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interviewLe Figaro (sur YouTube)· 19 octobre 2022

🔮Élisabeth Borne dĂ©gaine le 49.3 Ă  l'AssemblĂ©e: le discours, les rĂ©actions, l'analyse

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Figaro Live, bonjour, bienvenue, il est l'heure du 49-3, il est attendu depuis plusieurs jours et dans quelques minutes, Elisabeth Borne va annoncer l'utilisation de cet article de la Constitution qui permet de faire passer un texte sans vote. Le budget 2023 sera donc adopté grùce au 49-3. C'est plutÎt rare, mais c'était, semble-t-il, obligatoire.

Cette fois-ci, on va tout vous expliquer, on va suivre la prise de parole de la PremiÚre Ministre dans l'hémicycle. Je vous remonte ces images. L'hémicycle, il est ici, pour l'instant, on débat, Dina Cohen.

On dĂ©bat sur ce budget, pour l'instant, comme si de rien n'Ă©tait. C'est le principe de l'AssemblĂ©e Nationale. Pour l'instant, tout le monde est dans l'hĂ©micycle, tout le monde dĂ©bat, l'air de rien, mĂȘme si tout le monde sait ce qui va se passer.

Mais jusqu'au bout, on poursuit les dĂ©bats, tout le monde joue le jeu, en sachant que c'est quand mĂȘme un peu un grand théùtre, puisque lĂ , personne n'a de doute sur ce qui va se passer, personne n'a de doute depuis une semaine sur ce qui va se passer. Mais bon, on joue le jeu quand mĂȘme, on dĂ©bat, on adopte des choses, on modifie le texte, tout ça pour que le 49.3 arrive dans quelques minutes.

Voilà, on va tout vous expliquer. On va suivre la prise de parole de la PremiÚre Ministre. C'est prévu à 17h30.

Nous verrons s'il y a du retard, puis les rĂ©actions des oppositions ensuite. Dina, je ne vous ai mĂȘme pas prĂ©sentĂ©, journaliste au service politique du Figaro, merci d'ĂȘtre ici. On a Wally Bordas, notre autre journaliste qui est sur place, qui me dit que la tension monte, que l'hĂ©micycle est plein Ă  craquer.

Comment ça va se passer ? C'est assez étonnant. Alors, elle était au Sénat avant ?

Oui, elle était au question gouvernement au Sénat. Donc là, ça veut dire qu'Elisabeth Borne va arriver directement depuis le Sénat. Il va y avoir une suspension de séance pour que Yelboine Pivé, la présidente macroniste de l'Assemblée nationale, préside la séance, parce que là, pour l'instant, c'est les députés du RN, Sébastien Chenu.

Oui, alors on voit Marine Le Pen qui lÚve la main et qui fait signe. Il y a donc Sébastien Chenu, qui est vice-président du RN. Mais pour un événement comme celui-ci, c'est la présidente de l'Assemblée nationale, c'est ça qui va venir.

Et puis Elisabeth Borne va prendre la parole et va expliquer qu'elle engage l'article 49 alinéa 3 pour, du coup, clore les débats et faire adopter le texte sans la case débat, sans la case vote des députés ni des sénateurs, parce que ça met fin à tout le processus législatif. Alors on peut...

Tiens, Dina, je sais qu'on l'a répété des dizaines de fois. Sûrement vous, ici, sur ce plateau, hier, avec François-Xavier Bourbeau, avec Karl Musse, mais il faut réexpliquer à nos internautes qu'est-ce que trÚs simplement le 49-3 ? Alors c'est ce que les oppositions appellent un passage en force.

C'est pouvoir adopter un texte à l'Assemblée nationale sans passer par la case vote des députés. Là, la machine législative traditionnelle, c'est le vote des députés, puis la lecture au Sénat, puis ça revient aux députés, et on essaye de s'entendre dans une commission mixte parité. Si ça marche pas, c'est l'Assemblée qui a le dernier mot.

LĂ , on est en premiĂšre lecture Ă  l'AssemblĂ©e nationale, et ça va s'arrĂȘter lĂ , ça met fin Ă  tout. Il n'y aura pas de SĂ©nat, il n'y aura pas de commission mixte. C'est le 49-3 qui met fin au dĂ©bat, et qui permet de remanier le texte aussi, parce que du coup, le gouvernement peut mettre un peu ce qu'il veut dans le texte qu'il va adopter par 49-3.

Et on ne peut pas l'utiliser n'importe quand. Ah oui, alors voilà, c'est ça. Avant, on pouvait l'utiliser autant qu'on voulait.

Oui, avant la loi de 2008, si je ne comprends pas. Mais ce n'est plus le cas, parce que ça a été trÚs employé sous certains gouvernements. Et donc maintenant, on peut l'utiliser une fois sur le texte du budget.

Pas autant de fois qu'on veut sur le mĂȘme texte. Parce qu'on a le budget, et on a aussi le PLFSS, qui est le budget SĂ©curitĂ© Sociale, qui va arriver la semaine prochaine. Et en dehors de ça, on peut l'utiliser sur un texte par session.

Donc ça veut dire que la session extraordinaire de l'été, on peut l'utiliser une fois, et la session extraordinaire de l'année, on peut l'utiliser une fois. Oui, alors là, on sait à peu prÚs à quel moment ce sera. Théoriquement, ce sera pour la réforme des retraites, non ?

Alors, n'allons pas trop vite. Non, oui, c'est vrai, peut-ĂȘtre que je l'ai trop vite. N'allons pas trop vite, c'est pas exclu non plus que le gouvernement n'obtienne pas le soutien des RĂ©publicains sur la retraite.

Bon, c'est loin, vous avez raison. C'est probablement au mois de janvier, au mois de février. Une chose à la fois. 17h22, nous sommes en direct.

Vous voyez ici les débats à l'Assemblée nationale, des débats qui portent sur le budget. Là, c'est la question de l'Europe, d'ailleurs, si vous voulez tout savoir. Mais théoriquement, d'ici 8 minutes, Elisabeth Borne devrait débarquer dans l'Assemblée nationale et annoncer donc que tous ces débats n'ont servi à rien, ou presque, et que ce budget sera adopté sans vote.

J'ai envie de vous dire que c'est pas trop tĂŽt, parce que c'Ă©tait inĂ©luctable dans cette situation de faire appel au 49-3. Oui, alors c'est vrai que quand on voit rĂ©guliĂšrement les dĂ©putĂ©s, les parlementaires, depuis le dĂ©but de l'Ă©tĂ©, ils nous parlent de ce budget. Depuis le dĂ©but de l'Ă©tĂ©, depuis qu'ils sont Ă©lus, ils nous disent que la grosse sĂ©quence trĂšs dure de la rentrĂ©e, ça va ĂȘtre le budget, et que de toute façon, il y a 99% de probabilitĂ© pour que le budget finisse par 49-3.

Alors on peut expliquer pourquoi ? Parce que le budget, c'est un marqueur, en fait, des oppositions et de la majorité. Oui, en fait, c'est ce qui décide des orientations budgétaires du gouvernement, et c'est ce qui reflÚte, ça fait partie des textes qui reflÚtent le plus la politique d'un gouvernement.

Et traditionnellement, voter pour le budget, c'est quasiment ĂȘtre dans la majoritĂ©, c'est dire qu'on est partenaire, alliĂ© de la majoritĂ©. Donc mĂȘme si, on l'a vu cet Ă©tĂ©, il y a des accords qui sont possibles dans cette nouvelle assemblĂ©e, avec des oppositions, quand on leur donne des gages, etc., voter un budget, c'est trop.

C'est vraiment faire un pas dans la majoritĂ©. Donc quand on est une opposition, on ne peut pas, au niveau du message politique que ça envoie, on ne peut pas voter le budget de la majoritĂ©. — Mais sachant que donc le gouvernement n'a pas de majoritĂ© depuis le mois de mai, juin dernier, depuis les Ă©lections lĂ©gislatives, Ă©videmment, depuis le mois de juin dernier, oui.

Pourquoi on a nĂ©gociĂ© ? Pourquoi on a perdu autant de temps, lĂ  ? Pourquoi le 49.3 n'a pas Ă©tĂ© dĂ©gainĂ© dĂšs le dĂ©but des discussions ? — Il y a eu un doute sur la stratĂ©gie Ă  adopter.

Est-ce qu'on l'emploie tout de suite ? Est-ce qu'on l'emploie à la fin des débats ? Tout ça s'explique par des raisons politiques.

Parce qu'en fait, le calcul, c'est quoi ? C'est se dire...

Si on utilise tout de suite le 49.3, si je me mets dans la peau d'un membre de l'exĂ©cutif ou de la majoritĂ©, ça veut dire qu'on n'a mĂȘme pas essayĂ© de discuter avec une assemblĂ©e qui pourtant est faite de telle maniĂšre que les Français nous envoient un message pour qu'on laisse toute chose du compromis et du dialogue. Si on emploie tout de suite le 49.3, on dit directement « On ne veut pas de votre avis.

On passe en force. Point. » Or, si on fait durer les dĂ©bats, qu'on montre qu'on a essayĂ©, mais qu'en fait, c'est en face que ça ne marche pas et que de toute façon, les oppositions ne voteront pas, lĂ , le message politique envoyĂ© est un peu diffĂ©rent puisqu'on montre qu'on a essayĂ© et qu'on n'a pas rĂ©ussi. — Oui, alors vraiment, lĂ , on est dans le message. — Oui, parce que la finalitĂ© est connue depuis le dĂ©but. — VoilĂ . — AprĂšs, avec, du coup, des nuances, puisque maintenant, vu qu'il y a eu les dĂ©bats, peut-ĂȘtre qu'il y a des amendements qui ont Ă©tĂ© adoptĂ©s et qui vont ĂȘtre gardĂ©s par le gouvernement. — Je vous coupe, Dina, parce que Marine Le Pen prend la parole dans l'AssemblĂ©e.

C'est une des figures de la politique française, Ă©videmment. On va l'Ă©couter. — FascinĂ© !

Vous qui ĂȘtes fascinĂ© par l'Allemagne. Mais dites-moi, l'Allemagne a obtenu un rabais, me semble-t-il. Et il ne me semble pas que l'Allemagne, que vous chĂ©rissez tant, souhaite sortir de l'Union europĂ©enne, souhaite affaiblir l'Union europĂ©enne.

Le Danemark a obtenu un rabais. Les Pays-Bas ont obtenu un rabais. La SuĂšde a obtenu un rabais.

