Présidentielle 2017 : l'interview augmentée de Jean-Frédéric Poisson
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Présentation rapide et question sur votre parcours
- 2:00RelanceRéponse directe
Réaction sur votre phrase sur Clinton et les théories du complot
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Quelles conséquences insupportables de mai 68 ?
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Manifestation des policiers liée à mai 68 ?
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Primauté de la liberté individuelle vs intérêt collectif ?
- 10:00RelanceRéponse directe
Abrogation du mariage pour tous et conséquences pour les couples déjà mariés
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Jean-Frédéric PoissonFait
« « La proximité de Clinton avec les super financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionnistes sont dangereuses pour l'Europe et la France. » »
- 6:00Jean-Frédéric PoissonFait
« « Même les policiers sont en train de manifester dans la rue en ce moment, devant l'Assemblée nationale. » »
- 8:00Jean-Frédéric PoissonFait
« « La primauté de la liberté individuelle sur toute autre forme de considération, à commencer par des considérations collectives ou d'intérêt général. » »
- 12:00Jean-Frédéric PoissonFait
« « Le Front National est absolument un parti comme un autre dans la mesure où il a des élus dans toutes les assemblées délibérantes de France et de Navarre. » »
- 14:00Jean-Frédéric PoissonFait
« « Je ne peux pas me faire à l'idée qu'il y ait la possibilité dans le droit de supprimer la vie d'un être humain, quels que soient les motifs. » »
- 16:00Jean-Frédéric PoissonPromesse
« « La diminution du nombre d'avortements doit devenir un objectif de santé publique. » »
- 18:00Jean-Frédéric PoissonFait
« « On fait aujourd'hui l'histoire de France à charge. On n'accepte pas cette idée que l'histoire est une chronologie, qu'elle a sa cohérence. » »
- 20:00Jean-Frédéric PoissonFait
« « La logique de la consommation prime sur le reste. Il n'y a qu'à voir la rapidité avec laquelle se succèdent les différentes versions des téléphones portables. » »
- 22:00Jean-Frédéric PoissonPromesse
« « Je veux mettre en place un revenu universel, c'est-à-dire un revenu par personne, 200 euros par personne mineure, 400 euros par personne majeure qui remplace toutes les allocations qui sont versées aujourd'hui de toute nature. » »
- 24:00Jean-Frédéric PoissonFait
« « Il faut d'abord qu'elle fasse ce qu'elle doit faire et qu'elle arrête de faire ce qu'elle ne doit pas faire. » »
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Salut c'est Hugo, on poursuit aujourd'hui l'interview des candidats à l'élection présidentielle en débutant par les candidats de la primaire de la droite et du centre qui se déroulera en novembre. Bonjour Jean-Frédéric Poisson, merci d'avoir accepté cette interview. Les abonnés de la chaîne vous connaissent probablement très peu, donc une petite présentation rapidement.
Vous avez été maire de Rambouillet pendant trois ans, de 2004 à 2007. Vous êtes député de la dixième circonscription des Yves-Lynes depuis votre réélection en 2012. Vous avez succédé à Christine Boutin en tant que président du Parti chrétien démocrate.
Et aujourd'hui, c'est la raison de cette interview, vous êtes candidat à la primaire de la droite et du centre. Avant de parler davantage de votre programme, je voudrais revenir sur cette phrase que vous avez prononcée il y a quelques jours et qui a suscité beaucoup de réactions. C'est la suivante, je cite, « La proximité de Clinton avec les super financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionnistes sont dangereuses pour l'Europe et la France. » Dans la même phrase, vous parlez d'Hillary Clinton, de super financiers de Wall Street, de lobby sionnistes et d'un danger pour l'Europe et la France.
Quatre grands fantasmes des théories du complot. Est-ce que l'objectif ici était de faire peur ? Non, bien sûr que non.
L'objectif ici était de répondre à une question qui m'était posée sur l'élection présidentielle américaine en me demandant si j'avais une préférence entre Donald Trump ou bien Hillary Clinton. Et j'ai répondu très clairement. Je considère que, même si je n'ai pas beaucoup de préférences et d'acquintances personnelles pour Donald Trump, pour être clair, il me semble que le fait que Mme Clinton soit extrêmement soutenue par les financiers de Wall Street, dans laquelle il n'y a pas d'ailleurs que des personnes qui sont issues de la communauté juive new-yorkaise.
Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de banquiers à Wall Street. Le fait que Mme Clinton soit effectivement engagée dans un soutien à Israël qui est exagérément belliqueux de mon point de vue, très unilatéral et complètement ignorant à la fois la dignité du peuple palestinien, à la fois de l'équilibre Proche-Orient, tout ça me fait dire qu'effectivement, quand on voit l'impact de la crise du Proche-Orient sur l'Europe de l'Ouest et sur la France, tout ça est dangereux pour nous. Alors, je me suis plongé dans votre programme pour essayer d'en savoir plus sur vos propositions.
Ce programme, justement, vous l'avez intitulé « Libérer la France de mai 68 ». Et vous écrivez notamment que, je cite, « vous ne supportez pas d'assister sans réagir aux conséquences insupportables de mai 68 ». C'est quoi concrètement ces conséquences insupportables qui vous dérangent 50 ans après ?
Il y a deux piliers, en quelque sorte, de mai 68 sur le plan idéologique. Le premier, c'est la contestation de toute forme d'autorité dans son principe. C'était incarné par le slogan « Il est interdit d'interdire ».
Il n'y a plus d'autorité aujourd'hui en France ? C'est très difficile de faire comprendre qu'il existe une autorité, qu'on la respecte d'ailleurs. Même les policiers sont en train de manifester dans la rue en ce moment, devant l'Assemblée nationale.
Ils se plaignent d'abord que leur autorité ne soit pas respectée dans la rue face aux délinquants. Et ils se plaignent d'une absence d'autorité de leur propre ministre, y compris sur la manière dont ils vivent au quotidien leur propre mission. Est-ce que la manifestation des policiers est une conséquence de mai 68 ?
Une conséquence de mai 68. À part mai 69, il n'y a pas de conséquence de mai 68, si vous voulez y aller par là. Mais je pense que mai 68 a installé un esprit de contestation d'autorité qui s'est propagé dans le temps et qui aboutit aujourd'hui à ce que l'autorité des pères de famille et des mères de famille est affaiblie dans beaucoup d'endroits, à ce que l'autorité des chefs d'entreprise et des cadres est affaiblie dans beaucoup d'endroits, à ce que l'autorité de l'État s'affaiblit, l'autorité du chef de l'État s'affaiblit.
Ce n'est pas la faute de mai 68, mais tout ça installe un climat dans lequel l'exercice même et le principe de l'autorité est de moins en moins accepté. Le deuxième pilier de mai 68, c'était la primauté de la liberté individuelle sur toute autre forme de considération, à commencer par des considérations collectives ou d'intérêt général. C'était incarné par le slogan « jouir sans entrave ».
Et quand on en vient à faire primer, comme on fait très souvent, les droits individuels sur l'intérêt collectif ou sur la cohésion nationale...
Par exemple, dans quel cas ? Dans beaucoup de cas, dans les logiques de consommation, sur l'affaire du mariage pour tous et avec la question du désir d'enfant. Désir d'enfant, c'est-à-dire ?
Le fait que la loi autorise désormais n'importe qui qui veut un enfant à l'avoir, quels que soient les moyens, y compris en l'achetant à l'étranger. C'est-à-dire ? C'est pas ce que dit la loi sur le mariage pour tous ?
La loi sur le mariage pour tous dit expressément et porte dans ses conséquences le fait qu'à partir du moment où voulez-vous marier, vous pouvez. Et puisqu'on ne peut pas dissocier l'affiliation du mariage, si vous voulez un enfant, vous l'aurez. C'est l'adoption qui a été votée.
C'est pas la possibilité d'acheter un enfant ? Non. C'est pas deux choses différentes, monsieur.
C'est d'un côté le fait que vous pouvez effectivement, parce que vous avez un désir d'enfant, vous pouvez l'adopter même si vous n'êtes pas un homme et une femme, ce qui était pourtant le fondement du corps social dans son ensemble et de principe. Et d'un autre côté, on a comme un accompagnement, sinon une conséquence de cette loi, le fait que la circulaire dite Tobira autorise désormais, sans l'interdire, les couples français à avoir, en les achetant, parce qu'il faut être clair, en les achetant des enfants à l'étranger par mère porteuse. Alors concrètement, qu'est-ce que vous allez faire aujourd'hui ?
