question qui est extrêmement problématique aujourd'hui.

Que vont faire les premiers ministres d'un pays comme la France ou comme un pays européen dans les entreprises d'une puissance comme la Russie ? C'est une ambiguïté qu'il faut lever, ça n'est pas sain, et ça crée en effet une sorte de suspicion sur ces engagements-là. – Pauline de Saint-Rémy, c'est vrai que ça ne fait pas plus scandale que ça de voir que l'ancien chancelier allemand Gerard Schröder est au conseil d'administration du gazier russe qui nous vend 40% du gaz. Il est clairement du côté de Poutine, lui.

19:16
Invité

– Pour répondre juste à la question de la téléspectatrice, Valérie Pécresse a été interrogée sur ce sujet hier matin sur France Inter. Elle a été d'une part extrêmement embarrassée, elle n'a pas vraiment répondu sur le fond du sujet. Un de ses arguments, c'était de dire, il y a bien des Français qui travaillent en Russie, comme si on pouvait comparer n'importe quel Français avec un ancien Premier ministre,

19:34
Présentateur

qui évidemment… – Oui, parce qu'on achète son réseau.

19:36
Invité

– Évidemment. Et d'autre part, elle a essayé en quelque sorte d'entraîner Emmanuel Macron dans sa galère, en racontant à l'antenne ce qui était vrai, que François Fillon avait lui-même contacté Emmanuel Macron, parce que Clément Beaune, le secrétaire d'État aux Affaires européennes, avait sommé Valérie Pécresse de clarifier son avis sur cette question. François Fillon s'en est plaint auprès d'Emmanuel Macron, et Valérie Pécresse a prétendu en quelque sorte qu'Emmanuel Macron avait pris parti pour Fillon, recadré Clément Beaune, ce qui n'est pas vrai, à ma connaissance, ce que l'Élysée a démenti par la suite.

Mais on voit bien qu'il y a un véritable embarras du côté de Valérie Pécresse et de la droite.

20:09
Présentateur

– Et à Bruxelles, le fait que Gerhard Schröder travaille pour Gazprom, c'est parfaitement accepté ou ça fait quand même un peu jaser ?

20:16
Invité

– Je ne sais pas si ça fait autant jaser que la question de François Fillon ce jour-ci, je doute que ce soit parfaitement accepté quand même.

20:22
Présentateur

– Il faut rappeler que Gerhard Schröder, en tant que chancelier, a négocié cet accord avec la Russie, entre l'Allemagne et la Russie, dont il est aujourd'hui un salarié. – Alors, Brice Tinturier, la position LR, parce qu'LR, pour le coup, elle a été droite dans ses bottes, Valérie Pécresse. Elle a dit, il faut dire à Vladimir Poutine, maintenant c'est stop.

20:42
Valérie Pécresse

– Mais c'est ce que j'allais rappeler, c'est que la position du candidat Fillon, quand il était candidat à l'élection présidentielle vis-à-vis de la Russie, avait déjà été de nier l'intérêt et l'impact de mesures économiques de rétorsion. Donc d'une certaine manière, Valérie Pécresse, elle répond très clairement sur la ligne. Et ce n'est pas la ligne Fillon. Elle est dans quelque chose de plus embarrassée, ça je vous… – Pour le cas Fillon. – On le voit très bien, pour le cas Fillon.

– Mais quand elle dit, il faut maintenant des sanctions, et des sanctions extrêmement fortes, c'est à l'opposé de ce que préconisait François Fillon, mais y compris avant de travailler directement pour des oligarques en Russie. – Il était plus Poutine-compatible. – Il était bien plus Poutine-compatible, et il y a à droite toute une partie de la droite française qui considère qu'il y a à prendre dans le modèle poutinien, que l'intérêt de la France est d'avoir une forme d'indépendance supposée entre l'OTAN et la Russie, et qui donc, je crois, se trompe sur la clarté de qui est ici, et dans l'occurrence, qui est celui qui est l'agresseur.

Et si vous posez la question en ces termes, l'agresseur c'est évidemment Vladimir Poutine. Et donc la droite se heurte aussi à des clivages internes autour du rapport à la Russie, mais depuis longtemps, et du rapport à Vladimir Poutine.

21:54
Présentateur

– Alors, est-ce que ça n'embarrasse pas pour le coup, Christophe Barbier, Éric Zemmour et Marine Le Pen, qui trouvent que Vladimir Poutine, par certains aspects, il est courageux et qu'il a bien raison de mener son pays de la façon dont il procède ? – Éric Zemmour et Marine Le Pen sont clairement du côté de Poutine, même si Marine Le Pen, dans cette dernière crise, a pris ses distances. Pour des raisons différentes, chez Éric Zemmour, c'est 100% idéologique.

Le modèle autocratique poutinien, la contestation du droit de l'homisme, de l'état de droit, la faiblesse occidentale et des démocraties, tout cela, ce sont des arguments intellectuels d'Éric Zemmour qui le font porter au pinacle Vladimir Poutine. Sur un autre dossier périphérique, la Syrie, Éric Zemmour a eu, comme polémiste à l'époque, des propos très pro-Bachar el-Assad dans sa lutte contre les islamistes, au sens de Zemmour, et donc de Poutine qui soutenait Bachar. Donc là, il y a une véritable adhésion idéologique.

Chez Marine Le Pen, c'est un mélange un peu plus complexe puisqu'il y a d'un côté la filiation, Jean-Marie Le Pen, qui a toujours eu avec la Russie aussi ce rapport d'amitié virile, il s'était affiché avec le général Lebed, il s'était affiché avec les gens les plus à droite du paysage politique russe. Et Marine Le Pen a aussi un lien économique, si j'ose dire, puisqu'elle a fait un prêt en 2014 auprès d'une banque russe. Elle n'a pas pu le rembourser, elle a dû le renégocier. Négociation qui a été avalisée par le Kremlin et qui l'emmène jusqu'à des remboursements en 2028. Pour cette présidentielle, c'est auprès d'une banque hongroise qu'elle a obtenu un prêt.

Sans qu'on sache trop si Viktor Orban a demandé un feu vert à Moscou et si cette banque est le fauné d'un financement qui resterait un financement d'obédience russe, ne lui faisons pas ce faux procès, mais on constate que dans un rassemblement récent de nationalistes européens, elle n'a pas voulu apparemment paraffer des passages d'un texte qui était très sévère contre les actions militaires russes. Donc elle continue tout de même, malgré en ce moment une prise de distance, elle continue à être dans un rapport amical avec la Russie. Donc les extrêmes droites se ressemblent de ce côté-là pour des raisons diverses. Retrouve Mélenchon, qui est sur une ligne aussi pro-russe comparable.

D'ailleurs en avril 2019, il y a un forum qui s'est tenu à Yalta où on retrouvait Marion Maréchal, aujourd'hui assez proche de Zemmour, Thierry Mariani, XLR, passé chez Marine Le Pen, et Kotarak, un élu à l'époque de la France insoumise qui s'apprêtait à passer au Rassemblement national pour les élections. Donc vous voyez, il y a une véritable convergence des extrêmes autour du dossier russe. Mais ça grignote au CLR, puisque vous avez ce matin Bruno Retailleau qui dit que les sanctions économiques ne marchent pas, c'est inutile. Vous avez Igor Mitrofanov, ancien collaborateur de François Fillon, plume de Valérie Pécresse. Vous avez Patrick Caram, conseiller de Valérie Pécresse.

