"Marine Le Pen : pourquoi elle y croit" Les questions SMS 21-02-2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:02OuverteRéponse directe
Quel candidat constituerait la pire menace pour Marine Le Pen ?
- 1:51OuverteRéponse directe
Une alliance entre le Front National et les Républicains est-elle imaginable au second tour ?
- 3:54OuverteRéponse partielle
L'idée de retrouver une certaine souveraineté du pays est-elle nécessairement d'extrême droite ?
- 5:38OuverteRéponse directe
Marine Le Pen exige que les étrangers respectent les coutumes françaises, pourquoi n'applique-t-elle pas ce principe à elle-même quand elle est à l'étranger ?
- 6:36RelanceRéponse directe
Le risque n'est-il pas une très forte abstention au second tour qui permettrait à Marine Le Pen d'accéder à l'Elysée ?
- 7:03OuverteRéponse directe
La force de Marine Le Pen ne réside-t-elle pas surtout dans la faiblesse de ses adversaires ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueChiffre
« On constate sur un deuxième tour que c'est Emmanuel Macron qui serait le concurrent le plus efficace pour lui barrer la route. »
- 2:33InvitéChiffre
« À peu près 30%. »
- 2:34Invité politiqueChiffre
« 30% des électeurs de Fillon, donc sur les 18% qui voteraient Fillon au premier tour, si ce dernier était éliminé, qu'on avait un deuxième tour, Macron-Le Pen, on aurait 30% de l'électorat. »
- 3:07InvitéChiffre
« Oui, parce qu'en fait, le meilleur score qu'elle a fait, c'est 6 800 000 électeurs. »
- 3:23InvitéChiffre
« Pour arriver à gagner la présidentielle, un deuxième tour, il faut à peu près 17 millions. »
- 3:33InvitéChiffre
« Parce que je vous rappelle qu'au régional, quand même, on était à 52% d'abstention. »
- 5:11PrésentateurFait
« Et je les entends et je ne fais pas, comparaison n'est pas raison, c'est pas parce que Trump a gagné, c'est pas ça, c'est que je pense qu'il y a une partie des Français qui ne se sentent pas représentés par aucun des candidats et qui à un moment donné, peut-être même en ce moment ils savent pas encore, mais ils vont le faire. »
Temps de parole
- Présentateur31 %
- Marine Le Pen30 %
- Invité18 %
- Présentateur 213 %
- Invité 28 %
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Quel candidat constituerait la pire menace pour Marine Le Pen ?
Aujourd'hui, si on se fie au sondage, on est... Vous dites ça sans trop y croire. Non, mais j'attends la critique. Voilà, donc je le fais moi-même. On constate sur un deuxième tour que c'est Emmanuel Macron qui serait le concurrent le plus efficace pour lui barrer la route. Et François Fillon dans un deuxième temps. Après, ce qui... Là, c'est des chiffres. Ce qui est à prendre aussi en considération, c'est la bataille d'imaginaire. Parce que Macron et Le Pen se sont adoubés mutuellement. Puisqu'ils veulent substituer au clivage gauche-droite un nouveau clivage. Société ouverte, société fermée. Gagnant, perdant de la mondialisation.
Et donc là, ça, on ne l'intègre pas pour l'instant dans les cours. C'est-à-dire, quelle serait l'intensité idéologique d'une campagne d'entre deux tours entre Emmanuel Macron, et Marine Le Pen. On en a vu quelques prémices ce week-end avec les sorties d'Emmanuel Macron sur la colonisation de l'Algérie, qui était un crime contre l'humanité. Tout de suite, le Front National est monté au filet. Et donc là, on aurait un choc, un peu à la mesure de ce qu'on a eu en Autriche, entre un candidat d'extrême droite au deuxième tour et un candidat écologiste, qui était pro-mondialisation. On parlait tout à l'heure de la mondialisation.
Pour beaucoup d'électeurs, les migrants sont le visage humain de cette mondialisation. Et donc Emmanuel Macron dit qu'Angela Merkel a bien fait d'ouvrir les frontières. Donc là, on aurait un choc qui ne serait pas complètement prévisible aujourd'hui, puisqu'il y aurait des nouvelles lignes de fracture qui apparaîtraient. Donc aujourd'hui, sur le papier, c'est plutôt Macron qui est la principale menace. Mais ça ferait advenir un nouveau clivage qui est inédit en France.
