Héritage des Jeux de Paris : la France, "pays de champions et de championnes" mais pas encore "pays de sport"
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Le sport a désormais son jour de fête, fête nationale, première édition.
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Qu'allez-vous faire aujourd'hui ?
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Cette fête du sport, c'est directement l'héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques ?
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Marie Patouillet, vous parliez d'héritage. Mais c'est quoi l'objectif, au fond ?
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La philosophie, elle va perdurer dans le sport pour tous ?
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La France, c'est un pays de sport ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« il aura fallu attendre 1982 2025. »
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« il y aura près de 5000 animations sportives aujourd'hui partout en France. »
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« François Bayrou avait prévu moins 17% l'année prochaine. »
- 10:36InvitéFait
« Le passeport a été supprimé. »
- 11:06PrésentateurChiffre
« le passeport, c'est l'idée, justement, d'avoir un forfait, aujourd'hui à hauteur de 70 euros, à destination, principalement, des familles modestes et des jeunes. »
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« toutes les études montrent que le décrochage sportif, il se fait autour de 11-12 ans. »
- 14:06InvitéChiffre
« seul 0,1% du budget de l'État était consacré au sport »
- 15:24InvitéFait
« Le budget du sport, il est le plus petit de tous les gouvernements, y compris en Europe. »
- 18:51PrésentateurFait
« une demi-heure de sport par jour »
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« jusqu'à 13 ans, vous n'avez pas effectivement de catégorie déjà fille-garçon »
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Et un grand entretien ce matin sur France Inter pour fêter le sport, c'était une promesse d'Emmanuel Macron lors des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Le sport a désormais son jour de fête, fête nationale, première édition. Aujourd'hui, le soleil se lève et pour en parler avec Marion Lourdes, nous recevons ce matin une championne. Elle nous a fait vibrer aux Jeux Paralympiques de Paris, médaillée d'or en paracyclisme et capitaine de cette journée nationale qui va démarrer. Bonjour Marie Patouillet. Bonjour. Et bienvenue, un spécialiste du sport enseignant en STAPS, agrégé d'EPS et auteur d'un essai passionnant.
La France n'est pas un pays de sport, il y a un point d'interrogation co-écrit avec Jean-Baptiste Guégan, publié chez DBS Édition. Mais ça fait débat parce que le sport dit sans doute beaucoup de notre société. Bonjour Guillaume Ditsch. Bonjour. Et notre spécialiste, notre chef, la directrice du sport, notre capitaine du sport sur les antennes de Radio France, Nathalie Iannetta. Bonjour Nathalie. Salut. Bonjour Marion. Vous pourrez dialoguer avec les auditeurs de France Inter dans un instant qui peuvent appeler au 01 45 24 7000 ou nous écrire sur l'application Radio France.
On va à partir de votre édito, l'édito de vendredi dernier Nathalie, puisque vous disiez qu'il aura fallu attendre 1982 2025. Je suis très mauvais en maths, mais ça doit faire 43 ans entre la fête de la musique lancée par Jack Lang et la fête du sport. Enfin une fête du sport. Vous disiez vendredi que le 14 septembre serait enfin au sport, ce que le 21 juin est à la musique.
Je n'ai pas exactement dit ça. J'ai dit que c'était le rêve, justement, des organisateurs de cette fête du sport d'en faire, effectivement, un moment annuel de rassemblement sportif sur l'intégralité de notre territoire, y compris dans les départements d'outre-mer. Puisque la fête de la musique, elle est devenue extrêmement populaire, réussie, avec le monde entier qui nous regarde, qui l'a exporté et qui vient même la fêter chez nous. Donc c'est une ambition. La vraie question, c'est parfois, est-ce qu'on a les moyens de cette ambition ? Et là, j'ai mes têtes de sérieux doutes sur les moyens.
Et on va en débattre, mais restons pour le moment sur l'idée qu'il y a enfin une fête du sport. Marie Patouillet, vous êtes l'une des six capitaines de cette première édition, aux côtés de Désiré Douai, le footballeur Florent Manodou, Marie-José Pérec et d'autres. Enfin, enfin une fête du sport en France ?