Est-ce que vous allez démarier les couples homosexuels qui sont déjà mariés ? Parce qu'aujourd'hui, beaucoup de personnes homosexuelles souffrent justement de pression sociale et de discrimination. Est-ce que revenir sur le mariage homosexuel et surtout relancer le débat sur ces droits qui ont été acquis, c'est pas porter une nouvelle attaque à cette partie de la population et donc alimenter des discriminations ?
Non, ça n'est pas du tout porter une nouvelle attaque à cette partie de la population. Est-ce qu'il y a une conséquence d'un relancement de ce débat ? Je pense que cette loi n'est pas bonne dans son principe.
Et quand une loi n'est pas bonne dans son principe, il faut l'abroger. Je ne vois pas d'autres possibilités. Vous allez démarier les couples qui ont été mariés ?
Non, je parle d'abroger la loi. Il y a un principe général du droit en France qui protège les personnes en matière de droits civils liés à leur État par rapport à la rétroactivité des lois. L'abrogation de la loi Taubira ne peut pas avoir pour conséquence le fait de démarier ceux qui sont mariés et le fait de désaffilier ceux qui sont avilés.
Même si je le voulais et je ne le veux pas, je ne le pourrais pas parce que ça contreviendrait aux principes les plus fondamentaux du droit français. Donc il n'est pas question de toucher au mariage de ceux qui sont mariés et à l'affiliation de ceux qui sont affiliés. Alors on va changer de sujet.
Dans une interview récente, vous avez déclaré qu'en cas de second tour opposant Alain Juppé à Marine Le Pen, vous ne savez pas pour qui vous allez appeler à voter. Et dans un entretien pour Valeurs Actuelles, vous avez aussi déclaré qu'il fallait, je cite, en finir avec le cordon sanitaire autour du Front National qui n'a ni sens ni raison d'être. Est-ce que vous considérez aujourd'hui que le Front National est un parti comme un autre ?
Le Front National est absolument un parti comme un autre dans la mesure où il a des élus dans toutes les assemblées délibérantes de France et de Navarre. Sur les idées, pas sur le fonctionnement. Il a des élus dans toutes les assemblées délibérantes de France et de Navarre.
Les élections des élus du Front National ne sont pas contestées par le Conseil constitutionnel ni par les commissions électorales. Ils participent aux délibérations. Ils ont le droit de voter dans les instances où ils sont élus.
Et donc, il fait partie du paysage constitutionnel et civique de la société française. Oui, bien sûr, mais c'est pour le fond, sur les idées. Mais sur le fond.
Moi, je considère qu'il n'y a pas de pestiférie. Ce n'est pas ma manière de faire. Quand la CGT m'invite pour débattre sur le dialogue social, que ce soit en Cénémargue ou à Fête de l'Humanité, j'y vais et avec plaisir.
Oui, mais il y a dialoguer, il y a appeler à voter. J'y vais et avec plaisir parce que je considère que mon rôle de député de la nation, c'est de discuter avec tous les Français. Bien.
Deuxièmement, je n'ai jamais de ma vie appelé à voter pour Marine Le Pen. On pense que je serai susceptible d'appeler à voter pour Mme Le Pen ou de voter pour elle. Ce n'est pas le cas.
Je l'ai déjà dit. Je ne sais pas combien de fois. Vous avez répondu « on verra ».
Oui, on verra. Ça veut dire, mais je me permets de...
Vous avez raison de lire avec attention la presse quand c'est Le Figaro qui l'écrit. J'aimerais que vous lisiez avec la même attention le communier que quand c'est moi qui l'écrit. Ce que dit Le Figaro, ça n'a pour moi aucune importance.
Ce que je signe et que je dis, c'est moi. J'ai dit que je respecterai la charte de la primaire. J'ai dit que je soutiendrai celui qui en est le vainqueur.
J'ai dit que je respecterai ma signature et ma parole parce que je ne fais jamais autre chose. Et j'ai dit ce que vous voulez dire. Les mots, on verra qui est exactement...
