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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 21 avril 2017 10 min

Jordan Bardella : "Contre le terrorisme, il faut retrouver des frontières"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

A deux jours de l'élection présidentielle, un premier invité dans ce 5-7 ce matin, c'est Jordan Bardella, conseiller régional d'Ile-de-France, secrétaire départemental de Seine-Saint-Denis et président du collectif Banlieue Patriote lié au Front National. Bonjour Jordan Bardella, propos de Marine Le Pen hier soir après l'attentat d'hier sur les Champs-Elysées, tout n'est pas fait en France pour mettre nos compatriotes à l'abri, que manque-t-il aujourd'hui pour, comme dit Marine Le Pen, mettre les Français à l'abri ?

0:33
Jordan Bardella

Écoutez, je crois que nous sommes en état d'urgence, mais il y a urgence d'un état, nos forces de l'ordre payent un prix lourd, je crois, cette absence de lutte contre le fondamentalisme islamiste, et je crois que rien n'est fait depuis un certain nombre de temps, beaucoup de mots, beaucoup de bougies qui sont allumées à chaque nouvel attentat, mais je crois que le meilleur hommage que nous pouvons rendre à nos forces de l'ordre et à toutes les victimes de ce terrorisme qui pullule sur notre sol, c'est de s'attaquer à la racine du mal.

Je crois qu'il faut premièrement retrouver des frontières, parce que si on n'a pas de frontières, on ne peut pas savoir qui entre et qui sort de notre territoire, et il me semble que le djihadiste était d'origine belge, de nationalité belge, nous apprenons ce matin, et puis je crois qu'il faut évidemment s'attaquer à la racine du mal et à lutter clairement contre le fondamentalisme islamiste qui pullule encore une fois dans un certain nombre de quartiers français.

1:21
Présentateur

Marine Le Pen dit aussi son souhait d'expulser les fichiers S non nationaux, est-ce que ce n'est pas tout de même une vue de l'esprit irréalisable ?

1:31
Jordan Bardella

Je crois qu'il y a près de 10 000 fichiers S pour radicalisation sur notre territoire, certains sont de nationalité étrangère, nous n'avons aucune raison, aucune, de conserver sur notre sol les individus potentiellement dangereux qui pourraient porter atteinte à la sécurité nationale, à la sécurité de nos compatriotes.

Nous proposons donc d'expulser du territoire national tous les étrangers fichiers S pour radicalisation, convaincus évidemment d'intelligence avec l'ennemi, et d'appliquer sur le territoire national ce fameux article 411.4 du Code pénal qui permet de traduire en justice tout individu, encore une fois, en lien avec une puissance étrangère qui porterait atteinte aux intérêts de la nation, c'est le cas de l'État islamique.

2:08
Présentateur

Sauf que la fiche S, juridiquement, n'est pas une preuve de culpabilité, on ne peut pas expulser en France sur de simples soupçons, c'est pourquoi je vous repose la question, est-ce que ce projet d'expulsion des non-nationaux fichiers S n'est pas une vue de l'esprit ?

2:22
Jordan Bardella

C'est que cette fiche S ne tombe pas du ciel, cette fiche S est attribuée aux personnes qui sont radicalisées, qui sont, encore une fois, convaincues de liens avec le fondamentalisme islamiste, et nous n'avons aucune raison.

2:35
Présentateur

Mais parfois de très loin, ils peuvent être surveillés de très loin ?

2:36
Jordan Bardella

Ça c'est un peu la réflexion de M. Macron, c'est-à-dire un peu radicaux mais des types bien. Bon, écoutez, ce n'est pas notre cas, je crois que compte tenu de ce que nous vivons en France depuis un certain nombre de temps, nous devons aujourd'hui agir et aller s'attaquer, encore une fois, à cette idéologie, parce que n'oublions pas que le terrorisme est un outil, est une arme, mais que derrière il y a bien une idéologie contre laquelle la France est en guerre.

2:57
Présentateur

Vous, vous-même, vous avez lancé un programme il y a quelques mois pour aborder les problèmes du quotidien dans les banlieues. Est-ce que vous avez repéré, justement, une montée de l'islamisme ou de certaines tendances dans vos enquêtes, dans vos débats que vous avez montés pour le Front National ?

3:14
Jordan Bardella

Écoutez, je crois qu'il y a incontestablement une montée du fondamentalisme islamiste dans un certain nombre de quartiers. Je crois que, s'agissant de la question des banlieues, nous avons dansé sur un volcan pendant de nombreuses années, sur ces quartiers où on a laissé progressivement le communautarisme s'installer, où la République a déserté sur un certain nombre de missions régaliennes. Je pense au fait d'assurer l'ordre, au fait d'assurer la laïcité, au fait d'assurer une cohésion sociale par l'emploi. Il y a évidemment une montée du fondamentalisme islamiste.

