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InterviewFrance Culture (sur YouTube)· 6 avril 2025 42 minComplaisantMixteSolidarités & familleInstitutions & électionsCulture, médias & sportJustice

Violences sexuelles dans le cinéma : quelles conclusions de la commission d'enquête ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que votre parcours artistique change dans votre rapport à la politique ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes photographe et réalisateur. À quel moment passez-vous de cette vie à député ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Votre expo sur les femmes en précarité mêle engagement artistique et féministe. Poursuivez-vous ce combat en tant que député ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Si vous deviez prendre une photo pour illustrer la situation française, où iriez-vous ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    François Baïou a critiqué la condamnation de Marine Le Pen. Vous, que pensez-vous de cette décision ?

  • 12:00RelanceRéponse directe

    François Baïou a dit être troublé par cette décision. Est-ce son rôle en tant que Premier ministre ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Sens politique, l'émission qui prend le temps de connaître un invité pour décrypter avec lui son parcours, son engagement et sa personnalité au rythme de l'actualité. Notre invité est un homme féministe, photographe et ancien champion de France de saut en hauteur, ce qui n'est pas très fréquent en politique. Né en 1971 dans le Morbillan en Bretagne, son père est maire de Rédéné, 2000 habitants dans le Finister.

Petit, il traîne dans la salle du conseil municipal et n'arrive pas à dater le début de son engagement comme s'il avait toujours été là. En 2008, 36 ans, il suit les traces familiales adjoint au maire de Quimperlet au sud du département. 35 km de Concarno et une tentative d'être maire en 2014, il échoue de peu face au Parti socialiste.

Entre-temps, il a pris sa carte au modè pour François Bairou et l'élection de 2007. En 2012, nouvelle campagne présidentielle. Il est conseillé à la communication visuelle, l'œil du réalisateur, lui qui a déjà fait des clips et des concerts de chanteurs. 2015, rapprochement du modem avec la droite, il claque la porte du mouvement centriste pour rejoindre 2 ans plus tard l'aventure en marche.

Il eut député en 2017 de la 8e circonscription du finistère réélu. Que pensent-t-il des premiers mois de François Baou à Matignon ? Comment juge-t-il la situation politique et internationale ?

Il vient de passer 6 mois à enquêter comme députés sur les violences sexuelles dans le milieu du spectacle et du cinéma. Il nous dévoile en avant-première les recommandations de son rapport. Bonjour Erwan Balanan.

Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation et merci à vous de nous écouter. Comme chaque samedi, nous sommes ensemble jusqu'à 13h30.

Je n'ai jamais rencontré de politique diplômé en art. Et vous ? Ah bah s doit y en avoir quelques-uns peut-être.

Enfin, il faudrait qu'il y en ait plus euh parce que je pense que la politique est un acte de création, c'est-à-dire écrire la loi, c'est un processus et un travail qui demande d'être créatif à mon avis euh parce que créer, c'est inventer des choses nouvelles et quand on fait la loi, il faut parfois inventer des choses nouvelles. Il faut parfois être un peu un terme qui a été à la mode à un moment donné disruptif. Mais je crois que c'est c'est quelque chose qui pourrait être utile d'avoir plus de personnes issues de ces professions artistiques et designer et et tout architectes tous des gens qui qui créent à partir de la contrainte parce que c'est ça qui est intéressant aussi dans le geste de création politique, on le fait à partir de la contrainte comme comme en art en réalité.

Vous êtes titulaire d'une maîtrise d'histoire contemporaine obtenue à Ren 2 d'un Master of Art en 1997 à l'École nationale supérieure de création industrielle du London College of Printing et vous êtes passé par l'école du Louvre. Qu'est-ce que ce parcours change pour vous Erwan Balanan dans votre rapport à la politique ? Bah, les études d'histoire à Ren I, euh on connaît Ren I, c'est une une université hautement politique qui politise le le discours, qui politise les gens et et moi, j'ai beaucoup appris à Renn 2.

Euh j'ai eu un prof que j'ai beaucoup aimé, Alain Croix, qui était un prof euh plutôt communiste hein, euh mais quelqu'un qui m'a appris le sens critique. Ensuite, les études de l'école du Louvre, ça donne une ouverture, une connaissance un peu encyclopédique, académique de l'art. Et puis euh LENC les Ateliers donc qui est la grande école de design en France.

Moi, j'ai fait les premières années des formations autour du design numérique et ça apprend une méthodologie de travail sur vous avez des contraintes, vous avez un cahier des charges et vous devez répondre à une fonction, vous devez répondre à un besoin. et et c'est quelque chose qui me sert beaucoup en politique quand j'aborde les textes de loi et quand j'aborde le travail parlementaire, c'estàdire faire des constats, analyser et ensuite essayer de créer des dispositifs législatifs qui répondent à à la demande et qui répondent évidemment aux citoyens. Ensuite, vous devenez photographe puis réalisateur.

En 2009, vous travaillez pour Florent Pier, Marc Lavoine, Berry, vous faites des, je le disais en introduction, des spectacles que vous réalisez, des clips également. À quel moment on passe de cette vie-là à député du Modem à l'Assemblée nationale 8 ans plus tard ? Mais j'ai jamais quitté l'engagement politique.

Vous avez parlé de mon père qui était maire de la commune, mais ma mère était a été pendant presque 30 ans présidente de la communauté EMAUS sur la même commune et j'ai baigné dans dans ce que ce qui est justement le sens politique de la vie, c'est-à-dire l'engagement pour les autres et et ça m'a jamais quitté en fait. et et même quand j'étais je me souviens que les certains certains des moments vous dont vous parlez là 2012 je me souviens je travaillais avec avec Marc Lavoine et j'avais essayé de l'embarquer à un des premiers meetings de François Bayerou pas en 2012 même en 2007 je crois. Euh bon voilà ça m'a jamais quitté en fait la politique ilait pas suivi.

