ZEMMOUR ET LE POUVOIR D'ACHAT : ON VOUS EXPLIQUE L'ARNAQUE ! | QUI VEUT GAGNER L'ÉLYSÉE ? #2
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Ici, encore plus qu'ailleurs, l'assistanat est une insulte. Ici on se lève tôt le matin et on peut se coucher le soir avec le sentiment du devoir accompli. Samedi dernier, à Lille, devant 6000 personnes, Eric Zemmour a tenu un discours consacré au pouvoir d’achat.
Et là vous vous dites : “ah enfin on va l’entendre sur autre chose que l’immigration !” Grave erreur ! Sauver le pouvoir d'achat des Français c'est également arrêter de financer l'immigration sur votre dos.
Nous jouons à Qui veut gagner l’Élysée ? N'en déplaise aux partisans de la lutte des classes, notre capital, c'est le travail, et le travail, notre capital. Alors ça, ça veut rien dire.
Et c'est Eric Zemmour ! Parler de pouvoir d’achat a une fonction dans son projet nationaliste, c’est de couper l’herbe sous le pied aux partisans de la lutte des classes qui divisent les français en opposant les entrepreneurs aux salariés. Face à la folle lutte des classes et l'injuste loi de la jungle, je serai le président de la réconciliation des classes.
Le président qui réunira l'entrepreneur et le travailleur. Il entend montrer qu’on peut résoudre les problèmes économiques et sociaux de ce pays tout en réconciliant les détenteurs de capitaux, les chefs d’entreprise et les cadres dirigeants avec les simples salariés. Nous allons enrichir le travailleur sans appauvrir l'entreprise.
C'est une révolution économique, sociale, salariale...
Il faut pour cela augmenter considérablement le pouvoir d’achat. Sans quoi les partisans de la lutte des classes, les "gauchistes", ont le champ libre pour dérouler leur discours. Mais voyons sa définition du pouvoir d'achat.
Qu'est-ce que le pouvoir d'achat ? Le pouvoir d'achat c'est l'argent qu'il vous reste quand l'Etat arrête de tout vous prendre. C’est une définition rhétorique, polémique, c’est pas illégitime de faire ça.
Il cherche à donner sa vision de la chose. C'est ce que vous gardez lorsque vous avez payé les charges qui pèsent sur votre salaire, la TVA sur tous vos achats, les taxes sur votre plein d'essence, votre impôt sur le revenu, votre redevance télé, vos impôts locaux, votre taxe foncière. C'est ce que l'Etat veut bien vous laisser... quand il vous laisse quelque chose.
Mais en disant que le pouvoir d'achat c’est votre revenu moins ce que prennent les administrations publiques, il oublie de dire que pour calculer ce pouvoir d'achat, on intègre au revenu les revenus de transferts, c'est-à-dire les prestations sociales. Ce sont ces transferts qui financent les retraites, les indemnités chômage, le RSA, les allocations familiales, les APL, etc. Alors Ok dans la France de Zemmour tous les vrais Français auront un travail et un salaire.
Mais en attendant, le pouvoir d’achat des gens c’est aussi ça. L'argent que vous gagnez à la sueur de votre front ne doit pas atterrir dans je ne sais quelle caisse publique mais sur votre compte en banque. À entendre le leader de Reconquête!, les impôts et les cotisations sociales sont des sommes qui nous sont arrachées, et qu’on ne revoit jamais, parce qu'elles partent nourrir un Etat bureaucratique lointain, peuplé de fonctionnaires qui ne font rien, ou alors ça va vers des centaines de milliers d’étrangers qui ne font rien non plus, ou encore des fainéants et des fraudeurs qui profitent du travail des autres.
