Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 17 novembre 2023 12 minComplaisantDivertissementEnvironnement & énergieAgriculture & alimentationÉconomie & entreprises

Entre sécheresse et inondations : ce que l’homme fait au cycle de l’eau

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a conduit à vouloir filmer l'eau, l'eau calme ?

  • 3:26OuverteRéponse directe

    Ces décisions drastiques comme par exemple le fait de diminuer ou d'arrêter la pêche industrielle, de devoir réaménager le lit de certaines rivières, qu'en pensez-vous ?

  • 5:52OuverteRéponse directe

    Une réaction à ce que l'on vient d'entendre ?

  • 7:42OuverteRéponse partielle

    Mais vous montrez dans le même temps, dans votre film, tout ce qui a été fait pour les rivières. Par exemple, les collègues de déchets, il y a une vingtaine d'années, beaucoup de rivières étaient des décharges à ciel ouvert. C'est quand même beaucoup moins le cas.

  • 9:08OuverteRéponse directe

    Et ça, apparemment, il y a un lien de cause à effet immédiat entre les intrants et la manière dont la diversité dans les rivières, dont les écrevisses, disparaissent.

  • 11:03ComplaisanteRéponse directe

    C'est un très beau film parce que je n'aimerais pas qu'on retienne que la question de l'anxiété écologique, même si celle-ci est évidemment fondée. Le cinéaste que vous êtes a fait le choix d'un format carré pour ces images.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:46InvitéFait
    « il n'y a plus que des très grosses truites et plus de petites, donc il y a des problèmes de reproduction, de renouvellement. »
  • 2:54InvitéFait
    « Ces rivières deviennent peu à peu stériles, y compris les Gavres qui sont pourtant parmi les meilleures rivières à truites et à saumons de France. »
  • 2:58InvitéFait
    « la présence de barrages qui contribuent, qui accélèrent, accroient le phénomène de réchauffement des eaux et le pompage. »
  • 3:05InvitéChiffre
    « Plus la pêche, la pêche professionnelle dans l'estuaire de la Dour à Bayonne, qui prélève là aussi 2000 saumons »
  • 6:13InvitéFait
    « ces glaciers pyrénéens qui fondent à vitesse grand V, et qui, voilà, d'ici 10-15 ans, il n'y aura plus rien. »
  • 6:30InvitéFait
    « Les gaves, donc c'est des rivières de montagne, qui avaient des débits très importants au printemps, grâce à la fonte des neiges. »
  • 9:17InvitéFait
    « les écrevisses, elles n'ont pas aimé le maïs. »
  • 9:52InvitéFait
    « quand on remplace une prairie permanente par un champ labouré et de surcroît drainé, ça a un effet très important sur la biodiversité de la rivière. »
  • 10:12InvitéFait
    « ces pesticides ne tuent peut-être pas directement les poissons et les truites, mais ils tuent les insectes dont ils se nourrissent. »

Temps de parole

  • Invité55 %
  • Présentateur32 %
  • Locuteur non identifié9 %
  • Locuteur non identifié 24 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Il y a eu beaucoup d'eau dans l'actualité ces derniers temps, des inondations, des inondations qui ont aussi permis de s'intéresser aux rivières, les rivières, le patrimoine français avec de très belles scènes, de très beaux souvenirs pour ceux qui aiment ces paysages. C'est tout cela qu'on trouve dans votre très beau film Dominique Marchais. Bonjour, La rivière. Il sera en salle mercredi prochain. On vous connaît pour avoir déjà filmé l'eau dans la ligne de partage des eaux où vous filmiez le bassin versant de la Loire.

Vous êtes intéressé aux Pyrénées, aux gaves des Pyrénées que vous suivez puisque votre film nous amène au bord de différentes rivières de l'Atlantique aux hauteurs des Pyrénées. On suit également les pêcheurs, ceux qui travaillent dans ces rivières, ceux qui sont extrêmement actifs dans les associations de pêche du Pays Basque, ceux qui sont en faveur de la protection des réserves halieutiques. Et tout cela résonne énormément dans l'actualité mais aussi dans notre imaginaire. Qu'est-ce qui vous a conduit Dominique Marchais à vouloir filmer l'eau, l'eau calme en quelque sorte ?