Ah il était pas loin mais non il avait dit que son son père qui était un un vieux communiste lui aurait peut-être pas pardonné. En 2017, vous exposez à la Villa des Arts dans le 18e arrondissement de Paris un travail documentaire photographique sur les femmes en situation de grande précarité. Une expo qui s'appelle À la rencontre des femmes oubliées avec la journaliste Éloïse Bouton.

Vous avez suivre pendant 6 mois des maraodes des femmes en situation de grande précarité. Est-ce que là vous mêlez votre engagement artistique et féministe Arwan Baladan ? Et est-ce qu'en tant que député vous avez pu le poursuivre ce combat là pour ces femmes-là ?

Alors oui, oui, oui, parce que je je le sens de de mon engagement euh à la délégation aux droits des femmes pendant le premier mandat. Euh c'est c'est cit c ces sujets-là. On a beaucoup travaillé sur euh les les problèmes de précarité.

On a beaucoup travaillé et puis sur de façon plus générale sur l'égalité femme-homme. Euh mais ce moment-là qui est un moment assez étonnant d'ailleurs parce que c'est un moment de ma vie d'artiste qui était en train peut-être de décoller, c'est ma dernière expo, mon dernier vrai travail photographique avant d'être élu. Et mais il était important parce que c'était c'était un moment très émouvant de passer ces 6 mois t tous les tous les jeudis soirs et et le les mercredi et les jeudis soirs avec elle dans leur quotidien.

Et on en avait tiré une expo photo avec les textes d'Éloïse Bouton qui étaient des textes très très beaux, très forts. Euh ça ça oui, ça participe à au travail parlementaire ensuite cette d'avoir un peu trempé dans le réel. S'il fallait prendre une photo pour illustrer la situation française ou internationale du moment, vous iriez où ?

Euh, peut-être peut-être dimanche place vos banc. Euh ce sera là, ça sera là. Oui, je pense qu'il c'est là qu'il faut aller pour voir cette énorme contestation de l'état de droit qui est en train de s'organiser dans notre pays par Marine Le Pen et ses affidés.

Vous parlez du rassemblement de Jordan Barnella et Marine Le Pen après la décision justice. Exactement. Exactement.

Il est vrai qu'il y a des interrogations et j'ai moi-même souvent exprimé des interrogations sur le seul sujet qui me paraît devoir être dans cette affaire sous notre observation. En principe de droit, toute décision lourde et grave en matière pénale doit être susceptible d'appel. Toute décision est de recours.

Il se trouve que le seul point de l'exécution provisoire fait que des décisions lourdes et graves ne sont pas susceptibles de recours. Des décisions potentiellement porteuses potentiellement porteuses de conséquences irréversibles ne sont pas susceptibles d'appel. Je l'ai dit comme citoyen à différentes reprises.

Par exemple, par exemple pour le maire de Toulon, je considère que il devrait y avoir possibilité, je considère comme citoyen qu'il devrait y avoir Je suis citoyen. Je suis citoyen. Je Voilà.

Et donc les principes du droit, allez s'il vous plaît. Et donc les principes du droit, s'il vous plaît, font que les décisions de justice sont protégées, que les magistrats doivent être soutenus et que c'est au Parlement lorsque il s'agit de s'interroger, de prendre ses responsabilités. François Bairou dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale mardi 1er avril au lendemain de la condamnation dont on parle Erwan Balanan de Marine Le Pen à 4 ans de prison dont deux ferme inéliggibilité de 5 ans avec exécution provisoire.

Elle a fait appel de cette décision. Est-ce que dans l'enceinte de l'hémicycle François Bairou est citoyen ou premier ministre ? Il est premier ministre.

Quand on est premier ministre il y a il y a des règles qu'on doit rappeler. Qu'il a rappelé d'ailleurs. Il l'a rappelé avant ou après, je sais plus exactement. euh la règle et et quand on est premier ministre, il faut aussi rappeler ce que ce qu'est une démocratie.

Euh et aujourd'hui, on a des attaques frontales sur ce qu'est notre modèle démocratie démocratique, pardon. Euh la démocratie c'est des votes effectivement des citoyens qui votent pour un pour leurs représentants les députés. On a aussi le vote des sénateurs et cette l'assemblée et le parl enfin et le Sénat, le parlement font la loi, les juges applique la loi et si à un moment donné euh les la les citoyens et la pression citoyenne estiment que la loi doit changer, on peut imaginer changer la loi.

Mais jamais jamais on ne critique la décision des juges. D'ailleurs, c'est pas ce qu'a fait François Baïou. François n'a aucun moment critiqué les juges.

Il n'a pas critiqué le jugement, il a critiqué le dispositif qui permettait le jugement. Il a quand même fait savoir par son entourage qu'il était, je cite, troublé par cette décision. Est- bien son rôle en tant que premier ministre ?

Oui. Alors moi je l'ai dit, j'ai pas été troublé. Moi je moi je le dis ce qui vient de se passer malgré les attaques de Marine Le Pen qui dit que c'est un déni de démocratie, c'est tout le contraire en fait.

C'est un c'est le schéma démocratique qui vient de se dérouler, c'est-à-dire les juges euh au nom du peuple français ont appliqué les textes qui sont les textes le qui sont le droit posi qui est le droit positif. Ils n'ont rien fait d'autre que cela. et et toute attaque sur les juges plus des attaques en plus parfois personnellement sur des juges voilà sont inadmissible et ce qui est en train de se produire avec l'émission les le l'émission pardon pas l'émission la manifestation de de dimanche est une attaque frontale à la démocratie pour moi et c'est quelque chose qui s'organise au niveau international en ce moment les premiers soutiens de Marine Le Pen ont été des personnes qui dans leur pays ont remis en cause l'état de droit l'ont transformé.

