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interviewFrance 3 Pays de la Loire· 18 février 2026 37 min

Arash Saeidi : de l'exil iranien à la mairie d'Angers [Trajectoires]

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mon invité est député européen, un insoumis, patron d'un célèbre bar Anger et il se lance maintenant à l'assaut de l'hôtel de ville. Quand vous êtes derrière un comportant, vous avez plus le droit d'être timide au bout d'un moment. Depuis le début de mon mandat, je me suis déjà fait contrôler six ou sep fois en gare, ce qui n'arrive à aucun autre de mes collègues.

La violence, elle est dans la trahison. Bonjour Ridi. Bonjour.

Vous êtes député européen, conseiller régional et candidat insoumis aux élections municipales à Anger. On va revenir sur votre parcours, prendre le temps de mieux vous connaître. Le tout sans langue de bois, c'est la promesse ici sur trajectoire.

Votre trajectoire, elle débute à Teran où vous êtes né il y a 50 ans et à l'âge de 4 ans et demi avec votre frère, votre sœur, vos parents, vous êtes arrivé à Anger. Quand on voit la situation actuelle en Iran, vous êtes partis donc en 1979, l'année de la révolution islamique. D'après l'ONU, plusieurs dizaines de milliers de morts depuis plusieurs semaines en raison de la répression menée par le régime des Molas.

Comment est-ce que vous vous vivez ça à distance ? Euh e bien euh alors juste mon frère et ma sœur sont n à ranger mais euh bah écoutez c'est d'abord c'est en même temps difficile et j'ai envie de dire malheureusement euh habituel euh parce que je vais être un peu je vais être un peu piquant. L'opinion publique occidentale semble avoir découvert depuis 2 ans que la situation du peuple iranien n'était pas idéal.

Euh mais en fait nous ça fait 45 ans, d'abord pendant une dizaine d'années durant la guerre Irak, puis diverses périodes plus ou moins de répression parce que le régime a toujours joué avec des périodes d'assouplissement et de reprise en main. Euh donc le stress, l'inquiétude, on l'a toujours eu tout comme on l'a eu au moment des bombardements israéliens parce que les bombes qu'elles proviennent, les bombes ou la vraie pression, elles font les morts civiles de la même manière. Donc euh au moment des bombardements israéliens récemment, on était tout aussi inquiet qu'aujourd'hui euh de l'inquiétude d'abord.

Oui, parce que parce que parce que bah par ailleurs, les communications sont coupées, donc vous attendez des nouvelles. Aujourd'hui, à peu près tout le monde enfin je pense là c'est un peu près rétabli euh mais oui, c'est de l'inquiétude, du stress et je vous ai malheureusement presque de l'habitude parce qu'au bout de 45 ans, il y a une for il y a une forme de euh enfin vous vous habituez au stress, vous habituez au stress, le mot le mot est fort. Pourquoi est-ce que ça a eu une influence ?

Vous résignez jamais mais vous habituez au stress. En quoi est-ce que ça a eu vous pensez une influence euh une marque sur votre engagement ? Euh ça influence forcément mes positions à l'international. le discours manikéen blanc noir euh je suis très très distant de enfin par exemple au Parlement sur les votes internationaux, je suis souvent très sceptique.

Euh je dis euh quand Donald Trump annonce qu'il va aller libérer le peuple iranien, j'y crois pas une seconde. J'espère qu'il y a beaucoup de monde qui n'y croit pas mais mais forcément ça vous donne une forme de retenue de recul. C'est quand vous êtes exilé, quand vous avez souffert, quand vous étiez jeune distance avec vous, votre famille parce que à l'époque c'était pas comme aujourd'hui, vous aviez pas euh WhatsApp, Telegram, internet pour pouvoir quasiment se voir tous les jours.

À l'époque, c'était trois courriers par an parce que le courrier m un temps fou arrivé aussi. et euh et puis la distance et puis vous voyez vos parents souffrir et euh du du déracinement. Euh et ben quand vous avez vécu tout ça et que quand même vous voyez bien que le pays il est dans l'état dans lequel il est parce que en 1953 un premier ministre élu démocratiquement qui voulait national mossader qui voulait nationaliser le pétrole ce qui est quelque chose de naturel c'estd que un premier ministre qui dit je ne veux pas que les richesses naturelles de mon pays soient pillée par des compagnies pétrolières étrangères a été renversé par la par la CIA pour mettre en place euh un régime monarchique dictatorial avec une des polices politiques les plus sévères du monde.

Euh ça créé pour le peuple iranien une cré une vraie rupture vis-à-vis des des États-Unis. Non, une répression et puis non, puis je veux dire ça beaucoup d'Iraniens considèrent que la la cause de l'arrivée des Molas, elle remonte à 1953. les molas qui sont incarnés actuellement par cet homme, Layatola Rameney le guide suprême.

