“Brigitte Macron est née homme” : le couple porte plainte - C dans l’air - 26.07.2025
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Brigitte Macron est née homme... Cette folle rumeur est relayée jusqu'aux Etats-Unis par une influenceuse américaine d'extrême droite. Pourquoi et comment les rumeurs les plus absurdes circulent-elles sur Internet?
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Est-ce grave? "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose." Ca peut prendre. Certains peuvent s'interroger.
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Pourquoi la vérité n'éclate-t-elle pas avec la loi des grands nombres? Sur Internet, il y a tellement d'internautes que la chose devrait tomber d'elle-même.
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J.Rozenblum, Internet, ce n'est pas le royaume de la rationalité. Même s'il y a un grand nombre, parfois... D'où la nécessité d'avoir des modérateurs.
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A.Lazarègue, en tant que juriste. On peut balancer n'importe quelle rumeur et en faire un business... En l'occurrence, le couple Macron a porté plainte.
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Vous parlez de la douleur, V.Reille-Soult. C'est difficile à vivre quand on est l'objet d'une campagne, d'une rumeur qui ne s'éteint pas sur Internet et qui est offensante pour vous et votre conjoint?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00E.Dupond-MorettiFait
« Les avocats américains ont la possibilité de conduire et de mener des investigations, ce qui n'est pas permis aux avocats français. J'ai pris connaissance des investigations. On passe d'une dinguerie absolue à ce que je considère être une affaire d'Etat. »
- 4:00V.Reille-SoultChiffre
« Une fausse information circule 10 fois plus vite qu'une vraie information. C'est un fait. Ca s'appelle des "putaclics". »
- 6:00J.RozenblumFait
« Elle se fiche de l'information. Ce qu'elle veut, c'est du clic et du merchandising, qu'elle vend derrière. Elle a 8 épisodes qui sortent sur ses réseaux sociaux, qui s'appellent "Becoming Brigitte", qui parleraient de la transition de genre de madame Macron. »
- 8:00A.LazarègueFait
« Diffuser une rumeur, colporter une rumeur, ce n'est pas un délit. Ce qui est un délit, c'est de diffamer, de porter atteinte à l'honneur et à la considération d'un individu. »
- 10:00V.Reille-SoultFait
« On n'est pas loin du cyber-harcèlement. Vous vous souvenez de Sheila, il y a fort longtemps? Les réseaux sociaux n'étaient pas là. Elle a eu la même rumeur qui a perduré. Ce n'était pas la première dame, mais une chanteuse très connue. Ca a pourri sa vie. »
- 12:00A.PichardFait
« Aux yeux de la loi, le fait de prendre part, juste par un seul commentaire à un raid de cyber-harcèlement, aux yeux de la loi, fait qu'on est cyber-harceleur soi-même et qu'on peut être condamné à ce titre. »
- 16:00A.LazarègueFait
« Il est clair que jamais une situation comme celle-là ne devrait ou ne pourrait avoir lieu en l'état du droit positif en France. Il y a le droit à la vie privée. C'est un principe consacré, y compris au sein d'une entreprise. »
- 18:00J.RozenblumFait
« Sur les réseaux sociaux, on s'est réjoui du malheur des autres. Voir le petit chaton à la naissance ou l'éclosion d'une fleur, ça ne crée pas le buzz. Une psychologue américaine a parlé de "l'économie de l'indignation". »
- 20:00A.LazarègueFait
« On appelle ça le droit à l'oubli. C'est le cas le plus souvent d'individus condamnés par le passé. Ils ont fait l'objet d'articles de presse. Dans les faits divers, on faisait état de leurs faits délictueux, puis du procès. »
- 22:00V.Reille-SoultFait
« Non, c'est compliqué. Ce n'est pas 3 ou 4 liens, ce sont des millions et des millions de messages. C'est quasiment impossible. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
diminue efficacement l'envie de se gratter. ... - A.de Tarlé: Bonsoir.
Brigitte Macron est née homme...
Cette folle rumeur est relayée jusqu'aux Etats-Unis par une influenceuse américaine d'extrême droite. E.Dupond-Moretti s'est saisi de l'affaire dans une interview à RTL ce matin.
Il déclare que ce que l'on pourrait prendre pour "une dinguerie absolue" serait, en fait, selon lui, une affaire d'Etat. Il explique que cette rumeur de caniveau a été "organisée, diffusée et propagé par des membres de l'extrême droite dédiabolisée". Il cite M.Maréchal-Le Pen.
Objectif: nuire au couple Macron, qui a porté plainte contre cette influenceuse américaine. Pourquoi et comment les rumeurs les plus absurdes circulent-elles sur Internet? Les réseaux sociaux constituent-ils une menace pour nos libertés?
C'est le sujet de notre émission. Pour répondre à vos questions, nous accueillons A.Lazarègue, avocat spécialisé en droit du numérique.
V.Reille-Soult est spécialiste de l'opinion, des réseaux sociaux et présidente du cabinet Backbone Consulting. J.Rozenblum, vous êtes psychologue clinicienne.
Votre livre s'intitule "Déconditionnez-vous! Tout comprendre aux schémas de pensée qui nous enferment". A.Pichard, vous être journaliste à L'Informé.
On commence par écouter celle par qui le scandale est arrivé, cette influenceuse d'extrême droite américaine qui affirme que B.Macron serait née homme. Elle a 7 millions de followers aux Etats-Unis.
C'est une influenceuse d'extrême droite. - C.Owens: J'ai évoqué une situation très grave qui se passe en France.
Les révélations ont pris tellement d'ampleur qu'E.Macron essaie d'influencer l'opinion publique pour que les gens ne croient pas au fait que sa femme, B.Macron, est née homme. - A.de Tarlé: Le couple Macron a décidé de porter plainte contre cette influenceuse d'extrême droite.
Ce matin, l'ancien garde des Sceaux affirme que ces affabulations constituent une affaire d'Etat destinée à nuire au couple présidentiel. *-E.Dupond-Moretti: Les avocats américains ont la possibilité de conduire et de mener des investigations, ce qui n'est pas permis aux avocats français.
J'ai pris connaissance des investigations. On passe d'une dinguerie absolue à ce que je considère être une affaire d'Etat. - A.de Tarlé: A.Pichard, ce qu'on croit être une rumeur, une dinguerie absolue, certains ont intérêt à ce qu'elle circule.
Tout cela est "organisé, diffusé et propagé par des membres de l'extrême droite dédiabolisée", a dit E.Dupond-Moretti. - A.Pichard: C'est une rumeur qui circule depuis déjà au moins 2021 et qui a été reprise à différentes sauces, souvent par des comptes d'extrême droite, sur les réseaux sociaux, notamment X, où elle est beaucoup ressortie à la faveur de comptes d'extrême droite organisés.
Cette rumeur sert beaucoup à l'argumentaire d'extrême droite, notamment des antiwokistes. On l'a vu avec B.Macron, mais aussi M.Obama.
Cela transmet l'idée d'un lobby woke qui dominerait le monde. C'est aussi une manière politique...
Un lobby trans dominerait le monde via des dirigeants comme B.Macron. Cette rumeur a un fond politique.
Elle ne ressort pas au hasard selon les moments. - A.de Tarlé: Est-ce grave? "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose." Ca peut prendre.
Certains peuvent s'interroger. - V.Reille-Soult: Il y a cette expression, "il n'y a pas de fumée sans feu".
Il doit bien y avoir quelque chose de vrai. Ca ne sort pas de nulle part. C'est une théorie du complot.
Elles sont là pour nous sauver. Les gens qui colportent ça sont des gens très gentils qui veulent notre bien, soit dénoncer un lobby et montrer combien, sans leurs révélations, nous serions piégés, soit ils veulent notre bien parce qu'ils vont nous sauver...
Ca va nous sauver de monstres, de dangers que nous n'aurions pas vus. C'est toujours la même chose. Là où c'est un peu particulier, c'est que c'est la première dame, ça fait longtemps que ça dure et parce que ça dure depuis longtemps, à force, les gens finissent par se poser la question de cette réalité.
