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interviewBFM TV (sur YouTube)· 7 juin 2026 22 min

L'Iran déclare que les représailles contre Israël sont un "avertissement"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

22h sur BFM TV, soyez les bienvenus, c'est la toute dernière information de ce dimanche soir. Les tirs iraniens reprennent ce soir sur Israël. C'est une première Depuis le cessez-le-feu du 8 avril dernier, l'armée israélienne indique ce soir être la cible de trois vagues de missiles.

Partons tout de suite immédiatement à Tel Aviv. Vous retrouvez Milan Argelas. Racontez-nous quelle est la situation précisément sur place milan et bien écoutez anne l'armée israélienne fait état de trois salves de missiles iraniens tirés en direction du nord du pays du nord d'israël aujourd qui confirme que tous ces missiles ont donc été tirés vers le nord du pays et qui, dans un autre message pour être précis et vous dire ce que l'on sait à cette heure, affirme que sur les deux premières salves de missiles, tous les missiles ont été interceptés et qu'il n'y a pas eu de blessés.

En revanche, nous n'avons pas à cette heure de bilan concernant la troisième salve de missiles donc tirés en provenance d'Iran vers le nord d'Israël. Ce qu'il faut rappeler évidemment, c'est le contexte de ces frappes qui reprennent, donc des frappes iraniennes vers le nord d'Israël puisque Téhéran avait affirmé qu'en cas de frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth alors les frappes iraniennes reprendraient et c'est donc ce qui s'est passé aujourd'hui puisque l'armée israélienne a choisi de frapper la banlieue sud de Beyrouth, il y a donc eu une réplique de la part de Téhéran comme annoncé lors des derniers jours. Conséquence directe et première conséquence concrète de ces frappes iraniennes, ce sont les écoles ici dans tout le pays, dans l'ensemble du pays qui fermeront dès demain matin en Israël.

La suite maintenant puisque c'est la question qui va se poser pour Israël, est-ce qu Israël va reprendre et choisir de riposter face à ces frappes iraniennes ? De hauts responsables politiques israéliens affirment auprès de médias ici qu'Israël va riposter dans les prochaines heures ou les prochains jours. Le ministre israélien de la sécurité nationale, Benvir affirme même que Téhéran doit brûler cette nuit.

Ce sont ses mots. Milan Argelas en direct de Tel Aviv avec Morgane Dumont et pour reprendre ce que vous disiez à Milan, on apprend à l'instant des sources israéliennes qui disent à CNN que Israël prépare une riposte puissante, on y reviendra aux tirs de missiles balistiques iraniens. Pour m'accompagner ce soir le lieutenant-colonel Guillaume Ancelella, ravi de vous retrouver ancien officier écrivain, auteur du site d'informations ne pas subir et puis Anthony Dabila est là aussi chercheur associé à l'institut d'études de stratégie et de défense à Lyon 3 Jean Moulin spécialiste des relations internationales.

David Kalfa est là aussi merci David d'être là co-directeur de l'observatoire Afrique du Nord Moyen-Orient de la fondation Jean Jaurès. Lieutenant colonel Guillaume Ancel, c'est l'Iran qui redéclenche la guerre ce soir ou c'est Israël qui avait déjà préparé le terrain ? En fait depuis le début Netanyahou fait de son mieux pour faire dérailler les négociations entre les Etats-Unis et les gardiens de la révolution en Iran.

Et les gardiens de la révolution qui, je le rappelle, sont un instrument de l'Iran, eux font de leur mieux pour agresser Israël tous les jours, alors qu'ils savent pertinemment qu'ils n'ont pas les moyens de les mettre en difficulté. Donc on est dans un jeu, je dirais, assez cynique et sordide entre Netanyahou qui sait très bien qu'en en agissant de manière trop puissante contre le Liban, risque de redéclencher les hostilités de l'Iran. Et l'Iran qui agite le Hezbollah au quotidien.

Donc il y a un cessez-le-feu qui n'est jamais respecté. – Et là, c'est la première fois quand même que des Les missiles balistiques sont tirés à nouveau depuis le 8 avril. C'est la première fois aussi, depuis fin mai, que Netanyahou non seulement bombarde le Sud -Liban, mais ça c'est tous les jours.

