GRANDE DISTRIBUTION : CES PRÉDATEURS QUI SAIGNENT TOUT LE MONDE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour et bienvenue dans Dissolution. Cette semaine, on va parler de la grande distribution française, son fonctionnement et ses dérives. C'est du vol dans lesm qu'ass sous vous allez dénaturer ce produit.
Ah ! Oh ! Oh !
La sauce attaque le cuir. Alors, ne vous mpreneez pas derrière monsieur la sauce attaque le cuir se cache une industrie ou pratique devenue prédatrice. En tous les cas, ce sont les conclusions d'Antoine Edgul et d'Anne-Catherine Loisier, les sénatrices responsables de la commission d'enquête relative aux marges de la grande distribution dont le rapport a été présenté le 21 mai 2026.
Nous avons constaté l'existence de pratiques prédatrice des distributeurs à la fois sur les industriels et sur les agriculteurs. Ah ouais, ça rigole pas. Prédatrice carrément.
Bien sûr, ils nous nous ont tous juré leur grand dieu. D'ailleurs, il l'a même fait ce matin, monsieur Bompard, sur France Interre, que tout cela n'était pas le cas. Alors, nous avons voulu chercher des preuves car bien sûr, on pouvait pas s' en rester à parole contre parole. uns qui nous disaient euh que c'était le cas et l'autre non.
Donc nous sommes allés chercher euh les preuves et nous les avons trouvé. Ah oui, forcément ça aide. La guerre des prix, elle ne bénéficie pas toujours au consommateur et c'est notre deuxième constat.
Elle masque en réalité une injustice entre les prix puisque les produits les plus margés sont souvent les produits les plus sains. Je vais résumer ça en disant que c'est le rayon fruits et légumes qui va sponsoriser le Coca-Cola ou le Nutella. Ah, va falloir qu'on m'explique comment les tomates financent le Coca.
Mais ça m'intéresse. Il y a forcément un truc à comprendre. Viens voir un peu par là.
Jamy, nous avons constater que certaines pratiques dans la grande distribution ne respecte pas la loi et en particulier les lois égalimes qui visent à protéger les agriculteurs. Mais nous y reviendrons dans le détail. Ah oui, effectivement, les trucs intéressants, c'est comment violer la loi.
Bon, c'est moins ingénieux que prévu. Ah, peut-être, mais ça inquiète la grande distribution. Bon, je pensais pas que ça m'arriverait un jour, mais je débunqué une fake news qui vient d'un rapport du Sénat.
Et cette fake news, elle repose sur un point, un camomber qui a été distribué toute la journée à tous les médias français [musique] pour expliquer que quand on fait des courses de 100 € il y a 40 € qui reviennent dans les poches de la grande distribution. Et ben c'est totalement faux. Rassurez-vous, cette pub a été payée avec l'argent que vous donnez pour acheter vos poireaux.
Mais là encore, ça reste soft. La commission a mis à jour des trucs plus graves encore. C'est la FCD, donc c'est la Fédération qui rassemble l'ensemble euh des distributeurs qui va aller euh proposer d'attaquer en diffamation quelqu'un qui a qui n'a fait que répondre euh à ce qu'il devait faire, c'est-à-dire répondre à une demande expresse de notre part, répondre sous serment aux réponses aux questions de notre part.
Oh mais ils n'ont rien à cacher, c'est sûr. Et tant qu'on y est, si on peut produire ce genre de contenu que les capitalistes et l'extrême droite veulent interdire, c'est grâce à vous. Blast lance une nouvelle campagne de sociétaire.
Vous pouvez devenir actionnaire de Blast. Mais contrairement à l'extrême droite et au Capitalos, vous faites pas ça pour l'argent mais pour participer à une aventure de résistance médiatique [musique] dans un océan bien turbulent. Alors n'hésitez pas à faire un tour sur la page de soutien et à nous aider si vous le pouvez.
On va commencer par aller regarder de plus près comment fonctionne la machine prédatrice de la grande distribution. Et après ça, on se rassera les yeux et les oreilles en rigolant un peu. Eh, pas de spoil.
Après ça, on se penchera sur un sujet autrement plus sérieux, l'abroagation du code noir par l'Assemblée nationale votée à l'unanimité. Il se cache forcément quelque chose entre le symbole et la réparation effective. Eh dis donc, doé, platéreré, meré, expliquer, plaire et émouvoir, on aura tout fait dans cet épisode comme les trois fonctions du théâtre chez Cicéron.
Oh mais la semaine dernière c'était le latin, cette semaine c'est Cicéron. C'est pour nous dire que tu as fait latin grec. prouveur.
Oh ! Bon épisode des dissolutions. Je dis sous donc ce soir l'Assemblée nationale.
Bon, je crois que les présentations ont été faites hein. On peut partir direct. SD concrètement ce qui se passe c'est très simple et très classique dans le capitalisme.
Un agent qui contrôle un goulot de passage de la production impose des conditions commerciales qui font que la valeur ajoutée de la chaîne de production est concentrée entre ses mains. Grosso modo, c'est la grande distribution. Carrefour Auchamp, la coopérative U, Leclerc qui concentre les bénéfices produits par la chaîne.
Sur 100 € dépensés par le consommateur, les agriculteurs en perçoivent H. Les transformateurs et les industriels en perçoivent 14, 35 vont aux importations et plus de 40 reviennent à la distribution et au services. Normalement, la chaîne agroalimentaire est assez simple.
