Campagne de vaccination, ouverture des magasins les dimanches, télétravail... Le "8h30 franceinfo" d'Élisabeth Borne
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Bonjour Elisabeth Borne, votre collègue de la santé Olivier Véran annonce que finalement les pompiers, les aides à domicile, les personnes âgées de plus de 75 ans pourront toutes se faire vacciner d'ici la fin du mois. C'est un changement de cap dans notre politique de vaccination.
Je ne pense pas que ce soit un changement de cap. On continue à vacciner d'abord les personnes vulnérables. Donc on démarre par les personnes âgées en EHPAD parce que vous avez vu que c'est un tiers des décès alors que c'est 1% de la population. Donc c'est important de vacciner d'abord les personnes vulnérables. Mais effectivement on accélère en permettant notamment aux personnels soignants de plus de 50 ans de se faire vacciner dès maintenant et non pas dans une deuxième étape comme ça avait été envisagé initialement.
Vous arrivez à suivre la politique de vaccination du gouvernement, les revirements, les annonces de ces derniers jours ?
Je vous dis la politique c'est la même, c'est-à-dire qu'on ne vaccine pas au hasard n'importe qui. On vaccine d'abord les personnes vulnérables parce que c'est celles qui risquent de se retrouver, d'avoir une forme grave du Covid et donc d'être dans des services de réanimation.
Donc vous vous assumez la méthode mais est-ce qu'on a été beaucoup trop lent ? Xavier Bertrand dit ce matin dans les colonnes du Parisien, le président a commis une faute gravissime. La stratégie nous conduit à l'échec.
Oui, je crois que c'est depuis le début de la crise. Vous savez quoi qu'on fasse ? Xavier Bertrand et d'autres nous disent que c'est un scandale d'État, que c'est une faute grave. Donc je pense qu'il faut que chacun garde son calme. On a une stratégie et je pense que c'est celle qui a été proposée par les conseils scientifiques, la Haute Autorité de Santé, de vacciner d'abord les personnes vulnérables. C'est du bon sens parce que c'est elles qui risquent de se retrouver effectivement en réanimation. Ensuite le président de la République, le gouvernement souhaite aller le plus vite possible et c'est bien ce que Louis Vééran a annoncé.
Ce n'est pas la méthode qui pose problème, vous voyez bien que c'est le rythme. Est-ce qu'il n'y a pas eu une erreur dans la communication par exemple, en voulant s'endresser aux anti-vaccins en priorité ? Est-ce que le gouvernement s'est montré trop prudent et donc du coup a peut-être découragé ceux qui avaient envie de se faire vacciner ?
Je pense que c'est important aussi dans un pays, on est un des pays dans lequel il y a le plus de méfiance sur les vaccins, de créer de la confiance et donc de ne pas brusquer les étapes. C'est aussi pour ça qu'on recueille le consentement, on pourrait aussi vacciner tout le monde n'importe comment. Donc on prend le temps aussi d'avoir un consentement des personnes, notamment des personnes vulnérables en EHPAD. Et effectivement le président de la République, le gouvernement souhaite accélérer, c'est ce qu'Olivier Véran dit ce matin.
Il faut le revoir le consentement parce qu'il n'est pas écrit là jusqu'à présent ?
Par écrit, délai de rétractation de plusieurs jours.
Olivier Véran, il n'y a pas eu de délai de rétractation, ça c'est une fake news, il n'y a pas de délai de rétractation.
Il faudra par exemple pour se faire vacciner pour le grand public, aller voir son médecin une première fois, mais on ne pourra pas se faire vacciner ce jour-là, il faudra un deuxième passage chez le médecin. D'où cette expression de délai de rétractation.
Vous avez vu qu'Olivier Véran a annoncé qu'on voulait simplifier la procédure, il faut évidemment que ça se fasse avec le consentement des personnes qui sont vaccinées le plus simplement possible.
Alors est-ce que dans cette simplification de la procédure, Elisabeth Borne, on pourra par exemple aller se faire vacciner au travail, dans son entreprise, au bureau, à l'usine ?
Moi je pense que les entreprises qui tous les ans participent à la stratégie de vaccination contre la grippe pourront le moment venu jouer effectivement un rôle dans cette stratégie de vaccination.
