Bruno Le Maire : "Le plus dur est devant nous du point de vue économique, nous nous y préparons"
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Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le ministre de l'économie et des finances. Vos questions, vos réactions au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Bruno Le Maire, bonjour.
Bonjour Nicolas Demorand.
Énormément de sujets à aborder avec vous Bruno Le Maire. Les auditeurs sont déjà nombreux au standard. Alors je vous propose la même règle qu'à tous vos collègues du gouvernement. questions rapides et réponses courtes afin que nous puissions aborder le maximum de points possibles. Nous sommes aujourd'hui à une semaine pile de la date cruciale du 11 mai. Hier, plus de 300 maires d'Ile-de-France ont écrit à Emmanuel Macron pour lui dire que cette date du 11 mai était intenable et irréaliste pour la réouverture des écoles.
L'union des transports publics qui regroupe notamment la RATP et la SNCF dit-elle au Premier ministre que le respect des distances physiques dans les transports n'est pas réalisable en l'état, qu'il y a des risques de troubles à l'ordre public. Écoles, transports, on a là quand même deux sujets absolument massifs. Bruno Le Maire, à 7 jours du 11 mai, la France est-elle tout simplement prête à déconfiner ?
Il faut que nous soyons prêts pour le 11 mai. Il est indispensable que le plus grand nombre de Français puissent, le 11 mai, reprendre le chemin du travail et retrouver une vie la plus normale possible. Il reste des questions, vous l'avez dit, sur les transports, sur les écoles. Il nous reste aussi quelques jours pour répondre à ces questions et apporter des réponses aux maires qui se sont manifestés, aux parents qui ont encore des questions sur les écoles. Tout ça, ce ne sont pas des sujets qui sont de ma responsabilité directe.
Mais ce que je peux vous dire, c'est que l'intérêt général, l'intérêt national, c'est que le plus grand nombre de Français puissent reprendre l'activité le 11 mai prochain. C'est important du point de vue économique. Je dirais aussi que c'est important du point de vue personnel. Le confinement, ce n'est pas une vie. Ce n'est pas une vie pour l'économie, ce n'est pas une vie pour la nation, ce n'est pas une vie personnelle qui est souhaitable, ce n'est pas une vie pour les personnes âgées, ce n'est pas une vie pour tous ceux qui sont malades et qui se sont privés de soins.
Donc nous devons réussir le déconfinement le 11 mai et reprendre une vie la plus normale possible en acceptant de conjuguer vie sociale, vie économique et maintien du virus qui va continuer à circuler et qui va nous obliger à avoir une attitude responsable, chacun d'entre nous.
Il faut reprendre le travail, il faut reprendre l'activité. Dites-vous ce matin, et c'est votre message Bruno Le Maire, les transports, la RATP, la SNCF et toutes les entreprises de transport ferroviaire ont écrit une lettre au Premier ministre pour lui dire en substance que l'obligation de distanciation sociale, ça ne va pas être possible, ça n'est pas tenable, ils n'ont pas les moyens humains et matériels pour faire respecter la distance d'un mètre entre les usagers, entre les passagers. Vous comprenez ce qu'ils disent ou vous dites qu'il va falloir le faire ?
Je comprends toutes les inquiétudes qui se manifestent. Vous m'avez demandé d'être bref dans mes réponses. Je ne suis pas responsable ni des écoles, ni des collèges, ni des transports publics. Ce que je sais simplement, c'est qu'il nous reste quelques jours pour répondre à ces inquiétudes, à ces interrogations. Beaucoup, effectivement, craignent ce déconfinement parce que c'est quelque chose qui est nouveau, parce qu'il y a une responsabilité qui est engagée. Eh bien, il faut que nous travaillions d'arrache-pied toute cette semaine pour répondre à toutes les inquiétudes qui peuvent se manifester et que nous trouvions des solutions.
Mais je le redis, nous devons réussir ce déconfinement, nous devrons sur le long terme apprendre à avoir une vie sociale et une vie économique avec un virus qui continue à circuler et ce sera notre responsabilité et notre succès collectif.
Reprendre l'activité, dites-vous Bruno Le Maire, ceux qui peuvent continuer le télétravail, vous leur dites quoi ? Vous leur dites continuer le télétravail après le 11 mai ou sortez et rejoignez votre entreprise ?