Nadine Morano, qui se vante au Parlement européen de bloquer, quand elle le peut, des initiatives trop anti-russes. Peut-être que Pauline a plus d'éléments que moi là-dessus. Donc il y a une véritable frange, non pas pro-Poutine, mais non anti-russe du côté des LR. Dominique Reynier, est-ce qu'il y a toute une partie du personnel politique qui au fond est assez russophile, ne veut pas trop critiquer Vladimir Poutine, et qui est assez embarrassé finalement par ce coup de force en Ukraine, parce qu'il est quand même indéfendable ? – Je le crois, je le crois.

Et d'ailleurs, les candidats qui se risquent, comme on l'a vu dans votre reportage, à soutenir que les sanctions ne sont pas une solution, alors même que s'il n'y a pas les sanctions, c'est les armes, puisqu'on a beaucoup discuté, on voit bien que ça ne marche pas. Si ça veut dire qu'il faut y aller, ce qui n'est pas la conséquence qu'ils défendent eux-mêmes, en gros c'est ne rien faire, c'est la loi du plus fort. Je pense que s'il y a une opération militaire avec des morts, avec des dégâts, je pense que leur sort sera scellé dans la campagne présidentielle. Ils vont aller au fond. C'est une aventure de dire ce que l'on a entendu, compte tenu de ce que fait en ce moment Vladimir Poutine.

Il faut avoir le cœur bien accroché, parce que si jamais la crise devient une guerre, ce à quoi on va assister amènera les journalistes attendre le micro à Éric Zemmour, à Marine Le Pen en particulier, puisque là-dessus ils ont été très aventureux. Alors est-ce que c'est toujours votre tasse de thé ? Est-ce que vous trouvez là votre compte ? Je pense que dans l'esprit de beaucoup de Français, ça apparaîtra comme quelque chose d'inacceptable. Ça témoigne quand même, je trouve moi, de l'amateurisme impressionnant. Ou bien on ne compte pas avoir des chances dans cette élection, ou bien on ne sait rien du tout de ce que peut être la réussite de Poutine.

Enfin, c'est quelque chose de très étrange, qui les fragilise à tout point de vue, même s'il n'y a pas de passage à la violence, ils sont dans une situation aujourd'hui de grande infériorité. Mais Pauline de Saint-Rémy, même Emmanuel Macron, au début de son mandat, avait fait les honneurs à Vladimir Poutine, qu'il avait même fait visiter Versailles. Est-ce qu'au fond, vu de Bruxelles, là encore, on a un personnel politique français, qui, peut-être c'est la tradition historique, mais est assez russophile, ce qui peut semer de l'incompréhension ?

26:40
Invité

– En fait, ils sont surpris. Ne serait-ce que quand Valérie Pécresse, sur ce plateau, a parlé russe, et que la vidéo est tout de suite devenue un petit peu virale, elle n'avait rien dit de catastrophique. Mais moi, j'ai des collègues à Bruxelles qui m'ont demandé si c'était une fake news. Rien que ça, culturellement, c'est quelque chose qui leur paraissait parfaitement impensable, et qui, du point de vue français, ne choque pas tellement. On a toujours eu, effectivement, à droite, il y a cette culture un peu héritée du général de Gaulle, qui consiste à être assez méfiant vis-à-vis de l'OTAN, des États-Unis, etc. Donc ça ne choque personne.

À Bruxelles, on a effectivement un point de vue très différent. Je voulais rappeler aussi par rapport à… – Plus atlantiste. – Oui, ce que disait Dominique Régnier. Éric Zemmour, par exemple, il y a encore quelques jours, et là aussi la vidéo tournée pas mal cet après-midi sur les réseaux sociaux, affirmait qu'il n'y aurait pas d'invasion russe, qu'on était sur un bluff complet. Évidemment, ce genre de choses risque de leur revenir dans la figure dans les jours qui viennent.

27:34
Présentateur

– On peut rappeler que la France est russophile depuis le XIXe siècle, et qu'on peut être russophile sans être poutiniste. Je ne sais pas comment on dit ça.

27:42
Valérie Pécresse

– C'est pour ça, me semble-t-il, que la position consistant à dire « finalement, la diplomatie n'aurait pas dû essayer de jouer parce qu'elle aboutit à un échec, donc critique des efforts d'Emmanuel Macron, où les sanctions ne servent à rien », eh bien à ce moment-là, ça aboutit à la conclusion, donc il ne faut rien faire. Et quand vous avez une menace… – On peut essayer d'échouer, c'est ce que vous voulez dire. – Bien sûr, et je crois que fondamentalement, je ne sais pas très bien si la lecture des Français, ce qu'ils retiendront, ce sera plutôt l'échec d'Emmanuel Macron, ou plutôt la volonté d'avoir tout fait pour éviter une escalade.

Mais en revanche, si on ne rentre pas dans l'idée que par la voie diplomatique ou par la voie des sanctions, on agit, eh bien la question qu'il faut se poser, c'est qu'est-ce qu'on fait alors ? On laisse faire, et si on laisse faire une agression aux portes de l'Europe, c'est quand même assez lourd de conséquences. Derrière ça, la vraie question, c'est quel est l'intérêt de la France ? Est-ce que l'intérêt de la France, c'est véritablement de laisser faire sans rien manifester, sans sanctions, sans efforts diplomatiques ? Moi, je ne crois pas que les Français auront cette lecture. On va le voir dans les jours à venir, mais je ne le pense pas.

Et ce qu'on mesure aussi, je crois, dans cette affaire, c'est quand même une trace laissée par le gaullisme et par l'idée qu'il faut être indépendant entre l'OTAN et les Américains, et entre la Russie, sauf que de Gaulle, dans ce type de crise, ne disait absolument pas qu'il ne fallait rien faire ou qu'il fallait se désolidariser de l'OTAN ou des Américains. Donc là, il y a un contresens. C'est en danger côté américain. Absolument. Bien sûr. Dans ces crises, que ce soit 62 ou d'autres crises, il n'y avait absolument aucune ambiguïté.

Donc là, on paye aussi une espèce de mythologie, mais mal comprise, d'une France qui devrait être équidistante de ce qui se passe entre les États-Unis d'un côté et la Russie de l'autre. Mais ce n'est pas ça le problème. C'est entre là un pays qui agresse un autre pays et qui le fait aux portes de l'Europe.

29:29
Présentateur

Christophe Barbier, juste pour revenir, du coup, Emmanuel Macron a essayé, il a échoué dans sa tentative d'organiser ce sommet de la paix. En attendant, on est à J-9 avant le dépôt des signatures. Au fond, est-ce que c'est embêtant pour Emmanuel Macron que de retarder son entrée en campagne ? Il est toujours en tête dans les sondages. Il s'occupe des affaires du monde. Est-ce qu'il n'a pas tout à risquer à descendre dans l'arène de la présidentielle ? Il n'y échappera pas à descendre dans l'arène. À partir du 4 mars, s'ouvre la campagne officielle. Il aura à répondre à des questions très simples.