Une alliance entre le Front National et les Républicains est-elle imaginable au second tour ?
Pour l'heure, absolument pas. Si François Fillon est éliminé. Pour l'heure, absolument pas. Il y aura sûrement une partie des électeurs républicains. On voit le Front National des Indépendants, le parti qui avait été fait par Pinay, puis qui a beaucoup soutenu Giscard, et qui n'étaient pas les indépendants paysans, etc. Il y a en train d'y avoir une scission qui demande une alliance avec le Front National, parce qu'ils estiment que, voilà, de toute façon, c'est foutu pour eux. Oui, il y aura toujours des opportunistes, mais là, aucun accord d'appareil, aucun accord officiel n'est possible. Il y aura une fuite, à mon avis, assez mineure, d'électeurs vers Marine Le Pen dans un deuxième tour.
À peu près 30%.
Aujourd'hui, 30% des électeurs de Fillon, donc sur les 18% qui voteraient Fillon au premier tour, si ce dernier était éliminé, qu'on avait un deuxième tour, Macron-Le Pen, on aurait 30% de l'électorat. 30% des 18%. 30% des 18%, qui constitueraient le principal apport qui permettrait à Marine Le Pen de passer de 26 au premier tour à 36. Mais donc, vous voyez que c'est déjà beaucoup, et que pour monter à 50, il faudrait que quasiment tout l'électorat de droite, comme un seul homme, si le candidat est éliminé, se mette à basculer.
Il lui faut 10 millions d'électeurs, s'il vous plaît. C'est intéressant ce chiffre-là. Oui, parce qu'en fait, le meilleur score qu'elle a fait, c'est 6 800 000 électeurs. C'est le meilleur score des électeurs. C'était au régional. C'est au régional. Aujourd'hui, donc, ça veut dire que c'est des gens qui ont déjà mis leur butin de vote FN. Pour arriver à gagner la présidentielle, un deuxième tour, il faut à peu près 17 millions. Donc ça veut dire qu'il y a 10 millions de personnes qui n'ont jamais voté le Front National, qui vont dire, allez, cette fois-ci, j'y vais. Juste pour tempérer un peu, tout dépend aussi du taux de mobilisation et de participation.
Parce que je vous rappelle qu'au régional, quand même, on était à 52% d'abstention. Donc si elle réunit, elle mobilise au deuxième tour 6,8 millions, c'est-à-dire 800 000 de plus qu'au premier tour des régionales, dans un scrutin où la moitié des Françaises et des Français sont restées chez eux, alors il peut se passer pas mal de choses dans un second tour de présidentielle. Et tout dépendra comment chacun va mobiliser.
L'idée de retrouver une certaine souveraineté du pays est-elle nécessairement d'extrême droite, Eric Fottorino ? Non, bien sûr que non, puisque la souveraineté, vous entendez Mélenchon parler de la souveraineté. D'une certaine manière, alors moi ce qui m'a vraiment intéressé ces derniers mois, ça a été Macron et Marine Le Pen qui s'entendent sur un point, sur un personnage qui n'est pas des moindres, c'est Jeanne d'Arc.
Il y a un discours d'Emmanuel Macron à Orléans sur Jeanne d'Arc qui est quand même très impressionnant de ce point de vue-là, parce qu'il va, comme on disait au temps du blairisme, trianguler, c'est-à-dire qu'il va prendre une valeur forte, une image forte de la fille et du père, pour aller dire mais Jeanne d'Arc c'est vraiment le courage, c'est une femme, c'est les Anglais, c'est quelque chose autour de l'Europe, etc.
Donc moi je pense qu'il va y avoir un débat d'idées très fort et qu'il y a en effet ces deux imaginaires qui vont s'affronter avec quand même, alors moi j'ajouterais un bémol à ce que disent nos amis, je veux dire par là que moi j'ai pas comme Jérôme Fourquet tous les chiffres qui tournent, j'ai pas ça chez moi, mais ce que j'ai en revanche, c'est des gens qui me disent en province, dans des villes moyennes, dans des petites villes, des villages, des gens qui n'avaient jamais imaginé même voter à droite vont voter Marine Le Pen. Donc quand ils disent ça et que je dis mais vous allez vraiment, oui on va voter, je sais pas combien ils sont, mais je crains qu'ils soient nombreux.