En tout cas, vous soutiendrez Alain Juppé si jamais il est au second tour. Je soutiendrai Alain Juppé si il est au second tour. Très bien.
Voilà. L'un des axes de bataille historique de votre parti, le parti chrétien-démocrate, c'est l'avortement. Christine Boutin, qui vous a précédé au poste de présidente du parti chrétien-démocrate et qui a incarné ce parti pendant plusieurs années, a toujours été farouchement opposé au principe même de l'avortement.
Première question très simple. Quelle est votre position personnelle sur l'avortement ? Est-ce que vous êtes pour ou contre le droit des femmes à interrompre leur grossesse ?
C'est la même. Ce n'est pas un problème de droit. C'est un problème de principe.
C'est-à-dire, d'une certaine façon, c'est encore plus important. Je ne peux pas me faire à l'idée qu'il y ait la possibilité dans le droit de supprimer la vie d'un être humain, quels que soient les motifs. Vous êtes contre le droit des femmes à interrompre leur grossesse ?
Pour cette raison, je considère qu'effectivement, il y a un problème à considérer que c'est un droit, mais je constate que c'en est un, et donc, d'une certaine façon, je fais avec. Maintenant, je regrette infiniment que, premièrement, effectivement, ce principe soit dans le droit. Je suis opposé à la peine de mort et à l'euthanasie pour exactement la même raison.
La valeur de la personne humaine et de la vie humaine sont pour moi des choses qui sont inestimables, quelles qu'elles soient, et j'ai suffisamment souffert de fragilité dans ma vie personnelle, en particulier au cours de ma jeunesse, pour être attentif à ce respect-là. Je constate que la société française accompagne toutes les fragilités, sans exception, et c'est très bien, et il faut qu'elle continue. Elle accompagne les handicapés, les détenus, ceux qui sortent de prison, les jeunes qui accèdent à l'autonomie, ceux qui recherchent un emploi, ceux qui n'arrivent pas à payer leur facture d'électricité ou de gaz, la cantine scolaire, les enfants dyslexiques ou autistes, etc.
Et c'est parfait, il faut continuer. La seule fragilité qu'on n'accompagne pas, c'est celle des femmes qui se trouvent être enceintes de manière inopinée, qui voient leur vie fracassée par cette grossesse parce que ça détruit absolument l'intégralité de leur projet, ça les fragilise sur le plan conjugal, leur employeur exerce sur elles des pressions qui ne sont pas supportables et elles n'ont pas d'autre solution que de mettre fin à la grossesse qu'elles sont en train de porter. Cette situation-là, je considère que ça, ça n'est pas juste et que ça n'est pas...
Non, mais est-ce que la solution pour autant, c'est d'aller interdire le droit des femmes à interrompre leur grossesse ? Parce que dans le pays où il est interdit, l'avortement est autant pratiqué. Est-ce que je peux vous demander où vous avez l'eau sous ma plume qu'il faudrait interdire le droit ?
Non, mais justement, je vous pose la question, c'est pour ça. Non, je ne l'interdis, je ne dis pas ça. D'accord.
Je ne dis pas ça. Vous maintenez le...
Je ne dis pas ça, je suis opposé au principe pour des raisons philosophiques que je vous ai expliquées. D'accord, vous maintenez l'inter...
Je suis opposé au fait qu'il y ait une seule voie possible pour les femmes qui sont enceintes, celle d'interrompre leur grossesse. Alors que pour toutes les autres fragilités, on propose diverses solutions. Et j'aimerais que dans ce pays, on soit attentif aux femmes qui veulent garder leur enfant malgré ces difficultés, et il y en a beaucoup, et pour lesquelles on ne propose pas de solution alternative.
C'est ça qui m'intéresse. Après, ce que je pense de la réalité de l'avortement, c'est un drame personnel. Et je rejoins ici le vocabulaire qui est employé, y compris par mes autres ou par mes opposants sur ce sujet.
Ce n'est pas une décision banale, c'est une décision violente. On ne la prend pas à la légère. Elle est extrêmement bouleversante pour la psychologie des personnes, pour l'entourage familial.
Tout ça, c'est la réalité humaine qui est vécue, et sur laquelle il y a un silence de plomb que je ne m'explique pas et qui ne peut pas permettre que les femmes qui ont traversé cet épisode le vivent de manière calme et tranquille, à supposer que ce soit possible. On ne les aide en rien. On les aide.