Prenons un exemple, la ratatouille. Les agriculteurs produisent les matières premières : oignons, ail, courgettes, aubergine. Mais ça marche aussi avec les fruits, hein.
Pomme, poire, [musique] poireux. [musique] [soupir] Et ben merci, je l'avoir dans la tête toute la journée. De rien.
Bon, revenons à la ratatouille. Les légumes sont vendus à une centrale d'achat. Les volumes sont énormes et sont censés donner de la visibilité à toute la filière.
Puis ils partent chez un transformateur. Il lave, tri, calibre et conditionne des légumes frais. Pour la ratatouille préparée, il fait bah la ratatouille puis il la met en conserve ou la congèle.
Tout finit ensuite dans les rayons des supermarchés. La question c'est donc qui récupère l'argent ? Les agriculteurs, on sait déjà qu'ils sont exang.
On en a parlé la semaine dernière. Mais les deux sénatrices ont montré que ce n'étaient pas non plus les industriels. Du côté des industriels, attention, la situation n'est pas meilleure.
Toutes les entreprises rencontrées étaient caractérisées par des rentabilités faibles. Bon ben, il ne reste plus qu'une seule étape, la distribution. Faut bien que l'argent aille quelque part.
Pour ça, on comprime les marges en amont pour les récupérer en aval. Autrement dit, la grande distribution affamme ses fournisseurs pour se faire un max de blé. Évidemment, cette pression a des conséquences dramatiques sur l'emploi agricole et industriel français comme la sénatrice Antoine Gul le montre avec l'exemple des conserves d'ussi.
Faute de marche suffisante, ils ont dû fermer leur usine qui transformait les artichauds pour faire des conserves d'articha. Et bien aujourd'hui en France, nous n'avons plus d'entreprise qui fait des conserves d'Artiud. Nous n'en avons plus.
C'est-à-dire que nos producteurs d'Arti qui eux continuent encore à être assez nombreux en Bretagne et bien doivent vendre leur production à l'étranger, en particulier en Italie mais dans d'autres pays également pour qu'après ça revienne ici en France. Et c'est ça en fait la perte industrielle que nous subissons et que nous allons subir à cause de cette guerre des prix. Ah c'est pas mal ça.
En faisant baisser la rémunération des industriels, ils peuvent plus rester en France. Tout ça pour des artichas quelques centimes moins chers au prix de l'emploi industriel français. Mais les distributeurs ont d'autres pratiques fatales à la production française.
Certaines enseignes utilisent par exemple les tomates d'importation à bas prix comme produit d'appel puis reconstituent leur marge sur des tomates françaises. Autrement dit, la guerre des prix ne protège pas durablement ni l'agriculture française ni les consommateurs français. Ah oui, en effet, on importe des tomates étrangères déjà peu chères, on les démarque encore plus pour les rendre irrésistibles et on compense sur les tomates françaises vendues plus qualitative, donc encore plus cher.
Et ça a un nom cette horreur ? C'est ce qu'on appelle la péréquation des marges. Oh, c'est pas beau péréquation des marges.
On dirait le premier album d'un mec de cabinet de conseil qui fait du rap. En tous les cas, il y a un signe qui montre bien que c'est la grande distribution qui s'en met plein les fouilles. Depuis 2021, les prix de vente au consommateurs augmentent davantage que les tarifs négociés au fournisseurs.
Encore cette année et encore cette année. Alors la grande distribution a tout plein d'arguments pour cacher, expliquer ou justifier cette accumulation monumentale de valeur. Les 3 milliards pour la pub par exemple.
Moi, j'observe qu'il y a par exemple les distributeurs aujourd'hui euh accordent plus de 3 milliards à la publicité, chose qu'ils n'ont jamais fait. par le passé. Avant, les grands les grands publicitaires que vous connaissez bien étaient les constructeurs automobiles.
Aujourd'hui, ce sont les distributeurs. Donc, ils ont pas beaucoup de marge mais en tout cas, ils en ont suffisamment pour investir massivement dans la publicité. Bon, ça sent plus le soufre là, ça sent carrément les vieilles aisselles à Satan là.
Et alors, où est-ce qu'il part tout cet argent ? Et lorsque l'on commence justement à regarder où va l'argent, les constats sont frappants. Nous avons demandé par exemple aux services fiscaux les déclarations des revenus des directeurs de certains magasins et nous avons constaté l'existence dans certains cas de revenus extrêmement élevés avec des patrimoines considérables et la fourchette de rémunération est impressionnante.
En 2024, ça allait de 1 million d'euros à 14 millions d'euros. Quand on regarde un peu plus dans le dans le détail, euh nous avons euh des revenus hors plusvalue, par exemple pour 2024 qui vont de 132000 € à 14 millions d'euros et des plusvalues qui vont pour un/ers de l'échantillon de 2 mlion et dei d'euros [raclement de gorge] à 11 millions d'euros. Ah ben voilà, on sait où ils sont passés les milliards.
Bien planqué dans les poches de certaines directions de magasin. Alors là, c'est important. Quand la sénatrice parle de revenu sans plus-value, ça veut dire la rémunération, le salaire, le truc qu'on reçoit tous les mois sur le compte en banque.
