Élisabeth Guigou : "Ces milliers de migrants morts, c'est un scandale"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:26OuverteRéponse directe
Comment établir une juste concurrence entre les éleveurs français et leurs homologues européens ?
- 2:45OuverteRéponse directe
Et ces sanctions, il faut les maintenir ?
- 3:30OuverteRéponse directe
Le plan d'aide à la Grèce, 86 milliards d'euros sur trois ans. C'est le dernier ?
- 4:30OuverteRéponse directe
L'économie grecque, avec ses faiblesses, est-ce que c'est un puits sans fond ?
- 5:29OuverteRéponse directe
On ne change pas de politique économique. C'est ce qu'a dit vendredi Michel Sapin. Vous approuvez ?
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Vous dites certains, vous parlez de qui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Invité politiqueFait
« Oui, bien sûr, comme vous le dites, il faut continuer l'harmonisation sociale. »
- 1:01Invité politiqueFait
« On a fait quelques progrès quand même, notamment lorsque la France, sous l'impulsion de Michel Sapin, a obtenu une réforme du mécanisme des travailleurs détachés. »
- 1:41Invité politiquePromesse
« Je pense que la réunion d'aujourd'hui qui va se tenir au ministère de l'Agriculture va aussi examiner tous les moyens de renforcer la compétitivité, à la fois de la filière porcine et aussi des producteurs de lait. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Comment on renforce la compétitivité ? Dans les abattoirs, probablement en automatisant davantage l'abattage. »
- 2:07Invité politiqueFait
« Le gouvernement a pris des mesures fortes pour réduire les charges des entreprises, ce qui fait qu'il y a maintenant une meilleure comparaison, une meilleure égalité de conditions entre la France et l'Allemagne, par exemple. »
- 2:52Invité politiqueFait
« Ces sanctions, elles sont prises au niveau européen. Elles se justifient parce que l'annexion de la Crimée est de toute façon inacceptable sur le plan international. »
- 3:40Invité politiqueFait
« Espérons-le. En tout cas, c'était indispensable pour éviter la sortie de la Grèce de la zone euro. »
- 3:56Invité politiqueFait
« Donc, il fallait absolument maintenir la Grèce dans la zone euro, parce que d'abord, cette sortie aurait, pour les Grecs, ajouté la catastrophe à la catastrophe. »
- 4:43Invité politiqueFait
« Cette aide, elle est accordée avec des contreparties sévères et c'est justifié. »
- 4:56Invité politiqueFait
« Il faut créer un vrai système fiscal. Il faut qu'il puisse y avoir une vraie administration qui puisse contrôler, justement, les rentrées d'impôts. »
- 5:12Invité politiqueFait
« Il faudra admettre, comme le demande le Fonds monétaire international, qu'il faudra restructurer la dette grecque. »
- 5:43Invité politiqueFait
« Je pense qu'il ne faut pas, en effet, changer de stratégie économique, parce qu'on voit bien que les entreprises ont besoin de stabilité. »
- 6:05Invité politiqueFait
« On ne peut pas admettre les fraudes qui sont exercées par certains sur le crédit impôt recherche ou sur le CIC. »
- 7:07Invité politiqueFait
« Je pense que beaucoup d'entreprises ont fait beaucoup d'efforts. Nous avons heureusement une vitalité extrêmement importante. »
- 9:10Invité politiqueFait
« Ces milliers de morts depuis le début de l'année, tous les jours maintenant, c'est un scandale. »
Temps de parole
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Il est 8h21, le 7-9 du week-end, qui arrive sur France Inter. Notre invitée ce matin, Elisabeth Guigou, députée socialiste de Seine-Saint-Denis, présidente de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale. Elle est en duplex dans les studios de nos amis de France Bleu, Vaucluse, à Avignon, avec les moyens techniques de Daniel Morin et Gérard Arteaga. Bonjour Madame Guigou. Bonjour. La crise de la filière porcine, vous avez toujours été en première ligne pour défendre l'Europe. Nous avons la même monnaie dans la zone euro, mais pas les mêmes charges sociales ou normes sanitaires, selon les pays. Nos éleveurs de porcs subissent des distorsions de concurrence.
Comment établir une juste concurrence entre les éleveurs français et leurs homologues européens ?
Oui, bien sûr, comme vous le dites, il faut continuer l'harmonisation sociale. On a fait quelques progrès quand même, notamment lorsque la France, sous l'impulsion de Michel Sapin, a obtenu une réforme du mécanisme des travailleurs détachés, c'est-à-dire ces travailleurs qui viennent d'Europe de l'Est, pour l'essentiel, et qui travaillent dans les abattoirs en Allemagne, aux conditions, aux salaires et aux conditions sociales de l'Europe de l'Est. Ça, ça a été réformé. Il faut maintenant s'assurer que les contrôles sont bien exercés. Ça existe encore. Pardon ? Ça existe encore. Ça existe encore. Ça a existé en France aussi, il faut savoir, dans le bâtiment en particulier.
