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Podcast / conversationLe Crayon· 8 novembre 2021 10 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & international

LE RING #10 - L'ÉCOLE EST-ELLE POLITISÉE ? - LE DÉBRIEF

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 55 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Qu'avez-vous pensé du débat et comment l'avez-vous vécu ?

  • 1:35OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez changé d'avis sur un point ?

  • 2:23OuverteRéponse directe

    Quel est le point sur lequel vous êtes le plus en désaccord ?

  • 5:41OuverteRéponse directe

    Quel est votre avis sur le débat public et médiatique en France ?

  • 8:51OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous évoque la phrase « trace tes contours » ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00IntervenantFait
    « Il faut bien mettre dans la crâne des descendants de Marocains, d'Algériens, de Tunisiens, de Maliens, etc. »
  • 0:06IntervenantFait
    « que leurs ancêtres, leurs ancêtres s'appellent Jules Ferry, leurs ancêtres s'appellent Bugeot. »
  • 3:09IntervenantFait
    « quand la mobilité sociale fonctionnait bien en France, il y a de bons élèves dans tous les milieux, y compris des milieux modestes, qui découvraient la force de la littérature. »
  • 3:23IntervenantFait
    « de faire croire aux gens, comme faisait Napoléon, que tout le monde, finalement, a un bâton de maréchal dans sa musette, de forcer un peu le trait sur la mobilité sociale, d'y croire, c'est un peu la méthode Coué, mais ça marche. »
  • 3:41IntervenantFait
    « Le wokisme. Oui, je pense comme vous que c'est une dérive qu'il faut condamner et contre laquelle il faut opérer un diagnostic clair, précis, net. »
  • 4:32IntervenantFait
    « Moi, je suis totalement contre le multiculturalisme, la société multiculturelle. C'est une importation très toxique, très dangereuse pour la stabilité, l'ordre public même. »
  • 4:49IntervenantFait
    « ce ne sont pas les religions qui posent problème, c'est l'islam. »
  • 6:53IntervenantFait
    « Jamais je ne ferai un pays avec des gens qui ont assassiné 6,5 millions de personnes. »
  • 7:44IntervenantFait
    « la vérité de l'Union européenne, c'est que c'est une piscine purificatrice pour peuples qui ne veulent plus de puissance, qui ne veulent plus faire la guerre, qui ne veulent plus se défendre. »
  • 8:19IntervenantFait
    « le problème, c'est que cette montée de l'insécurité n'est pas qu'une montée de la délinquance due uniquement à des injustices sociales et économiques ou due à la criminalité classique. »

Temps de parole

  • Intervenant61 %
  • Intervenant 233 %
  • Présentateur4 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Intervenant

Il faut bien mettre dans la crâne des descendants de Marocains, d'Algériens, de Tunisiens, de Maliens, etc. que leurs ancêtres, leurs ancêtres s'appellent Jules Ferry, leurs ancêtres s'appellent Bugeot.

0:11
Présentateur

Attends, pause. C'est quoi le Créomédia ? On est une équipe qui vous propose du contenu vidéo respectant trois piliers. Le débat, l'ouverture d'esprit et la pluralité des opinions. Notre but, faire réfléchir et permettre la libre circulation des idées. Bonne vidéo. Qu'est-ce que vous avez pensé du débat et comment l'avez-vous vécu, que ce soit devant le fond et sur la forme ?

0:33
Intervenant

C'est toujours très agréable de discuter avec quelqu'un qui est posé, qui a des arguments et dont on sent qu'il aime débattre. Et je salue, ce n'est pas mon adversaire, mais disons en Thomas, la jeunesse qui ne se laisse pas aussi démonter ou impressionner. Parce que, voilà, je trouve que je n'avais peut-être pas son aplomb à son âge et je trouve que c'est assez impressionnant. Non, moi ce que j'ai... Même si ses idées sont débiles. Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est la forme. Parce que le fond est important, mais la forme que prend le débat, on le voit avec les chaînes d'info en continu.

