La télé est à nous ! | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On démarre avec 4 minutes de retard, ce qui n'est donc pas du retard. Euh merci d'avoir fait le déplacement. Merci en particulier donc aux camarades qui permettent l'organisation de ces événements, de ces amphies, on ne le répétera jamais assez.
Et merci en particulier aussi à nos deux conférenciers invités. J'ai nommé Soraya Morvan Smith qui est secrétaire générale adjointe de la CGT journaliste qui est rédactrice en chef adjointe sur France 24 qui nous fait donc l'amitié d'être présente et qui avec qui on évoquera l'avenir du service public et notamment la bataille qui est toujours en cours puisque le sujet n'est pas complètement complètement mort de la réforme de l'audiovisuel publique qui a été une bataille qu'on a mené chacun dans nos nos domaines ou nos couloirs euh les dernières semaines, les derniers mois de qui avant l'été. Et puis notre deuxème intervenant Il Siton qui est professeur, alors ce sera peut-être même un sujet de de question puisque tu es professeur de littérature et des médias.
Quand on a écrit le le petit visuel, il y avait écrit professeur de littérature et des médias. Et donc c'est une discipline euh en soi peut-être et tu pourras peut-être nous expliquer euh en quoi ton travail de spécialiste de littérature peut avoir à voir avec la question des médias en en général. Il est l'auteur d'ouvrages fondamentaux en particulier pour une écologie de l'attention qui est un livre qui commence à voir un petit peu qui a déjà 10 ans et puis d'un livre qui s'appelle Médiarchie.
Euh tu as écrit plus récemment altère modernité des lumières ou faire et aussi faire avec conflit coalition contagion. Tu es donc professeur à l'université et tu occupes des responsabilités, je sais plus si tu es rédacteur en chef mais de de la revue Multitude. Voilà.
Euh vous pouvez trouver tout ça facilement sur internet puisque il va aussi la gentillesse de d'avoir un site internet extrêmement étoffé et sur lequel vous trouverez de nombreuses contributions à la réflexion. Euh voilà pour ceux que ça intéresserait en particulier. Alors euh la table ronde est intitulée la télé à nous.
Vous avez remarqué que c'est pas vrai aujourd'hui. La télé n'est pas à nous. elle est essentiellement elle est en partie à nous puisqu'il y a un service public et que du coup on peut dire que c'est notre patrimoine, mais elle appartient aussi beaucoup énormément à des milliardaires.
Euh un que on a beaucoup nommé ces dernières années qui est Vincent Boloré pour le groupe Canal puisqu'il contrôle Vivindi. l'autre qu'on nommait plus souvent avant mais qu'on a un petit peu oublié ces dernières années qui s'appelle Martin Big et qui a évidemment tout un empire à la fois donc dans le la télévision mais aussi dans le le bâtiment et puis plus récemment un qu'on découvre un petit peu d'une certaine façon dans le domaine des médias même s'il a déjà eu l'occasion de d'evrer dans la presse écrite par exemple qui est le patron de CMACGM qui est Rodolpadé Voilà. Donc vous comprenez que dire que la télé est à nous, c'est l'affirmation d'un principe euh qu'il va falloir réussir euh à transcrire dans la réalité puisque euh aujourd'hui on en est loin.
Alors, ce sujet est une déclinaison de de travaux qui ont été entamés en tout cas par mois l'Assemblée nationale depuis 2022 par les collègues avant évidemment puisque vous vous rappelez que il y a eu une une commission d'enquête il y a déjà plus d'un an maintenant sur la question des fréquences et de la des chaînes TNT de du respect des différentes chaînes de télé de leur cahier des charges. C'est un principe sur lequel je crois il est toujours bon de revenir régulièrement puisque cette idée du cahier des charges, c'est la corrélation d'une certaine façon du fait que la télé est bien à nous. Euh les chaînes de télévision n'ont pas le droit de diffuser des sur les fréquences, les canaux de la TNT sans avoir auparavant déposer un projet pris des engagements pour la qualité de ce qu'ils vont diffuser.
Alors évidemment, ce sont des mots que qui vont faire débat, qui vont amener différentes questions puisqu'il faut se demander ce que c'est que la qualité en télévision. C'était un des un des enjeux de la commission d'enquête. En tout cas, il faut s'assurer que on n'utilise pas des ressources publiques pour l'abrutissement du public.
C'est un des objectifs que je m'étais donné dans la commission d'enquête, c'était de de vrai dans ce sens-là. Donc euh depuis, il s'est passé pas mal de choses mais une en particulier qui a été la volonté farouche de la ministre de la culture Rachid Adati d'imposer une réforme qui est la réforme de la la fusion de l'audiovisuel public. Alors qu'est-ce que ça peut vouloir dire fusion de l'audiovisuel public ?
C'est la fusion de Radio France, de France Télévision et de France Média Monde dont Saur pourra nous parler puisque c'est l'entreprise publique qui qui diffuse les médias français ou la parole de la France, on peut dire presque, à l'international. On s'est beaucoup battu contre cette réforme pour une raison très simple, c'est que ceux qui sont à l'origine de cette idée, en réalité, c'est une vieille idée. Il s'agit de de réduire les dépenses encore et toujours d'un service public. qu'il faut bien se dire que le l'audiovisuel public est un service public et que leur objectif était donc encore une fois de réduire les dépenses, de mettre le futur audiovisuel public fusionné dans une situation de crise telle que à la fin, on pourrait dire tranquillement comme à chaque fois, ça dysfonctionne et donc ça devient privatisable.
Et donc nous avons pour l'instant réussi à sursoir ou en tout cas à empêcher cette l'adoption de cette réforme. D'abord parce que Rachid Adati nous a fait un cadeau à la perte du Séner dans les dans le débat en commission de en commission des affaires culturelles pendant l'examen du texte au printemps dernier. si bien que il a été impossible d'aller au bout puisque nous avons refusé de siéger en fait et que la présidente de la commission des affaires culturelles a considéré qu'il était plus possible de siéger.
Je vous fais vite hein, mais si vous voulez, je vous raconterai le détail. Et puis ensuite parce que dans un deuxième temps, quand le texte est finalement revenu au début de l'été à l'Assemblée nationale, et bien il a été il a été rejeté en hémicycle. il a fait l'objet d'une motion de rejet et donc on a réussi à dire que on ne voulait pas de cette réforme.
Il y a donc pas eu de majorité à l'Assemblée nationale. On a réussi à convaincre y compris les macronistes ou un certain nombre d'entre eux que cette réforme était une très mauvaise idée. Alors pourquoi pourquoi il veulentil veulent-ils faire ça ? plusieurs raisons.
La première, c'est évidemment de saboter un service public parce que là où il y a plus de service public, le privé lui va se faire de l'argent. La deuxième raison, c'est évidemment aussi une raison idéologique. Si vous n'avez plus de service public, vous n'avez plus de contrôle et donc vous n'avez plus vous êtes comme on est aujourd'hui face à des chaînes comme CS, on est démuni, faussement démuni ou en tout cas on peut faire mine de dire ça ne va pas mais mais que diable que peut-on faire d'autre ?
Et donc évidemment à l'inverse, si vous avez du service public, bah oui, vous avez quand même un minimum de contrôle et puis vous avez des agents qui sont pour la plupart avec des contrats un peu moins précaires, même si on va évoquer la situation réelle de du service public avec Soraya, il est loin d'être un employeur exemplaire, il est loin aussi d'être un diffuseur exemplaire, on va évoquer ça aussi. Mais en tout cas, le service public de l'audiovisuel, il permet de maintenir un certain nombre de standards de qualité, d'originalité dans les productions, dans les les les programmes qui vont être diffusés, qui est moi, j'ai pris l'habitude de dire une espèce de de mauvaise conscience de l'ensemble du paysage audiovisuel. On sait que c'est possible de faire mieux que pour le dire un peu grossièrement la merde queon trouve sur pas mal d'autres chaînes privé.
Alors ça veut pas dire que tout est parfait dans l'audiovisuel public, loin de là, que ce soit dans le domaine de la création ou de l'information. Il y a bien des choses qu'on peut contester euh ou dont on peut dire qu'elles sont pas haut niveau, mais en tout cas, vous avez des choses que vous ne verriez nulle part ailleurs et qui sont originales, créatives, qui inform sérieusement, critique et cetera. toute chose que vous ne verrez pas ailleurs.
Et c'est cette possibilité même d'avoir euh euh une idée de quelque chose de différent, de quelque chose d'autre que euh les macronistes et la droite et l'extrême droite cherchent à anéantir parce que aussi longtemps qu'on se dira queil peut y avoir des programmes différents et ben on cultivera au moins le regret qu'il n'existe pas dans le privé. Voilà. Donc euh je je veux pas m'attarder trop sur euh sur le sur les aspects de cette réforme qui en fait est défendu par un seul argument qui est le qui est le plus idiot possible qui est de dire "Mais vous voyez bien que la télévision et la radio c'est un peu pareil.
C'est un peu pareil. Les gens disent si vous couvrez si vous faites de l'information à la radio et vous faites de l'information à la télé, c'est le même événement. Donc ça peut être la même personne qui le fait grosso modo.
Donc on a affaire à une espèce de grand classique du du macronisme, c'est-à-dire quelque pensée mais totalement déconnecté de la réalité. On leur a dit qu'il y avait un micro des deux côtés, ils sont dit c'était le même métier. Voilà, c'est on en est à ce degré d'absurdité pour ceux qui y croient.
Après, évidemment, la plupart d'entre eux peut-être n'y croient pas et ont d'autres intentions plus euh euh néfastes ou euh et et et qu'ils assument moins publiquement et dont je vous ai déjà dit euh quels étaient quelle était la logique. Voilà, donc c'est ce qui s'est passé en un an et il s'est passé d'autres choses. Euh on a réussi quand même à bénéficier de la fermeture de C8 et je crois que on peut s'en féliciter.
C'est une un résultat de la commission d'enquête, même si c'est pas nous qui en avons décidé ainsi. Je crois que on a mis sur les genoux de l'arcom leur permettai pas de faire autrement. Si bien que on voit bien que quand ils en ont la possibilité, en revanche, il laissent faire et il faudra continuer à mettre la pression.
Donc ça va être le travail que moi je m'assigne pour l'année à venir et que je vous propose aussi de euh de rejoindre puisque on va essayer euh de ne pas laisser ces news en paix, de continuer à ne pas laisser l'ARCOM en paix, de les obliger à prendre leur responsabilité, à signaler tout ce qui ne va pas et à obtenir sanction sur sanction puisqu'ils les méritent et qu'il ne respectent aucun des engagements qu'ils ont pris jusqu'à présent. Voilà. Euh je vais donner la parole donc à Soraya pour revenir plus en détail sur la situation de l'audiovisuel public, sur la réforme et puis ensuite Yve, tu pourras évoquer plus largement les questions qui te tiennent à cœur.
Celle de ce que j'ai évoqué la la question de la qualité de l'audiovisuel, à partir de quand on peut dire que la télé ne contribue pas à l'abrutissement. C'est une vraie grande question qui mérite d'être posée. Euh et ensuite on aura un échange tous ensemble.
