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videoyoutube.com· 7 juillet 2026

Le Grand Dossier du lundi 6 juillet 2026

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

C'est l'heure du grand dossier, soyez bien évidemment les bienvenus sur LCI avec aujourd'hui cette question, cet enjeu incendie. La France est-elle dépassée ? Le pays est en proie aux flammes.

Le ministre de l'Intérieur est attendu dans quelques instants maintenant à l'île-sur-Tête dans les Pyrénées-Orientales. La situation sur place est très tendue. Le feu a parcouru environ 4 600 hectares, particulièrement difficile à maîtriser.

Image du jour derrière moi de pompiers qui luttent contre les flammes, d'habitants du massif des Aspres, évacués cette nuit, 10 000 personnes tout de même concernées. Image également LCI de feu près de la route départementale 66, regardez hop, c'est juste ici. Et puis image apocalyptique à l'Ednon, nous serons sur place dans quelques instants, paysages ravagés par les flammes.

Les inquiétudes remontent à la surface, tout le territoire peut-il flamber désormais ? Oui, tout le territoire. La zone de vigilance au feu, de forêt ne se limite plus au sud.

On va parler de Bretagne, d'Île-de-France, de l'Est, des méga-feux pourraient même concerner peut-être le nord de la France. On en parle avec Evelyne Delia qui nous fait l'honneur et l'amitié d'être avec nous. A tout de suite Evelyne Delia.

Et face à cette situation, des feux de forêt devenus plus fréquents, plus précoces, plus violents. La France dispose-t-elle des moyens suffisants pour faire face ? La flotte française aérienne, elle vieillit.

Où en est le réarmement qui a été promis ? Vous verrez que la question nous renvoie à nos problèmes de souveraineté, ça va être un débat passionnant. Et puis, quels sont les conséquences domiques également de ces incendies ?

Vous le verrez, situation alarmante là encore. France Assureur, 2024, les événements climatiques ont coûté pas moins de 5 milliards d'euros aux assureurs. Conséquence, les compagnies, là ça vous concerne directement, réévaluent les prix.

Alors voilà, le grand dossier c'est parti, incendie la France dépassée, écoutez, regardez. On a une saison des feux qui est compliquée, elle a démarré avec un mois d'avance. On a déjà un peu plus de 11 000 hectares brûlés, à la même période l'an passé c'était 5 700.

Aujourd'hui le plus grand enjeu c'est qu'effectivement ce type de feu se multiplie encore un petit peu partout. Donc notre risque aujourd'hui c'est d'avoir ces simultanéités d'incendies qui continuent à se propager sur l'ensemble des secteurs à haut niveau de risque. On va prendre pour tout décrypter, je suis ravie donc de recevoir sur ce plateau Evine Delia, bonjour.

Bonjour. Et merci beaucoup d'être avec nous, chef du service Météo TF1 LCI. Bonjour à vous Christian Pinodot, merci d'avoir accepté l'invitation, vous êtes expert en prévention des risques des feux de forêt.

Guillaume Roquet, bonjour, merci également d'être là, directeur de la rédaction du Figaro Magazine. Bonjour à vous Valérie Nataf, éditorialiste politique LCI. Dans un instant nous serons également avec Pascal Péry, je vous parlais de conséquences économiques et aussi de problèmes de souveraineté, ça va le concerner.

Et le colonel Jérôme Boulanger, porte-parole de la sécurité civile, sera également avec nous sur ce plateau. Regardez maintenant cette carte, c'est la carte du risque incendie Météo France pour aujourd'hui. Voyez ce rouge dans le sud, mais cette couleur orange qui s'étire maintenant jusque dans le nord, en tout cas l'est du pays.

Tout le territoire national est prêt à s'embraser, ces mots ne sont pas les miens bien sûr, ce sont les mots du porte-parole de la Fédération des sapeurs-pompiers. Les risques de feux de forêt s'étendent-ils désormais effectivement à tout le territoire ? On avance ensemble.

Evelyne Délia, je vous invite à m'accompagner devant mon écran géant. Evelyne Délia, des incendies dans les régions qui n'en avaient jamais connues, on a des exemples qui sont très concrets. On va montrer quelques images à nos téléspectateurs.

Dans le Maine-et-Loire, le 23 juin, à Saint-Macaire-du-Bois, plus d'une centaine d'hectares ont brûlé. Les pompiers ont compté jusqu'à 25 départs de feu dans le département en une seule journée. La Seine-et-Marne maintenant, plus de 50 feux de forêt de plus d'un demi-hectare entre 2006 et 2025.

La Bretagne, exemple le plus frappant, 2000 hectares ravagés dans les monts d'arrêt à l'été 2022, on s'en souvient encore. Evelyne Délia, comment explique-t-on cette remontée géographique du risque incendie ? On l'explique avec la remontée, si j'ose dire, des températures, et ça de plus en plus haut sur le territoire.

On voyait des feux en Bretagne en 2022, mais en 2022, on a eu des températures de 40 degrés, ce qu'on n'avait jamais connues en Bretagne par exemple. Et maintenant, là, pour la journée de demain, la vigilance canicule est augmentée de 45 départements, 61 départements en vigilance canicule. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que dans tous ces départements, il y a aussi un risque de feu, de feu de forêt, un risque d'incendie, parce que, certes, les températures sont très élevées, mais aussi parce qu'on a des sols extrêmement secs. Il n'a pas plu, il ne pleuvra pas dans les jours qui viennent, et ça, c'est vraiment le problème, et qui s'étend progressivement à tout le territoire. Il y a le sujet de la sécheresse.

Je voudrais juste expliquer à nos spectateurs pourquoi ces cartes sont apparues juste derrière nous. La question de la sécheresse, 14 juin, 25 juin, vous pouvez nous aider à décrypter ces cartes ? C'est-à-dire que, petit à petit, on a eu cette canicule exceptionnelle.

On a des canicules qui sont de plus en plus précoces. Ça, ça a été une canicule historique. C'est vraiment le mot de Météo France.

On avait plus de 80 départements en vigilance canicule. Ça veut dire quasiment tout le territoire qui était exposé à des risques de feu, mais aussi à cette sécheresse que l'on voit sur l'ensemble du territoire, c'est-à-dire des sols secs avec la végétation qui mourraient petit à petit au fil des jours. On voyait les plantes dégénérer par le haut progressivement.

Et ça, malheureusement, pour les agriculteurs, c'était aussi une catastrophe. Et donc, vous nous dites que ça va durer et que ça pourrait même s'aggraver. Alors, ça va durer.

La chaleur, la vigilance canicule pour demain, reste encore...

Alors, on a quand même quelques départements qui sont en vigilance jaune. En vert, encore le nord, le nord-est et la côte d'Azur et la Corse. En revanche, on sait qu'en fin de semaine, la chaleur va remonter aussi sur le Grand Est.

Et ces départements risquent fortes de passer, eux aussi, en vigilance canicule, donc avec des risques de feu et notamment de feu de forêt. Merci, Evelyne Délia. On prend la direction du terrain parce qu'on va retrouver Colline Chambol et Juline Garnier.

Elles sont sur l'île, à l'île, pardon, sur tête. Le ministre de l'Intérieur est attendu d'ici quelques instants maintenant. On va suivre ça en direct.

D'ailleurs, il est attendu sur place et il va découvrir des incendies qui ne sont pas fixés et des nouveaux départs de feu. Écoutez, regardez. Ici, le feu n'est toujours pas fixé.

On a atteint les 4 650 hectares parcourus dans cet incendie des Pyrénées-Orientales. On se trouve ici avec Juline Garnier entre la ville de Y-sur-Tête et la ville de Boule-Ternaire. Ce sont deux communes qui ont été évacuées de leurs habitants.

En tout, ce sont 10 000 habitants qui ont été évacués sur plusieurs communes. Vous pouvez le voir sur les images de Juline Garnier. Nous sommes à un endroit où le feu est arrivé très proche car vous pouvez le voir, le sol est complètement calciné.

Et puis surtout, il y a plusieurs départs de feu comme celui qu'on peut apercevoir là-bas au loin. Il y a plusieurs départs de feu qui sont lancés à cause du vent, le ventre et qui souffle très fort. Et on rappelle que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, arrivera à Y-sur-Tête aux alentours de 17h pour saluer les moyens mobilisés.

Merci beaucoup. Merci, Coline Chambol avec Juline Garnier. On les retrouvera dans quelques instants pour l'arrivée du ministre de l'Intérieur pour évaluer la situation sur place.

Christian Pinaudot, je le rappelle, vous êtes expert en prévention des risques des feux de forêt. Je voudrais qu'on voit la carte de cette vigilance incendie pour le pays, risque de feux de forêt. Ce rouge en bas, mais l'orange, la couleur orange qui grignote peu à peu notre pays.

Oui, toute la France doit se sentir concernée. Alors, on le disait pendant la pause, vous n'aimez pas l'expression méga-feu, elle n'est pas française. Mais malgré tout, elle tape quand même, elle cogne les esprits.

Est-ce que ça peut concerner demain ou après-demain la Bretagne, l'île de France, l'est du pays ? Oui, alors je vais peut-être apporter un petit bémol dans le discours ambiant. D'abord, la montée des risques, vous l'avez expliqué.

Donc, depuis le début des années 2000, c'était prévisible, en tous les cas, il s'était prévu. Ensuite, le terme de prévention s'implique surtout au niveau des aménagements des forêts et sur les obligations de débroussaillement autour de l'urbanisation. On en paye le prix aujourd'hui, qui a été, notamment dans le Sud-Est, totalement anarchique.

Donc, il n'y a pas de méga-feu en France, justement grâce au système opérationnel de lutte contre les feux qu'on a, qui est assez unique. On a d'ailleurs l'équipement le plus développé des pays de l'Union européenne, en matière de moyens aériens, par exemple. Un méga-feu, c'est que, d'abord, il devient totalement incontrôlable de par sa dimension.

Et ça, on ne l'a jamais vu en France, sauf en 1949, en Gironde, où 60 000 hectares ont brûlé avec 82 morts. Alors, record, entre guillemets, qui n'a toujours pas été battu, et tant mieux. Mais il faut, aujourd'hui, il ne faut pas tomber dans le catastrophisme.