Non, je leur dis dans toute la mesure du possible, comme l'a dit avant moi le Premier ministre, si vous pouvez continuer le télétravail, continuez le télétravail. C'est une réponse aussi à la question qui se pose chez les transports publics. Il y aura d'autant moins de personnes dans les transports publics, d'autant moins de difficultés à l'entrée des administrations ou à l'entrée des entreprises, que ceux qui sont au télétravail continuent le télétravail. Et croyez-moi, je mesure bien que le télétravail, ce n'est pas facile. Je le vois avec mes équipes, avec mes administrations.
C'est compliqué d'être chez soi, de travailler avec sa famille qui est parfois encore là, avec les enfants qui peuvent faire du bruit. Ce n'est pas bon de ne pas avoir de séparation entre son domicile et son lieu de travail. Donc je mesure parfaitement les contraintes que ça représente pour beaucoup de salariés français qui sont au télétravail. Mais je les invite néanmoins, dans toute la mesure du possible, à poursuivre encore quelques semaines le télétravail parce que ça évitera d'avoir trop de monde dans les transports en commun.
Valérie Pécresse, Bruno Le Maire, demande qu'en Ile-de-France, donc 100% des salariés qui sont en télétravail ne retournent pas dans leurs entreprises le 11 mai. La deuxième semaine, 90% de télétravail et 80% d'ici l'été. 80% de télétravail d'ici l'été, Bruno Le Maire. Est-ce que ça vous semble suffisant pour faire repartir la machine économique ? Parce que c'est aussi ça le sujet quand même.
Ce qui est surtout le sujet, c'est que les secteurs d'activité dans lesquels l'économie a été à l'arrêt, alors même qu'ils étaient encore ouverts, puissent redémarrer le plus rapidement possible. Je pense par exemple aux bâtiments, aux travaux publics. On est en contact régulier avec l'ensemble des fédérations professionnelles pour lever toutes les difficultés qui se posent. Et pour que nous apportions une réponse à cette question, le BTP aujourd'hui est à l'arrêt à plus de 80%, alors qu'il tourne, pas à la normale, mais il tourne beaucoup plus fort en Allemagne, en Italie ou dans d'autres grands pays européens.
Donc nous regardons chacun des sujets pour que dans tous les secteurs de l'activité économique, l'économie puisse redémarrer et l'emploi puisse repartir. Parce que derrière, c'est notre prospérité qui est en jeu, c'est l'emploi qui est en jeu, c'est notre capacité à garder les grandes filières industrielles dans le bâtiment, dans l'aéronautique, dans l'industrie automobile. Donc nous devons régler chacune des difficultés pour que l'économie reparte et que chacun puisse reprendre le chemin du travail.
Vous parlez du BTP, parlons des commerces. Est-ce que vous avez déjà une idée, alors on parle du nombre de magasins qui ne pourront pas rouvrir lundi prochain, dans quel secteur ? Parce que financièrement et malgré les aides que vous avez apportées, ils sont à la gorge après deux mois d'inactivité et ils ne pourront pas rouvrir. Est-ce qu'on a déjà une idée de ça ?
Non, et moi je souhaite que tous les commerces puissent rouvrir le 11 mai prochain. Si jamais il y a des difficultés qui se posent du point de vue financier, je rappelle qu'il y a un certain nombre de dispositions qui ont été mises en place et qui sont précisément à destination des indépendants, des commerces. Prenez le fonds de solidarité, je tiens à le préciser, le fonds de solidarité, pour tous ceux qui avaient droit, sera maintenu jusqu'au 31 mai. Il ne s'arrête pas le 11 mai, il sera maintenu jusqu'au 31 mai.
Justement pour que des commerces qui redémarrent le 11 mai, ils ont perdu 11 jours de chiffre d'affaires, ils vont redémarrer lentement, il y a des procédures qui sont coûteuses, il faut acheter des masques, on sait bien qu'il y aura forcément moins de clients. Nous allons continuer à les accompagner et ils pourront bénéficier des moyens financiers de soutien de ce fonds de solidarité. Après le 1er juin, le fonds de solidarité, je veux le dire aussi avec beaucoup de clarté, sera maintenu pour tous ceux dont l'activité continue à être fermée.
Les bars, les cafés, les restaurants, tous ceux qui ont peu de chances d'avoir une activité qui se développe dans les semaines qui viennent, l'événementiel, tous ceux qui sont directement impactés par la fermeture des activités collectives, je pense au théâtre, je pense au festival, je pense au cinéma, je pense à tout le monde de la culture qui souffre aujourd'hui terriblement de ce confinement et de la circulation du virus. L'État continuera à accompagner les commerces, à accompagner les indépendants, à accompagner le monde de la culture. On ne va pas laisser tomber les gens.