1:19
Invité

Je pense que l'idée c'était d'essayer de filmer une perte, ce qui en soi est déjà un enjeu cinématographique intéressant. De filmer quelque chose qui n'est plus là ou qui est de moins en moins là, à savoir le vivant dans les campagnes et aussi dans les rivières. De film en film, en m'intéressant à l'agriculture, à l'aménagement du territoire, j'ai été confronté à des constats d'agriculteurs ou de fonctionnaires de l'environnement, de pêcheurs, sur l'effondrement de la biodiversité. Et lorsque j'ai voulu m'atteler directement à cette question, ça m'a semblé plus intéressant d'essayer de travailler sur la biodiversité aquatique des rivières.

Précisément parce que quand on arrive au bord des Gavres, on voit quelque chose de très beau. On voit un très beau paysage, on a l'impression que tout va bien.

2:21
Présentateur

Il y a de très belles images, de très belles scènes, des scènes de pêche. Alors moi je suis entouré de pêcheurs, donc j'ai vu le film, votre film, avec mes enfants qui aiment beaucoup les truites fariaux. On en voit de très belles dans les Gavres des Pyrénées.

2:37
Invité

Oui, mais alors justement, celle qui est pêchée dans les Pyrénées, effectivement elle est très belle, mais c'est bien le problème. C'est qu'il n'y a plus que des très grosses truites et plus de petites, donc il y a des problèmes de reproduction, de renouvellement. Donc ces rivières deviennent peu à peu stériles, y compris les Gavres qui sont pourtant parmi les meilleures rivières à truites et à saumons de France. Donc pour plein de facteurs, des facteurs de pollution, des facteurs de réchauffement climatique, et puis la présence de barrages qui contribuent, qui accélèrent, accroient le phénomène de réchauffement des eaux et le pompage.

Plus la pêche, la pêche professionnelle dans l'estuaire de la Dour à Bayonne, qui prélève là aussi 2000 saumons, qui essaient de remonter les rivières pour se reproduire à l'amont. Donc ça fait beaucoup de facteurs et des politiques défaillantes pour protéger cette biodiversité.

3:26
Présentateur

Ce qui impose aujourd'hui un certain nombre de solutions, de décisions drastiques qui ne sont évidemment pas acceptées par tous. Vous le montrez fort bien dans votre film La rivière, Dominique Marchais. Ces décisions drastiques comme par exemple le fait de diminuer ou d'arrêter la pêche industrielle, de devoir réaménager le lit de certaines rivières.

3:50
Invité

Je dirais que le problème aujourd'hui c'est que ces décisions ne sont pas prises. Il y a des associations environnementales, des associations de pêche, des élus locaux qui s'unissent et qui vont au tribunal administratif pour qu'on arrête la pêche professionnelle dans le port de Bayonne. Mais les décisions ne sont pas prises, les arrêtés ne sont pas prises, donc la pêche continue.

4:10
Présentateur

On va écouter un extrait de ce très beau film, un extrait avec un sujet parfaitement d'actualité sur les nappes phréatiques.

4:19
Locuteur non identifié

Je pense qu'il y a quand même l'idée que la chose qui se remettra le mieux des problèmes qu'on aura demain, c'est quand même un équilibre naturel. Finalement c'est aux poissons, aux plantes, à l'hydrologie elle-même de retrouver un cycle naturel parce que nous en fait on va tout le temps imposer des contraintes qui vont finalement peut-être empêcher une adaptation cohérente. Donc finalement réduire notre impact sur le milieu, c'est aussi aider le milieu à s'adapter à ce changement global qui arrive, qui est lourd quand même, qui va dur.