On a vu que c'est aussi un environnement dans lequel on peut créer de la confiance, par exemple quand on a voulu faire des tests massifs au Havre et dans un certain nombre de villes, en entreprise ça s'est bien passé, les salariés ont effectivement été se faire tester, donc je pense que le moment venu les entreprises auront leur rôle à jouer, quand on vaccinera en population générale, comme on dit, pour l'instant on veut vacciner des personnes âgées, écoutez c'est d'abord, d'abord on vaccine les personnes vulnérables.
Non mais comme là on assiste à une accélération du calendrier en entreprise, ce sera possible quand ?
La priorité c'est de vacciner les 15 millions de personnes vulnérables, donc les personnes qui ont des facteurs de comorbidité comme on dit, Il peut y en avoir des entreprises. Les personnes âgées, oui mais je pense qu'effectivement le moment venu, moi je suis favorable à ce que les entreprises puissent prendre leur part dans cette stratégie de vaccination, évidemment ça ne se substitue pas à ce qui pourra être fait avec les professionnels de santé en proximité, je pense que ces professionnels de santé, ils savent aussi créer de la confiance avec les français, donc c'est important.
Est-ce que l'employeur connaîtra la liste des personnes qui ont été vaccinées et non vaccinées, ou est-ce que ce sera confidentiel ?
Non, vous savez on n'est pas sur une vaccination obligatoire, donc il n'y aura pas d'obligation, l'entreprise ne pourra pas obliger.
Ce n'est pas sur l'obligation, mais sur le caractère secret ou pas de la vaccination ?
Non, je pense que ce n'est pas une bonne chose de commencer, enfin c'est des informations médicales, et je crois qu'il faut qu'on reste attentif, comme on l'est pour les tests, quand on fait des tests en entreprise, et ça c'est possible, à ce que ce soit bien sur la base du volontariat, dans le respect du secret médical, ensuite le salarié est invité à informer son entreprise, évidemment, mais ce n'est pas une obligation, et il n'y a pas de transmission, de violation du secret médical.
Et si la vaccination se fait en entreprise, il n'y a pas de risque de fichage des salariés, parce que certains peuvent le craindre ça ?
Je l'entends, et donc il faudra qu'on reste très vigilants, pour qu'on garde les mêmes principes, le volontariat, le secret médical.
Une autre question qui intéresse de nombreux commerces qui ont souffert de l'année écoulée, et qui souffrent encore aujourd'hui, pourront-ils continuer à ouvrir tous les dimanches au mois de janvier ?
Non, ce n'est pas la règle, donc vous savez qu'effectivement, au moment où on a rouvert les commerces qui avaient été fermés pendant le confinement, moi j'ai adressé une instruction au préfet pour leur demander d'instruire rapidement les dérogations au repos dominical, puisque c'est de ça dont il s'agit, pour les dimanches, le dernier dimanche de novembre, et les dimanches de décembre. Ensuite, je leur avais demandé au préfet d'engager immédiatement la concertation localement, pour pouvoir respecter les procédures. Normalement, ces autorisations d'ouverture du dimanche, ça suppose d'avoir une concertation avec les collectivités, avec les partenaires sociaux. C'est bien ce qu'on a fait.
Les préfets ont mené leurs concertations, et du coup, on a des situations différentes en fonction des résultats des concertations. Dans certains cas, dans des départements, les partenaires sociaux ont dit non, on n'ouvrira pas les dimanches de janvier. Dans la plupart des cas, on ouvrira, comme on le fait chaque année, pour les dimanches de solde, donc les deux derniers dimanches de janvier. Il n'y a pas d'automaticité, donc, de l'ouverture ? Il n'y a pas d'automaticité, moi, je pense que c'est... En revanche, au niveau d'une ville, soit tout le monde ouvre, soit personne n'ouvre ? Il peut y avoir des dimanches du maire, c'est d'abord des autorisations qui sont données par les maires.
Vous savez, il y a 12 dimanches par an, donc ça, c'est la procédure de droit commun. Dans un certain nombre de cas, notamment les maires qui avaient pris des délibérations avant le décalage des soldes, les préfets ont pu prendre des arrêtés quand les communes n'avaient pas pu redélibérer pour permettre d'ouvrir les bons dimanches. Mais il n'y a pas du tout d'automaticité, moi, je suis attaché à ce que ça se fasse dans la concertation et ensuite qu'on respecte les procédures. C'est sur la base du volontariat pour le salarié et avec des compensations financières et des repos aussi pour compenser le travail du dimanche.