Et quand elle parle de la plusvalue, c'est les trucs en plus genre quand le propriétaire de magasin vend les murs ou sa licence. Ces chiffres sont colossaux et les sénatrices en tirent une conclusion radicale. Comme comprenne bien, il ne s'agit pas ici de faire du populisme, mais la grande distribution doit cesser de faire croire qu'elle se sacrifie pour protéger les consommateurs et uniquement pour ça, il y a bien sûr euh d'autres objectifs.
Non mais c'est même pas le minimum. Non mais quel délire ! Carrefour Leclerc au champ des martyres pour la ménagère française.
Et puis bon, rappelons quand même que tout cet argent capté par la Grande distribution, il ne va pas non plus dans le financement de conditions de travail exemplaire. Les exemples de grève pour préserver le pouvoir d'achat de leurs propres salariés sont très régulières. Voyons maintenant les techniques utilisées pour organiser cette prédation.
J'ai constaté avec la présidente dans le cadre d'un contrôle sur place une proposition de simples rencontres top to top. Top to top, c'est de dirigeant à dirigeant. Et bien cette rencontre là pour l'entreprise où nous étions était facturée plus de 350000 €.
Déjà les top à 350000 top. Pas sûr que la formulation soit très appropriée pour un mode de fierté. Ah mais si pour la fierté je sais pas mais un mec 6 blanc only top ultra égoïste masque for masque qui s'approprie tout en se poliant l'énergie autour de lui c'est approprié.
H pour concentrer la valeur, la grande distribution s'appuie notamment sur les centrales d'achat et les marques distributeurs parce qu'elle donne au distributeur le pouvoir à la fois d'être distributeur mais aussi de s'octroyer ce luxe d'avoir ses propres produits. Et donc ça va contribuer à la guerre des prix puisqu'en fait il est en capacité à la fois de poser le prix de décider du prix de ses propres produit en marque distributeur et le prix des produits concurrents de cette marque distributeur et donc d'avoir un impact beaucoup plus important dans la négociation puisque'en fait il a cette solution de repli qui est de vendre ses propres produits au lieu de vendre les produits les produits des marques nationales. Soit le fournisseur propose un produit ultra compétitif, soit le distributeur vend le sien.
Et s'il s'aligne, le distributeur gagne quand même sa commission. Pile il gagne face l'autre paire. Mais il ne s'arrête pas là.
La grande distribution a commencé à créer des centrales d'achat européennes. L'écrasement des prix qui est obtenu par ces centrales européennes et bien cet écrasement, il est répercuté en France au PME en disant ben non l'entreprise là, elle nous vend à x € bah vous allez pas nous vendre plus cher. Donc vous allez baisser vos prix.
Carrefour, SuperU et plusieurs enseignes allemandes se sont regroupés dans une méga centrale d'achat européenne. Ensemble, il représentent 125 milliards d'euros de chiffres d'affaires annuel. Et l'objectif est aussi de contourner les réglementations nationales, notamment françaises, qui interdisent d'acheter des produits agricoles sous leur coût de production.
Nous sommes dans un dans un système où le rapport de force est structurellement défavorable aux fournisseurs et comme souvent ce déséquilibre vient d'une incroyable concentration du pouvoir économique. Aujourd'hui en France à l'achat, il n'y a que trois alliances hyper hyper dominantes. Il y a Concordis qui va allier Carrefour et Coopérative VU.
C'est 39 pardon 34 % de part de marché. Il y aura retail qui va allier Intermarché au champ casino, c'est plus de 29 % de part de marché et il y a le claircul et qui lui est à 24 % de part de marché. Et donc c'est ça cette hyper concentration.
Tout le monde hyperd le producteur français comme l'espagnol. Parce qu'une fois le français pressuré, le distributeur va voir l'espagnol en lui disant "Regardez la tomate française meilleure que la vôtre. Elle a baissé.
Alors baissez vous aussi et attendez bien il y a mieux." La première pratique généralisée et interdite, c'est la suspension des commandes pendant les négociations commerciales. Très concrètement, ça veut dire ça.
Le principe est celui-ci. Vous voulez faire plier l'industriel pendant la négociation, et bien vous arrêtez de de commander ces produits et tant pis si ce sont des produits périssables et tant pis s'il a fait des commandes. L'objectif n'est pas du tout caché.
Et bien c'est 40 % de son chiffre d'affaires pendant 3 semaines, 1 mois, 1 mois et demi, 2 mois [raclement de gorge] que l'on ne voit plus quand on est industriel jusqu'à tant qu'il s' jusqu'à ce qu'il cède en fait. En réalité, c'est ça, c'est jusqu'à ce qu'il sait. La grande distribution est devenue experte dans l'art d'exploiter les particularités des produits pour trucider les négociations.
Il y a une pratique, par exemple pour les fruits et légumes qui consiste à stopper la commande en pleine saison de manière à remplir les chambres froides des producteurs de fruits par exemple. Et puis au bout de 5 jours, ben vous savez ça dure pas très longtemps hein, le la durée de péremption n'est pas très grande. Au bout de 5 jours de dire bien OK, maintenant on renégocie les prix et on reprend à la baisse l'ensemble l'ensemble des stocks et donc il récupère des stocks de fruits et cetera des prix très bas.
Bon tout ça est évidemment très très interdit et elle s'est déjà fait taper sur les doigts pour ce genre de pratique sans que ça l'empêche de continuer avec les centrales de service. Alors à quoi ça sert justement ces centrales de service ? tout simplement à faire passer à la caisse les fournisseurs en leur vendant des services et de jeux de données.