Vous avez été en Iran il y a une dizaine d'années. Vous avez vu l'évolution la société une jeunesse importante, une soif de liberté. À titre personnel, est-ce que vous pensez que le régime incarné par cet homme vit ces ces derniers jours, ces dernières années, ces dernières dernières heures ? derniers jours dernières années, j'en sais rien parce que parce que depuis euh depuis 2009 euh il y a une vague de enfin des vagues successives de protestation et à chaque fois on on espère évidemment euh je ne sais pas si celle-là sera la bonne.

Euh on est tous intimement persuadés que enfin le peuple finit toujours par se libérer. Je citais votre passage il y a 10 ans à peu près dans ce pays. à ce moment-là, vous êtes vous avez senti que peut-être il y avait les germes d'une d'un vrai changement de régime un jour.

Moi, je reste persuadé que les sanctions internationales, les embargots, quand on met un pays sous cloche, vous faites durer le régime parce que le régime se recrequit sur lui-même, la répression s'accentue, euh qu'il peut prétexter les embargos et les sanctions pour justifier les difficultés économiques et euh euh et donc survivre un peu plus longtemps que ce qu'il n'aurait fait quand euh quand tout est ouvert et à ce moment-là, c'est une assurance vie pour le régime en quelque sorte. En tout cas, ça fait durer. Ça fait durer euh à ce à ce moment-là quand il y a eu l'accord sur le nucléaire et que les échanges se sont multipliés pendant la présidence de Barack Obama. pendant la présidence de Barack Obama, vous voyez, enfin moi je l'ai constaté, euh quand vous multipliez les échanges, les gens voient ce qui se passe ailleurs et puis par ailleurs, quand le quand les échanges internationaux s'ouvrent, le régime n'a plus le prétexte de l'embargo euh pour dire que la situation économique est mauvaise et ça c'est sa propre gestion qui sa propre gestion et ça beaucoup de corruption.

Pour revenir à votre itinéraire, votre trajectoire personnelle, vous arrivez donc à 4 ans et demi à Anger dans le quartier Bellebayille. C'est un quartier populaire. Vous grandissez dans dans une tour.

En quoi ce cette enfance dans un quartier populaire dans voilà en quoi est-ce que ça aussi a forgé votre caractère ? Bah par exemple notre notre slogan de campagne pour qu'Anger soit une ville agréable pour toutes et tous. Euh quelque part, il est inspiré par ça parce que moi dans mon parcours, j'ai vécu la différence entre de possibilités qui vous sont offertes, les opportunités que vous avez et même la capacité à les voir ces opportunités que vous pouvez avoir ou pas ou à vous dire que vous avez le droit de tenter telle chance ou pas.

C'est ce que vous vous disiez vous enfant, une forme d'assignation à régiment. Je me dis non, je me le disais même pas. En fait, le truc c'est que vous le voyez pas conscientis même pas, vous le voyez pas.

Vous ne Il y a des opportunités que vous ne voyez pas, il y a des choses dont vous n'êtes pas conscient. Il y a des euh et puis après, il y a des il y a des barrières effectivement vous mettez vous-même. Et par exemple, concrètement, ça a été quoi pour vous ?

Euh c'est c'est euh c'est c'est beaucoup de choses inconscientes. J'aurais pas vraiment chaque chose vous le dire mais mais la le capital social culturel que vous avez, les difficultés que vous pouvez avoir dans votre vie quotidienne euh du coup moi dans mon parcours, j'ai bien vu que entre quand je grandissais dans une tour à Belle et quand j'habitais en centre-ville en fréquentant une gamme très variée de gens, c'est la variété des rencontres aussi qui fait la richesse d'une vie et euh quand vous rencontrez plein de gens différents, quand vous avez des discussions, quand euh quand vous vous dites "Ça je peux essayer euh je peux y arriver parce que vous avez un exemple devant vous". Euh c'est pas la même chose que quand euh vous êtes euh assigné un peu en résidence que allz en centre-ville euh c'est déjà presque un périple euh que vous vous sentez parfois euh euh stigmatisé, moqué, vous avez pas les codes et compris vous stigmatisé ?

Vous avez vécu ça ? Ah bah je vais pas non plus vous c'est pas un secret que de dire c'est une blague avec mes collègues au parlement. Enfin, je je eux ne savent pas ce que c'est qu'un contrôle d'identité.

