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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 14 avril 2022 7 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sport

Jean-Pierre Larcher : "Michel Bouquet était d'une vérité humaine absolue"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:27OuverteRéponse directe

    Vous avez produit un film et un documentaire qui sortent le 1er juin, bonjour.

  • 0:32OuverteRéponse directe

    Vous avez rencontré Michel Bouquet il y a presque 20 ans et vous étiez devenu ami.

  • 1:17OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a une facette en particulier de lui que vous mettez en avant ?

  • 2:01OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est une évocation aussi de la mort ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Comment ça se passait entre les auteurs et lui ?

  • 3:21OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui faisait son talent ? Pourquoi c'était un comédien extraordinaire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:48Locuteur non identifiéFait
    « Ah là là, c'est un puits de conscience surtout. »
  • 0:53Locuteur non identifiéFait
    « Il dépassait largement le cadre de l'acteur. »
  • 1:34Locuteur non identifiéFait
    « Camus qui a été cherché en 1945 au conservatoire, qu'il a découvert avec Gérard Philippe. »
  • 1:40Locuteur non identifiéFait
    « Et il l'a engagé dans Caligula, c'était sa première pièce à Michel Bouquet. »
  • 2:10Locuteur non identifiéFait
    « Non, il ne la redoutait pas. »
  • 2:13Locuteur non identifiéFait
    « Il voulait faire un film testament. »
  • 2:28Locuteur non identifiéFait
    « Il les aidait à réaliser, comme dans ses révélées secrètes, il était à l'écoute de leurs propositions. »
  • 2:49Locuteur non identifiéFait
    « Du coup, un auteur lui amenait une page et avec une page, il y passait trois semaines. »
  • 3:26Locuteur non identifiéFait
    « Parce qu'il était vrai. »
  • 3:33Locuteur non identifiéFait
    « C'est quelqu'un qui était en répulsion sur tout ce qui était intégrisme, nazilisme, tout ça. »
  • 4:10Locuteur non identifiéFait
    « Le théâtre et le cinéma, c'étaient des vecteurs pour éterrer les consciences avant tout. »
  • 4:24Locuteur non identifiéFait
    « Les gens venaient pour apprendre, pour être rassurés, et pour être bouleversés. »
  • 4:42Locuteur non identifiéFait
    « Je crois que c'était surtout le théâtre qui était... »
  • 6:02Locuteur non identifiéFait
    « Ah non, il était même anti-bourgeois, oui. »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié66 %
  • Présentateur34 %

5,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Il est 6h21, un monstre sacré, un monument, un géant du théâtre et du cinéma. C'est ce qu'on entend souvent quand un acteur nous quitte, mais pour une fois, ces termes ne sont pas galvaudés. Michel Bouquet était effectivement un comédien extraordinaire et on aura l'occasion de le constater une dernière fois, puisqu'un film et un documentaire vont sortir le 1er juin. Film et documentaire que vous avez produits, Jean-Pierre Larcher, bonjour.

0:31
Locuteur non identifié

Oui, bonjour.

0:32
Présentateur

Vous avez rencontré Michel Bouquet il y a presque 20 ans et vous étiez devenu ami juste avant la nuit. C'est le titre du dernier documentaire que vous avez réalisé. C'est le quatrième que vous lui consacrez. Il y a tant de choses à raconter sur Michel Bouquet ?

0:48
Locuteur non identifié

Ah là là, c'est un puits de conscience surtout. Il dépassait largement le cadre de l'acteur. C'était quelqu'un qui avait côtoyé, travaillé avec des personnes comme Canlou. Il y a un esco, pinteur et il s'était imprégné de cette pensée-là. Et il la redistribuait au quotidien dans une conscience de la vie absolument fabuleuse.

1:17
Présentateur

Et dans ce dernier documentaire, est-ce qu'il y a une facette en particulier de lui que vous mettez en avant ?

1:22
Locuteur non identifié

Là, on a mis ces retrouvailles pendant le tournage et on avait reparlé de Camus qui l'a lancé. Camus qui a été cherché en 1945 au conservatoire, qu'il a découvert avec Gérard Philippe. Et il l'a engagé dans Caligula, c'était sa première pièce à Michel Bouquet. Et du coup, on est revenu sur Camus et tout d'un coup, il s'est remis à lire Camus. Et ça a été des retrouvailles pratiquement posthumes avec Camus pendant plusieurs jours. On n'a parlé que de lui.

1:58
Présentateur

Et ce titre, le titre de votre documentaire, c'est « Juste avant la nuit ». Est-ce que c'est une évocation aussi de la mort ? Est-ce que vous parliez de la mort avec lui ?

2:06
Locuteur non identifié

Ah oui, tout le temps, tout le temps.

2:07
Présentateur

Il la redoutait ? Tout le temps.

2:09
Locuteur non identifié

Non, il ne la redoutait pas. Non, non, il voulait faire un film testament. Il voulait faire un film testament et on l'a fait, malheureusement. Non, il voulait faire un film testament sur la conscience des auteurs. C'était quelqu'un qui était énormément dévoué aux auteurs. Il les aimait complètement, il les respectait. Il les aidait à réaliser, comme dans ses révélées secrètes, il était à l'écoute de leurs propositions.

2:38
Présentateur

Oui, il disait « Je ne suis pas un artiste créateur, les créateurs ce sont les auteurs, moi je reste un interprète. » Voilà, toujours cette humilité.