Je pense à la à la Tur à la à la Hongrie, pardon. Je pense à Elon Musk, je pense à un certain nombre de personnes qui aujourd'hui euh dans une sorte d'organisation internationale d'extrême droite, pour pas dire internationale fasciste, sont en train d'organiser le une remise en cause totale de notre modèle démocratique occidental. On on voit que que les mots ne sont pas du tout les mêmes que ceux de François Baïou qui est dans votre partie.

Pourtant, regardez en janvier par exemple ce qu'il disait. Il estimait que ces procès visant le modèle comme le RN parce qu'on va en parler, le modem a aussi été condamné pour des pour les mêmes faits. C'est ces ces process étaient fondés, je cite, sur une accusation injuste disait François Baïou.

Alors, c'est c'est François Baou sur cette question. il il pense qu'un qu'un attaché parlementaire fait automatiquement de la politique et pour le coup, il a pas tout à fait tort et la frontière est est subtile. Vous avez dit que le modem a été condamné pour les mêmes faits.

Non, pas du tout. Le modem, la condamnation, elle est minime sur une une somme qui n'a rien à voir avec les 4100. C'est 300000 € 200000 € 200000 € 200000 €.

Il y a eu quelques condamnations dans quelques condamnations qui sont plus de l'ordre de euh des erreurs de calibrage d'un certain nombre de contrat. Chez nous, navions nous avions décidé d'avoir des contrats quand vous étiez attachés parlementaire. Si vous travaillez pour le parti, vous aviez un double contrat et donc vous étiez à mi-temps pour l'un et à mi-temps pour l'autre. que ça soit clair.

Et c'est ça ça a été reconnu par la juge pour le cas du modèle qu'il n'y avait pas eu d'organisation de détournement d'argent public au modème. Il y a eu quelques erreurs mais pas de d'organisation et c'est toute la différence. Est-ce que François Baïou, s'il a cette attitude dans cette histoire, c'est aussi parce qu'il est il serait jugé parti parce que il a été relaxé en première instance mais le parquet a fait appel, hein, pour son cas à lui.

Je François Baou a très mal vécu euh ce procès euh sur le modem parce que c'était des accusations qu'il a qu'il a qualifié d'injuste et qui je pense pour le cas du modem était assez injuste. preuve, on n'est pas au niveau de détournement massif comme 4100, je rappelle 4100 avec en plus une organisation qui est quasi militaire pour le faire et qui est assumée. Et c'est ça qui est grave chez Marine Le Pen, d'ailleurs, c'est ce qui explique en partie la décision des juges sur sur la sévérité, c'est que c'est assumé.

Et et chez nous, on avait toujours été très on a toujours été très vigilant sur l'argent public et sur sur ces contrats et cette sur cette difficulté d'avoir des gens qui travaillent effectivement pour un parti et en même temps pour un parlementaire, ce qui est assez souvent logique et et on avait fait des doubles contrats. Donc on était dans quelque chose de profondément différent et François Baou l'a particulièrement vécu. Oui.

Alors est-ce que c'est ce qui explique son trouble ? Peut-être évidemment, mais je crois qu'en tant que premier ministre, il l'a fait, il a bien rappelé qu'on ne conteste pas les décision de justice, sauf quand on est mise en cause et qu'on peut évidemment faire appel. Est-ce qu'il y a un cordon sanitaire entre le modè et le RN ?

Je vous dis ça, Balan parce que François Baou est assez clément parfois avec Marine La Pen. Il lui a donné son parrainage à la présidentielle en 2022. Euh juste avant ce jugement de lundi dernier, ils échangaient ensemble sur la proportionnelle.

Euh il voulait accéder à sa demande de créer une banque de la démocratie. Est-ce qu'il y a des liens entre vos partis ? Al la banque de la démocratie c'est nous hein.

C'est nous qui l'avons proposé il y a très longtemps et Marine Le Pen l'a la l'a a souhaité la reprendre. Euh ce qui ce qu'il y a de le cordon sanitaire, il est total sur les idées du Rassemblement national. Chez nous, vous aurez pas un parlementaire pour être bienveillant vis-à-vis des idées du Rassemblement national.

Nous les combattons et nous les combattons avec force et détermination tout le temps. Mais ce que ce que exprime là François Baou, je pense, c'est c'est cette idée de se dire que c'est une famille politique française et qu'elle a le droit de s'exprimer. Mais je oui, elle a le droit de s'exprimer mais il faut qu'elle s'exprime dans le cadre de nos institutions et en respectant nos institutions.

Euh Marine Le Pen a déposé un projet de loi constitutionnelle le 25 janvier 2024 il y a pas très longtemps et ce projet de de loi constitutionnelle dépèse complètement notre 5e République. et et on le on l'a pas dit assez et ces gens-là c'est le Rassemblement national n'a qu'une idée, c'est faire écrouler notre système démocratique et notre système de valeur. Mais justement en accédant à sa demande si si le Premier ministre le fait sur la proportionnelle, n'est-ce pas lui faire un cadeau ?

C'est la proportionnelle euh pour moi, j'ai je on en a déjà parlé ensemble dans d'autres émissions. Euh je je pense que c'est un système qui est un système juste, qui est un système qui permet de travailler en coalition, qui est un système qui permet d'avoir de la nuance en politique. Euh donc oui, il faut faire la proportionnelle mais il ne faut pas toucher au reste.