Moi, même aujourd'hui euh alors ça se passe toujours très bien, très cordialement et c'est très c'est très bref aujourd'hui. Euh mais depuis le début de mon mandat, je me suis déjà fait contrôler six ou sep fois en gare, ce qui n'arrive à aucun autre mes collègues. La politique enfant, vous y avez commencé à y penser quoi C'est c'est pas enfin parce que là je veux pas que ce soit bon contrôle d'identité mais c'est une minute mais je veux dire c'est pas que ça euh mais c'est puis c'est pas très grave et puis la plupart des policiers sont polis agréables, sympas.

Moi je suis jamais tombé sur un policier agressif voilà mais ça arrive hein. Mais je veux dire j'ai pas c'est pas tous les jours non plus. Euh mais par exemple quand vous cherchez un appartement, enfin je je moi quand j'ai été étudiant, j'ai été sous-locataire d'un de mes amis pendant toute la durée de mes études.

Parce que quand j'appelais avec ma voix douce et sans accent, on me disait "Oui, il faut venir visiter." Puis quand on prenait mon nom, me disait "Ah non, mais il y a mon cousin qui va rentrer." Le je vous dis le cousin de Bordeaux parce que ça ça c'est un cas vérédique.

Ah non mais au fait, je viens de me rappeler, il y a mon cousin de Bordeaux qui va peut-être revenir à Lille et du coup vous comprenez, je lui ai réservé l'apparte. Donc oui, c'est plus dur de louer, c'est plus dur de trouver un emploi, c'est plus dur de rentrer en boîte, c'est plus d'heur c, c'est plus d'heur ça. Euh et effectivement, bah quand vous êtes confronté à ces difficultés là, au bout d'un moment, vous vous mettez vous-même des barrières.

Moi, j'ai un de mes un des collaborateurs aujourd'hui au Parlement qui a fait qui quand il cherchait du boulot fait un test. Il a utilisé son premier prénom pour un certain nombre de il a envoyé deux CV, un avec son premier prénom et un avec son second prénom. Euh son premier prénom et pas d'origine française, son second l'it.

Euh il avait beaucoup plus de réponses avec son deuxième prénom qu'avec le premier. Et d'autres études effectivement réalisées notamment par des associations le prouvent assez régulièrement. Je vous posais tout à l'heure la question de la politique.

Quand est-ce que ça quand est-ce que ça commence à trotter dans la tête du jeune Arrage Saidi enfant ? Euh quand vous a alors j'ai des souvenirs très vagues mais quand vous avez vu une révolution vous enfin moi je pense que vous intéressez forcément à la à la politique même si alors c'est des tout petits souvenirs d'inconscient de gamin de 4 ans. Mais ça allume quelque chose en vous quand vous vivez vous enfin vous vous sentez exilé vos 10 premières années en France que vous vous êtes senti exilé jusqu'à 10 ans pendant 10 ans ben 10 premières années je pense.

J'étais dans un espèce d'entre deux où je savais pas trop bah j'ai oui, j'étais pas vraiment français, j'avais pas encore euh enfin l'intégration ça se fait pas d'un coup de baguette magique quoi. Donc donc vous vous intéressez forcément enfin à la politique parce que vous vous demandez pourquoi vous vous êtes retrouvé dans cette situation là. Euh et puis après il y a aussi j'avais des parents qui étaient plutôt impliqués politiquement et puis euh et après moi le le moteur ça a toujours été l'injustice sociale.

Donc et j'en reviens à cette histoire de parce que les gens qui habitent dans les quartiers euh ceux qui en plus sont pas la même tête que les autres sont encore un peu plus pénalisés. Mais un un Patrick Dupont qui habite dans un quartier, bah il a les mêmes difficultés et lui aussi il va avoir des des certaines possibilités en moins que Patrick Dupont qui est dans un quartique en centre-ville qui a un capital social et culturel différent. Et et c'est pour ça ce que je disais, ce parcours, il m'a moi j'ai eu l'occasion de m'en rendre compte euh et dans une même vie de voir la différence à personne égale puisqueintrinsèquement j'ai pas changé parce que souvent on dit ouais mais c'est parce que vous êtes plus méritant, vous êtes plus c, vous êtes plus ça.

Vous avez vu l'avant et l'après. Moi le Saï qui habite en centreville, il est pas devenu plus intelligent, plus malin et plus finau que le le Arrache Saï qui habitait à Bellebeille. Donc la différence, c'est aussi un environnement qui vous qui vous ouvre les yeux, qui vous donne envie d'aller plus loin, qui vous dit même qui qui vous autorise à vous dire je peux essayer de faire plus.