Donc il y a ce type de fraude, il faut être évidemment inflexible par rapport à ça. Je pense que la réunion d'aujourd'hui qui va se tenir au ministère de l'Agriculture va aussi examiner tous les moyens de renforcer la compétitivité, à la fois de la filière porcine et aussi des producteurs de lait. Je pense que les garanties de prix sont importantes. Comment on renforce la compétitivité ? Dans les abattoirs, probablement en automatisant davantage l'abattage. Voilà, ça semblait de la part des experts aussi une solution.
Par ailleurs, le gouvernement a pris des mesures fortes pour réduire les charges des entreprises, ce qui fait qu'il y a maintenant une meilleure comparaison, une meilleure égalité de conditions entre la France et l'Allemagne, par exemple. Mais il faut continuer à prendre des mesures pour améliorer la compétitivité à l'exportation. Il faut aussi que les professionnels de la filière s'unissent pour pouvoir mieux exporter ensemble à l'étranger parce que c'est vrai qu'il y a des restrictions aux exportations, notamment en raison des sanctions qui sont imposées à la Russie.
Et ces sanctions, il faut les maintenir ?
Écoutez, ces sanctions, elles sont prises au niveau européen. Elles se justifient parce que l'annexion de la Crimée est de toute façon inacceptable sur le plan international. Si on commence à accepter l'annexion par un pays étranger d'un morceau d'un autre pays, vous voyez bien que tout le système des frontières s'effondre et puis parce qu'il y a encore la guerre en Ukraine. Alors, la diplomatie française est extrêmement active, vous l'avez vu, pour que nous puissions arriver à un règlement pacifique dans l'est de l'Ukraine. C'est l'application des accords de Minsk. J'espère que ça va continuer. Il y a eu des progrès, là encore, qui ont été faits, mais enfin, il y a aussi encore des brèches.
Il faut pouvoir, là aussi, appliquer complètement les accords de Minsk.
Elisabeth Guigou, le plan d'aide à la Grèce, 86 milliards d'euros sur trois ans. Ce plan a été approuvé par l'Eurogroupe. C'est le dernier ?
Espérons-le. En tout cas, c'était indispensable pour éviter la sortie de la Grèce de la zone euro. Car, imaginez que le Grexit, comme on dit, la sortie de la Grèce, puisse se faire de manière ordonnée, c'est une chimère absolue, c'est une vue de l'esprit. Donc, il fallait absolument maintenir la Grèce dans la zone euro, parce que d'abord, cette sortie aurait, pour les Grecs, ajouté la catastrophe à la catastrophe. Pour la zone euro, ça aurait été un élément de fragilité supplémentaire, parce qu'une zone monétaire qui n'arrive pas à rester unie, c'est évidemment un problème. Et puis, c'est un projet politique. Et puis, ça aurait pu conduire aussi à...
Ça aurait abîmé le projet européen, parce qu'on se serait dit, si on commence à détricoter la zone euro, pourquoi pas les autres politiques ?
L'économie grecque, avec ses faiblesses, est-ce que c'est un puits sans fond ?
J'espère que non, mais il faut être vigilant. C'est-à-dire que cette aide, elle est accordée avec des contreparties sévères et c'est justifié. Il faut qu'il y ait des réformes structurelles en Grèce, que la Grèce continue, bien sûr, à baisser. Elle a déjà commencé à le faire sérieusement sur ses déficits, pour pouvoir diminuer sa dette. Mais il y a des réformes structurelles. Il faut créer un vrai système fiscal. Il faut qu'il puisse y avoir une vraie administration qui puisse contrôler, justement, les rentrées d'impôts. Tout ça doit se faire. Et du côté des créanciers, il faudra admettre, comme le demande le Fonds monétaire international, qu'il faudra restructurer la dette grecque.
Alors, évidemment, il faut d'abord que les réformes se fassent, pour que la Grèce fasse la preuve de sa volonté réelle, justement, de ne pas être le tonneau des Danaïdes. Mais il faudra aussi restructurer la dette.
Elisabeth Guigou, malgré une croissance nulle au second trimestre, on ne change pas de politique économique. C'est ce qu'a dit vendredi, à votre place, ici, sur France Inter, Michel Sapin, le ministre des Finances. Vous approuvez ?