En réalité, la plupart du temps, ces services ne sont pas souhaité par les fournisseurs mais sont imposés par les distributeurs, sans quoi ils ne référencent pas les produits de de l'industriel. Et ces services sont toujours à des coûts très très élevés et souvent disproportionnés par rapport au marché. Et au total, ce sont plus d'un milliard d'euros qui sont interceptés par la grande distribution dans ce qu'il faut bien appeler un mécanisme de captation de la marge.
De la marge. Pour vendre à la centrale d'achat, il faut acheter des services à une centrale de services, référencement, base de données, suivi administratif et cetera. C'est ce qu'on appelle une marge arrière.
C'est important. Ça reviendra plus tard. Si on y ajoute les services facturés par les centrales basées en France, parce qu'il y a aussi des centrales basées en France, hein, c'est les centrales européennes, elles existent, mais il y a aussi des centrales en France.
Alors là, le coût total peut être pharamineux et certains industriels nous parlent de 40 % de leur chiffre d'affaires qui partent en service. Ça fait beaucoup là, non ? Oui.
Ce que le distributeur donne d'un côté pour acheter les produits, il en récupère une partie via des services bidons de l'autre. C'est littéralement contre ce genre de pratique que le premier Monopoly a été inventé. vous savez le jeu anticapitaliste qui a ensuite été volé pour en faire un jeu capitaliste.
Et il va sérieusement falloir ramener la Grande distribution à la raison parce que là elle est en train de tout gâcher. [musique] Le bras de fer s'annonce très compliqué à gagner parce que la grande distribution fait preuve d'une ingéniosité assez virtuose. L'imagination là des distributeurs est sans limite.
Et tout ça pour éviter les obligations de la loi. Les marges arrières aujourd'hui, elles ont été réintégrées dans le prix. C'est cette histoire de trois netes.
Le prix compte une partie de ce qu'on appelle les marges arrières, mais en fait en réalité euh la créativité des distributeurs ou des plutôt des centrales d'achat et de services, elle est incroyable. C'est-à-dire que là, par exemple, il y a eu les pénalités logistiques qui ont été encadrées par la loi et bien on voit apparaître des pénalités administratives. C'est-à-dire à partir du moment où on régule quelque chose, et bien on voit apparaître une autre catégorie. euh soit de pénalité, soit de service qui va venir en fait reconstituer euh ces sommes euh qui euh qui que la grande distribution s'octroit euh et qui en fait est de la captation de marge.
Ce sont des comportements évasifs comme on en connaît d'autres. On vous renvoie notamment nos vidéos sur les impôts, mais là il paraît qu'en France, on a développé une expertise particulière. Si la France se distingue là dans ce rapport, ce que nous pouvons dire c'est qu'elle se distingue pas par une accumulation de règles législatives, c'est qu'elle se distingue par des pratiques absolument scandaleuses de négociation parce que cela n'arrive nulle part ailleurs.
Une expertise française que j'espère pas trop exporter à l'étranger. Le monde n'a pas besoin de ça en plus hein. Et c'est très simple.
Tout ça prospère à l'opacité. Et le meilleur remède à l'opacité toxique c'est la transparence. Comme disait René Chard, le visage du soleil a une clarté qui, tout en étant celle de tous a une vertu balsamique qui ne se gaspie pas en vin.
Ah bah je je sais pas ce que vient faire le vinaigre dans la conversation mais oui, ça va cramer. Faire euh la lumière sur certaines pratiques et c'est pourquoi nous proposons plus de transparence. Alors, en rendant public chaque année la comparaison entre l'évolution des prix au consommateurs et les tarifs négociés avec les fournisseurs pour voir si effectivement il y a corrélation et comme ça nous verrons bien si cette guerre des prix profite au pouvoir d'achat. d'instaurer un affichage obligatoire des marges sur les produits non transformés, c'est-à-dire sur le rayon fruits et légumes, afin que le consommateur sache s'il achète 1 kg de pomme, quelle est la part qui revient réellement au producteur.
Bref, obliger les distributeurs à communiquer plus sincèrement sur la part qu'il donnent effectivement aux producteurs agricoles et celles qui se reprennent par derrière. d'imposer au distributeurs une déclaration annuelle des flux financiers avec les centrales d'achat et de services européennes parce que là il y a une grande opacité. Mais il y a un autre obstacle majeur, la définition de l'abus de position dominante, c'est-à-dire le moment où un acteur économique utilise son pouvoir pour déformer les relations commerciales.
La concurrence qui va aller servir infiner soi-disant le pouvoir d'achat, elle est tout à fait acceptée. Le problème, c'est que cette analyse ne résiste pas au fait. On peut faire des trusts, on peut faire ce genre de chos alliances représentées 40 % par de marchés sans aucun problème et sans être considéré comme euh générant un abus de de dépendance économique.
Parce queen fait derrière ce qui est sous-jacent, c'est ça va servir le pouvoir d'achat. Mais en réalité lorsqu'on représente 40 % du marché et bien on est dans une situation possible d'abus de dépendance économique et donc il faut le requifier. Cette guerre des prix sert surtout de paravant à une captation de la valeur qui finit par détruire les chaînes de production.
Pendant que les industriels mettent en scène une guerre des prix artificiel sur quelques produits bien choisis, on évite de se poser les vraies questions. Qui produit réellement notre alimentation ? Où est-elle transformée ?