Donc ça veut dire très simplement, le 11 mai, tous les commerces peuvent reprendre leur activité et ils continueront à bénéficier d'un soutien financier de l'État.
Concernant Bruno Le Maire, les bars, les cafés, les restaurants, la décision sera prise fin mai pour peut-être, peut-être une réouverture le 2 juin. Les instances professionnelles de ces secteurs estiment que 20-25% de ces établissements ne pourront pas rouvrir du tout. Est-ce que ces chiffres-là sont les bons ? Est-ce que vous les partagez ? Un quart ne pourront pas rouvrir ?
D'abord, je vous confirme qu'à partir de la fin mai, nous aurons une date de réouverture pour les restaurants, les bars, les cafés. C'est ce qu'a proposé le Président de la République. Ce calendrier sera tenu. Ça suppose que nous continuions à travailler sur le guide de bonne pratique pour ces lieux qui sont des lieux de convivialité où il faut des respects de règles sanitaires très strictes, des respects de règles de distance. Mais je peux vous dire que tout le secteur est totalement mobilisé et que nous allons y arriver. Ensuite, est-ce qu'il y aura des faillites ? Oui, il y aura des faillites. Je ne l'ai jamais caché. Il y aura des faillites dans certaines très petites entreprises.
Il y aura des faillites dans les commerces. Nous le savons. Et nous devons nous préparer à affronter ces moments qui vont venir dans les prochains mois où les problèmes de trésorerie vont devenir pour beaucoup de chefs d'entreprise des problèmes de solvabilité. Et nous commençons déjà à travailler là-dessus pour accompagner le plus grand nombre de personnes et pour essayer de limiter le plus possible la casse économique et la casse sociale. Je suis confiant.
Vous avez des scénarios ? Vous avez des scénarios ?
Je n'ai pas de scénario, mais je m'attends à ce que, effectivement, dans les prochains mois, passé le premier choc qui a été amorti grâce à une réponse massive et immédiate de la puissance publique. Il y a un deuxième temps dans lequel nous entrons. Nous allons reprendre l'activité économique, mais où certaines entreprises parmi les plus fragiles peuvent ne pas y arriver. Et donc, il faut voir ce que nous allons faire pour elles. Je l'ai toujours dit, j'ai toujours voulu faire preuve de vérité. Le plus dur est devant nous du point de vue économique. et va demander une mobilisation totale et nouvelle. Nous nous y préparons.
Comment le ministre de l'économie que vous êtes peut éviter des milliers voire des centaines de milliers de licenciements qui se profilent dans cette deuxième phase dans laquelle on rentre où il y aura de moins en moins de chômage technique et la puissance publique sera de moins en moins là ? Si l'interdiction des licenciements ne semble pas possible, est-ce que vous avez des moyens pour retenir les entreprises qui veulent licencier leurs salariés ?
D'abord, la puissance publique ne sera pas de moins en moins là. La puissance publique restera présente. Ensuite, il faut identifier les secteurs qui sont les plus fragiles. J'en vois au moins trois. Le tourisme, l'industrie aéronautique, l'industrie automobile. Il peut y en avoir d'autres mais ces trois secteurs, on le sait, vont être très durement touchés. En troisième lieu, il faut travailler avec tous ces acteurs. Prenez l'exemple de l'industrie aéronautique. C'est des centaines de milliers d'emplois dans notre pays, autour de la compagnie Air France, de la grande industrie Airbus et des milliers de sous-traitants qui sont autour d'Airbus.
Je propose à tous les acteurs de cette filière que dès cette semaine, nous commencions à examiner ensemble ce que pourrait être un plan de soutien à la filière aéronautique dans notre pays, avec éventuellement la mise en place d'un fonds d'investissement pour la filière pour soutenir les sous-traitants, soutenir les PME, soutenir tout ce tissu industriel à travers le pays qui fait vivre Airbus mais qui va être demain le plus menacé.