L'Autriche a obtenu un rabais. Il n'y a que la France qui, comme je l'ai dit et comme l'a dit Jean-Philippe Tanguy, pigeon de l'Union europĂ©enne, ne cesse d'augmenter annĂ©e aprĂšs annĂ©e sa contribution nette. Alors mĂȘme que vous rĂ©clamez des Français de se serrer la ceinture, alors mĂȘme que vous expliquez que notre budget est Ă  l'euro prĂšs, alors mĂȘme que vous leur imposez la sobriĂ©tĂ©.

C'est ça le sujet essentiel. Et je vais vous dire, dans le domaine de l'Union européenne, c'est en réalité comme dans le domaine du budget de la France. La vraie question, ce n'est pas le consentement à cet impÎt ou à cette contribution, c'est le consentement à la dépense.

Les Français ne sont pas d'accord avec la maniĂšre dont vous dĂ©pensez l'argent, que ce soit au niveau national ou que ce soit au niveau europĂ©en. Je suis assez fascinĂ© par ce qui se passe, parce que, on le rappelle, bon, dans 4 minutes ce ne sera peut-ĂȘtre pas le cas, mais Elisabeth Borne, enfin pas le cas, c'est sĂ»r, Elisabeth Borne va venir dans les minutes qui viennent, mais elle doit venir Ă  17h30. Elle va mettre un terme Ă  tout ce dĂ©bat lĂ .

Et on continue Ă  faire ce spectacle lĂ , c'est trĂšs Ă©tonnant non ? De toute façon, l'AssemblĂ©e nationale est un endroit, c'est une des parties du cƓur du pouvoir, mais c'est aussi un grand théùtre. C'est aussi le lieu oĂč on sait que le pouvoir est vu, que les dĂ©bats sont Ă©coutĂ©s surtout depuis cette nouvelle mandature oĂč les Français ont plus d'intĂ©rĂȘt pour cette AssemblĂ©e, puisqu'elle a Ă©tĂ© particuliĂšrement redessinĂ©e.

Et donc oui, on joue le jeu jusqu'au bout. Et pour revenir sur ce qu'on disait tout Ă  l'heure, non seulement finalement l'exĂ©cutif a fait le choix d'avoir des dĂ©bats pour montrer qu'ils essayent d'ĂȘtre dans le dialogue, mais ils se sont fait un petit peu piĂ©ger aussi, parce qu'en fait les dĂ©bats ont Ă©tĂ© plutĂŽt de bonne tenue. On a eu un groupe insoumis qui s'est quand mĂȘme relativement bien comportĂ© par rapport aux chefs qui pouvaient faire davantage cet Ă©tĂ©.

Donc lĂ , on peut expliquer ce qui se passe. Un amendement vient d'ĂȘtre votĂ© et ça continue. Tiens, on va Ă©couter, parce que peut-ĂȘtre que SĂ©bastien Chenu va expliquer ce qui va se passer dans les minutes qui...

Le scrutin est ouvert, le scrutin est clos. Votant 385, exprimé 358, majorité 180 pour 212, contre 146, l'Assemblée nationale a adopté l'article 25. Et je suspends la séance pour 10 minutes.

Ah voilĂ , c'est intĂ©ressant. J'ai deux questions. Suspension de sĂ©ance pour 10 minutes, ça veut dire que d'ici une dizaine de minutes, donc Dina Cohen et Elisabeth Borne devraient ĂȘtre dans l'hĂ©micycle.

Changement de président avec la présidente officielle, finalement. La présidente de l'Assemblée nationale. Puisque Sébastien Chenu n'est que vice-président de l'Assemblée et il la remplace à l'occasion.

Donc sera au perchoir. Et donc elle devrait annoncer le 49.3.

On y revient donc dans un instant. On vient de voir lĂ , un amendement a Ă©tĂ© votĂ©. Ça veut dire que tout ce qui a Ă©tĂ© votĂ© depuis le dĂ©but de la semaine s'est oubliĂ© ou pas vraiment ?

Alors thĂ©oriquement, lĂ , le gouvernement va pouvoir mettre ce qu'il veut dans ce texte Ă  partir du moment oĂč il active l'article 49 alinĂ©a 3. AprĂšs, une fois de plus dans le domaine du message politique, il y a aussi et encore une volontĂ© de montrer qu'on Ă©coute quand mĂȘme les oppositions. D'autant plus que les dĂ©bats ont Ă©tĂ© de bonne tenue.

Donc on ne peut pas complĂštement dire que les oppositions ont bloquĂ© parce que ce n'est pas vrai. Il y a quand mĂȘme eu des dĂ©bats qui ont pu se mener dans une relative sĂ©rĂ©nitĂ©. Donc lĂ , l'idĂ©e, c'est ce qu'expliquent diffĂ©rents ministres ces derniers jours sur les plateaux tĂ©lĂ©.

C'est qu'ils vont garder certains amendements. Peut-ĂȘtre que celui-ci, on n'a pas pu tout Ă©couter, on ne sait pas sur quoi ils portaient, mais peut-ĂȘtre que cet amendement restera dans...

Exactement. En fait, ils vont un petit peu faire leur marché. Il y a eu plus d'un millier d'amendements qui ont été examinés.

Il en restait encore Ă©normĂ©ment. Et le gouvernement va aller choisir Ă  droite, Ă  gauche ce qu'il a envie de garder pour donner des gages aux uns et aux autres, pour montrer qu'on les Ă©coute. Donc par exemple, on avait le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, qui Ă©tait, si je ne me trompe pas...

Je vous coupe un instant, parce qu'Éric Coquerel, prĂ©sident de la Commission des Finances, pardon Dina, mais c'est le direct. Éric Coquerel s'exprime. Est-ce qu'il nous parle d'Elisabeth Borne qui arrive dans un instant Ă  l'AssemblĂ©e pour nous annoncer le 49 ?

Et en plus, il s'est doublé depuis des jours, j'allais dire, d'un mépris de l'Assemblée nationale, puisqu'en réalité, le gouvernement a fait en sorte qu'on l'enterne sur le débat. On a simplement examiné 840 amendements. Je n'ai jamais vu le gouvernement et une majorité ne pas chercher à accélérer les débats quand il veut essayer d'atteindre, j'allais dire, le vote d'une loi avant la fin des débats prévus.

Et restaient aujourd'hui les dĂ©bats les plus importants sur le CVAE, c'est-Ă -dire les impĂŽts de production oĂč le gouvernement pouvait ĂȘtre battu, sur la taxation, sur les super-profits, sur les collectivitĂ©s. Et donc, il interrompt, j'allais dire, pour cesser l'hĂ©morragie des dĂ©faites qu'il a accumulĂ©es, parce que tout simplement, ce 49-3, c'est l'aveu d'Ă©chec d'un gouvernement qui est minoritaire dans l'AssemblĂ©e et qui donc passe en force. Je crois qu'aujourd'hui, ce n'est pas un jour anodin.

Apparemment, on s'attend Ă  d'autres 49-3 avec le PLFSS ou le PLF dans sa partie 2. Je crois que pour notre dĂ©mocratie et notre RĂ©publique, c'est un vrai problĂšme qui est posĂ© aujourd'hui. VoilĂ , la prise de parole d'Éric Coquerel, prĂ©sident de la Commission des Finances, alors qu'Elisabeth Borne doit annoncer d'une minute Ă  l'autre.

Il y a une suspension de séance de 10 minutes. Et tout de suite derriÚre, la PremiÚre Ministre annoncera l'utilisation du 49-3 pour adopter le budget 2023. C'est ce qu'il disait, c'est la discussion qu'on avait juste avant, Dina.

Il y a des amendements qui ont été votés, les débats ont continué. Et maintenant, prise de décision d'Elisabeth Borne, on va faire son marché, on va prendre certains...

Alors lĂ , il faut souligner le fait que...

Je vous coupe ou pas pour Ă©couter Fabien Roussel, quand mĂȘme ? Je vous la juge. Mais oui, il faut l'Ă©couter, le chef des communistes.

Nous prĂ©parons un coup de force dĂ©mocratique, un vĂ©ritable coup prĂšs qui va s'abattre sur tous les dĂ©bats que nous avons menĂ©s depuis plusieurs jours. Maintenant, le dernier espoir qui nous reste, c'est que les amendements qui ont Ă©tĂ© adoptĂ©s majoritairement au sein de cet hĂ©micycle soient retenus au moins dans le projet de loi de finances que le gouvernement s'apprĂȘte Ă  conserver en mettant fin au dĂ©bat. C'est vraiment un coup dur pour la dĂ©mocratie.

Et les mĂȘmes qui nous donnent des leçons sur le respect des accords majoritaires dans les entreprises sont les mĂȘmes qui, ici, vont s'asseoir sur les votes majoritaires qui se sont exprimĂ©s pendant ce PLF. C'est vraiment un dĂ©ni de dĂ©mocratie, un coup de force, et c'est trĂšs dur pour l'ensemble des parlementaires. VoilĂ  l'espoir de Fabien Roussel qui espĂšre que certains des amendements votĂ©s depuis le dĂ©but de la semaine seront conservĂ©s par Elisabeth Borne.

Il faut préciser aussi que là, chacun est dans son rÎle. Oui, c'est vrai. Vous avez raison de le dire.

En disant tout ça...

DĂ©ni de dĂ©mocratie, coup de force, on ne s'attend pas aux choses de la gauche. Des mots trĂšs durs vont ĂȘtre employĂ©s par toutes les oppositions, que ce soit le RN, les RĂ©publicains, l'ANUPS. Tout le monde va expliquer que c'est un coup de force, que c'est une dĂ©mocratie, que c'est un mĂ©pris de l'AssemblĂ©e nationale.

Chacun est dans son rĂŽle en disant ça. Évidemment, ils ne vont pas aller dire « c'est formidable, le gouvernement nous passe au-dessus ». Parce que ça reste...

C'est ce qui se passe. C'est qu'on va faire fi, en partie, des débats qui ont eu lieu pour faire passer un texte. AprÚs, voilà, ça a été aussi le principe de réalité du gouvernement qui, 149.3, dans l'état actuel de l'Assemblée, n'allait pas réussir à faire passer son texte.

Oui. Alors le budget, en plus, c'est primordial. Si on veut, par exemple, que les fonctionnaires soient payés au mois de janvier, c'est un texte qui est obligatoire.

S'il n'y a pas de budget, le pays bascule dans une situation quand mĂȘme trĂšs particuliĂšre. Et c'est vrai que dans tous les cas, de toute façon, le gouvernement n'allait pas avoir de majoritĂ© pour ce texte. Donc le gouvernement n'allait pas rĂ©ussir Ă  adopter son texte.