C'est vrai que c'est très, très compliqué de développer une idée en seulement quelques minutes, qui va ensuite être cutée avec potentiellement le journaliste, le présentateur, ou un des éditorialistes qui va vous couper parce qu'il a 20 ans de métier. Là, ce qui est agréable, c'est que même si ça reste court, parce qu'on aurait pu en débattre des heures, c'est vrai que ça permet de pouvoir préparer vraiment le débat, c'est en préparer un élément de langage qu'on va lancer et qui va être entêté sur Twitter. Voilà, on peut aller plus loin, on va dire.

1:35
Présentateur

Est-ce que vous avez changé d'avis sur un point ?

1:38
Intervenant

Ce dont je ne m'attendais pas, c'est que vous parliez, vous développiez vraiment la logique de la discrimination positive et du fait qu'on ait des frais de scolarité qui changent en fonction de la richesse des gens. Parce que là où je vous suis un peu, c'est qu'effectivement, à la base, ce n'est pas une école de le faire. C'est à l'État et à l'impôt sur le revenu. Donc, si vous voulez, là encore, je partage. Après, c'est sûr qu'il faut être un peu pragmatique parfois. Je ne vais pas refaire le débat dans le débat, parce que ce n'est pas le sujet là. Et d'accord avec Thomas, il y a une respiration dans le débat qui est indispensable.

Sinon, ça devient du clash de la punchline pour la punchline. Et vraiment, ça ne fait pas avancer le schmilblick. Maintenant, il me semble que je n'ai peut-être pas été très clair sur ce point qu'a la gentillesse de souligner Thomas. C'est-à-dire, c'est une idée qui m'est propre, effectivement. C'est que j'ai l'impression qu'il y a l'utilité du voile de l'ignorance. C'est-à-dire qu'à partir du... Prenons l'exemple de... Vous avez les arguments de Bourdieu qui avait repris Sarkozy de manière un peu caricaturale. La princesse de Clèves, on s'en balèque. Pourquoi on s'en balèque ? Parce que c'est un truc pour les bourges, lu par les bourges, écrit par des bourges.

Et donc, en réalité, si je viens d'une cité, je n'en ai rien à foutre de lire La princesse de Clèves. Et c'est un dispositif, la littérature, qui est fait pour reproduire les avantages de la classe bourgeoise. Mais en fait, il y a un voile de l'ignorance. Évidemment, ça ne va pas intéresser tout le monde. Évidemment, les enfants de la bourgeoisie vont avoir plus facilement accès à La princesse de Clèves. Oui, mais quand la mobilité sociale fonctionnait bien en France, il y a de bons élèves dans tous les milieux, y compris des milieux modestes, qui découvraient la force de la littérature. Mais ça pouvait être des mathématiques ou d'autres choses. Et donc, ils se hissaient.

Et donc, de faire croire aux gens, comme faisait Napoléon, que tout le monde, finalement, a un bâton de maréchal dans sa musette, de forcer un peu le trait sur la mobilité sociale, d'y croire, c'est un peu la méthode Coué, mais ça marche. C'est la seule façon que ça marche.

3:34
Présentateur

Quel est, à l'inverse, le point sur lequel vous êtes le plus en désaccord ?

3:40
Intervenant

C'est une... Le wokisme. Oui, je pense comme vous que c'est une dérive qu'il faut condamner et contre laquelle il faut opérer un diagnostic clair, précis, net, pour trouver une solution, pour trouver un échappatoire, parce qu'on va aller nulle part en France. Voilà, moi, j'ai tendance à penser qu'il n'y a pas que le wokisme, qu'on a du mal d'ailleurs à définir, mais qu'il y a d'autres approches. Et que surtout, derrière ça, il y a quand même des gens qui, tous les jours, quand ils prennent le métro, quand ils vont sur leur lieu de travail, qui subissent des discriminations, quoi.