Oui, enfin, et j'ai envie de dire, enfin peut-être un début d'héritage de ces Jeux Olympiques et Paralympiques qui ont été extraordinaires un an après. Voilà, pour moi, c'est une très belle initiative et j'espère surtout qu'elle va durer dans le temps.
Qu'est-ce que vous allez faire aujourd'hui ?
Oh, plein de choses. Je vais me promener, je vais initier au paracyclisme, aller à la rencontre des jeunes, aller à la rencontre des moins jeunes, en fait aller à la rencontre de toutes celles et ceux qui sont curieux et qui ont envie de pratiquer.
Alors Guillaume Ditsch, il y aura près de 5000 animations sportives aujourd'hui partout en France. J'en cite quelques-unes à Paris pour vous qui avez traversé la capitale pour nous rejoindre. La rue de Rivoli va se transformer en boulevard du sport avec 200 mètres de légende organisée, une course dans la Seine pour la natation, des initiations, un peu partout d'ailleurs sur le territoire. Il y a un instant, Marie Patouillet parlait d'héritage. C'est un mot qui revient dès le début de votre livre et sur lequel vous insistez. Cette fête du sport, c'est directement l'héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques. Ça en fait partie, effectivement.
Dans l'objectif, je pense, de prolonger l'effet des Jeux Olympiques et Paralympiques. Parce que le point d'interrogation est important dans le livre. La France n'est pas un pays de sport ? Point d'interrogation. Point d'interrogation. Parce qu'effectivement, on oublie peut-être que la France est un grand pays déjà organisateur. On a beaucoup dit effectivement que la France a réussi justement les Jeux Olympiques et Paralympiques. J'insiste, notamment sur l'organisation. Mais on se focalise, je pense, exclusivement sur un nombre de médailles. Notamment au niveau des Jeux Olympiques et Paralympiques. Marie Patouillet à caisse.
Et sur ce point-là, j'aimerais dire que cette fête, pour l'héritage, elle est très importante. Nathalie Anetta fait le parallèle avec la fête de la musique. Donc c'est important, je pense, pour amener cette culture sportive en France. Mais pour autant, le fait de se focaliser sur ce registre uniquement émotionnel, le sport rassemble, le pays a vibré. D'une certaine manière, ça empêche quand même de parler de la réalité. Ça masque aussi la réalité, les inégalités qui existent encore en France. Et de ce point de vue-là, effectivement, l'héritage, je pense, est encore en construction.
Marie Patouillet, vous parliez d'héritage. Mais c'est quoi l'objectif, au fond ? C'est de donner envie de faire du sport olympique ? C'est de donner envie de faire du sport tout court ? Non, pour moi, là, le principal enjeu, ça va être de transformer toute cette effervescence qu'il y a eu autour du sport de haut niveau. Parce qu'il ne faut pas... Je pense qu'il faut rappeler que les Jeux olympiques et paralympiques, on parle de sportifs de haut niveau. Et que là, aujourd'hui, on va parler du sport pour tous. On va parler d'inclusion, on va parler de rendre le sport plus accessible en fonction des classes sociales, en fonction d'un corps avec un handicap ou non.
Et c'est un gros challenge, c'est-à-dire qu'on va essayer de transformer un essai. Les sportifs et sportifs de haut niveau ont fait rêver avec leurs performances. Aujourd'hui, on ne parle plus de performances. On parle de découvrir le sport et de prendre du plaisir. Nathalie Nianetta, vous qui avez évidemment suivi de tout près les Jeux olympiques, etc. La philosophie, elle va perdurer dans le sport pour tous ? Mais c'est l'ambition, c'est l'enjeu, effectivement. Je vous citais l'exemple et le parallèle avec la fête de la musique. Quand cette fête a été créée, c'était la musique partout, les concerts nulle part. C'est-à-dire, c'était saisissez-vous de vos instruments, même si vous êtes nuls.
