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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 octobre 2021 25 min

Anne Hidalgo candidate à l'élection présidentielle répond aux questions des auditeurs de franceinfo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avant de vous donner la parole, dans quelques instants au standard de France Info 0809 40 41 42 pour interroger Anne Hidalgo, une question d'actualité à la maire de Paris. Anne Hidalgo, une réunion va avoir lieu cet après-midi au ministère de l'Intérieur consacrée à la sécurité des Jeux de Paris en 2024 et notamment à la question de la cérémonie d'ouverture de ces Jeux qui va avoir lieu pour la première fois de l'histoire olympique en extérieur sur la scène, ce qui veut dire que les 15 000 athlètes y sont, qu'il faut assurer aussi la sécurité des 150 chefs d'État et de gouvernement. Cette cérémonie est-elle aujourd'hui remise en cause par la sécurité ?

0:34
Anne Hidalgo

Elle n'est pas du tout remise en cause par la sécurité, même si je reconnais que le préfet de police freine des cas de fer depuis pas mal de temps, qu'il a fallu que je sois extrêmement déterminée, que le président de la République aussi porte cette idée d'une cérémonie à l'extérieur. Bien sûr qu'il faudra la sécurité et garantir... Là-dessus vous êtes sur la même ligne ? On est sur la même ligne et d'ailleurs c'était... Il y a des sujets qui rassemblent. Et heureusement, et les JO en sont un, et je suis tellement fière d'avoir ramené le drapeau à la maison, parce que quand même, là aussi, la stature du pays, elle était là. Mais cette cérémonie, on n'y touche pas donc ?

On n'y touche pas, ça c'est clair. Il faut garantir la sécurité et c'est bien que les équipes et du ministère de l'Intérieur et évidemment de tous ceux qui participent à l'organisation des Jeux se retrouvent, mais pas pour atténuer l'ambition. Ça doit être une très grande fête et sécurisée, bien sûr, mais ça doit être une très très grande fête. Et voilà, loin de moi l'idée de laisser passer cette position du préfet de police qui consistait à dire il faut limiter la jauge, il faut qu'il y ait le moins de monde possible sur cette cérémonie-là.

Non, il faut qu'on se donne les moyens de la garantir en sécurité et en même temps de garantir cette très belle fête dans un écrin, puisque la cérémonie se déroulera sur la scène.

1:52
Présentateur

Allez, un premier détour au standard de France Info nous attend Audrey. Bonjour Audrey ! Bonjour ! Vous êtes prof de philo, c'est ça ? Tout à fait, bonjour ! Du côté de Nantes, si ma fiche est exacte ?

2:03
Auditeur

Exactement !

2:03
Présentateur

Et Anne Hidalgo vous écoute.

2:05
Auditeur

Bonjour Madame Hidalgo. Bonjour Audrey. Ma question concerne l'éducation nationale en tant que professeure de philosophie au lycée. J'ai vu un changement radical ces dernières années, d'abord avec la mise en place de Parcoursup, puis avec la réforme du baccalauréat. Comme vous le savez, cet examen a perdu son prestige, mais surtout sa dimension égalitaire, nationale, anonyme et donc républicaine. Aujourd'hui, nous autres les enseignants, nous sommes jugés partis. Nous devons noter en fait les élèves tout au long de l'année, avec des notes qui font partie intégrante de l'examen, mais qui fondent aussi leur orientation.

Et donc on ne peut plus évaluer correctement, on est soumis à la pression constante des élèves, de leurs parents, de nos établissements. Alors vous avez dit vouloir reconstruire la République. Ma question est la suivante, songez-vous à reconstruire le baccalauréat ?

2:53
Présentateur

Anne Hidalgo.

2:53
Anne Hidalgo

Oui, merci beaucoup Audrey. D'abord, vous avez raison de lier Parcoursup et le bac. Les deux sont intimement liés. Et je crois que ce qu'on a vécu ces trois dernières années, notamment avec Parcoursup, a montré une angoisse terrible des familles. C'est un algorithme qui décide de votre vie. C'est ça ce qui se passe pour les jeunes et les familles. Ça, ça n'est plus possible. Vous le supprimez. Il faut supprimer Parcoursup, je m'y suis engagée, le remplacer par un accompagnement des élèves dans leur orientation, simplifier les choses.

3:27
Présentateur

On ne revient pas au tirage au sort qui était le fonctionnement avant.