Accepte-t-il de débattre avant le premier tour avec l'ensemble de ses contradicteurs, de ses concurrents ou pas ? Il peut jouer le président au-dessus de la mêlée qui n'a pas envie d'être la cible de tous ses opposants. Ça va être difficile d'expliquer aux Français qu'on se défausse, qu'on escamote comme ça le débat. C'est donc assez périlleux pour lui. Il n'échappera pas à l'arène politique. Il a simplement le choix du moment où il peut descendre dans cette arène. Le plus tard, le mieux pour lui, tout le monde l'a compris. La pression des Français, on le voit dans les sondages, est quand même de plus en plus forte.

De plus en plus de Français considèrent que ça a assez duré, cette vraie fausse candidature, parce que personne n'a de doute sur l'issue finale. Donc la mise en scène du moment où il dira « je suis candidat » en devient plus périlleuse à chaque fois. C'était très facile début janvier, alors qu'on était dans la reprise de la crise sanitaire, de dire « écoutez, oui, je serai candidat, mais je m'occupe des affaires plus graves ». Ça devient plus délicat, il ne faut surtout pas rater cette entrée en matière. Il y a deux manières de le faire. Il y a la manière émetteur. Un tweet, un communiqué, un fax, comme il y en a les jospins, c'est un peu passé de mode.

Bref, c'est l'Élysée qui annonce, urbi et orbi, qu'Emmanuel Macron est candidat à second mandat. Ça serait, à mon avis, renforcer l'image de Jupiter un peu arrogant. L'autre solution, c'est d'être interpellé, de la manière la plus démocratique possible, et de répondre sincèrement « oui » à la question « êtes-vous candidat ». Ça peut se faire par les médias, instruments de la démocratie quand même respectables. Ça peut se faire aussi sur le terrain. C'est pour ça que moi, je pensais que c'était bon pour lui d'aller… Le salon de l'agriculture me semblait être le bon moment.

C'était de dire à quelqu'un venu de cette France rurale, cette France agricole, en toute authenticité, « êtes-vous candidat, M. le Président ? » Eh bien oui. Et là, évidemment, non seulement le succès a été assuré, mais en plus, je pense que c'était montré que le peuple peut interpeller le Président. Or, c'est un peu ce qu'on lui reproche de ne pas être à l'écoute depuis longtemps. Apparemment, l'Élysée n'en veut pas, parce que rentrer Président au salon, en sortir candidat, ce n'est pas forcément très simple à gérer. Ce qui est incroyable, c'est qu'il y a déjà une salle qui est réservée pour le premier meeting d'Emmanuel Macron, samedi 5 mars. Donc, faux suspense.

31:58
Valérie Pécresse

Samedi 5 mars, à Marseille. Il y a très peu d'authenticité dans ces questions-là. Il y a une question de communication, de positionnement, etc. Mais encore une fois, moi, ce qui me semble fondamental, c'est bien sûr un peu la déclaration de candidature, la forme qu'elle va prendre.

Mais c'est surtout de savoir s'il y aura des débats avant le premier tour qui permettront aux Français de confronter les projets, les personnalités, et du coup d'éviter ce que Dominique Reynier pointait à l'instant, d'éviter une candidature présidentielle et une élection présidentielle, quel que soit le vainqueur, où il n'y aurait pas eu cette scène fondamentale d'un espace délibératif avec une confrontation et avec un public, les Français, qui regardent et qui peuvent prendre position. Si ça, c'est escamoté, alors là, effectivement, c'est très grave.

Donc tout ce qu'on peut spéculer sur la candidature, l'annonce de la candidature, sa forme, je ne dis pas que c'est neutre ou que c'est secondaire, ça fait partie des éléments fondamentaux d'une scène électorale. Mais le vrai sujet, il est après. Il est dans les débats. Est-ce qu'ils auront lieu ?

32:56
Présentateur

Ça se faisait jusqu'à présent ? Ça ne se faisait pas, le président sortant, avant le premier tour. Il accordait un débat pour le second tour, mais pas avant le premier tour.

33:03
Valérie Pécresse

Mais avant 2017, souvenez-vous, il n'y avait pas de président sortant. Et en 2012, il n'y a pas eu de débat de premier tour. Mais je ne parle même pas des débats à 10. Je pense que si ce sont des débats à 10 candidats, avec chacun dans son tunnel et 3 minutes pour répondre, ce n'est pas une vraie confrontation qui permettra aux Français de véritablement se forger une opinion. Idéalement, mais c'est techniquement très compliqué, ce qu'ils attendent et ce qui serait nécessaire, ce sont des débats des uns avec les autres. Regardez quand il y a eu Zemmour, Mélenchon, on en parle encore. Mais parce que là, vous avez une confrontation.

Il devrait y avoir une confrontation de ce type, avec un certain nombre, idéalement tous les candidats, mais avec un certain nombre de candidats. Mais moi, je crois en one-to-one, en face-à-face, pas à 10. Et si ça, c'est escamoté, alors là... Il y aura une déception. Une attente non plus qu'une déception. Il y a les conditions d'une élection présidentielle qui ne seront pas réunies parce qu'on aura quelque chose d'escamoté. Pauline de Saint-Rémy.

33:57
Invité

Je voulais juste rebondir sur ce que vous disiez sur la question de l'entrée en campagne. Vous disiez que finalement, ce n'est pas si important. Mais il y a une raison à cela, à mon avis. C'est que l'intelligence de l'entourage d'Emmanuel Macron, ça a été d'essayer de faire baisser la pression et de tuer le suspense, le faux suspense, évidemment, qu'il y avait sur cette question. En fait, ça fait des semaines. D'abord, il y a eu des petites phrases d'Emmanuel Macron qui, au lecteur du Parisien, dit « Oui, j'en ai envie, évidemment. » D'une certaine façon, il tue déjà le suspense. Et puis là, depuis quelques jours, effectivement, la pression monte.

Ils sont moins maîtres des horloges qu'ils n'auraient voulu l'être. Neuf jours. Ils se rendent compte que cette situation internationale, finalement, réduit la taille des fenêtres de tir qui leur reste. Ça sera probablement aux alentours du 3 mars, c'est la date dont on parle, donc la veille de la date limite. Et donc, depuis quelques jours, l'entourage d'Emmanuel Macron distille des petites informations, comme par exemple le fait que son premier grand meeting serait à Marseille, pas sorti par hasard, je vous le garantis. C'est bien parce qu'il donne des éléments, petit à petit, sur la couleur que va prendre cette campagne à dessein.

34:54
Présentateur

Alors, à l'extrême droite, la bataille continue de son côté entre Marine Le Pen et Éric Zemmour. Toujours en tête dans les sondages pour affronter Emmanuel Macron au second tour, la candidate du Rassemblement national doit faire face à une sérieuse concurrence de l'ex-polémiste, y compris sur ses terres historiques. Voyez ce reportage dans le Vaucluse de Juliette Perrault et Marion Devauchel.