Même les amateurs, même les plus nuls, vous nous parlez des casseroles.
Voilà, c'est pas grave. Il va y avoir beaucoup d'excidents, de foulures, d'entorse. Voilà, exprimez-vous et reprenez possession de votre corps et de l'espace qui l'entoure pour pouvoir pratiquer. Et c'est fondamentalement ça, l'ambition d'un héritage, pour reprendre le terme que vous employez Ali, qui serait réussi plus que des champions qui de toute façon sont en norme et qui de toute façon existeraient. C'est plus pour chacun et chacune d'entre nous, quel que soit notre genre, où qu'on habite, quoi que l'on fasse et comme nous soyons constitués en fait.
On va parler de ce qui ne va pas, mais en l'occurrence, est-ce qu'on va reprendre votre question d'un mot simple et j'aimerais avoir votre réponse. La France, c'est un pays de sport ? Alors, je pense que c'est vraiment une question de définition et d'angle. Marie Patouillat souligne un point important, effectivement, c'est que dans le discours politique, mais aussi dans le débat public, on ne se focalise que sur la question de la performance. Donc, de ce point de vue-là, la France est un pays de sport. Alors, historiquement, on fait partie des cinq organisations sportives en termes de médailles. C'est aussi la France qui a organisé pendant le plus de grands événements.
Alors, pas qu'au niveau des Jeux Olympiques. On pense souvent au football. Mais pour autant, effectivement, on n'est peut-être pas encore un pays de sport dans le sens où, effectivement, cette culture du sport n'est pas au quotidien. Vous parlez de culture de sport plutôt que de sport tout court. Effectivement, oui, parce que le sport, c'est un élément de la culture. Et de ce point de vue-là, la culture, c'est nécessairement des valeurs, des normes partagées au sein d'une population. Et on voit encore, effectivement, qu'il y a travaillé sur ces questions d'inclusion, notamment. Et on parlera peut-être après de la réalité. Pour changer, en fait, les imaginaires.
Parce que le sport, en fait, a ses fonctions mobilisatrices assez fortes. Il y a eu ce qu'on a appelé la parenthèse enchantée. Je ne sais pas si elle s'est refermée. Mais au moment des Jeux Olympiques et Paralympiques, vous êtes très bien placée pour en parler. C'est vrai que Nathalie a eu l'occasion aussi de s'exprimer sur le sujet. Marie Patouillet, est-ce que c'était une parenthèse enchantée ? Ou est-ce que maintenant, il s'agit de prolonger quelque chose ?
Non, c'était une parenthèse enchantée. L'événement était tellement extraordinaire que, j'ai envie de dire, ça ne pouvait être que ça. Maintenant, effectivement, il y a toujours ce challenge pour qu'on soit vraiment un pays de sport. Il faut que le sport soit accessible à tous. Et il faut surtout qu'il soit représentatif. Qu'il soit représentatif et que chacun et chacune puissent se projeter dans un champion. Et je pense qu'on en est encore loin.
Ça a changé, notamment par l'image du sport paralympique. Ça, c'était assez frappant au cours de ces Jeux. Pour la première fois, peut-être, de l'histoire des Jeux, il y a eu une ferveur, un engouement autour des Jeux paralympiques, comme on ne l'avait jamais vu jusqu'à présent.
Le regard a changé sur le handicap. Aujourd'hui, on a plus regardé le sportif ou la sportive paralympique via le prisme de sa performance et non via le prisme de son handicap. Maintenant, dans l'inclusion, il n'y a pas que le handicap. Il y a la communauté LGBT, il y a la question du racisme, il y a la question du sexisme. Et en fait, la France serait un pays du sport quand il sera représentatif de toutes ces diversités. Oui, Marie a totalement raison dans la représentativité et je dirais aussi dans la reconnaissance. Parce qu'on a reconnu à ces champions leur performance et les exploits qu'ils ont toutes et tous réalisés.