Et c'est ce que veut faire Marine Le Pen, c'est toucher au reste. Marine Le Pen n'a pas besoin de la proportionnelle pour arriver au pouvoir. Hélas.

France Culture sens politique à stre de Villen il y a un moment donné ça va procè je me taille tout de suite hein déjà vous êtes vous êtes dans une commission d'enquête monsieur mais une commission d'enquête on a l'impression que voulez me faire dire quoi non mais vous que Gérard de par je ne dois pas dire que je l'ai apprécié à une époque qu'est-ce que vous voulez savoir mais c'est la question en plus vous avez le droit encore de l'apprécier j'ai le droit d'avoir mon opinion vous n'êtes pas là pour me pour me faire la moral je suis désoléord Absolument la R et vous arrêtez de faire la morale à tout le monde. Est-ce que je peux vous poser une question monsieur ? Commence à bien faire un extrait de l'audition de Dominique Bestar agent artistique face à Sandrine Rousseau qu'on a entendu la présidente de cette commission d'enquête et vous Erwan Balanan qui êtes le rapporteur de la commission d'enquête sur les violences sexuelles dans le cinéma le 17 mars dernier.

C'est pas exactement ça son intitulé. C'est sur l'ensemble des milieux artistiques, la publicité, l'audiovisuel. Ça a duré 6 mois.

Vous avez été mobilisé avec elle. Vous avez interviewé 90 personnes dont des acteurs très connus, des syndicats, des petites mains de ces milieux-là. Que faut-il retenir de ce rapport ?

Euh ce qu'il faut retenir de ce rapport, c'est que ce monde de la culture, spectacle vivant, cinéma, la mode, la publicité, euh la musique est à l'image en réalité de notre société, c'estàdire une société encore sexiste et une société patriarcale. Mais dans ce milieulà, par l'organisation, par la difficulté de faire ce métier, par le fait que certaines personnes font ce métier par passion, il y a des choses qui se passent encore plus graves. Vous avez aussi de l'omerta et donc en réalité c'est le reflet de la société mais un reflet amplifié.

Mais c'est un monde aussi qui a pris conscience qu'il fallait qu'il change, qui a déjà engagé un certain nombre de changements. C'est ce que l'on on constate dans le rapport. Mais on a besoin d'amplifier les décisions qui ont été prises.

On a besoin d'aller beaucoup plus loin en fait parce que parce que ce ce monde ne peut pas on peut pas avoir une exception culturelle française qui devient une machine à broyer des talents. Et vous allez très loin hein dans ces 87 recommandations. Encadrer les castings en rendant obligatoire leur organisation dans des locaux professionnels pendant les heures ouvrables en présence de deux personnes. ou moins avec interdiction de demander aux comédiens de se dénuder et de leur faire réaliser des essais sur la base de scène d'intimité ou à caractère sexuel, sauf si un coordinateur d'intimité là déclarer obligatoirement l'ensemble des castings organisés auprès des pouvoirs publics, encadrer le contrôle des productions qui emploi des enfants.

Est-ce que le milieu du cinéma va totalement changer après si les recommandations de ce rapport sont alors sont appliquées ? Moi, moi ce ce rapport euh il y a il y a 87 propositions, il y a des propositions fortes, il y a des propositions d'ajustement. Euh moi je le fais avec beaucoup d'humilité.

Je le pose sur la table du débat et je et je dis maintenant professionnel de du monde de la culture, c'est à vous de vous en saisir et travaillons ensemble pour faire évoluer le cadre et aller vers une loi qui encadre un certain nombre de choses. Je je pense qu'on doit mieux encadrer la situation des mineurs. Je je on constate qu'aujourd'hui il y a des choses qui ne qui ne vont pas. on doit euh coordonner un certain nombre de de productions qui ont besoin d'être mieux formé encore.

C'est ça c'est fait mais ça doit être fait encore mieux. Et puis on a un petit sujet aussi euh sur les agents qui aujourd'hui sont des des personnes qui doivent accompagner les les acteurs, les actrices et qui le font peut-être pas suffisamment sur le terme de sur le point de l'accompagnement quand ils ont été victimes ou quand ils se sentent en souffrance face à quelqu'un. Et donc il y a il y a beaucoup de choses à faire mais je le dis vraiment humblement, c'est aussi à ce milieu de changer pour être exemplaire parce que s'il est le reflet de la société, il peut aussi être un miroir d'une société qui se transforme et une société qui sort de ce patriarcat qui lui fait tant de mal.

Est-ce que vous vous attendez à des réactions diverses et variées pour la réception de ce rapport ? Est-ce que vous savez à qui il va plaire, à qui il va déplaire ? Et c'est peut-être au réalisateur que je m'adresse quand on lit par exemple la recommandation numéro 64, donner obligatoirement au talent un droit de regard sur le montage des scènes faisant apparaître leur partie intime.

Mais ça me paraît assez normal, je pense. Vous croyez pas que les réalisateurs vont se dire que leur liberté artistique est Mais la liberté la liberté artistique, elle doit elle doit se se s'en elle est encadrée par un code du travail, par des règles. Si vous avez quelqu'un, une femme ou un homme qui ne souhaite pas qu'on voit ses parties intimes, c'est tout à fait logique qu'elle le dise.

Et si il y a une autre proposition oui mais la il y a une autre proposition qui dit qu'il faut contractualiser les choses et qu'il faut mieux storyboarder les choses. C'est-à-dire que les scènes d'intimité doivent être cadrées et c'est-à-dire qu'on peut pas demander à une actrice qu'on lui dire "On ne verra pas tes seins" et que la l'actrice découvre dans les rush et dans le le le film final, c'est sain, c'est pas possible. Donc c'est tout simplement ça ça se passait.