Vous les entendez ? Et je les entends et je ne fais pas, comparaison n'est pas raison, c'est pas parce que Trump a gagné, c'est pas ça, c'est que je pense qu'il y a une partie des Français qui ne se sentent pas représentés par aucun des candidats et qui à un moment donné, peut-être même en ce moment ils savent pas encore, mais ils vont le faire. Et je ne sais pas le chiffre que ça donnera, mais quand Dona Maier dit ça peut être plus important s'il y a une mobilisation, n'oubliez pas que le premier parti de France c'est le parti de l'abstention, et si elle recrute suffisamment dans ce parti de l'abstention, on peut avoir de très mauvaises surprises de ce point de vue-là.
Marine Le Pen exige que les étrangers respectent les coutumes françaises, pourquoi n'applique-t-elle pas ce principe à elle-même quand elle est à l'étranger ? Petite référence à ce qui s'est passé au Liban. Ou elle a refusé de porter le voile pour aller voir un petit peu.
On peut entendre la critique justifiée de votre téléspectateur, maintenant elle, c'était pas son agenda, son agenda c'était qu'il y ait des images en France qui disent que Marine Le Pen ne s'était pas voilée, qu'elle ne s'était pas soumise à l'islam, même si on est au Liban.
Mais cette question est intéressante, elle exige que les étrangers respectent les coutumes.
Michel Obama avait fait la même chose en refusant de se voiler. C'est pas la même chose d'un citoyen ordinaire et d'un candidat à la présidentie de la République qui donne l'image d'un chef qui va se voiler au moment où on essaie de faire respecter la laïcité dans son pays. C'est un peu plus compliqué. C'est pas un personnage ordinaire, un candidat à la présidentielle.
Le risque n'est-il pas une très forte abstention au second tour qui permettrait à Marine Le Pen d'accéder à l'Elysée ?
C'est le contraire. On peut dire le contraire. En fait, il y aura une très forte mobilisation au second tour. Parce que les choix seront plus clairs. Au premier tour, c'est complètement émietté. On a une dizaine de candidats. Tandis qu'au second, le choix est clair. Et en politique, très souvent, on vote contre. Et non pas pour. Alors que pour le moment, les sondages montent une très faible mobilisation, une des plus faibles de l'histoire de la présidentielle pour le premier tour.
La force de Marine Le Pen ne réside-t-elle pas surtout dans la faiblesse de ses adversaires ? Oui, ça, c'est très important. Je pense qu'effectivement, sa force, c'est la faiblesse des autres. Et aujourd'hui, alors, la droite, on l'a dit avec François Fillon, a priori, il aurait été vraiment sur son cheval solide. Elle aurait été dure pour elle. Mais là, il a explosé en vol, même s'il continue. Et j'allais dire, même s'il continue qu'il ait le candidat, je pense qu'il aura beaucoup de mal face à elle sur ces questions qu'on a vues de probité, etc. Maintenant, la question, c'est de savoir, un, peut-elle perdre ? Moi, je ne dis pas peut-elle gagner, je dis peut-elle perdre ?
Et deuxièmement, qui peut l'abattre ? Et je pense que le phénomène Macron, dont on parle depuis des mois, en effet, il a l'air assez solide. Mais on va voir, vous savez, moi, je compare ça aux météorites. Les météorites dans l'atmosphère, elles sont énormes. On vous dit, il y a 32 tonnes qui vont vous tomber sur la terre. Et puis, il y a le contact avec l'atmosphère, vous avez un tronion de pommes. Donc, ma question, c'est, est-ce que les candidats en face d'elle seront des tronions de pommes ? Où est-ce qu'ils auront de la densité ? Merci à vous tous, c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h40. On se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C dans l'air.
Tout de suite, c'est à vous. Belle soirée sur France 5.
Marine Le Pen