Mais sur la reconnaissance de ce qu'est le sport, sans parler des champions, là, on n'y est pas. Moi, je prends toujours le même exemple qui est ces fameuses réunions de parents d'élèves. On n'y va pas voir le prof de PS. Ce n'est pas vrai. On va voir le prof de maths, on va voir le prof d'histoire-géo, de philo ou de physique. Mais on ne va pas voir les profs de PS. Or, ils sont fondamentaux dans la structuration et l'enseignement que nous donnons à nos enfants pour la culture du sport, pour leur santé mentale, pour une forme de dépassement de soi, y compris à un petit niveau. Et c'est dans ce détail-là qui fait que...
Moi, je pense que la France n'est pas un pays de sport sur cette base-là. Et en revanche, c'est un pays de champions et de championnes et un pays de grands événements sportifs. Alors, heureusement, le prof de PS est parmi nous, Guillaume Ditch. Moi, je vais le voir, Guillaume Ditch, toujours. C'est vrai que là, on a parlé de tout ce qui est bien, des valeurs du sport, de l'inclusivité aussi, de l'héritage. Mais Guillaume Ditch, il y a aussi des couacs et des choses qui ne vont pas.
Et je pense à la Seine-Saint-Denis, par exemple, à La Réunion aussi, qui vont boycotter cette fête du sport parce qu'ils disent, en fait, que c'est une opération de communication et qu'aujourd'hui, le budget des sports est en baisse. François Bayrou avait prévu moins 17% l'année prochaine. Le passeport a été supprimé. C'était une aide pour l'inscription au sport pour les 6-13 ans et plus. Vous comprenez que certains disent qu'on boycotte parce que, finalement...
Je pense que le mouvement sportif, dans son ensemble, peut le comprendre parce qu'il y a une forme de désillusion. Alors, je rejoins effectivement cette idée que, peut-être aussi qu'on ne pouvait pas tout attendre de ces Jeux Olympiques et Paralympiques et qu'il y avait des promesses démesurées. Mais l'exemple du passeport, je pense, c'est assez emblématique. Pour faire simple, parce qu'on peut faire le parallèle, justement, toujours avec la culture. Rappelez-nous le passeport. Le passeport, c'est l'idée, justement, d'avoir un forfait, aujourd'hui à hauteur de 70 euros, à destination, principalement, des familles modestes et des jeunes.
Et il a été supprimé en partie cette année pour la catégorie 6-13 ans.
Donc, les plus jeunes.
Les plus jeunes, il reste ouvert pour les 14-17 ans. Mais, en fait, ça montre, pour moi, une triple méconnaissance, en fait. Mais autant du politique que du débat public. Premier élément, c'est... On a souvent tendance à critiquer, mais c'était un dispositif qui était utile et efficace. Donc, il bénéficiait aux familles les plus modestes, aux clubs. Vous avez pas mal, effectivement, de... Alors, vous avez parlé de la Seine-Saint-Denis, mais finalement, sur l'ensemble du territoire, il y a eu des retours très positifs. Donc, il faut aussi le dire.
Deuxième élément, et c'est là où c'est vraiment d'un point de vue scientifique, c'est qu'aujourd'hui, et depuis plus de 10 ans, toutes les études montrent que le décrochage sportif, il se fait autour de 11-12 ans. Donc, déjà, le fait de... Décrochage, qu'est-ce que ça veut dire ? Décrochage sportif, c'est le fait d'arrêter, voire abandonner la pratique sportive. Vous inscrivez dans un club, et ensuite, progressivement, au début de la dans l'essence, pour plein de freins et contraintes, l'enfant arrête. Donc, déjà, c'est une méconnaissance. Et troisième élément, on parle beaucoup de moyens, il est vrai, mais ça pose aussi la question du modèle. On parlait, effectivement, de l'inclusion.