Quand vous avez un complot qui reste entre complotistes, grand bien leur fasse, ça les occupe...
C'est un sujet de conversation comme un autre. Mais quand vous sortez de la sphère complotiste, c'est plus grave. Ca sort petit à petit de cette sphère.
Vous avez des gens parfaitement cultivés, renseignés qui finissent par vous dire: "Quand même..." Ils vont parler de choses absurdes comme "On ne l'a jamais vue en présence de monsieur Trogneux".
Il y a une photo qui a été postée qui était celle de sa fille. Ce sont des éléments perturbants. Venant de non-complotistes, c'est là où le danger est. - A.de Tarlé: Pourquoi la vérité n'éclate-t-elle pas avec la loi des grands nombres?
Sur Internet, il y a tellement d'internautes que la chose devrait tomber d'elle-même. C'est comme si les choses les plus absurdes circulaient mieux que la plate vérité sur le Web. - V.Reille-Soult: Une fausse information circule 10 fois plus vite qu'une vraie information.
C'est un fait. Ca s'appelle des "putaclics". - A.de Tarlé: "Je te relaye ça même si je sais que c'est faux." - V.Reille-Soult: Vous avez des titres tellement séduisants que 1 personne sur 10 va cliquer réellement sur l'article pour savoir de quoi on parle.
C'est aussi ce jeu de l'ego des uns et des autres de partager une information que les autres n'auraient pas. C'est pervers. Et vous avez le biais de confirmation, qui est que les gens que vous connaissez disent la même chose que vous et vous avez donc raison de penser ce que vous pensez.
Vous êtes coincé dans une bulle algorithmique. - A.de Tarlé: J.Rozenblum, Internet, ce n'est pas le royaume de la rationalité.
Même s'il y a un grand nombre, parfois...
D'où la nécessité d'avoir des modérateurs. - J.Rozenblum: C'est le royaume de la viralité.
La "force" de cette influenceuse, c'est qu'elle passe d'une information complotiste...
C'est une complotiste. Elle a beaucoup parlé du 11-Septembre, des vaccins pendant le covid. Elle part d'une théorie complotiste, et on arrive à un phénomène viral.
Elle se fiche de l'information. Ce qu'elle veut, c'est du clic et du merchandising, qu'elle vend derrière. Elle a 8 épisodes qui sortent sur ses réseaux sociaux, qui s'appellent "Becoming Brigitte", qui parleraient de la transition de genre de madame Macron.
Elle propose un abonnement à sa newsletter pour avoir des informations concernant la transition de B.Macron. Il faut payer.
Il y a des mugs, des t-shirts, avec des informations concernant Brigitte. Ca devient un hashtag, une mode. On clique et on paye.
Elle crée son business comme ça, sur la viralité. - A.Lazarègue: Pour approfondir...
C'est parce qu'il y a des réseaux sociaux, qui sont le mode de communication de la plupart d'entre nous...
Certains comptent plus de 1 milliard d'utilisateurs...
C'est pour ça que cette rumeur prend. E.Morin avait dénoncé "la rumeur d'Orléans" en son temps.
Aujourd'hui, ça prend une ampleur immense. Les algorithmes entretiennent des messages radicaux, subversifs et même absurdes. Même si c'est du business, on peut se demander pourquoi ça convainc un certain nombre d'individus.
Les algorithmes diffusent abondamment ces messages. Ils suscitent l'intérêt, la curiosité. Ensuite, c'est un discours martelé au point d'envahir l'ensemble de nos réseaux sociaux.
On n'entend que ça. - A.de Tarlé: Et en toute impunité.
Je vous pose la question à vous, juriste. On peut balancer n'importe quelle rumeur et en faire un business...
En l'occurrence, le couple Macron a porté plainte. - A.Lazarègue: Contre 2 jeunes femmes qui apparaissaient comme à l'origine de la diffusion de cette rumeur.
La cour d'appel a relaxé ces personnes. - A.de Tarlé: Cette rumeur, à l'origine, venait de France par 2 femmes qui, en appel, ont été relaxées.
Ca veut dire qu'elles pouvaient inventer un truc sans être inquiétées par la justice? - A.Lazarègue: Diffuser une rumeur, colporter une rumeur, ce n'est pas un délit.
Ce qui est un délit, c'est de diffamer, de porter atteinte à l'honneur et à la considération d'un individu. - A.de Tarlé: Ce n'est pas le cas? - A.Lazarègue: Colporter une rumeur qui consiste à dire qu'une personne est transgenre, est-ce de la diffamation?
La cour d'appel a dit non, qu'il n'y avait rien de diffamant. Il n'y a aucune atteinte à la considération que de dire qu'une personne est transgenre. Voilà pourquoi la cour d'appel se retrouve à relaxer.
Je mesure la douleur de celui qui est victime de cette rumeur, mais il est très difficile de sanctionner une rumeur. - A.de Tarlé: Vous parlez de la douleur, V.Reille-Soult.
C'est difficile à vivre quand on est l'objet d'une campagne, d'une rumeur qui ne s'éteint pas sur Internet et qui est offensante pour vous et votre conjoint? - V.Reille-Soult: On n'est pas loin du cyber-harcèlement.
Vous vous souvenez de Sheila, il y a fort longtemps? Les réseaux sociaux n'étaient pas là. Elle a eu la même rumeur qui a perduré.
Ce n'était pas la première dame, mais une chanteuse très connue. Ca a pourri sa vie. Elle a vécu un enfer.
C'est un peu la même histoire. Ca revient tout le temps. C'est lancinant.
Elle en souffre forcément. Ils ont fait un choix de rester dans le mutisme et de ne pas répondre en se disant que la calomnie allait finir par passer, mais elle ne passe pas. C'est compliqué.
Le cyber-harcèlement, au-delà de madame Macron, c'est un vrai sujet compliqué. Il n'y a pas que des gens aussi célèbres qui subissent des complots et des rumeurs. - A.de Tarlé: Vous disiez que le fait qu'elle réagisse pourrait faire qu'elle remette une pièce dans la machine.
On en vient à parler de ce sujet ce soir. N'alimente-t-on pas la rumeur en la combattant? Vous êtes spécialiste de l'opinion.
Vous nous conseillez quoi quand on est l'objet... - V.Reille-Soult: Ca dépend du type de rumeur, de si vous avez des preuves irréfutables.
Pas mal de rumeurs ont pu être détruites parce qu'on avait des preuves irréfutables. Ce qui est compliqué, là, c'est que c'est une femme. Que peut-elle dire de plus que: "Je suis une femme"?
Même si elle démontrait que son physique était celui d'une femme en se mettant à nu, on dirait: "Oui, mais non..." Ce qui est compliqué, c'est la nature de l'attaque, la personnalité, la force de l'intérêt de le partager.
Dans un complot, c'est le marketing de l'ego. C'est le principe de la viralité. C'est toujours comme ça.
Ca devient de plus en plus compliqué d'avoir une visibilité sur le Net. Il va falloir utiliser des propos de plus en plus violents, drôles ou beaux. C'est plus rare.
Il faut être dans l'excès. Cette rumeur est tellement incroyable que la partager vous fait entrer dans une communauté qui vous donne de la visibilité. Arriver à casser un complot, c'est faisable, mais ça dépend de la nature, de l'attaque et de la personne attaquée. - A.de Tarlé: Sur les souffrances, il y a une campagne sur les réseaux sociaux sur le cyber-harcèlement.
Elle dit que chaque tweet, chaque like est comme une griffure qui vient vous heurter dans votre chair. - A.Pichard: Ca vient attaquer l'intégrité non pas physique mais psychique de la personne cyber-harcelée.
On part de la personne cyber-harcelée et de ses proches qui souffrent, mais pour créer un algorithme, il faut 20 secondes. Je dis ça pour les parents qui nous écoutent. Lorsqu'un enfant va cliquer sur une information transphobe concernant B.Macron, de la même manière qu'il pourrait cliquer sur une autre information concernant une tendance sur la maigreur.