3:30
Anne Hidalgo

Il faut... Pourquoi Parcoursup a été inventé ? Pour contenir et pour gérer la pénurie des places à l'université. Voilà, c'est simple. La France n'a pas pris la mesure de l'importance d'avoir des étudiants, une élévation du niveau de diplôme dans sa population. D'ailleurs, je me suis engagée à ce que 60% d'une classe d'âge puisse être diplômée du supérieur. Aujourd'hui, on est autour de, je crois, 45 ou 46%. Et donc, oui, il faut mieux accompagner nos élèves. Il faut mieux évaluer et se donner les moyens, oui, d'une évaluation qui ne soit pas simplement celle du contrôle continu. Donc, on reverra et la question de l'orientation et la question aussi, bien sûr, du baccalauréat.

4:14
Présentateur

Vous pourriez revenir entièrement sur la réforme de Jean-Michel Blanquer qui a donc consisté à mettre davantage du contrôle continu dans la note finale.

4:21
Anne Hidalgo

Qu'il y ait du contrôle continu est une bonne chose, mais il faut aussi, comme vous l'avez très bien dit, pouvoir avoir une évaluation des élèves qui soit distincte de ce qui se passe directement dans la classe. Mais surtout, surtout, il faut donner la possibilité aux enseignants de mieux exercer leur métier. On a des lycées dans lesquels il y a 35 élèves par classe, 35 élèves par classe dans certains lycées. Un système d'orientation qui se fait uniquement par défaut. Un système d'alternance qui est dévalorisé. Alors que, avant le bac et après le bac, les formations en alternance, y compris sur des formations très théoriques, sont fondamentales.

Donc il faut revoir complètement ce travail-là et le faire avec les professeurs qui aujourd'hui sont là juste à recevoir des directives du ministère, y compris sur la pédagogie qu'ils ont à faire en classe. Donc tout cela, on le reverra avec les enseignants. C'est un grand pacte que je veux proposer à l'ensemble des enseignants de notre pays.

5:18
Présentateur

Oudi, qui est un lecteur de notre partenaire, le Parisien Aujourd'hui en France, nous appelle d'une ville que je crois que vous connaissez bien. Anne Hidalgo, vous nous appelez d'où, Oudi ? Le Paris. Ah, c'est bien ça, je confirme. On vous écoute. Bonjour.

5:29
Auditeur

Bonjour Anne Hidalgo. Bonjour, Oudi. Bonjour, France Info. Ma question, elle porte sur le thème de la fonction publique. Auparavant, la fonction publique permettait de passer de la catégorie C à la catégorie B et à la catégorie A. Et j'ai l'impression qu'aujourd'hui, cette progression sociale que permettait l'entrée dans la fonction publique est bloquée. Donc ma question, c'est quelle est votre vision de la réforme de la haute fonction publique et que pourriez-vous proposer pour que la haute fonction publique ressemble plus à la société française actuelle ?

6:00
Présentateur

Votre question, elle est uniquement sur la haute fonction publique ou sur les fonctionnaires en général, Oudi ?

6:04
Auditeur

Sur les fonctionnaires en général, sur les deux côtés du spectre, à la fois les premiers de corvée, comme l'a précisé ce week-end à l'Ile, Anne Hidalgo, et sur la haute fonction publique.

6:13
Présentateur

Anne Hidalgo.

6:13
Anne Hidalgo

Merci beaucoup. Là aussi, on vient de vivre cinq ans où on a essayé de nous faire croire que les fonctionnaires étaient ou des fainéants ou des gens qui ne servaient à pas grand-chose. En tous les cas, qu'il était normal de ne pas bien les payer, de ne pas les faire évoluer dans leur carrière. C'est quand même un état d'esprit que l'on a vu pendant ces cinq années, jusqu'à se rendre compte que quand même, c'est utile d'avoir des services publics. On s'en rend compte, à la fois, je pense, et bien sûr à tous les municipaux, mais aussi aux services publics de l'État ou encore à la fonction publique hospitalière.

Il faut, dans notre pays, c'est vrai pour la fonction publique comme pour beaucoup d'autres secteurs, il faut que cet ascenseur social qui est totalement en panne puisse refonctionner. Ça passe dans la fonction publique, évidemment, par de la formation, par des possibilités d'accès à des grades et des niveaux supérieurs.