Mais aujourd'hui, la réalité aussi, et je parle du sport amateur, et ce n'est pas du sport de haut niveau, c'est que les jeunes et les moins jeunes ont envie de faire du sport, mais pour le plaisir, la santé, la convivialité. Et plus du tout, et uniquement, j'insiste, sur la compétition. Donc, nécessairement... Il y a un héritage matériel, malgré tout, des Jeux... Complètement. Marie Patouillet, c'est vrai qu'il y a beaucoup de structures aujourd'hui, malgré les difficultés qu'on connaît dans certains territoires. La France s'est équipée à vitesse grand V. C'est suffisant, insuffisant ?
Si on parle de la France métropole, oui, il y a eu des infrastructures. En Outre-mer, c'est un peu plus compliqué. Nathalie ? Oui, alors, ce plan des stades rénovés, et l'équipement sportif, c'est quand même, effectivement, la clé. Et on ne peut pas faire de la natation si on n'a pas de piscine à côté de chez soi. Ça paraît banal, mais c'est la réalité de la pratique sportive. Et ça coûte cher, des équipements sportifs. Et à construire, et à entretenir pour les municipalités. Et donc, tout ça revient toujours au même point qui est les moyens financiers accordés à la fois aux conseils régionaux, aux municipalités, aux clubs.
Et du coup, en bout de course aux familles, qui, elles, pour payer une licence, on sait que ça pèse dans le panier des ménages au mois de septembre pour inscrire ses enfants. Et c'est vrai que la suppression de ce passeport pour les plus petits est incompréhensible. Un an après les Jeux, incompréhensible.
D'ailleurs, plusieurs auditeurs de France Inter qui nous écoutent s'étonnent de cette suppression ou de cette réduction. Il est absolument nécessaire de remettre en vigueur le passeport comme il était avant. La fête du sport ne peut pas être un succès sans favoriser le sport chez les plus petits, nous dit Sylvia, notamment.
Marie Patouillé, alors vous, évidemment, puisque vous êtes capitaine, vous ne dites pas que c'est qu'une opération de communication, cette fête, mais vous avez été aussi entendue, vous avez parlé sur ces questions budgétaires, vous avez signé une tribune pour dire que seul 0,1% du budget de l'État était consacré au sport, qu'il avait été réduit. Il devrait être amené à l'être encore aujourd'hui si on suit le budget de François Bayrou. Pourquoi il ne le serait pas, au fond ? Puisque tout le monde doit faire un effort, pourquoi on ne baisserait pas aussi le budget du sport ?
Je pense qu'il faut rappeler que le sport, il a cette chose assez essentielle, en fait, en termes de santé, en termes de bien-être, en termes de prévention. Le sport peut agir de manière tellement transversale sur plusieurs plans qu'en fait, il est vital. Supprimer de l'activité physique à des enfants entre 6 et 13 ans, c'est quand même le moment où le corps se développe, c'est le moment où l'enfant a besoin de découvrir son corps et a besoin de se connaître. Et c'est par la mise en mouvement qu'on arrive à se connaître. Moi, sans le sport, mon corps avec le handicap, je n'aurais jamais pu le découvrir, en fait.
Nathalie, sur la baisse des budgets, vous dites que tout le monde doit faire des efforts. Oui, évidemment. On demande à tout le monde, donc pourquoi pas le sport ? Moi, je vais vous donner un exemple. Quand vous pesez 90 kg et qu'on vous demande de perdre 17 % de votre poids, en réalité, c'est une grosse perte de poids, mais ce n'est pas très grave. Si vous pesez 35 kg et qu'on vous demande de perdre 17 %, ce n'est pas que c'est beaucoup. C'est que vous allez mourir. Le budget du sport, il est le plus petit de tous les gouvernements, y compris en Europe. Demander un effort à un budget et à un secteur qui déjà se serre la ceinture depuis toujours, c'est ça qui est inacceptable.
Parce que les conséquences, elles sont graves. Elles sont graves parce qu'encore une fois, certains clubs vont mourir, certaines pratiques vont disparaître et au bout du bout, ce que nous espérions comme héritage va se transformer en une dette pour la société très lourde.