Et je crois que le meilleur service que nous pouvons rendre à nos compatriotes de confession musulmane, modérés, qui respectent les valeurs de la République, c'est de s'attaquer, justement, au fondamentalisme islamiste. Moi, je suis élu en Seine-Saint-Denis, je suis élu de banlieue, et très souvent, j'entends des compatriotes de confession musulmane nous dire, parfois, ce que j'ai fui d'Algérie il y a 10, 20 ou 30 ans, je le retrouve aujourd'hui dans mon quartier en France, et ça, ça me fait peur. Et c'est aussi pour ça que je soutiens Marine Le Pen.

4:03
Présentateur

Pourquoi est-ce que le discours sécuritaire est revenu en force ces dernières semaines, dans les meetings, les discours de Marine Le Pen ? Parce que je crois que c'est une priorité aujourd'hui absolue.

4:13
Jordan Bardella

Nous sommes les seuls, je crois, malheureusement, à parler de ce terrorisme qui tue les Français. C'est une préoccupation majeure, je crois, d'autant que l'on sait que l'ensemble des individus qui passent à l'acte sur notre sol sont systématiquement fichés, sont dans une grande majorité des cas des récidivistes, parce que, osons le dire aussi, mais le problème du terrorisme est aussi, et avant tout, celui du laxisme judiciaire. L'ensemble, encore une fois, des terroristes qui frappent la France depuis, depuis Mohamed Mérat, depuis 2012, on en parlait tout à l'heure. Où est le laxisme judiciaire dans la traque des terroristes ?

Mais monsieur, les individus qui frappent la France sont tous des casiers judiciaires longs comme le bras. Ils sont tous passés 5, 10, 15 fois par la case, parfois par la case prison. Beaucoup se sont d'ailleurs radicalisés dans les couloirs de nos prisons. Nous, on a rendu, on parlait de banlieue patriote, un livre blanc à Marine Le Pen au mois de novembre, où on évoque un certain nombre de pistes de réflexion sur ces banlieues. On évoque notamment le cas de la prison, qui est devenu, je le cite, un incubateur de la radicalisation dans beaucoup de cas.

5:08
Présentateur

Sur les discours de Marine Le Pen qui ont donc remis à la une la question sécuritaire, est-ce que ce n'était pas aussi, pour tenir compte, et là je reparle de la campagne électorale, d'un certain fléchissement du Front National ces dernières semaines ? Il a fallu peut-être rassurer le socle, la base du Front National ?

5:23
Jordan Bardella

Non, je crois que c'est, encore une fois, une véritable attente de la part des Français. C'est vrai sur la question du terrorisme, mais c'est aussi vrai sur la question de la sécurité au quotidien. Que ce soit dans les banlieues ou dans la ruralité, on constate une explosion des violences, une explosion de la délinquance et de la criminalité, contre lesquelles, sur ces fléaux, contre lesquels rien n'est fait. Nos forces de l'ordre sont désarmées progressivement, elles sont totalement lâchées par leur hiérarchie. Et les politiques judiciaires qui sont menées aujourd'hui en France sont de plus en plus laxistes.

On l'a vu avec la loi Dati, on l'a vu avec la loi Taubira, où tout est fait, en dernière instance, pour vider les prisons. Nous, nous avons une conception autre de la lutte contre la délinquance. Les Français connaissent la farouche détermination de Marine Le Pen à vouloir rétablir l'ordre dans ce pays. Ça passe par un réarmement de nos forces de l'ordre, mais ça passe aussi par une politique en matière de justice qui soit, encore une fois, beaucoup plus ferme et beaucoup plus efficace.

6:12
Présentateur

Une faille est notamment clairement identifiée, c'est le millefeuille de notre système de renseignement. Onze agences de renseignement, si on cumule les différentes directions. Est-ce que ça, c'est un problème auquel va s'atteler Marine Le Pen ?

6:28
Jordan Bardella

Oui, évidemment, il y en a même beaucoup plus. Alors, qu'est-ce qu'elle fera ? Nous disons aujourd'hui qu'il n'y a pas, en fait, véritablement de services antiterroristes en France. Nous avons une vaste coordination regroupée sous l'UCLAT,

6:36
Présentateur

22 services qui sont, encore une fois,

6:40
Jordan Bardella

essentiellement des services de contre-espionnage. Nous nous proposons, notamment, c'était la proposition qui a été formulée dans le rapport FENEC, de créer une agence de lutte antiterroriste qui soit rattachée éventuellement directement au Premier ministre afin de simplifier le renseignement français et de s'orienter essentiellement, notamment sur le recrutement de jeunes policiers de terrain qui connaissent la réalité de ces quartiers et qui sont beaucoup plus à même de détecter, notamment les profils radicalisés.