On va parler dans un instant, Elisabeth Borne, de la question du télétravail, puisque la règle est en train de changer, en tout cas va changer dans les jours qui viennent. D'abord le fil Info à 8h40 avec Mélanie Delonnet.
300 lieux de vaccination opérationnelle dès la semaine prochaine. Olivier Véran promet d'accélérer le rythme des injections en simplifiant les procédures. Dans un premier temps, le vaccin est accessible aux pompiers et aux aides à domicile de plus de 50 ans. Dès ce matin, le rythme de croisière de la vaccination va rejoindre celui de nos voisins dans les prochains jours, promet le ministre de la Santé sur RTL. Il y a eu 5000 injections jusqu'ici en France. Le retard pris ne sera jamais rattrapé, estime sur France Info le premier adjoint à la maire de Paris.
Emmanuel Grégoire qualifie cette lenteur de perte de chance pour ceux qui vont être malades et pour l'économie car cela rallonge la durée potentielle des contraintes. Les contraintes qui ne seront pas levées le 20 janvier pour les restaurants. Selon nos informations, pas de réouverture à cette date. Une réunion avec les représentants des restaurateurs a lieu cet après-midi à Bercy. Son avocat explique qu'il a donné un coup de main mais que ce n'est pas un organisateur, un jeune homme de 22 ans mis en examen et placé en détention provisoire dans l'enquête sur la rêve partie du nouvel an près de Rennes. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Toujours avec Elisabeth Borne, la ministre du Travail. Alors pendant plusieurs mois, vous avez demandé aux entreprises, aux salariés de recourir massivement au télétravail. Est-ce qu'aujourd'hui, en cette nouvelle année, vous dites la même chose ? Il faut privilégier le télétravail ou alors vous dites c'est bon, vous pouvez revenir au bureau ?
Non, je continue à dire qu'il faut privilégier le télétravail. Il y a des protocoles sanitaires qui sont très stricts en entreprise qui évitent effectivement des contaminations. Mais recourir au télétravail, ça permet de réduire les interactions sur les trajets domicile-travail, en marge du travail. Donc ça reste un élément important. Par contre, j'entends les salariés, ceux qui sont depuis deux mois, depuis le début du mois de novembre, en télétravail 5 jours sur 5. Et qui pour certains n'en peuvent plus. Qui n'en peuvent plus. Et donc je pense qu'il faut entendre aussi ces problèmes psychologiques. On a plus de la moitié des salariés en télétravail 5 jours sur 5 qui souffrent d'isolement.
Donc on va permettre dans ces entreprises aux salariés qui en expriment le besoin de revenir un jour par semaine. Ensuite, ça devra se discuter dans l'entreprise, dans le dialogue social en proximité pour décider de la façon dont ça se passe. Pour à la fois qu'on puisse retrouver l'équipe de travail. En même temps, ne pas être trop nombreux le même jour dans l'entreprise. Donc c'est le dialogue social qui permettra de préciser les conditions de ce retour un jour par semaine.
Tout salarié qui était ces dernières semaines entièrement à la maison 5 jours sur 5 peut lever la main, appeler son DRH, son employeur, son patron et lui dire « Je souhaite revenir au moins une journée par semaine. » Ça ne peut pas lui être refusé.
C'est bien ça l'idée, effectivement, que les salariés qui peuvent avoir une forme de détresse psychologique puissent revenir dans leur entreprise. Et ensuite, dans le dialogue au sein de l'entreprise, on précise les modalités de ce retour un jour par semaine.
Et qu'est-ce qui se passe si l'employeur dit non ?
Si l'entreprise a des bonnes raisons, vous voyez, par exemple, tout est fermé, il y a un salarié qui le demande, ça peut s'entendre. Je crois qu'il faut trouver ce bon équilibre entre recourir à fond au télétravail, parce que ça permet de limiter les interactions et donc de ralentir, d'éviter la propagation du virus, entendre les difficultés psychologiques d'un certain nombre de salariés, ça doit se passer dans le dialogue au sein des entreprises.