Et pour les personnes qui nous regardent, je donne un peu rapidement la suite de votre parcours, un master en droit public et puis vous êtes identifié à Anger en particulier pour une casquette qui n'est pas banale chez un homme politique. Vous êtes le patron d'un des bars les plus célèbres de la ville, le bar du centre, le BDC pour les intimes notamment les les étudiants qui y vont beaucoup. À 28 ans, c'est un bar que vous avez choisi de racheter avec votre frère.

Il appartenait à votre père et ses associés. Et après, vous avez passé de nombreuses années derrière le comptoir toute la journée au contact des engevins. Qu'est-ce que ça vous a appris ?

Euh ça ça m'a enlevé ma timidité quand on a du mal à croire que vous êtes timide. [rires] Je sais, on dit ça à chaque fois. Euh non, ça a guéri ça m'a guéri de ma timidité déjà parce que parce que bah quand vous êtes derrière un compent, vous avez plus le droit d'être timide au bout d'un moment.

Euh ça m'a certainement apporté de la confiance. Et puis ça m'a ouvert ce que je vous disais, bah le fait euh bah c'est un établissement, on a la chance d'avoir une clientèle très diverse, très varié. Euh pas seulement les étudiants, il y a aussi des des commerçants par exemple le matin, des travailleurs pour le déjeuner.

Travailleurs, des artistes, des des des musiciens. Monsieur, ça c'est des capteurs qui vous servent dans vos campagnes ? Euh ça sert déjà à se forger euh une personnalité, je pense.

Moi, j'ai beaucoup été influencé par les musiciens que j'ai rencontré quand je travaillais. Euh enfin ça m'a beaucoup fait évoluer. Et puis bah du coup oui, quand vous voyez toutes les couches de la société que vous discutez beaucoup avec les gens et ben ça vous permet de de bah d'appréhender les difficultés autant d'une profession libérale que d'un salarié, que d'un fonctionnaire, que d'un enseignant que ça passe beaucoup par des échanges informels.

C'est ça. Oui. Oui.

Oui. Du coup euh vous devenez euh plus ou moins ami avec les gens. Euh moi j'ai beaucoup de mes amis que j'ai rencontré en travaillant quoi.

Euh les les euh la journée beaucoup la la la parce que la clientèle du soir, elle elle vient souvent en groupe et cetera. Bon il discutent entre eux. Genre vous avez des échanges mais c'est plus rapide mais la clientèle alors qui peut être qui est souvent la même he c'est que les gens qui viennent la journée reviennent enfin vous venez le lundi prendre votre café lire votre journal préparer votre rendez-vous et cetera et puis bah c'est c'est la même personne qui vient le vendredi soir mais c'est beaucoup les échanges fin de matinée début d'après-midi où les gens ils ont un peu plus le temps où nous aussi on a un peu plus le temps parce qu'on est moins débordé où vous avez le temps de de créer des liens avec les gens et oui ça m'a permis de connaître énormément de gens gens d'une part euh ce qui est toujours très drôle c'est que quand je suis dans d'autres villes, c'est devenu une blague avec beaucoup d'amis, c'est que il y a toujours dans dans un déplacement depuis que je fais de la politique, toujours un moment où je rencontre un client du bar du que identifie du bar dans un aéroport à Berlin en me baladant dans une rue de Paris.

Enfin, c'est assez drôle. Euh et parce que le BDC, je le dis pour les gens qui nous regardent, le bar du centre, c'est le plus ancien débit de boisson d'anger qui a été fondé il y a plus de 200 ans. C'est vraiment un lieu maintenant leur je crois que c'est 17 quelque chose 18e siècle effectivement donc vraiment important à Anger et on sait qu'il y a beaucoup d'en un peu partout dans le monde.

La politique vous vous allez c'est là où je me suis rendu compte que les enjeins s'exportaient bien. Et ben voilà, ça se confirme. Vous la politique pour vous ça a réellement commencé si je puis dire en 2007.

Vous prenez votre carte au Parti socialiste et puis après le quinquena de François Hollande, vous vous en allez parce que vous êtes déçu. Vous étiez de vous appartenez à l'aile gauche. C'est plus que de la déception, plus que de la déception.

J'accélère encore un tout petit peu le parcours si vous me le permettez puisque c'est ça me permet de dire qu'ensuite vous avez soutenu Benoît Amont qui a été choisi par la primaire à l'époque, on s'en souvient en 2017 pour représenter les couleurs du Parti socialiste. Vous avez été son proche collaborateur, même à un moment donné son bras droit. Et puis je patatra à un moment donné euh finalement là il y a eu une rupture assez claire qui a eu lieu il y a 2 ans.

Vous avez été viré, on peut le dire hein, de son petit parti génération et on vous a enfin affublé du terme de sédition traite. Ça portait la l'incompréhension autour de la question de l'alliance avec les insoumis. Mais à titre plus personnel, comment vous avez vécu cette période ? quand vous c'est toujours très dur de quitter une formation politique alors surtout une à laquelle vous avez participé à la création puisque vous créez des liens d'amitié et puis moi je fonctionne aussi beaucoup à la FEC.