Je propose que nous fassions la même chose pour l'industrie automobile dans les jours qui viennent que nous commencions à réfléchir à un plan de soutien à l'industrie automobile qui pourra passer, par exemple, par des soutiens à la demande et des soutiens à la consommation pour des véhicules électriques, pour des véhicules propres, pour nous assurer que l'économie redémarre. Donc ça, c'est le deuxième pilier de notre stratégie accompagné les secteurs qui sont les plus fragiles. Et puis je pense qu'il y a un troisième pilier qui est très important, c'est de savoir où on va, quelle économie nous voulons parce que ça permet d'orienter nos choix économiques.
Nous, nous voulons une économie décarbonée, le président de la République l'a dit à plusieurs reprises, une économie qui soit à la pointe de la technologie. Moi, je pense que nous pouvons faire de cette crise une occasion unique de redéfinir ce que nous voulons pour notre économie et de nous donner une nouvelle ambition économique pour notre pays.
Alors, il y a une question qui arrive dans un instant sur l'écologie notamment et les obligations écologiques et ce que conteste partiellement le MEDEF. Mais puisque vous parlez des avions, Bruno Le Maire, Alexandre de Juniac, l'ancien patron d'Air France, a dit si on ne peut pas remplir nos avions à cause de la distanciation sociale, s'il faut respecter un siège avec un passager et un siège sans, les prix augmenteront de 50%. Est-ce que c'est vrai, ça ?
À s'il y a moins de passagers, les prix augmentent. Donc, c'est pour ça qu'il faut que nous regardions et avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne, avec Jean-Baptiste Djebari, avec le patron d'Air France, Ben Smith, nous avons commencé à regarder comment est-ce que les vols peuvent reprendre, à quelles conditions de sécurité sanitaire. Je n'ai pas la réponse aujourd'hui, mais nous avons commencé ce travail-là. Il faut avoir conscience aussi des enjeux industriels derrière. Si on ne fait redémarrer que les vols courts ou moyens courriers, ça va être sur des avions type A320, mais les longs courriers A330 ou A350, eux, seront moins utilisés.
Or, qu'est-ce qui est produit majoritairement à Toulouse comme avion ? Des A330 et des A350. Donc, vous voyez qu'il y a toute une cohérence dans les décisions économiques et sanitaires que nous avons à prendre. Nous ne prendrons évidemment aucun risque pour la sécurité sanitaire des voyageurs, pour la sécurité sanitaire des Français et des salariés. Ils doivent avoir des garanties de sécurité sanitaire totale. Mais nous devons aussi avoir une vision économique globale des enjeux qui sont derrière.
L'Union Européenne, Bruno Le Maire, autorise, on l'apprend il y a quelques instants, l'aide française de 7 milliards d'euros à Air France. Est-ce que vous confirmez que les lignes intérieures seront réduites ou supprimées quand on peut faire le trajet en train en moins de 2h30 ? Est-ce que ça, vous le confirmez ? Et si oui, c'est définitif ou ça durerait jusqu'à quand ?
Oui, je vous le confirme. Je le souhaite vivement. Cela fait partie du contrat qui a été conclu entre Air France et l'État au moment où nous avons apporté notre soutien financier, à la fois avec un prêt garanti de l'État et puis une aide directe financière de l'État. La condition, c'est que Air France devienne la compagnie aérienne la plus respectueuse de l'environnement de la planète. Oui, ça passe par des suppressions de lignes intérieures. Et très franchement, quand on peut faire le trajet en train en moins de 2h30, l'avion ne se justifie pas. Et non, ça ne doit pas être une mesure transitoire, ça doit être une mesure définitive. Combien de lignes, vous visez combien de lignes
à supprimer ?
Je ne vous donnerai pas le chiffre exact parce que nous sommes en train de regarder les transversales que cela peut représenter, les lignes directes que ça peut représenter. Le seul cas dans lequel un Paris-Bordeaux peut se justifier, par exemple, c'est si vous rejoignez le hub de Paris pour faire ensuite un déplacement international, un vol transatlantique ou un vol vers l'Asie. Mais dans tous les autres cas de figure, si c'est pour gagner uniquement une heure que vous risquez d'ailleurs de perdre dans les transports pour aller à l'aéroport, le jeu n'en vaut pas la chandelle. Le coût en termes d'émissions de carbone est trop élevé.
Donc voilà à quel point on peut se servir de cette crise pour réinventer notre modèle de développement économique et faire en sorte qu'il soit plus respectueux de l'environnement. Alors ça veut dire aussi discuter avec les EU locaux, regarder comment est-ce qu'il peut y avoir des compensations économiques, ce que ça représente en termes d'emplois. Il faut évidemment regarder tout cela de très près et nous le ferons avec les EU locaux. Mais il est évident qu'aujourd'hui un certain nombre de lignes aériennes intérieures ne se justifient plus.
