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interviewFrançois Ruffin· 24 mars 2026 3 min

Vive les assistants familiaux !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

L'aide sociale à l'enfant est une honte nationale. Là on est à Air sur la liste dans le Pas de Caléis chez Julien dont la maison sert de famille d'accueil pour des enfants placés de l'aide sociale à l'enfance. Voir un enfant faire ses premiers pas, même si c'est pas le nôtre, c'est le même bonheur.

Voir un enfant apprendre à l'école, apprendre à lire, le prendre en vacances, faire ses premières descentes de ski tout seul et qu'il est fier d'être avec nous, ça remplace aucune paye. On a besoin de salaire mais c'est un bonheur qui est immense. Dans le Pas de Calé, il y avait 2200 familles d'accueuse il y a 10 ans, il en reste 1800.

Donc ça veut dire qu'il y a un déclin du nombre de familles d'accueil et ce qui monte finalement c'est les foyers, c'est les établissements. Il y a de plus en plus d'enfants placés en établissement. Sachant qu'un établissement c'est pas un cadre familial.

Avoir une figure d'attachement fixe, c'est très important pour les enfants. Avoir des rituels, des choses comme ça. Avoir tout le temps la même personne qui va les coucher comme un papa, comme une maman.

On n'est pas leurs parents mais on les intègre comme si c'est notre famille. Et ça c'est important pour eux. L'aide sociale à l'enfance est une honte nationale.

C'est un scandale d'État. On investit tellement peu sur les gamins que à l'arrivée, on a un SDF sur 4 qui est un ancien de l'aide sociale à l'enfance. C'est seulement 12 % qui arrivent jusqu'au niveau du baccalauréat.

C'est seulement 1 % qui va faire des études supérieures. C'est reconnu le le placement familial est le placement le plus qualitatif. Une fois qu'un enfant a 18 ans, le foyer ferme la porte.

Il peut plus venir en foyer. Un enfant qui est plus placé chez nous, il peut revenir chez nous. Il peut nous demander des conseils pour démarrer dans sa vie.

On a tous besoin de ses parents quand on démarre dans la vie face aux premières difficultés pour trouver un travail, pour remplir sa feuille d'impôt et cetera. Nous, on est là même si on est plus payé. Il faut réformer complètement l'aide sociale à l'enfance.

Ça doit être un dossier qui doit faire consensus y compris à l'Assemblée nationale dès aujourd'hui sans même attendre l'élection présidentielle et qui fasse que on investit dans l'aide sociale à l'enfance, on nationalise, on fait plus reposer ça sur les départements, mais c'est l'État qui reprend ça en main directement, qui considère pas les familles d'accueil comme étant des agents au rabé mais qui les encouragent. On a le sentiment d'être incompris, euh inconsidéré et qu'on est juste là pour faire des économies. Un enfant, c'est pas juste de l'argent, c'est l'avenir de la France, c'est l'avenir du département.

Si on veut juste nourrir, loger et blanchir les enfants, c'est pas notre vision du travail. Nous, on veut vraiment investir dans ces enfants pour qu'ils soient des des adultes accomplis et des adultes heureux. Il faut sortir de ce naufrage là.

Ça fait partie des métiers du lien, du passage qu'on souhaite, une société de plus de biens, à mieux de liens, mais les assistants familiaux font partie de ce projet-là.

Vive les assistants familiaux ! — François Ruffin · Pourquijevote