Donc et là je vous parle de Benoît parce que c'est aussi une relation personnelle un compagnonnage qui a duré plusieurs années cré des des qui s'est vraiment terminé encore une fois de manière assez brutale. Alors oui et non parce qu'on s'est jamais trop on s'est pas on s'est pas écharpé non plus. Ça s'est fait vous vous parlez plus de de votre de votre point de vue à vous.

Ça a peut-être paru un peu mais en tout cas d'oiseaux. Non mais je veux dire ça a été très ça s'est fait très soft et dans un respect enfin jamais fait de sortie. Vous vous parlez encore avec Bonoham ?

Euh on a pas l'occasion mais je pense que si on se croisait il y aurait pas de souci. Après moi j'étais pas un proche du premier cercle de Benoît Mont mais par exemple moi j'étais tout tout mon temps en génération on travaillait beaucoup moi un de mes amis c'était Benjamin Lucas avec lui il y a pas de qui est député aujourd'hui. Euh vous avez quand même été numéro 2 du parti à la fin de votre aventure dans ce parti mais sans rentrer dans tous ces détails là en tout cas voilà ce qui m'intéresse la politique sa c'est aussi un lot de parfois de trahison de rupture.

Malheureusement, j'ai envie de dire, ça fait partie de la vie politique. Pense que moi j'ai réussi à garder des liens avec beaucoup de gens génération parce que ma rupture, elle s'est faite sur un différent politique. En fait, c'est pas une rupture personnelle.

Il y a pas de Je l'ai expliqué he c'est sur l'alliance avec les insoumis au moment des élections européennes. Permettez-moi de vous relancer à nouveau. J'aimerais savoir vous personnellement, c'est aussi la promesse de de cette émission, savoir ce que vous vous avez vécu à ce moment-là.

C'est quand même pas banal. C'est c'est non mais personnellement c'est dur mais c'est pas tellement dans la relation avec Benoît parce que Benoît je travaille avec lui mais c'est pas c'est pas un ami de longue date. Enfin vous savez dans en politique vous avez des fois des gens avec qui vous avez des relations. en travaillant en confiance.

Euh mais c'est pas c'est enfin euh mon cercle amical était composé d'autres militants du mouvement, d'autres responsables Benjamin Lucas, Alabet euh d'autres d'autres amis moins connus euh les Filoch, on va pas faire l'aventaire complet, mais en tout cas vous dites donc de fait ces gens-là, alors on n'est pas fâché mais de fait vous les voyez moins parce que parce que c'est des gens que vous voyez au quotidien. avec qui vous aviez l'habitude de travailler parfois toute la journée euh du coup bah d'aller boire un verre à la fin ou aller au resto, s'appeler pour un oui ou pour un non dès qu'il se passait quelque chose, dès qu'il y avait un truc dans l'ctu. De fait vous voyez moins, vous voyez deux trois fois par an.

J'ai l'impression que vous banalisez un peu la chose, je me trompe peut-être. Ah non, pas du tout. C'est quand même pas un une rupture pareil.

Ah non, humainement Non, c'est dur. J'ai vécu une année très difficile. Non non, humainement euh c'est c'est pas euh euh c'est pas quelque chose de facile que de autant au PS on est parti à beaucoup euh on est parti à beaucoup et en gros tout le courant avec lequel vous aviez déjà vos habitudes, c'est moins difficile.

Euh là, vous partez à une centaine euh et parmi les gens qui restent, il y a beaucoup de beaucoup de très proches. Donc oui, humainement c'est dur, mais après on fait pas de la politique. Moi, c'est ce que je dis souvent.

Euh on n'est pas là pour faire ses choix en fonction de ses affinités personnelles. Ça joue, ça compte, c'est mieux, il y a pas de sentiment. Bah il y en a forcément, mais je veux dire, vous pouvez pas faire tous vos choix en fonction de vos sentiments.

Si à un moment donné et de la même manière euh Alex, moi j'ai des gens qui sont mes amis et on pense pas pareil politiquement. Euh ça étonne parfois les gens mais les amis de droite il a Raj Saidi. Ar R Saidi, il a des amis de gauche, de droite, des amis qui n'ont n'ont rien à faire de la politique.

Enfin, je rechois pas mes je pose pas la question aux gens de "Est-ce que tu votes pour moi avant de savoir si on peut déjeuner ensemble ?" Et euh et vos amis de droite, ils vous disent pas des fois que Raj Saidi, il tape un peu un peu fort des fois. Non.

