Chute de François Bayrou le 8 septembre : "Une probabilité qui est assez forte"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il est 7h11 sur Europe 1. Dimitri Pavlenco. Vous recevez ce matin le politologue et chercheur au CNRS et au CBOF Bruno Cotè.
Bonjour Bruno Cotè. Bonjour Dimitri Pavinco. Bruno François Bairou va donc engager la responsabilité de son gouvernement le 8 septembre c'est lundi dans 2 semaines devant le parlement en session extraordinaire avec un discours de politique général.
Et alors tout ce que tout ce que la presse lui pronostique ce matin, c'est un échec. Est-ce que c'est un suicide politique organisé par François Baou lui-même auquel on va assister d'après vous ? Il y a deux hypothèses.
La première hypothèse, c'est que le Premier ministre pensait au vu peut-être de discussion pendant l'été que des députés socialistes ou peut-être même le Rassemblement national se laisseraiit convaincre au fond d'adhérer à l'idée d'un principe de réduction de nos dépenses. En tout cas de d'accepter le plan d'ensemble comme dit François Baou. Et puis la deuxième hypothèse, c'est effectivement qu'il a mesuré qu'il n'obtiendrait pas et bien la confiance et qu'il n'obtiendrait pas un vote sur son budget ou sur le plan d'économie.
Et donc François Barbou préférerait partir au fond sur un un en affirmant clairement ses choix, en étant fidèle au fond à son discours sur la réduction des déficits publics, ne cherchant peut-être même plus du tout à obtenir l'adhésion de certains députés socialistes en particulier ou du Rassemblement national. Donc en substance, c'était un un kitou double provoquer un sursaut, une réaction celle qu'il souhaitait, une prise de conscience sur le surendettement de la France ou bien partir en lanceur d'alerte incompris avec peut-être en arrière en arrière-pensée euh cette idée de revenir peut-être pour la présidentielle. Vous pensez Bruno Cot qui avait ça aussi dans la tête du premier ministre ?
Enfin qu'il y a ça actuellement, tout n'est pas joué hein. Voilà. Je je ne sais pas s'il serait intéressé par la présidentielle.
Vous savez que au centre au centre droit, il y a déjà beaucoup beaucoup de candidatur potentielles, mais en tout cas que le premier ministre pense pouvoir au fond à poser un acte pour lui qui le rapprocherait de certains de ses modèles politiques. On a vu par exemple hier dans les questions réponses avec les journalistes qu'il était plutôt flatté que l'on pense à Pierre Mandes France comme exemple auquel François Baou voulait se comparer. C'est peut-être aussi de ça dont il est question, c'est-à-dire au fond une forme de de on veut dire d'affirmation d'un François Bairou qui nous dit qu'il est seul à avoir raison, qu'il a toujours eu raison, que les autres n'ont pas su s'occuper des questions de déficit public et peut-être marquer sa trajectoire politique par ce coup d'éclat de ces deux discours, celui du 15 juillet et puis celui d'hier.
Bon, qu'est-ce qui va se passer concrètement le le 8 septembre ? Bruno Cotè, c'est l'article 49 alinéa 1 de la constitution qu'active le le Premier ministre avec ce ce discours de politique générale suivi d'un d'un vote de confiance. S'il tombe le Premier ministre, qu'est-ce qui se passe concrètement derrière ?
Oui, c'est vrai que c'est une probabilité qui aujourd'hui est assez forte quand même qu'il tombe, notamment depuis que hier euh les socialistes ont pris position en disant euh aucun aucun moyen qu'on vote la confiance à François Baïou, le rassemblement national également. Donc s'il tombe et bien Emmanuel Macron n'a plus que deux choix. Premier choix, nommer un nouveau premier ministre et charge à lui de trouver un gouvernement, une majorité et on repart sur des discussions et le problème n'est pas réglé puisque il n'y aura pas de majorité.
Mais c'est peut-être une personnalité qui dira que François Bairou avait des idées justes, mais qu'il faut peut-être y aller en en tendance et moins d'économie que ce que François Bairou proposait ou d'autres types de mesures euh ou euh de dissoudre l'Assemblée nationale et qu'on repartirait à ce moment-là pour de nouvelles élections législatives. Dans les deux cas de figure, de toute façon, la situation sera très compliquée. Premier cas de figure, nouveau premier ministre, rappelons que ça ferait notre 7e premier ministre.