Voilà. Merci. Merci.
Merci beaucoup Aurélien. Alors euh on voit bien que la tâche elle est elle est ardue parce que ce que enfin ton propos introductif il présente à la fois la difficulté de cette défiance envers les médias qui se justifie. euh euh voilà de de de beaucoup de façons euh mais aussi euh de médias qui nous inondent de choses qui sont présentées comme dans l'information et qui n'en sont plus.
Euh et et c'est pas simple. Je vais essayer de vous raconter comment c'est dans les rédactions. Je vais essayer de le faire du mieux possible, mais n'hésitez pas à poser des questions pour que je puisse y répondre.
Euh il faut quand même que je dise une chose parce que c'est difficile d'être là et de ne pas le mentionner mais euh on est dans un contexte de rapport à l'information qui s'est extraordinairement dégradé. On a une information extrêmement dégradée aussi qui a été aggravée aussi par la façon dont on consomme l'information parce que la télévision c'est plus le rendez-vous de 20h. On va tous être devant son canapé en famille comme semble le croire Rachid Adati.
L'information, elle est dans notre poche. Elle nous envoie des alertes au quotidien plusieurs fois par jour et en plus souvent avec les mêmes thématiques et le même point de vue. C'est problématique.
Dans ce contexte, moi je voudrais juste dire une petite chose et puis après on passera à autre chose, c'est que il y a eu beaucoup de réactions ces derniers jours qui ont occulté cette rentrée politique à la suite d'une décision de ne pas accorder un passeport de travail, une accréditation à un journaliste. Et je voulais exprimer le fait très brièvement que je pense que c'est c'est dommage. La question derrière ça et j'en ai fini avec, c'est celle des gardes fous.
C'est quoi nos gardes fous ? C'est quoi notre rapport à l'information ? Cette question, elle se passe de façon elle se pose de façon aussi intense dans les rédactions que dans la société.
En réalité, les rédactions sont en fait euh l'image de nos sociétés avec quand même ce pouvoir d'atteindre des gens en direct et puis de déterminer un agenda, une grille d'analyse. Euh on peut le regarder de plein de façons différentes. Euh la première, je pense c'est qui décide de l'information que l'on met en avant, qui décide des termes.
Pourquoi lorsqu'on parle de LFI, à la suite d'une décision de du Conseil d'État, au lieu de parler de d'extrême gauche, on ne parle pas d'un parti de gauche. Ça veut dire qu'il y a un choix qui a été fait, qui a pas été forcément un choix consensuel d'une rédaction dans son ensemble qui serait divers socialement et le reflet de la société. Euh ça veut dire que ce joue existe des tensions dans la société et de façon encore plus forte dans les rédactions.
Comment est-ce qu'on prend des décisions ? Pourquoi est-ce que les télévisions se ressemblent autant ? Pourquoi est-ce qu'on aborde si peu de sujets ?
Mais en fait, quand on est à l'intérieur des rédactions, et ben on vit ces conflits là de société d'une façon qui est un peu plus intense en réalité. Euh ce débat sur l'audiovisel public, c'est quelque chose qui date de très longtemps. En réalité, il y a eu beaucoup de tentatives de parlementaire de droite d'essayer de mettre en œuvre une réforme de l'audiovisuel public.
C'est une réalité et comme l'a rappelé très bien Aur Wolin Saint-U qui a été particulièrement impliqué dans tout ce processus de projet de loi Lafond puisque c'est le nom du sénateur qui a eu cette idée euh où il semble avoir trouvé la Martinale qui serait qu'il faudrait rassembler, réunir. Mais en réalité les objectifs, ils sont principalement de deux ordres. Le premier, c'est dans un contexte de restriction budgétaire de coûter de moins en moins cher.
Ça peut s'entendre. Tout le monde doit faire des efforts. Bien sûr.
Euh la façon dont c'est pensé euh est pas toujours très heureuse. Effectivement quand on travaille pour une chaîne de radio, que ce soit ou un groupe de radio à Radio France par exemple, lorsqu'on fait un reportage, il est repris. Ce qui est fait pour France Inter peut être repris à France Culture ou dans ou à France Musique dans les éditions.
Euh ce qui est déjà un appauvrissement, ce qui pose aussi la question de la richesse et du service public qu'on apporte. Euh mais il y a aussi la question de qu'est-ce qu'on a comme service public en terme d'information qui est quand même un un secteur un peu stratégique. Et qu'est-ce que c'est l'information derrière ?
En réalité l'idée c'est d'avoir une forme de contrôle un peu plus important. Quand on va mettre dans le même dans la même holding Radio France, France Télévision, Lina qui n'a rien demandé dont on se demande ce qu'ils vont faire là-dedans d'ailleurs. Lina pour rappel, c'est quand même nos archives nos archives audiovisuelles.
Le modèle Macronisme, moi je le connais hein, c'est quoi ? C'est de privatiser tout ça. Vous avez vu ce que font les gens les géants du numérique aux États-Unis ?
Alors, non seulement des gens comme Musk se sont appropriés la totalité des enf la quasi totalité des données gouvernementales des citoyens américain, mais on on a basculé quand même dans un autre monde et notre bien commun, tout ce qui nous appartient, alors la télé nous appartient mais nos archives, ce qui fait notre mémoire collective en fait risque de se retrouver sous des impulsions politiques qui pourraient faire en fait que la façon dont on regarde notre histoire pourrait être structurée, présentée ou effacé si nécessaire. Bah oui, mais c'est quand même problématique. Alors, parlons de France Télé et de Radio France.
Euh France Télé, c'est à peu près le même budget que TF en gros hein, parce qu'on dit l'audioviel public, c'est un peu une une cible facile. Ça coûte un pognon de dingue, il paraît comme les prestations sociales. Il paraît que l'hôpital aussi ça coûte très cher, l'école aussi tant qu'on y est.
Peut-être même la justice. Là, on parle d'information, on parle des conditions d'un dialogue, d'un débat serein de société. On parle de l'accès à l'information, à la culture, au savoir.
Et depuis des années, on l'a détricoté ce service public et ça c'est pas su. Alors à droite, ils nous font passer pour euh des nababes. Je vais juste vous donner un chiffre, juste qu'on soit bien au clair parce que ça me paraît important.
Enfin, moi dans mes activités syndicales ou de redf, je gère des des des équipes, ça m'arrive. Et puis j'ai aussi une autre activité qui est de prof dans une fac dans une des écoles de journalisme reconnu qui est en Bretagne. C'est l'école de journaliste de l'agnon.
Euh j'ai vu ça ça ça fait 11 ans que j'ai suis prof et j'ai vu la dégradation progressive des conditions de travail des journalistes. Et c'était déjà au moment où moi j'ai commencé à la fin des années 90 pas simple parce que si on avait pas son entrée, c'était compliqué. Si on connaissait pas quelqu'un c'était compliqué.
Si on pouvait pas se loger à Paris, c'était compliqué. Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? C'est que la durée de précarité s'est étendue.
Moi, j'ai fait alors à l'époque cool, je vais vous le dire, j'ai fait 10 ans de pige. 10 ans de pige. Alors, qu'est-ce que ça veut dire la pige ?
Ça veut dire que vous pouvez pas louer un appart simplement. Ça veut dire que vous êtes pas bien payé. Je crois que je j'étais un peu en dessous du SMIC et je vivais à Paris et ça a duré 10 ans.
Bon, voilà. aujourd'hui un pigiste chez nous et ça représente alors l'année dernière c'était 30 % de la rédaction. Je sais pas si vous imaginez ce que ça veut dire lorsque vous devez produire de l'information.
Vous avez des rapports hiérarchiques dans lesquels vous allez devoir vous bagarrer pour mettre en avant des sujets, pour pouvoir défendre une forme de traitement, pour pouvoir éventuellement dire "Bon euh tel mouvement social, tel manife, il y en a eu 130 aujourd'hui dans toute la France, on l'a pas traité." Bah ouais, mais c'est ça aussi. Et donc si vous êtes précaire et si votre situation sociale est telle, vous allez avoir du mal à mettre en avant certaines informations ou à vous ou à faire comprendre que c'est une réalité sociale et qu'elle mériterait d'être traitée parce qu'éditorialement ça a du sens.
Et donc vous allez vous retrouver dans une conférence de RedAC avec un chef qui a sa maison à Saint-Clou payé bah du temps où il a eu la donation de son parent ex je ne sais quel poste dans dans l'industrie avec des gens dans une dans une rédaction dont la composition sociale et le reflet des difficultés à accéder à ce métier. Et donc ça veut dire que quand France Télévision fait au mépris des règles des écoles de journalisme des offres de stage de 6 mois pour aller couvrir les élections présidentielles aux États-Unis, je sais pas si vous avez une idée ce que ça veut dire que de se payer un billet pour Washington et de s'y loger pendant 6 mois et de travailler gratuitement à un niveau d'étude comme ça. Évidemment être langue anglais parce que sinon c'est pas drôle et puis si vous parlez une langue rare c'est mieux.
Bon, ça c'est une des modalités d'entrée. Moi, j'ai réussi à rentrer à France 24 parce que j'avais fait à l'époque, j'avais fait une licence de sciences politiques à Paris 8 chez chez Ipsiton et en même temps, je poursuivis des études de Swili parce que j'avais commencé à travailler à RFI et bah je me rendais bien compte que ça suffisait pas tout à fait. Donc j'étais pigis 150 % d'un pleintemps et il a fallu que j'étudie en plus sinon ça fonctionnait pas.
Mais ça vous donne une idée aussi des rapports que vous pouvez avoir au sein des rédactions. Et les rédactions, il y a plein de choses qui fonctionnent pas. Il y a plein de choses qui fonctionnent pas.
Et en réalité, on lutte au sein des rédactions pour défendre une façon de donner de l'information. On on parle souvent du positionnement idéologique des journalistes. Alors, les journalistes, ils sont tous citoyens.
À un moment, ils votent. à un moment, ils ont des opinions. Le boulot de journalistes, c'est pas d'amplifier ses opinions.
Ça, c'est dégueulasse. Alors, il y a ce qu'on appelle des chroniqueurs, des éditorialistes et qui sont recrutés pour ça. Ils peuvent parler de tout et de n'importe quoi avec une aisance extraordinaire.
Ils sont spécialistes de tant de choses, je les envis. Moi, c'est pas mon cas, je vous dis tout de suite. Mais ça ça pose quand même un problème sur la façon dont on reçoit nous des choses parce qu'aujourd'hui parce que l'information faire des reportages, payer quelqu'un pour aller sur le terrain, faire du contradictoire, se documenter, proposer un angle, un regard et essayer d'informer honnêtement, sincèrement, en ayant conscience de son positionnement politique, social, mais d'essayer d'en faire quelque chose avec la juste distance.
Euh en école journalisme, on appelle ça la réflexivité parce que c'est essentiel. Je crois qu'en sociologie aussi, il y a ces termes-là. Euh on doit avoir la juste distance pour faire la part des choses entre notre mission d'informer qui est pas une neutralité.