La forêt peut, évidemment que les feux peuvent être sur toute la France, sauf que je rappelle que si personne ne met le feu, il n'y a pas de feu. Et ça, il faudrait quand même commencer par le début, parce qu'il y a tout l'aspect sanction et judiciarisation après, mais il n'y a pas de feu. Dans les rots, un homme était interpellé, potentiellement, pour avoir...

Voilà, et je veux dire, il y aura des feux en Bretagne, comme il y a quelques années, que si on met le feu. Et ça, c'est important, quand même. C'est l'une de nos discussions favorites, j'ai envie de dire, Evelyne Delia, puisque ça fait plusieurs fois qu'on se retrouve sur ce plateau depuis le début de la canicule.

Stop au catastrophisme, on en parlait pour la canicule, vous le dites aussi pour les incendies ? Non, non, ben oui, vous avez raison, stop au catastrophisme. C'est vrai que c'est souvent la main de l'homme qui déclenche ces incendies.

Il y a aussi, parfois, des incendies accidentels, quand les moissonneuses batteuses, par exemple...

Et c'est toujours l'homme ? Oui, certes, mais là, c'est l'homme au travail, et c'est pas l'homme qui le fait. Voilà, c'est ça.

Donc, ça, c'est indépendant de sa volonté, je veux dire. Allez-y, Evelyne. Non, non, donc, il est évident qu'il faut être extrêmement vigilant.

Les mégots jetés, ça, c'est une catastrophe. Et je pense que maintenant, il y a de plus en plus de prises de conscience, parce que ça, c'était un geste qui était fait, parfois, de façon automatique, qui ont jeté son mégot, sans se rendre compte des conséquences. Malheureusement, tous ces feux vont quand même, peut-être, ouvrir les esprits.

Et c'est vrai que, quand même, là, avec...

Alors, pourquoi les feux, les fortes chaleurs, les sols secs, et parfois le vent aussi ? Surtout le vent. Et surtout le vent.

Et c'est ce que l'on voit actuellement sur le golfe du Lyon, Mistral et Tramontane. Et le problème du vent, c'est qu'après, ce sont souvent des vents tourbillonnants, et qui éjectent des flamèches un peu plus loin. Et c'est ça, la grande difficulté aussi pour les pompiers.

On en est à un niveau d'inquiétude, vous savez très bien dans les discussions, on se remémore entre nous, les images de l'Australie, les images de Los Angeles particulièrement. Et c'est pour ça qu'on en vient à se dire, les mégafeux, et pas seulement en France, dans le sud, mais en Bretagne, dans le nord, etc. C'est du catastrophisme.

Est-ce que vous rentrez aussi dans cette rhétorique du « Attention, il faut redescendre de quelques degrés et ne pas semer non plus la panique ». Alors, je pense qu'effectivement, il faut redescendre. De quelques degrés.

Voilà, de quelques degrés. J'entendais un expert ce matin qui disait, il y a quand même des mesures de bon sens, pardon, on y revient, qu'on ne prend pas. Pourquoi ne pas interdire, en ces périodes de canicules et de gros risques incendies, l'accès aux massifs forestiers pour les promeneurs, les touristes ?

Ça existe. Oui, ça existe, mais ça dépend des préfets. Est-ce qu'il ne faudrait pas l'appliquer de manière plus drastique, de manière à prévenir toute intervention accidentelle ou pas humaine dans ces massifs forestiers ?

Je trouve que c'est une idée qui a au moins le mérite d'être frappée au coin du bon sens. Laissez-nous tranquille avec l'anxiété, une semaine canicule, la semaine après incendie. Est-ce que c'est ce que vous pensez, Guillaume Roquette ?

Non, ce n'est pas ce que je pense. D'abord, parce que quand on voit la carte des incendies de forêt, depuis deux jours, elle ressemble de plus en plus aux cartes météo. Je parle sous le contrôle de l'experte, mais c'est-à-dire qu'il n'y a plus que dans le sud, il n'y a pas seulement dans le sud où il y a des gros risques.

La canicule remonte, les épisodes de canicule remontent vers le nord, et donc assez logiquement, le danger d'incendie remonte vers le nord. Je vous donnerai juste un chiffre pour accréditer cette idée. La protection civile a fait un classement pour 2026 des départements dans lesquels il y avait une exposition aux feux de forêt, et elle en a compté 52. 52 départements, c'est quasiment la moitié des départements de la France métropolitaine.

Donc ça veut bien dire, pas pour ça qu'il ne faut pas niquer, mais ça veut bien dire que le risque, il est généralisé, et comme en plus, évidemment, le risque, il est concomitant, c'est-à-dire qu'on ne peut pas dire, c'est pas grave, on a juste une petite flotte de canadaires qu'on déplacera d'une région à l'autre. Non, parce que si les feux arrivent en même temps, il faut y répondre en même temps. Je lève le doigt parce que la femme la plus occupée de France est sur ce plateau, c'est Evelyne Délia, j'aime à le rappeler.

Elle doit nous quitter dans quelques instants maintenant. J'ai quand même cette question parce que je la lis de plus en plus dans les papiers que je parcours. Pourrait-on avoir des canicules désormais dès le printemps et jusqu'à l'automne ?

C'est-à-dire jusqu'à octobre ? Et qui dit canicule, du coup, risque 1,10, c'est allant également sur la même proportion. On en a déjà.

On a eu la canicule du mois de mai dans le nord-ouest, notamment en Bretagne. Et les canicules, c'est ça le problème, parce que normalement, les mois les plus chauds, c'est juillet, août. Maintenant, on s'aperçoit de température demain, des 40 degrés.

On va en avoir dans le sud-ouest facilement, notamment dans la région bordelaise. Donc, ça veut dire que ces canicules commencent de plus en plus tôt et se terminent effectivement de plus en plus tard, au mois de septembre. Jusqu'à l'automne, on peut même envisager que ça s'étende assez rapidement désormais.

Au mois de septembre, en tout cas, on en a. Et alors, c'est vrai que là, ce que l'on vit actuellement, c'est ce fameux dôme de chaleur où la chaleur s'accumule de jour en jour sur le territoire et n'arrive plus finalement à s'échapper avec ce fameux oméga. Et donc, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que finalement, les températures sont de plus en plus élevées de mois en mois. Et que comme la planète se réchauffe, avec ce CO2 qui met 100 ans à se diluer dans l'atmosphère et qu'on continue d'ailleurs à émettre, les forêts qui brûlent, ça veut dire les forêts, elles absorbent du CO2. Donc, moins de CO2 absorbé, là, on est vraiment dans un cercle vicieux.

Et ça veut dire que là, effectivement, les périodes de canicule risquent d'être de plus en plus tardives aussi. Et en automne. Il y a un risque que je ne prendrai pas, c'est de vous mettre en retard pour la météo de TF1, juste avant 20h et même après.

Ça, je ne prendrai pas ce risque-là. Merci beaucoup d'avoir été avec nous, Evelyne Delia, une nouvelle fois. C'est toujours un plaisir.

Merci à vous. Alors, pour nous rejoindre sur ce plateau, j'appelle le colonel Jérôme Boulanger. Vous êtes porte-parole de la sécurité civile et vous êtes également officier des sapeurs-pompiers.

Merci beaucoup d'avoir pris le temps d'accepter notre invitation. Pascal Péry, je vous en prie. Vous êtes caché, mais je vous aperçois.

Vous êtes éditorialiste d'économie pour TF1 LCI. Je le disais, on va revenir dans cette émission sur la question de la souveraineté française-européenne qui nous coince peut-être un peu sur la question des canadaires, c'est essentiel, et les coûts économiques pour le pays. Bonjour, colonel.

Bonjour. Merci beaucoup. Est-ce que vous pouvez nous peut-être révéler un dernier point sur la situation aujourd'hui sur le front des incendies ?

Alors, c'est vrai que c'est le feu des Périnées-Orientales qui nous occupe, sur lequel nous sommes encore très actifs, puisqu'en fait, sur un certain nombre de... sur les flancs, nous avons une propagation toujours en cours, tête du feu également.

Donc, notre priorité, c'est, comme depuis le début des événements, c'est d'assurer la protection des populations. Là, il n'y a plus d'évacuation en cours, mais si cela devait être fait, nous le referions bien entendu. Donc, première priorité, la protection des populations.

Deuxième priorité, c'est enrayer la propagation du feu sur les flancs gauche et droit et réduire la tête du feu. C'est pour cette raison qu'il y a de nombreux moyens aériens qui sont sur ce chantier. Des sapeurs-pompiers, bien entendu, dont je salue le travail, puisque c'est un travail acharné qui est en cours depuis plusieurs jours maintenant.

Donc, ce travail conjugué, combiné entre les moyens au sol et les moyens aériens permettront à terme d'arriver à limiter la propagation de ce sinistre d'ampleur. Il y a un air sur ce plateau depuis quelques heures, et vous l'avez entendu depuis le début de l'émission, de « il faut arrêter de se flageller » et de dire que la situation est catastrophique toutes les deux jours d'ennemi. Effectivement, on entendait François Gemmène, qui est chercheur au CNRS, qui est membre du GIEC, qui nous dit qu'on n'est pas si mauvais que ça, et qu'on a une stratégie bien à nous, attaquer très tôt, on va le réécouter, vous me direz ce que vous en pensez juste après.

Regardez. « Un pays comme les États-Unis, par exemple, n'ont pas de moyens aériens, donc arrivent avec des camions, et ont plutôt pour stratégie de protéger les habitations, quitte à ce que le couvert végétal parte en fumée. En France, il y a vraiment la volonté de circonscrire l'incendie au maximum, d'agir très très tôt au départ du feu. » Si vous deviez résumer la stratégie française, c'est ça, notre force, attaquer tôt.

Ça nous sauve beaucoup ? Oui, c'est prévention et lutte. Le côté prévention, on pourra en reparler plus tard, si vous le désirez, mais sur le plan de la lutte contre le feu, la doctrine française, elle est très simple, c'est une lutte précoce et massive.