Il y a quand même un accompagnement psychologique, notamment, qui est proposé aux personnes qui ont un avortement. Si peu que pas. Enfin, franchement, si peu que pas.
Il suffit d'aller voir comment ça se passe pour se rendre compte. Non, je ne dis pas que ça suffit, mais il y a quand même des efforts qui sont faits pour permettre un accompagnement. Encore une fois, très très peu et de toute façon toujours dans le sens de la suppression de la vie de l'enfant.
C'est ça qui est...
Non, on donne, c'est la possibilité d'annoncer contre la grossesse. S'il vous plaît, rendez visite au service, parlez avec les agents qui s'en occupent, et vous verrez que ce que je vous dis n'est pas si dénué de sens que ça. Il y a cette espèce d'exclusivité qui fait qu'il est difficile d'imaginer une autre solution.
Et si je ne ressentais pas ça de cette façon, je n'aurais pas besoin d'écrire dans mon projet pour la France que la diminution du nombre d'avortements doit devenir un objectif de santé publique. Pas pour forcer les femmes à garder leurs enfants. Si elles ne le souhaitent pas, je ne peux rien faire contre ça.
J'en suis malheureux, mais je ne peux rien faire contre ça. Et j'en suis vraiment très triste, parce que je sais le drame humain que c'est. Maintenant, si nous arrivons à trouver des solutions alternatives pour les aider, mettons-les en place.
Il y a des solutions. Elles existent. Et ne commençons pas, comme le fait le gouvernement, ces jours-ci.
Et pas plus tard que ces jours-ci, le groupe socialiste de l'Assemblée, qui veut instaurer un délit d'entrave pour les femmes qui ne souhaitent pas recourir à l'avortement et punir ceux qui leur proposent d'autres solutions. Cette exclusivité-là, même en termes de liberté d'expression, même en termes de liberté de choix, elle est problématique. Alors, on change totalement de sujet.
On va parler maintenant d'éducation. Dans votre programme pour l'école, vous déclarez que la première mesure, c'est le rétablissement de l'enseignement de l'histoire de France dans les écoles. Est-ce que vous pensez aujourd'hui que dans les programmes actuels, l'histoire de France n'est plus enseignée ?
Non, non. C'est le rétablissement de l'enseignement de l'histoire de France dans un certain sens, c'est-à-dire de l'histoire de France. Pas d'une interprétation erronée et orientée politiquement de cette histoire.
Je veux dire par là que lorsque l'histoire de France n'a de cesse que d'enseigner toutes les raisons de détester la France telle qu'elle devrait être présentée aux élèves. Par exemple ? Simplement de concentrer sur telle ou telle année de programme l'histoire de France sur deux périodes, la colonisation, la décolonisation.
Moi, je sais faire de l'histoire à charge. On fait aujourd'hui l'histoire de France à charge. On n'accepte pas cette idée que l'histoire est une chronologie, qu'elle a sa cohérence, et bien sûr, elle a ses points de rupture, qu'elle a ses grands personnages qui la jalonnent.
Et vous ne pouvez pas imaginer de faire aimer une communauté nationale ou l'histoire d'un pays si vous ne présentez pas le cours des choses, logiques ou pas logiques. Il y a de temps en temps des décisions de l'histoire qui sont un peu inattendues. Je le comprends très bien.
Il y a des épisodes de l'histoire de France qui sont insupportables. Et il faut les présenter comme tels. Et je le comprends très bien.
Comme je dis souvent, je suis moi l'héritier d'une histoire dont je ne suis pas totalement solidaire. Mais c'est mon histoire, parce que c'est celle de mon peuple. Donc je l'accepte et je la transmets comme telle.
Mais au moins, faut-il en transmettre la cohérence ? Car s'il s'agit de savoir comment on permet aux jeunes de se sentir membres à part entière de la communauté nationale, alors il faut leur dire qu'ils partagent le même passé. Alors avec l'islam, l'autre menace qui pèse sur la France selon vous, c'est la mondialisation.