D'ailleurs euh enfin moi mes étudiants, je leur dis euh je leur dis souvent quand quand ils me parlent de faire du contraddictoire entre l'extrême droite et je sais pas quelle position, je leur dis mais du coup la le centrisme est-il une neutralité ? C'est une façon de les coincer pour leur dire mais OK, à un moment, il faut pouvoir construire un point de vue éditorial qui n'est pas un point de vue politique de travail de propagandiste en chef ou de comment dire ou de confondre l'idée de la neutralité avec le fait qu'on est des dominants. Par exemple, quand on est dominant, tout était évident.
Évident. Il y a quelque chose comme ça parfois quand vous avez des grands bourgeois autour de vous en conférence de Reda qui mélangons mais quel problème ! Grand bonjour à Nathalie Saintcr qui est une collègue.
Ah bah oui euh voilà ce avec quoi on travaille. Alors nous le travail qu'on fait Ah oui, c'est ça que je voulais vous dire sur le sur les pigistes. Je vous ai pas donné ce chiffre. un un pigiste, chez nous, il est payé entre 130 et 140 € bruts la journée.
Bon, vous faites euh machin, bon, les journalistes ont perdu 20 % de leur revenus en une vingtaine d'années, non 25 % de leur revenus en en euh en en 20 ans. Les rédactions euh ont été dépumées un peu partout. Euh dans certaines, elles sont euh remplacées par des créateurs de contenu qui n'ont pas de formation journalistique justement où on leur dit l'important c'est pas ce que tu penses, c'est comment tu vas traiter cette information.
Justement, l'important c'est de regarder ce qui se passe et d'être capable d'apporter quelque chose. Quand on arrive à la rédaction, qu'on arrive les mains dans les poches en attendant que le chef nous dire nous dise quoi penser, on n pas fait son taf. Et c'est comme ça qu'on arrive avec des mouvements sociaux qui sont pas traités, avec des rentrées politiques dont on parle à peine, avec des sujets programmatiques qu'on ne voit pas parce que c'est ça l'enjeu en fait.
On parle très très mal d'affairire européenne comme si ça faisait chier tout le monde mais en fait c'est notre quotidien à vous et moi. C'est pareil avec la politique de voir enfin moi je me souviens avoir vu Aurélien ses collaborateurs et et d'autres d'autres personnes à l'assemblée qu'on fait passer aussi dans des espèces d'antiplementarisme puant pour pour des privilégiés un peu au même titre que les journalistes d'ailleurs. Mais quand on les regarde de haut en en se disant que la soupe est bonne et machin, en fait, on se rend pas compte du boulot qui est fait, du boulot réel.
Bah, c'est la même chose dans les rédactions. Vraiment. Euh moi, je me rappelle de truc, mais euh j'ai je je je livre parfois des batailles de santé et de tickers.
Alors, les santé pour vous expliquer, c'est le gros bandeau, vous savez, euh je sais pas euh grève à la tour efffel, des milliers de personnes privées de visite aujourd'hui. Bon, on arrive, on dit bon grève à la tour Effel, euh un budget intenable selon FO et la CGT, 30 % gréviste, c'est pas le même message, vous voyez ce que je peux dire. Voilà, c'est pour vous expliquer un peu les tensions qu'on peut avoir dans les rédactions.
Elles peuvent être de cet ordre. Euh pour revenir sur la question du du rapport que l'on a aussi dans les dans les manifestations, dans les les journalistes sont confrontés à de plus en plus de violence. Moi, je suis euh enfin je comprends tout à fait à quel point euh cette euh sur visibilité de médias comme BFM Télé, comme C News dont on comprend pas ce que fait l'ARCOM d'ailleurs parce que euh ces news ne respectent pas ses engagements.
Alors, c'est quand même intéressant politiquement de voir que malgré tout ces news est maintenu. Euh vous ouvrez enfin voilà France info, on a les mêmes problèmes parce qu'il y a ce modèle euh de d'information de consommation passive parce qu'en fait ça tient les gens qu'on espère qu'il y a un breaking parce que ça va permettre de dire pas grand-chose pendant des heures. Aujourd'hui vous regardez France info pendant 2 heures, vous vous avez quoi deux trois sujets.
Mais vous avez pas deux trois sujets avec un explicatif de quelle est la situation, quel est le factuel suivi de derrière des expertises sur bah si on pouvait faire le grand rencle, qu'est-ce qu'on pourrait en dire ? À la place, vous avez des gens bavards et bah c'est problématique quand même. Et c'est un modèle qu'on voit se développer un petit peu partout et euh ça fonctionne pas.
C'est un modèle comme ça où il faut remplir des cases avec des invités. Donc le service le plus en surchauffe, c'est celui des invités, des programmateurs. Bah c'est comme ça qu'on arrive avec Ouais.
Alors du coup Gaza, ils ont dit peut-être que peut-être que les Américains, les Israéliens pourraient faire un centre hôtelier, faire des développements immobiliers. Ce serait bien qu'on en parle. Tout à fait.
Ah ben je vous propose d'inviter un spécialiste du tourisme. Bon euh ça vient aussi parce qu'il y a des conditions de travail qui sont effroyables. Moi, je vous le demande solennellement, mais c'est comprenez que lorsque vous parlez à des journalistes, vous parlez à des ouvriers de la production audiovisuelle ou écrite ou numérique qui sont payés à l'arrache et qui se font des journées de 10, 12, 13h et entre-temps, ils ont 500000 jours et entre-temps, ils ont eu je ne sais pas combien d'alertes et entre-temps, on leur a dit "Tu as vu c, tu as vu ça et qui en plus sur leur temps libre doivent faire des projets pour vendre des sujets.
Donc on appelle ça pitcher un reportage. Donc ce sont des des conditions extrêmement dégradées. Donc quand vous voyez Micheline, Marina, Jamel derrière sa caméra, essayer de pas les défoncer parce que eux ils sont dans cet écosystème qui est pas forcément très simple.
Voilà. Euh tu veux intervenir peut-être ? Merci beaucoup.
Moi, j'ai trouvé intéressant ce que tu nous disais. Ah, il marche mieux. D'accord.
Est-ce que celui-ci marche ? OK. Euh de de ton point de vue de l'intérieur d'un travail de journaliste dans un média et j'espère qu'on aura le temps dans les questions de revenir là-dessus concrètement.
Moi par exemple, ça m'intéresserait de savoir précisément quelles sont les contraintes qui font que qu'on regarde différents types de de chaîne. On va avoir en gros les mêmes nouvelles. Alors comme tu dis, on a le choix si la tourfelle est fermée de dire si c'est les touristes, de montrer les touristes frustrés ou de parler des syndicats.
Euh mais comment ça se fait ? Ça sera peut-être une question pour tout à l'heure. Moi j'avais juste envie de prendre un peu de un point de de recul et de partir de la question d'Aurélien sur qu'est-ce qui fait la qualité de l'audiovisuel et ce titre la télé est à nous qui moi m'a m'a un peu surpris et tu nous as dit qu'il fallait le prendre un peu de façon second degré ou ironique.
Moi, j'ai envie de me demander c'est quoi la télé et c'est qui nous et là on pourrait se dire bon ben nous c'est la France insoumise donc est-ce qu'on veut une télé pour la France insoumise ? Ça pourrait être sympa. Euh donc très bien.
Voilà. Donc moi je suis pour ça. Je trouve ça serait bien.
En même temps, on pourrait se dire, moi je précise, je suis pas de la France insoumise. Donc moi, je suis très heureux d'être invité ici. Mais une télé de la France insoumise, je trouve que ça nous manque.
Mais peut-être une télé des gauche, moi ça me plairait encore plus. peut-être une télé qui essae qui essaie de rassembler quelque chose qui est plus large que la France insoumise et qui peut avoir une traction peut-être plus grande mais ça c'est on est peut-être pas d'accord là-dessus et puis après on peut se demander si on est dans le public si on veut une télie du commun quand même où il y a des gens qui sont pas d'accord avec nous peut-être même des gens de droite mais qui auraient quand même le droit de parler parce queil y a pas de raison de le empêcher de parler donc d'abord ce nous ça serait quoi deuxièmement la tête Télé, c'est quoi ? Et là, on a parlé de Boloré, on a parlé de tous ces gens-là.
Et là, moi, il me semble qu'on a trois grandes catégories. On a les télés commercial, privé, commercial. Et ça veut dire quoi ?
Ça veut dire il y a des gens qui sont des milliardaires derrière et ça fonctionne à la pub. On a parlé du public où il y a un peu de pub mais il y a aussi de l'État et c'est différent. Mais on a pas parlé, je vois qu'il y a Juditth Bernard qui est là dans dans le dans le public et je suis sûr qu'il y en a d'autres.
Il y a aussi parmi nous des gens qui sont des journalistes qui font un travail important de production de contenu audiovisuel et qui sont alors on va les appeler je sais pas autonomes ou associatifs ou qui sont ni l'état financement par l'impôt ce qui est très important à défendre ni des grands milliardaires qui quelque chose et là on en a quand même beaucoup et on a d'autant plus peut-être qu'il y a quelque chose qui s'est passé autour des années 90 2000 qui est internet qui fait que quand on dit aujourd'hui la télé ben moi je pense plutôt TF1, C News et cetera, TNT. Et je crois que une des questions qu'on aura, ça sera très important de se demander quelle est la spécificité de ça par rapport à des chaînes YouTube, mais je crois qu'on peut pas parler de ceci sans ce cet environnement plus général qui inclut aussi hors série, qui inclut notre ami David Dufren qui inclut tout ceci et des influenceurs qui nous plaisent ou qui nous plaisent pas par ailleurs. Donc on parlait de consommation passive tout à l'heure.
Je crois que les choses ont quand même pas mal changé au cours des dernières décennies parce qu'il y a on est tous un peu consommateurs passif de temps en temps mais on est beaucoup à être aussi producteur que ça soit avec ses copains sur WhatsApp que ça soit avec sa petite chaîne YouTube même s'il y a trois personnes qui regardent et cetera. Donc ça veut dire quoi ? La télé est à nous.
On pourrait se dire bah les télés, il y a des télés qui peuvent être à moi. Je peux faire ma petite chaîne à moi et une télé à soi. C'est possible.
Le défi c'est la télé est à nous. Euh et là ça voudrait dire quoi ? Je vais pas parler pendant trop longtemps parce que je crois qu'on a dit que ça c'est important d'avoir des questions aussi.
Mais peut-être un point de plus à se demander si on essaie de se demander c'est quoi la différence entre David Dufren ou Orille ou France 2 ou é peut-être ça serait intéressant de parler aussi de quelque chose comme é fonctionne encore ou ça peut fonctionner à travers soit des ondes soit quelque chose qui fonctionne différemment des câbles qui nous amènent quelque chose chez nous. Et euh moi je suis dans une revue qui s'appelle Multitude. Tu l'as tu l'as dit tout à l'heure.
Et à Multitude, on se demande pourquoi on continue à faire du papier. Parce que c'est vraiment idiot. Ça coûte cher, tout le monde s'en fout, personne achète nos numéros.
Donc on pourrait faire tout de suite les choses sur internet. Et là on est au numéro 100 25 ans. Et on se dit est-ce qu'on va continuer ?