Bombarde tir, ça c'est un peu moins quotidien, et surtout surtout bombarde la banlieue de Beyrouth, alors que les Iraniens avaient mis une ligne rouge en disant « En Beyrouth, on n'y touche plus ». Ce que j'ai vu des frappes, je n'en ai vu qu'une, c'est que les frappes, pour une fois, étaient relativement Ils n'ont pas fait exploser des immeubles complets, mais ils ont vraiment touché des appartements. Les frappes israéliennes sur la banlieue sud de Béroutois.

On voit bien qu'ils cherchaient à tuer une ou quelques personnes et pas à détruire un ensemble d comme ils avaient fait précédemment à beyrouth par contre les iraniens évidemment veulent réassocier complètement le conflit au liban avec celui en iran là où donald trump fait plutôt le contraire, en expliquant que c'est deux conflits séparés, qu'en gros Netanyahou a le droit de continuer sa guerre au Liban contre le Hezbollah, alors que lui voudrait prétend qu'il est sur le point de trouver un accord avec les Iraniens. On va y revenir, je vois Thierry Arnaud qui est Merci à cher Thierry d'être avec nous qui n'est pas forcément d'accord avec la dernière partie de votre développement mais on y reviendra. Accueillons Nicolas Tenzer à distance.

Merci Nicolas d'être là. A l'instant, on l'apprend. Les gardiens de la Révolution nous disent que ces représailles contre Israël sont un avertissement.

Voilà ce que disent ces gardiens de la Révolution. Est-ce que vous le voyez aussi comme ça ? Ces trois salves de missiles balistiques qui ont été tirés ce soir.

Alors ça veut dire, je crois, plusieurs choses. D'abord, effectivement, l'Iran veut toujours démontrer qu'il a des moyens à sa disposition, y compris pour frapper Israël. Il veut montrer aussi, ce que l'on sait évidemment depuis le début, que malgré tout, le dôme de fer n'est pas à 100 % efficace, surtout contre des missiles balistiques.

Ça, je crois que c'est la première réalité. La deuxième réalité, c'est que l'Iran, qui n'a pas nécessairement très envie de conclure tout de suite un accord de paix, qui a plutôt envie en fait de faire durer le jeu, finalement est une sorte d'allié objectif. Je rejoins là ce que disait Guillaume Ancel à l'instant, je dirais de Netanyahou.

C'est-à-dire que vous avez effectivement un jeu des deux qui ne veulent absolument pas arrêter, je dirais la guerre ou en tout cas pas qu'il y ait de cessez le feu d'une manière ou d'une autre. Et donc Netanyahou continue évidemment son opération sur le Liban et le Hezbollah est donc l'Iran parce qu'en fait le Hezbollah n'est jamais avec le bras armé de décide de son côté que, finalement, on va prendre Israël au mot et on va continuer. Donc je crois que c'est ça qui est particulièrement dangereux.

Et peut-être un troisième élément aujourd'hui, c'est qu'Israël essaye de démontrer que finalement, il veut le montrer à la fois à sa population mais aussi à Trump avec lequel il s'oppose sur d'autres sujets, qu'il faut aller beaucoup plus loin dans l'opération contre l'Iran pour être complètement en sécurité. Et donc, c'est en quelque sorte aussi un message qui est envoyé moins aux Iraniens qu'à sa population et qu'aux États-Unis. David Kalfa, quel est le message envoyé à la fois aux Iraniens quand on voit les déclarations israéliennes, à savoir Voir là, on se prépare à une riposte puissante.

C'est ce que nous disent des sources israéliennes à CNN et aux États-Unis. Est-ce qu'Israël peut reprendre en premier cette guerre ? C'est l'ambition des Israéliens.

C'est des frappes contre le nord du pays qui peuvent difficilement laisser les Israéliens sans réponse pour une raison assez simple. C'est qu'il y a un élément de contexte qui nous manque ici, c'est que le Hezbollah, malgré les menaces émises par Netanyahou et consorts, a frappé les villes frontalières du nord du pays. Donc le nord d'Israël, ce qui a déclenché cette frappe chirurgicale contre deux appartements au sein du quartier qu'on appelle Daryeh, qui est le QI, le quartier général du Hezbollah.

C'est vraiment le bastion historique du Hezbollah. C'est une notoriété publique. Il y a eu des sortes de commandements de terroristes dans le quartier Daryeh à Beyrouth.

C'est ça. Ce qui est intéressant, si vous voulez, c'est qu'en réalité, ce qui change la donne pour moi, c'est surtout les frappes iraniennes. Pourquoi ?