On part sur le domaine un peu plus économique. Est-ce qu'au contraire, la mondialisation, c'est-à-dire l'intensification des échanges, des échanges d'informations, la possibilité de voyager davantage, pourquoi est-ce qu'on ne la verrait pas comme une opportunité pour la France et notamment les jeunes ? Je pense que cette dérive de la société européenne et de son articulation avec le monde, dans laquelle, au fond, les logiques commerciales priment sur le reste, et la logique de l'argent prime sur le reste.
La logique de la consommation prime sur le reste. Il n'y a qu'à voir la rapidité avec laquelle se succèdent les différentes versions des téléphones portables, quelle que soit la marque. Vous pouvez être américain ou coréen si ça vous fait plaisir, mais enfin la logique est la même.
Je ne prononce pas de nom de marque parce que je ne veux pas vous donner d'ennuis. D'accord ? Mais quelques marques que vous ayez choisies, la succession des modèles, avec au fond, pas vraiment de différence, pas vraiment de valeur ajoutée, mais dans une simple logique d'obsolescence, de remplacement rapide, qui pousse à la consommation, à dépenser de l'argent, ça, c'est la marque de la domination d'une forme de marché, d'une manière d'envisager le marché et le commerce, très marquée par le mercantilisme, par le poids de l'argent, plutôt que par la qualité du service, la valeur ajoutée et on est en droit de l'espérer, le respect de la valeur humaine et du service qu'on doit aux personnes humaines.
Cette orientation-là de la mondialisation ne me plaît pas. Je suis extrêmement séduit, comme vous l'êtes, et vous avez raison de l'être, par les échanges avec l'étranger. Je parle même plusieurs anglais de 30 heures, j'ai signé des jumelages, je ne compte pas les voyages que j'ai faits dans ces différents pays plus facilement maintenant que jadis.
Donc tout ça est très bien. Ce n'est pas ce que je vise. Je vise simplement ce que sous-tend le côté financier.
Pour ne pas dire mercantile, parce que la finance et l'économie, c'est nécessaire. On voit bien, je suis le seul de tous les candidats à la primaire à avoir été chef d'entreprise, donc je vois à peu près comment ça fonctionne, mais c'est plutôt, encore une fois, la domination des marchés et de l'argent qui me gêne, comme ce qui accompagne de manière habituelle la mondialisation. Très bien.
Alors un autre sujet, dans votre programme, vous prenez un plan de mobilisation nationale et de lutte contre la pauvreté sous toutes ses formes. Comment est-ce que vous comptez lutter efficacement contre la pauvreté ? Je pense qu'il faut d'abord laisser s'exprimer toutes les bonnes volontés qui existent sur l'ensemble du territoire national.
Je suis frappé de voir la richesse du tissu associatif français. Nous avons, je ne sais pas combien, de centaines de milliers d'associations, alors ça va des très grosses associations très connues comme la Croix-Rouge ou je ne sais pas quelle association humanitaire, organisation non-gouvernementale, bref, jusqu'à les toutes petites qui rassemblent quatre filatélistes dans un village rural, quelques joueurs de boules, des pêcheurs à la ligne, mais c'est la richesse du tissu français et elles sont toutes estimables de la même façon. Dans ces associations, il y a deux choses.
Il y a d'abord la connaissance des personnes et il y a deuxièmement un enracinement local qui permet de trouver des solutions spontanément pour régler les situations concrètes, personnelles, humaines, difficiles, etc. L'État doit accompagner tout ça. Il ne doit pas ni le faire à la place des associations elles-mêmes, il ne doit pas l'empêcher non plus.
Et quand vous êtes une petite association, vous avez des tonnes de paperasses à remplir, des documents de tous les côtés, justifier je ne sais pas quoi, pour d'ailleurs on ne sait pas quoi non plus, tout ça ne sert à rien en réalité, la libération des initiatives, le fait de laisser faire tous ceux qui sont au contact de la population en lien avec les collectivités, c'est ça la bonne solution. Ensuite, deuxièmement, je crois qu'il y a un moment où le clientélisme, quand il remplace le souci d'efficacité, je parle du clientélisme politique et associatif, quand il remplace l'efficacité, finit par faire des dégâts. On a déversé des milliards et des milliards et des milliards d'euros et avant c'était des francs dans les politiques de la ville, les banlieues, etc.