Et un des arguments qu'on a c'est de se dire lire du papier ça laisse pas de trace. Et quand on voit qu'il y a des gens comme Elon Mus dont tu parlais tout à l'heure, qu'il y a des gens comme les dirigeants de la tech qui ont accès à absolument tout ce que tout le monde peut faire avec un écran sur internet en sachant d'où ça vient parce qu'il faut se brancher parce qu'il y a des codes. Le bon vieux papier peut-être que c'est quelque chose qui est de l'ordre de la résistance parce que là vous savez pas si vous avez les multitudes.
Alors maintenant ça vous pas ça vous fait pas grand chose. Peut-être ça vous agace même parce que des fois mes copains vomis sur LFI, c'est pas mon cas. Moi, j'ai jamais vomi sur LFI, mais il y a des copains qui vomissent sur LFI et je suis pas fier.
Mais euh mais on a le droit de le faire et c'est très bien parce qu'on se veut justement multiple et multiperspectiviste. Euh mais peut-être que le hertien c'est bien aussi pour ça parce que quand moi j'écoute ma petite radio avec ma petite antenne euh j'imagine que c'est possible l'armée pourrait faire ça mais en général c'est plus difficile de savoir qui écoute quoi. Donc peut-être que cette tel est qui est à nous et qu'il faudrait défendre comme à nous c'est aussi quelque chose qui nous protège non seulement qui nous donne des choses mais qui nous protège.
Et qui protège quoi ? Et là peut-être je vais encore juste dire deux choses et après je je laisse la parole. Mettons que ça passe par des ondes, ce qui est pas vrai parce qu'on sait que ça passe aussi par du calme, par la fibre et cetera et cetera.
Mais ce qui est à nous alors c'est les justement les ondes, l'accès à des ondes et cetera. TNT c'est du bien public. Et au-delà de ça, parce que là on pourrait se dire bah non, ce qui passe par les chaînes YouTube c'est des réseaux, des réseaux plus ou moins privés et cetera.
Est-ce que ça serait pas une sorte de d'espace attentionnel ou d'hygiène attentionnelle qui serait un problème commun ? Nous collectivement, si tout d'un coup nous intéressons tous à telle chose plutôt qu'à telle autre chose, ça va avoir des effets sur les générations à venir, sur la nature, sur toute une série de choses. Donc ce à quoi nous prêtons attention collectivement et en général ce à quoi nous prêtons attention collectivement, ça passe par du papier, ça passe par des écrans parce qu'on a notre vie personnelle.
Mais le moi je suis jamais allé à Gaza. Donc Gaza, je sais pas, c'est parce que j'ai des images qui viennent de Gaza ou plein d'autres choses. Donc ce à quoi nous prêtons attention, c'est structuré par ce qu'on appelle des médias.
Et comme tu l'as dit, l'hôpital, la santé, c'est clair pour nous, c'est pas clair pour tout le monde que c'est un bien commun, que l'éducation c'est quelque chose qui est pris en charge par l'État, qui est en bien commun. ce soin de cet espace attentionnel, qu'on sache un petit peu ce qui nous arrive en terme de connaissance, d'information et cetera, c'est peut-être ça qui est d'abord à nous et que si on se dit bah tiens, chacune de nous a un pouvoir, personne ne me force. Moi, j'ai jamais regardé ces news pour être honnête.
C'est mon petit pouvoir à moi qui est dire de je regarde pas ces news parce que j'ai d'autres choses à faire. Mais on sait très bien que c'est pas suffisant ce petit pouvoir à soi. Donc c'est des structures, des structures attentionnelles, collectives qui de fait sont à nous ou devraient être à nous et qu'on devrait justement protéger avec la force publique.
Donc ça c'était un petit point de de cadrage. Maintenant ce que j'aimerais bien faire avec la télé est à nous, c'est de la voir comme quelque chose de programmatique. Elle est pas à nous maintenant.
Et je crois que tu disais tout à l'heure, on mangeait ensemble que ça aurait été une expérience où des gens avaient déclaré pour se réapproprier la télé. Une association se dit "On va se réapproprier la télé." Qu'est-ce que ça voudrait dire ?
Et de nouveau, il y a hors série, il y a des gens qui se réapproprient le fait de faire quelque chose comme de la télévision et de le rendre disponible. Mais collectivement et en particulier, comment ça peut se nouer avec un pouvoir d'état ? Moi, je me méfie toujours des pouvoirs d'état qui censurent.
Euh je crois effectivement que c'est pas une bonne idée de pas admettre un journaliste ici s'il veut venir. Je crois que c'est pas une bonne idée de d'annuler des contenus parce que ça nous plaît pas. Euh il y a plein de choses qui nous plaisent pas et je crois que c'est important que ça circule jusqu'à un certain point.
On a plein de d'exemples de dérives et cetera. Euh donc qu'est-ce qu'on peut faire avec l'État outre que censurer ? parce que peut-être des fois il faut censurer.
Une des choses qu'on peut proposer, on en avait parlé dans dans la commission justement, qu'est-ce que ça serait de penser les médias à partir de la publicité, à partir de ce cancer publicitaire qui aujourd'hui est central dans les médias. Une grande partie, il me semble, de ce qui se trouve arrivé sur nos écrans, c'est conditionné par le fonctionnement de financement de ces écrans qui est ce qu'on appelle l'économie de la tension, la marchandisation de la tension. le fait que en regardant quelque chose parce que justement il y a des câbles, il y a des gens qui savent ce qu'on regarde et cetera et cetera et qui peuvent nous balancer de la publicité et ben notre regard valorise la chose et il peut être acheté et il peut être vendu.
Et c'est comme ça que fonctionnent beaucoup de ces chaînes commerciales et en particulier sur internet. Donc si on se disait par exemple programmatique aujourd'hui la taxe sur la publicité a peu évolué depuis 50 ans. Elle est vraiment ridicule ce style 2 % 3 % enfin c'est vraiment ridicule.
Qu'est-ce qui se passait ? ce qui se passerait si on disait voilà si par exemple le pouvoir changeait demain et qu'il y a des gens qui puissent proposer des lois et que ces lois soient accepté de mettre une taxe de 50 % sur la publicité. Donc ça vous vous dépensez 1 € en publicité, vous avez 1 € que vous devez verser à quelque chose.
Qu'est-ce qu'on pourrait ? Alors soit ça baisserait la publicité et moi je me plaindrai pas, je sais pas vous, mais ça me manquerait pas d'avoir moins de publicité. En même temps, il y a des gens qui vivent de la publicité, non pas tellement les publicitaires, là on on pourrait leur faire plein d'autres choses qui seraient sans doute plus intéressantes, mais il y a des gens qui sont financé par la publicité et qui font de belles choses.
Tous cet argent ou de l'argent qu'on pourrait avoir par d'autres formes d'impôts, les mettre dans un fond de redistribution pour justement financer quoi ? financer ce dont on a besoin pour l'information, financer de l'investigation parce que comme tu le disais des journalistes d'invité T3 Lulu qui parlent comme je fais maintenant ça coûte pas grand chose et puis c'est pas forcément très intéressant. En revanche, de faire de l'investigation où on va pendant 3 mois sur des terrains pour essayer de découvrir des choses, de trouver des chiffres et cetera, de la recherche ou de l'investigation, ça ça coûte cher et ça il faut le financer et ça c'est un bien commun à constituer.
Euh donc il me semble qu'il y a toute une série de choses à commencer par taxe sur la publicité mais aussi mécanisme d'essayer de redistribuer non pas seulement l'argent mais l'attention elle-même. Essayer de s'opposer à ces logiques de concentration. Ça c'est quelque chose qu'on peut déjà commencer maintenant.
Et donc après, je sais pas si tu reprends la parole, moi j'avais une question pour pour ma voisine qui serait euh tu disais tu parlais de ce moment où tu choisis le sainté pour savoir qu'est-ce qu'on va mettre dessous. Moi ce qui m'intéresserait c'est comment est-ce que vous choisissez, je sais pas le matin, le soir, à midi sur 24, ce dont moi je vais apprendre lorsque je me branche sur France Culture à 6h que aujourd'hui il s'est passé ça en 15 minutes. Et là, pour moi, la prémise, c'est queon sait qu'il s'est passé des milliers de choses sur la planète, que dans ces milliers de choses intéressantes, je veux dire, parce que moi j'ai voilà, je me suis cassé la jambe, ça intéresse personne, mais des milliers de choses politiquement intéressantes qu'il faudrait savoir, il y en a un nombre restreint qui arrive chez vous parce que vous pouvez pas savoir les 1000 chaque jour.
Euh dans ce dans ce cette quantité restreinte euh vous faites des choix. Et ma question c'est structurellement quels sont les choix qui sont faits sur toi en tant que tu es journaliste ? Qu'est-ce qui se passe si tout d'un coup tu te dis "On va pas parler de Trump", voilà, pendant 6 mois, on parle plus de Trump et aujourd'hui c'est difficile parce qu'il est président, il fait plein de saloperies.
Quand il était quand il était entre ces deux présidences, moi chaque fois j'étais agacé par tous les gens qui parlaient de Trump alors qu'il y avait aucune nécessité de parler de Trump. Et on sait que quand on parle de Trump, on nourrit le monstre. Donc là, on a des choix et à mon avis, tous les journalistes qui parlaient de Trump quand il était perdu dans son truc, on aurait dû juste l'ignorer, même pas lui faire des procès parce que ça lui donnait de la visibilité.
Donc voilà, ma question très concrète, c'est comment ça se passe maintenant ? Et qu'est-ce de quoi tu aurais besoin pour avoir plus de liberté en tant que journaliste ? Dans quelle structure pour pouvoir faire des choix différents et qui nous qui nous voilà qui nous éduquent, je sais pas si c'est éduqué mais qui nous informe mieux.
Merci. Alors, je suis peut-être alors je vais pas dire que je suis un contreexemple, mais j'ai quand même la chance de travailler pour une chaîne qui s'appelle France 24 où on a une ligne éditoriale, c'est certain, mais également un certain degré de responsabilité et d'autonomie. Donc euh la question que tu poses sur Trump, elle est hyper intéressante et il se trouve que je travaille très souvent sur la tranche du minuit à 6h du matin qui est diffusé conjointement sur France info et France 24, donc en tant que red chef de de de de tranche.
Et euh euh et c'est vrai que c'est eu c'est c'est un débat que j'ai eu avec mon directeur parce que euh comment te dire ? Moi, quand j'arrive à la chaîne, le premier truc que je fais, c'est je regarde quelles sont les dernières dépêches. J'ai fait ma revue de presse.
Je regarde quelles sont les images dont je dispose. Il y a des choses qui mériteraient qu'on les éclaire particulièrement. De demander à des rédacteurs de faire des sujets, ça c'est un peu mon rôle si tu veux.
Donc de décider quel titre on va mettre, comment est-ce qu'on va les traiter, avec quel angle, avec quel traitement, c'est-à-dire est-ce qu'on va faire un sujet, est-ce que je commande un reportage ? Est-ce que je j'appelle un correspondant ? Est-ce que j'ai un expert disponible pour pouvoir en parler ?