35:19
Invité

Encore un samedi de tractage pour ces militants Rassemblement national. Mesdames, bonjour. C'est un peu de l'écure. Marie, elle arrivera au pouvoir, vous allez voir. On y est sûr. Ici, un électeur sur deux a voté Marine Le Pen à la dernière élection présidentielle. Mais aujourd'hui, un certain Éric Zemmour pourrait bien venir rebattre les cartes. Marie-France et Raymond sont de ceux qui hésitent.

35:45
Présentateur

À voir, je ne sais pas encore.

35:49
Invité

Pour l'instant, oui. Eux ont toujours voté à l'extrême droite. Une alternative, dit-il, aux partis traditionnels. L'espoir d'être enfin entendus. Je n'ai jamais eu des gros gros salaires. Et là, je me retrouve avec moins de 1 000 euros en ayant travaillé toute une vie. Je ne trouve pas ça normal. 1 000 euros pour... Il y a des gens qui n'ont jamais travaillé de leur vie et qui touchent 800 euros. Voilà, je trouve que c'est un peu injuste. On a droit à rien, on n'a pas d'aide, on n'a rien.

36:27
Présentateur

Nous, on est dans la tranche.

36:28
Invité

Il n'y a aucune aide.

36:29
Présentateur

On n'a rien du tout. On n'a droit à absolument rien. Une bonne chose de faite. La cage d'escalier est suivante.

36:37
Invité

Un sentiment de déclassement sur lequel mise Philippe de Beauregard, maire étiqueté Rassemblement National.

36:43
Présentateur

Allez, tout ça, c'est pour Marine. C'est des quartiers où on fait énormément de voix. Pourquoi vous faites énormément de voix dans ces quartiers, selon vous ? Parce que ce sont des quartiers populaires qui sont en première ligne par rapport à tout ce que Marine Le Pen dénonce, c'est-à-dire la sécurité, la qualité de vie qui se dégrade, les incivilités.

37:01
Invité

Mais dans les faits, peu ici s'intéressent vraiment à la bataille pour l'Elysée. Alors, pour convaincre les abstentionnistes, M. le maire compte sur ce bus mis à disposition par le parti.

37:13
Présentateur

L'objectif, c'est d'être tout à fait visible, parce que c'est vrai que quand on est dans un marché, quand il y a beaucoup de monde, on est moins visible. Là, avec ce bus-là, ça pète.

37:24
Invité

Qu'importe la dynamique d'Éric Zemmour dans les sondages, tous sont persuadés que leur candidate est la seule dont le programme parle aux électeurs.

37:32
Présentateur

L'électorat de Marine Le Pen est davantage un électorat populaire, alors que celui d'Éric Zemmour relèverait plus de la bourgeoisie patriote. Marine Le Pen, c'est la candidate de la ré-réalité. C'est elle qui, dans son programme, demande à ce qu'il y ait un rééquilibrage territorial entre les villes et les campagnes, demande à ce qu'il y ait un effort de fait pour soutenir les petites communes rurales.

37:55
Invité

Pourtant, tout le monde n'est pas de cet avis. Dans cette commune, on a voté à 60% pour Marine Le Pen en 2017. Mais pour Denis et Raymond, qui se donnent rendez-vous ici tous les samedis, Marine Le Pen a fait son temps. C'est proche. Ils ont parti avec Zemmour. C'est pas bon pour elle, ça. C'est pas sympa. Il ne fallait pas que ça arrive à ça. Est-ce qu'il faudrait changer la tête du parti ? Est-ce qu'il faudrait la remplacer, Marine Le Pen ? Moi, je ne veux pas être ça. Je ne veux pas être ça. Il y a trop... Elle est au bout du rouleau, là. Il faut qu'il prenne quelqu'un d'autre. Parce que le parti, il est bien, le parti.

38:38
Présentateur

Moi, le rassemblement m'intéresse. Si c'était Mario qui se présente, c'est tout.

38:43
Invité

Marine, ça ne vous intéresse plus ? Pas du tout. Pourquoi ? Parce que je la trouve nulle dans ce dernier rendez-vous avec Macron qu'elle a fait en 2017. Je l'ai trouvé nulle, nulle, nulle, nulle. Je ne vois pas pourquoi elle s'améliorerait. Ah, t'as bien joué. Je pars de plus. Raymond envisage de voter pour Éric Zemmour. Denis ne sait pas encore. En attendant, Marine Le Pen remonte dans les sondages et recreuse l'écart avec le polémiste.

39:12
Présentateur

Dominique Régnier, vous avez entendu ce témoignage. Marine Le Pen, elle a fait son temps. Oui, alors ça, c'est quelque chose. Le témoignage est très clair. C'est quelque chose qu'on mesure depuis déjà pas mal de temps. Il y a au moins deux ans qu'on peut le mesurer. Pour ma part, je l'ai fait depuis deux ans. Il y a une demande de renouvellement d'une personne qui incarnerait les valeurs du RN. C'est d'ailleurs une des choses probablement qu'Éric Zemmour a repérée avant de songer à sa candidature. Enfin, j'imagine. Et il y a l'idée à la fois qu'elle a fait son temps. C'est sa troisième candidature.

C'est la énième candidature d'un Le Pen parce que ça a commencé en 1974 quand même, cette histoire. Et que de toute façon, elle sera battue. Ça, c'est quelque chose que d'ailleurs Éric Zemmour a martelé, qui est dans les esprits. Et on ne voit pas comment elle pourrait rivaliser réellement avec Emmanuel Macron. Mais c'est un électorat très fidèle. Et peut-être d'ailleurs, je prendrais le risque de dire, c'est des deux électorats, Zemmour potentiel et Marine Le Pen, c'est l'électorat de Marine Le Pen qui est probablement le moins sensible aux questions stratégiques.

Les relations avec Poutine, les propos sur l'Ukraine sont peut-être moins périlleux du côté de Marine Le Pen parce que son électorat, il est sans doute moins sensible que du côté d'Éric Zemmour. On l'appelle par son prénom d'ailleurs dans le sujet. Et encore une fois, un électorat très populaire, on le voit dans votre reportage. Brice Tinturier, elle est pourtant solidement ancrée en seconde position dans les sondages.

40:41
Valérie Pécresse

Alors je ne sais pas, on est... Elle est en seconde position, mais Éric Zemmour n'est pas loin derrière. En réalité, ce qu'on a, c'est une candidate Marine Le Pen qui a une meilleure image qu'Éric Zemmour. Elle a plus de présidentialité selon les Français qu'Éric Zemmour. Elle a beaucoup plus aussi la capacité à vouloir vraiment changer les choses. Et puis surtout, elle donne beaucoup plus le sentiment qu'Éric Zemmour de bien comprendre les problèmes des Français. Donc quand vous regardez ça, vous vous dites, normalement, ça joue en sa faveur. Malgré tout, le risque et pourquoi les deux sont si proches l'un de l'autre, c'est qu'elle a une stratégie plutôt de second tour.

Elle a eu une stratégie de second tour depuis le début, de désextrémisation. Et elle n'avait pas prévu l'irruption d'Éric Zemmour qui tout simplement capte un électorat qui lui est obsédé par les questions identitaires, ce qui est moins le cas de l'électorat de Marine Le Pen. Quand vous demandez aux Français, entre la crise sociale, la crise environnementale et la crise identitaire, quelle est la plus urgente ? Il n'y a pas photo. 42% pour la première, 33% pour l'environnement, 25% seulement, entre guillemets, pour l'identité. Mais quand vous regardez par électorat, c'est très intéressant.