Je pense qu'il ne faut pas, en effet, changer de stratégie économique, parce qu'on voit bien que les entreprises ont besoin de stabilité. Voilà. Et qu'on ne peut pas constamment changer leur environnement. Or, nous avons une reprise de la croissance, qui est malheureusement encore, vous avez vu, fragile. Et par conséquent, ça, il faut le consolider. En même temps, on ne peut pas admettre les fraudes qui sont exercées par certains sur le crédit impôt recherche ou sur le CIC. Vous dites certains, vous parlez de qui ? Il y a des rapports qui montrent que, dans certaines entreprises, organisent des fraudes sur le crédit recherche, qui sont affectées à autre chose qu'à faire de la recherche.
Donc là, le Parlement va être particulièrement vigilant. Et en effet, s'il y a des aides de l'État, c'est-à-dire du contribuable, qui sont mal utilisées ou qui sont utilisées de façon frauduleuse, il faudra les affecter à autre chose. Et notamment, à aider davantage certains ménages qui ont des difficultés.
Donc, vous admettez ce que rapportent certains économistes qui disent, avec le CICE, le pacte de responsabilité, on a fait des cadeaux aux entreprises et on est bien mal payé en retour.
Elles n'investissent pas assez ? Je ne dis pas ça comme ça. Je pense que beaucoup d'entreprises ont fait beaucoup d'efforts. Nous avons heureusement une vitalité extrêmement importante. L'investissement a repris, pas suffisamment, mais quand même. Mais, voilà, il y a certains, comme partout, qui ne jouent pas le jeu. Ceux-là, il faudra être sévère avec eux.
Et on sera fixé sur leur nombre et leur fraude dans combien de temps ?
Écoutez, en tout cas, le Parlement, qui va devoir approuver le budget à nouveau, sera particulièrement vigilant là-dessus. Et c'est logique et normal. Mais j'approuve. Quand Michel Sapin dit, nous ne changerons pas de stratégie, je pense que c'est absolument justifié. On ne peut pas faire des zigzags en permanence.
Donc, pas question d'allègements d'impôts pour relancer la consommation et peut-être la croissance. Certains demandent une baisse de la CSG.
En tout cas, les allègements d'impôts sont là, puisque 9 millions de contribuables français auront vu leur impôt allégé. Donc, tout ça va être regardé de très très près. Mais je pense qu'il faut faire très attention de ne pas donner le sentiment qu'il y a toujours des améliorations possibles, naturellement. Et il faudra regarder de très très près, cet automne, où en est la situation économique et sociale. Et regarder très finement. Mais je crois très franchement qu'il ne faut pas changer de stratégie.
Elisabeth Guigou, nouveau drame en Méditerranée. Ce week-end, au moins 49 migrants sont morts au large de Lampedusa. Ce n'était pas un naufrage. Les victimes ont été retrouvées dans la cale d'un bateau, semble-t-il, morte étouffée. Le monde affronte la pire crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale. C'est ce que dit le commissaire européen à l'immigration. Il demande qu'on accueille ces réfugiés d'une façon, je cite, « décente et civilisée ». Est-ce le cas à Calais ?
Je veux dire, ces milliers de morts depuis le début de l'année, tous les jours maintenant, c'est un scandale. Un scandale. Voilà. Et les conditions dans lesquelles les réfugiés qui fuient les guerres, les persécutions, les massacres sont accueillis en Europe sont honteuses. Y compris en France ? Alors, à Calais, des efforts sont faits par les associations. C'est vrai que c'est très difficile parce qu'il y a des points de fixation, comme à Calais, tous ceux qui veulent partir en Angleterre, parce que justement, nous n'avons pas suffisamment d'harmonisation des conditions d'accueil de ces réfugiés.
Je pense que ce dont nous avons besoin, c'est d'une politique européenne commune de l'asile et de l'immigration. Et ça, ça manque. Et c'est la raison pour laquelle, que ce soit à Calais ou d'ailleurs en Grèce, puisque c'est la Grèce qui voit arriver les premiers flux de réfugiés, je pense que nous avons vraiment besoin d'une politique européenne parce que la situation est extrêmement dangereuse. Le racisme augmente partout, des murs se construisent à nouveau en Europe. Je pense qu'il faut faire extrêmement attention à ça. Ces flux de réfugiés ne vont pas se tarir compte tenu de la situation au Moyen-Orient, au sud de la Méditerranée.
Et donc, il faut que nous nous organisions collectivement, sinon nous allons avoir des catastrophes et tout ça deviendra incontrôlable.
Elisabeth Guigou, députée socialiste de Seine-Saint-Denis, présidente de la Commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale. Vous restez avec nous pour répondre aux questions des auditeurs dans Interactive, après la revue de presse, car il est 8h32. Sous-titrage Société Radio-Canada
Elisabeth Guigou