Qui capte véritablement la valeur ? Et quelle souveraineté alimentaire nous voulons encore préserver dans notre pays ? Enfin, il faut un sursaut des pouvoirs publics davantage de contrôle de procédure.
C'est bien que le ministère de l'économie se saisisse en fait de ce sujet. Euh c'est pour faciliter le rééquilibrage du pouvoir des négociations avec les producteurs. C'était ça en fait notre notre su notre sujet.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que nous avons alors j'ai compris votre question hein, pourquoi on le fait pas nous-même plutôt que de le demander ? On va le demander au ministre. qu'on veut que le ministre se saisisse de ce sujet et de ces questions.
Ce sont des questions qu'il connaît bien puisque le ministre lui-même fait partie a fait partie de la grande distribution et a travaillé dans ce domaine. Donc il est très très au courant de toutes ces pratiques. Le ministre en question c'est Serge Papin, l'ancien PDG des magasins U et le président non exécutif du groupe Auchamp France.
Ah c'est sûr qu'il doit être méga motivé à faire tout ça, hein ? Méga motivé. Et joli coup de la sénatrice de renvoyer le dossier sur son bureau pour bien lui rappeler d'où il vient.
Bim ! Ah bah la société civile au gouvernement, ça ressemble aussi à ça. Et en parlant de raté du macronisme, rubrique suivante.
Allez, on va changer les idées et on va retrouver un grand artiste incompris de notre vie politique. Un poète de la rue de Varè, un sculpteur de mots, un trublion administratif, bref un insigne contributeur à la vie artistique de notre République. Au nom du président de la République et en vertu des pouvoirs qui vous sont conférés, je vous fais chevalier dans votre collège.
Eh, on vous avait prévenu que ça allait swinger. Aïe ! [rires] [applaudissements] Oh là là !
Mais tout est parfaitement exécuté. Le fait qu'il se loupe et se pique, qu'il ne s'attendent pas à ce qu'une épingle s'applique et qu'il en lâche la légion d'honneur. Sa façon si gracieuse de se baisser et de se relever.
Voilà, s'il embrassait pleinement son potentiel comique et qu'il mettait de côté ses réflexes politiciens, ça pourrait faire un bon nouveau Bourville. Ah ben ah bah rien que ça maintenant elle va marcher beaucoup moins bien forcment. Ah oui mais il faut qu'il arrête la politique hein complètement.
Finito, il s'arrête il revient plus. Ah bah je suis pas si con que j'en ai l'air là. [rires] Et en parlant de désastre industriel produit par la macronie, on a eu le droit à ça. [musique] Quand je les dépose le matin à l'école, [musique] je veux juste être sûr qu'on leur donne toute leur chance.
Savoir qu'ils feront mieux que nous, qu'ils pourront s'élever dans la société, [musique] qu'ils grandiront sereins, protégés de la violence, des trafics, de la haine, [musique] protégés du harcèlement, de l'addiction aux écrans, aux réseaux sociaux. On devrait tous être au protégé. Ah mais c'est quoi cette merde ?
Le clip de lancement de campagne de Gabriel Atal et autant dire que c'est pépite. On va y aller ensemble madame. Il va bien se passer.
Ce que je veux c'est qu'on respecte notre [musique] droit, nos lois, nos frontières. On a besoin que l'ordre et le respect redeviennent la règle partout dans le pays. Pour que je puisse [musique] rentrer seul le soir sans regarder derrière moi.
Pour que je puisse m'habiller comme je veux, disposer de mon corps, de ma vie. Alors attention, s'habiller comme on veut, mais pas en aba si vous êtes mineur mesdames hein, faut pas déconner. Mais quelle horreur !
Quelle horreur ! C'est atroce ! La droite dans tout ce qu'elle a de plus répugnant, les petites aspirations à la sécurité, l'ordre, société bien rangée, la petite peur de l'incertain ou de l'inconnu est rassuré par des dispositifs sécuritaires et surtout par la voix fiéleuse du discours répressif lui-même.
Ça rassure le droit s de se dire que la police va taper très fort. Être libre libre libre de pouvoir vivre en [musique] bonne santé dans un environnement sain sur une planète propre pour mes enfants et pour leurs [musique] enfants aussi. Libre.
Libre parce qu'on récompense ceux qui travaillent, ceux qui se lèvent tôt comme moi. [musique] Parce qu'il faut faire sauter tous les verrous qui bloquent, ceux qui ont envie de faire. Moi, je bosse et on me dit que je n'aurai pas de retraite.
J'ai peur de travailler toute ma vie pour rien. Alors, attends, l'ordre et la sécurité puis la société et l'économie, h les défis de demain et la politique internationale, le monde s'affole. On doit peser face à la Chine et face à Trump.
Alors [musique] oui, il faut une France forte mais on y arrivera grâce à l'Europe avec l'Europe. On a besoin de quelqu'un qui [musique] regarde l'avenir, qui ne soit pas enfermé dans les codes, qui sache rassembler plutôt que de monter les gens les uns contre les autres. Quelqu'un qui a [musique] la force d'agir, qui nous permet d'y croire à nouveau, qui nous donne espoir.
Ah ! Oups, j'avais oublié le turbo bullshit creux du communiquant hors sol. Cet espoir, je veux le bâtir avec vous.
Cet avenir, nous allons le construire ensemble. [applaudissements] Je suis Gabriel Atal. Je suis candidat pour être président de la République et je me battrai pour chacune [acclamation] et chacun de notre Gaby, notre héros, notre sauveur, notre Superman. [musique] [musique] Quel enfer ! [rires] C'est incroyable he !