Comment est-ce que j'articule le journal avec le reste de l'actualité ? Ça c'est des questions que je me pose et sur lesquelles j'ai en théorie une attitude qui est totale. Mais je pense que France 24, c'est un peu particulier.
Puis par ailleurs, sur ces choix que je fais euh je je suis aussi comptable, enfin il faut que je les assume auprès de mon directeur. Et ce débat sur la présence de Trump, les positions de Trump euh en en ce moment, alors ça se passe plutôt bien mais mon directeur me dit "Mais écoute, c'est président de la première puissance mondiale, tu peux pas ignorer machin." Et moi je lui dis "Bah écoute oui, il se trouve que sur ma tronche, Trump dit à peu près 15 conneries à l'heure et sur un journal de 15 minutes, en fait Trump il joue de ça, c'est même une stratégie assumée, on peut pas tomber là-dedans.
Donc comment faire ? Moi ce qu'il me dit c'est ne passe pas à côté. quand je suis en gestion des antennes et que je me rends compte que il s'est passé je ne sais pas quel événement euh par ailleurs, enfin ça peut être des événements politiques, sociaux, environnementaux euh euh voilà ou des des histoires sociétales qui ont du sens globalement.
Euh honnêtement, moi quand je vois les urgents de la FP qui arrivent en rouge avec Trump a dit, Trump a dit ça, bon il dit beaucoup de choses et c'est pareil dans nos tickers avec machin d'ici et on a l'impression que c'est une espèce de relativisme qui s'installe juste parce que on laisse le micro ouvert et qu'on les superpose. Et c'est un truc que moi j'essaie de pas faire parce que je me rends compte que en terme d'information c'est zéro. Enfin, c'est le alors c'est un officiel effectivement, c'est un président, c'est un leader et cetera.
Donc sa parole, tu es obligé de la prendre en compte d'une manière ou d'une autre. Mais moi, je sépare, si tu veux le déclaratif de des décisions. Euh et c'est un peu comme ça que j'essaie de faire la part des choses.
Et puis je je suis bien consciente qu'en fait le mec essaie de nous inonder de conneries pour qu'il y ait plus la place que pour ça, que pour euh le commentaire, la polémique et en fait rien du tout. Et en fait, on n pas fait avancer quoi que ce soit. Donc, je préfère euh minimiser cette prise de parole euh autant que c'est possible euh si je si je vois pas qu'elle peut avoir un impact.
La question c'est quelle conséquence à ça ? Est-ce que ça peut être suivi des faits ou pas ? Et ben voilà, à chaque à chaque nouvel urgent et ben tu te dépatouilles un peu comme tu veux pour adapter en fait la construction de ton journal.
Euh c'est un peu comme ça, mais je pense qu'effectivement c'est pas le cas partout. Euh par exemple, alors France Télévision, il faut comprendre un peu comment ça fonctionne, mais c'est une une structure ultra hiérarchique où finalement les décisionnaires sont pas très nombreux. Euh et donc ils ont des processus de validation des sujets qui sont pas toujours très lisibles pour leur leur reporteurs, y compris des grands reporters qui proposent des choses et puis ils vont leur dire bah non, pas c pas ça.
Et même parfois ils ne le comprennent pas toujours. Donc ils ont un peu moins d'autonomie. Nous, on en a encore mais peut-être qu'il faut pas trop le dire parce que si certains se rendent compte, peut-être qu'on sera plus emmerdé.
Mais euh mais c'est c'est un vrai sujet et ce sujet en fait c'est celui de la gouvernance au sein des rédactions. Il y a plusieurs gouvernances. Enfin, moi je pense que pour l'audiovisuel public, il y a des vraies questions qui se posent sur le le contrôle de la qualité éditoriale parce que alors la loi bloche, c'était franchement un pensement sur une jambe de bois, ça a pas servi à grand-chose.
Mais des comités, ça sert pas à grand-chose. Enfin, des comités de personnalité qualifié en général c'est un petit machin qui va produire des trucs. La rédacte fait son boulot, il se parle jamais.
On sait même pas quand il rend un avis. Ça a pas trop de sens pour nous. Même si ça ça ça fait une injonction de plus si vous voulez parce que bah oui, on a la charte de Munique, on a quand même quelques textes fondateurs, on a des charte interne à l'entreprise avec la façon dont on va parler.
Alors, je me rappelle très bien pendant les attentats, est-ce qu'on nomme les gens ? Est-ce qu'on monte la photo des des personnes interpellées ou pas ? Est-ce que on leur fait le leur pub en diffusant des images de propagande ?
Ça c'est des questions qui se posaient sur lesquelles il a fallu qu'on travaille ensemble pour essayer de définir un cadre qui pourrait être commun à tous, lisible et qui serait justifier. Ça nous permettait d'avancer. Mais on enfin la gouvernance, elle est à plusieurs endroits.
Il y a la gouvernance de rédaction. Si c'est pas transparent, si le débat est pas sain et si chacun a pas le droit à la parole et qu'en plus il y a pas des gardes de fou de enfin, on peut pas voir une personne en charge de tout et sans aucun contrôle, ça fonctionne pas très bien. Il faut aussi des procédures de vérification d'information.
Il faut avoir du recul. Enfin, je pense à des choses comme le traitement des faits divers qui est hyper instrumentalisé notamment dans la presse de droite qui est ultra problématique. Il y a eu aussi le projet de loi sur comment s'appelle le narcotrafic pendant une semaine sur France Cellé.
Ils étaient au cœur des forces dans des trucs hypervitaminés avec les mecs et il faisait des voilà il nous expliquait comment les récupérer com comment lutter contre le narcotrafic. Alors qu'on sait, si on s'intéresse et qu'on recule un peu la focale, que ce travail qui est fait en fait, il est dérisoire et que la question de comment dire de l'approche euh politique ou sécuritaire sur les questions de narcotrafic sont souvent contre-productives et que et qu'en plus ça prend beaucoup de place. Et moi, ça m'avait interrogé de voir cette série-là précisément où on débattait de ces questions-là parce que ça enfin euh ça apportait l'idée qu'il fallait absolument faire quelque chose avec potentiellement des euh des décisions liberticides qui allaient qui qui allaient s'en suivre. et j'ai eu l'impression qu'on essayait d'endormir les gens et n'ayant pas tout le détail de ce processus de décision, j'en étais extrêmement frustrée.
Mais c'est c'est vrai plus largement hein l'effet d'hiver, on sait très bien qu'à ces news, au JDD et cetera, une connerie qui se passe à un endroit où il y a une personne racisée, ils vont s'en saisir pour construire ensuite un discours raciste qui qui vaudrait à assimiler des personnes racisées à des meurtriers, des trafiquants, des machins. Les gens qui travaillent sur ces questions là ont un comment dire une analyse qui est beaucoup plus solide et beaucoup plus nuancé. Donc il faut le savoir.
Après, on a aussi l'exemple de sources institutionnelles comme au ministère de de l'intérieur ou qu'en retaill au sort des des études, on se rend bien compte que il y a parfois des herméthodologiques et qu'on est obligé de s'adresser à des chercheurs pour essayer d'avoir un recul qui nous permette d'y voir un petit peu plus clair. Et donc voilà, on est pris dans ce truclà. Je sais pas si ça répond à ta question mais voilà pour la gouvernance de de de des rédactions et puis après, il y a la gouvernance des directions qui pose aussi quelques questions.
Moi, je suis toujours surprise de voir que les médiateurs sont pas présents dans toutes les entreprises de l'el public, que les spectateurs n'aient pas leur mo à dire et franchement le courrier des lecteurs ou écrire au médiateur, c'est pas participer activement à la vie de l'entreprise et pourtant une place devrait être ouverte. Mais vraiment encore 2 minutes et après je te laisse pas juste je j'avais regardé le Est-ce que je peux ajouter un truc ? Et et pardon parce que juste et parce que ces questions sont éminemment politiques, sensibles, quelles sont l'objet d'instrumentalisation multiple chez nous, en tout cas dans notre syndicat, on revendique, on défend l'idée d'associer l'évaluation de la qualité éditoriale à des boards de scientifiques, pas de personnalités qualifiées qui sont potes avec le mec du CSA ou qui ont été star de telt. on en a rien àirer.
Non. des scientifiques qui travaillent sur le contenu sémantique, des gens qui travaillent sur les sur euh les représentations, des sociologues et cetera, des historiens, des gens capables de faire ce travail de façon indépendante et avec euh le voilà avec une vraie production de savoir hein plutôt que de choses qu'on va utiliser. Alors, peut-être que tu seras pas trop d'accord avec moi, mais ces idées que le que que les parlementaires devraient enfin l'idée que l'équilibre qui existe au sein du Parlement, soit la définition de l'alpha et l'oméga des directions de l'entreprise, moi ça m'inquiète un peu parce que je pense que en ce qui concerne les questions éditoriales, c'est justement en ayant la distance qui nous protègera de regard ou de politisation, qu'on pourra justement construire une indépendance un peu plus forte.
Mais voilà. Moi, j'aimerais juste peut-être reprendre la question et résumer ce que tu disais avec ton projet. La télé peut être à nous et qu'est-ce que ça voudrait dire que que des médias qui soient plutôt à nous.
Lorsque Retaillot était dans sa primaire, je l'ai entendu plusieurs fois dire que la France pense à droite. Il disait "La France pense à droite, je crois." Et moi j'ai j'ai je sais pas s'il disait la France pense à droite ou penche à droite.
Et il me semble que si on se dit que c'est comme une sorte de terrain de football qui penche à droite où c'est beaucoup plus facile de mettre des buts quand ça descend que quand ça remonte, il me semble qu'on a une assez belle image de du problème médiatique qu'on a nous quand on est à gauche. Et c'est quoi ? Qu'est-ce qui fait que le terrain médiatique penche à droite ?
Et là, moi, j'ai au moins quatre choses euh avec peut-être avant de les dire euh on fait face aussi à ce discours qui dit "Ah mais les médias, en particulier les médias publics sont tous alors des en aux États-Unis des liberals ou des progressistes ou des gauchistes ou je sais pas quoi. Enfin, pas gauchistes mais mais à gauche. Et là, il me semble qu'il faut prendre ça au sérieux parce que je crois qu'il y a quelque chose qui fait que quand on a le type de conditions de travail dont tu parlais maintenant, dont tu disais qu'elles sont quand même un petit peu privilégié pour moi va privilégié, je veux dire dans le sens où c'est toi qui choisit au moins pas au sens travail, au sens pas au sens salaire et cetera mais je veux dire toi tu as encore une marge de choix dans l'agenda médiatique au moins de quand tu quand tu fais quelque chose.
Et ça, je crois qu'il faut absolument défendre ça. Donc ce soit que ce soit Boloré, que ce soit le gouvernement, on veut pas. Donc il faut une sorte d'indépendance, d'autonomie et cetera des journalistes que ça je crois que c'est lié à un espace protégé par le l'espace public et donc ça il faut le garder et donc que les fascistes, que Trump que Orban, que tous ces gens-là Reanent parce que ça remonte au moins à 50 ans, qu'il s'attaquent au NPR aux États-Unis, PBS hein, aux chaînes publiques aux États-Unis, c'est pas du tout Trump.