Parce que jusqu'à présent, les Iraniens avaient augmenté leur e-poste, leur capacité de représailles en frappant les alliés arabes des États-Unis dans la région, donc les pays du Golfe principalement. Encore le Koweït dernièrement, on en parlait hier. Là, il frappe Israël qui est vraiment l'allié stratégique des États-Unis.

Donc le message est adressé à la fois à Jérusalem et à Washington, et il est limpide. Toute frappe contre l'axe dit de la résistance, parce que les Iraniens, ce régime voit vraiment ces théâtres comme constituant un seuls théâtres de guerre. Il ne les distingue pas.

Et en l'occurrence, le Liban pour lui, c'est une carte maîtresse dans la négociation avec les Américains. Donc là, il abat cette carte parce qu'il veut obtenir un levier face aux Américains. Donc qu'il augmente la pression militaire.

Et ce qui est intéressant, c'est que pour la première fois, Trump a donné à Netanyahou le feu vert pour cette frappe contre le QG du Hezbollah à Dakhir, donc ce quartier de Beyrouth. Là, C'est vraiment un changement qui n'est pas de l'ordre tactique, mais qui est vraiment de l'ordre stratégique. Et je pense qu'il faut élargir la focale.

Parce que la réalité, c'est que si on assiste à une escalade aujourd'hui, c'est parce que les négociations irano-américaines sont dans l'impasse et on le Parce qu'elle patine depuis plusieurs semaines. Votre analyse, Anthony Dabila, alors qu'on apprend aussi qu'Iran ferme partiellement son espace aérien dans l'ouest du pays ? Tout à fait.

L'Iran cherche à rétablir la balance, tout Tout simplement, le gazbollet est en grande difficulté. L'armée israélienne a occupé la forteresse de Beaufort et puis des villages au nord de cette forteresse, ce n'est plus qu'à 3 ou 4 km de Nabat-Yer, qu'il n'a pas occupé depuis pratiquement en 1982, c'était en dehors de la zone d'occupation de 1985. Donc Israël est très haut dans la zone sud du Liban qui est principalement chiite et qui est le fief du Hezbollah, cela fait suite aux frappes revendiquées comme telle par les gardiens de la révolution dans leur déclaration ce soir suite aux On frappe sur Tir et sur Nabatier, comme le disait Guillaume.

Et donc on voit bien que là il y a eu franchissement de lignes rouges du point de vue de l'Iran. Et que c'est aussi que le Hezbollah est peut-être en train d'être irrémédiablement affaibli. Affaibli non pas au point d'être défait, mais de commencer à pouvoir entrevoir une solution où c'est l'État libanais...

Oui, parce qu'il n'est pas mis à terre non plus. Non, pas du tout. Mais il est très affaibli.

Très affaibli. Et ce n'est pas un signal de sérénité qu'envoie l'Iran ce soir. C'est plutôt un SOS envers le Hezbollah.

Je ne parlerai pas de défaite encore ce soir, mais il y a vraiment quelque chose de sérieux. les avancées de l'armée israélienne sont en train de mettre en difficulté le Hezbollah. Et le but, ce n'est pas de vaincre le Hezbollah, c'est de l'affaiblir suffisamment pour que l'État libanais, l'armée libanaise puisse prendre le relais.

Il y a vraiment une fenêtre d'opportunité politique qui est peut-être en train d'être saisie. Et si l'Iran agit ce soir, c'est qu'il y a matière à agir. Alors avant qu'on parte tout de suite en Iran, David Calfa, vous voyez comme un SOS là ?