Le MEDEF, je vous le disais, le MEDEF demande un moratoire sur la préparation de nouvelles dispositions énergétiques et environnementales liées à la loi sur la lutte contre le gaspillage et l'économie circulaire notamment. En clair, dans cette période, pour le MEDEF, les injonctions écologiques, ça commence à bien faire et à faire beaucoup. C'est ce qu'ils disent. Vous répondez quoi ?
Je pense que ce serait une erreur historique que de négliger les règles environnementales, de se dire qu'on va les oublier pendant quelques temps pour faire redémarrer l'économie. Je pense qu'au contraire, c'est en accélérant la transition écologique, en investissant dans cette transition écologique et dans le respect de l'environnement, que nous construirons une économie qui sera décarbonée à la pointe du progrès et compétitive. C'est vrai que c'est plus difficile de se fixer ces obligations-là. C'est vrai que ça va avoir un coût. C'est vrai qu'il faut que nous regardions avec les chefs d'entreprise, avec les élus locaux, avec l'État, comment est-ce qu'on se partage ces coûts ?
C'est vrai qu'aujourd'hui, quand vous avez un prix du baril qui est aussi entre 0 et 10 ou 20 dollars, la tentation est très forte de se dire bon allez, on continue avec les énergies fossiles parce que franchement, c'est ce qu'il y a de moins cher. Ce serait une erreur historique. Nous devons accélérer la transition écologique. Ce n'est pas le moment d'un moratoire, c'est au contraire le moment d'une accélération.
Allez, on file au standard de France Inter où nous attend Jacques-Antoine. Bonjour et bienvenue, on vous écoute.
Oui, bonjour à tous. Dites-moi, j'aurais aimé pouvoir profiter de la présence du ministre de l'économie pour obtenir dès aujourd'hui, si possible, une réponse claire et définitive quant au loyer des commerçants, quelle qu'en soit la taille, le nombre d'employés puisque toutes les discriminations qui sont faites aujourd'hui sont assez inacceptables et de savoir si M. le maire était capable de nous dire.
De nous dire, Jacques-Antoine, est-ce que vous êtes toujours là ? Oui, je suis toujours là. Alors voilà, on vous a perdu quand vous disiez est-ce que Bruno Le Maire est capable de nous dire ? Alors, de nous dire quoi ?
De nous dire que les deux mois de confinement où beaucoup de commerces ont été fermés, ces commerçants se verront dispensés de payer leur loyer puisque en contrepartie, en face, on a des bailleurs qui, du coup, ne seraient pas du tout solidaires dans cette situation. Voilà. Merci,
merci Jacques-Antoine. Question précise, réponse de Bruno Le Maire.
Trois réponses précises. Il faut effectivement que vous n'ayez pas à payer ces loyers lorsque vous êtes un commerce qui a fermé. Donc, vous avez deux possibilités. Soit votre loyer, vous le payez à une grande foncière, elles se sont engagées à annuler les loyers sur trois mois pour toutes les très petites entreprises de moins de dix salariés. pour les autres entreprises qui n'ont pas un loyer auprès d'une grande foncière, elles peuvent bénéficier du fonds de solidarité dont le deuxième étage va jusqu'à 5 000 euros et vous permet justement de financer votre loyer.
Alors, vous me direz, si vous êtes un entrepreneur ou un indépendant qui n'a pas de salarié, je ne suis pas éligible au deuxième étage de ce fonds de solidarité. Eh bien, je vous confirme, ce matin, que nous avons décidé que tous les indépendants, tous les entrepreneurs qui n'ont pas de salariés qui se sont vus refusés un prêt garanti par l'État qui ne peuvent pas payer leur loyer pourront avoir accès à ce deuxième étage du fonds de solidarité, pourront donc bénéficier jusqu'à 5 000 euros pour payer leur loyer. C'est fait spécifiquement pour que vous puissiez payer votre loyer même si vous êtes une TPE sans salarié.
Muriel est au standard. Muriel, kinésithérapeute. Bonjour.
Bonjour. Je suis désolée de monopoliser l'antenne puisque je suis déjà passée deux fois à l'antenne. Ah, c'est vous. Oui, c'est moi.
Alors allez-y. J'avais 203.