Je ne dis pas qu'on n'a pas bien fait, je dis qu'on ne s'est pas soucié de l'efficacité de ces plans et de ces initiatives. Donc on doit commencer par une remise à plat de ces aides aux associations. Ceux qui font un travail de cohésion, d'accompagnement, ils doivent continuer et ils font un travail formidable et beaucoup de banlieues traînent encore debout parce qu'ils y sont et uniquement parce qu'ils y sont et il faut les aider.
Et puis il y a des profiteurs, il y a des gens qui sont des clients politiques. Je me contrefiche de leur couleur, je ne suis pas dans une sélection d'adversaires ou d'amis politiques, ce n'est pas mon sujet. Il y a une remise à plat à faire pour que le monde associatif soit centré sur l'aide à la pauvreté.
Et là, à ce moment-là, nous aurons la possibilité de lutter contre le phénomène. Dernier point, je veux mettre en place un revenu universel, c'est-à-dire un revenu par personne, 200 euros par personne mineure, 400 euros par personne majeure qui remplace toutes les allocations qui sont versées aujourd'hui de toute nature. S'il remplace, est-ce que c'est vraiment un progrès social étant donné que...
C'est un progrès social pour deux raisons. La première, c'est qu'on rendra juste et lisible le système allocataire. Point 1 et point 2, il est juste dans la mesure où il ne permet pas de vivre en France sans avoir une activité professionnelle rémunérée.
C'est-à-dire, c'est une incitation au fait d'aller soi-même chercher une partie de sa subsistance et donc, on ne pourra plus vivre en étant subventionné complètement par l'État. Ça, c'est une chose que les Français ne supportent plus. C'est loin d'être le cas des différentes personnes qui sont concernées par ça.
C'est une minorité. C'est une minorité, mais il faut absolument l'empêcher. Et donc, je pense que si jamais on arrive à mettre ce système en place, par exemple, le jour où un jeune, un peu plus jeune que vous, décide ou veut aller trouver des aides pour l'insertion, pour je ne sais pas quoi, ou l'accompagner vers l'autonomie de manière plus rapide, vous avez 37 allocations différentes qui vous sont possibles versées par 11 ministères différents.
Ça, c'est incompréhensible. Personne n'y comprend rien. Voilà.
Donc, je préfère moi qu'on constitue petit à petit ou alors qu'on le dépense si on en a besoin, comment dire, ce PQ, ces montants pour que tout le monde s'en sorte. Vous regrettez que l'Europe se trouve dans une impasse et ne pèse pas assez sur la scène internationale. Comment faire pour que l'Union européenne devienne cette grande puissance qui pèse en tant que bloc sur la scène internationale ?
Il faut d'abord qu'elle fasse ce qu'elle doit faire et qu'elle arrête de faire ce qu'elle ne doit pas faire. Qu'elle fasse ce qu'elle doit faire, je veux dire qu'elle protège ses frontières extérieures sur le plan de l'économie et de la sécurité. Je suis favorable, par exemple, à l'instauration d'une TVA sociale européenne pour financer par les exportations une partie de notre modèle social.
C'est un élément qui est, à mon avis, très important en termes d'harmonisation économique de l'Europe. Deuxièmement, il faut qu'elle se concentre sur les projets de coopération industrielle ou d'investissement ou numérique ou de recherche. Des choses qui fonctionnent.
Une des choses qui marche le mieux dans l'Union européenne, c'est Arianespace et Airbus. Et probablement que ça fonctionne bien parce que la Commission européenne ne s'en occupe pas. Et c'est certainement une des clés du succès.
Il faut s'en inspirer pour d'autres types de projets. Troisièmement, il y a quand même évidemment des enjeux de défense, de diplomatie partagée, mais nous sommes des pays tellement puissants par ailleurs et tellement divers que c'est difficile d'imaginer une diplomatie unique pour 28 pays à ce stade. Cela étant, nous avons un enjeu quand même qui est emblématique de ce que pourrait faire l'Europe demain ou de la politique des migrants.
J'attends encore que l'Europe dise en tant qu'Union européenne ce qu'elle entend faire des migrants et comment elle compte traiter la question. J'attends encore aujourd'hui un axe politique. Et deuxièmement, seul un continent aujourd'hui comme l'Europe est capable de mettre en place la résistance et la lutte et la concurrence contre les géants numériques américains qui sont en train de pomper toutes nos données.
