Sur le Charles de Gaulle, les pilotes de chasse multiplient les exercices - Reportage 04.06.2024
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« Pour l'instant il y a les américains, les français, et vous allez avoir les chinois, qui développent également leur capacité de catapulte. »
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« La mission de l'OTAN aura duré une quinzaine de jours. »
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« Est-ce que l'OTAN est une protection gravée dans le marbre pour nous, Européens ? »
- 4:44InvitéFait
« L'élection de Trump, est-ce que c'est une catastrophe ? »
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« Il a multiplié les déclarations disant que les États-Unis, par exemple, ne viendraient pas à l'aide des États qui n'auraient pas dépensé 2% de leur PIB dans la défense. »
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« Il a mis en doute à plusieurs reprises l'appartenance de certains États, je pense à la Macédoine, à l'OTAN. »
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« Je rappelle que l'OTAN, on en a parlé tout à l'heure, c'est l'article 5. »
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« Pourquoi il y a une ambiguïté ? D'ailleurs, parce que quand l'article 5 a été rédigé en 1949, les États-Unis se sont opposés à ce qu'il y ait une rédaction trop précise. »
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« Bon, Vladimir, t'as ce que tu voulais, tu t'arrêtes là. »
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« Est-ce que Trump fera ça ? Je n'en sais strictement rien. »
Temps de parole
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De 0 à 250 km heure, en seulement 2 secondes. Sur le pont du Charles de Gaulle, des gestes pour communiquer. En quelques minutes, une dizaine d'avions de chasse, catapultés. Et déjà, un autre équipage se prépare à partir.
On a le petit briefing qui va bien pour notre mission de casse et les 9 lines qui vont avec.
Le pilote, nom de code Bob, briefe son coéquipier. Avant d'enfiler une tenue spécialement conçue pour supporter les conditions du vol.
Et donc tout le sang va vouloir descendre vers les pieds. Et bien le pantalon de jet va automatiquement serrer au niveau des jambes et de l'abdomen. Pour maintenir le sang vers le haut et du coup dans l'autre tête. Et comme ça on va résister le plus possible à cette pression qui, si on se laisse aller avec les jets, on peut perdre connaissance.
Concentration maximale avec en fond musical des classiques américains. Des collages imminents. Des contractions affichées.
Les pilotes de chasse c'est aussi une ambiance qu'on essaye de...
A quelques mètres de là, dans la tour de contrôle du bateau, le maître des horloges, c'est le capitaine de frégate. 20 ans de marine, 12 ans de porte-avion, lui aussi pilote.
Tout le monde est à la minute près, voire à la seconde près dans certains cas. On a besoin de synchronisation. Moi je dois garantir au commandant de catapulter le bon pilote dans le bon avion, à la bonne masse et à la bonne vitesse. Globalement il faut qu'il vole à la sortie du pont d'envole. Tu peux lui dire qu'il continue sa séquence ? Oui, c'est la version. Du coup il prend le Super 13. Ok, 3. Je peux l'officialiser, c'est bon.
Des catapultages réalisés en moins de 3 minutes, qui permettent à la France d'envoyer des avions plus lourds, et donc plus armés et plus chargés en carburant. Très peu d'autres nations en sont capables.
Pour l'instant il y a les américains, les français, et vous allez avoir les chinois, qui développent également leur capacité de catapulte.
Pour faire voler les avions et préparer la guerre, il faut une logistique bien particulière. Le bateau ravitailleur, le Jacques Chevalier, est essentiel pour le groupe aéronaval.
On va transférer des munitions. On va transférer un missile AM-39, c'est une première.
Un ravitaillement de munitions, mais aussi de vivres et de carburant pour les avions. La manœuvre est délicate. Deux bateaux gigantesques, à seulement 40 mètres l'un de l'autre. Étape cruciale pour mener à bien les opérations.
Ce qui est important, nous, dans la mission, c'est de durer, de durer dans le temps et de durer à la mer, parce que c'est l'opérationnel et c'est les missions qui vont donner le tempo. C'est vraiment ça qui est important. Nous, on est capables de durer indéfiniment à la mer.
Retour de mission pour les pilotes. Un moment critique. Ils sont guidés par la voix de Justin, l'officier d'appontage. Exercice périlleux. Certains doivent s'y reprendre à plusieurs fois pour se poser.
En fonction du vent, il y a des trajectoires qu'on ne va pas pouvoir accepter. Donc nous, on va juger, en fonction des éléments du jour, si on laisse un avion venir impacter le pont. S'il y a vraiment quelque chose qui dévie très fortement. Alors, on a toujours la possibilité de le renvoyer. Donc on lui annonce wave off. Simultanément, on appuie sur ce bouton là. Vous allez pouvoir voir le rouge s'allumer. Ça, ça signifie au pilote plein de gaz.