Vous me dites qu'on est dans des postures, finalement. Chacun est dans son rĂŽle. Il y a quand mĂȘme une arme que peut utiliser la gauche, la motion de censure.

C'est pas que la gauche. La gauche, oui, vous avez raison. Et le Rassemblement national aussi, qui envisage de le faire.

Oui, parce que quand le gouvernement active le 49-3, il engage aussi la responsabilité de ce gouvernement. Et donc les oppositions peuvent déposer une motion de censure. Ce qui avait été le cas aussi, d'ailleurs, quand Elisabeth Bond n'avait pas prononcé le discours de politique générale devant le gouvernement pour engager la confiance.

Oui, c'est vrai. Elle avait prononcé le discours, mais elle n'avait pas engagé la confiance des députés. Dans ces cas-là, les députés avaient aussi déposé une motion de censure.

Donc lĂ , on va avoir normalement deux motions qui vont ĂȘtre dĂ©posĂ©es. Une du RN et une de l'ANUPS. Sachant que...

Et en gros, la question, c'est est-ce que les députés RN voteront la motion de censure de l'ANUPS et inversement ? Déjà, la motion de censure, c'est quoi ? Une motion de censure qui est adoptée...

Vous avez raison de le préciser. Elle rompt, du coup, la confiance avec le gouvernement. Et elle fait tomber le gouvernement.

VoilĂ , exactement. Elle fait tomber le gouvernement. Elle renverse le gouvernement.

Et pour adopter ce texte, il faut une majorité à l'Assemblée. Donc il faut 289 députés. Ce que peuvent avoir les oppositions si elles s'entendent toutes.

Sauf que, comme c'est difficile dans la rue, ça l'est aussi à l'Assemblée. La convergence des luttes, c'est pas encore quelque chose qu'on arrive à faire. Et le RN a déjà dit qu'a priori, il ne voterait pas en faveur de la motion de censure de l'ANUPS.

Voilà. Il y a eu des débats internes du cÎté des Insoumis, notamment, sur quelle attitude adopter face à la motion de censure du RN. Mais vraisemblablement, ils devraient pas voter la leur non plus.

Ce qui fait qu'on aura deux motions de censure qui, une fois de plus, envoient un message. — Oui. C'est-Ă -dire que si une motion de censure rĂ©cupĂšre toutes les voies du RN et l'autre toutes les voies de l'ANUPS, elle ne s'additionne pas. — Ça suffit pas. — Et combien mĂȘme une de ces motions serait votĂ©e par les deux parties, ça ne suffirait encore pas.

Parce qu'il n'aurait pas la majoritĂ©. Il faudrait en plus des votes des dĂ©putĂ©s LR. — Oui, voilĂ . — Donc on est trĂšs loin de pouvoir faire tomber le gouvernement.

On est bien d'accord. — Exactement. Mais ça, ça va ĂȘtre quelque chose qui va probablement se rĂ©pĂ©ter pendant ce gouvernement.

AprÚs, on n'est jamais à l'abri d'une coalition des oppositions. Mais il va probablement y avoir plusieurs motions de censure qui vont à chaque fois ne pas arriver à terme. AprÚs, Mathilde Panot, la présidente du groupe Insoumis, disait ce matin sur France 2 qu'elle était consciente que ça n'aboutirait pas.

Mais que sur le principe, ça reste important de montrer que ceux qui dĂ©posent cette motion de censure ne sont pas contents de la maniĂšre dont les choses se passent. Et ça envoie quand mĂȘme un message qui a un certain poids, mĂȘme si ça n'aboutit pas. — Nous venons d'entendre la cloche qui rĂ©sonne.

Ça veut dire que les dĂ©putĂ©s sont rappelĂ©s Ă  l'intĂ©rieur de l'hĂ©micycle. On les voit se diriger. Ici, on est salle des 4 colonnes.

On peut expliquer. C'est lĂ  oĂč les journalistes attendent, oĂč les dĂ©putĂ©s qui veulent prendre la parole pas, ceux qui ne veulent pas... — C'est la salle oĂč il y a un va-et-vient permanent.

Donc c'est en fait l'endroit oĂč les dĂ©putĂ©s sortent de l'hĂ©micycle et se font en gĂ©nĂ©ral alpaguĂ©s par des journalistes qui les attendent parfois depuis des heures. — On a vu arriver Éric Coquerel et Fabien Roussel qui sont venus directement et qui sont repartis. VoilĂ .

Ils sont venus, sauf que c'est lĂ  qu'ils peuvent prendre la parole. — C'est vraiment la salle oĂč on est vus, oĂč on voit ce qui se passe, oĂč on veut se montrer. Et c'est la salle des Ă©changes avec les journalistes.

Et c'est une assez petite salle par rapport Ă  ce dont on a l'impression Ă  la tĂ©lĂ©. Et c'est une salle oĂč il fait chaud, oĂč il n'y a pas beaucoup de place. — Ah bon, on sent que vous y avez passĂ© du temps, Dina.

Si vous nous rejoignez, il est 17h37. Moment important de ce quinquennat. — Le 49.3 va ĂȘtre activĂ© dans un instant par Elisabeth Borne.

La premiĂšre ministre engage la responsabilitĂ© du gouvernement et va faire passer le budget 2023 sans vote Ă  l'AssemblĂ©e nationale et puis au SĂ©nat, Ă©videmment. Elle doit prendre la parole d'un instant Ă  l'autre. On va l'Ă©couter, Elisabeth Borne. — C'est un Ă©vĂ©nement...

Oui et non. Est-ce que vraiment, lĂ , aujourd'hui, les Français sont vent debout, se disent le 49.3, dĂ©ni dĂ©mocratie, oĂč il est rentrĂ© dans les habitudes, ce 49.3 ? — C'est un Ă©vĂ©nement parce que ça va ĂȘtre le premier de ce quinquennat. — Alors il y en avait eu un sous le quinquennat prĂ©cĂ©dent, enfin celui d'Emmanuel Macron, sur la rĂ©forme des retraites.

Et puis ça n'Ă©tait pas allĂ© au bout. — Oui. Non, c'est ça.

Exactement. Donc finalement, il y avait eu le Covid. Donc ça n'avait pas abouti.

Et donc finalement, le vrai 49.3 remonte, si je dis pas de bĂȘtises, Ă  la loi d'Emmanuel Macron en 2015, quand il Ă©tait ministre de l'Ă©conomie de la loi Travail, c'est ça ? — Exactement.

Donc bon, assez ironiquement, la derniĂšre personne qui Ă©tait concernĂ©e par le 49.3, c'est Emmanuel Macron. — Alors j'ai lu des articles dans le Figaro que ça avait Ă©tĂ© un mauvais souvenir pour lui, qu'il faisait tout pour l'Ă©viter, ce 49.3. — Il Ă©tait allĂ© batailler dans les diffĂ©rents groupes pour trouver des soutiens.

Mais ça n'avait pas suffi. Et donc c'Ă©tait sous la prĂ©sidence de François Hollande. Et François Hollande lui-mĂȘme, d'ailleurs, il y a quelques jours, lĂ©gitimait le recours au 49.3 en disant que de toute façon, un budget devait ĂȘtre adoptĂ© et que les dĂ©bats avaient assez durĂ© et qu'il Ă©tait donc temps d'activer le 49.3. — VoilĂ  ce qu'on pouvait dire.

En attendant qu'Elisabeth Borne, les députés, vous le voyez, j'ai l'impression qu'il n'y en a plus beaucoup qui traßnent dans les couloirs. Wally Bordas, notre journaliste sur place, nous dit que la tension monte, que l'hémicycle est plein à craquer, ce qui n'est pas toujours le cas. Donc c'est un moment important.

Nous verrons quel est l'accueil rĂ©servĂ© Ă  Elisabeth Borne avant mĂȘme qu'elle prenne la parole. Est-ce qu'elle sera sifflĂ©e, par exemple ? Alors il y a toujours le respect de la fonction du Premier ministre, de la PremiĂšre ministre. — On prend le pivet pour rappeler Ă  l'ordre les dĂ©putĂ©s qui seraient un petit peu trop dissipĂ©s. — On rappelle ce qu'est le 49.3 pour ceux qui nous rejoignent, Dina, pour expliquer que lĂ , on est face Ă  un moment assez important de ce quinquennat. — Ça fait rĂ©fĂ©rence Ă  l'article 49 alinĂ©a 3 qui permet au gouvernement d'engager sa responsabilitĂ© en adoptant un texte sans passer par le processus lĂ©gislatif habituel, Ă  savoir normalement le vote des dĂ©putĂ©s, puis le vote des sĂ©nateurs, puis de nouveau le vote des dĂ©putĂ©s. — Oui, je crois voir Elisabeth Borne qui s'arrange. — Oui, elle arrive dans un instant.

Vous ĂȘtes bien pressĂ©s. Je vais la montrer, Elisabeth Borne. Elle arrive dans l'AssemblĂ©e nationale.

Je vais vous montrer l'image dans un instant. Et oui, on peut rappeler. Continuez à expliquer, Dina. — Oui, donc pas de vote.

C'est ce que les oppositions appellent un passage en force, puisqu'on fait fi du dĂ©bat. Et voilĂ , je vois apparaĂźtre Elisabeth Borne qui arrive. — Eh bien, on l'Ă©coute, Elisabeth Borne, la PremiĂšre ministre.

Et puis on se retrouve tout Ă  l'heure pour dĂ©bris. — DĂšs cet Ă©tĂ©, nous sommes parvenus Ă  nous mettre d'accord sur des textes pour protĂ©ger le pouvoir d'achat des Français. Il y a quelques jours, vous avez votĂ© le projet de loi relatif au marchĂ© du travail.

Hier, le projet de loi d'orientation et de programmation du ministÚre de l'Intérieur a été adopté à une trÚs large majorité au Sénat. En abordant le débat budgétaire, nous connaissions les difficultés face à nous. Un budget traduit une ambition et des engagements.

Ceux sur lesquels le président de la République et la majorité se sont présentés devant les Français. Nous aurions pu alors renoncer à la recherche d'un compromis. Mais nous avons fait le choix du dialogue.

Car si nous ne convergeons pas sur tout, car si nous ne convergeons pas sur tout, nous pouvons nous rejoindre quand l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral est en cause. Le ministre de l'Economie et des Finances et celui des Comptes Publics ont lancĂ© les dialogues de Bercy. J'ai personnellement reçu tous les prĂ©sidents des groupes parlementaires.