Enfin, Trump, il essae mais c'est le Nè et peut-être qu'il va réussir de effort pour essayer de démolir ça parce que ce crée un espace qui permet justement une un certain type d'information. Mais qu'est-ce qui fait que ça penche à droite ? On a déjà vu des choses, la propriété par des milliardaires.
Donc si c'est une propriété par des milliardaires, ils vont pencher de ce côté-là. La commercialisation, si on vit de l'attention, on va devoir attirer l'attention plus ou moins à tout prix. Et c'est clair qu'un fait d'hiver, un viol, un machin, ça attire l'attention et on tombe là-dedans.
Mais il y a d'autres choses de que j'aimerais juste signaler parce qu'il me semble que ça explique pourquoi ça penche à droite. La droite pour moi, c'est aujourd'hui l'ancien régime. C'est des gens qui ont des réponses économiques à toute une série de problèmes qui sont des problèmes d'ancien régime.
Ils ont pas ils ont pas ils veulent pas parce que c'est pas c'est sans doute pas leur intérêt prendre acte des besoins de socialisation et d'écologisation de nos sociétés. Donc ils continuent, ils ont des réponses toutes faites et ça marche bien parce que on a le vocabulaire, on comprend ceci. C'est quoi le défi de nous à gauche ? c'est qu'on doit non seulement dire quelque chose mais inventer un vocabulaire, inventer une nouvelle langue qui fait queon peut pas parler de terrorisme, on peut pas même parler de salariat ou d'entreprise.
Moi ça m'ex ça m'énerve de plus en plus. On parle toujours d'entreprise, ça veut rien dire entreprise entre une PME, entre je sais pas si hors série, c'est une petite entreprise peut-être hors série. Et Total Energy, hein, c'est le même mot qui a absolument aucun aucun aucun rapport.
Donc en employant ces mots, on fait que ça penche à droite. Et donc il faudrait inventer un nouveau vocabulaire. Et là il y a une dimension littéraire.
Je je reviens à à ton à ton point de départ. Il me semble que c'est au moins autant un travail de poétique au sens trouver une nouvelle langue, trouver de nouveaux mots qu'un problème politique qu'on a avec l'immédiat. Et si ça penche à droite, c'est parce que le langage dont on se sert pour parler de la société en terme d'économique plutôt que d'écologie, on en hérite.
On peut pas tout changer ça du jour au lendemain. Et c'est pour ça que ça penche. Et c'est pour ça qu'on aurait besoin de plus de temps d'autres espaces à développer.
Et donc là, la question c'est comment est-ce que programmatiquement on peut se donner des espaces qui permettent de développer et diffuser ce langage dont on a besoin pour pardon pour sortir de l'ancien régime ? [Musique] Bon, on pourrait faire des heures. J'ouvre la discussion tout de suite comme ça pour qu'il y ait moins de frustration que sur la table de tout à l'heure.
On va alterner femme homme. Et si on a plus de femmes que d'hommes et ben ça change ça nous changera et on respectera ça. Merci.
Merci à tous les trois. Euh donc oui, Yve, tu tu l'as dit, je fais partie de cette constellation de médias indépendants euh qui sont nés euh qui sont nés notamment de la frustration hein, de devant notamment ce que le service public avait à nous proposer, le service de public de l'audiovisuel qui penche à droite quand même depuis très très longtemps. Et donc, je pense qu'il faut pas idéaliser le service public.
Évidemment, je veux le défendre avec vous, évidemment, c'est hyper dangereux queon l'attaque, mais en fait, il y a un truc qu'on a pas dû suffisamment penser dans la conception du service public. Euh la question c'est quel garde fou pour éviter que ça penche à droite comme ça penche à droite et depuis très longtemps. Moi je travaille avec mes étudiants euh sur euh par exemple ben ce qui s'est passé en 2005 au moment du traité constitutionnel européen.
À l'époque je travaillais à arrêt sur image. On avait observé que 95 % des sujets roulent pour le oui au tce 95 % y compris donc dans l'audiovisuel public qui a fait campagne pour le oui au trait constitutionnel européen. Je travaille sur des reportages de 2008.
Donc 2008, c'est la guerre présence française en Afghanistan. Les reportages sont bellicistes, impérialistes, racistes. Dans le 20h de France 2 de Pujadas, donc on est dans le service public.
Euh 2008, c'est la crise des subprimes. Le discours de l'audiovisuel public sur la crise des subprimes est passé complètement à côté des enjeux, n'a rien compris, roulait derrière. Bon, c'était un massacre en terme d'éducation populaire pour pour expliquer aux citoyens ce qui était en train de leur tomber sur la gueule.
Si on décrit aujourd'hui l'audiovisuel public, ne serait-ce que dans le rapport à la France insoumise, je sais pas s'il y a encore des insoumis ici qui arrivent à écouter Radio France. On a dû quitter, on a laissé tomber euh France info, c'était pas possible. France interre, on a fini par lâcher aussi. même France Culture, toute l'info est mélanchonobe, donc on a un vrai problème.
Euh c'est pas facile pour un insoumis d'arriver à s'informer. On est obligé de bah de de évidemment que C News et cetera, on peut pas mais même l'audiovisuel public en fait nous fait la guerre. Donc euh donc on a dû inventer des médias indépendants depuis longtemps euh pour essayer de produire l'information d'intérêt général euh en laquelle on croit qu'on essaie euh de de soutenir et de défendre.
Et je je je tiens quand même à faire l'exception de France 24 parce que j'ai en le en l'occurrence en 2008 France 24 c'était le seul endroit où sur l'Afghanistan c'était pas impérialiste, c'était pas raciste, c'était pas islamophobe. Il y avait des des sans doute RFI aussi mais moi je bosse. Ouais ouais effectivement.
Donc c'est vrai que là il y a un nyo, un village d'Astérix à préserver de qualité. Pour le reste, on a vraiment des batailles à à livrer pour réinventer le principe d'un service public qualitatif. Et donc ma question adressée à tous les trois, c'est comment on pense des gardes fous ?
C'est pas seulement à travers le financement, moi je je suis plutôt pour le modèle de Pierre Rimbert financé, il a écrit en 2014 dans le monde diplô un projet pour la une presse libre qui soit financée par la cotisation. Ça me paraît un super principe. Donc ce financer de la presse libre par la cotisation, mais comment on fait en terme éditorial pour produire une information réellement pluraliste conforme à l'intérêt général, à l'éducation citoyenne ?
Tu parlais de l'expertise scientifique que vous essayez d'associer à vos projets. Je trouve que c'est un très très bon appui s'appuyer sur des chercheurs, des penseurs qui viennent examiner comment on formule les choses, comment on quelles sont les méthodes pour produire du savoir. Voilà, je parle trop longtemps.
Pardon. [Applaudissements] Merci. Oui.
Alors euh moi c'est la question du pourquoi pourquoi aujourd'hui les milliardaires et pourquoi le capital achète des médias ? Pourquoi ils achètent des médias y compris qu'ils sont déficitaires, notamment dans la presse écrite ? Ils ne ils ne gagnent pas un radis.
Pourquoi ? Alors moi je veux pas faire du gramchi de bas étage mais très clairement ils le font parce qu'ils veulent défendre une idéologie bien claire celle du capitalisme et celle et celle et parce que ça passe par la maîtrise des consciences et des médias. Et comme j'ai un parlementaire, un universitaire et une journaliste, j'en arrive à demander une chose, que peut-on faire face à ça ?
En 45, la presse qui s'était vautrée dans la collaboration a eu droit à des décrets et à des ordonnances. En 81, le groupe et à côté le groupe Boloré aujourd'hui, enfin le groupe, c'était un, il y lo qui fut votée par le Parlement pour effectivement mettre de l'ordre euh dans la presse. Alors quand je dis mettre de l'ordre dans la presse, c'est pas pour la régenter, mais pour autant, je pose la question.
C'est-à-dire que j'entends hein toutes les initiatives qui peuvent être mais puisqu'on a un parlementaire, puisqu'on a des universitaires et des journalistes qui pensent à ça, est-ce qu'il est possible aujourd'hui de penser qu'on peut réglementer, qu'on peut faire une loi et qu'on peut faire en sorte qu'effectivement la presse qui est on a parlé du 4e pouvoir mais qui est aujourd'hui l'instrument d'un d'un système puisse effectivement je dirais agir pour le bien commun et qu'on puisse avoir non pas une presse objec Ça n'existe pas. Mais en tout cas, une presse qui ne soit pas entre les mains des capitalistes et des impérialistes. [Applaudissements] Au début de votre intervention, vous êtes syndicaliste, c'est ça ?
Vous avez commencé par dire que vous étiez d'accord, que c'est pas bien de ne pas accréditer le journaliste du monde. Alors, je vais juste donner mon sentiment de citoyenne et insoumise. Euh, et ce que j'ai pensé, ça m'a un petit peu un petit peu heurté.
Euh je vais vous dire pourquoi. Parce que en fait et ça va m'obliger, ça va m'obliger. Je voulais pas l'acheter parce que je voulais pas lui donner de l'argent mais je vais je vais je vais le lire et je vais l'analyser et je vais le décortiquer.
Pourquoi ? Pourquoi c'est important ? Parce que justement moi en tant que citoyenne, d'accord, enseignance à la retraite, je crois au fait, aux statistiques, au aux choses qui sur lesquelles on a travaillé et qui sont vérifiables.
D'accord ? Or le livre la meute, qu'est-ce qu'il outre qu'il me désigne y compris puisque je suis insoumise, il désigne les insoumis. Il a un caractère selon ce que j'en ai lu penfletteur.
D'accord. Et moi je n'ai je n'ai rien contre le fait que des gens écrivent des penflet sur la France insoumise. Les penflet c'est une tradition française.
Sauf que la différence c'est que celui qui a écrit il est journaliste au monde le monde c'est considéré comme une référence de de sérieux d'actualité. Bah plus ou moins. Ben peut-être pas pour les insoumis mais pour une majorité de la population on va dire.
Et moi je trouve que il a écrit un penflet libre à lui, mais le fait qu'il euh qu'il comment dire ensuite qu'il qu'il vienneent aux amphis euh c'est un c'est un pour moi c'est un problème qui veuille venir aux amphis c'est un problème pour moi parce que il y va en tant que journaliste et non en tant que penfletter. Or, sa fonction de journaliste fait penser que son livre est un travail de journaliste. Et les gens gardent dans l'esprit que le travail du journaliste est un travail sérieux, est un travail qui s'appuie sur des faits quantifiables, reconnaissables et cetera et non pas sur des on dit des j'ai constaté un ami qui j'ai un ami qui euh les Français pensent et cetera et cetera.
Donc je je pense que vous avez le droit de prendre position. Euh nous aussi on a le droit de prendre position par rapport à ça et il va falloir qu'on creuse cette question parce que moi je veux savoir si c'est le panlétaire qui voulait venir ou le journaliste et est-ce qu'il utilise sa fonction pour justifier ce qu'il a dit sur la France insoumise ? Voilà.
Alors, on va on va laisser on va reprendre Ouais. essayer de faire un tout petit peu plus court. On en prend une en plus.