2:45
Locuteur non identifié

Cette humilité terrible et magnifique. Du coup, un auteur lui amenait une page et avec une page, il y passait trois semaines. Et sur cette page-là, il allait ressortir des choses qui avaient même échappé à l'auteur lui-même. Et d'ailleurs, comment ça se passait ?

3:03
Présentateur

Ce sont les auteurs qui venaient à lui ou c'était l'inverse ?

3:05
Locuteur non identifié

Qui prenait l'initiative ? Les auteurs venaient à lui, oui. Oui, oui. Les auteurs venaient à lui. Camus, il est venu à lui. Après, ils sont tous venus à lui. Ionesco pareil, Anoui pareil, Pinter aussi, oui, oui, ils sont tous venus à lui.

3:21
Présentateur

Qu'est-ce qui faisait son talent ? Pourquoi c'était un comédien extraordinaire ?

3:26
Locuteur non identifié

Parce qu'il était vrai. Il était d'une vérité humaine absolue. C'est quelqu'un qui était en répulsion sur tout ce qui était intégrisme, nazilisme, tout ça. C'était quelqu'un qui était en répulsion par rapport à ces monstres-là. Du coup, quand ils montrent le rhinocéros avec Ionesco, c'est vraiment sur la guerre. C'est sur cette conscience de la guerre et de ce mal qu'est le fascisme.

3:57
Présentateur

Et c'est pour ça aussi, parce que j'ai lu des phrases de lui qui m'ont étonné quand il dit « Le cinéma, ce n'est pas que du divertissement et le théâtre, ce n'est pas de la distraction ». C'était très sérieux, son métier ? Il le prenait très au sérieux ?

4:09
Locuteur non identifié

Oui, complètement. Le théâtre et le cinéma, c'étaient des vecteurs pour éterrer les consciences avant tout. Et relater de l'absurdité de la vie, de la difficulté de la vie. Les gens venaient pour apprendre, pour être rassurés, et pour être bouleversés, mais pour sortir différents après de la pièce, ou du théâtre, ou du cinéma.

4:35
Présentateur

Il aimait autant les deux, théâtre et cinéma ?

4:39
Locuteur non identifié

Je crois que c'était surtout le théâtre qui était... Parce que les auteurs étaient plus grands. Quand il travaillait avec Orson Noël, avec Abelganz, avec Chabrol, il était en face de grands auteurs. Mais sinon, il était un peu déçu, souvent.

4:55
Présentateur

Amoureux des mots, amoureux des auteurs. Est-ce que le réel comptait pour lui, ou est-ce qu'il n'y avait que la fiction qui lui importait ?

5:03
Locuteur non identifié

La fiction comptait avant tout, oui. Oui, le réel, c'était quelque chose qui ne l'intéressait pas du tout. Le réel, pas le réel politique. Le réel politique, le passionné. Donc il suivait les infos, par exemple ? Ah, tout le temps. D'accord. Ah non, c'était quelqu'un qui était branché sur la télé, sur les infos en permanence.

5:24
Présentateur

Mais par contre, il n'était pas dans le quotidien, c'est ça ? Il n'était pas...

5:27
Locuteur non identifié

Le quotidien l'effrayait, oui. Non, non, c'est quelqu'un qui a jamais voulu conduire. Il m'avait raconté une anecdote avec Chabrol, où Chabrol, je vais lui faire conduire une voiture. Il n'avait pas de permis de... Il est rentré dans toutes les voitures, j'étais garé dans la rue. C'était une catastrophe. Non, non, c'était quelqu'un de réel. Il l'effrayait un petit peu, oui.

5:48
Présentateur

Et il était comment avec vous, puisque vous étiez son producteur, mais surtout un ami ? J'entendais Muriel Robin qui disait que ce n'était pas du tout l'acteur bourgeois dont il avait l'air, et qu'il était même rock'n'roll.

6:00
Locuteur non identifié

Est-ce qu'il était comme ça ? Ah non, il était même anti-bourgeois, oui. Ah oui, complètement. C'est quelqu'un qui pouvait être très violent en même temps. Il pouvait être en réaction sur des choses, sur des propos qu'il l'effrayait, et qu'il le perturbait toute la journée, oui, complètement. Mais sinon, c'était quelqu'un d'une fraternité totale, et d'une évigence totale en même temps. Et c'est ce qu'on va... Donc on était au meilleur, on devait être au meilleur en face de vie.

6:26
Présentateur

Voilà, et c'est ce qu'on va voir dans votre documentaire, juste avant la nuit, qui sortira le 1er juin, ainsi que le film Cérémonie Secrète. On va en dire un mot, ça parle de quoi ce film ?

6:35
Locuteur non identifié

Oh, c'est un peu sur la France et la lutte des classes françaises, qui est cachée un tout petit peu. Et lui faisait le rôle d'un procureur, qui avait une vision absolument terrible sur la France et ses blocages.

6:53
Présentateur

Voilà, les derniers films de Michel Bouquet que vous avez produits, Jean-Pierre Larcher. Merci beaucoup d'avoir été en direct avec nous ce matin.

7:00
Locuteur non identifié

Et réalisé le documentaire.

7:01
Présentateur

Et réalisé en plus le documentaire. Et ce matin, je te signale que sur France Inter, vous pourrez entendre la rediffusion de l'émission Boomerang avec Michel Bouquet. Un entretien qui date de 2014. Rendez-vous à 9h. France Inter ... ...

7:14
Locuteur

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