Et le communiquant qui a eu l'idée de le faire partir depuis la foule, franchement ça pouvait pas faire plus clip de com ultra creux tellement c'est forcé. Ce cringe de l'espace. Si vous perdez cette élection présidentielle, est-ce que vous arrêtez la politique ?
Ça je je sais pas. Enfin, je c'est quoi ces questions ? Et bah elle est bien partie la campagne.
Bon, c'est fini les bêtises. On va changer un peu de braquet et parler de vraies choses vraiment sérieuses. Jeudi 28 mai 2026, l'assemblée se prononçait sur une proposition du groupe Liot pour officiellement abroger le code noir.
Mais c'était pas déjà abrogé cette merde ? Et commence pas à m'embrouiller avec tes trucs de juriste là. C'est quoi cette histoire ?
On peut encore appliquer le code noir en France ? Avec mes trucs de juriste, je peux te dire qu'il n'y a aucun texte qui a été adopté ou voté qui dit "Le code noir est abrogé". Mais les dispositions juridiques du code noir sont évidemment inapplicable depuis longtemps.
C'est pour ça qu'on dit que c'est une abrogation symbolique. Mais comme on va le voir, il y a symbole et symbole. C'est sous le regard de Pierre, de Jean-Baptiste Colbert dans la statue immense trône devant notre assemblée que nous nous apprêtons aujourd'hui enfin à abroger le code noir qu'il avait écrit.
Oui, c'est pas terrible. On pourrait changer quand même. Entendez bien, comprenez-moi bien la réparation.
Mais pas vengeance. Puis c'est quelques verrs d'auguste la Cossaade éclairer notre chemin qui reste à parcourir. Éteignez dans les cœurs les feux de la vengeance.
L'esprit affranchi mieux que les glèves héritées. L'étoile de l'intelligence sur nos mœurs doit éclore avant la liberté. Dites à ceux pour qui le destin fut sévère, à ceux pour qui le sort n'a jamais eu d'affront.
Que les eau seintes du calvaire ont indistinctement coulé sur tous les fronts. Que maudit dans les cieux et maudit en ce monde, pauvre de tout le sang dont il est inondé. L'esclavage est un sol immonde que les regards de Dieu n'ont jamais fécondé.
Bon, je vous le dis tout de suite, c'est que le début de la turboade. Il y avait des vies, il y avait des mères, il y avait des enfants, il y avait des visages, des êtres humains que l'on pouvait effacer couper de leur histoire. Arraché à eux-mêmes, ces femmes, ces hommes avaient aussi des rêves.
Ils avaient une langue, des croyances. Derrière le symbole, quand il est bien construit et bien mobilisé, ce sont des vies dont on parle. Malgré ceux qui voulaient les effacer du monde, ils ont continué à se tenir debout à travers des révoltes, les maronnages, les champs, les prières.
Ils ont continué à défendre cette part d'eux-même que l'esclavage voulait anéantir. La liberté a confisqué leur dignité. La liberté a été confisquée.
Leur dignité jamais. Et cette force, ils l'ont transmise à leurs enfants. Et ces vies, ce sont des parcours générationnels longs et complexes.
Je pense à mon arrière-gr-mère, maman Bébelle. Sa mémoire a traversé ma famille. J'ai grandi avec son histoire.
Elle me l'a raconté. Elle était la petite fille d'Ambroise Gérbe, née en Afrique, puis réduit en esclavage sur le matricule 336. Et aujourd'hui, son petit son arrière petitfils se tient debout devant vous, député de la République. [applaudissements] Ce que l'histoire a voulu réduire en silence parle désormais au cœur même de la République.
Chaque parole que je porte à cette tribune est aussi la leur ne sommes pas des descendants d'esclaves, nous sommes les descendants d'être humain et libre puis réduit en esclavage. Je vous remercie. Se poser la question du code noir, c'est regarder en face ce que notre pays a fait.
Il ne s'agit pas seulement d'abroger un texte, il s'agit de regarder en face ce qu'il a produit et ce qu'il a détruit et ce et ce que nos sociétés potent encore de cette violence. Bon, vous vous doutez bien que toutes ces choses, l'extrême droite n'a pas voulu en entendre parler, hein. La France, pour en elle, une vocation universelle d'émancipation, pardon.
Ah, c'est rigolo de buter sur le mot d'émancipation. Fidèles à leur vision instrumentale de l'histoire, les fachot se sont contorsionnés dans tous les sens pour à la fois soutenir le texte mais en limiter la portée. Comme quoi, le symbole peut bien avoir plusieurs formes.
L'histoire est un héritage à transmettre et non un réquisitoire à perpétuellement réouvrir. Oh et on vous voit he ! Même si elle est d'extrême droite, pas de blague sur son nom, ça elle n'y peut rien.
La France n'a pas à faire de son histoire un procès permanent. Elle a à la connaître, à l'enseigner et parfois à la corriger ce qu'elle a su faire en son temps avec courage. C'est précisément parce que nous tenons cette ligne avec conscience que nous pouvons aujourd'hui voter ce texte sans réserve.
La reconnaissance n'est pas la repentance. Et ils ont déroulé les variations sur ce thème. Pas de repentance, juste devoir de mémoire parce qu'au fond le code noir ne serait pas vraiment la France.