Il y a des tensions permanentes aussi parce qu'il y a des vallées qui ont perdu toute leur industrie, et l'hydroélectricité, c'est pourvoyeur d'emplois aussi, de ressources, de revenus locales, c'est de l'énergie renouvelable aussi quand même, qui a plutôt bonne presse. Donc il y a une tension, il y a des facteurs qui agissent de partout, il y a le saumon aussi, d'accord ? Mais il y a aussi des gens qui habitent là, un tissu local à l'arrière, je trouve. Quand tu penses économiquement, ça tue un peu la vision longue d'adaptation, et c'est pour ça qu'on s'enfonce dans une espèce de gouffre.

Il faut être solidaire, c'est-à-dire les gens dans les vallées qui, peut-être qu'on n'arrive pas à trouver du boulot, et que peut-être on va leur dire non, il ne faudra peut-être pas exploiter cette gravière, même si ça fait des emplois locaux. Mais par contre, on va vous aider à faire une autre activité, qui aujourd'hui n'est pas rentable, mais on va vous aider à la mettre en place, je pense que ça, ce serait malin en fait. Mais ça, ça se passe un peu, mais ça ne se passe pas suffisamment.

5:47
Présentateur

Un extrait de votre film, Dominique Marchais, La rivière, qui sera en salle mercredi prochain. Une réaction à ce que l'on vient d'entendre ?

5:55
Invité

Alors là, on vient d'entendre Florence Abetz, qui est hydrogéologue, chercheuse et enseignante, CNRS, Normale Sup. Et on est à 2000 mètres d'altitude, dans un refuge de montagne, au pied du glacier des Oulettes. Alors le glacier des Oulettes, on en a parlé, on en parle régulièrement, parce que c'est ces glaciers pyrénéens qui fondent à vitesse grand V, et qui, voilà, d'ici 10-15 ans, il n'y aura plus rien. Donc c'est un endroit très intéressant pour observer les effets du réchauffement climatique. Évidemment, la disparition du manteau neigeux et des glaciers sur les sommets, ça a une incidence sur le débit des rivières.

Les gaves, donc c'est des rivières de montagne, qui avaient des débits très importants au printemps, grâce à la fonte des neiges. Là, les neiges, il neige en décembre, ça fond en janvier. Donc il n'y a plus cet apport d'eau. Donc voilà, encore un des impacts.

6:50
Présentateur

Oui, parce que la question de la sécheresse, la question de la neige, c'est aussi la question de la sécheresse, c'est pas seulement la question du froid, avec des conséquences importantes, on le voit donc avec ces rivières pyrénéennes.

7:00
Invité

Oui. Ce dont ça parle aussi, cette séquence, c'est effectivement cette question de temporalité. Il y a un autre chercheur, Simon Gascoing, CNRS également, qui insiste un peu sur les politiques, l'emploi. Il dit que c'est une échelle à taille humaine. Et Françoise, elle est dans une échelle, Florence, pardon, dans une échelle plus longue, l'échelle des écosystèmes, l'échelle des échelles hydrologiques. Et elle pointe cette incohérence entre des échelles temporelles. Alors, la politique, à quel horizon et à quelle échelle temporelle on essaie d'agir ?

7:42
Présentateur

Mais vous montrez dans le même temps, dans votre film Dominique Marchais, tout ce qui a été fait pour les rivières. Par exemple, les collègues de déchets, il y a une vingtaine d'années, beaucoup de rivières, beaucoup de gaves, mais pas seulement en France, étaient des décharges à ciel ouvert. C'est quand même beaucoup moins le cas.

8:02
Invité

Oui et non, parce que ce qui se passe, sur les gaves et dans plein d'autres rivières, c'est que par l'érosion, les crues qui érodent les berges, on a des décharges qui étaient enfouies, qui apparaissent à l'air libre. Donc en fait, chaque année, à chaque cru, il y a des déchets anciens, en plus des déchets nouveaux, qui sont renvoyés dans la rivière. Mais en effet, il y a beaucoup, beaucoup d'associations, le long des rivières, qui nettoient. Donc ça, c'est très réconfortant, parce qu'à travers ces actions de nettoyage, ce sont aussi des occasions de se rapprocher de la nature, de découvrir la rivière et les espèces qui la peuplent encore.