Voilà. Alors je vais vous dire simplement pour le loyer, mon propriétaire n'a rien voulu savoir. Il veut un texte de loi donc il m'oblige à payer les loyers. Monsieur le maire avait également dit que je pouvais décaler mes emprunts. J'en ai décalé deux de trois mois. Je paye 180 euros de frais. Et je suis repassée avec monsieur Darmanin le 22 qui droit dans ses bottes m'a dit Muriel, vous êtes toute seule dans votre cabinet. Votre mari est ébéniste. il n'a pas d'employés non plus. Vous avez droit à une aide de la région et vous pouvez exprimer jusqu'à 8000 euros. Eh bien non, parce que j'ai appelé la région. J'ai même envoyé un mail à monsieur Derotner qui est resté sans réponse.
Ce que je voulais vous dire c'est qu'il faut avoir un salarié ou plusieurs. Et c'est quand même extrêmement grave qu'un ministre du budget ne sache pas ça et qu'il y ait des milliers d'auditeurs qui entendent ça parce que pour moi c'était un histoire énorme. Et à ce jour ça fait 8 semaines je n'ai que 1500 euros de revenus. Rien de plus.
Merci Muriel. Je vais répondre à Muriel justement. Bruno Le Maire vous répond. aussi le ministre de l'Action des Comptes Publics Gérald Darmanin. Vous aviez raison Muriel le fonds de solidarité n'était pas ouvert aux entrepreneurs indépendants qui n'avaient pas de salariés pour le deuxième volet qui vous permet de toucher jusqu'à 5000 euros. Je vous annonce ce matin que désormais il vous sera ouvert. Quant à votre emprunt et le report des échéances normalement ça doit se faire sans frais s'il y a une difficulté avec votre banque vous nous le signalez Muriel et nous nous assurons que vous ne payez pas de frais puisque les banques se sont engagées à ce qu'il n'y ait pas de frais.
Une dernière question via l'application de France Inter c'est Christophe qui vous la pose je suis fleuriste ma femme est coiffeuse nos enfants seront-ils pris à l'école de façon à ce que nous puissions retourner au travail sommes-nous des professions prioritaires car l'école de nos enfants nous a déjà écrit qu'ils ne pourraient pas accueillir tous les élèves sont-ils prioritaires un fleuriste une coiffeuse
alors je ne veux pas vous dire de bêtises pour moi évidemment mes ministres de l'économie ils sont prioritaires vous savez que je me suis beaucoup battu pour que les coiffeurs puissent rouvrir le 11 mai et on travaille sur le guide de bonne pratique c'est ça d'important c'est la seule chose que vous attendez parce qu'il n'y a pas de distanciation sociale immédiate chez les coiffeurs donc c'est pour ça que c'était difficile je me suis battu pour qu'ils rouvrent et donc je souhaite qu'ils puissent évidemment mettre leurs enfants à l'école mais ça n'est pas ma responsabilité donc je ne veux pas vous dire de bêtises là-dessus
donc vous ne savez pas s'ils pourront remettre leurs enfants à l'école
je souhaite qu'ils puissent le faire en tout cas parce que je souhaite que le plus grand nombre de commerces puissent rouvrir ils ont perdu beaucoup d'argent au cours des derniers mois il faut qu'ils puissent redémarrer tous le 11 mai et la règle est simple le problème c'est que
les mères ne sont pas tous d'accord avec vous et notamment la maire de Paris Anne Hidalgo qui a fixé effectivement une liste de professions prioritaires qui doivent accueillir les enfants dont les écoles et pas d'autres
mais je vous redis que pour moi les commerçants sont prioritaires ils sont prioritaires pour notre vie sociale ils sont prioritaires parce qu'ils ont perdu beaucoup d'argent au cours des derniers mois et qu'il faut dans toute la mesure du possible leur donner la chance de reprendre leur activité le 11 mai ils s'y préparent tous avec beaucoup d'énergie beaucoup de détermination donnant leur cette chance
à partir du 1er juin il faudra une attestation de l'école disant qu'elle est fermée pour que les salariés continuent à toucher le chômage partiel Bruno Le Maire donc concrètement si un parent ne veut pas mettre son enfant à l'école parce qu'il est inquiet pour sa santé mais que l'école est ouverte il ne pourra plus toucher le chômage partiel