Elisabeth Borne, le gouvernement doit se réunir en séminaire la semaine prochaine, le 13 janvier, pour évoquer l'agenda des six prochains mois et les grandes priorités, les grandes réformes à mener. La réforme de l'assurance chômage, ça reste une priorité, sachant qu'elle a été de multiples fois repoussée, elle est prévue pour le mois d'avril. Là, vous la maintenez, elle est toujours sur la table ?
Je vous confirme que je pense que c'est prioritaire de mener à bien cette réforme de l'assurance chômage. Il faut rappeler l'objectif de cette réforme, c'est de lutter contre la précarité, notamment du fait d'un recours excessif à des contrats courts. On est un des pays dans lesquels... Ça, c'est l'un des volets de la réforme. Oui, c'est un des aspects de la réforme, de dissuader les entreprises, de multiplier les contrats courts. Et quand on voit les difficultés des salariés qui avaient l'habitude d'enchaîner des contrats courts et des périodes de chômage, je pense que c'est vraiment important de lutter contre la précarité. L'autre volet de la réforme...
L'autre volet de la réforme...
L'autre volet de la réforme, c'est aussi plus d'équité. Parce qu'aujourd'hui, par exemple, quand vous êtes un salarié qui travaille un jour sur deux, à temps plein, ou qui travaille tous les jours à mi-temps, vous n'avez pas du tout la même allocation chômage. Donc il y a un sujet d'équité. Donc ça fait partie des sujets qu'on doit aborder dans le cadre de cette réforme.
Justement, il y a 5 syndicats qui réclament l'abandon pur et simple de cette réforme. Est-ce qu'il y a des choses, il y a des points sur lesquels vous allez négocier et vous allez reculer avant la mise en place de cette réforme ?
On a des sujets sur la table. Le bonus-malus pour dissuader le recours aux contrats courts. Les modes de calcul de l'allocation chômage pour avoir plus d'équité.
Il est sur la table lui aussi, le mode de calcul ?
Oui, le mode de calcul est sur la table.
La version qu'on connaît de la réforme ne sera pas forcément celle qui entrera en vigueur.
Non, non, si on fait une concertation, ce n'est pas pour faire exactement ce qui était prévu avant. Sinon, il n'y a pas besoin de concertation.
Donc le bonus-malus, ça pourrait être retiré de la réforme ?
Non, je pense que ça fait vraiment partie de l'équilibre de la réforme, de lutter.
Mais alors sur quoi vous bougez ?
On a besoin d'un équilibre dans cette réforme, à la fois de lutter contre la précarité. C'est le rôle du bonus-malus. Il y a d'autres dispositions. Moi, je suis ouverte à toutes dispositions qui dissuadent le recours excessif aux contrats courts. Mais alors sur quoi vous êtes prêt à bouger ? Le mode de calcul de l'allocation chômage, c'est évidemment un sujet important. Il faut qu'on ait de l'équité. Donc ça fait partie des échanges qu'on aura avec les partenaires sociaux. Ensuite, il y a des questions sur les périodes d'ouverture des droits. Donc tous ces sujets sont sur la table.
Et l'objectif, effectivement, je l'ai dit aux partenaires sociaux hier, c'est de reprendre les discussions dans la deuxième quinzaine de janvier.
Il y a une autre réforme en ce moment qui est quelque part dans les cartons du gouvernement. On ne sait pas bien où. C'est la réforme des retraites. Voici ce qu'on disait votre collègue Bruno Le Maire il y a tout juste un mois ici même.
Le président de la République est à lui seul de décider le calendrier. Mais vous voyez bien que les faits sont têtus. Vous ne pouvez pas avoir un régime de retraite qui reste déficitaire pendant des décennies jusqu'en 2045. Sinon, c'est les retraites de nos enfants, pour reprendre l'expression de Jean-Luc Mélenchon, que vous menacez et que vous mettez en péril. Elle est morte ou elle bouge encore, la réforme des retraites ?