Et ces derniers jours encore, en commission et en sĂ©ance publique, le dĂ©bat s'est tenu et nous avons examinĂ© loyalement toutes les propositions, toutes les idĂ©es. Mais aujourd'hui, deux constats s'imposent. D'abord, au moment oĂč nous parlons, au sixiĂšme jour de dĂ©bat, bon nombre d'amendements sont encore Ă  examiner.

Et tout indique que nous ne tiendrons pas les délais prévus pour la discussion de cette premiÚre partie du PLF. Et surtout, les oppositions ont toutes réaffirmé leur volonté de rejeter le texte. ...budget à notre pays, de l'accueil résultat.

Article 49 alinéa 3 de la Constitution, j'engage la responsabilité de mon gouvernement pour la premiÚre partie du projet d'oie de finances pour 2023. Aujourd'hui...

S'il vous plaĂźt, seule Madame la PremiĂšre Ministre a la parole. Le texte que je prĂ©sente aujourd'hui n'est pas le dĂ©calque du projet qui vous a Ă©tĂ© initialement soumis. Il a Ă©tĂ© nourri, complĂ©tĂ©, amendĂ©, corrigĂ© mĂȘme, suite au dĂ©bat de ces derniers jours, en commission et dans l'hĂ©micycle.

Une centaine d'amendements a été retenus, y compris des amendements des oppositions. C'est le choix de la responsabilité. Car je le redis, nous devons donner un budget à la France, un budget cohérent avec les engagements pris devant les Français, pas de hausse d'impÎts, pas de hausse de déficit.

Mesdames et Messieurs les députés, Mesdames et Messieurs les députés, ça n'est pas la fin du débat sur le projet de loi de finances pour 2023. Ce débat continuera au Sénat comme à l'Assemblée nationale. Et à chaque étape, nous garderons intacte notre volonté de dialogue, notre devoir d'action et notre esprit de responsabilité.

Je vous remercie. Merci beaucoup Madame la PremiÚre Ministre. L'Assemblée nationale prend acte de l'engagement de la responsabilité du gouvernement conformément aux dispositions de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution.

Le texte sur lequel la PremiÚre Ministre engage la responsabilité du gouvernement sera inséré en annexe au compte-rendu de la présente séance. En application de l'article 155 alinéa 1er du rÚglement, le débat sur ce texte est immédiatement suspendu. Ce texte sera considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée avant demain, 17h45, est votée dans les conditions prévues à l'article 49 de la Constitution.

Dans l'hypothĂšse oĂč une motion de censure serait dĂ©posĂ©e, la ConfĂ©rence des PrĂ©sidents fixera la date et les modalitĂ©s de cette discussion. La sĂ©ance est levĂ©e. VoilĂ , on l'attendait.

J'engage la responsabilité du gouvernement. C'est ce que vient d'annoncer Elisabeth Borne. La PremiÚre Ministre a donc activé le 49-3.

On va avoir des rĂ©actions dans un instant parce qu'on a vu les dĂ©putĂ©s de la France Insoumise, notamment une bonne partie des dĂ©putĂ©s de la NUPES, notamment, quittĂ© l'hĂ©micycle. Ils sont, salle des quatre colonnes, lĂ  oĂč attendent les journalistes pour recueillir les diffĂ©rentes rĂ©actions. Nous allons voir dans un instant si nous pouvons les Ă©couter.

C'est Elisabeth Borne qui a annoncĂ© que le texte ne serait pas exactement le mĂȘme que celui prĂ©sentĂ© au dĂ©but des dĂ©bats, qu'il serait nourri des amendements, fruit des diffĂ©rents dĂ©bats depuis plusieurs jours, avec les dĂ©putĂ©s de la majoritĂ© et puis les dĂ©putĂ©s de l'opposition. Évidemment, 100 amendements seront conservĂ©s. C'est ce qu'a annoncĂ© la PremiĂšre Ministre.

Et juste aprĂšs, la prĂ©sidente de l'AssemblĂ©e nationale, Yael BronpivĂ©, a elle aussi pris la parole et a rappelĂ© qu'une motion de censure pouvait ĂȘtre dĂ©posĂ©e, mais il y a un temps imparti. C'est jusqu'Ă  demain, demain, 17h45. Et Ă  ce moment-lĂ  donc, si cette motion de censure est votĂ©e, il y a peu de chances que ça arrive, mais ça fait partie de la Constitution, et bien Ă  ce moment-lĂ , il y aura donc la possibilitĂ© pour l'opposition de faire tomber le gouvernement.

On écoute ce qu'il se passe, salle des quatre colonnes, avec l'opposition et Boris Vallaud du Parti Socialiste qui prend la parole, qui s'exprime aprÚs la prise de parole d'Elisabeth Borne. ... de la vitalité démocratique.

Nous avons examiné 4 articles sur 25. Nous avions, pour ce qui nous concerne, posé un nombre trÚs raisonnable d'amendements et je crois que les débats, se sont tenus dans la sérénité, ont été le plus souvent de qualité. Nous ne pouvons que regretter cette méthode, la condamner et en appeler à l'esprit de démocratie de l'exécutif. ...

Sur la question de la démocratie, le constat que l'on peut faire, c'est que depuis 8 jours, nous avons traité comme des paillassons. C'est-à-dire que nous avons discuté, nous avons discuté nos amendements, hier au soir, hier au soir encore, avant l'interruption de séance, ils nous ont dit que le débat allait continuer jusqu'au bout, que les amendements seraient étudiés. Et aujourd'hui, ils font tout le contraire.

C'est-à-dire qu'ils accompagnent leur brutalité d'un mensonge permanent. Et nous considérons que c'est une honte pour notre démocratie de se comporter de cette façon. Il y a une opposition qui est une opposition forte, c'est celle qui a été envoyée par les Français, nous demandons à ce qu'elle soit respectée.

Et un aveu de faiblesse pour un gouvernement qui ne sait pas travailler avec la pluralité politique de l'Assemblée. C'est un mépris pour la qualité des débats que nous avons eus depuis plusieurs jours. Cela a été dit par un vote pour lui.

C'est un mĂ©pris pour le travail qui a Ă©tĂ© fait depuis des jours par cette AssemblĂ©e. Cela a Ă©tĂ© dit. Nous avons su trouver des majoritĂ©s sur des amendements extrĂȘmement importants.

La taxe sur les superdividendes, la question du crédit d'impÎt sur les EHPAD. Aujourd'hui, ce travail est balayé. Balayé en quelques heures pour finalement répondre à un simulacre de démocratie.

VoilĂ  une semaine que pendant que nous dĂ©battions de maniĂšre sereine et dans un esprit de travail et de contribution, les membres du gouvernement se succĂ©daient sur les plateaux tĂ©lĂ© pour nous dire quand seraient utilisĂ©s le 49.3. Peut-ĂȘtre serait-ce vendredi, peut-ĂȘtre bien lundi, finalement c'est mercredi.

Ce simulacre, il n'avait qu'un seul objectif, faire un écran de fumée médiatique autour du contenu de ce budget. Ce budget, c'est l'irresponsabilité climatique. C'est l'incapacité de faire les investissements pour la transition.

C'est l'incapacité de faire des choix politiques qui nous permettent aujourd'hui de limiter le dérÚglement climatique. Mais c'est aussi un budget pour les plus riches. C'est le refus de reprendre l'impÎt de solidarité sur la fortune.

C'est le refus de l'attaque sur les super profits. Finalement, ce qu'ils font, c'est de refuser le choix des Français et c'est de contribuer finalement à assécher le débat démocratique. C'est inacceptable.

Merci. La NUPES unie. On a vu Mathilde Panot.

On l'a raté, mais elle a pris la parole alors que la présidente de l'Assemblée nationale était encore en train de parler. On a écouté Boris Vallaud du Parti Socialiste. On a écouté André Chassaigne pour les communistes.

Et lĂ , c'est Cyrielle ChĂątelain que vous venez d'entendre, qui est la prĂ©sidente du groupe Europe Écologie Les Verts Ă  l'AssemblĂ©e nationale et qui, Ă©videmment, utilise des mots attendus, dĂ©ni de dĂ©mocratie. Une motion de censure sera sĂ»rement dĂ©posĂ©e dans les heures qui viennent puisque la NUPES a jusqu'Ă  demain 17h45 pour dĂ©poser cette motion de censure aprĂšs l'annonce. Il y a quelques instants d'Elisabeth Borne d'utiliser le 49.3, le fameux article 49.3 qui permet au gouvernement d'engager sa responsabilitĂ©, mais surtout de faire passer ce texte sans le vote des dĂ©putĂ©s.

Nous restons Ă  l'AssemblĂ©e nationale. Nous Ă©coutons ce qu'il se passe ici, salle des quatre colonnes. C'est juste Ă  la sortie de l'hĂ©micycle, lĂ  oĂč les dĂ©putĂ©s viennent prendre la parole.

On attend peut-ĂȘtre des dĂ©putĂ©s de la majoritĂ© qui viendront dĂ©fendre ce que vient de dire Elisabeth Borne, ce que vient d'annoncer Elisabeth Borne avec ce 49.3. Puis peut-ĂȘtre des Ă©lus Ă©galement du Rassemblement national qui a aussi l'intention de dĂ©poser une motion de censure.

Peut-ĂȘtre des dĂ©putĂ©s, des rĂ©publicains. On reste ensemble. On reste sur ces images Ă  l'AssemblĂ©e nationale.

L'usage du 49.3 par le gouvernement n'est pas une surprise. On sait depuis le 19 juin que le gouvernement ne dispose pas de majorité à l'Assemblée nationale et donc qu'il est contraint à l'emploi du 49.3.

Il avait d'autant moins de chances de trouver une majoritĂ© Ă  l'AssemblĂ©e nationale que ce budget, pour nous, aggrave dangereusement la situation de la France avec un dĂ©ficit de 155 milliards, une dette de 3 000 milliards. Et je tiens Ă  le rappeler, au terme de ce quinquennat, Ă  ce rythme-lĂ , ça veut dire que les intĂ©rĂȘts payĂ©s par la France s'Ă©lĂšveront Ă  100 milliards par an, c'est-Ă -dire plus que le budget du ministĂšre de l'Éducation nationale et du ministĂšre de l'IntĂ©rieur rĂ©uni. Donc ce budget, il est irresponsable, il est dangereux pour la situation financiĂšre de notre pays et en aucun cas nous ne pouvions le voter.