La France ne peut entretenir aucune ambiguïté avec un texte contraire à son histoire et à ses principes. Pour autant, cette exigence de mémoire doit être abordée avec mesure et rigueur. Tout est fait pour limiter la contagion terrifiante de ce symbole.
Ce vote ne solde aucune dette, n'instruit aucun procès, ne désigne aucun coupable. Bon, déjà si on veut un procès aider des coupables, un crime contre l'humanité c'est commis par des gens. Ces gens ont des noms.
Ce procès purement moral certes aura au moins la force de la jurisdiction de dire que ces gens n'étaient pas dans le bon droit parce qu'on a décidé que l'esclavage était un crime imprescriptible. Mais ça, cette idée, elle terrifie l'extrême droite. Il existe dans le débat public contemporain une tentation, celle de relire l'histoire à travers le seul prisme du présent et d'inviter les générations d'aujourd'hui à porter le poids des fautes des générations passées.
Et c'est là que le dispositif discursif de l'extrême droite prend son sens. Ils sont d'accord pour que ça reste un symbole creux qui surtout mais alors surtout ne nous conduise pas à réfléchir sur les conséquences actuelles de l'esclavage. Le risque existe qu'un geste symbolique permet d'éviter d'ouvrir les débats plus profonds sur les conséquences contemporaines du système esclavagiste et colonial. réparation, discrimination structurelle, inégalité économique et sociale persistante, violence raciste et négrophobe.
La gauche exigeante demande bien de faire les comptes et de commencer à réparer pour de vrai. Et il faut avoir le courage de le dire, aucune société n'est définitivement immunisée contre la la déshumanisation. Le code noir nous rappelle justement ce moment où le droit a cessé de protéger l'humain pour organiser sa négation.
C'est pourquoi notre responsabilité est immense. Abrocher abroger le code noir ne doit pas devenir un geste de purification morale permettant à la République de tourner rapidement la page. Ce doit être le début d'un travail plus profond.
Un travail de lutte active contre toutes les formes contemporaines du racisme, un travail de vérité, de justice, de réparation. Comme on le disait plus tôt, derrière le symbole quand il est bien construit et bien utilisé, il y a des vies. Ces vies sont évidemment les destins brisés par le rapt, par la servitude, les violences, la destruction des cellules sociales et familiales.
Ce sont les vies des personnes libres réduites en esclavage et de leur descendance. Mais ce sont aussi les vies de ceux qui en ont profité et de leurs descendants. Que signifie abroger le code noir en 2026 si nous refusons encore de penser les conséquences contemporaines de l'esclavage et du colonialisme ? si les outremes continuent d'être regardé depuis Paris comme des périphéries lointaines et non comme des territoires centraux de l'histoire de France.
Car sans les esclaves des colonies, il n'y aurait pas eu cette prospérité qui a enrichi les ports, les banques et les industries de l'hexagone. Et oui, et ce capital volé par l'esclavage a rempli les poches de famille en métropole en même temps qu'il a maintenu nos territoires coloniaux esclavagistes dans des conditions de développement indigne. Le code noir n'était pas une anomalie administrative, il était une architecture politique, une machine juridique destinée à transformer l'être humain en force de travail Servville au profit d'un système économique colonial.
Le code noir, c'est la République ou plutôt ce qu'il a précédé organisant la contradiction absolue entre l'universalisme proclamé et l'inhumanité pratiquée. Et je veux le dire ici avec gravité, nous ne pouvons pas réduire ce débat à un simple geste mémoriel parce que dans nos territoires d'outre mer, le passé colonial n'est pas du passé. Il est encore inscrit dans les paysages sociaux.
Il est dans la répartition des terres, dans les inégalités de patrimoine, dans les rapports de domination économique. Il est dans les hiérarchies raciales hérité de la plantation. Il est dans cette relégation persistante des outresemes dans l'imaginaire national.
Et évidemment, ces réflexes coloniaux ont perduré pendant bien des années. Le rapport colonial au territoire ultramarin a ainsi perduré à travers des décisions imposées depuis l'hexagone sans considération pour les populations dans une logique de domination administrative et de mépris social. À la Réunion, cela se traduit par la déportation d'enfants jusqu'en 1982, par les avortements et stérilisation forcé suivi par des femmes rayonnaises jusqu'en 1970 par l'onnance d'ébré de 1960 qui organisait l'exil forcé de fonctionnaires ultramarin engagé politiquement par l'interdiction du maloya aux Antilles par le scandale du clore d'écon et j'en passe la réparation des ravages du clore d'écon commence à peine.
Le 2 juin 2026, une proposition de loi était adoptée en deuxème lecture pour reconnaître la responsabilité de l'État et indemniser les victimes. Une reconnaissance symbolique et une réparation encore difficile à saisir. Le vote d'aujourd'hui n'efface n'effacera ni les souffrances humaines, ni les terres empoisonnées, ni les eaux contaminées, mais il grave pour la première fois dans une loi une évidence dont les peuples de Martinique et de Guadeloupe sont imprégnés depuis des décennies.
L'État depuis longtemps. L'État a laissé faire pendant longtemps. L'État a été complice tout le temps.
Combien de séquences parlementaires nous démontrent que l'État veut nous enfermer à tout prix dans une série de reconnaissances symboliques et stériles. Aujourd'hui, le Sénat nous sort un concept suraliste de part de responsabilité. Quelle part ?