OK. Une en plus. Bonjour, merci beaucoup.
Je m'appelle Robin Nardau. Je suis euh étudiant et aspirant journaliste agrenable. Euh j'ai été j'ai eu la chance ou l'opportunité euh d'être aux rencontres économique d'Ex en Provence début d'été dernier.
Euh un des premiers euh c'est un groupe libéral euh proche du MEDF. Euh les petits fours étaient excellents et c'était tout frais compris hein, qu'on soit clair. Euh voilà.
Euh donc j'ai une des premiers une des premières thématiques qui était discuté en amphi c'était sur la désinformation. Il y avait notamment le patron du groupe M6. C'était tout pile une semaine après les grèves massives qu'il y a eu au service public et pas un mot n'a été dit pendant 1 heure sur le le sur tout ça.
Je me lève, je pose ma question naïvement, je demande au patron du groupe M6, au patron du groupe les écoles parisiens dont je respecte personnellement le travail parce que je suis aspirant à travailler dans ces médias là tout comme les autres peu importe. Euh et euh du coup je je je naïvement je je demande euh est-ce que vous vous soutenez ? Moi j'ai peur pour mes camarades travailleurs, pour mes pour mes les études, pour mes moi mon futur métier.
J'ai peur de plus avoir de travail. Comment vous le percevez ? Et il m'a clairement dit que j'étais trop orienté pour un aspirant journaliste, sans déconner, et que j'étais à côté de la plaque.
C'est ces mots, vous pouvez les trouver en ligne sur c'était en direct, vous pouvez les trouver en ligne sur leur chaîne YouTube. Je comprends pas ce manque de Je croyais naïvement que particulièrement les journalistes étaient solidaires entre eux ou les patrons de presse étaient solidaires entre eux. Moi euh et du coup, j'ai du mal en tant que syndicaliste.
Est-ce que vous quelle opinion vous avez de de tout ce tout ça ? Merci. Merci.
Alors, on va prendre Non, non, non, ça fait trop et on prend on prend un deuxième round, vous inquiétez pas. Je me permet de répondre du coup. Bon, je vais me permettre de répondre peut-être reprenant par la fin en vous indiquant que la commission d'enquête sur la TNT n'a fait l'objet d'une a fait l'objet d'une couverture de presse intéressante.
La presse écrite s'en est occupée. Un tout petit peu la radio, pas du tout la télé. La télé, il y a pas un sujet télé qui a été consacré à la commission d'enquête.
Juste quand même hein, on a fait plus d'un million de vues sur YouTube, donc j'ai fait enfin on a fait sur certaines de ces auditions cinq fois l'audience de BFM. Voilà. Et ben ils ont pas trouvé utile d'en faire un sujet.
Le seul les seules chaînes qui en ont parlé, C News et C8 pour dire à quel point j'étais idiot. Mais c'est pas grave. Comme vous le savez, être pris pour un idiot par un imbécile est un plaisir de fin gourmet.
Donc au point où on en est, ça c'est de quoi on peut parler et de quoi on ne peut pas parler à la télé. Premier point euh je reviens pas longuement, je reviens pas en réalité sur la question de l'accréditation du du journaliste du monde. Je comprends que certains puissent trouver que c'est inopportun ou pas une bonne chose tout simplement.
Pour ma part, j'ai la ma conviction. sachant de quoi il parle, sachant de qui il parle, sachant que effectivement à mon avis, il n'a pas respecté la méthode, les les réquisites du du métier de journaliste. Je considère qu'il n'est plus qualifié pour être agir en tant que journaliste.
Je crois que la camarade a formulé assez justement le problème et je dirais de façon un peu provoquante, même méthode, même traitement. Il a été pas très loin finalement de ce que le journal Frontière a pu faire ces derniers temps et que quand il viennent à l'Assemblée nationale, ces différents parlementaires de différentes familles politiques qui leur ont fait comprendre que leur place et leur procédé n'était pas n'était donc pas acceptable. Donc voilà, ça c'est c'est en tout cas la position que que moi je je défends.
Alors qu'est-ce qu'on peut faire ? Je renvoie au rapport que j'ai fait parce que évidemment je veux pas vous faire une heure dessus. Il y a une série de propositions.
Parmi les proposition, il évidemment l'idée de la démocratisation en général des médias. Et l'idée de la démocratisation, elle passera pas par autre chose que par soit du pouvoir donné aux élus, qu'on le veuille ou non, ou plus directement. Et ça, on peut ouvrir le le chapitre de la discussion. quelle est la part que les usagers doivent prendre dans la direction directement du service public.
Il y a évidemment l'idée de démarchandiser, donc de réduire la place de la publicité, des dépendances et cetera à l'égard de tout ça. Il y a évidemment aussi pour ce qui n'est pas pour ce qui est des chaînes privées, on peut se demander si elles doivent continuer à exister. Mais je vais pas mettre tout de suite le le ce pavé là dans la marre, mais à supposer qu'il continue à exister chaînes privées, euh s'assurer que l'ARCOM fait vraiment son travail, et ben c'est un boulot qui nous incombe désormais.
Donc moi, je je signale presque tous les jours enfin quasiment des contenus notamment de ces news à l'Arcom. Il y a un problème fondamental hein, c'est que l'ARCOM désormais ne fait plus et je crois que maintenant il fait encore moins son travail qu'il le faisait avant. Je crois que le nouveau président, il va falloir que on ait une une discussion.
Je l'ai vu rencontrer une fois, je lui ai dit quel sujet me préoccupait ? Il m'a dit "Je prends note et puis depuis il ne s'est rien passé." Mais pour vous donner une idée, pour vous dire les choses précisément, le Conseil d'État a obligé l'ARCOM il y a 1 an et demi à réviser sa méthode pour évaluer ce qu'on appelle le pluralisme dans les médias.
Je reviens pas longuement là-dessus. Là, on dit votre méthode est nulle ou en tout cas, elle est pas pertinente. C'est sans doute pour ça que vous avez cru pouvoir dire que ces news étaient respecter le principe de pluralisme.
Donc, révisez votre méthode et refaites un et refaites une évaluation. Ils ont révisé leur méthode, pas de façon très approfondie et pas très intéressante, mais enfin ils l'ont fait et à partir de là, ils ont réévaluer ces news et ces news et ils sont ils ont dit à ces news, "Bon, en fait, c'est vrai, on s'est gouré, vous étiez pas pluraliste." Sans blague.
Euh à partir de quoi ? Ils leur ont dit, "Vous avez un an pour vous pour vous en mettre à niveau et dans un an, on vous dira ça fait donc 1 an, il y a toujours pas de réévaluation du respect du pluralisme. C'est pas les seules obligations que les chaînes doivent respecter, hein, mais en tout cas celle-là c'est massif et c'est déjà l'ARCOM a déjà dit quelque chose là-dessus.
Et bien, ça fait plus d'un an et eux-mêmes ne tiennent pas les délais. Il y a pas eu de nouvel avis, de nouvel examen pour dire bon là vous avez pas respecté donc doren avant on vous sanctionne mais il y a plein de sujets sur lesquels on aurait pu les il pourrai aussi bouger. Moi, je les ai sollicité en leur disant "Bon bah, écoutez euh comment il s'appelle l'autre ?
On ferait on frait a trouvé le moyen d'expliquer que il a été ramené à ces news par le patron, enfin le propriétaire par le patron Bolloré en personne qui lui a dit "Faudrait que vousz faire une émission chez moi." Bon, il se trouve que ça c'est contraire aux obligations, au cahier des charges puisque le principe d'indépendance d'une rédaction c'est le propriétaire ne vous dit pas ce que vous allez faire comme émission. C'est c'est le bé àabas, c'est clair.
Donc j'ai pris ma belle ma plus belle plume, j'ai écrit àcom et je leur ai dit bon le monsieur là, il a dit qu'il était devenu chroniqueur pas par la décision du directeur mais par la décision du propriétaire. C'est donc un manquement évident au principe d'indépendance de la rédaction. J'ai pas de réponse.
Donc évidemment, qu'est-ce qu'on peut faire ? Bah il va bien falloir qu'on révolutionne ça d'une façon ou d'une autre. Il va falloir que les gens appliquent réellement leur Alors, comme le disait Jean-Luc Mélenchon hier, on a deux jambes.
Il y a la partie très institutionnelle, celle où moi j'écris des courriers, monsieur le président, veuillez trouver le signalement numéro machin euh respectueusement Aurélien Santoule ou voilà ça. Mais il y a l'autre versant qui est la mobilisation. Alors euh pour celles et ceux que ça intéresse, on va essayer de créer cette cette association pour que on soit pas tout seul à faire les signalements et que si ça doit s'empiler, ça s'empile de leur côté et queon puisse ensemble dire bon bah euh le lundi euh vous avez dit ça, le mardi vous avez dit ça, le mercredi vous avez dit ça, et cetera et cetera.
On va les mettre jusqu'au bout en face de leur contradiction. Euh et parmi euh les autres propositions possibles, évidemment, je dis évidemment, je sais pas ce que ce qui est évident, c'est à se débarrasser des éditorialistes. C'est ma proposition maison.
Vous êtes pas obligé d'y croire. C'est pas le c'est pas dans le programme officiel de la France insoumise, mais enfin, on m'a dit "Tu as bien le droit de le défendre." Donc, je le défends.
Euh pourquoi ? Parce que comme l'a dit Soraya tout à l'heure, les éditorialistes sont des gens qui sont qui ont et des opinions et une carte de presse, mais figurez-vous que tout le monde a des opinions. Et donc faire croire que le fait d'avoir une carte de presse donne une valeur particulière aux opinions, c'est un problème.
C'est un problème. Donc plutôt que d'être abreuvé des opinions de quelqu'un en nous disant "Ah mais en tant que journaliste, son opinion a plus de valeur que celle de votre charcutier, et bien ça c'est un problème démocratique. Donc on va s'abstenir des gens qui pensent avoir des qui ont des opinions et qui nous les partagent parce que ceux qui d'une certaine façon dans le débat public ont une forme de légitimité à ça, c'est ceux qui ont été mandatés pour ça.
Si les gens veulent partager leurs opinions, ils ont cas aller coller des affiches, se lever le matin, distribuer des tractes, avoir une chance peut-être de se faire élire et alors oui, ils auront le droit de parler de tous les sujets parce que il y aura peut-être ils auront peut-être la chance d'être élus et donc ils auront une forme de mandat et leur opinion sera pas seulement leur opinion mais l'opinion qu'on leur aura donné l'autorisation de partager au nom bah de nos euh de nos concitoyens. C'est pas que je revendique un monopole de l'opinion, hein. Tout le monde a le droit d'avoir des opinions.
Simplement, moi bizarrement, j'ai un mandat, mais je suis pas tous les jours à 18h sur LCI pour expliquer que mon opinion doit prévaloir. Vous voyez que il y a un renversement démocratique entre quelqu'un qui est investi d'une mission, d'un mandat et quelqu'un qui s'est investi tout seul, mais qui en plus va gagner beaucoup plus d'argent et et va pouvoir faire prévaloir son idée tous les jours. Voilà.