Je pense qu'on a besoin d'une réforme des retraites dans notre pays pour avoir un système plus lisible, plus juste. Vous savez, on parle beaucoup des travailleurs de la deuxième ligne depuis le début de la crise sanitaire. Ce sont souvent ceux qui sont les plus pénalisés, ceux qui ont des carrières hachées, qui ont effectivement des périodes où ils ne peuvent pas travailler, qui sont les plus pénalisés par le système actuel. Donc je pense que notre pays a besoin d'une réforme des retraites. Ensuite, elle doit se faire dans le dialogue social. Et donc il faut aussi qu'on apprécie si les conditions sont réunies pour reprendre ces discussions.
Ce n'est pas au nom de l'équité que Bruno Le Maire, quand on l'écoute, justifie la nécessité de cette réforme. C'est au nom de l'équilibre des comptes. Il dit qu'il faut faire une réforme pour économiser de l'argent. Ce n'est pas du tout ce que vous dites, vous.
Moi, je dis que le président de la République... Est-ce qu'à peine cette réforme, il doit faire faire des économies ou pas ? Je dis que le président de la République a porté dans sa campagne, en 2017, une réforme des retraites pour plus de justice. Et donc je pense que cette réforme, elle est pertinente. Il faut voir dans quelles conditions on peut reprendre la discussion avec les partenaires sociaux. Je dis qu'il n'y a pas ailleurs un sujet qu'on ne va pas mettre sous la table, qui est effectivement l'équilibre de notre système de retraite. C'est deux sujets qui sont disjoints. Et il faudra voir dans quelles conditions on peut reprendre les discussions.
Moi, je suis très attaché au dialogue social. Et vous voyez, je pense que dans le contexte qu'on connaît, mener des réformes dans le dialogue social, c'est quelque chose d'absolument essentiel. Je tente ma chance. Cette réforme verra-t-elle le jour avant la fin du quinquennat ? Moi, je ne sais pas vous répondre. Je pense que cette réforme... Pour l'instant, on ne sait pas. Je ne sais pas vous répondre parce que je pense que cette réforme, elle doit se faire avec une concertation avec les partenaires sociaux. On va voir, pour l'instant, on a une situation sanitaire qui n'est pas celle qu'on s'était donnée comme objectif sur le nombre de nouveaux cas par jour, par exemple.
On doit prioritairement protéger les emplois, favoriser le redémarrage de notre économie.
Pour qu'on comprenne le calendrier, une dernière question là-dessus. Est-ce que, comme Richard Ferrand, vous dites, le président de l'Assemblée nationale, c'est une excellente première réforme de deuxième quinquennat ?
Je vous dis, on ne sait pas répondre. Il y a quand même des incertitudes liées au contexte sanitaire et donc économique. Donc, on verra comment la situation sanitaire évoluera. La priorité, c'est de protéger les emplois, les entreprises, les salariés, les personnes les plus vulnérables dans la crise.
Quand on parle de la protection, que dire aux jeunes qui, aujourd'hui, s'inquiètent d'une année noire sur l'emploi ? Est-ce que 2021 va être l'année des plans sociaux et du chômage de masse dans la jeunesse ?
Moi, je leur dis qu'on est mobilisés comme jamais pour aider chaque jeune à accéder à l'emploi. C'est tout le sens du plan Un jeune, une solution qu'on a présentée dès le mois de juillet. Ce plan, il a des premiers résultats. Vous savez qu'on a plus d'un million de jeunes qui ont été recrutés en CDD de plus de trois mois ou en CDI depuis le mois d'août, d'août à novembre, c'est-à-dire quasiment autant qu'en 2019 et plus qu'en 2018. On est en train de battre tous les records sur l'apprentissage. On avait mis en place une prime de 5 000 euros pour les mineurs, 8 000 euros pour les majeurs, pour encourager le recrutement d'apprentis. On est à 440 000 apprentis recrutés cette année.
On bat tous les records. C'est une bonne nouvelle puisque ça permet aux jeunes d'accéder à l'emploi. On a aussi 560 000 jeunes qui sont rentrés dans des parcours d'insertion. On fera tout pour permettre à chaque jeune d'accéder à l'emploi. Notamment, on a élargi les dispositifs. Vous savez, on veut mettre en place une garantie jeune universelle. La garantie jeune, c'est un système qui marche très bien, qui permet d'avoir un accompagnement vers l'emploi et jusqu'à 500 euros par mois, près de 500 euros par mois, pour accompagner les jeunes.