Ben bien sûr, bien sûr. Vous avez le témoignage d'Anna Mougladis dans dans la commission d'enquête qui nous dit qu'elle ne souhaitait pas que l'on voit son sexe et son sexe est vu et vu tellement vu qu'il est même dans la bande annonce du film. Donc ça c'est c'est pas un droit de regard, c'est juste du bon sens.

Certains acteurs comme Pierre Ninet, Jean du jardin Pomarmaille ont demandé le H clos pourquoi leur avoir accordé qu'avez-vous appris dans ces auditions à H clos qui n'auraient pas pu être dit publiquement ? Alors, on a auditionné les grandes actrices françaises à H clos. Donc, il était assez logique, en parallélisme des formes, que les les hommes euh qui sont ces grands acteurs aussi soient à huit clos.

Euh moi, je regrette parce que leur audition était très intéressante, très intéressante sur euh euh cette différence justement entre de perception entre les femmes et les hommes sur ce milieu-là. Euh les les hommes n'ont pas vu pendant très longtemps que des femmes étaient en souffrance, que des femmes étaient euh agressé sexuellement et et cet omerta euh ce ce ces nom dit euh sont assez révélateurs aussi. Et les hommes, moi je leur ai posé la question, est-ce que vous pensez qu'à certains moments vous avez été un peu inapproprié, un peu lourd ?

Parce qu'on l'a tous été. Quand quand on est un homme, quand on a été élevé dans cette société patriarcale, on a tous et tous les garçons eu des rapports aux femmes qui sont un peu lourds, il faut l'admettre. Et ils l'ont admis, ils ont dit "On va changer et je trouvais ça intéressant et ce milieu, ce monde et ce pays changera si les hommes aussi changent." Gill le louche en effet parce que les les les auditions étaient à H clos mais les compte-rendus sont publics et Gill Lelouche réalisateur et acteur a dit en effet si je dois faire une radioscopie de mes comportements c'est sûr que j'ai dû être lourd c'est évident ou peut-être un dernier mot c'est la recommandation numéro 3 mieux mettre en avant le travail des femmes artistes oubliées par l'histoire de l'art pourquoi est-ce quel est le lien avec les violences sexuelles parce que ces femmes, ces grandes femmes artistes sont des rôles modèles et sont les rôles modèles pour d'autres femmes et pour les petites filles d'aujourd'hui.

Vous savez, par exemple, j'ai découvert récemment que la la sœur de Mozart était une très grande interprète, était peut-être aussi doué que son frère. Elle a on lui a on l'a obligé de se marier et elle n'a jamais fait de carrière. C'est dommage.

C'est dommage tout simplement pour l'art parce qu'on perd un potentiel incroyable. C'est aussi pour ça que je pense qu'il faut qu'il faut changer. Alors Herwan Balanan, pourquoi rejoignez-vous en 2007 le modèem ?

Ah, c'est une bonne question euh parce que je suis profondément démocrate et que ça s'appelle le mouvement démocrate et que j'ai toujours eu cette idée que la démocratie était le meilleur des systèmes pour notre pays, mais que c'était aussi un système extrêmement complexe et le mouvement démocrate est une vieille émanation d'un vieux parti qui est le parti populaire démocrate fondé par un certain nombre de députés dans les années 20 qui se mettait sur une voie un peu centr justement entre l'international socialiste et le capitalisme galopant qui était en train aussi de d'exister en en et qui est le parti qui a créé le mouvement politique via sans niet, qui a créé les mutualités, qui a créé le le mouvement coopératif en France et cette idée de se dire que la coopération entre les hommes, le respect de la personnalité humaine pouvait s'inscrire dans une économie de marché et c'est c'est ça m'intéressait et François Bairou à l'époque avait fait un certain nombre de discours qui m'avaient intéressé et j'ai adhéré au modèem en 2007 suite à l'élection 2000 de 2007 où François Baou a failli arriver au second tour, on l'oublie parfois. Et en 2015, vous le quittez ce parti ? Oui.

Oui. Parce que j'étais plus tellement en phase avec certains accords qui avaient été faits, dont l'accord avec Voquier dans le les Ronalpes dans le Ronalpe à l'époque. C'était une alliance avec pour les élections régionales.

Ouais. Ouais. Approuvé par les adhérents, vous vous claquez la porte.

Mais aujourd'hui, je claque la porte, mais je claque la porte gentiment. En réalité, je prends mes distances et puis je me dis bah peut-être que je vais mettre en entre parenthèses mon parcours politique. Et ça a été un moment où je me suis dit peut-être qu'il faut penser à autre chose que la politique parce que ça devient très vite une obsession dans une vie la politique et ça peut avoir des conséquences sur votre vie professionnelle et même parfois sur votre vie familiale.

Et donc c'était un moment où j'avais besoin de prendre du recul mais forcé de constater que j'ai pas pris du recul très longtemps et que j'ai été rattrapé en 2017 par la patrouille. Et alors en 2017 vous allez sous aux législatives que vous aviez déjà raté une fois cette fois-ci sous bannière en marche. Non, en réalité, j'ai Non, non, mais ça c'est c'est une grande confusion que ça circule sur ou ça circule.

Mais alors non, vous n'avez pas été élu sur en marche. En marche à l'époque c'était c'était le parti c'était le parti d'Emmanuel Macron et le modèem. C'était l'ensemble qui s'appelait en marche et et il y avait un accord ensuite pour avoir un groupe qui qui allait s'appeler ensemble pour c'était ensemble pour la République d'ailleurs.