Non, parce que j'ai j'ai l'impression que euh je vais prendre l'exemple extrême euh y compris Christophe Bchu quand je démissionne du conseil municipal, il a eu des mots plutôt agréables et sympathiques euh qui était je pense révélateur de ce que je pense avoir fait de mon de mes 4 ans de conseil municipal à Anger. C'est-à-dire que on peut euh s'opposer sur le fond. On avait beaucoup de divergence, on a eu beaucoup d'échanges sur le logement par exemple avec Christophe Béchu, on avait des désaccords assumé et très important sur la façon de gérer la construction de logement dans une ville sans pour autant s'envoyer des nons oiseaux, sans pour autant être désagréable et sans que ça empêche de se saluer cordialement, poliment.

Il vous a salué cordialement poliment j'imagine il y a pas très longtemps puisqueau mois de novembre dernier vous vous êtes marié et vous avez tenu à ce que ce soit Christophe Béchu donc le maire de droite d'Anger qui vous marie euh là je vous vois avec la cravate. Parfois on pourrait dire peut-être à l'extrême gauche que c'est une institution bourgeoise le mariage. Est-ce que vous êtes réellement insoumis à Rash Saidi ?

Est-ce que c'est ça l'insoumission ? Je pense qu'il y a beaucoup d'insoumis qui sont mariés, hein. [rires] mais que le maire de donc que le maire euh en fait quand euh là c'est un truc très drôle parce que quand vous êtes vous-même quand vous-même vous avez été conseiller municipal durant le mandat, quand vous connaissez chacun des élus, euh choisir une personne en particulier, vous vous mettez moi moi j'ai j'ai un profond respect des institutions et j'ai une idée très saz je suis un défenseur du service public à la France. française, républicain républicain.

Euh j'ai j'ai étudié le droit administratif, j'adore le droit administratif français et euh et je voilà, j'ai une vision du service public très euh euh très juridique et très noble. et choisir et l'institution du mariage ou n'importe quelle institution, j'ai pas trop envie de personnaliser et choisir quelqu'un puisque du coup c'est ce que vous vous souhaitez que ce soit à lui fait non mais de fait que vous choisissez quelqu'un si quand vous connaissez les gens vous dites je veux un tel ou un tel et moi je n'avais justement pas envie de choisir et donc le le la position institutionnelle c'était bah c'est le maire qui qui me qui qui qui célèbre le mariage comme ça j'ai pas de choix à faire parmi des conseillers municipaux que je vous voyez en tout cas que je vous taquine entre guillemets un petit peu sur aussi je vois que vous portez une cravate aujourd'hui des fois dans votre famille politique on on s'interroge y compris Jean-Luc Mélenchon Jean-Luc il en porte toujours une hein et ça dépend des échéances électorales. Je l'ai dit aussi rappelé Jean-Luc il a quasiment toujours une une cravate hein.

Et alors c'est c'est mais parce que parce que lui aussi mais là-dessus on se retrouve tout à fait. Moi, c'est quelqu'un que j'ai appris à découvrir depuis 2 ans depuis 2 ans. euh et je et qui gagne à être connu parce que je découvre quelqu'un qui est à pas du tout à l'image, je parle de de personnellement hein, de de l'image médiatique qu'on essaie d'en faire et et Jean-Luc, c'est quelqu'un qui pareil, il a cette conception du service public, il a ce respect des institutions, il a il est profondément républicain.

Il est venu euh il y a 1 an tout pile euh à Ang à Anger. Oui, on le voit ici. Donc euh vous avez appris à le connaître.

Euh il a eu lors de cette ce meeting à Anger des mots euh très durs contre les socialistes. Euh il a parlé de de traître par exemple. Euh vous c'était votre famille d'origine.

Vous cette violence dans les propos, cette violence verbale en politique, est-ce qu'elle est pour vous un moyen de de faire de la politique acceptable ? appeler les choses par leur nom. C'est pas la la violence, elle est dans la trahison.

Elle est pas dans le fait de qualifier quelqu'un qui ne tient pas sa promesse de l'avoir trahi. Je je on parlait tout à l'heure du mandat de François Hollande. Qu'est-ce qui est le plus violent ?

Mentir aux électeurs en disant "Mon ennemi c'est la finance." En leur disant "Vous allez voir ce que vous allez voir. Quand je vais remplacer Nicolas Sarkozi, je vais vous faire un programme de gauche pour les travailleurs.

Je vais faire le droit de vote des étrangers et cetera." Et au final, vous vous retrouvez avec le CICE qui était nulle part dans le programme. Je prends les exemples les plus extrêmes.