Grande part. petite part, qu'est-ce que cela veut dire ? Impossible à évaluer, impossible à quantifier, donc impossible à réparer.
Les victimes du clore décon sont pour certaines encore vivantes. On peut réparer leur préjudice. On ne pourra jamais réparer les crimes subis par les personnes réduites ou nées esclaves.
Elles sont décédées depuis bien longtemps, mais on peut aller plus loin que l'abrogation et voter l'annulation pure et simple du code noir. Une simple abrogation est insuffisante. Pourquoi ? parce qu'à Brog laisse subsister l'idée qu'ier encore ce texte aurait pu relever d'une légalité acceptable dans son temps.
Or, certains crimes dépassent précisément le cadre de la relativité historique. Abolir initio s'est déclaré que le code noir était illégitime dès son origine. Cela signifie qu'aucune souveraineté politique, aucun empire, aucune puissance économique ne pouvait moralement disposer de l'humanité d'autrui.
Le rapporteur centrist et le gouvernement étaient tous deux opposés à cet élargissement avec des arguments de centristes bien déguisés. Alors attention, c'est du bullshit de compète. Je ne partage pas votre point de vue, il y a une différence en droit entre l'abrogation et l'annulation.
L'abrogation signifie que le fait l'acte prend effet à exister, à bien exister, le code noir a existé avec ses conséquences, avec ses crimes, [grognement] avec le côté l'aspect inhumain. Mais l'abrogation signifie que tout le passé demeure. Les conséquences du passé sont là et seulement aujourd'hui quand nous allons abroger le CRE noir, les conséquences les conséquences s'arrêteent pour s'arrête pour l'avenir.
Il y a ceux qui proposent de dire que le texte serait-illégal. Là, je crois qu'il y a un contresens. Le code noir par nature de ce qu'il est, il était légal.
Il était la représentation de la légalité, c'était la loi en vigueur évidemment inacceptable à nos yeux aujourd'hui, insoutenable. Mais c'était la loi de l'époque. Et donc il faut faire très attention à ne pas effacer.
C'est ce qu'a dit très bien le rapporteur, ne pas effacer ce qui a été. Dire qu'il était illégal rétroactivement, c'est peut-être se mettre des œillères aussi sur ce qui s'est passé. Bon, avec l'annulation, il ne s'agit pas de faire comme si le code noir n'avait jamais existé.
Au contraire, on n' pas la rubrique les écuries d'Ogias cette semaine, mais on va quand même l'ouvrir 2 minutes. Ils prétendent que l'abrogation serait symboliquement plus forte que l'annulation. En réalité, c'est l'inverse et c'est précisément pour cela qu'il refuse l'annulation.
Contrairement à ce qu'il laisse entendre, annuler le code noir n'efface pas les traitements qui ont été infligés. Les faits ont eu lieu, personne ne peut les faire disparaître. Ce qui peut changer en revanche, c'est la manière dont le droit les qualifie.
L'enjeu de l'annulation est là. Elle ne réécrit pas l'histoire. Elle porte un jugement juridique aujourd'hui sur elle.
Elle affirme que ce qui était alors présenté comme légal ne l'était pas légitimement, que l'ordre juridique qu'il autorisait était lui-même contraire à nos principes d'aujourd'hui. Et lorsqu'un acte est déclaré nul, il ne devient pas invisible, il devient illégal. C'est précisément ce déplacement de qualification qui donne à l'annulation une portée bien plus forte que la simple abrogation.
Annuler, c'est dire que tous ces sévises étaient-ils légaux et constituent des crimes en tant que tel. Or, un crime appelle sanction et réparation. au contraire de l'abrogation qui laisse le code noir valide jusqu'à ce jour.
Donc pas d'obligation particulière de réparer ou de sanctionner. Bref, ça sert à limiter le travail de réparation à sa dimension symbolique parce que concrètement il reste beaucoup à faire. Investissements locaux, autonomie financière, académique, économique et industrielle.
Oui, parce que les milliards qu'on refuse de prendre aux ultras riches pourraient aussi servir à réparer le lien avec les territoires ultramarins, par exemple en brisant les monopole de la grande distribution encore détenu par des héritiers d'esclavagistes. Le problème avec euh la construction des prix dans l'Outrem, c'est que le nombre de d'étapes est beaucoup plus important, ça vous le comprenez très bien, et qu'à chaque étape, il y a des marges. Or, il se trouve quand même qu'à chaque étape, il y a des marges, mais souvent il y a les mêmes acteurs et donc qui cumulent des marges.
Quand aujourd'hui on dit que les distributeurs en France ont à peu près 1,5 % de marge nette, les chiffres pour les distributeurs ultramarins, c'est 3 à 4 % de marge nette. Alors là où certains voient une volonté irréfléchie de pointer du doigt pour faire la révolution, il y a un long travail symbolique, politique et moral. Et parfois pour faire la révolution, il faut commencer par pointer du doigt le symbole à abattre.
Voilà pour cette fois. On se retrouve très bientôt pour commenter l'actualité politique et parlementaire. N'oubliez pas de liker, commenter, partager pour diffuser une information libre, indépendante [musique] et accessible à tous.
Et en attendant la prochaine fois, on vous laisse avec cette citation inspirante. Pointer du doigt sans réfléchir n'est pas faire la révolution. Mathieu Kassovitz, commentaire sous un poste de blast par Maxime Cochelin.
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François Bayrou