7:11
Présentateur

Et par une hausse du point d'indice ou pas ?

7:12
Anne Hidalgo

Bien sûr qu'il faudra une hausse du point d'indice aussi.

7:14
Présentateur

Que vous avez déjà estimé ou pas encore ?

7:16
Anne Hidalgo

Non, pas encore, mais bien sûr qu'il faudra une hausse du point d'indice. Là aussi, les fonctionnaires, vous savez, aujourd'hui, puisqu'on parlait de Paris, le gouvernement attaque une décision que j'ai prise qui consiste en matière de temps de travail à donner des possibilités de congés à, par exemple, des travailleurs qui ont des travaux très pénibles, je pense aux égoutiers, aux éboueurs, qui sont quand même des métiers très très durs.

7:40
Présentateur

Parce que le gouvernement considère que vous détournez l'obligation qui est faite aux fonctionnaires de la ville de Paris de faire leurs heures.

7:45
Anne Hidalgo

Et vous voyez quand même ce gouvernement qui continue à taper sur les plus fragiles, ceux qui étaient les premiers de corvée, pour ne s'intéresser qu'à son fameux ruissellement dont on attend toujours, toujours la première petite gouttelette. Donc oui, il faut rebâtir en France un plan massif pour la progression, pour que cet ascenseur social fonctionne dans la fonction publique. C'est plus facile et plus aisé parce qu'il y a les outils de formation, parce qu'il faut de la volonté politique et j'aurai cette volonté politique-là.

8:17
Présentateur

Anne Hidalgo, invitée de France Info jusqu'à 9h. Arnaud nous attend du côté du Standard. Bonjour Arnaud. Oui, bonjour. Je suis Arnaud Gallet. Bonjour, vous êtes déjà là depuis 10 minutes. Je vais vous demander de patienter encore une toute petite minute, si vous voulez bien. Le temps du Fil Info à 8h41 avec Mélanie Delonnet.

8:32
Invité

Quelle part de nucléaire, de solaire, d'éolien, RTE présente ce matin 6 scénarios pour une électricité plus verte à l'horizon 2050. Pour couvrir nos besoins, il faudra alors produire 35% d'électricité de plus qu'aujourd'hui. Pour tenter de freiner les contaminations par le Covid, les plus de 60 ans confinés à partir d'aujourd'hui et pour 4 mois à Moscou, jeudi les restaurants, magasins de vêtements, salles de sport vont fermer les deux tiers. Des Russes ne sont pas vaccinés et le nombre de morts atteint des records à Moscou. La Colombie prépare l'extradition du plus gros baron de la drogue du pays vers les Etats-Unis.

L'arrestation d'autoniel dans la jungle pendant le week-end a mobilisé 700 personnes. Le président colombien y voit le plus gros coup porté au trafic de drogue depuis le début du 21e siècle. 21 interpellations en marge du Classico alors que Marseille est sous la menace de perdre un point en cas d'incident. Débordement en tribune et dehors des centaines de personnes ont essayé d'entrer de force dans le vélodrome. L'OM et le PSG se sont quittés sans aucun but.

9:38
Locuteur non identifié

France Info

9:39
Présentateur

Les matins présidentiels, Marc Fauvel Anne Hidalgo, face aux auditeurs et téléspectateurs de France Info, face aux lecteurs du Parisien aujourd'hui en France également jusqu'à 9h, je vous rappelle le numéro du standard pour nous appeler 0809 40 41 42. Arnaud est donc avec nous depuis une bonne grosse dizaine de minutes maintenant au standard. Merci d'avoir patienté. Anne Hidalgo vous écoute. Arnaud est bienvenu.

10:02
Auditeur

Oui, bonjour madame Hidalgo. Bonjour M. Fauvel. Je suis donc Arnaud Galet, je suis le cofondateur du collectif Prévenir et Protéger. Et j'ai été également une des trop nombreuses voix à prendre la parole au moment du mitou inceste en début d'année. Et j'ai une question en fait directement à poser à madame Hidalgo en tant que présidente qui est directement en lien avec les violences faites aux enfants. Je vais juste rappeler quelques chiffres. 165 000 enfants victimes chaque année de violences sexuelles, ça fait un enfant toutes les trois minutes.