Euh la loi travail que même Nicolas Sarkozy n'aurait pas aux effifie les moyens à l'Assemblée nationale les de la part de la faire on a entendu votre plédoyer pour une forme de respect des institutions. Je reviens à vous si ça vous respecter l'institution c'est tenir compris y compris dans les mots choisis. Est-ce que c'est important de respecter son adversaire dans les mots choiser l'institution, c'est tenir ses promesses.

Est-ce que un respecter l'institution, c'est aussi peut-être est-ce que Manuel Vals, quand il vous traite d'antisémite juste parce que vous vous inquiétez du sort de nombreux gazaouis qui sont assassinés ? Ce que vous me dites c'est que si vous adversaires est-ce que c'est pas violent ça ? Employer des mots violent, vous pouvez employer des mots violents à votre je suis en train d'interroger votre jugement de ce qui est violent ou pas.

Donc est-ce que euh moi on m'a traité de euh complice des mol là parce que j'ai mis un peu de nuance dans le raisonnement en disant attention quand vous faites un embargot euh les gens qui manquent de médicaments en Iran, c'est d'abord le peuple iranien, donc c'est eux qui souffrent. des élus insoumis ont été traités d'antisémite parce qu'ils ont dit attention il y a des mortsgaoui est-ce que c'est pas ça la violence quand vous traitez et donc j'en reviens aà de renvoyer les uns les autres à ce qu'ils ont dit vous quelle est votre position par rapport à cette violence verbale est-ce que pour vous elle est acceptable en politique c'est une question très simple violent dire le parti socialiste a trahi ses électeurs en faisant la loi travail en proposant la décéance de nationalité ou à peine 6 mois après euh le NFP 6 mois après hein, on n'est pas 6 ans après 6 mois après vous répondez pas tout à fait à ma question. Bah si dire vous avez trahi c'est pas violent, c'est factuel dire vous avez trahi votre promesse.

C'est pas ma question. Ma question encore une fois c'est quand on s'adresse dans le débat public qu'on évoque un adversaire, est-ce que pour vous, c'est une question je pense qui qui intéresse ceux qui nous regardent, c'est très simple. Est-ce que pour vous, on peut euh déployer un langage euh rhthorique qui euh évoque euh une forme de de violence, d'outrance, de Non, mais qu'est-ce qui est violent ?

Euh, pardon, hein, mais euh euh les mots qui ont été employés par beaucoup de partis politiques à l'égard euh de de de mes collègues insoumis, y compris de moi-même, ils sont pas doux. Et ça vous ça ne vous choque pas. lors de jamais vu quand on nous dit qu'on est pas républicain, vous trouvez pas ça choquant alors que c'est totalement faux.

Arrachaï, lors de ce meeting euh de Jean-Luc Mélenchon à Anger il y a 1 an, il y avait peut-être dans les premiers rangs votre maman qui exerce encore aujourd'hui euh fait le la profession de psychologue. Est-ce que pour le le le l'homme politique que vous êtes, euh est-ce que est-ce vous avez ressenti de la fierté dans son regard ? Oui, évidemment, enfin tous les enfants quand quand il y a leur maman c'est un peu comme votre premier match de foot, vous voyez vos parents dans les euh enfin j'allais dire dans la tribune mais pas de tribune.

C'est le long de le long de la barrière. Bah oui, vous ressentez de la fierté et puis vous voyez bien qu'il vous regarde pas pareil. Vous avez beau vous pouvez avoir fait un match totalement pourri, ils sont super contents et vous à 50 ans, vous êtes un peu plus lic est-ce que vous avez été bon ou pas par contre.

Mais euh [rires] mais oui euh bah oui évidemment euh quand euh surtout quand vous avez le parcours que vous avez eu que vous avez été naturalisé euh moi j'ai été naturalisé très tard hein. J'ai été euh je suis devenu français officiellement en 98. Euh juste attends pour pouvoir dire que je suis champion du monde, ça c'est pas mal.

Mais c'est par contre décret signé par Lionel Jospin et Martin Avroué, ça j'en suis très content. Euh mais euh mais oui, bah oui, quand vous avez ce parcours là et que vous arrivez dans votre ville à parler euh devant plus de 1000 personnes euh en étant enfin moi je dis hein, j'ai un profond respect des institutions. Donc je je quand je un mandat électoral, je le prends pas à la légère.