Il faut 20 secondes pour que le lendemain matin, l'enfant n'ait que des vidéos sur cette tendance. Imaginez ce que ça fait sur des jeunes qui n'ont aucun libre arbitre, aucun esprit critique. Ils vont regarder une vidéo, et le lendemain, ils vont retourner sur le réseau social.
Ils verront des dizaines de vidéos et seront abreuvés d'informations toxiques, malsaines, sans aucun libre arbitre ou esprit critique. Ca va devenir des jeunes qui vont harceler, cyber-harceler, critiquer ou avoir un vrai biais de pensée concernant cette information. - V.Reille-Soult: Et ce n'est pas que les jeunes. - A.Pichard: Chaque notification peut être comme une claque qui est donnée quand on est cyber-harcelé.
Les gens qui cyber-harcèlent, qui écrivent ces commentaires, ne se rendent pas toujours compte et sont parfois très éloignés de la réalité de l'attaque qu'ils produisent sur la personne cyber-harcelée. - A.de Tarlé: Ils font ça pour s'amuser? - A.Pichard: Presque, ou pour se défouler, en n'ayant pas conscience que pour la personne, c'est une véritable vague de cyber-harcèlement.
Elle est submergée. Aux yeux de la loi, le fait de prendre part, juste par un seul commentaire à un raid de cyber-harcèlement, aux yeux de la loi, fait qu'on est cyber-harceleur soi-même et qu'on peut être condamné à ce titre. - A.Lazarègue: C'est la raison pour laquelle je crois qu'il est important d'agir.
Le couple qui a longtemps été silencieux sur cette affaire... - A.de Tarlé: Ca traîne depuis mars 2021. - A.Lazarègue: Ils ont eu raison de prendre des initiatives et de dénoncer les faits.
Il faut dénoncer ce comportement qui consiste à colporter des rumeurs dont on sait qu'elles sont absurdes. Ca vise à nuire, en réalité. La stratégie qui consistait à invoquer la diffamation n'était peut-être pas opportune.
Il y avait d'autres voies, comme la responsabilité civile. Vous développez des discours dans les réseaux sociaux qui visent à me porter un préjudice, je demande réparation à cet égard. - V.Reille-Soult: Sur la qualification de mensonge, sans doute plus que de diffamation. - A.Lazarègue: En tout cas, il faut dénoncer.
Vous parlez du milieu scolaire. Le harcèlement est un véritable fléau. Il faut que chacun ait conscience que lorsqu'il diffuse des propos de façon anonyme à travers les réseaux sociaux, ça a une valeur, une portée.
Il y a eu tout un panel de droit, de lois pénales, de contrôles, de régulations des réseaux sociaux pour permettre qu'on puisse dénoncer auprès des réseaux sociaux ces comportements pour poursuivre les individus qui en sont responsables. Il y a eu des procès importants. - A.de Tarlé: A part un, celui qui a reliké... - A.Lazarègue: Ca a été le cas de la jeune fille dans l'affaire Mila.
On a essayé d'identifier des dizaines et des dizaines d'individus qui ont été mis en cause et condamnés. C'est une réalité qu'il faut dénoncer. Je pense que B.Macron a raison maintenant de prendre des initiatives un peu plus engagées, y compris du côté des Etats-Unis, où le droit de diffamation est beaucoup plus sévèrement sanctionné.
On l'a vu avec l'affaire J.Depp. Il faut essayer de mettre un terme définitivement à cette rumeur. - A.de Tarlé: Les réseaux sociaux, eux, diffusent des rumeurs, mais aussi des images prises à la volée et parfois contre notre gré.
On pense à une autre affaire, à cette vidéo qui a fait le tour du monde. Il s'agit de ce couple adultère, 2 amants surpris en plein concert de Coldplay et dont l'infidélité va être exposée sur les réseaux sociaux aux yeux du monde entier. Retour sur ce scandale. - Mercredi 16 juillet, une belle soirée d'été.
Le groupe Coldplay est en concert à Boston. Les fans savourent. Une caméra balaie le public quand soudain... - Oh, regardez-les, tous les deux, ça va?
Qu'est-ce qu'il se passe? Soit ils ont une liaison, soit ils sont juste très timides. - La femme se cache le visage.
L'homme veut disparaître. La séquence inonde les réseaux sociaux. - Tout d'abord, levez la main: qui a vu cette vidéo hier?
Allons-y. - Une infidélité démasquée sur grand écran. La vidéo devient virale.
Plus de 128 millions de vues sur TikTok. En quelques heures, l'identité des amants est révélée. - Les détectives du Net ont découvert les noms du duo: A.Byron et sa directrice des ressources humaines K.Cabot.
La femme aurait récemment divorcé, mais Byron semble marié. Ou du moins l'était-il. - Dans les jours qui suivent, A.Byron et K.Cabot démissionnent.
Les médias américains se passionnent pour l'affaire. - Je pense que c'est en partie dû au fait que le chanteur C.Martin a parfaitement saisi la situation.
Je ne pense pas qu'il savait ce qu'il faisait. Il a dit: "Soit tu es timide, soit tu as une liaison." Je pense que s'ils n'avaient pas bougé, leurs proches n'auraient rien su. - C'est un sujet parfait pour Internet.
C'est pour ça. Mais la vie de personnes réelles est en jeu. - Sur Internet, à la télé, les parodies se multiplient.
Pendant les matchs, des Américains rejouent la scène face à la kiss cam. La kiss cam, une tradition américaine, le plus souvent lors d'événements sportifs. Une caméra parcourt les tribunes, s'arrête sur des couples, invités à s'embrasser.
Les marques profitent du buzz. Elles exploitent le scandale, comme le géant du meuble suédois ou ce loueur de voitures. Chacun y va de son commentaire.
En plein concert à Manchester, le chanteur d'Oasis s'attaque au groupe Coldplay. - Est-ce qu'il y a des amoureux dans la salle? Ne vous inquiétez pas, nous n'avons pas de putains de caméras comme Coldplay. - Le chanteur de Coldplay, C.Martin, qui depuis prévient le public qu'il peut être filmé. - Nous voudrions dire bonjour à certains d'entre vous dans la foule.
Nous allons utiliser nos caméras et afficher certains d'entre vous sur le grand écran. - La jeune femme à l'origine de la vidéo, elle, ne regrette rien. - Comme je l'ai dit, il y avait plus de 50 000 personnes.
Je ne suis pas la seule à avoir filmé la scène. Si ce n'est pas moi qui l'avais mise en ligne, je suis sûre que quelqu'un d'autre l'aurait fait. - Le malheur des uns fait le bonheur des autres.
Ces derniers jours, les écoutes des albums de Coldplay sur les plateformes ont bondi de 25 %. - A.de Tarlé: J.Rozenblum, pourquoi cette affaire a-t-elle fait le tour du monde, avec un succès planétaire?
Ca a été la une de toute la presse. - J.Rozenblum: C'est très bien dit.
Sur les réseaux sociaux, on s'est réjoui du malheur des autres. Voir le petit chaton à la naissance ou l'éclosion d'une fleur, ça ne crée pas le buzz. Une psychologue américaine a parlé de "l'économie de l'indignation".
Plus on est indigné, offusqué, plus ça crée un marché. Chacun va donner sa petite opinion. Chacun devient un juge pour un sujet on ne peut plus banal. - A.de Tarlé: On peut se mettre du côté de la victime ou se projeter. - J.Rozenblum: Oui.
Les uns et les autres se projettent, tantôt du côté de la femme de cet homme qui va apprendre tout cela sur les réseaux sociaux, de cette femme adultère qui est là avec son PDG. - A.de Tarlé: Ou soi-même, si on est un couple adultérin.
On se dit qu'il faut qu'on se méfie. - J.Rozenblum: Oui, au travers de toutes ces personnes qui jugent et qui détruisent des existences.
Il y a assez de personnes, mais il y a aussi leurs conjoints. On ne connaît pas l'état de leur couple avant cette kiss cam. Il y a peut-être des enfants, de la famille, les grands-parents...
Ils perdent leur travail. Chacun devient un juge, mais chacun oublie de se juger. Le temps que l'on passe sur les autres, c'est du temps qu'on ne passe pas sur soi.