Les électeurs de Marine Le Pen, ils vous disent, autant le sujet majeur, c'est la crise sociale que la crise identitaire. Les électeurs d'Éric Zemmour, ils vous disent, à 76%, c'est la crise identitaire. Donc il y a une captation de l'électorat le plus intéressé ou obsédé par cette question-là qui a été faite par Éric Zemmour. Il y a une image de Marine Le Pen qui est meilleure pour un second tour, mais l'enjeu, c'est le premier tour. Et puis je termine juste, je pense que leurs objectifs ne sont pas les mêmes. Marine Le Pen, elle veut effectivement effacer le débat de la dernière fois et elle espère être présidente de la République.

L'objectif d'Éric Zemmour, c'est la recomposition de la droite. C'est moins gagner l'élection présidentielle que tuer définitivement les LR, tuer définitivement Marine Le Pen et recomposer la droite française autour de Marion Maréchal-Le Pen et sur un axe, il irait de Suuti jusqu'à Le Pen, Marion Maréchal et lui-même. Et du coup, ça lui donne une agilité dans la campagne qui est bien plus forte parce qu'il a moins de contraintes.

42:39
Présentateur

Alors justement, Marine Le Pen, il y a déjà eu des défections vers le camp d'Éric Zemmour, Nicolas Bay, Gilbert Collard. Question téléspectateur Christophe Barbier. À l'avenir, Éric Zemmour pourrait-il s'allier à Éric Ciotti ? Ça va dépendre de ce résultat du premier tour. Si Valérie Pécresse accroche une présence au second tour, perd d'un point devant Emmanuel Macron, la droite se reconstituera quand même autour des LR et on essaiera d'aller vers le coup suivant, notamment cette droite de tous les élus locaux. Si Valérie Pécresse est troisième ou quatrième au soir du premier tour, au soir du 10 avril, la droite classique n'échappera pas à une explosion majeure. Et on verra deux courants.

Un courant, à mon avis majoritaire chez les LR, c'est ceux qui iront frapper à la porte d'Édouard Philippe. Parce que face à Zemmour ou Le Pen, Macron est sûr de gagner. Et toute cette France de droite classique, de droite bontain, se dira maintenant il faut qu'on aille vers Édouard Philippe qui est l'antichambre, le sas de décontamination pour aller vers la majorité et continuer notre carrière politique.

Mais il y aura un tiers de cette droite qui se dira « Ah ben non, on va jouer le jeu de l'opposition, on va s'opposer à ce macronisme triomphal, futile de droite, marqué à droite par Édouard Philippe, on va participer à la reconstitution, à la reconstruction, à l'invention d'une droite nationale.

» Et ça peut concerner Éric Ciotti, qui a été le leader du premier tour de la primaire, ça peut intéresser Laurent Wauquiez, ça peut intéresser d'autres leaders, et de se dire « On va aller vers Zemmour, Marion Maréchal et les ruines du Rassemblement national, mais pour les dominer, pour que cette droite nationale qui enfin s'assume soit dominée par des anciens LR, plus expérimentés avec des réseaux d'élus locaux et pas par cette garde montante Zemmour-Maréchaliste.

» Sauf que Pauline de Saint-Rémy, la campagne de Valérie Pécresse ne prend pas du tout une tendance ascendante, au contraire, elle descend dans le sondage à 11h30, puis alors demain il y a un article de Libération qui patatras, montre que l'élection de la primaire LR, il y a eu, je cite l'article de Libération, des adhérents morts, des adhérents fictifs ou des fantoches. Il y a un maire qui dit que Pécresse a réalisé le casse du siècle, Bertrand s'est fait avoir comme un bleu. En gros, il y a eu des électeurs pro-Pécresse, un peu fantômes, qui auraient participé à cette élection, à cette primaire de la droite.

44:47
Invité

Alors il faut préciser que, d'après les journalistes de Libération eux-mêmes, il n'y a rien de formellement illégal dans ce qu'ils ont trouvé, mais effectivement ça fait très mauvais genre, et ça vient s'ajouter à une campagne qui, en quelque sorte, prend un petit peu l'eau, en tout cas c'est le sentiment qu'il y a chez les Républicains. Et justement ce que je voulais dire par rapport à l'analyse que faisait Brice Teinturier sur les sondages entre Le Pen et Zemmour, c'est que la bataille dont on a l'impression qu'elle se joue sous nos yeux à l'extrême droite en ce moment, c'est effectivement une bataille entre Le Pen et Zemmour pour savoir qui sera au second tour face à Emmanuel Macron.

Déjà ce qui est dur à entendre pour Valérie Pécresse, c'est qu'on ne la voit plus tellement. Avant on parlait plus d'un match à trois, là on parle d'un match à deux pour être au second tour. Mais quand on parle à ceux qui entourent Éric Zemmour et qui le conseillent, ils ne parlent que de Valérie Pécresse en ce moment. Ils ne visent plus l'électorat de Le Pen dans le sens où ils ont l'impression, je pense à juste titre, qu'ils ont déjà, vous allez me corriger si je me trompe, mais qu'ils ont déjà pris tout ce qu'il y avait à prendre dans l'électorat de Le Pen, qui était conservateur, traditionnaliste si l'on veut. Tous ceux-là sont déjà, tous ceux qu'ils pouvaient prendre sont déjà chez eux.

Maintenant, ils visent l'électorat de Pécresse et elles baissent. Et ça va finir. Et ça se voit, lui, il monte un petit peu.

45:56
Présentateur

– Donc c'est un réservoir de voix pour Éric Ciotti.

45:58
Invité

– Oui, et d'ailleurs, il rend des hommages à n'en plus finir indirectement à Fillon. On a appris hier qu'il voulait faire un grand meeting au Trocadéro, comme par hasard, 50 000 personnes, enfin c'est son objectif. Il ne cesse de citer Nicolas Sarkozy, de brandir des mesures phares de Nicolas Sarkozy comme la défiscalisation complète, pardon, des heures supplémentaires. Enfin, clairement, la stratégie aujourd'hui chez Zemmour, c'est de pomper l'électorat de Pécresse. Et il se demande chez Pécresse, il y a un moment donné, il peut y avoir un mouvement de balancier brutal vers chez l'ancien polémiste.

46:29
Valérie Pécresse

– Alors, il faut vraiment qu'on aille au sujet. Brice Taturier, vous vouliez ajouter quelque chose ? – Non, simplement, au démarrage, effectivement, les porosités se sont faites plutôt du côté du Front National. Éric Zemmour, il a fracturé très vite 9 points qu'il a pris à Marine Le Pen. Et beaucoup moins aux électeurs de LR. Mais le rêve d'Éric Zemmour, c'est de faire ce que Trump a fait avec un système complètement différent. Trump était encore une fois le candidat des Républicains. Mais de faire l'alliage ou l'alliance entre la bourgeoisie conservatrice et les milieux populaires. Et du coup, l'électorat populaire qui reste chez Marine Le Pen, je pense qu'il restera chez Marine Le Pen.