Le gouvernement n'a donc pas d'autre choix que celui de ce 49.3. C'est une arme que lui propose la Constitution.

Maintenant, si le gouvernement n'a pas de majorité, ce n'est pas le fruit du hasard, ce n'est pas le fruit d'une erreur des Français qui aurait mal voté, mais d'une volonté des Français d'obliger la majorité, d'obliger le gouvernement à écouter l'ensemble des formations politiques qui les représentent. Et donc, évidemment, nous demandons au gouvernement, c'est le premier 49.3, mais il y en aura d'autres durant le temps que durera ce quinquennat.

Il y en aura sans doute 5, 6 d'ici la fin de la session d'ici NoĂ«l. Et donc, nous demandons au gouvernement, Ă©videmment, de retenir un maximum des propositions qui ont Ă©tĂ© faites par les diffĂ©rents groupes d'opposition. Éventuellement, signer une motion de censure, parce qu'il va y avoir motion de censure.

Je crois que la France a suffisamment de difficultés, de désordres, de préoccupations. Le prix de l'électricité, aujourd'hui, menace un trÚs grand nombre de nos entreprises. Et, véritablement, la vie, la survie de ces entreprises, pensons totalement inutile de rajouter du chaos au chaos.

Cette assemblée nationale, elle fonctionne depuis 8 semaines, si mes calculs sont bons, depuis la session extraordinaire. Et donc, trÚs sincÚrement, ce ne serait pas sérieux de rajouter du désordre au désordre. Laissons cette assemblée travailler, et que le gouvernement écoute, malgré tout, malgré cette procédure, ce que les groupes d'opposition lui ont exprimé tout au long des débats.

Merci. Olivier Marlex, le prĂ©sident du groupe LR Ă  l'AssemblĂ©e nationale, qui parle d'un budget irresponsable, qui n'est pas Ă©tonnĂ© que le gouvernement et la majoritĂ© fassent usage du 49-3. Il demande quand mĂȘme Ă  la PremiĂšre ministre de retenir un maximum d'amendements.

Tous ces amendements qui ont été débattus, votés par les oppositions, avec la majorité, évidemment, depuis le début de la semaine sur ce budget. Mais, vous l'avez entendu, il ne votera pas de motion de censure. Il reste plus mesuré.

Il dit qu'il ne serait pas sérieux de rajouter du désordre, alors que l'Assemblée nationale, c'est vrai, commence à peine à trouver ses marques, puisqu'il y a eu une session extraordinaire juste aprÚs les législatives, une pause pendant les vacances, et puis les débats ont repris il y a quelques semaines à peine, quelques jours à peine. Donc non, les députés LR ne voteront pas de motion de censure, si, la NUPES, si le Rassemblement national venait à en déposer une. Voilà, pour la prise de parole d'Olivier Marlex, le président du groupe LR à l'Assemblée nationale.

Il est 17h57. Je vous rappelle qu'Elisabeth Borne, il y a quelques minutes, a pris la parole pour annoncer que le gouvernement mettait, en gage sa responsabilitĂ©, et faisait usage du 49-3 pour faire adopter le budget 2023. Nous sommes ici, salle des quatre colonnes, oĂč les dĂ©putĂ©s passent lorsqu'ils sortent de l'hĂ©micycle.

Nous attendons encore les rĂ©actions, peut-ĂȘtre, de la majoritĂ©, Ă©videmment, du Rassemblement national. Nous avons entendu il y a quelques instants les dĂ©putĂ©s de la NUPES, qui, eux, Ă©videmment, parlent d'un dĂ©ni de dĂ©mocratie. Nous verrons si le Rassemblement national utilise les mĂȘmes termes et confirme qu'une motion de censure sera dĂ©posĂ©e par le groupe de Marine Le Pen.

Et nous restons ensemble à l'Assemblée nationale. Le texte de la motion de censure de la NUPES est déposé, il est validé, et c'est le premier texte déposé de motion de censure suite à l'annonce du 49-3. Pardon ?

L'ensemble des groupes de la NUPES sont signataires de ces motions de censure. 151 députés. C'est ça, absolument.

Pardon ? Vous l'avez déposé quand ? On l'a déposé dÚs l'annonce par la ministre du 49-3.

Donc, il y a quelques minutes. Et ce sera votre lance ? Déposé, enregistré.

Alors là, pour le moment, on n'a pas la date, bien sûr. La conférence des présidents va se réunir. AprÚs, on sait que là, il y avait 24 heures pour réagir aprÚs l'annonce du 49-3, qu'on a 48 heures ensuite de délai.

C'est ça ? Donc, ça sera vendredi soir, samedi ou lundi. On attend de voir un peu.

Mais en tout cas, vous annoncez que le texte, nous l'avions dit, elle a annoncé le 49-3, nous l'avons fait, nous avons déposé notre notion de censure. Les signataires sont les mers ? C'est des premiers signataires de NUPES, bien évidemment.

Le contenu du texte, mais finalement, c'est les trois piliers qu'on vous a présentés tout à l'heure. La premiÚre, c'est un gouvernement sans majorité, sans finalement qu'il n'a pas demandé la confiance, qui a été mis en difficulté sur la trajectoire budgétaire financiÚre. C'est un gouvernement qui ne sait pas faire avec la pluralité de l'Assemblée nationale et qui ne teint pas compte des résultats des élections législatives.

Donc, on est un gouvernement qui est aujourd'hui en situation de frébrilité et de fragilité. La deuxiÚme chose, c'est l'irresponsabilité climatique. Je l'ai dit, il faut regarder au-delà de la forme le contenu de ce budget.

Pourquoi est-ce que nous sommes opposés à un certain nombre de ces mesures ? Pourquoi nous avons cherché à proposer et à l'amender avec l'ISF climatique ? C'est un budget qui ne prend pas en concurrence climatique.

Aujourd'hui, c'est inacceptable. Si nous voulons ĂȘtre sur une trajectoire pour nous protĂ©ger et protĂ©ger nos enfants, les actions, c'est aujourd'hui. Et la deuxiĂšme chose, c'est un budget complĂštement dĂ©connectĂ© de la rĂ©alitĂ©.

Face à l'inflation, aujourd'hui, quand les Français travaillent, chaque euro qu'ils gagnent vaut beaucoup moins. On le voit, ça veut dire se restreindre sur l'alimentation, se restreindre sur les dépenses de carburant ou de chauffage, ou se restreindre sur les loisirs. Aucun compte n'est tenu de cette situation de crise sociale.

On continue de faire des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises. On refuse d'ouvrir la question du partage des richesses. Aujourd'hui, on pourrait faire un autre budget qui répond à ces deux enjeux, de l'urgence climatique et de l'urgence sociale.

Ce n'est pas le cas. Est-ce que vous souhaitez que votre motion est empruntée par le reste ? Aujourd'hui, on a fait une motion de censure qui rappelle ces trois principes et qui redit notre projet de société.

L'avez-vous Ă©crit de façon Ă  l'URN ? Nous l'avons rĂ©digĂ© de maniĂšre Ă  ĂȘtre claire sur notre projet de sociĂ©tĂ©. La question de l'Ă©galitĂ©, la question de la justice sociale, la question de la responsabilitĂ© climatique.

Et aujourd'hui, clairement, je pense qu'on n'a aucun rapport entre le projet de société du RN excluant et le projet que nous, nous proposons pour protéger les Français. Mais il faut qu'elle ne sera pas votée, c'est-à-dire qu'elle sera votée ? Elle sera votée par les membres de l'ANIPES.

Et aujourd'hui, je pense que l'enjeu, aujourd'hui, c'est d'avoir un vote. Vous vous rendez compte qu'aprĂšs le dĂ©pĂŽt du 49-3, ça veut dire le refus du vote sur le budget de l'État, le refus du vote de l'AssemblĂ©e nationale sur nos prioritĂ©s politiques. Et donc dĂ©jĂ , sans mention de censure, pas de vote.

Mais elle sert déjà à obtenir un vote. En fait, ce n'est pas rien. Nous avons une Assemblée.

On a une Assemblée qui s'est réunie, qui a travaillé, qui a adopté des amendements. On a un travail qui est balayé et méprisé. Il est normal dans une démocratie que les parlementaires déposent une motion de censure pour demander un vote.

On verra les résultats de ce vote. Nous disons que cette motion de censure, elle est clairement sur nos fondamentaux. Et rappelez, en fait, le gouvernement, finalement, n'a fait qu'un débat de forme.

Nous voulons ramener le débat sur le fond. Quel est le contenu de ce budget ? Aujourd'hui, ce budget est un mauvais budget pour la France.

Et c'est ça qu'elle dit, cette motion de censure. Elle dit, regardez les cadeaux qui sont faits aux plus riches. Regardez, finalement, le dogmatisme avec lequel le gouvernement refuse de remettre l'impÎt de solidarité sur la posture.

Regardez le refus de prendre en compte l'urgence climatique. Ceci, il faut le remettre dans le dĂ©bat aprĂšs le feuilleton qui a Ă©tĂ© posĂ© pendant des jours sur le calendrier du 49-3, au mĂ©pris de l'AssemblĂ©e, mais finalement, mĂȘme au mĂ©pris des Français, de poser les vrais dĂ©bats dans la discussion publique. Parce que la vĂ©ritĂ©, c'est que le gouvernement n'assume pas ce budget pour les plus riches et qui est complĂštement irresponsable.

Vous avez du conseiller de savoir que les amendements sont gardés ? Nous ne sommes pas des marchands de tapis. L'Assemblée nationale vote.

Elle a votĂ© des amendements. Le respect de l'AssemblĂ©e nationale, c'est de reprendre l'ensemble de ces amendements. Nous ne sommes pas lĂ  pour discuter de ce qui doit ĂȘtre pris ou non.

Nous sommes lĂ  pour permettre le respect des majoritĂ©s qui se sont construites. Vous venez d'entendre Cyrielle ChĂątelain. C'est la prĂ©sidente du groupe Europe Écologie, les Verts, Ă  l'AssemblĂ©e nationale.

Et donc, elle est revenue devant les journalistes pour annoncer qu'une motion de censure avait Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e par la NUPES. Les quatre partis, donc, les Verts, les communistes, la France Insoumise et les socialistes, s'allient donc pour dĂ©poser cette motion de censure. On a entendu un petit malaise, quand mĂȘme, lors des questions des journalistes, pour savoir s'ils attendaient un vote de la part du Rassemblement national.

Visiblement, non. Et ils ne voteront pas une motion de censure déposée par le Rassemblement national. On écoute ce qui se passe à l'Assemblée.