Il y a quelque chose de très cruel et acerbe à ça. Je trouve ça violent. Personne ne se remet en question.
La kiss cam est devenue une habitude. - A.de Tarlé: La kiss cam, c'est la caméra qui filme les gens qui s'embrassent. - J.Rozenblum: Oui, il faut s'embrasser quand on est dans la kiss cam.
Mais personne ne se remet en cause, ni le chanteur qui présente ses excuses, ni la jeune femme dont tout le monde trouve ça normal qu'elle filme puis divulgue sa propre vidéo personnelle aux journalistes et aux réseaux sociaux. Une autre personne est allée chercher l'identité de cette personne. Il faut avoir le temps de faire ça! - A.de Tarlé: Parce que c'était des anonymes. - J.Rozenblum: A la base, mais la réaction a suscité l'intérêt. - A.de Tarlé: A.Lazarègue, c'est légal de filmer ainsi les gens et d'exposer en pâture?
J'imagine qu'ils n'ont pas donné leur consentement. - A.Lazarègue: Absolument.
En principe, pas du tout. Vous avez un droit à l'image. - A.de Tarlé: Ils peuvent se retourner contre Coldplay ou les organisateurs du concert? - A.Lazarègue: Oui, contre les organisateurs.
S'il n'est pas indiqué sur le ticket qu'en venant à ce concert, vous pouvez être filmé...
On a utilisé leur droit à l'image sans leur consentement. C'est une atteinte à la vie privée. En France, on peut filmer l'espace public.
Si vous êtes par hasard dans cet espace public, il n'y a pas de difficulté, mais si on vous filme, vous en particulier, si on utilise votre image, dans ce cas, il faut qu'on collecte votre consentement. - A.de Tarlé: Je vous livre ce commentaire du philosophe R.Enthoven.
L'histoire de ce couple, c'est que le monsieur a perdu son boulot. - V.Reille-Soult: Elle aussi. - A.de Tarlé: Ils étaient dans la même entreprise.
Voici ce que dit R.Enthoven. - V.Reille-Soult: Pas de recrutement.
C'est un critère d'image. C'est ce qu'on appelle l'actif réputationnel d'une entreprise. L'actif réputationnel d'une entreprise détermine une partie de sa valeur. - A.de Tarlé: Donc, il a abîmé la réputation de l'entreprise? - V.Reille-Soult: Oui, parce que les valeurs de l'entreprise étaient la fidélité, la transparence.
Quand vous voyez le dirigeant de cette entreprise dans cette situation, au-delà de son sujet privé, ça a une réalité sur l'image de l'entreprise, sur sa valeur. Oui, aujourd'hui, un dirigeant est un actif réputationnel à part entière d'une entreprise. Donc, ce qu'il va dire ou faire doit être en harmonie avec ce qui est déclaré.
Ca fait partie des éléments importants pour déterminer la valeur d'une entreprise. Si elle est en danger, oui, vous êtes licencié. Aux Etats-Unis, un licenciement est beaucoup plus simple et rapide.
La réalité est qu'il a mis en danger l'entreprise, même si derrière, l'entreprise a essayé de rattraper en disant qu'ils sont très contents de la notoriété que ça a créée, de leur visibilité, et qu'il faut en faire quelque chose de grand. D'ailleurs, ils s'engagent à être plus transparents, avec des valeurs...
Ils ont surenchéri sur le sujet, car ce n'était pas que l'histoire de ce monsieur et de cette dame, mais celle d'une entreprise. Qui plus est, c'était la DRH et le PDG. Ca n'a fait que rajouter à l'affaire.
Mais aujourd'hui, un chef d'entreprise est un actif réputationnel. Ce qu'il dit ou ce qu'il fait a une valeur au regard de son rôle dans l'entreprise. - A.Pichard: C'était la question, le fait qu'ils soient dans la même entreprise.
Aux Etats-Unis, ils sont extrêmement stricts sur le fait d'avoir des relations au travail dans la même entreprise. - A.de Tarlé: C'était le patron et sa DRH. - A.Pichard: Oui, ils avaient des postes à responsabilité très exposés.
Aux Etats-Unis, ils sont très à cheval là-dessus. Il y a des clauses dans les contrats pour interdire ces relations, pour avoir l'obligation de les déclarer. En France, ce ne serait pas pareil.
Rien n'interdit d'avoir des relations dans le cadre du travail, dans la même entreprise. Sur ça, la France protège mieux le droit à la vie privée, à moins qu'on fasse un manquement à l'entreprise ou qu'on cause un trouble. - A.de Tarlé: A.Lazarègue, question.
Pourriez-vous défendre devant les prud'hommes ce mari à qui on reproche son infidélité? - A.Lazarègue: Bien sûr.
Il est clair que jamais une situation comme celle-là ne devrait ou ne pourrait avoir lieu en l'état du droit positif en France. Il y a le droit à la vie privée. C'est un principe consacré, y compris au sein d'une entreprise.
Dès lors que vous n'avez pas agi de manière à porter préjudice à la réputation de l'entreprise, ça ne peut pas justifier un licenciement. Mais lorsqu'on dit: "Le fait de ne pas avoir été transparent, de tromper sa femme, par rapport à l'image que se faisait l'entreprise d'elle dans l'espace public, ça pose un problème"...
Mais au conseil des prud'hommes, il faut le démontrer. Il faut montrer qu'il y a un impact immédiat sur la réputation de l'entreprise. - A.de Tarlé: Il y a un effet de publicité. - A.Lazarègue: De plus.
Mais quel est le lien entre les partenaires de l'entreprise et cette relation au sein de l'entreprise? Le principe de vie privée est très consacré et important au sein de l'entreprise. Il est hors de question de licencier un individu pour son rapport à la vie privée.
Il y a eu des tentatives de licencier des individus qui regardaient des vidéos pornographiques dans leurs moments de pause, devant leurs outils de travail de l'entreprise. Le licenciement a été reconnu comme sans cause réelle et sérieuse. On est dans un espace privé au sein de l'entreprise.
Cela doit être consacré. - A.de Tarlé: On peut regarder des sites pour adultes en entreprise et c'est considéré comme privé? - A.Lazarègue: Ca donne la mesure de ce droit à la vie privée.
Vous avez des cas importants. L'affaire Galliano... - A.de Tarlé: Le directeur artistique de Dior qui a tenu des propos antisémites dans un bar.
Il était sorti de l'entreprise. C'était privé. - A.Lazarègue: Dior n'aurait pas eu de difficultés à démontrer que cet incident pour une figure qui incarne la maison Dior a terni son image.
Il aurait été justifié, le licenciement, dans ce cas. - A.de Tarlé: A.Pichard, ce que montre cette séquence, c'est qu'on est tous filmés et tous en train de filmer.
On est en permanence avec notre téléphone dans les concerts. On ne voit plus que des téléphones portables en train de tout filmer. Quels sont les ressorts de vouloir tout filmer en permanence dès qu'on assiste à quelque chose? - A.Pichard: Il y a quelques années, cette séquence ne serait jamais sortie de la sphère du concert de Coldplay.
Ca a pris une telle ampleur parce que quelqu'un l'a filmée. Dans ses interviews aux médias, elle explique qu'elle a perçu le côté viral qu'elle allait faire avec cette vidéo et que c'est pour ça qu'elle l'a mise en ligne. Elle a été interviewée dans plusieurs médias.
Elle a eu son quart d'heure de gloire. Elle a fait d'autres vidéos ensuite à partir de son compte qui avait 2 millions de vues. Maintenant, elle a des millions de followers.
Elle a elle-même une carrière d'influenceuse qui est presque lancée. Chacun veut faire le buzz. - A.de Tarlé: Vous parliez de l'ego du marketing.
Dans ces réseaux sociaux... - V.Reille-Soult: On se met en scène.
C'est le fameux quart d'heure de Warhol. Vous avez même une nouvelle logique qui est de mettre en scène votre intimité. Quand vous filmez quelque chose, vous allez le mettre en scène.