Et si Éric Zemmour veut coiffer Marine Le Pen et s'imposer pour un second tour, c'est effectivement maintenant en tentant de dépecer cet électorat LR. Et c'est toute la question de la fragilité de Valérie Pécresse.

47:16
Présentateur

– Alors, encore faut-il qu'Éric Zemmour ait ses 500 parrainages, puisqu'on est à quelques jours de la date limite des dépôts de parrainage. La classe politique se mobilise pour convaincre les maires d'apporter leur soutien aux candidats qui sont de plus en plus inquiets. Hier, Marine Le Pen a même annoncé qu'elle suspendait tous ses déplacements pour s'investir elle-même dans la quête des signatures, sujet de Léa Dermidjian et Marion Devauchel.

47:41
Invité

– Mesdames et messieurs les maires de France, je m'adresse à vous car je n'ai pas les parrainages pour être candidate à la présidence de la République. – Marine Le Pen est la course au tout dernier parrainage. – Il est impensable de laisser quelques politiciens faire pression sur notre démocratie pour voler cette élection aux Français. Les Français doivent pouvoir voter pour leurs idées et leurs candidats. Il s'agit tout simplement du pacte républicain. – En difficulté, la candidate a suspendu ses déplacements. S'accorder du temps pour convaincre les maires, mettre en scène aussi son indignation, comme dans cette vidéo postée sur les réseaux sociaux.

– Mais moi je me retrouve, si vous voulez, en capacité d'être au second tour. Je suis donné aujourd'hui comme celle qui peut gagner contre Macron. et je me retrouve, si vous voulez, dans une situation où, encore une fois, moi j'ai l'expérience, 50 parrainages j'ai retrouvés en 8 jours, je sais que c'est beaucoup. C'est pour ça que je ne fais plus que ça. – Selon les derniers chiffres, plusieurs candidats n'ont toujours pas atteint les 500 parrainages. C'est le cas de Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Éric Zemmour ou encore François Asselineau. Le candidat du Frexit à la peine, lui qui en 2012 faute de parrainage, n'avait pas pu se présenter.

– Alors moi, je lance ici un appel absolument solennel, c'est que je suis le seul candidat à porter l'idée de la sortie de l'Union européenne et de l'euro. Il faut absolument que cette idée stratégique soit présente parmi les choix proposés au moment de l'élection présidentielle. – Des candidats face à l'incertitude de pouvoir se présenter et une classe politique qui appelle les maires à davantage participer. De Jean Castex à l'Assemblée nationale hier à François Bayrou, en passant par le président de l'Association des maires de France, un LR qui parraine Jean-Luc Mélenchon.

49:26
Présentateur

– J'ai décidé de parrainer le candidat dont je suis le plus éloigné puisque je suis classé à droite, qui est Jean-Luc Mélenchon. Je combats ardemment ses convictions, ses idées et ses valeurs, mais il doit pouvoir concourir.

49:38
Invité

– À quelques jours de la date limite du 4 mars, au QG de campagne d'Éric Zemmour, l'un de ses bras droits, Philippe de Villiers, passe sa journée entre deux coups de téléphone. – Monsieur le maire ? – Oui, bonjour, monsieur le maire. C'est Philippe de Villiers, l'ami d'Éric Zemmour. – Convaincre les élus indécis ou très vite passé un autre coup de fil. – Voilà, il réfléchit encore. Donc c'est non. Les gens qui réfléchissent maintenant, ils ont décidé de ne pas parrainer. – Là, je viens d'avoir un maire, il me dit, moi je suis à fond Zemmour, moi j'aime bien Philippe de Villiers, j'aime bien votre équipe, j'aime bien ce que vous dites, ce que vous faites, mais je ne peux pas signer.

Je dis pourquoi ? Parce que j'ai ma salle polyvalente et ça dépend de la communauté de communes. – En fait, je vais vous dire, cette réforme des parrainages, c'est le retour à la 4ème République. C'est-à-dire qu'elle a remis le pouvoir de désigner le président de la République, enfin de le prédésigner, au parti politique. – Des élus craintifs et d'autres définitifs. C'est le cas d'Ivan Loubraneschi, maire sans étiquette d'une commune de 1900 habitants. Pour les parrainages, il a décidé de s'abstenir.

50:53
Présentateur

– Donc voici le formulaire de présentation qui est envoyé par le Conseil constitutionnel via les préfectures à l'ensemble des élus. D'ailleurs, on voit toute une liste d'élus qui peuvent participer.

51:07
Invité

– Qui va rester vierge.

51:08
Présentateur

– Il va rester vierge, totalement.

51:12
Invité

– Ne pas accorder son parrainage, un geste politique et une façon d'exprimer son mécontentement face à une classe politique déconnectée, dit-il, des réalités de terrain. – Il ne faut pas s'étonner. Je pense qu'il faut qu'ils s'inquiètent eux-mêmes de leur propre responsabilité dans cette situation et ne pas la renvoyer à ceux qui peuvent les parrainer. – Sur les 42 000 élus habilités à parrainer un candidat, à ce jour, ils sont un peu moins de 10 000 à l'avoir fait.

51:43
Présentateur

– Alors, question téléspectateur Brice Tinturier. Imaginons que Le Pen, Zemmour et Mélenchon soient absents en avril. Les électeurs voudraient-ils les urnes ? Comment serait le climat social explosif, pour l'interrogation ?

51:57
Valérie Pécresse

– Je crois que ça traduirait quand même un dérèglement démocratique extrêmement important. Donc on aurait des pans entiers de l'électorat qui probablement n'iraient pas voter. Les électeurs de Marine Le Pen, s'il n'y avait ni Marine Le Pen ni Éric Zemmour, là, pour le coup, resteraient à la maison. En revanche, si vous en avez un des deux, les reports se feront de manière encore plus facile, parce que les porosités, elles sont très fortes entre les électeurs, on l'a vu dans votre reportage et on le voit dans nos enquêtes, d'Éric Zemmour et de Marine Le Pen.

Donc si vous aviez ça, c'est la qualification assurée, évidemment, pour l'un des deux, puisqu'on retrouverait la mécanique qu'on avait avant, cette espèce de scission dans le bloc d'extrême droite, et qui donnait à Marine Le Pen un avantage très élevé par rapport au candidat ou à la candidate LR.

Mais ce qui est très frappant aussi, c'est que quand vous prenez à froid les Français aujourd'hui, et que vous leur posez la question, ce que nous avons fait dans notre enquête avec Pour le Monde, le Cévi-Pof et la Fondation Jean Jaurès, vous n'avez que 35% des Français qui vous disent « Si Marine Le Pen n'a pas ses parrainages, oui, véritablement, ça poserait un problème très grave de légitimité démocratique pour cette présidentielle. » Et les autres vous disent « Finalement, c'est la règle, c'est comme ça. » – Les Français sont fatalistes. – Non, mais je pense qu'ils ne mesurent pas aujourd'hui l'enjeu et qu'on aurait en réalité des mouvements qui seraient bien plus importants que ça.