Oui, Mathieu Lefebvre, je suis dĂ©putĂ© du Val-de-Marne. Ah oui, grand dĂ©fenseur du budget. Vous ĂȘtes ravi du 49.

Je ne suis pas ravi du 49.3, mais j'observe que le 49.3, il y a de la responsabilitĂ© des oppositions qui, toutes, les unes aprĂšs les autres, et avant mĂȘme d'avoir lu la premiĂšre ligne du budget, nous ont dit qu'on va voter contre.

Nous, on est un gouvernement et une majorité responsables. Et on sait que la France, elle a besoin d'un budget, elle a besoin de payer ses fonctionnaires, elle a besoin de protéger les Français, les entreprises, les collectivités de l'inflation au 1er janvier prochain. Pour ça, le 49.3, c'est l'arme qui est utilisée par le gouvernement, mais c'est une arme de responsabilité.

Dans un État social comme aujourd'hui, il est, comment dire, pertinent de parler d'armes. Est-ce qu'on n'aurait pas pu continuer, alors que les dĂ©bats se passaient relativement bien Ă  l'AssemblĂ©e nationale, prendre un peu plus de temps pour justement respecter les oppositions, sachant que vous n'avez pas la majoritĂ© Ă  prendre ? Le 49.3, c'est un outil qui a Ă©tĂ© utilisĂ© avant le gouvernement d'Elisabeth Borne, et je vais vous faire une confidence, il sera utilisĂ© aprĂšs le gouvernement d'Elisabeth Borne.

J'observe simplement que la responsabilité, elle n'incombe pas à cette majorité, elle incombe à toutes les oppositions qui nous ont dit « prenez cet amendement, prenez cet amendement », mais qui, dans l'ensemble, nous ont toutes dit « nous refusons, nous formons une minorité de blocage pour faire en sorte que la France n'ait pas de budget ». Moi, je suis désolé, je veux que la France puisse avoir un budget. Sur les débats, on a eu une semaine de débat, prÚs de dix jours de débat.

Il y a prÚs de mille amendements qui ont été examinés. Personne ne peut dire ici qu'on n'a pas laissé le temps au débat. On parle d'un débat de forme, et du cÎté de la NUP, si vous pouvez répondre à ça.

Moi, je rĂ©ponds qu'il y a eu dix jours de dĂ©bat, mille amendements examinĂ©s, je ne sais pas s'ils appellent ça un dĂ©bat de forme, mais la posture de forme que l'on peut critiquer, c'est celle qui consiste Ă  dire « avant mĂȘme, toute chose, avant mĂȘme d'avoir examinĂ© le premier amendement, on va voter contre votre budget ». Pourquoi ? Parce que c'est le budget de la Macronie, comme ils disent.

Et dans le fond, les oppositions, aujourd'hui, elles constituent des majoritĂ©s de circonstances, et nous, Ă  l'inverse, on a une majoritĂ© politique. C'est bien ça qui nous diffĂ©rencie. Est-ce que c'est un Ă©chec pour toutes les oppositions qui pensaient ĂȘtre les agents du compromis ?

Le compromis, il suppose des agents du compromis. Et encore une fois, si demain, il y a des oppositions qui viennent nous dire « on a tel et tel projet, et on est capable de vous suivre là-dessus », si c'est cohérent avec notre projet politique qui consiste à moins taxer les Français et à ne pas nous endetter, alors on prendra toutes ces propositions. On veut des oppositions qui soient constructives, pas des oppositions qui s'opposent pour s'opposer et qui s'allient les unes aux autres pour, je le répÚte, faire battre la Macronie au mépris de leur propre cohérence et au mépris de leur cohérence idéologique.

Merci. C'était Mathieu Lefebvre, député Renaissance, membre de la Commission des Finances, qui est le premier député de la majorité qui est venu défendre l'annonce d'Elisabeth Borne tout à l'heure. Le 49.3 est activé pour faire passer le budget 2023.

Et oui, il n'y avait pas de majorité absolue, il n'y a pas de majorité absolue dans cette Assemblée nationale. Il fallait donc, pour le gouvernement, activer ce 49.3.

Il n'y avait pas d'autre solution puisque ce vote du budget est un marqueur. Vous votez pour, vous ĂȘtes dans la majoritĂ©, vous votez contre, vous ĂȘtes dans l'opposition. Il Ă©tait donc extrĂȘmement difficile, voire impossible, d'aller chercher des voix ailleurs dans les autres groupes pour faire passer ce budget.

Une motion de censure a donc été déposée par la NUPES. Nous venons d'entendre Thierry Le Chatelain il y a quelques minutes qui a pris la parole. Tiens, le RN, nous ne les avons pas entendus.

Jean-Philippe Tanguy prend la parole. Attends, c'est vous qui avez commencé. Alors ?

Je ne sais pas si c'est possible. Non, c'est pas possible. Votre réaction par rapport justement à ce 43 qui était assez inévitable du gouvernement en raison de votre solution ?

Oui, ce qui est surtout inĂ©vitable c'est la misocritĂ© constante de Mme Borne qui a fait un discours une fois de plus d'une indigence rĂ©publicaine assez rare qui n'a parlĂ© pour ne rien dire et donc qui constate que ce qu'elle aurait pu faire au dĂ©but elle le fait aprĂšs 6 jours de dĂ©bat en considĂ©rant qu'il y a des bons et des mauvais amendements alors qu'il n'y a que les amendements qui ont Ă©tĂ© adoptĂ©s par les reprĂ©sentants du peuple français y compris d'ailleurs ceux que nous-mĂȘmes nous n'avons pas soutenus. Donc c'est un comportement vraiment Ă  la fois inexplicable et qui prouve Ă  mon avis que ce gouvernement est perdu en fait ne sait pas vraiment ce qu'il fait et n'est donc incapable de rĂ©pondre aux problĂšmes des français. Vous allez dĂ©poser votre motion de censure ?

Oui, est-ce que vous allez dĂ©poser votre motion de censure ? Non, nous allons la dĂ©poser demain. Marine Le Pen et le groupe veulent prendre le temps de choisir les bons mots de ne pas avoir de rĂ©action pavlovienne de faire un texte qui correspond Ă  la situation ce qu'on a entendu jusqu'Ă  prĂ©sent parce qu'avant la motion de censure on a eu un vote par exemple sur la contribution de la France Ă  l'Union EuropĂ©enne je rappelle que c'est 24 milliards d'euros le RN est le seul groupe Ă  s'y ĂȘtre opposĂ© en totale cohĂ©rence donc on va adapter cela et on veut aussi faire une motion qui n'est pas purement la position du RN qui est une analyse de la situation objective pour que peut-ĂȘtre d'autres forces politiques la soutiennent.

Est-ce que vous Ă©ventuellement vous allez voter la motion que vient de dĂ©poser la NUPES ? Je ne sais pas, je n'ai pas vu le texte donc moi je n'ai pas contrairement Ă  eux je n'ai pas de rĂ©action pavlovienne je vote selon l'intĂ©rĂȘt de la France Donc c'est possible en fait il n'y a pas de consigne donnĂ© au RN en disant que vous ne votez pas le texte de la NUPES ? Il n'y a pas encore de consignes qui ont Ă©tĂ© donnĂ©es ce qu'a dit Marine Le Pen c'est que compte tenu des positions de la NUPES pendant ces quelques jours notamment sur le financement de la politique migratoire sur le mĂ©pris pour le soutien Ă  nos forces de l'ordre ça me paraĂźt compliquĂ© de voter une motion de la NUPES puisque je crains qu'ils en fassent mention dans leur texte Par ailleurs il y a un dĂ©bat au Parlement europĂ©en demain il n'y a pas d'autres questions qu'est-ce que vous pensez justement de la maniĂšre enfin est-ce que vous ne craignez pas que les sanctions finissent par aggraver la situation pour les Français ?