On va systématiser ce dispositif pour que chaque jeune qui est accompagné par une mission locale, par Pôle emploi, par l'Association pour l'emploi des cadres, puisse avoir une rémunération. Mon objectif, c'est qu'aucun jeune ne soit empêché d'entrer dans un parcours vers l'emploi parce qu'il aurait un problème de rémunération. Donc on est mobilisé plus que jamais et on a un plan, un jeune, une solution qui porte ses fruits.
Elisabeth Borne, ministre du Travail. Vous restez avec nous, il est 8h50, le fil info avec Mélanie Delaunay.
Les aides à domicile et les pompiers de plus de 50 ans peuvent désormais se faire vacciner contre le Covid. Pour les plus de 75 ans qui vivent chez eux, il sera possible de se faire vacciner d'ici la fin du mois. Olivier Véran annonce une accélération avec une consultation médicale simplifiée. 300 centres de vaccination seront opérationnels la semaine prochaine, précise le ministre de la Santé sur RTL. Jusqu'ici, 5000 personnes ont reçu une injection contre le Covid en France. Jean Castex, le Premier ministre, prendra la parole jeudi pour évoquer la vaccination, mais également les restaurants.
Les représentants du secteur sont convoqués à Bercy cet après-midi, alors que selon nos informations, la fermeture au-delà du 20 janvier est actée. Boris Johnson demande aux Anglais de suivre les nouvelles règles dès maintenant. Restez à la maison, les écoles ferment aujourd'hui, et c'est donc tout le Royaume-Uni qui est désormais reconfiné pour tenter de contrôler le nouveau variant du virus. Il y a plus de 50 000 contaminations chaque jour. Un hommage est rendu cet après-midi à Thierville-sur-Meuse, près de Verdun, aux trois militaires tués il y a 8 jours. Au Mali, la branche d'Al-Qaïda au Sahel revendique aussi la seconde attaque qui a endeuillé l'armée française samedi dernier.
France Info
Le 8.30 France Info Saliabrakia, Marc Fauvel
Je joue avec la ministre du Travail, Elisabeth Borne. Alors vous disiez juste avant le fil Info que vous élargissiez le dispositif Garanti Jeunes. Pourtant, ce n'est pas la demande des associations qui viennent en aide aux jeunes. Elle, elle demande le RSA Jeunes. Et vous, vous dites non.
Moi, je dis que ce qu'on fait, c'est mieux qu'un RSA Jeunes parce qu'on dit chaque jeune a le droit à un accompagnement vers l'emploi, à une formation. Et quand il rentre dans un accompagnement de ce type, alors il a le droit à une rémunération jusqu'à 500 euros par mois. Donc non seulement on règle la situation immédiate, les difficultés immédiates du jeune, mais on permet de l'armer pour gagner son autonomie, rentrer dans l'emploi.
Qu'est-ce que vous n'aimez pas avec le RSA Jeunes ? C'est le principe même ? Ce que je pense, c'est qu'il est... Pourquoi on ne fait pas au...
C'est de l'assistana, vous considérez ?
18-25, ce qu'on fait pour tous les autres.
Ce que je dis, c'est que plutôt que de dire vous avez droit à une allocation et puis peut-être qu'on va vous accompagner vers l'emploi, on dit vous avez droit à un accompagnement vers l'emploi, à une formation, vers un métier qui recrute, la transition écologique, le digital, le soin. Et si vous en avez besoin, alors vous avez droit à une allocation.
Est-ce que vous savez combien de salariés, aujourd'hui encore en France, ont recours au chômage partiel ?
On a, au mois de novembre, on avait 2,9 millions de salariés qui ont eu recours au chômage partiel. Je pense que ça baissera sur décembre avec la réouverture des commerces de proximité. Mais donc, je pense que le dispositif de chômage partiel, il montre qu'il joue bien son rôle de protéger les emplois. Vous savez, au plus fort de la crise, il y a eu près de 9 millions de salariés qui ont été protégés. Maintenant, moi j'invite toutes les entreprises à signer des accords pour les dispositifs d'activité partiel de longue durée. C'est pendant deux ans, on peut protéger les emplois en partageant l'activité qui peut baisser jusqu'à 40%.