On parle d'un enfant qui meurt sous les coups de ses parents tous les 4 ou 5 jours, il y a très peu de chiffres, mais c'est quand même un chiffre énorme. Et on parle également, et c'est plus d'actualité, de 700 000 enfants victimes chaque année de harcèlement. J'ai une forte pensée pour Dina, pour Marion et tous ces enfants qui meurent du harcèlement scolaire. Et donc ça veut dire que ça correspond à un enfant, tous chaque minute, victime de harcèlement scolaire.

10:52
Présentateur

Votre question si vous voulez bien Arnaud, on vous écoute.

10:54
Auditeur

Ma question est donc la suivante, madame Hidalgo en tant que présidente, qu'est-ce que vous ferez pour lutter contre les violences faites aux enfants ?

11:01
Anne Hidalgo

C'est vraiment un sujet majeur parce que quand on découvre l'ampleur de ces violences, violences sexuelles, violences sur les enfants dans notre pays, on est abasourdi parce que ça ne peut pas se dérouler comme ça dans un pays comme le nôtre, dans un grand pays, dans une grande démocratie. Donc il faut bien sûr que la parole des victimes se libère, que tout soit fait pour qu'elles puissent être libérées et accompagnées. Il y a des choses qui sont en train de se faire, je pense, et sous votre impulsion d'ailleurs aussi, je n'en reviens pas sur ce qui s'est dit, notamment dans l'église, mais aussi dans le monde du sport.

En tant que maire de Paris, aujourd'hui, j'accompagne beaucoup de ces collectifs et nous avons aussi travaillé avec les enfants, avec tous les enfants, les enfants de l'aide sociale à l'enfance aussi. Ce sera pour moi une très grande cause. La cause nationale, je la réserverai notamment à la question de la santé mentale. Mais la question de la place des enfants et des violences qui leur sont faites nécessite une prise de conscience. Ça ne peut pas se faire simplement d'en haut, mais il faut une volonté politique farouche et je l'aurai.

Avec à mes côtés aujourd'hui Dominique Versigny, à qui je vais confier dans le cadre de la campagne présidentielle une mission pour aussi nous faire des propositions sur comment libérer cette parole, comment la recueillir, comment l'accompagner et comment aussi sanctionner celles et ceux qui se livrent à ces violences qui sont destructrices pour toutes nos sociétés. Parce qu'un enfant qui a subi des violences et qui n'est pas traité par les violences qu'il a subies est un enfant qui va pouvoir aussi être lui-même confronté ou même auteur de violences. Et c'est toute la société qui est gangrénée par ce phénomène des violences faites aux enfants.

Donc j'en ferai évidemment un sujet majeur, comme je m'en suis saisie déjà aujourd'hui en tant que maire de Paris.

12:58
Présentateur

Paul, 24 ans, est avec nous en direct sur France Info. Bonjour et bienvenue. Paul, on vous écoute.

13:01
Auditeur

Bonjour, alors moi j'ai des questions sur la sécurité routière puisque j'ai entendu Éric Zemmour dire qu'il voulait supprimer le permis à point et il veut aussi supprimer les 30 km heure que Mme Hidalgo vous avait instauré à Paris et revenir en 90 km heure sur les départementales. Donc je voulais savoir ce que vous en pensiez.

13:20
Anne Hidalgo

Écoutez, Éric Zemmour, ce n'est pas quelqu'un vis-à-vis de qui je vais me situer dans mes propositions. Ma pensée sur ces questions de sécurité routière, c'est qu'il faut tout faire pour faire baisser la mortalité sur les routes, que d'ailleurs le permis à point comme les limitations de vitesse ont été pour beaucoup ou alors le port de la ceinture, ces obligations-là ont été pour beaucoup dans la réduction de la mortalité sur nos routes et il faut continuer à travailler dans ce sens-là.

Donc je ne suis pas favorable à ces mesures qui sont des mesures, comme toujours, extrêmement peut-être populaires pour une partie de la population mais je pense qu'ils nous feraient beaucoup reculer en matière de sécurité routière et de baisse de la mortalité sur les routes.

14:05
Présentateur

Ça c'est sur les propositions faites ce week-end par Éric Zemmour, sur l'homme, sur sa possible candidature. Aujourd'hui, est-ce que vous faites partie de ceux qui disent que c'est une bulle médiatique qui va se dégonfler au fur et à mesure de la campagne ? Regardez les sondages, six mois avant ils se sont toujours trompés ou est-ce que vous dites attention ?