Pourquoi je parlais de prévention ? Parce que tous les jours, deux fois par jour, au Centre national de coordination avancée de la sécurité civile, qui se trouve à Nîmes-Garon, là où se trouvent d'ailleurs nos avions de la sécurité civile, il y a un point très précis qui est fait entre les sapeurs-pompiers, Météo France, à partir également des données des techniciens de l'ONF. Sur cette base-là, les zones sont catégorisées en risques sévères, très sévères, etc.

C'est sur cette base-là que nous, nous prépositionnons des moyens au sol, au plus près des zones à risque, chaque jour. Et puis aussi, dans le ciel, il y a, ça n'est pas visible, il y a ce qu'on appelle le guet aérien armé. Ce sont les dâches qui sillonnent le ciel sur les zones classées à risque et qui vont détecter les départs de feu à plusieurs kilomètres à la ronde, vont se rapprocher de ces feux naissants et vont éventuellement faire ce qu'on appelle un largage d'opportunité, c'est-à-dire de larguer tout de suite sur le feu pour éviter sa propagation.

C'est une détection précoce des feux, c'est un prépositionnement des moyens au plus proche des zones à risque et une fois que le feu est déclenché, c'est bien entendu mettre un maximum de moyens terrestres et aériens, c'est ce qu'on appelle l'attaque massive. Je serais qu'on regarde une séquence tournée par nos équipes de caméras de surveillance pour les incendies, ça s'est passé dans l'eau, regardez l'extrait. Les pompiers surveillent le département à l'aide de caméras de surveillance renforcées grâce à l'intelligence artificielle.

Des caméras pour alerter rapidement les pompiers sur place. Comme ici, à côté de Narbonne, cette équipe est positionnée avant même qu'un incendie se déclenche dans un endroit à risque du département. Il faut être au plus près, au plus tôt et avec un maximum de moyens pour éviter tout ce qui pourrait être un scénario catastrophique.

Si vous êtes témoin d'un départ de feu, appelez immédiatement les pompiers en composant le 18, chaque minute compte. Voilà, au plus près, la séquence colle parfaitement avec vos propos. Christian Pinaudot, je rappelle, expert en prévention des risques et des feux de forêt.

Oui, la situation est très difficile sur le front des incendies, mais ça ne veut pas dire que nous, Français, nous sommes mauvais. Vous dites aussi qu'il faut arrêter de s'autoflageler et d'estimer que c'est parce que nous ne savons pas faire face à la situation ? Oui, je vais faire plaisir au colonel, mais on est plutôt parmi les meilleurs.

Toute modestie gardée par ailleurs, on est plutôt parmi les meilleurs sur le plan de l'Union européenne, en tous les cas, c'est ce que je connais de mieux. Et pas seulement en juillet et août, parce que la période de risque de feu de forêt, je ne sais pas d'où ça sort, ça, ce n'est pas juillet, ça commence. J'ai travaillé pendant plus de 40 ans dans le sud-ouest, c'est avril et octobre la période de risque incendie de forêt.

Alors, bon, ce mois de juillet commence en fanfare, si j'ose dire, malheureusement, mais il y a longtemps qu'on est tous sur le pied de garde. Et vous noterez, justement, sur ce plan-là, que le premier dôme de chaleur qu'on a eu début juin, comme il n'y avait pas de vent, il n'y a pratiquement eu aucun départ de feu grave, en tous les cas. Dès que le Mistral s'est levé, j'étais ailleurs, justement, ce jour-là, et dès que le Mistral s'est levé, hop, les départs de feu, comme par hasard, ont démarré.

Le vent au cœur de tout cela, vous nous l'avez dit, effectivement, Pascal Péry, allez-y, je vais y réagir. Non, on avait un échange, juste avant de rentrer en plateau avec le colonel, qui attire mon attention sur un élément qu'on évoque très rarement. Allez-y.

Alors, les pompiers parlent du coût du sauvé, de ce qui a été sauvé. Moi, je parlerais plutôt, comme économiste, du prix du sauvé, c'est-à-dire qu'au fond, il y a des stratégies de lutte avec des objectifs. Je protège tel quartier, telle entreprise, dans telle entreprise, d'ailleurs.

Une entreprise, c'est un outil de production. C'est une unité de production qui va payer des cotisations sociales, des impôts, il y a des emplois. Donc, c'est sauvé.

Si vous voulez, quand les pompiers interviennent pour sauver, d'abord en prévenant, et puis en luttant contre l'incendie, vous avez un actif qui est sauvé. Et ceci répond manifestement à une stratégie avec des objectifs précis qui sont discutés avec probablement le préfet, les élus locaux, les chefs d'entreprise, enfin, les instances représentatives du territoire. Et je pense que ça mériterait d'être modélisé.

Allez, ça l'est. Alors, Formina, mais comment pourrions-nous aller plus loin ? Je vous souviens d'autres séquences extraites d'un reportage de TF1 du côté de la Grèce.

Les Grecs qui, malheureusement, sont particulièrement soumis à ces catastrophes, qui utilisent des images satellites. Extraite à nouveau, et je reviens vers vous, juste après. S'inspirer des pompiers grecs, par exemple.

Depuis mai dernier, ils utilisent ce réseau de satellites doté d'intelligence artificielle. Ils cadrillent tout le territoire. En clair, dès qu'un feu est détecté, les sauveteurs reçoivent une alerte précise.

Nous saurons ainsi, heure par heure, comment le feu évolue, comment il se propage, mais surtout, avoir une estimation de sa taille et de son intensité. Voilà, donc on n'est pas les plus mauvais, mais on a quand même des marges de progression, par exemple, sur ce plan-là. Allez-y.

Oui, alors c'est déjà à l'étude et même utilisé. C'est le satellite Copernicus qui nous permet effectivement de recueillir des données en termes de cartographie, ce qui nous permet effectivement d'estimer les surfaces parcourues par l'incendie, les surfaces brûlées. On peut aller encore plus loin.

Et il y a un gros travail qui est en cours de développement avec Météo France, qui aujourd'hui fournit des données déjà très fiables, mais qui, grâce à l'intelligence artificielle, grâce à des données satellitaires, demain, nous fournirons encore des données plus précises qui nous permettront, parce que c'est important pour nous, d'avoir toujours un coup d'avance, qui nous permettront d'anticiper pour mieux adapter nos dispositifs et pour mieux intervenir plus rapidement, plus massivement et plus efficacement. Oui. Oui, moi je voulais vous poser une question.

Sur ce plateau, on parle aussi beaucoup du conflit ukrainien, et on explique que le drone a changé la phase de la guerre. Est-ce que c'est aussi valable pour la lutte contre les incendies ? Le drone est déjà utilisé depuis plusieurs années pour le feu de forêt, pour faire des reconnaissances, pour faire aussi des recherches de points chauds, avec des détecteurs de points chauds.

Les drones sont utilisés pour tout type de feu. Je l'ai déjà utilisé, par exemple, pour des feux d'industrie. Ça permet d'avoir un visuel panoramique de toute la situation.

Et on travaille, il y a au sein de la sécurité, une mission drone qui travaille éventuellement pour d'autres choses. Peut-être que demain, le drone servira à emmener une lance à un tel endroit, amener du fret, amener du matériel, amener peut-être de l'eau. Là, ce sont des programmes de recherche, intelligence artificielle, détection vidéo, drones.

Ce sont des programmes de recherche dans lesquels la sécurité civile est impliquée aujourd'hui. Christian Pinot, après on va parler des pompiers, des hommes, des femmes sur le front. Photo, satellite, tout ça, on l'utilise, et non seulement les pompiers, mais les forestiers aussi.

Et depuis des années, je dirais simplement que nos amis grecs sont plus forts en communication qu'en lutte sur le terrain. Ah, et on les aide beaucoup, nous, les Grecs, aussi les Espagnols, les Portugais, on aide beaucoup nos voisins européens, énormément ? Le mécanisme européen de protection civile, il concerne tous les pays.

Là, actuellement, nous avons des Roumains qui sont dans les Pyrénées-Orientales, qui travaillent avec nous. Nous avons aussi des Grecs qui sont prépositionnés. Demain, nous allons recevoir des avions bombardiers d'eau, qui viendront de la Suède, qui viendront de Chypre, qui viendront d'Espagne.

Nous, nous mettons à disposition une cinquantaine de sapeurs-pompiers également dans certains pays européens, et il se peut que dans 15 jours, 3 semaines, nous ayons une sollicitation d'un pays européen demandeur et en besoin d'avion. Si nous sommes dans une période un peu plus creuse, qu'on souhaite, eh bien, c'est cela la solidarité européenne. La solidarité, en période de crise, elle doit jouer à tous les niveaux.

Elle joue localement. Vous avez montré des images où les maires des communes accueillent les populations évacuées, les habitants viennent apporter leur aide, etc. Ça, c'est la solidarité locale.

Au niveau national, elle joue, puisque les sapeurs-pompiers sont capables, aujourd'hui, de venir renforcer leurs collègues. Je prends un exemple, les pompiers du Nord qui viennent renforcer, les pompiers du Sud-Est. Solidarité nationale, jusqu'au niveau européen, avec le mécanisme de protection civile.

La transition, elle est parfaite, parce que, justement, j'ai un nouvel extrait à vous soumettre. Non, mais on a compté, effectivement, sur l'effort des Roumains ces dernières heures. 40 soldats du feu roumain sont arrivés à la fin du mois de juin, au terme de plus de 2000 kilomètres de route, avec leur camion-citerne.

Vous m'arrêtez, si je me trompe, dans le cadre d'un dispositif d'entraide. Regardez encore cet extrait, parce que c'est là-dessus qu'on s'appuie beaucoup aujourd'hui. Regardez.

Un camping transformé en brasier. Des flammes d'une dizaine de mètres de hauteur, et ces pompiers venus en renfort de Roumanie, qui éteignent l'incendie. Sur cette autre vidéo, une explosion.