J'aimerais qu'on parle de la fête et dans la fête, il y a ceux qui dansent, il y a ceux qui sont tout simplement contents d'être là et en sport aussi, il y a ceux qui sont contents d'assister au spectacle, d'être supporters. Nathalie, il y a un mot qu'emploie Guillaume Ditch, je le disais, c'est cette expression de culture du sport et vous le savez mieux que nous, il suffit d'aller voir un match de foot à Naples par exemple pour constater que la France n'a pas exactement la même culture.
Bon, je vais un peu à l'extrême mais c'est vrai qu'aller dans les stades en Angleterre, en Espagne et venir assister à un match en France, un match de foot, ça montre une différence même chez ceux qui vont applaudir leurs héros, même quand ils perdent, il y a une différence d'approche, je ne sais pas comment la formuler.
Parce que dès l'enfance dans certains pays et notamment pour le sport que vous évoquez qui est le sport le plus populaire du monde, on est supporter, on ne devient pas supporter, on est dans une famille, chacun a son grand-père à le poste de socio en Espagne, de tifosi en Italie et il y a une transmission comme ça quasiment automatique comme un fait d'éducation dans certaines familles. On va vous expliquer, moi je suis d'origine italienne, de l'enfance, j'ai compris très vite que la base c'était l'engagement politique, on parle beaucoup de politique en Italie, donc voilà, le cinéma
et le foot.
Et Ferrari ? Même quand on est modeste ? Évidemment la Ferrari parce que la Ferrari c'est des ouvriers tout en rouge qui ont fait vivre le plus grand symbole de l'Italien.
Et il faut voir la folie à Monza par exemple. Et à Maranel. Mais ça c'est intéressant de voir.
C'est culturel.
Ce qui est intéressant c'est de voir justement ce qui a changé par exemple dans les cinq dernières années il y a eu une série Netflix par exemple qui a suscité un engouement invraisemblable pour la Formule 1 qui a fait revivre ce sport en nombre de typhosies ou de supporters je ne sais pas comment le dire. C'est quelque chose qu'on constate aussi avec le paddle qui se développe énormément. C'est étonnant comme la culture du sport elle évolue aussi à travers les sports qu'on pratique Marie Patouillet.
Oui mais c'est là où on rejoint que le sport n'est pas encore intégré dans la culture française ne serait-ce que pour parler de paracyclisme quand je faisais des compétitions sur route en France on avait zéro public quand j'allais faire une coupe du monde en Italie les bords de route étaient pleins et ils venaient supporter leur équipe d'Italie et de paracyclisme donc c'est là où on voit la différence quand un sport a dans sa culture quand un pays a dans sa culture le sport et quand un pays peine à l'intégrer.
Guillaume Ditsch la culture elle se crée aussi à l'école là on a des auditeurs par exemple Benjamin qui demande un grand investissement dans le sport scolaire avec les cours d'EPS il a dit il y a toujours moins d'heures c'est pas tout à fait vrai il y en a un peu plus mais Jean-Michel Blanquer on se rappelle en 2020 le ministre de l'éducation il nous avait dit une demi-heure de sport par jour on en est loin encore
il avait même dansé on avait vu cette vidéo qui était devenue virale ça fait rire tout le monde oui après peut-être une surenchère communicationnelle mais c'est là où est la confusion je pense c'est qu'effectivement en France il y a une spécificité c'est que nos enfants et nos adolescents ont des cours d'EPS sur l'ensemble de la scolarité mais aussi le sport scolaire donc effectivement l'UNSS notamment au collège au lycée vous avez l'USEB donc c'est une autre association en école élémentaire et plutôt que finalement partir d'un existant qui fonctionne plutôt bien et peut-être le renforcer effectivement il y a eu notamment ce dispositif un peu emblématique des 30 minutes d'activité physique quotidienne là aussi lorsqu'on regarde la réalité des chiffres ça s'est fait mais c'est loin d'être généralisé et l'effet en fait l'efficacité sur nos enfants est encore à démontrer donc non je pense que la vraie question l'est là c'est nécessairement ça passe par l'école mais aussi par les familles parce qu'il y a aussi nécessité d'accompagner