Mais ça nous apprend malgré tout quelque chose de très important, c'est qu'aujourd'hui, le pays ne se dit pas « Si Mélenchon, Zemmour ou Le Pen n'ont pas leur parrainage, c'est très très grave. » Dans leur électorat, évidemment, on le pense. Globalement, c'est 35% et 28% des Français qui le pensent.

53:32
Présentateur

– Il n'empêche, Dominique Reynier, au soir du second tour, le 24 avril, s'il en manquait un, l'élection pourrait être contestée en disant « Ah ben, il manquait Le Pen, il manquait Zemmour. » – C'est là, si vous voulez, la limite qu'il y a à poser des questions à chaud parce que les gens vous disent avant « Écoutez, c'est la règle, s'ils ne sont pas là, ils ne sont pas là. » L'élection a lieu 10 avril, 24 avril, on a un président. Puis, en septembre, on a des problèmes importants. Et là, on fait le match, les Français, l'opinion revient sur cette élection qui n'a pas bien fonctionné, avec 15%, 30% des électeurs qui n'avaient plus de candidats.

Et ça devient une élection illégitime et une crise très solide. Il faut vraiment faire attention à ça. C'est l'effet, si vous voulez, retour sur une élection qui finalement, quand elle est passée, qu'on en finisse et qu'on revienne à la vie normale, et ça, ça sera difficile avec le quinquennat. Mais une fois que la crise est là et qu'on demande au chef de l'État une action importante, des comptes sur une décision, là, on commence à reposer la question de la légitimité. Moi, j'étais très frappé en 2017, et les téléspectateurs doivent se souvenir de cet événement. Jean-Luc Mélenchon n'avait pas reconnu la légitimité de l'élection d'Emmanuel Macron.

C'était très étonnant, quand même, ce comportement. – Au second tour, il avait contesté le fait d'arriver 3e, 4e. – Oui, puis il a mis longtemps, il n'était pas content, ça n'allait pas, il y a trop d'abstention, etc. Et pourtant, l'élection a été… Voilà, tout le monde a été candidat et elle s'est bien déroulée, même s'il y avait beaucoup d'abstention au second tour. Là, dans ces conditions, si des candidats lourds ne peuvent pas se présenter, à coup sûr, au premier échec, au premier revers, ça devient un problème politique majeur. – Oui, pourquoi les maires ne donnent pas leur signature ?

Au-delà des explications, je n'aurai pas ma piscine, ma subvention, qui sont quand même un peu légers comme motif. D'abord parce que la campagne a pris du retard. En janvier, l'épidémie, en février, l'Ukraine et la procrastination de Macron. Ensuite, parce que la campagne n'est pas bonne. Ces candidats qui peinent à avoir des 500 signatures, ils n'enthousiasment ni les foules ni les élus. Ils ont des passions négatives, ils manquent de propositions originales, ils manquent de projets complets, ils manquent de dimensions présidentielles. C'est ça aussi qui retient les élus. Par ailleurs, regardons les chiffres, il reste 9 jours.

François Bayrou a créé cette banque de parrainages, il a 180 signatures apparemment sous le coude. Il en manque 60 pour Mélenchon et une grosse centaine pour Marine Le Pen. Il peut déjà qualifier ces deux-là. Ça arrangerait d'ailleurs Emmanuel Macron, son allié. Donc moi, je ne me fais pas tellement de soucis. Je pense que les maires, par manque d'enthousiasme, ont retenu leur parrainage. Il y a des initiatives telles que celle du maire de Cannes, président de l'Association des maires de France, David Lysnard, qui accorde son parrainage à Mélenchon. – Il a montré l'exemple parce que LR a tout intérêt à ce que… – LR a évidemment intérêt à avoir les deux candidats d'extrême droite.

– Parce qu'il y a Marine Le Pen et Éric Dumour. – C'est sûr de ne pas être au second tour. Les jeux politiques, le réveil des élus et l'assentiment démocratique, parce qu'on veut quand même une vraie compétition, à mon avis, vont faire que dans 9 jours, ça ne sera plus assuré. – Il ne faut pas oublier. – Alors, un mot pour l'index.

56:22
Invité

– Non, mais il faut dire que la courbe de réception des fameux formulaires au Conseil constitutionnel est toujours en U, c'est-à-dire qu'ils reçoivent beaucoup au début, ça se tasse, ils ont peur, ils crient au loup, et puis à la fin, ils en reçoivent énormément. Mais je voulais juste dire qu'Emmanuel Macron n'en a pas beaucoup, lui non plus, des parrainages. Bien sûr, il est dans la course depuis longtemps, mais il n'en a que 1 400. Il en avait 1 600 il y a 5 ans, alors qu'il n'était pas président.

56:43
Présentateur

– Donc les élus sont de plus en plus timides, ils ont de plus en plus peur.

56:45
Valérie Pécresse

– Il y a une peur des élus locaux à parrainer quelqu'un et à devoir le dire publiquement et à faire la part.

56:56
Présentateur

– Ils ont peur de leurs électeurs, c'est ça qu'il vous dit ? – Ils ont peur des citoyens, pas de leurs électeurs.

57:00
Valérie Pécresse

– Ça en dit long sur l'état de notre démocratie, puisque vous avez des élus locaux aujourd'hui qui n'assument pas ou ne peuvent plus assumer de parrainer un candidat qui n'est pas forcément le leur, tellement ils craignent des réactions violentes ou critiques de la part des électeurs. Et la République sous les crachats, la République sous les tensions exprimées à l'égard des élus, ça aboutit à ça, des élus qui ensuite se disent « mais moi je ne vais pas les prendre des coups, donc je ne parraine personne » et on peut avoir un risque grave de dérèglement démocratique si un des grands candidats n'obtenait pas ses parrainages.

Donc même si Christophe Barbier est optimiste, ça reste une question.

57:36
Présentateur

– Réponse, samedi en 8, le 4 mars. Tout de suite, on revient à vos questions. – Le vote Zemmour est-il sous-estimé dans les sondages ? Alors on va poser la question à Dominique René. – Non, on se comprend d'un sondeur. – Oui, mais le sondeur va me dire… – Le sondeur, c'est lui qui le fait.

57:54
Valérie Pécresse

– Alors, vous faites bien votre boulot, ce qui est normal. – Mais non, je ne vais pas forcément vous dire ça, ne me faites pas la réponse. Ce qui est intéressant, c'est qu'aujourd'hui, on nous parle d'un vote caché, il y a deux mois, on nous disait l'inverse, que c'était une création sondagière, médiatique, etc. Maintenant, je ne pense pas qu'il y ait un vote caché au sens psychologique des lecteurs qui n'oseraient pas dire qu'ils votent pour Éric Zemmour. Pourquoi ? D'abord, parce que les enquêtes sont en ligne et que donc les électeurs répondent à une tablette, à un ordinateur. – On n'a pas honte devant un logiciel.

– Donc l'effet de dissimulation devant une tablette ou un ordinateur, permettez-moi malgré tout d'en douter un peu. Ensuite, et surtout, parce que le phénomène central de ces dix dernières années de la société française, c'est la désinhibition totale des opinions et des attitudes. Les gens vous disent sans aucun problème qu'ils sont pour le rétablissement de la peine de mort, qu'ils sont pour ceci ou pour cela. Donc vous croyez vraiment qu'ils craindraient, qu'ils auraient peur de dire qu'ils veulent voter pour Éric Zemmour ? Moi, je ne crois pas. Une fois que j'ai dit cela, il n'y a pas de vote caché au sens psychologique.