C'était il y avait le parti en marche et Modem et ensuite ça a beaucoup changé de nom. Ça a beaucoup changé de nom et et voilà. Et moi j'avais il était clair il pour moi c'était évident que je rejoignais le groupe modem s'il y avait un groupe modèe.

Est-ce qu'il a bien fait François Baon en 2017 de se retirer de la course à l'Élysée pour Emmanuel Macron ? Oui, je je pense. Oui, oui, oui, je pense parce que ça a permis à Emmanuel Macron d'être élu.

Je pense que c'était évidemment la meilleure des solutions pour le pays à ce moment-là. Et voilà. et et maintenant c'est parfois plus difficile mais c'est plus difficile parce que l'usure du pouvoir mais je crois qu'on est quand même dans les bonnes intuitions en réalité que ce pays a redémarré en partie tout n'est pas parfait il y a encore beaucoup de choses à faire il y a des choses qu'on a mal faites à redémarré vous dites depuis Emmanuel Macron ou depuis François Baou ?

Non depuis depuis Emmanuel Macron depuis 2017. Vous partagez ce que dit Édouard Philippe, que rien ne de d'important ne sera fait en 2 ans. Et ben je je non je je me suis un peu euh fâché quand j'ai entendu ça parce que je pense qu'on peut faire beaucoup de choses et puis les Français peuvent pas attendre 2 ans sur plein de sujets.

Ils peuvent pas attendre 2 ans sur la question de la santé, sur la question de l'éducation nationale. Ils peuvent pas attendre 2 ans les Français. Euh donc il faut qu'on avance sur un certain nombre de de sujets.

Et d'ailleurs, on l'a fait on l'a fait depuis depuis depuis l'élection législative de 2024. Euh beaucoup de sujets ont avancé pour les Français, beaucoup d'ajustements ont été faits et il faut continuer. Vous disiez tout à l'heure que vous aviez euh quitter euh pris des vos distances avec le modè par pour une alliance électorale avec LR.

Aujourd'hui, euh quand Bruno Rutaillot par exemple euh est ministre de l'intérieur, quand le premier ministre parle de sentiment de submersion migratoire, est-ce que vous vous dites que c'est le pays qui s'est droitisé ? C'est vous qui avez qui aval les plus de couleuvre en vieillissant ? Comment vous vous analysez ces deux phénomènes entre 10 ans après ?

Quoi ? Ouais, mais parce que c'est dans un on est dans un autre moment politique. On est dans un moment politique où on a une montée des radicalités qui demande à l'axe républicain et démocrate de faire union.

Moi, je souhaite qu'on travaille avec aussi les sociaux-démocrates. Moi, je pense que dans ce moment difficile, cet arc central, il doit aller des républicains modérés jusqu'aux socio-démocrates, voire même vers certains écologistes et certains communistes. Je pense qu'il faut retrouver l'esprit du CNR, du Conseil national de la Résistance.

Nous sommes dans un moment où les personnalités politiques qui croient en notre système de valeur, qui croi à ce qui a été à ce qui est la France en réalité doivent doivent s'unir de LR au Parti communiste. Oui, pourquoi pas ? C'est pas la voix toute tracée pour le populisme.

Non, je crois pas. Au contraire, c'est c'est la voix pour justement faire baisser les radicalités dans notre pays. Je crois que nous sommes dans un moment où on entre guillemets, je vais employer un mot grossier, on s'engueule trop dans ce pays.

Euh on arrête, on on narrête pas de s'investiver et je crois que le moment peut-être est une absolue nécessité de trouver du consensus, de discuter et sur beaucoup de sujets, on n'est pas si éloigné. Sur beaucoup de sujets, on n'est pas si éloigné. euh on a des différences et on les aura toujours et il faut les respecter et c'est aussi ça la démocratie.

Mais euh on on ne peut pas continuer dans ce moment euh qui est un moment de tension extrême au niveau international à être aussi divisé à l'intérieur de notre pays. Sens politique, l'archive de l'invité. Oui, en France l'accès à l'IVG est garanti par la loi veille.

Oui, la juridiction constitutionnelle l'a considéré comme conforme à la Constitution. Oui, notre bloc de constitutionnalité, en particulier l'article 2 déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 reconnaît la liberté de la femme. Oui, la loi du 2 mars 2022 est venue renforcer l'accès au droit en portant à 14 semaines de grossesse le délai de recours à l'IVG.

Il faut heureusement, aucun parti politique français n'a verbalisé à ce jour, à ce jour son souhait de revenir sur la loi veille. Mais devons-nous nous accommoder de cet état de fête au motif que notre constitution n'aurait pas de vocation à cataloguer des droits individuels ? Quelle difficulté y aurait-il à renforcer en ces temps troubles les gages donnés à la préservation des droits reproductifs et sexuels des femmes ?

Rappelons que si nous débattons aujourd'hui, c'est que justement ce droit à l'IVG ne bénéficie pas de la protection la plus forte qu'il soit. Son inscription dans notre norme suprême, la Constitution. C'est votre voix Erwan Balanan qu'on entend député modame à la tribune de l'Assemblée nationale pour la constitutionnalisation de l'IVG le 24 novembre 2022.

Vous parliez des divisions, des angueulades. Voilà un moment où il y avait une forme de consensus. Exactement.