Et je les connais, j'ai entendu des centaines, des milliers de témoignages sur ces questions-là, et je pense que, voilà, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Ça peut être la mauvaise méthode, et je suis le premier à la dénoncer, mais voilà, derrière, il y a quand même des gens qui souffrent, et dans un pays, et si on cherche ensemble le vivre ensemble, c'est le cas de le dire, il faut quand même prendre ça en compte. Voilà, c'est tout. Moi, je pense qu'on ne sera pas d'accord là-dessus. Moi, je suis totalement contre le multiculturalisme, la société multiculturelle. C'est une importation très toxique, très dangereuse pour la stabilité, l'ordre public même.

Je pense qu'en fait, on peut avoir une société pluriraciale, et on a une société pluriraciale en France. On peut avoir une société plurireligieuse, et en réalité, ce ne sont pas les religions qui posent problème, c'est l'islam. Donc on peut avoir une forte minorité musulmane en France. On peut avoir des gens qui ont des couleurs de peau différentes. Ce n'est pas un problème à condition, et c'est le paradoxe, d'avoir une unité culturelle très puissante. Il faut bien mettre dans la crâne des descendants de Marocains, d'Algériens, de Tunisiens, de Maliens, etc., que leurs ancêtres, leurs ancêtres s'appellent Jules Ferry, leurs ancêtres s'appellent Bugeot.

Le problème, c'est justement, l'idée du wokisme, c'est d'une certaine façon, finalement, moi, je suis une femme, et j'ai le droit d'être un homme. Donc ça marche dans un sens. Cette liberté de nier ce qu'on est, et de pouvoir embrasser une autre identité, ça marche que si c'est des identités minoritaires, et un peu baroques, et un peu qui vont attaquer le mainstream. En fait, il y a une obsession de l'ultra-minorité et de la minorité. En fait, on fait tout ce qu'il faut pour diviser les gens et faire en sorte qu'ils se bouffent le nez, en fait. C'est ça, le problème.

5:41
Présentateur

Et quel est votre avis sur le débat public et médiatique en France ?

5:46
Intervenant

La vie, c'est qu'on ne s'y retrouve juste pas. On parlait de la jeunesse qui s'abstient et qui ne trouve pas. J'en fais partie. C'est vraiment très difficile. C'est vrai que le débat va se cristalliser sur certaines questions. Et vraiment, j'ai cette impression d'anomie et de flou perpétuel, de bazar. C'est vrai que dans le temps, on a parlé un peu du clivage gauche-droite, mais il y avait une forme de sécurité politique dans les opinions, etc. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus difficile de trouver une sécurité, de trouver un port d'attache, ne serait-ce qu'en fonction des personnalités, des partis, etc. Voilà, l'état du débat public, c'est très compliqué.

Et d'ailleurs, on le voit encore plus quand dans le temple du débat public, dans le temple de la démocratie, même là, on arrive avec des yeux pétillants, en disant « waouh, on va pouvoir débattre toute la journée, etc. » Et on se rend compte que pour beaucoup de gens, on n'est pas là pour ça. C'est une sorte de pyramide de Maslow politique. C'est-à-dire que moi, je suis très sensible aux enjeux économiques et sociaux. Je pense que la question de l'Union européenne, c'est un peu un éléphant dans la pièce. Enfin, c'est massif. C'est à connecter ce qu'on ne fait jamais avec la question de l'assimilation. Jamais je ne ferai un pays avec des gens qui ont assassiné 6,5 millions de personnes.

Jamais. Vous savez, le Napoléon des Allemands, il a été cramé avec un lance-flamme par un soldat soviétique dans un bunker. C'est ça, la réalité. Être Allemand, les gens ne comprennent pas ce que c'est. Il y a un rapport à l'histoire, il y a un rapport à la puissance qui est normal quand on est Allemand. Je ne leur jette pas la pierre. J'ai beaucoup d'admiration pour ce que les Allemands ont fait et la manière dont ils sont démocratisés après 1945. Mais il faut bien comprendre que ce pays ne pourra jamais aspirer. On dit la puissance européenne. Mais comment voulez-vous que les Allemands, vous savez, nous, Français, on sait ce qu'a été la Première Guerre mondiale.