Peut-être l'une des nombreuses bonbonnes de gaz présentes un peu partout dans les habitations, et que les pompiers roumains s'empressent de déplacer, équipés de masques à gaz. Je suis au niveau du stockage. Dans combien de temps je peux avoir du renfort ?

Tout le mois de juillet, ces 40 pompiers sont logés au sud de Perpignan. Ils sont venus avec leurs propres véhicules, dont plusieurs camions-citernes, un dispositif d'aide européen coordonné par les sapeurs-pompiers français. Voilà, ces images quand même impressionnantes de ces pompiers roumains qui déplacent 150 bonbonnes de gaz en urgence dans un camping de Canet-en-Roussillon.

Mais là quand même, c'est là mon petit côté obscur, on a l'impression que ce n'est pas tout à fait suffisant. Pour les jours, et même pour les heures à venir. Pourquoi je dis ça ?

Parce que du côté de l'Hérault, on a vu la préfète, le contrôleur général, le directeur du SDIS, appeler les employeurs, les agents municipaux. Tout le monde a libéré les volontaires. Parce que ceux qui sont sur le terrain, ils n'en peuvent plus.

Ils sont usés. Il va falloir faire beaucoup plus. Et est-ce que beaucoup plus va être déployé dans les prochaines heures ?

De quoi vous pouvez nous parler ? Alors ces conventions employeurs, peut-être que vous, vous les découvrez, mais elles existent et elles servent toute l'année. Parce que là, bien sûr, nous avons besoin de sapeurs-pompiers sur place.

Les sapeurs-pompiers professionnels sont à pied d'œuvre. Ils sont renforcés effectivement par des pompiers volontaires. Mais les conventions employeurs, elles existent toute l'année.

Parce qu'on a besoin de pompiers toute l'année. Il y a la canicule, il y a quelques jours, quelques semaines. C'était ces mêmes pompiers qui aujourd'hui sont sur les feux, qui étaient dans les ambulances et qui allaient porter secours à domicile ou sur la voie publique.

Et c'est toute l'année qu'on a besoin de sapeurs-pompiers. Les 200 000 sapeurs-pompiers volontaires qui sont sur le territoire peuvent bénéficier de conventions employeurs, des employeurs qui peuvent les libérer sur leur temps de travail, soit pour se former, soit pour être opérationnels. Et là, effectivement, cette convention, elle prend tout son sens dans ce moment où on a besoin de relève aussi.

Parce que, vous l'avez dit, les sapeurs-pompiers sont aussi fatigués. Ils doivent être relevés. C'est la sécurité aussi de nos agents qui est en jeu.

On continue de mettre cette question au cœur de notre grand dossier aujourd'hui. La France a-t-elle les moyens de sa stratégie contre les incendies ? La France est-elle dépassée ?

Maintenant, on va essayer justement de vous dire la vérité sur ces moyens de lutte contre les incendies. On parle de Canadair, mais on parle encore une fois aussi des femmes et des hommes qui sont sur le terrain. Christian Pinaudot, vous m'accompagnez cette fois pour expliquer à nos téléspectateurs.

Voilà ce qu'il en est. Le syndicat des sapeurs-pompiers volontaires tire la sonnette d'alarme à ses yeux. Il y a un risque d'épuisement cet été.

Qu'en savez-vous ? Que pouvez-vous nous dire à nos téléspectateurs qui se trouvent ici, si vous voulez bien vous tourner un peu vers eux ? Alors d'abord, qu'un syndicat tire un signal d'alarme, c'est classique, si j'ose dire.

Tous les syndicats le font, donc c'est normal. Surtout dans une période comme ça où il y a une activité très forte. Mais le statut des volontaires en France est tout à fait extraordinaire.

Donc le colonel y a fait allusion tout à l'heure. D'abord, ça existe depuis des décennies et des décennies. Donc tous ces gens ont une autre activité, bien sûr, mais en même temps ils sont couverts par une assurance sociale.

Ils ont des indemnités. Les employeurs le plus souvent maintiennent les salaires. Les bons employeurs, si j'ose dire, maintiennent les salaires malgré les sorties des pompiers volontaires.

Et c'est une organisation qu'il faut absolument conserver. Alors certes, il y a peut-être des améliorations sur le plan statutaire, mais c'est quelque chose d'unique, d'ailleurs, qui n'est pas très bien compris au niveau européen, parce que la Commission a pris des décisions un peu originales, pour ne pas dire autre chose, à côté de la plaque, par rapport au statut des pompiers volontaires, assimilant ça à un travail à temps plein. Donc ils se sont un petit peu pris les pieds.

Bref, en tous les cas, ce statut, il faut absolument le maintenir. Les pompiers volontaires, c'est une richesse irremplaçable en France. Et vous me permettez de donner quelques chiffres pour vos téléspectateurs.

En France, environ 250 000 sapeurs-pompiers, seulement 50 000 professionnels. Les autres, environ 200 000, c'est certainement trop méconnu, sont des volontaires. Ça veut dire qu'ils ont un métier à côté, et c'est un chiffre qui n'augmente pas, alors que le nombre d'interventions, lui, ne cesse d'augmenter à l'air du risque, donc d'épuisement, de fatigue et de disponibilité.

Oui, mais vous disiez seulement 50 000 pompiers professionnels. Bon, là-dessus, il y a aussi des pompiers militaires, dont on parle rarement, mais qui existent aussi, et qui viennent compléter les forces volontaires et les forces professionnelles. Vous avez eu raison de le rappeler.

L'autre grande question, et on en parle souvent dans cette émission, c'est la question des moyens dans les airs, et en particulier la question des avions bombardiers d'eau. A-t-on assez de Canadair, pour faire simple ? Oui.

Vous nous dites que oui. Absolument. Enfin, en termes d'équipement aérien, on est parmi, je crois pouvoir le dire, les mieux équipés de l'Union européenne.

Avec 12 Canadair, 8 Dash, 3 Bechcraft et 40 hélicoptères. Oui, plus les avions légers qu'on loue, que la sécurité civile loue, qui s'ajoute à tout ça. Et puis les 12 Canadair, au regard de la surface française, c'est plutôt très bien comme nombre.

Il y en a deux de plus qui vont arriver en 2028, et puis il y en a deux autres en 2032 ou 30, quelque chose comme ça. 33, début 33, dit je crois Laurent Nunes dans sa dernière communication. Et puis, on l'a dit tout à l'heure, je crois, mais l'Union, le système de solidarité européen, fait qu'il y aura 4 engins, 4 Canadair bombardiers d'eau qui vont être affrêtés sur la France aussi, pour les prochaines semaines.

Voilà, deux de plus 2028, et c'est bien ça, 2033, dans la toute dernière communication, je crois même qu'elle date du jour de Laurent Nunes, qu'on attend toujours sur place dans les Pyrénées-Orientales. On parle de début 2033 pour les deux supplémentaires. On est maintenant en direct avec David Pincet, merci beaucoup d'être avec nous.

C'est vraiment passionnant de vous entendre, parce que vous, vous développez un Canadair à la française, avec votre start-up qui s'appelle Inairo, et vous êtes, je le précise également, ancien général de l'armée de l'air, ex-patron de la flotte d'avions de la sécurité civile. Vraiment, merci de prendre le temps d'être avec nous. Quand on dit deux Canadair supplémentaires pour 2028, deux supplémentaires début 2033, je vous pose la question aussi clairement que je l'ai posée depuis le début de l'émission.

La France est dépassée, selon vous ? Alors, bonsoir et merci de cette invitation. Alors, en fait, nous, on se positionne très clairement sur une stratégie de renouvellement des flottes pour pouvoir lutter à la fois contre les défis actuels, mais également les défis dans 20 et à 30 ans.

On sait très bien aujourd'hui que la tendance, c'est l'allongement des saisons-feu. C'est la multiplication des situations climatiques qui sont propices aux méga-feux, telles que, hélas, sont les vies aujourd'hui. Et d'ailleurs, nos pensées de soutien pour les pompiers au sol et les pompiers en vol, qui aujourd'hui sont engagés et luttent contre ces monstres et ces désastres environnementaux.

Nous, notre positionnement, c'est clairement le renouvellement des flottes en Europe avec une capacité souveraine, une capacité qui sera issue d'une coopération industrielle entre la France avec nos partenaires industriels, dont Airbus, et certains pays, notamment qui ont exprimé leur intérêt, comme l'Italie et l'Espagne aujourd'hui. Il arrive quand, votre nouveau Canadair ? Alors, c'est un avion amphibie bombardier d'eau.

Le Canadair, c'est un avion canadien. Le frégate F-100 rentrera en service opérationnel, on l'espère, en 2032. Oui, c'est long de pouvoir concevoir et faire certifier aujourd'hui en Europe un avion conçu pour pouvoir lutter efficacement contre les feux.

Mais au-delà de la souveraineté, notre avion, le frégate, va apporter une capacité opérationnelle double du Canadair aujourd'hui. C'est-à-dire, sur une mission en feu de 3-4 heures, on va pouvoir amener deux fois plus d'eau, avec plus de précision et surtout plus de sécurité des vols. Alors, si vous ne le saviez pas, je le rappelle, on est avec le colonel Jérôme Boulanger, qui est porte-parole de la sécurité civile.

Vous êtes également pompier vous-même. Vous attendez, vous comptez les minutes avant l'arrivée de ces nouveaux canadaires made in France ? Parce qu'on va en débattre, il y a un sujet de souveraineté française et européenne derrière tout ça.

Alors, là encore, ça n'est peut-être pas visible, mais nous, on travaille sur un continuum. C'est-à-dire qu'il y a la flotte de canadaires qui est dite vieillissante, mais il faut savoir qu'un avion ne part pas à la retraite, surtout que ce sont des avions qui n'ont pas beaucoup d'heures de vol tous les ans. Là, on les voit beaucoup voler, et c'est tout à fait normal, mais si on rapporte cela à l'année, ce ne sont pas des appareils qui volent beaucoup, et ce sont des appareils qui sont très bien entretenus.