Vous allez vous mettre en scène et raconter au monde la réalité de votre intimité. C'est vrai dans les concerts, mais dans un musée, les gens se filment en train de visiter le musée. Ils ne filment même plus les oeuvres, mais eux-mêmes en train de visiter un musée. - A.de Tarlé: Au Louvre, on dit que les gens se filment avec, derrière, Mona Lisa, en selfie.
On ne voit plus Mona Lisa. - J.Rozenblum: Le personnage principal, c'est soi-même qui va au musée, qui se cultive.
C'est l'identité que l'on se crée, l'avatar que l'on se crée face à toute une planète qui est avide de l'intimité de chacun. Ca dit quelque chose de notre mentalité. Qu'est-ce qu'on en a à faire de qui sort avec qui?
Mais on sait que ça va faire du clic. Cette jeune femme qui a filmé ou cette autre personne qui a retrouvé l'identité de ces 2 protagonistes, je peux vous assurer qu'après avoir dépiauté, traduit et discuté de cette vidéo, elle va devenir l'influenceuse qui défend les femmes victimes d'adultère ou trompées par leur mari. Ce sera son nouveau compte.
On va lui donner la parole. Elle va peut-être écrire un livre. Elle s'est trouvé un but dans la vie, qui devait être très aride.
Comme nous tous. - A.Pichard: Quand on voit tous les memes qui ont été faits...
Ce sont des parodies. - A.de Tarlé: Il y a beaucoup de choses très drôles. - A.Pichard: C'est ça aussi qui a fait que la vidéo est devenue virale.
Il y avait un côté cocasse. Chacun l'a reprise. Pour avoir surfé un peu sur cette polémique et pour la reprendre à son compte, les gens ont imité des scènes, on a vu toutes les kiss cams...
Les gens voulaient leur moment de célébrité. Même les marques ont surfé sur cette viralité pour se mettre en avant. On l'a vu avec Ikea, même Tesla, qui avaient fait quelque chose comme ça.
Chacun essaye de tirer avantage de la viralité de l'image. - A.de Tarlé: Les réseaux sociaux sont "le marketing de l'ego", comme vous avez dit.
Comment garder une bonne réputation sur Internet? Certains bad buzz peuvent vous coller à la peau. Des agences se sont spécialisées pour redorer votre image. - Cette mère de famille a vu son quotidien être chamboulé.
En octobre dernier, se mettent à défiler des dizaines d'hommes avec d'étranges questions. - Ce n'étaient pas des clients habituels. Ils faisaient référence à un prénom, un pseudo.
Ils parlaient aussi de tarifs. - La jeune femme apprend que des photos et vidéos d'elle à caractère pornographique circulent sur des sites de prostitution. En réalité, il s'agit de deepfakes, de montages avec son propre visage.
De quoi porter atteinte à son honneur. Rongée par la honte, elle n'ose plus sortir de chez elle. - Quand j'emmène mon fils à l'école, je marche la tête baissée et je mets ma capuche.
Je n'ose pas regarder les gens dans les yeux. Je me demande s'ils ont eu accès à ces captures d'écran, ces photos, ces vidéos. - Elle a porté plainte pour usurpation d'identité et harcèlement.
Mais la justice est parfois jugée trop lente. Depuis 2 ans, la Foire du trône à Paris se dit victime de vidéos infamantes sur les réseaux sociaux. - Des mises en scène d'altercations et des montages faisant croire à de récents accidents.
Un climat anxiogène qui aurait fait fuir les visiteurs. - On a vu beaucoup de vidéos parlant de morts, de coups de couteau ou d'accidents. Les gens ont cru que c'était la guerre à la Foire du trône.
On a eu une chute de la fréquentation de plus de 50 %. C'est énorme. Ce n'est pas juste.
Ca ne reflète pas l'ambiance de la Foire du trône. - Dans l'urgence, pour sauver la saison, les forains ont cherché une solution pour restaurer leur image en faisant appel à des professionnels. Une agence est parvenue à effacer 40 % des vidéos litigieuses.
Elles ne sont que quelques-unes, à agir en toute discrétion, de plus en plus sollicitées. - On améliore, on nettoie la réputation de nos clients sur Google. - C'est-à-dire? - Si vous n'existez pas sur Google, on vous fait exister.
Et si vous avez des casseroles sur Google, on peut faire en sorte que du contenu positif remplace ces petites contrariétés. - Des chefs d'entreprise aux particuliers, tout le monde peut faire appel à ces services. De 400 euros pour faire oublier quelques commentaires négatifs à une centaine de milliers pour un plus grand ménage.
Récemment, un ancien du FN est venu lui demander d'effacer son passé. - Parfois, on a des gens qui nous appellent en nous disant: "J'étais candidat en 2005. Ca me porte préjudice.
Mon patron me regarde mal." Parfois, on peut fait valoir le droit à l'oubli. - Pour faire disparaître ces informations, il crée du contenu positif, des vidéos ou des tribunes sur des sites collaboratifs. - Si vous multipliez ces prises de parole par 10, 20, 30, 40 et si vous créez un blog éponyme, au bout d'un moment, vous occupez la place.
Où cacher un cadavre? En page 2 de Google. - L'agence n'est pas là pour juger ses clients, mais ne faudrait-il pas poser des limites à cette réécriture du passé? - On n'a pas de comité d'éthique.
Je ne veux pas me lever le matin pour sauver la réputation d'un violeur. Avec Google, on est dans un fichage extrême. On se considère comme un contre-pouvoir.
Il ne s'agit pas de réhabiliter le docteur Mengele. La personne qui a trébuché a le droit de continuer à vivre. - Des recours de plus en plus courants tant les vidéos truquées se multiplient.
Il y en aurait 8 millions sur Internet. Un chiffre sans doute grandement sous-estimé. Dans la quasi-totalité des cas, ce sont des images pornographiques qui visent des femmes. - A.de Tarlé: A.Lazarègue, en tant qu'avocat, vous êtes parfois sollicité par des clients qui voudraient faire en sorte que telle information ou telle rumeur qui circule à leur sujet sur Internet soit retirée, effacée? - A.Lazarègue: C'est un droit.
On appelle ça le droit à l'oubli. C'est le cas le plus souvent d'individus condamnés par le passé. Ils ont fait l'objet d'articles de presse.
Dans les faits divers, on faisait état de leurs faits délictueux, puis du procès. Cela a eu lieu il y a une dizaine d'années ou une quinzaine d'années. La condamnation a été prononcée.
La peine a été accomplie. La personne a besoin de retrouver du travail, de se réinsérer dans la société. Quand elle tape son nom sur Internet, les 1ers éléments qui ressortent, ce sont ces articles. - A.de Tarlé: Ca s'appelle "googliser".
Avant de vous embaucher, dans les entreprises, on regarde le pedigree de la personne que l'on va embaucher. On regarde ce qu'on dit d'elle sur Internet. Tout le monde fait ça. - A.Lazarègue: Ils retrouvent ces anciens articles.
Ca les empêche de retrouver du travail, d'obtenir des contrats, de rencontrer une nouvelle personne ou de se faire un réseau social d'amis. Quand vous avez ce genre d'articles dans la presse, c'est problématique. Il y a un droit, le droit à l'oubli.
C'est prévu dans le régime du droit des données personnelles. Vous pouvez vous adresser à l'éditeur du site Internet pour expliquer que compte tenu du temps passé, du caractère réduit de l'information, son intérêt général, du fait que c'était un fait divers qui a eu lieu il y a longtemps, au nom de la vie privée, vous demandez que ces articles soient supprimés. Les journaux et les moteurs de recherche font de la résistance, rechignent à supprimer ces articles.
Vous avez donc un recours judiciaire. - A.de Tarlé: Question.
Comment lutter contre ça? Le couple Macron pourrait-il demander aux réseaux sociaux, comme X, de retirer tous ces articles et ces tweets qui véhiculent ces fausses rumeurs? - V.Reille-Soult: Non, c'est compliqué.
Ce n'est pas 3 ou 4 liens, ce sont des millions et des millions de messages. C'est quasiment impossible. Déjà, le sujet du droit à l'oubli et le fait d'enfoncer des liens en page 2, ce n'est pas si simple que ça.