14:22
Anne Hidalgo

Malheureusement non, ce n'est pas simplement une bulle médiatique même s'il lui a été donné beaucoup trop d'importance et d'audience à mon goût et je ne suis pas la seule à le dire, mais malheureusement non. Ce que je peux dire c'est que cet homme-là, il porte quoi ? Il porte l'idéal d'une France de 1942 ? Il compare, il ose comparer Pétain à De Gaulle ? Il ose nous expliquer que Pétain aurait sauvé les juifs ? Il s'attaque à qui ? A Samuel Sandler, le grand-père de ses enfants et petits-enfants assassinés dans un attentat terroriste en 2012 ?

C'est un homme qui est, d'ailleurs, qui tient des propos qui sont très souvent condamnables, qui a été condamné, condamné par la justice pour ses propos racistes et on lui laisse cet espace-là ? Je crois qu'il faut se ressaisir. C'est qui ? On ? On, je pense quand même le système médiatique dans lequel on est. C'est quoi le système médiatique ? Le système médiatique, c'est quand même toute cette place qu'il a dans toutes les émissions. Le fait qu'on ne puisse pas faire une émission sans qu'on nous demande, ça n'a pas été le cas ici et je vous en remercie. de se positionner par rapport à Éric Zemmour, il faut reprendre le contrôle, reprendre aussi la maîtrise de ce qu'est notre démocratie.

15:37
Présentateur

Est-ce qu'il vous fait peur, Anne Hidalgo ?

15:39
Anne Hidalgo

Moi, cet homme-là me fait peur quand il porte cette ambition d'une France desséchée, d'une France qui n'est pas la France d'aujourd'hui, qui n'est pas cette France qui sait accueillir, qui sait parler, cette France qui est forte de ses valeurs, qui sait aussi avoir une voix forte dans le monde et en Europe. Cet homme-là est un homme qui rabougrit ce que nous sommes. C'est quelque chose d'extrêmement grave ce qu'il porte. Donc il faut réagir et que tous les républicains de notre pays réagissent. Parce que ce qu'il fait là est extrêmement dangereux. Et je vous assure que dans le monde, on nous regarde en nous disant ça ne peut pas être ça la France. Ça ne peut pas être ça la France.

La France, c'est un pays démocratique. Un pays, qu'est-ce qu'il a introduit aussi, M. Zemmour, dans le débat politique ? L'injure, l'injure permanente, le mensonge permanent. Et cette table ouverte, open bar, allez-y, allez-y, racontez n'importe quoi et personne ne viendra vous en tenir rigueur. C'est ça le débat politique aujourd'hui ? Non. Pour moi, on doit revenir aussi à la raison. On doit revenir à ce que sont les valeurs fondamentales de notre pays. Moi, c'est ce que je vais porter dans cette campagne. Et je vous le dis, je sais que pour beaucoup de ces gens-là, ceux qui sont autour de Zemmour, je suis ce qu'il y a de pire. Une femme de gauche, issue de l'immigration.

Je vais vous dire une chose, je suis fière d'être ici. Je suis fière de pouvoir porter une voix pour la France. Cette voix de la France et personne ne me fera taire.

17:08
Présentateur

Anne Hidalgo, invitée de France Info. Une toute petite pause pour le fil info à 9h10 avec Mélanie Delaunay. Et on poursuit avec vos appels dans un instant.

17:15
Invité

90 centimes en moyenne pour une baguette. Ce serait logique que le prix augmente, estime sur France Info le président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie. Alors que les cours du blé sont en hausse de 30%. Il considère que 10 centimes de plus, néanmoins, ce serait beaucoup. Un vol de câbles responsable de kilomètres de bouchons et de déviations. L'autoroute A13 fermée dans les deux sens depuis hier soir et pour une durée indéterminée entre Paris et le tunnel de Saint-Cloud. Les Etats-Unis se disent profondément inquiets de la situation au Soudan. Les militants pro-démocratieux dénoncent un coup d'État.

Le Premier ministre et plusieurs membres de la transition ont été arrêtés chez eux par des militaires. Deux ans après la fin de la dictature d'Omar El-Bechir. Ils sont coupés du monde depuis le début de la pandémie. Les habitants de l'île de Pâques votent contre la réouverture aux touristes. Aucun mort du Covid sur cette île chilienne du Pacifique Sud, connue pour ses statuts monumentaux. Ce sont les autorités sanitaires qui auront le dernier mot.