On n'ose pas dire, mais il peut y avoir des enjeux autour de l'échantillonnage, de catégories qui ne seraient pas suffisamment ou pas bien prises en compte dans nos enquêtes. Et si la question est de savoir si Éric Zemmour est au-dessus ou en dessous de ce que nous mesurons d'un ou deux points, je vous dis oui tout de suite. Ça fait partie des possibles, mais plus pour des raisons ou des questions de qualité des échantillons que pour l'idée qu'on n'oserait pas dire. Les Français, ils osent dire et nous le démontrent depuis beaucoup d'années.

59:20
Présentateur

Mais ils ne vont pas toujours voter. C'est ce qui fait que ce qu'ils déclarent ne se transforme pas toujours en acte électoral. Et là, il y a des marges importantes. Emmanuel Macron va-t-il pouvoir gérer simultanément la crise russo-ukrainienne, la présidence de l'Europe et sa campagne présidentielle ? Oui, au détriment du troisième volet. C'est-à-dire que ça lui permettra de faire une campagne brève avec quelques moments forts, quelques meetings, mais pas plus.

Il pourra exciper de l'excuse de présidence pour dire aux Français, écoutez, je ne fais pas de marché, je ne fais pas de porte-à-porte, je fais moins de meetings que les autres parce que j'ai la présidence de l'Union européenne et une guerre sur le feu. Ça lui permet quand même d'être un peu plus tranquille. Encore une fois, le modèle de Macron aujourd'hui, c'est Mitterrand 88. Une espèce de reconduction automatique d'un président qui fait la course en tête dans les sondages et qui, de toute façon, s'occupe des affaires du monde. Les maires sont-ils les seuls à pouvoir parrainer ? Non, c'est un peu plus.

1:00:10
Invité

Non, ils sont 42 000 au total, y compris des élus régionaux, départementaux, départementaux, etc. Mais les maires constituent l'essentiel du nombre d'élus.

1:00:23
Présentateur

Et donc, ils ont peur des citoyens ? C'est pour ça qu'ils ne veulent pas porter leur parrainage ?

1:00:27
Invité

Alors, c'est vrai que souvent, au RN notamment, où il y a une vraie peur quand même de ne pas arriver au bout, on dit souvent que dans les intercommunalités, effectivement, ça va jaser et que ça peut poser problème. Quelquefois, c'est assez difficile pour nous de mesurer l'exactitude.

1:00:42
Présentateur

Et qu'on vous retient des subventions, c'est vrai ça ? Ou c'est ce qu'on raconte, c'est ce qu'il raconte pour se justifier ?

1:00:47
Invité

C'est pareil, j'aurais du mal à vous dire, à mesurer la véracité. Mais c'est quelque chose qu'on entend souvent, ça c'est une certitude.

1:00:54
Présentateur

Emmanuel Macron ne prend-il pas un risque en ne se déclarant qu'à la dernière minute ? C'est Gérard dans les Yvelines. Ça va tout changer quand il va se déclarer, Dominique Reynier ? Ça va changer quand même beaucoup, parce que la question n'est pas tellement celle du suspense. La question, c'est qu'un candidat à la présidente de la République, fut-il président au moment de sa candidature, doit le dire aux Français et doit prononcer une phrase rituelle par laquelle il leur demande la possibilité de poursuivre à ce poste. C'est un geste de soumission qu'il doit accomplir pour obtenir les suffrages. Donc il y a tout un rituel, toute une symbolique dans cette demande-là.

Et quand ça a été fait, si c'est bien fait, ça produit un effet. Si c'est mal fait ou si ça a l'air désinvolte ou un peu distant, ça peut aussi produire un effet, mais négatif. Brice Tinturier, les points d'intention de vote perdus par Valérie Pécresse ne semblent pas être partis chez Emmanuel Macron, qui reste stable. Alors où sont-ils quand Pécresse baisse, qui en profite ?

1:01:50
Valérie Pécresse

Un petit peu malgré tout Emmanuel Macron, parce que ce qu'on voit également, c'est que les électeurs de François Fillon de 2017, qui nous disaient qu'ils allaient voter à hauteur de 25, 26, 27% d'entre eux pour Emmanuel Macron, aujourd'hui on est plutôt à 30% ou à 32%. Donc vous voyez bien que dans l'électorat LR, il y en a un peu qui part quand même chez Emmanuel Macron. Et c'est pour ça qu'il reste à un niveau aujourd'hui élevé.

Et puis vous en avez aussi qui vont chez Zemmour, parce que cette dynamique-là, si elle reste forte chez Éric Zemmour, c'est parce qu'elle est un petit peu alimentée par les LR, par des électeurs LR, d'où l'intérêt d'Éric Zemmour pour aller davantage essayer de ramener ce type d'électeur.

1:02:30
Présentateur

Christophe Barbier, Jean-Luc Mélenchon peut-il créer la surprise en accédant au second tour ? Il est à 11,5 dans le sondage Elab, non à 11, mais Valérie Pécresse est à 11,5. Il est à 1,5 point de Valérie Pécresse. Oui, mais en passant devant Valérie Pécresse, il ne sera toujours que quatrième. Il n'est pas en position favorite. La marge semble quand même très haute. Le seuil de qualification, il est à 17,18. Il en est loin, Jean-Luc Mélenchon. Il lui faudrait récupérer toute une série de candidats de gauche radicale. Sans doute une partie de l'électorat de Christiane Taubira, qui va jeter l'éponge, ira vers Jean-Luc Mélenchon.

Il y a peut-être encore quelques électeurs à récupérer du côté de Yannick Jadot. Très peu. Fabien Roussel ne fait pas une mauvaise campagne. Donc le vote communiste et le vote prolétaire, pour dire vite, va rester accroché à Roussel, sauf, catastrophe, il n'ira pas vers Jean-Luc Mélenchon. Et puis il y a toute une gauche républicaine, laïque, qui n'a pas supporté le tournant islamo-gauchiste de Jean-Luc Mélenchon en 2019, et qui ne le rejoindra jamais. Merci d'avoir participé à cette émission qui se termine. Bien sûr, vous restez sur France 5, puisque tout de suite, c'est à vous, avec Anne-Elisabeth Lemoyne. Anne-Elisabeth, qu'y a-t-il au programme ce soir ?

1:03:33
Invité

L'affaire Douglas, ce soir, dans C'est à vous. Le chien le plus célèbre de France, depuis qu'une enquête parue dans Libération, affirme qu'il figurait parmi les inscrits à la primaire de la droite, une primaire entachée de manœuvres frauduleuses pour gonfler le corps électoral. Un chien, mais également des adhérents fictifs ou décédés. On y revient avec l'un des co-auteurs de cette enquête.

1:03:52
Présentateur

Voilà, c'est tout de suite, c'est à suivre avec Anne-Elisabeth. Merci beaucoup, bonne soirée sur France 5, et on se retrouve demain pour un nouveau C'est dans l'air. Bonne soirée. Sous-titrage Société Radio-Canada