Oui j'ai une toute petite nuance quand même parce que le Hezbollah pose des problèmes aux Israéliens je pense qu'ils ont sous-estimé en partie la capacité de résilience de la milice pro Iran notamment avec ces fameux drones à fibre optique qui occasionnent des dommages considérables et il y a quasiment chaque semaine des soldats Israéliens qui sont tués sur le champ de bataille mais oui en effet il y a un affaiblissement structurel de la milice qui opère désormais beaucoup plus comme une guérillaque comme un mouvement militaire en tout cas semi conventionnel et c'est ce qu'il par ailleurs aussi je pense qu'il faut regarder si on voit là ce qui se passe toute cette séquence qui se déroule c'est impressionnant ces images mais n'oublions pas que ce qui aujourd'hui bloque la négociation entre Iraniens et Américains c'est la question du déjà les avoir en fait et donc la dimension des avoirs iraniens gelés on parle de 12 à 24 milliards 12 milliards tout de suite 24 dans un second temps alors tout ça a l'air d'être une espèce de bataille de chiffonnier l la réalité c'est que ça une dimension stratégique pourquoi parce que cette guerre elle a l'air d'être derrière nous là ce soir de moins en moins malheureusement mais aujourd'hui il y a une bataille des récits entre iraniens et américains il faut que chacun essaye de montrer que vis-à-vis de sa propre base, que cette guerre, il l'a gagnée. Et les Iraniens ont besoin de ce dégel pour obtenir une concession immédiate, irréversible de la part des Américains, pour montrer justement qu'ils, non seulement ils ont survécu, mais que par ailleurs, ils ont gagné cette de guerre. Je vous donne la parole tout de suite parce qu'on doit rejoindre Siavoj Ghazi qui est à Téhéran.

Merci Siavoj d'être en direct avec nous. On a appris beaucoup de choses, beaucoup de réactions. Racontez-nous ce que nous disent les gardiens de la Révolution et les autorités iraniennes ce soir depuis cet après-midi donc les avertissements et donc le pont était plutôt guériel et des affiches se multiplient selon donc les médias iraniens et les gardiens de la révolution quatre vagues de massy demi-tomicile ont été lancés contre israël lors de la dernière vague donc il y a eu dix missiles balistiques qui ont visé notamment la base aérienne de Ramat David, qui est située à 20 kilomètres au sud de Haïfa.

La ville de Haïfa a également été visée, de même que d'autres villes au centre d'Israël. Les gardiens de la révolution ont affirmé que si jamais Israël ripostait, il y aura une attaque encore plus dure contre Israël. Et si Israël continuait ses frappes contre Beyrouth, il y aura également des frappes encore plus dures.

Et si les États-Unis intervenaient dans ce conflit, toutes les bases américaines seront de nouveau visées par les gardiens de la révolution. Donc un ton très dur de la part de Téhéran. Depuis plusieurs semaines, l'Iran avait mis en garde Israël contre la guerre qui est menée contre le Hezbollah et les populations chiites à la porte dans la partie sud du Liban, mais aussi dans Beyrouth, dans les quartiers sud de Beyrouth où il y a des populations sont filles et donc aujourd'hui ça a été la goutte d'appel qu'aujourd'hui contre c'est donc la banlieue sud de verrot a été la goutte qui a fait déborder et l'ovate on l'a vu passer dans le ciel de terrain mais aussi d'autres aux villes c'est qui sont qu'ils allaient vers vers israël et des scènes de lier dans les rues de teheran mais aussi le délit de province et les gens qui étaient rassemblés ils sont rassemblés depuis maintenant plus de 90 jours jusqu'à deux heures trois heures du matin lancer des slogans pour dire pour demander que l'iran porte le dernier coup le coup fatal à l'ennemi est donc des scènes de liesse qu'on a vues qui sont diffusées en permanence à la télévision iranienne.

Siavoj Ghazi en direct de Téhéran, merci à vous Thierry Arnaud, on voit que le président Donald Trump s'exprime, c'est à la fois Barack Ravid très bien informé qui nous dit ça, c'est à la fois Fox News aussi, puisqu'il révèle à Fox News qu'il n'aurait pas, et ça c'est extrêmement important, valider les frappes israéliennes sur Beyrouth notamment. Oui, mais trois choses importantes dans les propos que tient le président américain ce soir. Un, effectivement, il dit qu'il n'a pas validé les frappes israéliennes.

Deux, il appelle… Les frappes de ce dimanche sur la banlieue sud, c'est ça ? Oui, absolument, les frappes d'Iran sur la banlieue sud. Deux, il dit à Fox News « Ce que je suggère à l'Iran, c'est maintenant que vous avez tiré vos missiles, revenez à la table des négociations, ça suffit.

Vous avez fait passer votre message en substance. Donc maintenant, il faut se remettre à la table des négociations et à discuter. » Et ce qu'il dit, à Barak Ravid, ce journaliste d'Axios, c'est la chose suivante, je vais appeler Netanyahou tout de suite et lui dire de ne pas riposter.