on a parlé d'héritage aujourd'hui en France l'héritage sportif donc la transmission on parlait de l'Italie aux d'autres pays il se fait encore principalement par le père on a des évolutions de la société des familles aussi qui évoluent davantage monoparentales peut-être aussi plus de mères isolées donc si on n'accompagne pas ces familles ces mères isolées nécessairement on ne va pas bouleverser modifier la culture sportive en France et les nouveaux sports vous qui êtes prof de PS est-ce qu'on vous demande par exemple d'organiser des cours de MMA de Mixed Martial Arts à l'école non mais c'est intéressant parce que pendant très longtemps les ministres en France ont absolument refusé qu'il y ait une fédération de MMA en disant que c'était un sport trop violent alors qu'en termes de traumatisme crânien je pense que le rugby ou la boxe anglaise produisent je parle sous votre contrôle Nathalie
je ne suis pas médecin du sport c'est l'effet de mode
spectaculaire il y a deux éléments effectivement nécessairement le sport évolue avec la société et notamment la culture jeune qui amène ces nouvelles activités on parle du MMA effectivement mais on peut aussi parler des parties d'entretien et notamment autour du boom de la musculation pour les jeunes mais ça montre quoi ça montre surtout qu'en France on a du mal à évoluer entre ces valeurs de l'école très sérieuses et à l'inverse effectivement le plaisir le sport qui est encore déconsidéré et nécessairement amènerait des problématiques de sécurité il y a Élise qui nous parle du sport plaisir oui au sport plaisir Marie Patouillet par exemple elle dit que sa fille de 10 ans a voulu découvrir la natation synchronisée réponse du club elle est trop vieille pour la compétition ce qui est hallucinant et Élise continue en disant on doit pouvoir pratiquer juste pour soi c'est vrai que chez vous il n'y a pas de médaille il n'y a pas de de maillot pas de coupe en l'occurrence que vous avez aussi un attachement très fort indépendamment de la compétition au sport plaisir pour reprendre les mots d'Élise
c'est sûr que personnellement sans plaisir vous ne m'auriez jamais vue sur un podium et effectivement chez moi les médailles sont dans une boîte à chaussures sous mon lit et je les sors uniquement quand les personnes ont envie que je leur partage ces objets mais chez moi elles sont elles sont inexistantes
je pense que effectivement l'auditrice prend un bon exemple autour du sport plaisir parce que là aussi dans le livre on a comparé d'autres pays pour montrer peut-être que notre modèle sportif peut aussi évoluer en lien avec notre société on parle d'inclusion de mixité on prend l'exemple de la Norvège la Norvège par exemple jusqu'à 13 ans vous n'avez pas effectivement de catégorie déjà fille-garçon on ne sépare pas les filles et les garçons et quand bien même on fait un sport collectif parce qu'effectivement il y a un vrai projet de société de mixité même principe il y a des compétitions mais pas dans la logique de comparaison de classement pour vraiment essayer de motiver effectivement les jeunes et être sur le plaisir la joie le bien-être mais pour autant c'est pas antinomique avec le très haut niveau la très haute performance parce que la Norvège avec évidemment des spécificités par rapport au sport d'hiver et sport d'été mais fait partie des grandes nations sportives donc c'est pas antinomique et je pense que là aussi il y a une réflexion qui doit être engagée dans le débat public sur ce modèle sportif et ce qu'on veut pour nos enfants et puis il y a l'enthousiasme que propage Nathalie Yenetta et ses services tous les vendredis chez nous déjà notamment sur les antennes de Radio France elle appelait Nathalie un petit coup de transpiration nationale j'adore l'expression ce petit coup de transpiration nationale même sur la pluie aujourd'hui merci d'être venu le partager avec nous ce matin je rappelle donc Guillaume Ditch ce livre que vous signez avec Jean-Baptiste Guégan la France n'est pas un pays de sport pour l'interrogation c'est chez DBS édition merci Marie Patouillet et merci Nathalie
merci Nathalie à suivre à suivre à suivre
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