Depuis qu'Emmanuel Macron a été élu en 2017, c'est-à-dire 7 premier ministres en même pas 10 ans de pouvoir, ça ferait beaucoup. Et puis s'il y a une dissolution, ça nous fera notre 3e élection législative de suite 2022, 2024 2025 26 en même pas 3 ans. Ce qui aussi serait perçu par tous les acteurs financiers et politiques européens et internationaux comme un signe de très grande instabilité en France.
Al Christophe Lamar dans son journal euh sur européen il y a quelques minutes rappelait quand même que lors de ce vote de confiance, le comptage va être quand même assez particulier. On va compter les votes pour, on va côter euh compter les votes contre. S'il y a abstention du député au moment du vote, ça n'est pas compté.
Euh est-ce qu'il est possible que il des partis qui jouent sur les mots en nous disant qu'on ne votera pas la confiance à François Bairou avec peut-être la possibilité de s'abstenir et comme ça euh inextrémiste de sauver la peau euh du Premier ministre Bruno Cotè. Euh techniquement ça pourrait être possible. Par contre quand on regarde les choses de près, il faudrait par exemple qu'il a sans doute au moins la moitié par exemple des des la soixantaine de députés socialistes qui s'abstiennent pour sauver François Baot.
Ça semble aujourd'hui très compliqué. On voit mal aussi du côté du Rassemblement national. Euh beaucoup de députés du RN qui au fond s'abstiendrait.
Euh c'est un un scénario qui est techniquement possible et qui semble politiquement aujourd'hui quand même relativement peu probable. Euh d'autant que le premier scréen du PS a clairement dit qu'il ne voyait pas comment euh ce François Baou et Olivier Fort a même utilisé hier dans un article publié dans la presse euh l'idée d'une autodissolution de François Baou. Et est-ce qu'il y a pas qu'est-ce que ça qu'est-ce que ça nous dit aussi du pays par rapport et de la classe politique par rapport à la situation budgétaire ?
Parce que ce que pointe du doigt François Baou est aujourd'hui une évidence, le surendettement de la France et de l'inquiétude que ça provoque à l'échelle internationale. On a l'impression finalement que c'est une considération qui pèse si très peu dans le jeu politique actuel. Bruno Côtre, est-ce que ça ne compte pas finalement au regard de tous les partis qui ont annoncé hier qu'il ne voterait pas la conscience la confiance à François Bairou ?
C'est vrai que le propos Trayero rappelle par exemple ce du président de la Cour des comptes, des rapports de la Cour des comptes. Le président de la cour des comptes, Pierre Moscovici, avait parlé même de déficit public hors de contrôle en France. Par contre, ça traduit qu'en France, nous n'arrivons pas à poser un grand débat démocratique qui serait tranché au fond par le suffrage universel sur les différentes solutions qui se présentent.
C'est c'est un peu l'une des l'une des des éléments qui explique la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui. François Bairou n'a pas non plus été validé par les urnes. Son plan, quel que soit ce qu'on pense de ce plan, est-ce qu'il est pertinent ?
Est-ce que le diagnostic est bon ? Est-ce que le remède euh est pire que le mal ? On ne sait pas en fond.
Mais par contre, ce qu'on sait, c'est que François Baou n'a pas présenté l'ensemble de ce de ce plan au suffrage universel. euh par exemple lors d'élection législative, prenant par exemple présentant au titre du modèle euh ce programme. Et donc c'est c'est de ça dont ça parle, c'est-à-dire ça parle de notre grande difficulté aujourd'hui dans le pays, avoir un débat politique qui puisse faire l'objet d'appréciation alternative de projets différents et que ça soit tranché par les urnes qu'on en sorte à un moment donné.
Merci beaucoup Bruno Cotis. Je rappelle que vous êtes politologue chercheur CNRS au C VIPOF. Merci d'avoir été ce matin avec nous sur Europe.
François Bayrou