Donc c'est c'est la la situation. Alors voilà, je vais m'arrêter là sur ne pas idéaliser le service public. Dernière chose, je l'idéalise pas tellement bien que j'ai repris mon je suis sorti de mes de de de mes congés en signalant que on avait un problème là avec le recrutement de Nathan de Vert et je sais plus qui comment il s'appelle l'autre.
Voilà, Melin parce que évidemment le service public qui se met à recycler, j'ai appelé ça les épaves, c'est pas j'ai rien contre les épaves, mais les épave de ces news, c'est pas voilà quand vous avez quel vous avez un véhicule qui reste sur le bord de la route, c'est une épave. Donc l'image me paraissait pas injurieuse personnellement et il voit on voit bien qu'ils avaient plus leur place à ces news et que finalement le service public va les recycler. Je ça ne présume absolument pas de ce que va être leur émission.
Peut-être qu'ils finiront par faire une émission valable, mais des gens qui ont choisi euh d'être les cautions d'un système pourri, je vois pas quel qu'est-ce qu'ils ont montré au préalable pour que dans un entretien d'embouche, on dise formidable monsieur, on sait que vous allez faire de la qualité. Jusqu'à présent rien. Donc je ne vois pas pourquoi on a torpillé le processus ordinaire de recrutement d'une d'un journaliste au bénéfice de de ces personnes-là.
Euh de la même façon, je ne comprends pas pourquoi Benjamin Diamel a fait l'objet d'un recrutement euh si favorable alors que encore une fois euh sur France Interre, a priori, je crois savoir qu'il existe une espèce de euh de de cursus à à franchir avant euh d'atteindre le graal entre guillemets de la présentation d'une matinale, de la surexposition et cetera. Je pense que là, il y a des comptes qui doivent nous être rendus et encore une fois aussi pendant l'été, j'ai eu le bonheur de pouvoir dire à quel point j'étais surpris et choqué par le euh le pseudo reportage sur Amélie ou Casterra euh qui était quand même incroyable. Pour ceux qui se sont donné la peine de regarder, alors faites comme moi, mettez-le en 1 et demi ou 1,75 parce que franchement, on perd 50 minutes de sa vie pour ça, faut pas.
Mais euh mais sans doute que il y a des choses à dire du point de vue de la saturation intellectuelle ou euh attentionnelle parce que si on en est à regarder des trucs comme ça 150 un 75, on va devenir dingot. Mais en tout cas euh oui là il faut il va falloir aussi qu'on nous donne des explications parce que non seulement c'était nul mais en plus ça a été fait par le frère du coach de l'équipe de France féminine de tennis et qui est un prestataire de la Fédération française de tennis quand il s'agit de couvrir Roland Garos son interne et que il se trouve que Améie Casterra elle était directrice générale de la Fédération de tennis. Donc euh bon, il va peut-être falloir nous expliquer pourquoi à la production de de de France Télé, personne s'est dit "Mais il y a un hic là, non seulement c'est nul, c'est dit Tirambiic, mais en plus le gars il est lié d'intérêt à tout ça." Donc euh donc non, j'idéalise pas et il y a beaucoup de choses à faire.
En tout cas, peut-être une dernière chose pour rebondir sur ce que Soraya a dit et je crois que c'est fondamental, c'est de évoquer toujours la condition sociale des gens qui produisent et de l'information. On parle beaucoup d'information mais il faut parler de la création et je crois que c'est dans ce domaineel que le service public finalement est intéressant et tire son épingle du jeu. Moi pendant la la la bataille parlementaire sur la défense de l'audiovisuel public, ce que j'ai dit à la suite de Usul qui donnait un exemple, il disait "Grâce au visuel public, j'ai découvert l'existence de Derrida." Et ben moi voilà, je crois qu'on a tous des expériences de l'audiovisuel public qui nous a fait découvert découvrir des choses que ce soit la langue des signes par exemple si vous avez entend si vous avez vu ou entendu l'œil et la main parce que vous voyerez pas ça ailleurs.
Vous aurez entendu comme moi peut-être que vous auriez découvert que euh Peter P a été écrit par James Matthew Barry et moi j'ai entendu ça à minuit pendant les étés de transculture ou des choses comme ça et des et cetera et cetera. Donc je pense c'est plutôt sur la culture où on y a pas à idéaliser mais c'est quand même là un champ de possible bien plus important que que dans l'info où effectivement il y a quand même lieu de de se plaindre. [Applaudissements] Merci.
Juste un témoignage de solidarité à votre égard. Effectivement ce que vous avez vécu était violent et absolument inadmissible. Donc désolé, c'est aussi le monde du travail qui est mais salé.
Euh donc voilà euh toute mon amitié voilà. Euh ouais, peut-être juste se méfier des effets pervers tout ce qui ressemble à de la censure. Donc moi, je suis aussi agacé, enfin pas aussi agacé parce que je regarde pas autant de choses toxiques que tu regardes toi sans doute ou que tu dois regarder.
Mais là, c'est aussi enfin toi c'est professionnel, tu dois faire ça pour nous défendre. Donc très bien. Euh en même temps, je me méfie de tout ce qui peut ressembler comme de l'interdiction ou du bayonnage.
Il y a plein de gens que moi j'ai envie de bayonner dont je me dis que la parole est profondément toxique et je crois qu'il y a des lois et qu'il y a des choses qu'il faut faire respecter. Maintenant, c'est plutôt les effets de collusion, de placement, de répétition des mêmes têtes qui font les mêmes discours partout qui me semble un problème structurel. Donc on peut en décapiter une ou deux mais moi enfin décapiter métaphoriquement on est d'accord les enfin voilà faire qu'on les entendre moins, c'est pas décapiter, c'est justement d'enlever le porte-voie.
Donc on fait de mal à personne mais on essaie de pas trop distribuer de porte-vooie à trop les mêmes personnes qui circulent en rond. Donc moi, je suis absolument d'accord là-dessus. Après, pour tout ce qu'on fait euh diriger vers une personne, il me semble qu'il y a un risque que ça se retourne contre nous euh en euh en apportant de l'eau au moulin au discours un petit peu victimaire.
Et là, faudrait faire toute une toute une séance de plus pour voir pourquoi l'extrême droite a pourquoi son discours a une portée euh une préignance dans la sphère médiatique, en particulier à partir des sphères médiatiques excluses justement du public et cetera. euh et euh le peut-être les 5 ou 10 ans d'avance qu'ils ont eu dans ces médias alternatifs parce que justement ils étaient pour de bonnes raisons exclus des médias respectables. Mais on s'aperçoit que ça produit des effets euh induits et que là on vit dans un monde où ça me semble très très difficile et souvent contre-productif de faire des gestes qui peuvent ressembler à de la censure et que c'est vraiment de trouver des alternatives à ça. parce que on croit que c'est bien qu'il y ait des opinions et c'est je sais que tu le partages, il faut qu'il y ait des opinions qui soient pas les nôtres.
Donc là, on est tout à fait d'accord, il faut pluralisme, multiperspectivisme, on en a besoin. Soit parce que on se dit que ça voilà ça backfires, hein, ça se retourne contre nous souvent euh ce type de de voilà de réduction de parole. Merci.
J'aimerais avoir un mot avant qu'on se quitte pour tous les confrères et toutes les consœurs qui travaillent dans les locals notamment de Radio France, de France Télévision qui ont subi une fusion avant la fusion. Ils sont de moins en moins nombreux, ils ont des conditions de travail extrêmement dégradé. C'est aussi vrai dans les neuf antennes des outresemes.
Euh je pense aussi à nos collègues qui sont pas vraiment nos collègues parce qu'en fait ils sont des sous-traitants pour le journal de France Télé. C'est brut en fait. qui euh qui a chopé le marché.
Ça apporte aussi euh d'autres choses. L'info de proximité, bah c'est la même chose. Euh elle est encore une fois euh euh très sensible et n'oubliez pas que c'est à nous tout ça effectivement.
Bon, je suis navré de devoir nous arrêter là parce que si on prend un cycle de questions, on va pas on va pas avoir le la possibilité de d'apporter une réponse. On reste à votre disposition peut-être à la fin pour avoir quelques échanges et une discussion en en Oui, bah pareil en petit format. Ah bah voilà.
Donc la camarade veut parler d'Acrimède effectivement parce que tu disais tout à l'heure de relev sur toutes les émission qu'on peut avoir le fait. Bah, Akrimed le fait, mais Akrimed a a un travail un peu particulier qui est pas un travail de signalement à l'ARCOM systématique, qui est un travail de de de mise en perspective, de com je sais plus comment on dit maintenant, mais on disait on dit des bonages, mais de de mise en évidence des biais et cetera. Donc, c'est évidemment extrêmement précieux et j'imagine pas qu'on puisse ne pas s'appuyer sur ce genre de travail.
Euh donc n'hésitez pas effectivement euh à adhérer euh à souscrire ou euh aider d'une façon justement ils sont euh dans les ils font partie ils sont au village. Absolument. Euh donc euh aller les voir, il y a il y a pas de souci.
En revanche, moi je pensais plutôt à maintenant former euh une équipe plus euh euh j'ai je sais pas s'il faut dire opérationnel qui est quand même un mot qui sonne un peu qui qui sent un peu le macroniste, mais une équipe peut-être plus orientée vers l'action sur le les le sujet et de faire respecter euh nos nos droits tout simplement de spectateur parce que encore une fois cette idée qu'il y a un cahier des charges, c'est la conséquence même du fait que ces ondes publiques nous appartiennent et que pour juste Ce que j'ai oublié de le préciser, Yve évoquait tout à l'heure le fait que ça nous protège. On a pris l'initiative parce que dans un ou de ans, il va y avoir une renégociation internationale sur l'utilisation des fréquences et on a pris aujourd'hui la négociation est confiée à l'Union européenne et donc on a pris l'initiative d'une résolution européenne, c'est-à-dire d'un texte qui va être adopté à qui doit être discuté à l'Assemblée nationale comme une résolution pour demander et s'assurer que la France soutienne au sein de l'Union européenne une option qui garantit que ces fréquences continuent à être utilisées pour de l'audiovisuel. pour de la télévision et pas par exemple pour des objets connectés, de la téléphonie et cetera parce que on ne veut pas que disparaisse ce genre ces usages là qui sont les ceux qui permettent bah encore de regarder les programmes que vous voulez sans sans être pistés.
Si vous regardez la télé par internet euh bien sûr vous pouvez déparamétrer certaines choses mais quand même on finira par connaître votre IP, ce que vous avez regardé comme programme, à quelle heure, combien d'heures et cetera. On pourra pas s'assurer que vous étiez devant l'écran. En tout cas, pas tout de suite, mais euh voilà, ça normalement on on peut le faire.
Donc, protéger la vie privée, bah c'est aussi un des aspects euh possible de de de cette question et de ces de ces moyens techniques-là. Donc, c'est intéressant de de l'avoir euh à l'esprit. Et voilà, je m'en arrête, je vais m'arrêter là.
Merci en tout cas à toutes et tous d'avoir assisté à ce ce moment et encore merci à vous tous
Aurélien Saintoul