18:17
Locuteur non identifié

France Info.

18:19
Présentateur

Les matins présidentiels. Marc Fauvel. Et pour quelques minutes encore, Anne Hidalgo, candidate investie par le Parti Socialiste, répond aux questions des auditeurs et téléspectateurs de France Info, ainsi qu'à celles des lecteurs du Parisien Aujourd'hui en France. C'est Claude à présent qui nous appelle. Bonjour Claude.

18:36
Auditeur

Bonjour France Info. Bonjour Anne Hidalgo. Bonjour.

18:40
Présentateur

Puis-je vous demander votre âge et la région d'où vous nous appelez ?

18:43
Auditeur

J'ai 67 ans. Je suis un artisan à la retraite de Dordogne. Dans quel coin ? À côté de Saint-Alvers. D'accord. Dans la France profonde. Mais je suis né à Paris dans le 3ème arrondissement.

18:52
Présentateur

Mais Anne Hidalgo qui connaît toute la France désormais va vous répondre.

18:55
Auditeur

Je suis né d'ailleurs à Paris dans le 3ème arrondissement. Très bien. Donc ma question ça porte sur le fait que vous allez sans doute faire un bon score. Yannick Jadot va sans doute faire un bon score. Mais le problème c'est qu'on va se retrouver au 2ème tour avec encore une fois un choix entre la droite extrême et l'extrême droite. Et on va encore se faire piéger comme en 2002, comme en 2017 à avoir à choisir pour une droite la moins à droite possible pour faire barrage à l'extrême droite. Et ça, ça me désole parce que j'ai l'impression que c'est une histoire qui va se répéter encore très longtemps.

Je n'ai pas vraiment envie ce coup-ci de me redéplacer au 2ème tour pour faire ce type de choix. Et on finit par se demander si notre vote il a un sens. Alors donc, quel est votre avis là-dessus ? Et puis, qu'est-ce que vous entrevoyez avec les écologistes par exemple ?

19:49
Présentateur

Si je résume votre propos, Claude, en disant que vous en avez marre de perdre.

19:54
Auditeur

Ah, c'est un peu ça, oui.

19:55
Présentateur

C'est un peu ça, oui. Anne Hidalot, qu'est-ce que vous pouvez faire pour faire gagner Claude ?

19:58
Anne Hidalgo

Moi aussi, il ne faut pas qu'on perde. Et donc, vous posez la question du rassemblement. 2017 a été un choc pour tout le monde, une explosion du paysage politique et une difficulté de reconstruction derrière, à droite comme à gauche, mais à gauche avec un émiettement. Je crois qu'il faut être lucide et c'est une situation que nous avons devant nous. Bien sûr que je veux rassembler. Moi, ce que je peux vous dire, Claude, donnez-moi de la force dès le premier tour. Je vous assure, vous me voyez, je suis une femme qui a de l'expérience.

Ça fait 20 ans que je suis élue à Paris, ça fait 7 ans que je suis maire de Paris, que je travaille aussi à l'international, que je travaille avec tous les leaders aujourd'hui européens qui font bouger le monde, qui font bouger le monde, à la fois sur les questions sociales et sur les questions écologiques. Donc, donnez-moi de la force. Si vous me donnez de la force au premier tour, je vous assure, on ira ensemble au deuxième tour. Le rassemblement se fera et nous gagnerons. Je suis quelqu'un de solide et cette solidité-là, elle ne sera pas mise à l'épreuve dans cette campagne. Vous la verrez tous les jours.

Donc, donnez-moi cette confiance et je vous assure que ce que j'ai fait comme rassemblement à Paris, avec toutes ces femmes et ces hommes qui sont des progressistes, des écologistes, des humanistes, des gens de gauche, parfois bien plus à gauche que moi, mais aussi des gens républicains, Eh bien, je les rassemblerai parce qu'il faut que ce pays retrouve aussi de l'unité.

21:23
Présentateur

Claude, je suppose que vous êtes toujours avec nous sur France Info. Vous savez pour qui vous allez voter ?