Je n'ai pas entendu ce qu'il y avait comme dĂ©bat au Parlement europĂ©en demain il y a un dĂ©bat sur l'Ă©nergie est-ce que vous crĂ©ez que le renchĂ©rissement du coĂ»t de l'Ă©nergie qui est aussi dĂ» aux sanctions contre la Russie est-ce que vous crĂ©ez qu'Ă  un moment donnĂ© ça devient exclusif pour les Français ? Ah bah c'est pas qu'on le craint c'est qu'on l'a annoncĂ© dĂ©noncĂ© et qu'on a prĂ©venu les Français que la partie de ces sanctions contre la Russie il y a des parties qui sont utiles et qui ne pĂ©nalisent pas les Français les sanctions contre les oligarques contre le systĂšme financier et il y a les sanctions qui pĂ©nalisent les EuropĂ©ens parce qu'en fait nous sommes tellement dĂ©pendants de la Russie pour nos importations de matiĂšres premiĂšres Ă  cause de la politique europĂ©enne puisque c'est l'Union EuropĂ©enne qui a soutenu par exemple le dĂ©veloppement des olĂ©oducs et des gazoducs vers la Russie et pas le Rassemblement National que les dĂ©cisions qui sont prises enrichissent le rĂ©gime russe et appauvrissent les EuropĂ©ens Monsieur Tanguil je reviens sur la motion de censure Ă  quoi ça sert le dĂ©posĂ© de motion de censure si vous ne votez pas celle de la MIPES mais dĂ©jĂ  ça sert Ă  affirmer une position politique une analyse politique une critique du gouvernement le Parlement vous dĂ©fendez des options parce que vous y croyez et que vous affirmez ce pour quoi les Français vous ont Ă©lu aprĂšs je ne sais pas ce que vont faire aussi les autres forces politiques qu'est-ce qu'au final va faire LR qu'est-ce qu'au final va faire les Ă©lus de l'IOT je n'en sais rien LR a priori il ne dĂ©pose pas une motion de censure il n'a pas l'air de dĂ©cider de voter ni la vĂŽtre ni celle de la MIPES oui c'est un bon rĂ©sumĂ© de la position de LR depuis quelques mois ou voire quelques annĂ©es c'est qu'on ne sait pas oĂč ils sont oĂč ils vont et qui ils sont est-ce que le traitement que vous avez Ă  penser des journĂ©es et des lumiĂšres non mais moi je n'ai pas de ressenti personnel moi j'ai un ressenti par rapport aux Français qu'on dĂ©fend on a votĂ© des amendements importants pour eux sur des dĂ©penses utiles par exemple l'augmentation du crĂ©dit pour l'accueil des enfants la demi-parte fiscale pour toutes les veuves et les veuves de guerre quel que soit leur Ăąge mais on a aussi votĂ© des amendements utiles pour rĂ©tablir l'Ă©quilibre des finances publiques je pense Ă  l'amendement qui vient du modem sur les surdividendes et sur les surachats d'actions qui sont deux mĂ©thodes que j'avais proposĂ©es moi au nom du RN Ă  l'issue de la mission Flash ou le rĂ©tablissement de l'exit taxe donc ce qui est trĂšs Ă©trange avec ce gouvernement c'est qu'il a accusĂ© les oppositions d'ĂȘtre incapables de trouver des recettes et de vouloir faire des dĂ©penses et qu'ils vont retenir finalement quelques dĂ©penses et refuser toutes les recettes et merci vous-mĂȘme merci vous avez dĂ©bordĂ© ça marche vous avez manquĂ© c'est de savoir si vous Ă©tiez associĂ© si vous ĂȘtes oubliĂ© avant non non la question est de savoir le RN va sans doute dĂ©poser une motion est-ce que vous considĂ©rez que vous Ă©tiez avec le RN non mais Ă©coutez moi j'ai Ă©tĂ© parfaitement clair depuis toujours nous ne frayons pas avec l'extrĂȘme droite nous ne frayons pas avec le Rassemblement National et nous ne voterons jamais une motion du Rassemblement National et voilĂ  on joue mĂȘme bon foot avec eux donc vous voyez qu'on est quand mĂȘme particuliĂšrement constant en la matiĂšre mais moi ce que je voudrais dire surtout c'est que nous avons examinĂ© 4 articles sur 26 il ne faut pas considĂ©rer que nous ayons examinĂ© sĂ©rieusement ce budget nous regardons la liste des concessions faites par un gouvernement qui a recherchĂ© le compromis et quelle blague ? il manque l'essentiel des amendements importants que la reprĂ©sentation nationale avait votĂ© je pense Ă  la taxe sur les super dividendes qui venait des bancs de la majoritĂ© de monsieur MatĂ©i je pense et Christine Pires-Baud en dira un mot la transformation en crĂ©dit d'impĂŽt de l'aide qui Ă©tait accordĂ©e aux rĂ©sidents en EHPAD donc on sait le reste Ă  charge pour les rĂ©sidents et pour les familles qui ont des proches qui sont dans les EHPAD c'est un scandale il n'y a rien qui soit vĂ©ritablement sĂ©rieux sur la taxation des super profits rien sur l'exitas rien sur l'ISF donc Ă©coutez franchement on s'y attendait on va vous mentir et je pense que vous aussi sinon vous ne seriez pas lĂ  mais c'est quand mĂȘme trĂšs dĂ©cevant sur le plan du dĂ©bat dĂ©mocratique nous sommes un parlement pluraliste plus pluraliste que jamais avec un parlementarisme de fait issu des urnes souhaitĂ© par les français et qui exige de nouvelles pratiques de la part en particulier de l'exĂ©cutif ce budget il Ă©tait ou l'aurait Ă©tĂ© celui de l'AssemblĂ©e nationale et bien c'est le budget de l'AssemblĂ©e nationale qu'aujourd'hui le gouvernement refuse de voter question ? oui je vais juste dire on a assistĂ© Ă  une farce on a 25 ans nous sommes de retour en plateau au Figaro nous venons d'entendre les diffĂ©rentes rĂ©actions Ă  l'AssemblĂ©e nationale avec le dĂ©putĂ© du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy avec Boris Vallaud le dĂ©putĂ© du parti socialiste bonjour Guillaume Roquet bonjour merci d'ĂȘtre ici bon on va analyser ce qui vient de se passer pas vraiment une surprise Elisabeth Borne annonce le 49-3 de toute façon c'Ă©tait inĂ©vitable pourquoi on a attendu autant de temps ? parce qu'il fallait que le gouvernement montre sa bonne volontĂ© il y a eu lors des derniĂšres lĂ©gislatives une sorte de message subliminal envoyĂ© par les français en disant ok Emmanuel Macron a Ă©tĂ© réélu prĂ©sident de la rĂ©publique on va lui donner un certain nombre de dĂ©putĂ©s mais on veut pas qu'il ait tous les pouvoirs donc on veut qu'il parle avec les autres et qu'il essaye de faire Ă©merger un consensus bon c'est le travail d'Elisabeth Borne Ă©videmment ça n'a pas marchĂ© mais il y a quand mĂȘme eu 55 heures d'Ă©change il y a des amendements de l'opposition ou des oppositions qui vont ĂȘtre retenus donc un le gouvernement a montrĂ© sa bonne volontĂ© deux il veut sortir du blocage et donc motion de censure je trouve que la sĂ©quence mĂ©diatiquement est assez bien gĂ©rĂ©e ah oui et donc 49.3 et donc vous l'avez dit motion de censure on peut expliquer pour l'instant on a entendu il y a quelques instants c'est la prĂ©sidente CĂ©cile ChĂątelain des Ă©colos Ă  l'AssemblĂ©e nationale qui est venue annoncer eh bien qu'une motion de censure a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e le RN pour l'instant dit nous on n'a pas de rĂ©flexe Pabloviens on va discuter oui mais d'aprĂšs ce que j'entends ils sont sur le point d'en dĂ©poser une voilĂ  donc il va y avoir effectivement deux motions de censure on rappelle les caractĂ©ristiques techniques de ce 49.3 c'est l'article 49 alinĂ©a 3 de la constitution qui donc permet Ă  un gouvernement de faire passer un texte sans vote en disant je vous propose d'adopter ce vote d'adopter ce texte de loi pardon en l'occurrence le projet de loi de finances et ensuite le texte est rĂ©putĂ© comme Ă©tant adoptĂ© sauf si une motion de censure emporte la majoritĂ© alors lĂ  c'est encore plus important puisque si une motion de censure emporte la majoritĂ© c'est complĂštement le gouvernement qui tombe oui absolument puisque le gouvernement n'a plus de majoritĂ© et Ă  ce moment lĂ  le prĂ©sident de la rĂ©publique a le choix ou de nommer un nouveau premier ministre ou de dissoudre l'assemblĂ©e nationale pour provoquer de nouvelles Ă©lections mais ça n'arrivera pas puisque les les oppositions pardon devraient ĂȘtre unanimes pour pouvoir renverser le gouvernement or le rassemblement national a dĂ©jĂ  dit qu'il ne voterait pas une motion de censure prĂ©sentĂ©e par la NUP par l'opposition de gauche et il en est de mĂȘme pour la gauche donc en gros Elisabeth Borne joue sur du velours parce qu'elle sait bien qu'il n'y aura pas d'opposition unique contre son texte et j'ajoute que mĂȘme avec une addition de tous les dĂ©putĂ©s de la NUP tous les dĂ©putĂ©s du rassemblement national cela ne suffirait encore pas il faudrait les dĂ©putĂ©s LR absolument il faudrait le plus grand nombre de dĂ©putĂ©s LR or ceux-ci sont assez divisĂ©s sur ce budget il y en a qui pourraient vouloir voter une motion de censure je ne crois pas parce qu'on a entendu pour tout vous dire Guillaume Olivier Marlex il y a un instant qui lui a dit non non certainement pas on ne dĂ©posera pas de motion de censure on n'est pas content parce que ce budget n'a ni queue ni tĂȘte mais on ne veut pas de rajouter de chaos Ă  la situation voilĂ  ce que dit Olivier Marlex c'est ce qu'il tire bien ses troupes c'est vrai a priori il ne devrait pas y avoir de motion de censure de la mĂȘme façon qu'il y a dĂ©jĂ  des textes lĂ©gislatifs notamment le projet de loi sur le pouvoir d'achat qui sont passĂ©s depuis cette nouvelle lĂ©gislature et malgrĂ© l'absence de majoritĂ© absolue pour les troupes d'Emmanuel Macron parce qu'il y avait une bonne volontĂ© Ă©vidente des dĂ©putĂ©s LR si vous voulez ce nouveau ce budget 2023 c'est NoĂ«l au mois d'octobre il y a de l'argent pour tout le monde sauf pour ce malheureux Bruno Le Maire ça ne s'appelait pas au LR ça oui mais ça ne s'appelait pas au LR sur le principe mais sur le fond si vous voulez les dĂ©putĂ©s dans la circonscription on leur dit on voudrait un peu d'argent pour tel projet pour telle activitĂ© pour telle aide et comme le gouvernement est gĂ©nĂ©reux c'est difficile d'aller contre ça oui vous parliez de Bruno Le Maire le seul qui n'est pas forcĂ©ment trĂšs gĂ©nĂ©reux c'est lui alors il a dit ce sera 100 mois si on fait n'importe quoi et qu'on accepte tout c'est vrai alors d'un point de vue technique tous les ministĂšres voient leur budget augmenter l'annĂ©e prochaine sauf deux le ministĂšre des anciens combattants et le ministĂšre de l'Ă©conomie ce malheureux Bruno Le Maire essaye de convaincre ses petits camarades qu'on ne peut pas dĂ©penser de l'argent indĂ©finiment en pure perte la preuve c'est que tous les autres budgets augmentent mais lui il est dans une logique politique lui il veut apparaĂźtre comme Ă©tant le cĂŽtĂ© raisonnable du macronisme c'est comme dans l'Union EuropĂ©enne on dit les frugaux et ceux qui dĂ©pensent