Là, il faut savoir que lorsqu'ils rentrent à Nîmes le soir, ils passent la nuit en révision, en maintenance, que cette maintenance n'est pas valable que pendant cette période de saison de feux de forêt. C'est une maintenance qui est valable toute l'année, et ça, donc, ça concerne les canadaires. Il y a les DASH, il y a les canadaires supplémentaires, mais nous travaillons aussi, effectivement, sur des projets d'avenir, et M. l'a bien expliqué avec Inaéro, nous avons des travaux communs avec un certain nombre d'équipementiers français, et pour préparer l'avenir.

Donc, il n'y a pas de rupture entre, aujourd'hui, ce qui se passe avec l'achat des nouveaux canadaires par l'État, et puis la préparation de l'avenir à laquelle la sécurité civile travaille. Autre chose, par exemple, très, très rapidement, les hélicoptères, nous avons en propriété 39 hélicoptères à la sécurité civile. Cette saison, nous faisons une expérimentation pour pouvoir, avec nos nouveaux hélicoptères, les D3, utiliser des paniers bombardiers d'eau, et cela, c'est une expérimentation que nous menons dans deux départements.

En 2022, alors que l'été a été un enfer sur le front des incendies, une fois de plus, Emmanuel Macron, il avait promis un réarmement aérien. Alors, il y a eu des sous, sur la table, c'était 250 millions, ils ont été versés, sauf erreur de ma part, mais on a tout remis, si je résumais, une entreprise qui se trouve au Canada, et on mise sur elle, non, c'est ça ? Non, je me tourne vers Pascal Péry, si je puis me permettre.

On a un petit sujet, quand même, de souveraineté, d'autant que nos amis d'Amérique du Nord, s'ils ont beaucoup d'incendies, ils vont peut-être préempter un peu le...

Non, c'est possible que, oui, effectivement, enfin, ce phénomène, c'est à prendre en compte. Alors, ça prend du temps de développer un avion, c'est-à-dire que ce n'est pas une affaire, on ne dessine pas un avion sur un coin de table, etc. In Aero, il travaille depuis très longtemps, on vous a expliqué qu'en effet, c'était le double de la capacité actuelle, donc c'est probablement entre 10 et 12 000 litres d'eau à chaque fois, à chaque passage, ça dure 20-25 secondes, le réapprovisionnement.

C'est des avions qui sont des avions quand même atypiques, il faut pouvoir d'un seul coup l'alléger, on l'alourdit, on l'allège. Vous imaginez la contrainte que c'est ? Vous imaginez, vous, un avion qui est un avion de transport de passagers, qui perdrait le poids de tous ses passagers en l'espace de quelques secondes.

C'est exactement ce qu'il faut faire aujourd'hui. Je pense que c'est un très bon appareil. On a cette logique, en effet, de souveraineté aujourd'hui.

Simplement, Amélie, il n'y a pas de polémique autour de cette question. On ne doit pas faire de polémique. C'est-à-dire qu'on doit prendre le temps de l'industrie.

Là, on est dans le temps de l'industrie, on n'est plus dans le temps de la réaction un peu épidermique, ou de la politique, si vous voulez. Développer un avion, ça prend du temps. On a une véritable expertise en France, on a des Canadaires qui sont encore tout à fait opérationnels.

Vous le disiez tout à l'heure, un avion, plus ça vole, et donc c'est une affaire de durée de vie, si vous voulez, plus c'est sûr. C'est vrai pour les avions qui transportent du matériel, des passagers ou de l'eau. Il me tourne vers Guillaume Roquet, parce qu'en parlant canicule, vous aviez insisté sur la question de la souveraineté, par exemple, quand notre entreprise, le fleuron français de chauffage et circulation d'air, exactement, est partie à l'étranger.

Ça, ça vous tient à cœur, cette question de la souveraineté ? D'accord, il n'y a pas de polémique, mais est-ce que vous voyez un sujet ? Oui, il y a un sujet qui s'appelle la désindustrialisation de la France.

Alors là, en l'occurrence, pour ce qui est d'Atlantique, les pompes à chaleur et les climatiseurs réversibles seront toujours fabriqués en France, mais effectivement, c'est l'actionnariat qui va changer, parce que malheureusement, la famille propriétaire de cette entreprise ne s'entendait pas, et donc, comme souvent c'est le cas, ils ont vendu. Mais effectivement, les Canadaires, comme les Dachs d'ailleurs, sont fabriqués par des constructeurs aéronautiques étrangers, donc il est heureux qu'on puisse avoir un retour en France avec le programme qui vient de nous être présenté. Il y a donc cet enjeu de souveraineté, il y a aussi cet enjeu de finances publiques, parce que vous faisiez allusion aux promesses d'Emmanuel Macron après les gigantesques incendies, je crois que c'était 32 000 hectares, dans les Landes de Gascogne à l'été 2022, et l'année d'après, là je parle sous votre contrôle mon colonel, le budget de la sécurité civile avait été amputé de 53 millions, parce qu'on avait des difficultés à passer le budget.

Donc je pense que là encore, c'est comme pour la canicule, si on veut un plan massif de climatisation, notamment de nos équipements publics, il va falloir trouver de l'argent quelque part. Ce sont ces nouveaux risques-là qu'il faut financer, je pense qu'ils sont incompatibles avec l'état d'élabrement des finances publiques françaises. Deux remarques, la première, elle concerne le partenaire in aero avec lequel nous travaillons.

Il y a deux autres programmes avec lesquels nous travaillons, deux autres programmes pour des avions bombardiers d'eau. Il y a Kepler, il y a Positive Aviation, et il y a donc in aero, trois partenaires français avec lesquels nous travaillons sur des projets de développement. Sur la question des moyens, 2022, le président Emmanuel Macron a dit effectivement, il faut revoir notre flotte, il faut la compléter, et il faut aussi investir pour les camions de pompiers.

Ce qu'on a appelé le pacte capacitaire, ce sont 100 millions d'euros qui ont été donnés aux services départementaux d'incendie et de secours pour pouvoir financer de nouveaux camions de pompiers. Aujourd'hui, ces programmes sont aboutis, les derniers camions sont en train d'arriver, et ils sont fabriqués principalement en France. Et pour les avions, c'est deux choses, c'est tout d'abord le rétrofitage des 12 canadaires que nous possédons, c'est-à-dire une révision, une modernisation complète, plus l'achat de quatre nouveaux canadaires, 285 millions d'euros qui ont été financés par l'État pour ce programme.

Donc on voit qu'aussi bien pour les moyens terrestres que pour les moyens aériens, l'État a fait un effort considérable. On attend de le voir donc se concrétiser, effectivement ça ne se fait pas en un jour un avion sur tout ce type-là. Je voudrais juste montrer le comparatif avec nos voisins du Sud qui ont du coup un historique face aux incendies plus importants que le nôtre.

Bien évidemment, l'Espagne c'est 18 canadaires, l'Italie c'est 18, la Grèce c'est 17 et la France c'est 12. Et les daches. Et les daches.

Depuis le début de la canicule, il y a un discours qu'on entend beaucoup sur ce plateau, c'est de dire maintenant il va falloir se mettre dans la tête que nous sommes un pays du Sud. Donc il va falloir s'armer comme un pays du Sud. Vous êtes toujours avec nous monsieur, vous qui construisez le Canadair du futur made in France, parlons sous.

Est-ce que vous dites il va falloir plus d'argent ? Il faut qu'on nous accompagne, il faut qu'on nous aide, donnez-nous plus de moyens pour faire face à notre nouvelle réalité. Alors comme l'a dit fort justement le colonel, en fait il n'y a pas de dichotomie ou de rivalité, on est bien dans un continuum, c'est un engagement du président de la République pour une extension de flotte de 12 à 16 avions et en parallèle la préparation d'un avenir plus lointain avec Inaero et particulièrement le Frégate parce que notre avion est un avion coq, un avion écopeur et c'est ça le besoin opérationnel qui a été exprimé par les équipages en France, en Italie, en Grèce et en Espagne.

Nous avons déjà le soutien de la sécurité civile au travers d'une lettre d'intention. Nous avons les partenariats industriels qui sont en place notamment avec Carbus Diffense Space. Nous avons depuis juin l'année dernière, pendant le salon du Bourget, le soutien formel de l'État français.

Nous sommes lauréats de France 2030 avec une aide financière conséquente partagée entre la BPI et la région sud dans laquelle nous sommes installés. Le réel défi pour nous, effectivement, c'est de pouvoir assurer l'ensemble du financement du développement de l'avion qui est aux alentours d'un milliard d'euros. C'est ce que ça coûte de créer un avion qui aura la robustesse et la performance et la sécurité qui sont attendus pour les 30 ans à venir.

Et ça, on le fera d'autant mieux qu'on arrivera à porter ce programme auprès de la Commission européenne et de la Banque européenne d'investissement à plusieurs pays. C'est pour ça que j'ai mentionné tout à l'heure l'intérêt manifesté par le ministère de la crise climatique espagnol, l'ITECO, par Leonardo, qui est un industriel aéronautique italien et qui pourrait, avec le soutien de l'État, nous permettre d'accélérer et d'être au rendez-vous à l'horizon 2032 pour pouvoir lutter efficacement contre les feux. On reste ensemble.

Malérie, la taf, allez-y. Je voudrais parler d'autre chose que de finances, si vous me le permettez. Je retourne sur ce sujet.

Alors, retournez là-dessus. Mais juste d'un mot, aujourd'hui, il y a 10 ONG qui ont publié une forme de rapport sur les reculs environnementaux à cause de Bruxelles. Il y a eu 20 reculs, notamment la loi pour lutter contre la déforestation qui a été reportée à fin 2026.

En ce moment, je trouve que c'est éclairant de voir cela. Il y a eu un certain nombre de reculs. Donc, les finances, c'est très important.

Les capacités, c'est encore plus important. Mais il y a aussi l'intention politique. Et de ce point de vue-là, je ne suis pas sûre que le Green Deal qui a été peu à peu détricoté soit complètement à côté de la plaque.

Pascal Péry. Oui, mais à l'évidence, néanmoins, quand on regarde une carte forestière de France, aujourd'hui, Valérie, nous avons des forêts plus denses qu'au début du XXe siècle. C'est-à-dire que...