Et cette dimension-là, elle est très importante dans le film, c'est-à-dire qu'il y a effectivement une dimension de déploration dans le film, incontestablement, mais j'essaie de la compenser par la dimension de l'émerveillement, parce qu'il y a aussi, il y a encore des choses à défendre.

9:01
Présentateur

Alors, effectivement, on a débuté sur les truites fariaux, sur la baisse de la diversité des espèces animales, moins d'écrevisses, en particulier dans les rivières, plus du tout.

9:12
Invité

Plus d'écrevisses. Comme il est dit par un des protagonistes, Patrick Nuc, les écrevisses, elles n'ont pas aimé le maïs. Donc c'est-à-dire qu'elles n'ont pas aimé les produits qu'on met sur le maïs.

9:22
Présentateur

Et ça, apparemment, il y a un lien de cause à effet immédiat entre les intrants et la manière dont la diversité dans les rivières, dont les écrevisses, disparaissent.

9:33
Invité

Oui, alors il ne faut pas tout mettre sur le dos de l'agriculture, même si, effectivement, la question des usages des sols est très importante. C'est-à-dire que quand on remplace une prairie permanente par un champ labouré et de surcroît drainé, ça a un effet très important sur la biodiversité de la rivière. C'est-à-dire que l'eau part tout de suite à la rivière. L'eau n'a plus le temps de recharger les nappes d'accompagnement de rivière. Les produits, les traitements, les engrais, les produits phytosanitaires partent aussi très vite à la rivière et contribuent à détruire la faune dont les poissons vont se nourrir.

Car finalement, ces pesticides ne tuent peut-être pas directement les poissons et les truites, mais ils tuent les insectes dont ils se nourrissent. Donc voilà, il y a des effets en cascade.

10:19
Présentateur

C'est ça, mais d'ailleurs, c'est un peu votre film, puisque ce film s'appelle La rivière, mais en fait, vous montrez toutes les conséquences que ce lieu a sur l'ensemble de nos existences, Dominique Marchais.

10:33
Invité

Oui, effectivement. Et il faut peut-être penser un peu moins au trait de la rivière et penser un peu plus à l'échelle du bassin versant, c'est-à-dire vraiment en termes d'usage des sols, d'aménagement du territoire, d'occupation de l'espace. Et là, on le voit sur la question d'inondations. Aujourd'hui, l'enjeu, c'est de ralentir l'eau. Donc, protéger les zones humides, restaurer les zones humides, replanter des haies, ça fait partie des actions qu'on peut mener dès demain et qui auront un effet et sur la biodiversité et sur les inondations à Laval.

11:03
Présentateur

C'est un très beau film parce que je n'aimerais pas qu'on retienne que la question de l'anxiété écologique, même si celle-ci est évidemment fondée. Le cinéaste que vous êtes a fait le choix d'un format carré pour ces images. Alors, non pas carré, c'est du 1,37.

11:19
Invité

Presque carré. C'était le format standard du cinéma muet et même des westerns. Tous les Ford ont été faits dans ce format. et c'est un format, j'ai voulu un format effectivement un peu plus carré pour aider le spectateur à concentrer le regard sur le centre de l'image parce que c'est un film sur l'attention. C'est un film attentif à l'attention. Et j'essaie d'amener le spectateur à scruter la rivière et essayer de voir ce qu'il y a dedans. Et donc, ce n'est pas un film panoramique, c'est plutôt un film qui concentre le regard au centre.

11:53
Présentateur

C'est un très beau film. La rivière, il sera en salle mercredi prochain. Vous pouvez y aller en famille, même si vous n'avez pas la chance d'avoir des enfants pêcheurs. Merci, Dominique Marchais, d'avoir été avec nous.