Euh en réalité euh je fais cette DG parce que je suis l'auteur de l'amendement qui a discussion générale euh parce que plus loin dans le texte qu'on va étudier euh j'ai réussi à trouver un consensus sur un amendement que je dépose et qui est repris par l'identique par les parties du bloc central et que Mathilde Panot qui qui porte ce texte dit qu'elle va le voter et on trouve un consensus qui permet de faire redécoller la question et je crois que c'est l'exemple de ce que je disais tout à l'heure, c'est-à-dire que parfois nous pouvons trouver des solutions pour avancer sur des projets et là c'était un projet qui est un projet vital pour les femmes et un projet de droit et maintenant nous l'avons constitutionnalisé et ce n'est pas rien et tout ça c'est un travail qui a été fait parce que on a pris le temps, on a discuté malgré nos différences, malgré parfois les conflits qu'on peut avoir, il y a des sujets sur lequels on peut se retrouver, on peut se retrouver sur l'essentiel et moi je crois qu'il faut le faire plus souvent sur plus de sujets. Le 8 mars 2024, l'IVG est donc inscrite dans la Constitution. Vous étiez au congrès de Versailles.

Ce n'était pas arrivé à une révision constitutionnelle depuis 2008. H quel souvenir gardez-vous de ce moment-là ? Bah moi, un grand moment de de fierté en fait parce que je je sais avoir été acteur de ce moment et dans le dans une vie parlementaire et dans une vie de politique, avoir été un des acteurs d'un changement de la constitution, c'est pas c'est pas rien.

Et surtout sur ce sujet qui est un sujet euh qui qui vous qui qui dit beaucoup de choses sur notre pays. Nous sommes le premier pays à l'avoir constitutionnalisé. Et si nous le faisons, c'était aussi en réaction à la Cour aux arrêts de la Cour suprême aux États-Unis qui remettait en doute et en cause ce droit pour les Américaines.

Et ça, je trouve, c'est aussi pour ça que je vous ai proposé cette archive, c'est que ça fait énormément écho à ce qui se passe partout dans le monde. C'est-à-dire que souvent la France peut avoir un rôle moteur et quelque part être un modèle pour l'autre d'autres démocraties. Avec modestie, évidemment, on a encore beaucoup de défauts dans notre pays, mais au moins sur la question des valeurs, des droits, des droits humains, euh je crois qu'on doit continuer ce travail d'être un peu un un phare pour euh pour l'ensemble du monde.

Vous avez d'ailleurs dit à France Bleue à l'époque, ici aujourd'hui, euh que vous étiez favorable à des changements constitutionnels. Oui. Euh a il y a beaucoup de changements constitutionnels à à voir.

Il y en a un en particulier sur l'article 89 la révision pour dire explicitement dans l'article 89 qu'on ne peut pas réviser la Constitution par l'article 11 par autre aucun autre article que la 89. C'est-à-dire qu'on ne peut pas faire de révision constitutionnelle par l'article 11. C'est un peu technique fait de Gaulle.

Ce qu' a fait de Gaulle mais dans un autre contexte. Vous voulez l'inscrire pour que personne ne le fasse. Je veux l'inscrire pour personne que personne ne fass tout simplement le projet constitutionnel de Marine Le Pen.

Et j'invite tous les citoyens français à lire ce petit ouvrage qui est un ouvrage de Pierre Betquet, la révolution nationale en 100 jours et comment l'éviter. Dans ce texte, il explique comment en 100 jours Marine Le Pen peut complètement renverser nos nos valeurs, complètement renverser notre démocratie en France. C'est explair comme de l'eau de roche et je crois que tout le monde devrait le lire et beaucoup de personnes devraient s'inspirer et moi je pense qu'on doit faire une révision constitutionnelle pour cet article 89.

On trouverait le soutien des sénateurs parce que si Marine Le Pen fait son œuvre, les sénateurs sont mis au banc et ne serviront plus à grand-chose. Elle ne veut plus du Sénat. C'est pas qu'elle veut plus du Sénat, mais si à partir du moment où elle met en place cette réforme où il y a 17 articles de la Constitution modifié, 6 articles nouveau, c'est pas rien.

On sort de la 5e République avec ce projet de Marine Le Pen du 24 du 25 janvier déposé au 25 janvier 2024. Une question d'Estban qui nous écrit à Marseille sur Instagram. À votre avis, quelles seraient les bonnes questions à poser en référendum ?

Alors, c'est un c'est c'est un sujet compliqué parce que moi je pense que certains grands sujets de société pour être interrogé par référendum. Euh mais moi je me méfie beaucoup du référendum. Je je trouve que le référendum a ce côté plébiscitaire qui souvent tombe à côté de la vraie question.

Et donc pourtant vous défendez la 5e République quand même le référendum en pilier. Oui, mais je pense que la 5e République est un modèle d'une souplesse incroyable. Euh, elle est solide mais je pense qu'elle a quelques ajustements à avoir et par exemple, je pense que nous pourrions l'article 11 l'améliorer pour pour que on puisse avoir des vrais référendums d'initiative populaires.

Ça ça serait quelque chose d'intéressant qui aujourd'hui n'est pas n'est pas vraiment le cas. Euh dans votre réforme constitutionnelle, est-ce que vousez l'amendement que vous aviez déposé une fois pour supprimer l'élection du président de la République au suffrage universel direct ? C'était un c'était un amendement de provocation pour juste rappeler que nous sommes dans un dans une dans une vision de la 5e République qui n'est pas à l'esprit de de ce qu'elle était initialement.

La 5e République n'était pas un régime présidentiel. La volonté du constitutionnaliste à l'époque était de faire un un régime parlementaire, on va dire tempéré ou modéré et et aujourd'hui ça c'est plus le cas par la pratique. Le président de la République, quel qu'il soit et c'est pas du tout un jugement vis-à-vis du président actuel et d'Emmanuel Macron a trop de pouvoir où on attend trop de lui.