Et là, évidemment, il faut quand même rappeler que le gouvernement de François Fillon a supprimé les renseignements généraux sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui nous apparaît comme une erreur absolument majeure et je crois que nous en payons aujourd'hui les frais.

7:13
Présentateur

Nous sommes à quelques heures de la fin de campagne de premier tour, campagne présidentielle. Au Front National, comment jugez-vous cette campagne ? Est-ce qu'elle a été digne, constructive, ou au contraire, nauséabonde ?

7:24
Jordan Bardella

Je crois que tout a été fait par le système pour éviter les vrais sujets. Nous avons peut-être un regret dans cette campagne, c'est de ne pas avoir pu parler suffisamment de fond. Je crois que c'est un véritable choix de civilisation qui va se poser lors de l'élection dimanche, c'est-à-dire soit la continuité avec des personnes qui ont tout raté, avec des personnes dont certains soutiens nous disent, c'est le cas d'un ancien Premier ministre, qu'il faut par exemple s'habituer à vivre avec le terrorisme. Eh bien écoutez, moi ma génération ne veut pas vivre avec le terrorisme, nous voulons tout faire pour remettre la France en ordre, je crois que c'est un impératif aujourd'hui.

Donc c'est un véritable choix de civilisation qui va se poser encore une fois dimanche, soit on continue avec les mêmes, soit on abandonne la France dans le mondialisme, soit on décide encore une fois de remettre la France en ordre et d'instaurer un véritable patriotisme, patriotisme économique, et c'est vrai sur tout un tas de sujets.

8:09
Présentateur

La France en ordre, dites-vous, c'est le slogan de campagne de Marine Le Pen, avant il y avait la France apaisée. Est-ce que des slogans comme la France aux Français qu'on a entendu revenir dans les meetings de Marine Le Pen, est compatible, cette France aux Français, avec une France apaisée ?

8:23
Jordan Bardella

Bon bah écoutez, si la France n'est pas aux Français, qu'y appartient-elle ? Nous avons effectivement la France apaisée comme slogan, mais nous avons aussi une profession de foi qui est au nom du peuple. L'un des slogans principaux de cette campagne, c'est au nom du peuple, parce que Marine Le Pen ne fera rien contre le peuple, et aujourd'hui nous avons dépossédé le peuple de sa souveraineté, de son pouvoir de décision.

L'ensemble des leviers politiques, des leviers d'action ont été transférés à l'Union Européenne notamment, et nous nous voulons rendre aux Français leur liberté, je crois qu'il ne faut pas avoir peur de la liberté, c'est un beau concept, et encore une fois, les Français voteront aussi, c'est un véritable référendum dimanche, voteront aussi pour récupérer leur souveraineté et demeurer un peuple libre.

9:01
Présentateur

Dimanche dernier, plusieurs centaines de manifestants ont marché d'Aubervilliers à Paris, leur objectif ? Lutter contre vous, banlieue contre le FN, qu'est-ce que vous leur répondez ?

9:11
Jordan Bardella

Je crois qu'ils ne sont pas représentatifs du tout de la banlieue, moi je le vois sur le terrain, il y a de plus en plus de nos compatriotes qui vivent dans ces quartiers, qui sont d'accord avec Marine Le Pen, de plus en plus de maires de famille, de travailleurs, de jeunes, qui voient aussi en Marine Le Pen un cap pour le pays. Maintenant, moi ce qui me scandalise dans ces manifestations, c'est que nous laissions les casseurs d'extrême-gauche pullulés également sur notre territoire. Ils sont parfaitement couverts par le gouvernement de M.

Cazeneuve et je crois que les policiers sont aussi très fatigués de cette violence d'extrême-gauche, ces casseurs qui dévalisent régulièrement aussi, qui attaquent nos meetings. On a vu surtout des forces de l'ordre

9:43
Présentateur

protéger vos meetings contre les casseurs que vous dénoncez. Eh bien écoutez, fort heureusement. Vous dites qu'il n'y a rien de fait contre les casseurs. Oui, parce que je crois

9:50
Jordan Bardella

qu'il faut aussi dissoudre les milices dites antifas qui sèment la terreur à chacun de nos meetings, parfois dans les villes, qui s'en prennent aux commerçants, qui dévalisent les centres-villes. Je crois que c'est absolument inacceptable et je pense que les Français en ont marre, si vous voulez, de ce climat, de cette culture du laxisme qui règne. C'est vrai sur la délinquance, c'est vrai sur le terrorisme et c'est aussi vrai sur ces milices d'extrême-gauche qui sont encore une fois, je crois, un cancer pour la démocratie.

10:12
Présentateur

Merci Jordan Bardella du Front National, conseillerier régional d'Île-de-France et président du collectif Banlieue Patriote. Merci et bonne journée.