Tout ça dans un contexte où il faut le rappeler Anne, c'est important, il y a eu cette conversation très tendue il y a quelques jours entre le Premier ministre israélien et le président américain où Donald Trump a dit à Bibi Netanyahou qu'il était complètement cinglé, et il l'a dit dans un langage encore un peu plus fleuri. Donc le ton est monté très haut entre le président américain et le Premier ministre israélien. Ça fait un moment maintenant que...

Oui, c'est pas la première fois j'allais vous dire. Oui, mais là quand même le président américain a reconnu qu'il avait employé ces mots qui sont quand même très forts. Une injure en le traitant encore une fois de fou quoi.

Et en y mettant les formes si j'ose dire. Donc ça veut dire que du point de vue Donald Trump il y a deux choses qui sont importantes ce soir et qui se confirment. Un, il ne veut surtout pas que ça dégénère.

Et il le dit sur tous les tons et à tous les interlocuteurs qu'il a au cours des dernières minutes maintenant. Et deux, il considère que le risque majeur, et ce n'est pas nouveau, c'est ce que disait cette conversation très tendue avec le Premier ministre israélien, le risque majeur c'est que le Premier ministre israélien riposte ce soir et engage finalement, force les Etats-Unis, les entraîne dans l'escalade dont Donald Trump ne veut surtout pas. C'est vrai qu'on s'est souvent posé la question, Guillaume Ancel, à savoir est-ce que Israël pourrait reprendre cette guerre en premier.

Là, quand on voit aussi même les déclarations de Benvir, qui est vraiment à droite de l'extrême-droite, qui dit « Cette nuit, Téhéran doit brûler ». Il y a vraiment une volonté de reprendre du côté israélien cette guerre. Oui, très clairement.

Et comme l'a indiqué Thierry, ça va exactement à l'encontre de ce que veut faire Donald Trump, qui lui veut sortir de cette guerre contre l'Iran. C'est pour ça d'ailleurs qu'il aimerait dissocier l'affaire du Liban de l'Iran pour pouvoir trouver un accord plus facilement quand les Iraniens ne veulent pas en entendre parler parce qu'ils savent que si jamais ils font ça, alors là ils ont perdu le Hezbollah. Le Hezbollah qui est déjà isolé du fait de la chute de la Syrie.

Parce qu'aujourd'hui, géographiquement, il n'y a plus de lien direct entre l'Iran et le Hezbollah qui, donc si la guerre s'arrêtait, se retrouverait totalement isolée et effectivement face à une armée libanaise qui pourrait être tentée à un moment de reprendre enfin le pouvoir. Mais ce qui est certain, c'est que que vendredi, Donald Trump disait à la chaîne NBC News « J'aimerais qu'Israël lance des attaques beaucoup plus chirurgicales contre le Hezbollah. » Donc c'était une critique à peine voilée de la manière de faire de Netanyahou, de dire on va arrêter avec les dévastations, les bombardements et puis d'accord vous allez faire des vraies frappes ciblées comme sait le faire l'armée israélienne.

Mais le problème c'est que l'armée israélienne jusqu'ici elle a reçu l'ordre plutôt de de dévaster toute la partie sud du Liban, et puis à tir, ils n'y sont pas allés de main morte. Et quand on dit, vous savez, on va frapper un QG, pardon mais un QG c'est une pièce, c'est un peu comme si on disait, pour nous tuer il suffit de détruire cette pièce. Ce qui est important c'est les personnes qui sont à l Et ça, Donald Trump, en tout cas ses conseillers militaires, ils font bien la différence entre frapper des chefs du Hezbollah, c'est la guerre, et puis détruire des immeubles entiers.

Les chefs du Hezbollah vont s'installer dans l'immeuble d'à Alors Siavoj Ghazi nous parlait de sienne de Liès à Téhéran, regardez cette image, cette image qui nous est parvenue il y a quelques minutes du côté de Téhéran avec ses drapeaux et ses Les scènes dont nous parlait Siavoche. Que pouvez-vous nous dire, David Kalfa, sur ces images ? On a bien mesuré tout au long de cette guerre la partie propagande.

On sait que ce n'est pas l'intégralité, bien évidemment, de cette population qui se réjouit de ses frappes ? Non, la rupture entre le régime et la société iranienne est consommée. C'est une mise en scène du régime.