Et notre président de la République ou peut-être j'espère un jour notre présidente de la République est souvent l'homme ou la femme confidentiel et devient très vite l'homme ou la femme pestinancielle. Et c'est un vrai sujet je trouve c'est ce côté on attend beaucoup d'un homme, on en attend trop et cet homme c'est pas qu'il va décevoir, c'est que l'usure du pouvoir, la difficulté du pouvoir fait qu'il devient haï et ça bloque le pays et c'est pas satisfaisant. Et je pense que le retour à un parlementarisme, à des parlementaires qui peuvent faire œuvre collective serait mieux pour notre pays.

Donc c'est un amendement de provocation mais dans le même temps, vous vous pensez qu'il a trop de pouvoir ce président de la République. Vous entendrez Herwan Balanan ? les pratiques constitutionnelles, les les pratiques institutionnelles qui se sont mises en œuvre depuis euh en réalité depuis 1962 euh et le l'élection au suffrage universel du président euh sont pour moi euh problématiques.

Oui. Oui. Je pense que un parlement fort, il y a pas de démocratie forte sans parlement fort et notre parlement n'est pas assez fort parce que le président est trop fort.

Mais je parle pas d'Emmanuel Macron, c'était la même chose pour monsieur Sarkozi. C'était aussi la même chose pour monsieur Hollande et c'était la même chose pour les autres. Il faut lui enlever par exemple le pouvoir de nommer le Premier ministre selon vous pour qu'il émane directement de l'Assemblée ?

Non, je pense pas mais il faut qu'il y ait un certain nombre de de ça peut être à ISO constitution cette cette histoire là. Je je la la le vrai chef de l'exécutif dans notre pays c'est Matignon. C'est c'est le président de le pardon le premier ministre.

C'est sur le papier sur le papier. Mais mais normalement ça ça l'a été à un autre moment. Ça l'a été pendant la combitation de Jospin.

Jospin était le chef de l'exécutif et et je pense que que il faut il faut retourner à cette idée là. Oui. Est-ce qu'il a bien fait François Baï en décembre dernier de tordre le bras d'Emmanuel Macron pour être nommé à Matignon ?

Bah je sais pas s'il lui a tordu le bras déjà. En tout cas je je pense qu'à ce moment-là et ça a été prouvé par la suite parce que on a réussi à avoir un budget alors qu'on pensait que tout était bloqué. Je pense que c'était l'homme de la situation.

Oui. Un dernier mot peut-être sur un sujet qui vous est cher Balanan, c'est le harcèlement scolaire. Vous aviez remis un rapport.

Décidément, vous n'arrêtez pas de faire des rapports. Non, j'ai fait une loi aussi sur le harcèlement. Oui, une loi.

Mais vous aviez aussi fait un rapport en 2020. Une proposition de loi adoptée quasiment à l'unanimité. Deux abstentions.

Toujours qui sont ces Oui, je je je sais mais je vais pas vous le dire. Bon, c'était une proposition de loi pour faire un délit pour transformer le harcèlement scolaire en délit. Aujourd'hui, le ministère de l'éducation nationale a fait une enquête en 2024 qui dit que plus d'un enfant sur par classe est est concerné.

Les propositions que vous faisiez, donc le délit, la distribution d'un livret de sensibilisation aux outils numériques pour les parents, la formation de l'ensemble des membres de la communauté scolaire, où en sont-elles ? Alors, déjà la la création du délit, c'était euh le dernier point de d'un texte de loi qui est un texte de loi qui était jugé important sur ce sujet, qui donnait aussi des obligations de prévention à tous les établissements et des obligations d'accompagnement des victimes et des auteurs. Et ça c'est en cours de de mise en place et moi je souhaite que assez vite on puisse évaluer cette évaluer cette voie cette loi parce que c'est aussi le travail des parlementaires d'évaluer le travail qu'on a fait et qui et et sa déclinaison pour peut-être encore adapter parce que le harcèlement scolaire est un fléo pour notre société.

Un enfant qui perd qui est harcelé est un enfant qui perd confiance en lui, il perd confiance en ses camarades, il perd confiance en l'institution colère scolaire et en réalité il perd confiance en la société et c'est et on peut pas tolérer tolérer cela. Est-ce que pour vous ce sont les réseaux sociaux qui aggravent ce phénomène ou ça s'explique par d'autres facteurs ? Les réseaux sociaux euh sont évidemment un facteur aggravant parce que les réseaux sociaux n'offrent aucun répen quand vous étiez harcelé à l'école avant vous rentriez dans le cocon familial vous trouviez un moment de répi aujourd'hui avec le le les réseaux sociaux c'est permanent et surtout ça peut devenir massif.

Souvenons-nous de de l'affaire Mila. Euh Mila, c'est du harcèlement qui est devenu international et quand vous avez 15 ans, c'est impossible de de résister à cela. Merci Aran Balanan, député du modèle, d'être venu dans sens politique.

On pourra lire donc l'intégralité de votre rapport avec la présidente Sandrine Rousseau publiée mercredi prochain sur les violences sexuelles et comment lutter contre ces violences sexuelles dans le milieu du spectacle et du cinéma. Vous pouvez réécouter cette émission et toutes les autres sur franceculture.fr et sur l'application Radiofance.

Je rappelle pour toutes celles et ceux qui nous posent la question sur le choix de nos invités que nous respectons les règles de l'ARCOM qui impose le pluralisme en fonction des forces politiques représenté au gouvernement et au parlement y compris hors période électorale. Merci Alvarin qui m'a aidé à préparer cette émission accompagné d'Annecler Basin cette semaine à la réalisation Luc Jean Renault à la technique MarieCla ouabadi à la vidéo Ruben Carmazine. Très bel après-midi sur France Culture à samedi. [Musique]

Violences sexuelles dans le cinéma : quelles conclusions de la commission d'enquête ? — Erwan Balanant · Pourquijevote