Parce qu'il y a des monuments aux morts dans tous les villages de France. Et parce que dans nos familles, même s'il y a très très longtemps maintenant, se charrie cette espèce de cauchemar de la Première Guerre mondiale. Les Allemands, ils ont eu la Première Guerre mondiale qu'ils ont perdue. Et ils ont eu deux fois et demie en nombre de morts. La Première Guerre mondiale, c'était la Deuxième Guerre mondiale. Donc, si vous voulez, il faut bien comprendre ce que c'est qu'être Allemand. Et en réalité, la vérité de l'Union européenne, c'est que c'est une piscine purificatrice pour peuples qui ne veulent plus de puissance, qui ne veulent plus faire la guerre, qui ne veulent plus se défendre.

Et donc, on nous raconte que la France est trop petite et que maintenant, il faut se mettre et qu'on n'assimilerait personne dans ces conditions. Ces questions-là de l'Union européenne, des questions économiques et sociales, du fait qu'on ait les pieds et poings liés, qu'on ne puisse pas se battre à armes égales contre la Chine et les États-Unis, ce sont des questions devenues secondaires parce que dans la pyramide de Maslow politique, je dirais la raison d'être centrale d'un État, c'est de garantir la paix.

Or, le problème, c'est que cette montée de l'insécurité n'est pas qu'une montée de la délinquance due uniquement à des injustices sociales et économiques ou due à la criminalité classique. On sent bien qu'il y a une dimension identitaire non-dite peut-être inconsciente là-dedans. Et donc, c'est parce que les Français sentent que ça peut partir en sucette, qu'ils considèrent que cette question de l'identité... Parce qu'on nous dit « oui, mais vous avez des obsessions, etc., c'est obsessionnel ». Non, c'est parce que la première question politique à régler, c'est la paix. Il faut que la paix revienne, il faut que la stabilité revienne.

Après, on peut débattre de plein d'autres choses, mais c'est un prérequis d'une certaine façon.

8:51
Présentateur

Et la dernière question de ce format, qu'est-ce que vous évoque la phrase « trace tes contours » ? C'est le slogan du Média.

8:57
Intervenant

C'est important pour que des jeunes puissent tracer leurs contours de voir des gens auxquels ils peuvent s'assimiler ou pas du tout avoir un point de vue argumenté avec une idée, un argument, un exemple, et de pouvoir se débrouiller avec ça et de se dire « bon, après avoir entendu ça, après avoir lu les programmes, après avoir entendu les candidats, je peux voter ça, je peux m'engager là-dedans, etc. » Moi, je trouve que vous avez trouvé un créneau intéressant parce que moi, j'aime beaucoup Régis Debré. C'est un de mes maîtres. Il y a cette expression que j'adore. Il dit « c'est l'effet jogging », c'est-à-dire moins les gens marchent et plus ils courent. Il faut compenser.

Donc effectivement, dans un univers où on ne peut plus réfléchir, plus se poser, et où les émissions sont de plus en plus courtes, les interventions sont de plus en plus courtes, il y a effectivement de l'espace. On ne va pas citer vos concurrents, mais on a maintenant des émissions de très grande qualité sur le net, pas sur la télévision, justement, sur le net. Et vous, finalement, vous avez trouvé quelque chose qui est une sorte de format intermédiaire. Vous opposez des gens qui ne sont pas d'accord, donc ça, c'est déjà fécond, à mon avis. Et en plus, vous leur donnez le temps de s'exprimer. Donc je pense que vous avez intelligemment trouvé un créneau. Merci beaucoup. Merci à vous. Merci.

Merci beaucoup. Merci.