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interviewC dans l'air· 11 février 2026 11 min

Le retour du chômage en France

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

par habitant. Brandt, les papiers Fibre Excellence, le prêt-à-porter IDKIDS...

Voilà quelques exemples récents d'entreprises contraintes de licencier. La CGT parle de 483 plans sociaux. C'est pour venir au secours d'une industrie métallurgique française à la peine qu'E.Macron s'est rendu à ArcelorMittal à Dunkerque.

De nouveaux investissements qui n'empêcheront pas la suppression de 1600 nouveaux postes en France, selon les syndicats. - Ce n'est pas tous les jours que l'actualité économique apporte de bonnes nouvelles. E.Macron, ce matin à Dunkerque, se félicite d'un investissement d'ampleur d'ArcelorMittal.

Projet à 1,3 milliard d'euros financé pour moitié par des aides de l'Etat. - Nous sommes heureux, en votre présence, monsieur le président, de confirmer la construction d'un four électrique à Dunkerque. - E.Macron: Tout ça ne tombe pas du ciel.

La situation dans laquelle on est est compliquée. C'est le fruit de notre mobilisation à tous. - Une éclaircie dans un climat morose.

Certains syndicats d'ArcelorMittal ont boycotté la visite, dénonçant notamment les 1600 suppressions de postes à venir dans l'Hexagone. Les plans sociaux se multiplient dans de nombreux secteurs ces derniers mois. Industrie, papier, prêt-à-porter ou encore automobile... - J'ai 62 ans.

Je me pose la question, pour retrouver du travail à mon âge...

Je n'ai pas assez cotisé. Je pensais finir ma retraite ici. - Les derniers chiffres du chômage tombés ce matin confirment la dégradation.

La courbe remonte à 7,9 %, soit 2,5 millions de chômeurs, le pire niveau depuis 2021, éloignant la promesse présidentielle d'atteindre le plein-emploi. - R.Lescure: C'est un combat de tous les jours.

On a remporté le combat contre le chômage de long terme. Il y a un défi, le chômage des jeunes. Il faut qu'on se batte pour que les jeunes se retrouvent plus vite, plus forts sur le marché du travail. - La France est-elle en plein décrochage?

Avec une croissance faible, un PIB par habitant sous la moyenne européenne pour la 3e année d'affilée...

Les oppositions ne manquent pas de brocarder un échec du macronisme. - J.Bardella: Regardez l'état dans lequel E.Macron a mis notre pays depuis 10 ans.

Nous sommes aujourd'hui dépendants de nos importations. Nous étions une grande nation automobile. Nous avons perdu 40 000 emplois dans la filière automobile ces 10 dernières années. - M.Bompard: Le taux de chômage en France était au même niveau que les autres pays de la zone euro en 2017.

Aujourd'hui, il est supérieur de 20 %. Vous devriez vous demander pourquoi, alors qu'il y a une conjoncture internationale favorable au retour à l'emploi, la France a fait bien moins. - Dans ce tableau, malgré tout, des indicateurs positifs.

Le déficit de l'Etat s'est réduit de 31 milliards d'euros l'an passé. Le déficit commercial s'améliore de 10 milliards. L'inflation en France est la plus faible de la zone euro, à 0,4 %. - F.Villeroy de Galhau: La victoire contre l'inflation est acquise et ça a des conséquences positives.

Il y a plus de pouvoir d'achat et c'est bon pour notre compétitivité. Depuis 2019 et le covid, la France a regagné 10 % de compétitivité par rapport à l'Allemagne et 6 % par rapport à l'ensemble de nos partenaires européens. - Pas suffisant pour enthousiasmer les chefs d'entreprise. - Est-ce que l'investissement a progressé en France l'an dernier?

Non. On devrait investir. C'est exaltant de se digitaliser, d'implémenter l'IA.

Quand l'investissement n'augmente pas en France alors qu'il augmente massivement aux Etats-Unis, en Chine, en Inde et dans d'autres pays, on se déclasse. - Ce soir, la France se maintient dans le classement des 5 pays européens où le chômage est le plus élevé. - C.Roux: On a toujours des doutes sur la manière dont on décompte le nombre de chômeurs.

Question. - D.Seux: Il y a 2 mesures qui n'ont presque rien à voir.

Le chiffre que tout le monde a en tête, c'est le nombre d'inscrits à France Travail en millions. Mais il y a beaucoup de catégories différentes. Vous avez des gens qui travaillent et qui veulent un autre travail, des gens qui travaillent à temps partiel et qui veulent un temps plein...

Vous avez aussi les créateurs d'entreprise, 4 à 5 millions. Les chiffres à l'international, c'est les chiffres du Bureau international du travail. C'est 2,5 millions de chômeurs, c'est-à-dire des personnes immédiatement disponibles pour prendre un travail.

C'est la définition internationale. Il y a un écart considérable entre les 2. Le débat public retient plutôt les chiffres du Bureau international du travail, maintenant. - M.Plane: Cette mesure est importante.

Il y a la mesure de France Travail, celle du Bureau international du travail. La catégorie de chômeurs pour les 7,9 %...