Donc, non. La seule chose qu'on pourrait imaginer, c'est de sortir du silence et de faire une preuve inversée. Quand on vous dit ça, dites: "Quelle est la preuve que tu as que c'est un homme?" Généralement, ça devient plus compliqué.
Dans un complot, vous avez une réalité de "c'est parce qu'on n'a pas de preuve que c'est vrai, que ce complot est une réalité". Il faut inverser et demander aux gens la preuve que c'est un homme. En revanche, il ne faut pas s'attendre à ce que ni juridiquement ni informatiquement, on puisse faire quoi que ce soit.
Il y a beaucoup trop de liens pour ça. La technique d'enfoncer... - A.Lazarègue: Il y a une chose importante: le droit à l'oubli est surtout valable pour les personnes qui ne sont pas connues.
Pour les personnalités publiques, c'est une autre affaire. Il y a un équilibre à avoir entre le droit à la vie privée et le droit à l'information générale. Plus vous êtes connu... - A.de Tarlé: B.Macron a décidé de porter plainte contre cette fausse information.
Elle a bien conscience que ce n'est pas la seule à être l'objet de fausses informations ou de rumeurs à son endroit sur Internet. Qui s'est expliquée sur RTL sur les raisons qui l'ont poussée à porter plainte. - B.Macron: Au début, j'ai regardé ça de loin.
J'en entendais parler, mais bon. Et à un moment donné, je me suis rendu compte qu'ils étaient en train de bouleverser ma généalogie. Ils avaient changé mon arbre généalogique.
Les trois quarts de la famille, c'était bien, et d'un coup, je suis mon frère. Là, on touche à la généalogie de mes parents. Ca, c'est impossible.
Moi, si je n'y vais pas, que je ne fais rien alors que ça fait 4 ans que je suis contre le harcèlement, je ne suis pas audible. - A.de Tarlé: J.Rozenblum, on a parlé des souffrances infligées à ceux qui subissent ces fausses informations.
Vous avez vu cette enquête en Grande-Bretagne. Je pense que ce serait la même chose en France. C'est à la une de "The Guardian". - J.Rozenblum: Ca ne m'étonne pas.
Quelque part, je trouve ça rassurant. Et en même temps, entre ce qu'on dit et le passage de l'action...
Certains subissent leur e-réputation, mais il y a aussi ceux qui se crée leur e-réputation. Il y a des influenceuses victimes de leur propre e-réputation, de cet avatar qu'elles se créent sur les réseaux sociaux. Certaines personnes, à force de se cliver entre une image numérique et une image réelle, génèrent de réelles souffrances et de réels maux.
Elles se voient à travers des filtres photos, une vie fantasmée. Certaines personnes peuvent créer de vraies souffrances. Chez toutes ces personnes qui subissent ce harcèlement... - A.de Tarlé: Quand on regarde les réseaux sociaux, sur Instagram, on se dit: "Quelle vie rêvée ils ont!" - J.Rozenblum: Soi-même, on peut se créer une vie qui, au regard de sa propre vie, devient extrêmement déstabilisante. - A.de Tarlé: On inflige de la souffrance aux autres en disant qu'on a une vie... - J.Rozenblum: Au final, on s'inflige de la souffrance aussi.
Il y a quelque chose de très sordide là-dedans. Chez toutes les personnes victimes de cyber-harcèlement, de revenge porn ou de sextorsion, quand on vous fait du chantage pour avoir des photos dénudées de vous... - A.de Tarlé: Il paraît que ça se fait beaucoup chez les jeunes d'envoyer des photos de soi plus ou moins dénudé.
Ensuite, vous êtes otage de celui qui les reçoit. - J.Rozenblum: Complètement.
Après, il y a le revenge porn: "Si tu ne fais pas ça, que tu ne me donnes pas d'argent, je vais diffuser sur le Net ces vidéos et ces photos que tu m'as envoyées ou que j'ai trafiquées avec l'IA." 50 % des cybercriminels qui utilisent des photos de femmes ou d'enfants, ce sont des photos que nous avons nous-mêmes mises sur les réseaux sociaux. Il faut le dire aux parents qui mettent des photos de leurs enfants à la plage.
Ca ne pose aucun problème à quelqu'un qui sait bien manipuler l'IA de mettre en scène ces photos. Il faut aussi rappeler que chez les personnes qui ont été cyber-harcelées, quelle que soit la forme du cyber-harcèlement, 50 % des victimes révèlent avoir eu des idées noires et avoir pensé au suicide. Le retour à l'anonymat est si compliqué, la honte...
Evidemment, on ne blâme pas la personne qui a cyber-harcelé, mais on blâme la victime qui a diffusé ou qui a donné des vidéos d'elle. Ca crée des souffrances énormes, et ça fait des ravages chez les jeunes. - A.de Tarlé: Vous dites que le problème de santé mentale dont on parle au sein de la jeunesse est en partie alimenté par le numérique, qui renvoie une image de vous... - J.Rozenblum: Complètement.
Le numérique est une des causes, et je ne parle pas des addictions que ça génère aux jeux en ligne, la dysmorphophobie, c'est-à-dire la vision dégradée que l'on peut avoir de son allure, de son physique... - A.de Tarlé: Question.
On parle souvent de ces jeunes étudiants qui s'amusent à mettre des photos de soirées où il y a des excès, puis qui le regrettent. Nous, le lendemain, c'était oublié. - A.Pichard: C'est ça.
Il y a une question importante. Parfois, sur Internet, on se sent protégé, que ce soit parce qu'on a mis nos réseaux sociaux en privé ou parce qu'on a envoyé des nudes... - A.de Tarlé: Des photos de soi-même nu. - A.Pichard: Dans le cas du revenge porn, on les a envoyées... - A.de Tarlé: 18 % des hommes ont déjà envoyé des photos intimes d'eux-mêmes.
Il y avait notre ami B.Griveaux, qui a renoncé à se présenter à la Mairie de Paris. - A.Pichard: En réalité, tout ce qui a été envoyé via les réseaux sociaux, tout ce qui a été une fois mis en ligne, tout pourra toujours ressortir à un moment ou un autre.
Même si c'est supprimé, si quelqu'un l'a téléchargé, il pourra le republier et le remettre en ligne. Il ne faut pas non plus blâmer les victimes. Ce qui est pénalement répréhensible, c'est de partager sans consentement de la personne ces images de revenge porn, même si la personne les a envoyées à la base avec son consentement.
Si c'est diffusé sans son accord, c'est condamnable. Il ne faut pas toujours blâmer la victime. C'est assez souvent le cas et ça ajoute à l'humiliation derrière. - A.de Tarlé: Tous filmés en permanence, mais c'est soi-disant pour notre sécurité.
Il s'agit de la vidéosurveillance qui se généralise. Ce Big Brother menace-t-il notre vie privée? La question continue d'animer le débat dans la classe politique. - A Asnières-sur-Seine, elles font désormais partie du décor. 175 Caméras de vidéosurveillance réparties dans les rues, reliées 24h/24 à ces écrans. - Nous sommes dans notre centre de supervision urbain de la ville d'Asnières-sur-Seine, inauguré le 10 juillet dernier. - Un équipement renforcé par l'IA.
Elle permet par exemple aux agents d'identifier et de retracer le parcours d'un véhicule incriminé sur la simple base de son modèle ou de sa couleur. - On entre ces paramètres dans l'IA. La totalité des caméras du secteur correspondant pourront à ce moment-là proposer des images correspondant aux véhicules de ce type.
Après, nos agents regardent quels sont les véhicules qui sont réellement concernés et transmettent ces images à la police nationale pour les suites de la procédure. Ca permet aussi un gain de temps colossal. Auparavant, il fallait que l'agent se mette devant son écran et fasse une recherche.
Ca prend un temps conséquent. L'IA, c'est du gain de temps. - Une efficacité vantée par la mairie de droite, qui annonce de prochaines installation ces prochains mois, en réponse aux attentes des habitants, assure cet adjoint. - La sécurité devrait dépasser les clivages politiques.