C'est-à-dire que moins de CO2. Oui, mais c'est lié à des phénomènes d'usure. Le premier facteur d'absorption du CO2, ce sont les océans.

Ensuite, les forêts. Ensuite, les prairies. Il y a une espèce d'héarchie dans ce domaine.

Alors, oui, il y a des contraintes budgétaires. Et c'est un peu le débat, vous nous ramenez, Valérie, au débat sur fin du monde, fin du mois. C'est-à-dire que, comme les moyens publics sont relativement limités et qu'on considère que l'ambition de l'Europe, aujourd'hui, dans un monde où il y a des puissances qui s'affirment, l'ambition de l'Europe, ça doit être précisément le retour à la puissance.

Pendant une dizaine d'années, la philosophie de l'Union Européenne, de la Commission Européenne, ça a été la décroissance. Agricole, industrielle, etc. On était dans un monde, un peu un monde de bisounours, dans lequel on se disait, le monde est facile, finalement, et on s'en sortira toujours.

On s'est aperçu que la lutte est âpre entre les grands ensembles économiques. Et donc, progressivement, en effet, la philosophie européenne, c'est de revenir à la puissance, puissance de production. Et ça s'est fait, je le regrette aussi comme vous, au détriment d'un certain nombre d'ambitions environnementales, considérant que l'ambition de puissance dominait le reste.

Allez-y. Je veux faire remarquer qu'en France, on ne travaille pas en silo. Il n'y a pas d'un côté la sécurité civile avec le ministère de l'Intérieur qui travaille sur la question de la lutte, de l'autre côté, tel autre ministère qui travaille dans son coin, etc.

Sur la question des forêts, nous travaillons au ministère de l'Intérieur avec le ministère de la transition écologique. Aujourd'hui, on travaille avec le ministère de l'Agriculture, parce que les problématiques qui touchent les forêts touchent aussi la question des récoltes et ce sont les ministères qui, en transversalité, peuvent apporter des solutions. Si chacun travaille dans son coin, on n'y arrive pas.

Donc, il faut effectivement, parce que la forêt, parce que l'agriculture, les enjeux agricoles, les enjeux forestiers, concernent tout le monde et la lutte n'est qu'un aspect, finalement, de cette philosophie. Allez-y, M. Pinot.

Oui. Alors là, il y a beaucoup à dire, parce qu'en termes de prévention, et la prévention, c'est la condition sine qua non de l'efficacité de toute la chaîne derrière et notamment de la lutte. Ça facilite grandement l'efficacité de la lutte.

Or, s'il y a un soutien financier, même si on peut en discuter les montants, mais ça, on adore ça, s'il y a un soutien financier pour la lutte, c'est très bien et c'est réel. Par contre, sur la prévention, alors là, c'est la catastrophe totale. Là, il n'y a plus rien sur la prévention.

Alors, moi, les travailleurs en silo entre l'environnement et l'agriculture, je peux vous dire que ça existe. La preuve, ils ont sorti un arrêté interministériel en 2024, c'est-à-dire six mois après la loi, pour appliquer les obligations légales de débroussaillement qui est inapplicable. Mais ça, c'est une spécialité française, si vous voulez.

Si vous n'avez pas trois codes pour décrypter ce qu'il y a dans l'arrêté, vous ne savez pas ce qui est écrit. Donc, c'est cet arrêté-là qui descend au préfet. Le préfet, il ne sait plus quoi faire, là aussi.

Il faut qu'il réunisse ses services, etc. Là, on est en 2025. Il y a des mois qui se sont passés, mais sur le terrain, il ne s'est pas passé grand-chose, n'est-ce pas ?

Et en 2025, vous avez Mme Pannier-Renachet qui décide, en avril 2025, de reporter l'application des obligations légales de débroussaillement en septembre 2025. Je suis étonné que personne n'ait remarqué ce truc, qui est quand même énorme. Et nous sommes donc, maintenant, en juillet 2026.

Combien il y a de plans de débroussaillement qui ont été validés ? Quelques dizaines, alors qu'il y a 52 départements concernés. Et là, il y a...

Mais ce n'est pas une anomalie, ça, c'est une faute grave. Car quand on est dans le domaine de la protection des biens et des personnes, la notion d'urgence doit s'appliquer. Et elle ne s'applique pas.

On va essayer d'être positif. On peut espérer que les catastrophes telles que celles qu'on est en train de vivre en ce moment motivent les propriétaires concernés, c'est-à-dire les gens qui sont soumis à ces obligations de débroussaillement. J'ai vu que ce sont les statistiques de l'Office national des forêts.

Quand ils font des contrôles, il y a à peu près un propriétaire sur deux qui respecte partiellement ces obligations en matière de débroussaillement. Et il y en a 30%, donc 1 sur 3, un peu moins, qui respectent parfaitement ces obligations. Donc ça veut dire qu'on a encore une marge de progression dans ce domaine-là.

Or, on le sait bien, c'est un débroussaillement bien fait. Je crois que préventivement, c'est assez efficace. M.

Pincet est toujours avec nous et je le remercie. Vous qui, encore une fois, j'aime bien le répéter visiblement, construisez le Canada made in France de l'avenir, des futurs. Quel regard vous portez sur le débat qu'on a ici en plateau sur les fautes graves en matière de prévention, par exemple, ou les nécessités de budget ?

En tant qu'ancien responsable en charge des avions de la sécurité civile, d'abord, je me garderais bien d'émettre le moindre avis sur la gestion de crise. Ce que je sais, pour l'avoir vécu de l'intérieur, c'est que c'est très compliqué entre le niveau national, le niveau zonal, régional et le niveau local. La coordination de l'ensemble des moyens qui soient au sol, en vol étatique ou privé, la déconfliction, c'est vraiment des équipes d'experts qui sont entraînées pour pouvoir gérer ces situations de crise extrême.

Donc, moi, je n'ai absolument aucun état d'âme pour à nouveau exprimer toute ma reconnaissance à nos pompiers et à toute la chaîne de commandement pour le travail qu'ils font aujourd'hui. Merci. Ce que l'on souhaite, c'est pouvoir avoir le soutien de l'État, la possibilité de dialoguer avec la sécurité civile en France et également dans les autres pays pour être sûr que le frégate, la solution opérationnelle que l'on va amener sur le marché très bientôt, réponde parfaitement aux besoins opérationnels exprimés avec les critères aujourd'hui d'efficacité et de sécurité que peut apporter un avion moderne qui est conçu pour ça par rapport aux autres programmes qui sont des transformations d'avions de transports régionaux.

Merci beaucoup David Pincet à la tête de la start-up InAero avec donc dans les tuyaux où vous fabriquez le Canadair Made in France de deux mains, ancien général de l'armée de l'air et ex-patron de la flotte d'aviation de la sécurité civile. Merci beaucoup d'avoir pris le temps d'être avec nous. On va se penser sur une autre question maintenant, autre enjeu.

Quelles sont les conséquences économiques de ces incendies ? Situation alarmante selon France Assureur. En 2024, l'ensemble des événements climatiques ça a coûté 5 milliards au pays.

Mais on va plus loin avec Pascal Periqui, ma compagne, Pascal. Avec la multiplication des incendies, la facture, elle explose d'année en année. Oui, c'est une facture qui est de plus en plus lourde à porter pour la communauté nationale.

Alors, puisqu'on évoque les avions, la flotte de ces canadaires, vous allez retenir ce chiffre simplement. Vous savez qu'il y a un coût horaire. C'est 16 000 euros de l'heure de vol.

Ce qui est assez peu, finalement. Ce qui est relativement économique. Mais vous le multipliez par le nombre d'heures de vol en ce moment.

Alors, il y a les travaux de prévention. Il y a les vols qui sont destinés à évaluer la situation, à évaluer le risque et puis à traiter les incendies. Ça fait une petite somme.

Il y a un coût de maintenance également. C'est une trentaine de millions d'euros. J'allais dire que compte tenu des débats qu'on a en termes de finances publiques et on les a très régulièrement sur ce plateau.

On parle plutôt de milliards. Donc, là, ce prix, si vous voulez, le prix que la collectivité paye sert à protéger la société. Il sert à protéger la nature.

Il sert à protéger les personnes, bien sûr. Il sert à protéger les habitations, les actifs de production. Je vais vous dire que c'est finalement un assez petit prix à payer, une petite contribution à payer pour protéger l'ensemble de la société qui est exposée au risque.

Et cette facture, c'est tous les Français qui la payent. Chacun d'entre nous dans les contrats d'assurance, notamment ? Alors, d'abord, oui, les coûts d'indemnisation ont beaucoup augmenté et la conséquence.

Qu'est-ce que c'est qu'un assureur ? Un assureur, c'est quelqu'un qui assure un aléa. L'aléa, c'est quelque chose qui, par définition, n'est pas tout à fait certain, n'est pas tout à fait sûr.

Quand il n'y a plus d'aléa, c'est-à-dire quand la survenue du sinistre est quasi automatique, prévisible, c'est ce qui peut-être va se passer. On a eu des incendies l'été dernier, il y en a eu en 2022, cette année, peut-être l'année prochaine. Eh bien, l'assureur, il vous facture, il y a deux options.

Soit il ne vous assure plus du tout parce qu'il considère que le risque est tellement élevé que le prix est dissuasif, soit il vous impose une surprime. La surprime, catastrophe naturelle, aujourd'hui, elle est obligatoire et elle représente, elle est passée de 12 à 20% de l'ensemble, c'est une moyenne, de 12 à 20% de l'ensemble des contrats d'assurance. Tout le monde la paye.

Vous voyez, il y a par exemple cet exemple de l'assurance automobile. Vous allez me dire est-ce qu'il y a un rapport entre l'assurance automobile et les incendies ? Est-ce qu'il y a un rapport entre les assurances automobiles et les incendies ?

Eh bien, il n'y en a pas. A priori, théoriquement, il n'y en a pas. Je vais vous répondre.

Pourtant, eh bien, la surprime, elle est passée de 6 à 9%. Le contrat d'assurance de dommages aux biens et là, vous ne me poserez pas la question parce que le lien est évident. La surprime est passée de 15 à 20%.