C'est une enquête de l'Insee. Pour être chômeur, il ne faut pas avoir travaillé pendant plusieurs semaines de référence...

Il faut aussi être immédiatement disponible. Si vous n'êtes pas en emploi et que vous ne cherchez pas activement du travail, que vous n'êtes pas immédiatement disponible, vous serez inactif. 1 million de personnes en France ne sont pas dans la catégorie chômage mais souhaitent travailler.

Si vous regardez le halo du chômage, vous avez plus d'un million de personnes. Il y a aussi le sous-emploi. Ce sont des personnes qui ont des emplois à temps partiel mais qui ne souhaitent pas être à temps partiel.

Vous doublez les statistiques. 2,5 millions, c'est le noyau dur. Si vous prenez une forme de chômage au sens élargi, vous montez proche de 5 millions.

La définition n'est pas simple. A l'époque avec F.Hollande, il y avait un débat sur quel indicateur regarder pour parler de la courbe du chômage. - D.Seux: On ne triche pas par rapport aux autres pays. - C.Roux: Mais il y a toujours un débat, y compris politique, sur la manière dont on calcule l'ensemble des Français impliqués de près ou de loin sur le manque d'activité.

Question. C'est le chiffre donné par la CGT, qui dit que le pire est à venir. Des plans sociaux sont déjà en cours. - S.Fay: Ce n'est pas forcément la perfusion du "quoi qu'il en coûte".

C'est beaucoup de changements qui ont lieu dans le monde industriel. Quand on regarde l'automobile, on se retrouve avec les constructeurs allemands qui exportent beaucoup moins vers la Chine, qui se retrouvent en surcapacité en Allemagne. S'ils ferment des usines, ils choisissent de fermer en France plutôt qu'en Allemagne. voient les choses arriver longtemps à l'avance parce qu'en général, on ne ferme pas du jour au lendemain.

On commence par arrêter d'investir, arrêter de remplacer les départs à la retraite ou les démissions spontanées. Petit à petit, ils voient ça s'étioler. Ce qui met la CGT en colère, c'est que dans beaucoup d'entreprises, ils alertent sur l'insuffisance d'investissement, sur le fait qu'on garde une usine avec un seul client et qu'on ne cherche pas à diversifier les clients.

Ca veut dire qu'elle est déjà condamnée. Je sens une grosse colère des salariés. "On a alerté, prévenu, on ne nous écoute pas et après, on est étonnés de voir ces usines fermer." Ce n'est pas forcément des plans sociaux énormes... - C.Roux: C'est peut-être pour ça qu'on n'en parle pas beaucoup, mais c'est un peu partout. - S.Fay: Proportionnellement, pour la localité, c'est énorme.

Souvent, ce sont des gens qui étaient employés dans cette industrie depuis longtemps, comme la salariée de 62 ans du reportage qui comptait finir là. "Ils n'avaient qu'un seul client, on ne l'a pas remplacé, on n'a pas diversifié. On travaillait pour une usine allemande, elle a préféré se reconcentrer sur l'Allemagne..." - D.Seux: 4 secteurs concentrent les pertes d'emplois en ce moment, dont l'automobile, avec l'électrification... - C.Roux: On va parler de la Chine dans un instant. - D.Seux: Vous avez aussi le commerce de proximité.

On parle du textile, pas simplement de l'habillement. Le commerce de proximité, c'est difficile. Vous avez la petite mécanique.

C'est des petits industriels, des PME de 100 personnes. Il y a aussi la restauration. Il y a des vagues en ce moment...

Quand on regarde les défaillances d'entreprises, c'est dans ces 4 secteurs que ça concentre. - M.Plane: Ca ne veut pas dire que c'est des entreprises qui avaient reçu des aides du "quoi qu'il en coûte" et qui ne les ont plus, mais d'un point de vue plus global, économique, un rattrapage s'opère. 2021, 2022 et 2023 sont des années exceptionnelles en termes de faillites.

On a les raisons. On a eu très peu de faillites. On a mis l'économie sous cloche.

Quand vous relevez la cloche, ce qu'on appelle les entreprises zombies, qui ont réussi à passer le cap...

Aujourd'hui, on est en plein dedans. On a des niveaux de faillites record, mais c'est lié à un rattrapage. Ca explique pourquoi on a cet effet sur le chômage et des destructions d'emplois.

Des emplois ont été préservés un peu artificiellement avec ces plans. Aujourd'hui, vous retrouvez la normalité. Les entreprises ne sont pas viables, pas rentables. - C.Roux: Le président de la République s'est déplacé chez ArcelorMittal.

Il avait été question de nationalisation. Ca avait été réclamé par la classe politique. Il y a un investissement pour faire un nouveau four, 1,3 milliard.

L'Etat finance la moitié. Les syndicats disent: "Ce qui vient, c'est 1600 suppressions d'emplois." - D.Seux: Cette aide de l'Etat pour l'électrification des fours, ça concerne 50 entreprises extrêmement polluantes.

Il y a toujours ce sujet du dérèglement climatique qui a un peu disparu des radars. L'Etat dit aux industriels: "On met beaucoup d'argent sur la table."