Nous avons affaire à de la délinquance, à des personnes qui peuvent être inquiètes dans certaines zones. Lorsque nous avons la capacité de pouvoir offrir une solution pour garantir leur première liberté, la sécurité, ce serait ridicule de s'en priver. - Sur les 400 à 500 personnes interpellées chaque année sur la commune, deux tiers le seraient, selon le cabinet du maire, grâce à la vidéosurveillance.
Des statistiques qui inspirent le gouvernement. - Il faut des caméras intelligentes qui reconnaissent les personnes lorsque quelqu'un est recherché par les services de police. Dans beaucoup de pays autour de nous, on retrouve très rapidement cette personne.
Il y a 20 ans, on disait beaucoup de mal des caméras de vidéosurveillance. Maintenant, je crois que plus grand monde ne les conteste. Dans 5 ou 10 ans, on fera de la reconnaissance faciale. - L'exécutif met en avant une vidéosurveillance sur le modèle de celle des JO.
Elle aurait permis d'identifier automatiquement des objets dangereux ou des mouvements de foule grâce aux algorithmes. Succès tempéré par ce rapport de l'Assemblée nationale. Un argument de plus contre la vidéosurveillance et une promesse de campagne pour LFI, à un an des municipales. - M.Panot: Je ne suis pas favorable à ce qu'on mette des caméras de vidéosurveillance partout, qui n'ont jamais prouvé leur utilité. - Il y aura un plan pour enlever les caméras de surveillance dans les villes où LFI serait élu? - M.Panot: Oui.
Tous ceux qui ont surarmé la police municipale et qui ont mis des caméras de surveillance, qu'est-ce que ça a créé? - Dans le viseur, le risque d'atteinte à l'anonymat et des moyens investis sur le matériel plutôt que sur les équipes de prévention sur le terrain, précise le député. - Dans ce moment particulier où, en réalité, le cadre législatif est encore assez contraignant, les habitudes ne sont pas encore complètement prises et les mauvaises habitudes non plus, on voit des élus qui s'affranchissent des règles.
Si ça devait se banaliser, il est clair qu'on irait vers quelque chose qui serait totalement dérégulé. Il y a un énorme business derrière cette affaire. Si vous avez des caméras, vous devez les déployer de plus en plus nombreuses.
C'est un business model intéressant pour les prestataires qui vendent de la surveillance. - Selon un rapport parlementaire, près d'un million de caméras de vidéosurveillance seraient installées dans les communes françaises. C'est 2 fois plus qu'il y a 10 ans. - A.de Tarlé: Votre regard d'avocat sur cette vidéosurveillance, A.Lazarègue?
En tant que citoyen, on se dit qu'on n'a rien à cacher... - A.Lazarègue: Les citoyens disent qu'ils n'ont rien à cacher pour manifester leur satisfaction de ce genre de mesure.
Il y a une demande de sécurité. J'ai vu les responsables politiques qui militent en ce sens. Mais je crois qu'il ne faut pas banaliser.
Derrière, ce sont des données personnelles qui sont captées de notre intimité, y compris dans l'espace public. A force de filmer cet espace public, la vie privée se réduit à une portion congrue, comme une peau de chagrin. Nous n'avons plus de vie privée quand on est dans un espace où tout est filmé.
On peut se dire qu'on n'a rien à cacher. Mais il faut savoir que quand des données sont collectées, où que ce soit et quelle que soit l'autorité qui les collecte, il y a toujours un risque de fuites. Si ces données sont quelque part, elles pourront fuiter.
Elles fuiteront. Un jour ou l'autre, on vous verra, pourquoi pas acheter votre pain, mais demain, sortir votre chien et, après-demain, comme F.Hollande, ramener le croissant pour sa jeune femme...
La vidéosurveillance, c'est quelque chose dont la sécurité sur le plan préventif n'est pas démontrée. Les délinquants ne se sentent pas menacées par la vidéosurveillance. A priori, ça ne les empêchera pas de commettre des infractions.
A posteriori, on peut imaginer une certaine efficacité pour les identifier plus rapidement que jusqu'à présent. Mais la contrepartie, c'est la fin de ce qui constitue la valeur principale de notre société libérale, la vie privée, réduite à peau de chagrin. - A.de Tarlé: A.Pichard, le fisc ne fait pas mystère de toutes ces données dont vous parlez que nous donnons gratuitement sur les réseaux sociaux.
Il n'y a plus une piscine qui échappe aux agents des impôts. - A.Pichard: Avec des réseaux sociaux comme Instagram ou Google Maps, qui permettent de voir les piscines. - A.de Tarlé: Le cabanon qui a été agrandi sans être déclaré... - A.Pichard: Ces images sont produites par soi-même sur les réseaux sociaux sans le savoir.
Ca donne des informations sur nous. On a eu aussi le cas avec l'application Strava. - A.de Tarlé: On met ses performances sportives.
J'ai fait le tour du lac en 15 minutes. - A.Pichard: Les gens qui l'utilisent sont parfois des gens dans l'armée.
Il y a eu le scandale il y a quelques mois sur les gardes du corps d'E.Macron, qui partageaient leurs courses. On pouvait voir où se trouvait E.Macron.
On pouvait remonter et trouver des données personnelles, des photos de leur femme, de leurs enfants, leurs adresses. Sans le savoir, parfois, on donne une quantité d'information hallucinante à des gens qui peuvent parfois être malveillants. - A.de Tarlé: On voit la caméra comme un allié, un protecteur.
Dès qu'une situation tourne mal, on dit: "Attention, je vous filme!" - V.Reille-Soult: Tout le monde filme tout le monde, de plus en plus.
Tout le monde filme tout, au point que, quelquefois, on peut se demander si ce n'était pas plus utile d'intervenir que de filmer. On voit des films de personnes importunées dans le métro. La personne filme et va publier derrière en disant: "Quel scandale!" Elle aurait pu intervenir en posant son téléphone.
C'est comme si cette réalité de l'écran faisait comme une espèce de barrière qui nous protège et nous donne l'impression qu'on n'est pas concerné. Vous êtes juste un observateur. Il y a l'impression que le fait que tout le monde se filme va vous protéger.
Mais ce n'est pas le cas. Les choses sont plus complexes. Quand on filme et qu'on va partager un petit bout, on oublie de raconter ce qu'il s'est passé avant et après.
C'est une réalité tronquée que vous allez partager et qui va pouvoir lancer à la vindicte populaire une situation. - A.de Tarlé: Cette idée qu'en acceptant Big Brother, on serait dans une société épanouissante, c'est un faux réconfort.
Etre filmé 24h/24, ce n'est pas la solution d'une société apaisée? - J.Rozenblum: Il y a des bons côtés à savoir qu'on est filmé.
C'est l'effet panoptique. Quand on sait qu'on est filmé, on le voit sur ce plateau, on change, on adapte notre comportement. Au concert de Coldplay, si tout avait été annoncé, je peux vous assurer que ceux qui ne voulaient pas se faire remarquer ne se seraient pas fait remarquer.
Une étude anglaise très connue a été reprise à l'international et a donné lieu à une méta-analyse. On a pris des participants qu'on a divisés en 2 groupes. Chacun allait à son tour dans une salle d'attente.
Le 1er groupe allait dans une salle d'attente d'un médecin avec marqué "vous êtes filmés". Le 2d groupe, un par un, allait dans cette salle d'attente avec un panneau qui signifiait qu'il n'était pas filmé. Ils se pensaient non filmés.
Dans cette salle d'attente, on était un comédien qui faisait semblant de s'étouffer ou de mimer un malaise. Dans la salle d'attente où était signifié que les participants étaient filmés, les participants, alors qu'ils étaient seuls avec cette personne qui s'étouffe, on réagit plus vite pour l'aider...
Quand on sait qu'on est filmé, on fait attention au comportement qu'on a. On pourrait être mal jugé, critiqué si on n'agit pas quand on a une personne qui se sent mal. On agit plus vite.
C'est ce qui se passe... - A.de Tarlé: C'est le rêve des dictateurs: mater les foules avec des caméras. - J.Rozenblum: Dans les rames de métro, personne n'agit parce que notre responsabilité est diluée dans une foule diffuse.