les autres comment on les appelle je ne sais plus exactement les pays du Club Med qui Ă©taient les pays du sud de l'Europe sauf que c'est surtout les discours de Bruno Le Maire qui sont frugaux parce que pour le reste quand vous voyez le niveau d'endettement auquel on va arriver l'annĂ©e prochaine et le niveau de dĂ©ficit budgĂ©taire on bat des records quand mĂȘme bon alors vous me dites que personne n'est content la NUPES le Rassemblement National parce qu'on ne donne pas assez la droite parce qu'on dĂ©pense trop et dans tout ça la majoritĂ© fait son miel tout va bien elle fait passer ce texte alors elle va l'utiliser encore un certain nombre de fois ce 49-3 c'est pas un c'est pas un coup un coup d'une fois lĂ  parce que ce budget il faut le voter les dĂ©penses les recettes c'est compliquĂ© voilĂ  alors d'abord effectivement vous avez raison il y a des oppositions des deux cĂŽtĂ©s pour des raisons diffĂ©rentes et Emmanuel Macron et son gouvernement appliquent le en mĂȘme temps c'est assez logique et il faut reconnaĂźtre que c'est relativement efficace Ă  condition de ne rien faire c'est Ă  dire que le prix Ă  payer si vous voulez de cette espĂšce de centrisme ou de juste milieu c'est une absence de dĂ©cision forte vous ĂȘtes incapable j'en suis persuadĂ© et pourtant vous avez bossĂ© de me citer une mesure trĂšs forte de ce budget qui va ĂȘtre absolument bouleversante pour les français alors vous avez raison celle qu'on retient finalement ce sont les amendements qui ont Ă©tĂ© votĂ©s en cours de route exactement qui ont Ă©tĂ© votĂ©s ou qui ont Ă©tĂ© rejetĂ©s et pour le reste on en est lĂ  dessus vous m'interrogez sur le 49-3 le principe c'est que avant on pouvait utiliser indĂ©finiment cette technique du 49-3 pour faire passer autant de textes de loi qu'on voulait certains l'ont fait il y a trĂšs longtemps quand Michel Rocard Ă©tait premier ministre qu'il n'avait pas de majoritĂ© claire il l'a beaucoup utilisĂ© aujourd'hui c'est plus possible vous pouvez le faire une fois par session sur un texte de loi classique une fois pour le projet de budget et une fois pour le projet de budget de la sĂ©curitĂ© sociale ce qu'on appelle le PLFSS mais plan projet de loi de financement de la sĂ©curitĂ© sociale voilĂ  pas simple voilĂ  c'est pas simple mais cette procĂ©dure est valable pour un texte et pas pour un passage ça veut dire que vous savez qu'en France il y a deux chambres donc l'AssemblĂ©e nationale adopte un texte ensuite celui-ci part au SĂ©nat parfois d'ailleurs c'est le SĂ©nat qui le vote en premier il y a ce qu'on appelle des navettes et comme c'est globalement toujours le mĂȘme texte c'est toujours le budget de la France pour 2023 et bien il peut y avoir autant de 49-3 que de passages du texte devant l'AssemblĂ©e nationale parce que le 49-3 il n'est pas vraiment utilisĂ© au SĂ©nat c'est ça il est utilisĂ© Ă  l'AssemblĂ©e le texte lĂ  va aller au SĂ©nat ou finalement oui bien sĂ»r parce que les textes doivent ĂȘtre il y a le principe de la navette mais dans le bicamĂ©risme Ă  la française il y a deux chambres mais c'est toujours l'AssemblĂ©e nationale qui gagne Ă  la fin c'est un peu comme la France et la Magne au foot dans les annĂ©es 80 et donc mĂȘme si le SĂ©nat n'adopte pas le texte ou s'il adopte un texte complĂštement transformĂ© par beaucoup d'amendements le gouvernement peut dire non non moi c'Ă©tait pas ça le budget que je voulais le budget que je voulais c'Ă©tait mon texte d'origine et donc c'est sur celui-lĂ  qu'il reviendra Ă  l'AssemblĂ©e nationale 49.3 Ă  nouveau exactement voilĂ  parce que le principe c'est qu'il y a donc ces navettes ensuite il y a une alors est-ce que la commission mixte paritaire s'applique au projet de loi de finances lĂ  j'avoue que je donne ma langue au chat mais souvenir ça pourrait arriver mais si le gouvernement n'a pas envie et veut faire accĂ©lĂ©rer les choses il pourrait y avoir faire l'impasse sur cette commission mixte paritaire qui est une sorte de grande nĂ©gociation voilĂ  exactement oĂč chacun peut donner son avis mais de toute façon c'est juste une question de temps mais c'est le gouvernement qui gagne Ă  la fin sauf s'il est renversĂ© par une motion de censure regardez les dĂ©putĂ©s NUPS et RN dĂ©posent chacun une motion de censure contre le gouvernement on vous a expliquĂ© qu'il Ă©tait peu probable qu'elles aboutissent ces motions de censure pour renverser le gouvernement c'est un Ă©vĂ©nement ou pas ce 49.3 ? deux questions dĂ©jĂ  est-ce que c'est un Ă©vĂ©nement parce que de toute façon on le savait il allait arriver ce 49.3 il n'y avait pas d'autre possibilitĂ© je crois que c'est pas un Ă©vĂ©nement alors qu'il est banalisĂ© ce 49.3 voilĂ  d'abord parce que en lui-mĂȘme c'est une procĂ©dure constitutionnelle parfaitement classique puisqu'encore une fois les rĂ©dacteurs de la constitution de 1958 celles qui organisent la 5Ăšme rĂ©publique avaient prĂ©vu ce cas de figure c'est-Ă -dire une majoritĂ© fragile pour le gouvernement et donc lui a donnĂ© cet instrument donc si vous voulez ça n'est pas un coup de force ou encore moins un coup d'Ă©tat ou je ne sais quelle mesure d'exception non ça fait partie des techniques parlementaires oui c'est quand mĂȘme un passage en force d'une certaine maniĂšre un coup d'Ă©tat c'est beaucoup trop Ă©videmment mais c'est quand mĂȘme une maniĂšre de dire Ă©coutez nous les oppositions vous n'ĂȘtes pas capables de nous aider on n'est pas constructifs et bien nous on passe sans vous quoi quand mĂȘme oui vous avez raison mais vous pouvez aussi retourner l'argument en disant mais de toute façon les oppositions vous n'ĂȘtes pas d'accord entre vous pour me renverser donc je suis toujours majoritaire puisque je n'ai pas de majoritĂ© contre moi et effectivement oui c'est ça c'est une majoritĂ© relative ben voilĂ  c'est une majoritĂ© relative mais on ne peut pas dire que ce soit antidĂ©mocratique puisqu'il n'y a pas une majoritĂ© de parlementaires donc une majoritĂ© de reprĂ©sentants de la nation qui sont contre ce texte enfin ils sont contre mais ils n'arrivent pas Ă  s'entendre entre eux pour contrer le texte Ă  travers une motion de censure Emmanuel Macron est-il un fervent dĂ©fenseur du 49-3 j'ai lu dans les pages du Figaro qu'il n'aimait pas vraiment ça est-ce qu'il va tout faire pour l'Ă©viter alors pour le budget il n'aura pas trop le choix on l'a bien compris les oppositions ne voteront certainement pas le budget parce qu'il serait comptable du bilan du gouvernement dans les mois qui viennent mais pour la rĂ©forme des retraites et bien voilĂ  c'est toute la question parce qu'effectivement c'est ça le rendez-vous important ah donc ça c'est un 49-3 au rabais un autre 49-3 pour la rĂ©forme des retraites au mois de janvier il sera majeur absolument alors Ă  un moment on avait dit qu'il aurait pu y avoir une rĂ©forme des retraites Ă  travers le projet de loi de financement de la sĂ©curitĂ© sociale et qu'il pourrait y avoir un 49-3 lĂ  pour le coup vous pouvez avoir une sorte d'union sacrĂ©e des oppositions alors est-ce que les LR voteraient ça n'est pas sĂ»r contre le gouvernement sur ce projet en revanche le Rassemblement National et l'ANUP sont tous les deux opposĂ©s et quasiment dans les mĂȘmes termes Ă  un report de l'Ăąge de la retraite mĂȘme si le Rassemblement National dit que c'est un petit peu plus compliquĂ© que ça donc lĂ  pour le coup il pourrait y avoir coalition des oppositions d'autant que les Français sont majoritairement contre cette rĂ©forme on leur dit est-ce qu'il faut repousser l'Ăąge de la retraite ils disent ben ouais ce serait bien alors est-ce qu'on le fait ah ben non parce que forcĂ©ment ils n'ont pas envie ils prĂ©fĂšrent laisser ça Ă  leurs enfants et donc je pense que de toute façon la rĂ©forme des retraites si elle doit passer ou bien le gouvernement arrive Ă  un accord avec les parlementaires LR en disant c'est l'avenir de nos finances publiques qui est en jeu et donc il arrive Ă  trouver une majoritĂ© ou bien ce qui est possible voilĂ  ce qui est ou bien ou bien il devra passer en force avec un 49-3 qui peut ĂȘtre en tout cas pas en catimini c'est-Ă -dire que le gouvernement a semble-t-il abandonnĂ© l'idĂ©e d'une rĂ©forme en douce entre guillemets des retraites Ă  travers un texte qui ne soit pas majoritairement consacrĂ© Ă  ce sujet et il a raison d'avoir abandonnĂ© ça parce que c'est tellement ça va ĂȘtre difficile de faire acceptĂ© cette rĂ©forme aux français il n'y avait pas grand monde dans les rues ni hier pour la journĂ©e de mobilisation gĂ©nĂ©rale ni dimanche pour le petit tour de Paris Ă  pied de la NUP mais s'il y a une rĂ©forme une vraie rĂ©forme des retraites en particulier si on touche aux rĂ©gimes spĂ©ciaux alors lĂ  il y aura du monde donc on ne peut pas avoir une rĂ©forme qui passe en catimini entre guillemets ce 49-3 utilisĂ© pour le budget finalement vous me dites les français c'est trĂšs loin d'eux et on leur dit presque si on vote pas ce budget les fonctionnaires ne seront pas payĂ©s la France sera Ă  l'arrĂȘt en revanche la rĂ©forme des retraites c'est quelque chose qui est beaucoup plus concret est-ce que le 49-3 c'est banalisĂ© vraiment aux yeux des français ou c'est juste parce que lĂ  sur le budget bon c'est moins important je pense que ce qui s'est banalisĂ© ce n'est pas la technique de ce vote ou de ce non-vote des lois je me trompe si j'ai l'impression qu'il y a quelques annĂ©es les français Ă©taient moins d'accord avec ce 49-3 notamment sur ceux de Manuel Valls par exemple je pense que c'est moins la technique du 49-3 que le sujet qui est plus ou moins clivant plus ou moins de nature Ă  diviser les français et que le 49-3 ce n'est qu'un instrument c'est le contenu des textes qui peut ou non provoquer de graves remous dans le pays merci beaucoup Guillaume Roquette merci d'ĂȘtre passĂ© quelques instants je vous rappelle donc qu'Elisabeth Borne a dĂ©clenchĂ© l'article 49-3 vous allez sur lefigaro.fr vous avez toutes les derniĂšres informations nous verrons dans les heures qui viennent maintenant il y a 48 heures maintenant que les deux motions de censure de la France insoumise de la NUPES et du RN sont dĂ©posĂ©s 48 heures pour les voter nous verrons ce qu'il se passe mĂȘme s'il y a peu de chance on l'a dit que ces motions de censure soient votĂ©es merci de nous avoir suivis excellente soirĂ©e sur le Figaro Live