Ça signifie donc que nous payons tous. C'est un risque qui est mutualisé et c'est la seule façon de le couvrir sur le plan budgétaire. C'est la seule façon de le rendre acceptable par la société.

Excellent, Pascal Péry. Merci beaucoup. On me dit dans l'oreillette que Laurent Nunez est en train d'arriver dans les Périnées-Orientales à l'île-sur-Tête.

On va suivre ça avec attention. Dès qu'il y a la moindre image, on prendra la direction du terrain bien sûr pour le suivre. Mais en attendant, je me tourne à nouveau vers vous.

Colonel, quand vous voyez les questions économiques, je vais être très pragmatique. Mais est-ce que vous dites bon, après tout, et si ça réveille les esprits ? Le fait que chacun le paye, que ça nous coûte, est-ce que vous, vous espérez que ça nous réveille ?

Alors, il y a un grand absent dans toutes ces discussions. Ce grand absent, c'est qui ? Allez-y.

C'est le citoyen. C'est le citoyen, le grand absent. Parce que là, on parle du contributeur aux assurances.

Très bien. Mais le citoyen, le citoyen, ce doit être le premier acteur de sa sécurité. Je crois qu'en France, nous avons aussi un travail à mener et la sécurité civile en France l'accompagne très clairement.

C'est ce qu'on appelle le développement de la culture de la sécurité civile ou la culture de la résilience. On parle aujourd'hui du feu de forêt. Il y a quelques semaines, on parlait, il y a quelques mois, on parlait d'inondations.

Ces phénomènes climatiques, tout le monde s'accorde à dire qu'ils seront de plus en plus présents, qu'ils seront de plus en plus intenses et qu'ils seront de plus en plus durables. Il faut acculturer le citoyen de manière à le sensibiliser, le former pour qu'il adopte les bons gestes, les bonnes pratiques. La journée de la résilience, je ne sais pas si vous avez ça en tête, c'est tous les ans le 13 octobre.

Une journée pour travailler de la résilience, ce n'est pas suffisant. C'est tous les jours que nous devons amener le citoyen à être plus résilient. Et ça, ce sont des programmes qui sont faits au niveau locaux, par les préfets, par les régions, par les maires, de manière justement à amener le citoyen à être acteur de sa sécurité et acteur de la résilience.

Pascal ? En termes de philosophie de politique publique, il y a une idée qui devrait s'imposer. Les coûts des incendies, notamment, sont mutualisés.

Tout le monde le paye. Il faut donc en appeler à la responsabilité personnelle. Une responsabilité civile et une responsabilité pénale.

C'est-à-dire, pour dire les choses très clairement, en pleine période de sécheresse, quelqu'un qui utilise un barbecue sur le bord de la route alors que la chaume, alors qu'on vient de moissonner, par exemple, et qu'il y a de la chaume à proximité, prend un risque considérable. Il expose l'ensemble de la société. Quelqu'un qui jette son mégot, y compris sur une autoroute où on est dans un espace qui n'est pas nécessairement l'espace le plus à risque, a également une responsabilité.

Donc, il faut aujourd'hui aller chercher la responsabilité personnelle. La seule façon, mon colonel, la seule façon d'attirer l'attention, la sanction est parfois un outil pédagogique, pour dire les choses très simplement. Et si on passe à chaque fois, ça produit des conséquences qu'on voit ailleurs, notamment dans les phénomènes de délinquance.

Si on dézoome un peu, on peut dire que cet appel à la responsabilité collective, jusqu'à présent, ça a été un échec complet. Parce que ce qu'on est en train de voir, c'est-à-dire des canicules, des feux de forêt qui se multiplient, c'est une conséquence du dérèglement climatique dont on nous parle depuis 15 ans. Or, à chaque fois qu'il y a eu des mesures concrètes qui ont voulu être mises en oeuvre, elles ont été rejetées massivement par les Français.

Je pense à la taxe carbone ou le gilet jaune. Je ne vais pas vous refaire l'histoire. Et quand on voit les scores relativement modestes qui sont ceux des écologistes dont ce sujet est un des thèmes favoris, on s'aperçoit que pour l'instant, les Français disent oui, ok, mais tout ça, c'est théorique.

Ce qui est possible, c'est qu'effectivement, avec la multiplication de ces événements qui touchent à peu près tout le monde, la canicule, en tout cas la dernière il y a 10 jours, elle touchait quasiment toute la France, peut-être que là, ça va un peu faire changer l'état d'esprit. C'est-à-dire que les gens disent ok, ça c'est plus seulement un truc théorique, c'est plus seulement le fonds de commerce de Marine Thondelier, c'est aussi quelque chose qui nous touche directement et peut-être que là, ça va changer l'état d'esprit. Oui, il y a une petite partie de Marine Thondelier en vous qui est en train de se réveiller.

Non, mais moi je pense que...

Et je ne pensais pas dire cette phrase un jour. Je pense que les réponses des écologistes, on ne va pas lancer la polémique sur les climatiseurs, mais elle me semble être symptomatique, les réponses proposées par les écologistes sont les mauvaises, mais les questions qu'ils posent sont pertinentes. Oui, sur les comportements.

Les alertes des écologistes sont les bonnes. Les réponses, on peut en discuter. Ce ne sont pas seulement des questions, ils ont quelques réponses fondées sur des rapports scientifiques.

L'apport de la science à ce qui est en train de se passer est absolument déterminant. On ne peut pas l'écarter d'un revers de main. On peut discuter de l'idéologie, on peut discuter des moyens, mais on ne peut pas discuter des alertes qui ont été agitées, parfois peut-être sans communication nécessaire, par les écologistes et par un certain nombre de gens qui nous disent depuis maintenant plus de 20 ans que ce qui est en train de nous arriver était prévisible.

Christian Pinodot, tout le monde va payer, tout le monde doit payer ? Non, mais sur le plan du financement, alors d'abord, les rapports sur cette situation-là, je peux vous en citer de bien avant 20 ans. Oui, j'imagine.

Les forestiers ont tiré la sonnette d'alarme bien avant les écolos qui sont surtout urbains. Je fais en la parenthèse. Il y a un impôt pour payer tous les pompiers.

Il s'appelle la taxe de capitation qui est prélevée au niveau communal jusqu'au SDIS au département. Alors, son défaut, c'est qu'il n'apparaît plus en tant que tel. Et sur le plan de la pédagogie, c'est un défaut fondamental.

Il faudrait que chacun, sur sa feuille d'impôt local, distingue la taxe de capitation pour la sécurité. Par ailleurs, j'ai fait une proposition il y a des années de ça pour que la taxe de séjour, sur la taxe de séjour, il y ait un précipite de prix et versé aux communes et aux départements pour la DFCI. Parce que vous avez un des problèmes des risques majeurs, c'est la transition des populations l'été.

On passe...

Vous avez des bleds qui se retrouvent...

Je pense à la canot, ça me vient à la tête parce que je le connais bien. 7000 habitants l'hiver, 75 000 l'été. Donc, une augmentation d'un euro par tête de pipe, si j'ose dire, et par an, ça fait des dizaines de milliers d'euros supplémentaires dans le budget des communes.

Et bien, cette proposition qui a l'air simple, qui a l'air logique, parce que c'est normal que ceux qui s'installent dans une commune payent, et bien, elle ne passe pas...

Ça fait 15 ans que je dis ça. J'ai l'impression de radoter, si vous voulez. C'est trop simple.

Je ne suis pas un arc, alors évidemment, c'est trop simple et ça ne passe pas. Le problème, ce n'est pas tant la pertinence de la proposition que le côté systématique de la réponse. C'est-à-dire, comme il y a un problème, on va augmenter les impôts.

C'est vrai que les Français ont du mal à accepter ça. Mais attendez, le risque feu de forêt est un risque socialiste, cher monsieur. Donc, il y a des millions de personnes qui se déplacent dans le sud-est et vous verrez d'ailleurs, dans des études plus approfondues auxquelles j'ai participé, d'ailleurs, vous verrez que le risque feu de forêt dans les communes est directement corrélé à la population.

Mais, colonel, je suis curieuse de vous entendre là-dessus. Est-ce que les touristes qui viennent l'été à Lacanau feraient bien de participer un peu aux conséquences que leur présence...

Déjà, il ferait bien d'appliquer les bons gestes. Mais ce n'est pas ma question. Ma question, c'est de savoir s'ils doivent payer pour aider.

Alors, le financement des systèmes d'incendie et de secours aujourd'hui, il est en cours de révision parce que tout le monde est convaincu qu'il faut effectivement, au regard de ces évolutions climatiques, au regard de l'évolution des risques, il faut revoir le financement des services d'incendie et de secours. Et c'est des choses sur lesquelles les financeurs travaillent, que ce soit les départements de France, que ce soit l'association des maires de France. Au niveau des ministères, aussi, il y a effectivement des discussions pour que ces financements évoluent.

On ne peut pas toujours demander plus de couverture des risques, toujours plus de prévention, sans revoir. Alors, est-ce que c'est la taxe de séjour ? Est-ce que c'est d'autres... d'autres...

Mais effectivement, il faut un moment revoir...

C'est le principe qui est intéressant. C'est l'usager qui doit, de mon point de vue, financer l'usage de la nature, comme on finance l'usage des transports publics, par exemple. Vous allez à un endroit, effectivement, vous allez payer une taxe de séjour, mais vous consommez le territoire, d'une certaine façon.

Et donc, vous pouvez contribuer à le protéger. Première réflexion. Deuxième réflexion, c'est une réflexion d'ensemble sur le rapport qu'on peut avoir à la nature.

Il y a en effet des philosophies différentes. Moi, je considère que la nature, ça s'entretient, un peu comme un jardin. Je vous rappelle que pendant des années, des environnementalistes, des associations environnementalistes nous ont expliqué que c'était épouvantable de débroussailler, qu'il fallait laisser la nature telle qu'elle était, que la nature était au-dessus de tout et qu'elle dominait, si vous voulez, la summa divisio de notre humanité, et de notre monde.