Mais dans ce cas-là, l'État prend en charge la rémunération des salariés pendant la période où ils ne travaillent pas. Et surtout, on forme les salariés pour que les entreprises soient plus fortes. On a près de 8 000 accords de ce type qui ont été signés, qui protègent 400 000 emplois.
Vous confirmez que pour les bars et restaurants, la date qui avait été envisagée dans un premier temps, date de réouverture le 20 janvier, c'est-à-dire dans environ deux semaines, n'est absolument plus d'actualité ?
Le Premier ministre aura l'occasion de faire le point jeudi prochain sur les réouvertures attendues dans le domaine de la culture, des salles de sport, des restaurants. Il faut qu'on tienne compte de la situation sanitaire. Je le disais, on n'est pas au niveau qui était attendu à 5 000 cas par jour. Et donc, on ajustera forcément le calendrier en tenant compte de la situation sanitaire. On maintient un accompagnement massif pour les secteurs qui sont fermés, une activité partielle avec aucun reste à charge pour l'entreprise. Au même niveau qu'aujourd'hui.
Au même niveau qu'aujourd'hui, tant que dureront les restrictions sanitaires et évidemment tous les dispositifs économiques, le fonds de solidarité, les prêts garantis par l'État, tous ces dispositifs sont maintenus tant que durant les restrictions sanitaires.
Le patron de la CGT, Philippe Martinez, annonce d'ores et déjà des journées de mobilisation dans les secteurs de l'éducation et de l'énergie, donc en janvier, car il vous accuse, je cite, de distribuer beaucoup d'argent aux entreprises, mais rien aux salariés. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
On est très attentif à la situation des salariés. Vous savez, quand je dis qu'on a mis en place l'activité partielle, c'est 30 milliards d'euros. L'État s'est substitué aux entreprises qui ne pouvaient pas payer les salaires parce que les activités étaient fermées ou très ralenties. 30 milliards d'euros d'activité partielle en 2020, sans doute plus de 10 milliards en 2021. On est attentif à la situation des jeunes, 7 milliards d'euros, le plan jeune. Moi, je suis aussi très attentive à la situation des travailleurs précaires qui habituellement enchaînaient des contrats courts et qui n'ont pas pu travailler pendant la période.
On a mis en place une aide exceptionnelle pour leur garantir 900 euros de rémunération. C'est 450 000 travailleurs précaires qui vont en bénéficier.
Lui vous reproche, par exemple, de ne pas avoir fait de véritable coup de pouce au SMIC, par exemple. Il a augmenté de 0,99%.
Il s'en amuse, même finie par ce n'est-ce qu'il y a des technocrates qui auraient pu arrondir ça à 1% plutôt que de le laisser symboliquement à ce 0,99% qui représente une dizaine d'euros.
J'ai entendu ces critiques. On a été très attentif depuis le début du quinquennat à la rémunération des salariés au SMIC entre la suppression d'un certain nombre de charges sociales, l'augmentation de la prime d'activité. Pour les salariés au SMIC, c'est l'équivalent d'un 13e voire d'un 14e mois qui a été mis en place.
Mais ce n'est pas pris en compte pour la retraite ?
J'entends, mais vous voyez, je pense que vraiment, aujourd'hui, les difficultés des salariés, c'est moins le taux horaire du SMIC que la capacité qu'on a à travailler à temps plein quand on le souhaite et d'éviter la précarité des contrats courts. Vous redoutez une colère sociale aujourd'hui en France ? Moi, j'entends que les salariés, que les Français, peuvent avoir de la lassitude, de l'inquiétude.
Moi, je veux dire que vraiment, on est aux côtés des Français avec des dispositifs pour protéger le pouvoir d'achat, pour accompagner les plus vulnérables, les jeunes avec la garantie jeunes universelle, les travailleurs précaires avec l'aide de 900 euros, l'activité partielle qui durera aussi longtemps que nécessaire pour protéger les emplois. Donc, on est un des pays, sans doute le pays au monde, qui a le plus protégé le pouvoir d'achat.
Merci à vous, Elisabeth Borne, ministre du Travail. Invité ce matin de France Info, dans deux minutes, un peu plus, même d'ailleurs, le journal sur France Info, et puis les informer avec Renaud Dely et toute son équipe. À suivre.
Élisabeth Borne