Il y a une base sociale qui continue à soutenir le régime. Il ne faut pas non plus la sous-estimer, mais c'est très loin de représenter l'ensemble de la population iranienne qui déteste rien moins que ce régime et qui espérait, au fond, que cette guerre mène à sa chute, ce qui n'est évidemment pas le car je pense qu'il faut aussi comprendre pourquoi les Iraniens ont frappé Israël aujourd'hui, parce qu'il y a une espèce de renversement totalement vertigineux dans la stratégie iranienne. les mandataires du régime iranien donc ces milices islamistes sunnites et chiites Hamas, du Hamas au djihad islamique en passant par le Hezbollah avaient pour, si vous voulez l'objet, la La constitution, la création de ce réseau militien, c'était vraiment de créer un glacis défensif.

C'est la profondeur stratégique du régime iranien au Levant. Et donc ces proxys, ces mandataires, ils servaient à protéger, à sanctuariser le territoire iranien. Donc c'était eux qui justement jouaient ce rôle.

Aujourd'hui, c'est le régime iranien, c'est l'Iran qui vient à la rescousse de ces proxys. Donc il y Ça, c'est le signe d'un échec de cette stratégie qui a été bâtie pendant plusieurs décennies et qui, encore une fois, visait à sanctuariser le territoire iranien. Parce qu'encore une fois, pour le régime iranien, le Hezbollah, ce n'est pas seulement un allié.

C'est beaucoup plus que ça. Aujourd'hui, c'est sa profondeur stratégique au Levant et c'est une composante essentielle de ce que le régime appelle l'unité des fronts. Donc l'unité des fronts, encore une fois, c'est ce réseau très dense.

Et donc si vous frappez l'un de ces fronts, eh bien désormais c'est Téhéran qui riposte et plus seulement ses mandataires. Allez, on va partir tout de suite aux États-Unis. Oui, Thierry Oui, je voudrais juste remettre dans le contexte les cris de joie à Téhéran que l'on affiche en bas de l'écran de ceux qui nous regardent.

Je pense qu'on ne peut pas dire que tous les Iraniens sont en train de descendre dans la rue pour manifester leur joie. Non, bien sûr, c'est ce qu'on vient de dire à l'instant. Parce qu'il y a des missiles qui sont partis vers Israël.

Donc il y a évidemment beaucoup de propagande là-dedans et il faut replacer ça dans ce contexte-là aussi. Allez, on va repartir aux Etats-Unis. Vous retrouvez ce soir, Antoine Lahr.

Pourquoi ? Puisque Donald Trump prend la parole et s'explique sur ce qu'il s'est passé, à savoir ces tir iraniens sur Israël. Mais il dit aussi beaucoup de choses de la façon de faire israélienne ce soir.

Oui, en fait, Donald Trump s'exprime notamment auprès du journaliste d'Axios, Barack Ravid, qu'il connaît bien. Et ce que l'on peut retenir avant tout, c'est que Donald Trump n'a pas du tout envie d'une escalade et le président américain ce soir cherche à tout prix à calmer la situation. D'abord il indique qu'il va appeler Benyamin Netanyahou pour lui demander de ne pas riposter.

Est-ce qu'il va réussir à le faire ? On verra parce qu'il y a le sentiment à la Maison-Blanche que Netanyahou est devenu un petit peu incontrôlable. En tout cas, on voit que Donald Trump veut jouer un peu les pompiers.

Il bénimise aussi ce qui s'est passé en disant, je le cite, que chacun a eu sa frappe, à la fois l'Iran aujourd'hui et Israël un peu plus tôt avec ses frappes qui ont visé Beyrouth. Chacun d'eux s'est amusé, dit Donald Trump. Israël, il y a sa frappe, l'Iran, il y a sa frappe.

Nous n'en avons pas besoin d'une autre. Ce que veut à tout prix éviter Donald Trump, c'est une reprise des hostilités. Ça on l'a bien compris depuis plusieurs semaines, Donald Trump ne veut pas reprendre des frappes.

Donald Trump veut un accord avec l'Iran et justement il explique ce soir qu'on est tout près d'un accord. Ça il le dit notamment à Fox News. Trump dit que l'accord pourrait être conclu en début ou milieu de semaine prochaine et il ne veut pas que ces échanges de tirs et à une potentielle escalade viennent faire tout déraper, viennent faire dérailler la situation.

Donald Trump donc n'a pas envie de reprendre les hostilités, c'est ce qu'il faut bien reprendre ce soir et ils cherchent vraiment à calmer la situation. Antoine Larrant, direct de Washington, lieutenant-colonel Guillaume Ancel.