Oui, voilà. La mission de l'OTAN aura duré une quinzaine de jours. Une démonstration de force à destination notamment de la Russie.
Guillaume Lagan, on voyait, c'était le général qui me disait qu'on voyait des rafales sur ce porte-avions. On voyait également des avions de chasse américains. Des avions de reconnaissance au caisse. Voilà, américains. Le Charles de Gaulle est sous commandement de l'OTAN. Il nous protège par sa force. Il l'impressionne. Est-ce que l'OTAN est une protection gravée dans le marbre pour nous, Européens ? Ou est-ce que tout cela peut s'effondrer en novembre prochain si Donald Trump est élu président des États-Unis ? Alors, l'élection de Trump, est-ce que c'est une catastrophe ? Moi, je prendrais le versant plutôt optimiste. On a déjà eu Trump pendant quatre ans.
Il était déjà très critique de l'OTAN. Il a multiplié les déclarations disant que les États-Unis, par exemple, ne viendraient pas à l'aide des États qui n'auraient pas dépensé 2% de leur PIB dans la défense. Il a mis en doute à plusieurs reprises l'appartenance de certains États, je pense à la Macédoine, à l'OTAN. On l'a déjà eu. Et finalement, rien ne s'est passé. Alors, est-ce qu'un nouveau mandat Trump est plus dangereux pour l'OTAN ? Oui, parce qu'il est d'une certaine manière plus structuré, entouré par des gens qui sont beaucoup plus qualifiés que la première fois.
Et certains d'entre eux, ce qu'on appelle les prioritizers, ceux qui veulent prioriser les menaces, considèrent que la menace numéro un pour les États-Unis, c'est la Chine. L'OTAN, c'est l'Europe. Et l'Europe, il y a les Européens qui doivent se débrouiller tout seuls. Donc, d'une certaine manière, oui, une réélection de Trump, ça peut signifier un affaiblissement de la garantie que les Américains mettraient dans la sécurité de l'Europe. Je rappelle que l'OTAN, on en a parlé tout à l'heure, c'est l'article 5. L'article 5, c'est en cas de crise, en cas d'attaque sur le sol européen, tous les États de l'Alliance s'engagent à prendre des mesures. Quelles mesures ? L'article 5 ne le dit pas.
Donc, il y a déjà une petite ambiguïté. Pourquoi il y a une ambiguïté ? D'ailleurs, parce que quand l'article 5 a été rédigé en 1949, les États-Unis se sont opposés à ce qu'il y ait une rédaction trop précise. Ils voulaient déjà se ménager une forme de souplesse. Général Trinquant, est-ce que Poutine ne fait pas le pari de Trump ? Il a volé à son secours lors de la condamnation dans l'affaire Stormy Daniel la semaine dernière. Il a parlé d'une élimination des adversaires politiques qui est en cours par tous les moyens légaux et illégaux possibles, etc. Il a défendu son ami Donald. Oui, parce qu'en fait, Donald Trump, c'est le champion des deals.
Et donc, on le voit assez bien dire, je vais vous régler ça en 24 heures. Bon, Vladimir, t'as ce que tu voulais, tu t'arrêtes là. Et l'Ukraine, vous vous arrêtez là et on vous aide à la reconstruction, ce qui au passage donnera beaucoup de contrats aux sociétés américaines. Donc, je le vois assez bien faire ça. Et donc, je pense que Poutine, d'une certaine façon, verrait ça d'un bon oeil parce que ça stabiliserait et ça sauverait la face pour Poutine et ça stabiliserait temporairement la situation dans l'Est européen. Donc, je crois qu'effectivement, il joue. Alors, est-ce que Trump fera ça ? Je n'en sais strictement rien. Lui non plus. Oui, lui non plus.
Je pense qu'il a l'instant du jour au lendemain. Mais c'est une possibilité. Mais pour revenir à votre question première, pour l'instant, l'OTAN, c'est bien sûr la sauvegarde des Européens. Mais les Européens s'équipent, s'arment, se préparent pour que le pilier européen dans l'OTAN soit de plus en plus fort et que les Européens soient en mesure d'assurer une défense européenne avec une moins grande implication américaine. Parce que je voudrais rappeler que la menace chinoise pour l'armée américaine, c'est quoi ? C'est la marine. La menace ukrainienne pour l'armée américaine, c'est quoi ? C'est l'armée de terre et l'armée de l'air. Assez peu la marine.
Ce n'est pas la mer Noire qui va faire basculer. Merci.
Merci. Merci. Merci.