Pour moi, c'est euh je le prends vraiment au sens propre, c'est je représente une partie du peuple et je dois parler au nom d'une partie du peuple. Il y a une question d'exemplarité. une question d'exemple arrêté et puis c'est c'est enfin je veux dire c'est vraiment oui c'est une charté de parler au nom de ces concitoyens de devoir porter leurs aspiration de parler pour des gens qui ont moins accès à la parole ceux qu' on pas de voix et de les défendre et de défendre leur leur qualité de vie ce que vous faites aujourd'hui pour vos parent ils sont fiers dans ces casl ce que vous faites aujourd'hui pour cette élection municipale le maître mot j'en viens au début Le slogan rendre Anger est une ville agréable mais en fonction de votre situation, elle est plus ou moins nous ce qu'on veut faire.

Euh et c'est ce que je vous disais, c'est le maître mot, c'est le fil directeur de mon engagement en politique, c'est la justice sociale. Bah c'est de faire en sorte que quel que soit vos revenus, quelle que soit votre situation sociale, quel que soit votre bagage culturel, quel que soit votre état de santé, ben de faire en sorte euh d'être d'avoir à peu près les mêmes possibilités, que tout soit le plus égal possible. Je On n'arrivera jamais euh si vous êtes en très bonne santé euh avec un compte en banque bien rempli et euh et que vous avez beaucoup d'amis et une famille très proche de vous, bah vous serez toujours un peu avantagé par rapport à la personne qui a eu des incidents, des accidents dans son parcours de vie, qui souffre de maladie, qui a euh qui a moins de revenus et cetera. et cera.

Oui, je veux pas vous dire tout le monde va être tout le temps égal sur tout et ce qu'on va faire va faire que on ne verra plus jamais de différence entre un salarié au SMIC et un millionnaire. Mais par rapport à ces inégalités dans un monde qui en froid à des inégalités consi péril climatique, on connaît les tension géopolitiques. Vous allez peut-être être éluaire très bientôt, vous allez aussi a priori être père juste après l'élection.

Quand on pense au monde qu'on laisse à la nouvelle génération, vous c'est votre premier enfant, est-ce que parfois vous avez pas envie de vous ressentez pas une forme d'abattement, une envie de de renoncer, de colère ? Euh quand vous avez commencé à vous intéresser à la politique dans les années 80 jeune adolescent et qui avait un vent d'espoir et que vous avez l'impression voilà et la chute du mur de Berlin mais pas enfin entre autres mais globalement dans le monde parce que il y a pas que l'Europe dans le monde. Vous à cette époque-là vous avez l'impression que le nombre de démocraties augmentait que l'égalité progressait que les droits humains progressaient. et qu'aujourd'hui vous avez le président de ce qui est censé être la plus grande démocratie au monde qui poste son prédécesseur en singe en singe.

Vous vous dites effectivement que ouais, vous dites mais mais on est revenu 100 ans en arrière et et quand vous pensez à votre fils, ce monde dans lequel il va grandir, vous dites qu'est-ce qu'est-ce que mon [rires] pauvre garçon, qu'est-ce qu'on vous laisse ? Après euh c'est vous avez déjà songé à arrêter vous forme de découragement parfois. Non, parce que c'est l'histoire je pense aussi de l'être humain de de jamais abandonner ce que je vous disais tout à l'heure pour le peuple iranien.

Je pense que le peuple iranien euh queles que soient ses difficultés, il va pas abandonner. Et puis globalement l'être humain, il a toujours ce truc de se dire "Allez, on va améliorer les choses, on va continuer à se battre, on va continuer à avancer." Globalement, l'humanité progresse.

Euh enfin, j'espère. Je pense ça se fait avec des phases de flu refluit de pas en avant, un pas en arrière. Bon, le tout c'est quand vous faites un petit pas en arrière d'essayer de le limiter à un seul et de repartir très vite de l'avant.

Aujourd'hui, je pense qu'on est dans cette phase là. On est dans une phase où il y a un petit recul euh des droits sociaux, de la démocratie. Dernière question rituelle arrache sali dans cette dans cette ce format trajectoire.

Je vous montre une photo. Si vous regardez cette personne, qu'est-ce que vous avez envie de lui dire ? Qu'est-ce que j'ai envie de lui dire ?

Euh c'est c'est dur de se regarder ce que tu se regarder soi-même. Qu'est-ce qu'on a envie de dire euh par rapport au parcours accompli ce qu'on a évoqué depuis le début de cette émission quand vous vous voyez là de jamais oublier d'où on vient. C'est important pour vous.

C'est le plus important. Jamais oublier d'où on vient. Et je parle de parle pas de géographie. [rires] Merci Arge Saidi.

Merci à vous. Merci à vous de nous avoir suivi et vous pouvez retrouver les autres entretiens que nous ont accordé les candidats aux élections municipales à Anger mais aussi à Nant sur notre chaîne YouTube. Yeah.

Arash Saeidi : de l'exil iranien à la mairie d'Angers [Trajectoires] — Arash Saeidi · Pourquijevote