Ils les commercialiseront demain parce qu'ils en seront les seuls propriétaires avec tous les impacts que ça peut avoir sur notre sécurité personnelle, notre santé, nos logiques de consommation et pourquoi pas la manière dont nous envisageons jusqu'à nos échanges entre les personnes. Il faut nous protéger contre ça parce qu'il y a une offensive. Ce n'est pas parce que le numérique c'est formidable et que je suis moi le premier j'ai des trucs Apple j'achète pas sur Amazon parce que j'ai un libraire pas très loin de chez moi et je veux qu'il survive donc je connais tout ça mais j'ai un compte Facebook même deux donc je n'ai pas de problème avec ça mais cette domination exclusive sur tous les pays en particulier est problématique.
Il faut résister à ça donc je crois dans cette Europe-là. Je ne crois pas dans l'Europe qui au contraire ne s'occupe pas de ces sujets mais est intarissable sur le nombre de centimètres cubes de champignons par carré de Roquefort la température des vitrines des marchés des commerçants sur les places extérieures ou la densité le nombre de luxe que doit diffuser une lamplette parce que cette Europe-là j'en veux pas. Moins de normes mais des normes plus ciblées.
Moins de normes pas de normes du tout mais ce sera encore mieux des projets stratégiques et des choses qui servent l'intérêt des gens. Alors pour finir pour terminer sur notre positive comme je le fais dans chacune de ces interviews dans le cadre des élections présidentielles ma génération va voter pour la première fois à l'élection présidentielle en 2017 qu'est-ce qui doit lui donner les raisons de croire en la politique aujourd'hui ? D'abord le fait que mesdemoiselles mesdames et messieurs de votre génération mon cher Hugo c'est vous qui serez aux manettes dans 20 ans peut-être même avant c'est ce que je vous souhaite si c'est votre choix et donc il faut que vous disiez vous aussi dans quel sens vous souhaitez que le pays s'oriente dès maintenant parce que si nous poursuivons dans la pente dans laquelle nous sommes nous aurons un pays définitivement communautarisé soumis aux lois brutales du marché et de l'argent qui aura sans doute perdu beaucoup des spécificités culturelles françaises que le monde entier nous envie et que les français continuent de vouloir préserver nous aurons certainement affaiblit nos institutions de manière pas définitive mais enfin assez colossale et donc je ne sais pas dans quel pays nous vivrons mais en tout cas je voulais une note positive c'est pas forcément le cas mais je voulais dire si nous ne faisons rien c'est ça qui nous attend si nous ne faisons rien il est encore temps de faire quelque chose c'est à ça que servent les élections politiques c'est que ce cours là on est capable de l'orienter dans l'autre sens moi je crois dans la volonté des français de vivre heureux et en harmonie c'est la cohésion nationale est un de mes objectifs politiques je crois dans notre capacité pardon à rétablir un état qui soit protecteur régalien et qui ait la puissance de protéger ses citoyens sans pour autant faire les choses qui ne le regardent pas je crois dans notre capacité de rayonnement dans le monde entier et je pense que les jeunes français doivent être les premiers à propager à l'étranger même dans les stages quand ils sont à Sciences Po la culture française la joie et le bonheur d'être français parce que la tête française c'est formidable c'est à quoi je crois c'est la génération c'est votre génération qui sera en charge de propager tout ça dans quelques années il faut donc soutenir ceux qui veulent le faire dès maintenant ce sera le mot de la fin merci Jean-Frédéric Poisson si cette interview vous a plu je compte sur vous pour déposer un maximum de pouces bleus et à vous abonner si ce n'est pas encore le cas vous pouvez aussi partager la vidéo merci beaucoup à Léo Boxelet Yannis Hemsali et Grégoire Lefebvre qui ont participé à la rédaction des questions merci à Uptown Prod qui a produit cette vidéo à Blog Press Agency à Deux bureaux un club d'affaires à deux pas de la tour Eiffel qui nous accueille aujourd'hui et qui organise par ailleurs tout un tas de conférences merci encore Jean-Frédéric Poisson on va suivre la suite de la campagne avec attention et nous on se dit à très vite