Savoir qu'on est un peu observé, ça peut aussi permettre aux personnes de se rectifier et d'agir quand il faut agir. - A.de Tarlé: En Chine, tout le monde est d'accord pour être filmé et vous avez une note de crédit social.
En fonction de ça, vous pouvez voyager ou pas, inscrire vos enfants dans une bonne école ou pas. On ne leur demande pas leur avis. - A.Lazarègue: La liberté est au coeur de nos institutions.
Nous sommes en train de rompre avec ce principe fondamental en y consentant dans une certaine mesure pour des raisons de sécurité, de savoir-vivre. C'est quelque chose sur lequel il faut être vigilant. - A.de Tarlé: On revient à vos questions.
Question. Cette C.Owens est désormais connue. - V.Reille-Soult: Elle était connue avant.
Sur les réseaux sociaux, ça avait été pas mal repris. De toute façon, à force de ne pas avoir bougé, il était temps de faire quelque chose. Il y a toujours un effet Streisand.
Les gens ont toujours peur qu'en demandant qu'on retire quelque chose, ça va donner plus de visibilité. Dans le cas présent, ça peut démontrer, au contraire, une forme d'action et de sentiment d'injustice tel qu'il est temps de faire quelque chose. Aux Etats-Unis, c'est elle qui porte le sujet.
Là-bas, vous n'avez pas les mêmes droits. Je laisse le juriste valider. Mais ce n'est pas la même façon d'appréhender les choses. - A.de Tarlé: A.Pichard, une question pour vous. - A.Pichard: Il y a un côté politique derrière ça et une ingérence. - A.de Tarlé: C'est une proche de M.Maréchal. - A.Pichard: Je l'ignore.
Aux Etats-Unis, elle est proche du courant antiwoke, trumpiste d'E.Musk. - A.de Tarlé: Il y a un agenda politique derrière? - A.Pichard: A chaque fois que cette rumeur est ressortie, c'était par des comptes d'extrême droite proches du pouvoir.
On peut se demander si, derrière, il n'y a pas des opérations de déstabilisation via ces rumeurs. - A.de Tarlé: En Russie aussi, elle est énormément relayée à tel point que V.Poutine a été surpris dans une vidéo en train d'y faire allusion. - A.Pichard: Sur Twitter, il y a des rumeurs comme celle-ci qui peuvent ressortir et qui sont envoyées à tous les utilisateurs poussés par des bases d'extrême droite.
On peut se demander si, derrière, il n'y a pas une volonté politique d'affaiblir le couple présidentiel. - A.de Tarlé: A.Lazarègue, question.
A l'origine, ce sont ces 2 femmes, concernant cette rumeur sur B.Macron. - A.Lazarègue: En France, le droit de la presse est très rigoureux.
La liberté d'expression est au coeur de nos institutions. On dit que c'est un pilier de la démocratie. C'est la raison pour laquelle il faut saisir un juge spécial qui va regarder s'il y a vraiment une atteinte à la réputation.
La cour d'appel a conclu que le fait de dire que vous êtes transgenre n'est pas diffamatoire en soi. Les personnes ont été relaxées. - A.de Tarlé: B.Macron va en cassation. - A.Lazarègue: Le juge a pris soin de dire que ça ne validait pas la rumeur, que ça ne donnait pas de crédit à leur comportement, mais qu'on ne pouvait pas considérer que c'était une atteinte à l'honneur. - A.de Tarlé: Du coup, les complotistes ont dit: "La preuve que c'est vrai, la justice les a relaxées." - V.Reille-Soult: Quand vous avez envie de trouver des preuves et des arguments...
Ca n'a fait qu'alimenter. Mais ça ne veut pas dire qu'il faut arrêter. L'argument utilisé par E.Dupond-Moretti sur le fait que ce serait une affaire d'Etat, vous remettez du complot dans le complot...
Ce n'est pas non plus une technique formidable. - A.Lazarègue: Il est très difficile de lutter contre la rumeur.
C'est quelque chose qui n'est pas palpable et qui se diffuse. Il n'y a pas de délit à proprement parler. Le droit de la presse a tenté.
Il y a un délit pour fausses informations. Il y a eu une initiative prise quand E.Macron est arrivé au pouvoir pour lutter contre les fausses informations pendant les périodes électorales.
Ca a été un échec. Il faut avoir conscience que vous diffusez une information fausse. Il est facile de montrer que vous ne saviez pas.
Vous aviez dit ce que vous aviez à dire en fonction des informations que vous aviez. C'est ce qui a été invoqué par les 2 bonnes femmes qui ont invoqué la bonne foi. Ca a fonctionné.
Ce n'est pas un manquement de la loi. On n'attend pas de la loi qu'elle soit en mesure de sanctionner tout ce qui se passe dans notre existence. Mais il y a la nécessité d'être transparent dans les informations qu'on donne, d'avoir des institutions transparentes.
Pourquoi le complot a tant de succès? Il y a un manque de confiance dans les informations diffusées ou dans nos institutions. Donc il y a des mesures à prendre pour lutter contre le complot. - A.de Tarlé: N'en est-on qu'au début de ces fausses rumeurs avec l'apparition de ces deepfakes?
On peut faire dire à une personne des choses qu'elle n'a pas dites. On se souvient d'E.Musk.
Va-t-on recevoir un jour un coup de fil de ses propres enfants, mais, en fait, ce seront des faux qui vous réclameront de l'argent? - V.Reille-Soult: On passe notre temps à entendre qu'il faut que les plateformes modèrent et évitent ce genre de choses.
On voit la complexité de décider ce qui est vrai ou pas vrai, jusqu'où on peut aller. Les plateformes ne peuvent pas faire ça avec quelque chose de concret. Avec des fausses informations manipulées, c'est compliqué.
La seule solution, parce que nous allons vers un monde où il y en aura de plus en plus, c'est l'éducation, la compréhension, c'est forcer les gens... - A.de Tarlé: On doute de tout, maintenant.
On se demande si les vidéos sur Internet sont réelles. - V.Reille-Soult: Vous devez tout vérifier. - A.de Tarlé: On peut se demander si c'est E.Macron qui parle. - V.Reille-Soult: Il y a de plus en plus d'outils accessibles pour pouvoir vérifier.
Dans Google, vous pouvez vérifier l'origine d'une image. Tout le monde sait le faire. Mais vous avez aussi des outils contre les IA qui permettent de déterminer si cette image a été falsifiée.
Le problème, c'est qu'il faut avoir de l'information et du temps. La réalité des réseaux sociaux, c'est que c'est l'immédiateté. Il faut aller vite.
Si vous voulez être valorisé, il faut être le premier à relayer l'information. Vous ne prenez pas toujours le temps. Les politiques eux-mêmes se sont fait piéger plus d'une fois en voulant aller vite.
Oui, ça va être de pire en pire, mais la bonne nouvelle, c'est que ça va forcer des gens à faire attention et à être plus prudents. Au milieu de n'importe quoi, le n'importe quoi est moins grave...
C'est paradoxal, mais quand vous avez beaucoup de fausses informations de n'importe quoi, finalement, celle-ci ou une autre, ce n'est pas si grave. C'est presque rassurant. - A.Pichard: Il faut faire attention aux IA qui prétendent fact checker les informations.
Je pense à Grok sur X. - A.de Tarlé: L'intelligence artificielle d'E.Musk. - A.Pichard: Les utilisateurs taguent cette intelligence artificielle pour vérifier l'information.
Mais Grok se trompe régulièrement. - A.de Tarlé: Il y avait un sujet l'autre jour sur le luxe avec la détox numérique.
Va-t-on finir par passer des vacances en coupant le wi-fi? - J.Rozenblum: Je ne sais pas si c'est un luxe, mais il faut essayer d'être moins sur le téléphone.
Les parents doivent faire de la prévention et expliquer aux enfants que la vérité n'est pas sur le numérique. Il faut les faire lire et développer l'esprit critique. - A.de Tarlé: C'est sur cette sage recommandation que se termine