il pourra toujours y avoir des cas spécifiques simplement ce que je veux bien préciser c'est que le chômage partiel c'est un choix que nous avons fait avec le président de la république et le premier ministre pour garantir les qualifications le savoir-faire de tous les salariés français ça nous a évité d'avoir des millions de licenciements dans notre pays je pense que ça a été une bonne chose et une décision efficace le chômage partiel il va être maintenu intégralement pour tous les secteurs qui vont continuer à être fermés je veux rassurer aussi là-dessus on ne va pas modifier les règles du chômage partiel pour des secteurs d'activité qui vont continuer à être fermés qui n'ont pas d'autre choix que de rester fermés pour des raisons sanitaires pour tous ceux en revanche qui continueront à fonctionner ou qui ont pu continuer à fonctionner nous allons avec Manuel Pénicaud proposer une évolution du dispositif à partir du 1er juin cette évolution elle devrait évidemment être très progressive il s'agit d'encourager de favoriser le retour du travail il ne s'agit pas de pénaliser qui que ce soit et voilà le cadre dans lequel nous nous inscrivons sur le chômage partiel
il y a 11 millions de salariés aujourd'hui qui sont en chômage partiel vous espérez que ce chiffre tombe à combien au 1er juin et fin juin c'est quoi les objectifs
je vous garderais bien de vous donner des chiffres précis
non mais les tendances c'est quoi vous espérez que massivement le chômage partiel
plus de la moitié
des 11 millions de salariés dites nous un peu massivement
le chômage partiel doit baisser dans notre pays à partir du moment où les commerces peuvent redémarrer que tous les secteurs d'activité sont ouverts avec quelques exceptions comme la restauration les bars les cafés ou les activités culturelles oui le chômage partiel doit baisser massivement dans notre pays c'est un filet de sécurité qu'on a mis en place pour sauver des qualifications et des emplois ça n'est pas un dispositif durable fait pour se substituer au travail se substituer à l'activité la France a besoin de travail la France a besoin d'activité notre pays a besoin de retrouver une activité économique forte regardez ce qui s'est passé au 1er trimestre nous sommes le pays européen dans lequel la chute d'activité si on en croit les statistiques a été la plus forte il faut se redresser tout aussi fortement et donc j'appelle chacun à faire le maximum en préservant évidemment la sécurité sanitaire la distanciation sociale nécessaire à faire le maximum pour reprendre le chemin du travail permettre à notre économie de redémarrer et faire en sorte que dans les mois qui viennent nous retrouvions une vie économique plus équilibrée que celle que nous avons depuis quelques semaines
oui c'est vrai mais pour cela il faut que l'école prenne tous les enfants et pour l'instant c'est pas sûr que l'école
je vous le dis c'est quand même là le point d'échauffement vous voyez bien j'ai 4 enfants je vois bien le point d'échauffement que peut représenter la scolarité l'accueil des enfants je vois bien aussi l'extrême difficulté que c'est pour tous pour les maires pour le ministre de l'éducation nationale pour tous les responsables pour les professeurs pour les chefs d'établissement c'est un défi considérable je vais pas vous le dire le contraire c'est un défi considérable mais je considère que si chacun en met de la bonne volonté on peut y arriver
dernière question Bruno Le Maire Renaud Muselier président de la région PACA accuse les anciennes les enseignes pardon de grandes distributions d'avoir stocké des masques alors que tout le monde en cherchait et mais ces enseignes en demeure de produire les bons de commande pour ces masques est-ce que vous avez eu connaissance de stock de masques cachés par les enseignes de grandes distributions ou c'est une fausse polémique dites-nous rapidement
je pense que c'est une fausse polémique je constate que la grande distribution depuis le début de cette crise sanitaire a parfaitement joué le jeu notamment pour garantir la sécurité d'approvisionnement alimentaire des français je les ai eus tous les jours au téléphone ils ont joué le jeu avec l'industrie agroalimentaire avec les agriculteurs avec la production agricole française sur les masques est-ce que nous souhaitons c'est très simple c'est que le plus grand nombre de français puissent trouver les masques dans les lieux de consommation habituelle que ce soit les pharmacies que ce soit les grandes enseignes de la distribution que ce soit les débitants de tabac que ce soit les mairies dans le plus grand nombre possible par souci pratique de donner accès aux français dans tous les lieux de distribution possible au plus grand nombre de masques possible donc je pense vraiment que c'est une mauvaise polémique effectivement
Bruno Le Maire merci merci beaucoup d'avoir été au micro d'Inter ce matin et d'avoir dialogué merci avec avec nos auditeurs
Bruno Le Maire