21:28
Auditeur

Pas encore. Au jour d'aujourd'hui, pas encore. C'est la première. Je ne sais même pas encore si je vais me déplacer. Mais vous voyez, c'est un peu le débat. C'est-à-dire que, bon, ok, les écologistes de leur côté, Anne Hidalgo de l'autre vont faire un bon score. Mais voilà, ils ne seront pas au deuxième tour. Alors bon, j'entends bien la réponse de Mme Hidalgo, mais je suis sceptique.

21:52
Anne Hidalgo

Venez, on va lever votre scepticisme. Venez, je vous assure. On peut vraiment gagner. Je vous assure, je sais construire des rassemblements. Je sais construire ce type de dynamique. Pas toute seule, évidemment, parce qu'on ne fait rien tout seul. Mais il y a autour de moi, d'ores et déjà, beaucoup de femmes et d'hommes qui y croient et qui ont envie que ça change. Et je peux vous dire qu'un bulletin de vote, Hidalgo, au premier tour, c'est un bulletin de vote qui nous permettra d'accéder au deuxième.

22:19
Présentateur

Et gagner ! Je ne suis pas sûr qu'on ait apporté entièrement la réponse à la question qui vous taraude en ce moment. Merci beaucoup, Claude. Merci d'avoir appelé France Info du côté de la Dordogne. On part un peu plus à l'est du côté du Vaucluse. À présent, on nous attend David. Bonjour David, on vous écoute, Anne Hidalgo aussi.

22:36
Auditeur

Bonjour. Bienvenue. Bonjour. J'ai deux questions pour vous ce matin. D'une part, concernant l'encadrement des frais bancaires sur les TPE-PME. En effet, si M. Le Maire a encadré les frais bancaires pour les particuliers, il n'en est rien pour les TPE-PME lorsqu'elles ont des problèmes de trésorerie. Et ma deuxième question concernant l'accession à la propriété. Vous avez parlé du poids du logement sur le budget des ménages au début de l'intervention. L'accession au crédit immobilier a été durcie il y a quelques mois. A tel point qu'il devient complètement, ça devient un parcours du combattant long et difficile pour obtenir un crédit immobilier.

Les banques regardant essentiellement le revenu fiscal et non le capital disponible. Alors, Anne Hidalgo... Je sais que vous avez peu de temps.

23:21
Présentateur

Non, mais vous avez été parfait, David. Anne Hidalgo, à vous de l'être à présent. Il vous reste une minute trente pour répondre à ces questions. On commence par l'encadrement des frais bancaires pour les petites entreprises.

23:30
Anne Hidalgo

Bien sûr qu'il faut accompagner les petites entreprises, les artisans, les commerçants, y compris dans l'encadrement des frais bancaires. Donc ça, ça fait partie d'un plan que nous travaillerons pour accompagner toutes ces TPE et toutes ces petites entreprises et les indépendances. Ça va de soi. D'ailleurs, c'est un secteur très, très, très important en nombre d'emplois et aussi en qualité de service et de proposition et aussi d'apprentissage. Parce qu'une grande partie de la formation professionnelle de nos jeunes tient avec ce travail qui est fait par, notamment, tout le secteur de l'artisanat et des toutes petites entreprises. Sur l'accession à la propriété, là aussi, vous avez raison.

Je pense qu'il faut bien sûr travailler du côté des banques, mais il faut aussi travailler du côté du patrimoine, pas du patrimoine, pardon, du foncier disponible. Je pense qu'il faut des grandes foncières publiques à l'échelle des régions pour pouvoir permettre la construction de logements en accession à des prix moindres. Je l'ai pratiqué à Paris, on le pratique, par exemple, faire en sorte ce qu'on appelle le démembrement. On vend les murs, mais pas le sol, ce qui permet de mettre en accession des logements à moitié prix sur le marché. Ça, c'est une piste que je voudrais développer partout en France.

24:53
Présentateur

Merci à David et à tous les autres auditeurs et téléspectateurs qui ont joué le jeu de cet exercice de démocratie directe depuis 8h30 avec Anne Hidalgo. Merci à vous également d'avoir accepté l'invitation de France Info. Deuxième édition de ces Matins Présidentiels. La troisième, ce sera dans trois semaines précisément. Sachez déjà que c'est la candidate du Rassemblement National, Marine Le Pen, qui sera à votre place. Anne Hidalgo, dans cinq minutes, un peu plus, une édition spéciale des informés. On va revenir sur vos propositions et ce que vous avez dit ou pas dit, d'ailleurs, ce matin sur France Info. Belle journée à tous.