Moi, je pense que la nature, ça s'entretient, les forêts, ça s'entretient. On est capable, aujourd'hui, par exemple, il y a des gens dont c'est le métier qui sont capables de créer des couloirs anti-feu, par exemple, quand il y a eu des incendies considérables il y a quelques années dans les Landes, au sud de Bordeaux, il y en avait déjà eu en 1949, il y en a eu en 1976, et donc, il y a des gens qui, à l'époque, avaient l'intelligence de se dire, tiens, on va créer des couloirs anti-feu parce que ça évitera que le feu ne se propage. Vous avez des gens qui vous disent non, la nature, c'est quelque chose de sacré, vision panthéiste du monde, on n'y touche absolument pas.

C'est une folie. Gardez un peu tout parce que j'ai une autre question pour élargir le spectre avec vous, Pascal. Le 20 juin dernier, sur France Inter, le tout nouveau gouverneur de la Banque de France, il s'appelle Emmanuel Moulin, a estimé qu'à moyen terme, les événements climatiques, si on prend canicule, crue et donc incendie, dont on vous parle aujourd'hui, vont clairement avoir un effet négatif sur notre croissance.

Et il a cité un exemple, le cas de la Slovénie où les inondations dévastatrices de 2023 ont coûté 16% de son PIB au pays. Oui. C'est ça ?

La France, demain, est notre PIB en raison des catastrophes climatiques ? C'est d'abord des externalités négatives, ce sont des coûts pour la société. Alors c'est le coût de réparation, c'est le coût de remplacement, c'est aussi le coût de prévention dans certains cas, c'est de la non-production.

Quand vous mettez bout à bout, vous essayez de poser sur la table la question des incendies ou des inondations. Pendant qu'on est occupé, pendant que les territoires sont indisponibles, si je puis dire, il n'y a pas de production, il n'y a plus de tourisme, donc ce sont des recettes fiscales, des recettes sociales en moins, ce sont des millions et des millions d'heures de travail qui sont détruites, ce sont des entreprises qui sont menacées, c'est le marché de la consommation qui s'effondre, donc quand vous mettez bout à bout le coût direct, le coût indirect et le coût induit, en effet, on vit que si on est dans un monde exposé au risque, à ce type de risque, il faut s'habituer à cette idée que c'est un monde qui sera moins productif. Et je vais aller plus loin, est-ce que la facture pourrait encore exploser ?

Je m'explique, c'est-à-dire que le réchauffement, ça veut dire le réchauffement des mers et il y a des météorologues, spécialistes qui nous disent que ça veut dire épisode sévenol qui nous attendent, inondations plus importantes et à l'automne à plus court terme et ça, tout ça, ça va continuer de gréver nos comptes, d'avoir des conséquences économiques majeures. La facture, on ne fait que commencer à l'évaluer pour la suite. On a vécu pendant très longtemps dans un monde à quatre saisons avec des incidents climatiques assez limités dans un environnement qui était paisible.

Si cet environnement aujourd'hui a des conséquences sur la vie des citoyens, sur la capacité à produire, il faudra s'y habituer. Donc, il faudra d'abord en payer le prix et il faudra aussi accepter le principe que nous vivrons dans un monde moins efficace, moins productif. Mais il y a aussi un côté positif, c'est que puisque tout ça est désormais avéré, il faut que l'homme montre à quel point il est capable de s'adapter.

Pardonnez-moi, Laurent Nunez est sur le terrain, pardonnez-moi, j'avais prévenu, il est là le ministre de l'Intérieur, il est à Lille, sur tête, dans les pires et les orientales qui souffrent considérablement en ce moment de l'offensive des flammes et des incendies. Et le voilà qui salue les élus sur place qu'il attend depuis quelques minutes maintenant. Il a visité très certainement avant le PC de commandement opérationnel, le ministre.

Voilà, on parle de 4600 bien plus, d'ailleurs maintenant, Zectar, qui sont partis en fumée dans une zone qui est très difficile dans cette lutte contre les feux. Il va échanger avec les élus et doit répondre à quelques questions également de journalistes et on comprend bien qu'on est qu'au début d'un long marathon d'incendie important dans notre pays et on vous l'expliquait en début d'émission qui ne concerneront peut-être pas que le sud de la France mais la couleur vigilance orange commence à grignoter notre pays direction l'Est et pourquoi pas le Nord. Vous êtes avec nous encore une fois colonel Jérôme Boulanger vous êtes porte-parole de la sécurité civile qu'attendre du ministre de l'Intérieur sur place aujourd'hui ?

Déjà et c'est très important un soutien et d'ailleurs le ministre de l'Intérieur est accompagné on le voit à l'image par le préfet du département mais aussi par le directeur général de la sécurité civile Julien Marion c'est apporter un soutien aux populations parce que les populations ont été durement éprouvées les 10 000 personnes évacuées ça n'est pas rien dans des conditions extrêmes difficiles c'est apporter aussi un soutien et on voit le ministre actuellement saluer les sapeurs-pompiers c'est apporter un soutien aux sapeurs-pompiers qui ont travaillé et travaillent encore d'arrache-pied pour limiter la propagation du feu et porter secours à la population idem pour on en parle moins les associations agrées de sécurité civile qui sont dans les centres de regroupement des impliqués et qui apportent à ces personnes de l'eau de l'alimentation et du réconfort est-ce qu'il peut et est-ce qu'il doit le ministre de l'Intérieur annoncer plus de moyens on fera un bilan comme on le fait chaque année d'ailleurs vous l'appelez de vos vœux du côté de la protection civile vous dites il faut envoyer plus de la sécurité civile la protection civile c'est une association non non non sécurité civile excusez-moi est-ce que vous demandez alors en UNES qui est sur place plus de moyens on demande que chaque année et que ce soit le cas en 2026 après le 15 octobre on espère que la saison feu sera terminée qu'on fasse un vrai retour d'expérience mais on le fait parce qu'on est dans un processus d'amélioration continue à la sécurité civile depuis longtemps on a tiré par exemple un certain nombre d'enseignements du feu de reboot l'année dernière dans l'Aude ce qu'on demande c'est effectivement que tous les acteurs puissent être mis autour de la table pour pouvoir tirer des conséquences parce qu'on parle de moyens on a beaucoup parlé financement etc mais c'est aussi une doctrine opérationnelle peut-être qui doit être améliorée c'est peut-être aussi de la prévention qui doit être faite différemment comment est-ce qu'on touche aujourd'hui les jeunes publics est-ce qu'on les touche les jeunes qui sont sur TikTok toute la journée non on ne les touche pas est-ce que ce ne sont pas aussi ces jeunes qu'on doit toucher qu'on doit acculturer sensibiliser au risque on l'a beaucoup abordé avec les noyades il y a quelques jours pendant la période de canicule est-ce qu'on arrive à toucher ces jeunes nos campagnes de prévention est-ce qu'elles sont adaptées aux jeunes publics c'est tout cela qu'il faut réfléchir pour amener l'ensemble de la population à évoluer vers plus de résilience merci je vous ai interrompu Guillaume Roquet alors qu'on était en train d'évaluer les coûts de tout cela de toutes ces images sur nous et sur notre quotidien notre économie oui parce qu'il y a la réponse immédiate effectivement qui est celle des moyens de lutte contre l'incendie de sensibilisation et puis il y a toute l'adaptation du pays par exemple pour les forêts ça suppose planter de façon différente d'autres espèces d'arbres c'est aussi l'adaptation pour l'agriculture on voit bien que les cultures sont totalement bouleversées avec l'évolution du climat et donc je pense qu'il faut dépasser cet état de sidération qu'on a face à cette catastrophe naturelle qui est évidemment très impressionnante pour se dire ok comment on bouge comment aussi est-ce qu'on adapte notre rythme de vie quand vous allez en Espagne les espagnols surtout l'été ils ne vivent pas au même rythme que nous donc il va falloir s'y faire et encore une fois ce n'est pas seulement une catastrophe c'est aussi un changement auquel on est capable de s'habituer parce qu'on en a vu d'autres allez-y deux petites choses alors d'abord complètement d'accord sur l'adaptation il y a des nouvelles règles qui s'imposent à nous et il va falloir s'adapter et d'autres peuples l'ont fait avant nous donc on est capable de le faire mais sur les évaluations économiques juste un dernier mot la valeur des forêts n'est jamais comptabilisée jamais dans les bilans qui sont faits donc si on ajoute la valeur des forêts je peux vous dire que les chiffres vont changer radicalement de profil c'est jamais calculé et pourtant ça a une valeur la forêt la forêt capte du CO2 donc elle réduit le bois ça c'est la sylviculture en effet mais dans le domaine de l'environnement la forêt capte du CO2 donc elle contribue à limiter le réchauffement climatique on sait que chaque dixième de degré additionnel a des conséquences directes sur l'environnement et puisqu'on parle de choses mercantiles sur notre capacité à vivre ensemble à produire à respecter notre environnement donc effectivement la forêt a une valeur directe une valeur marchande directe elle a aussi une valeur secondaire qui est liée au climat notamment merci beaucoup Pascal Péry merci beaucoup Christian Pinaudot d'avoir été avec nous merci à vous colonel Boulanger et bon courage parce que je pense qu'un été un peu compliqué vous attend ainsi que les personnes qui travaillent avec vous merci Valérie Nataf merci beaucoup à vous Guillaume Roquette je vous donne un rendez-vous sur LCI c'est important c'est à partir de demain midi édition spéciale sur notre antenne nos équipes se mobilisent sur le terrain en direct du palais de justice dans tous les lieux clés de cette journée suivez en direct la décision de la cour d'appel les premières réactions et toutes les analyses sur LCI c'est le verdict qui attend Marine Le Pen et donc c'est une partie du visage de l'élection présidentielle qui va se jouer demain vivez tout cela bien sûr avec nous le podcast vous nous retrouvez vous pouvez nous écouter avec le QR code que vous flashez vous scannez et puis vous nous retrouvez sur toutes les plateformes habituelles Deezer, Spotify, Apple Podcast on en sera toujours ravis bien sûr