Une bureaucratie écrasante, des millions d'étrangers qui ne travaillent pas, l'assistanat généralisé, l'endettement incontrôlé de l'Etat, l'aide en pure perte aux pays pauvres du monde entier. Savez-vous qu'en plus d'un hébergement gratuit, et de soins gratuits, nous donnons à chaque demandeur d'asile pendant près d'un an une carte bancaire créditée de 430 € par mois ? On pourrait réfuter une partie des chiffres de Zemmour, parce qu’il se trompe dans les ordres de grandeur entre les économies qu’il croit pouvoir faire et les masses monétaires gigantesques qui circulent réellement entre les travailleurs par le système de protection sociale.
Mais concentrons-nous sur le modèle d’économie politique qu’il propose. Il nous faut trouver tous les moyens de résoudre cette équation : augmenter les revenus nets du salarié sans faire exploser le salaire brut. Enrichir le travailleur sans appauvrir l'entreprise.
Pour récompenser le "travail" et le "mérite", il a une batterie de propositions qui consistent presque toutes à augmenter le salaire net en diminuant le salaire brut, c'est-à-dire en exonérant de cotisations. Par exemple la possibilité pour l’employeur de verser une prime “zéro charge zéro Urssaf" Cette prime pourra représenter jusqu'à 3 mois de salaire net. 13e, 14e, 15e mois, sans charges Ou encore un retour à la défiscalisation des heures supplémentaires de Sarkozy Travailler plus pour gagner plus était un excellent principe.
Mais aussi la possibilité pour les salariés de toucher une prime de participation aux bénéfices de leur entreprise, sur le modèle de la participation gaulliste. La participation c'est la défense du mérite. Il n’est pas question d’augmenter le salaire complet, brut + net.
Or ce sont bien ces salaires bruts, ou salaires socialisés, qui permettent la solidarité entre travailleurs, et le financement de la protection sociale. Le journaliste économique Dominique Seux, pourtant libéral, voit bien le problème, mais il va formuler sa critique sur le seul plan comptable et financier. Il y a une question qu'on se pose immédiatement, c'est est-ce que les entreprises, des entreprises, n'augmenteront plus jamais les salaires de leurs salariés pour basculer sur des primes.
Et le risque, derrière, il saute aux yeux, c'est de dire : l'Etat et la sécurité sociale seront asphyxiés. Il n'y aura plus de rentrées. Il manque l’angle politique ou historique, qui est cette attaque que fait Zemmour contre des moyens destinés à atténuer la concurrence entre travailleurs.
Parce qu'il va jouer par exemple sur la part variable du salaire ou les primes discrétionnaires, contre le salaire fixé par des grilles de qualification du poste de travail. Laisser au bon vouloir du patron le versement d'une prime aux salariés qu'il estime "méritants”, c'est encourager cette concurrence entre travailleurs. Nous voulons que le travail paye mieux.
Et nous voulons qu'il paye tout de suite, et pas après je ne sais quel mécanisme de redistribution qui consiste à vous prendre l'argent que vous avez tout de suite pour vous le rendre si vous cochez des bonnes cases. Zemmour s’attaque aux institutions construites par les travailleurs pour se venir en aide mutuellement, comme une sécurité sociale qui ne repose pas strictement sur le critère de la nationalité. Il essaye au contraire de détourner de cette solidarité en mobilisant 3 figures du parasite : l’Etat bureaucratique et dépensier, l’étranger profiteur, et le fainéant assisté.
Nous n'accepterons plus qu'on nous fasse les poches pour nourrir ceux qui ne font pas d'efforts, ceux qui souvent nous haïssent, et ceux qui nous méprisent. Nous couperons les aides sociales aux étrangers extra européens. Contrairement à ce qu’il a commencé par dire, Zemmour ne cherche pas à réconcilier les classes.
Ses mesures libérales contribuent à dissoudre les outils par lesquels les travailleurs s’organisent et existent en tant que classe. En fait Zemmour empêche les travailleurs de mener la lutte des classes. En fait, Zemmour mène la lutte de classe.
Et vous avez compris de quel côté il est. Nous on se retrouve la semaine prochaine.
Éric Zemmour