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Débatfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 27 octobre 2017 25 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Geoffroy Didier, "constructif dans l'âme", mais avec un "petit c", pas un "C majuscule"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 56 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:05OuverteRéponse partielle

    Et notre invité ce matin est Geoffroy Didier qui est donc directeur de campagne de Laurent Wauquiez pour l'élection présidentielle des Républicains.

  • 0:13OuverteRéponse partielle

    Bonjour Geoffroy Didier. Donc effectivement vous soutenez Laurent Wauquiez, vous en êtes le directeur de campagne.

  • 0:31OuverteRéponse partielle

    Et quelle est l'ambition de Laurent Wauquiez dans cette campagne, au-delà s'il devient président des Républicains ?

  • 1:08OuverteRéponse directe

    De quoi a-t-on encore le droit de débattre ?

  • 1:19RelanceRéponse partielle

    On reste un peu sceptique quand on entend Laurent Wauquiez.

  • 1:39RelanceÉludée

    Où est l'action des politiques ? Où sont le bilan des politiques ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:43InvitéFait
    « On a érigé toute une série de sujets en tabou dont il n'est plus permis de débattre, sans être immédiatement qualifié de sulfureux. »
  • 1:39InvitéFait
    « Où est l'action des politiques ? Où sont le bilan des politiques ? »
  • 1:47InvitéFait
    « Oui, il l'a créé, oui. »
  • 1:54InvitéFait
    « Et deux ans après, il l'a abandonné. »
  • 2:12InvitéFait
    « Nicolas Sarkozy a commencé à maîtriser les flux migratoires. »
  • 2:16InvitéFait
    « Puis François Hollande est arrivé. Et alors là, boum, badaboom, désolé, mais l'immigration clandestine a augmenté massivement. »
  • 2:36Invité politiqueFait
    « Laurent Wauquiez veut refonder la droite sur une ligne identitaire. »
  • 2:41Invité politiqueFait
    « Identitaire, c'est un mot du Front National. »
  • 3:51InvitéFait
    « Je pense que la droite est devenue ringarde et qu'il est urgent de la déringardiser. »
  • 4:03InvitéFait
    « Et que durant la dernière campagne présidentielle, la droite est même allée jusqu'à proposer de ne plus rembourser les rhumes. »
  • 4:49InvitéPromesse
    « Je voudrais juste que la droite se réunisse autour de ce que je considère être un nouveau contrat social qui consisterait à dire « Aide-toi et l'État t'aidera ». »
  • 5:34InvitéFait
    « L'histoire du Front National, l'incapacité de Mme Le Pen à affronter la réalité économique. »
  • 6:02InvitéFait
    « Mais non, mais attendez. Autre exemple, la peine de mort. Le Front National est favorable à la peine de mort. »
  • 12:51Invité politiqueFait
    « Valérie Pécresse, début septembre, disait « Je n'exclus pas de quitter les Républicains si Laurent Wauquiez en est élu président. » »
  • 20:00InvitéFait
    « Un exemple, l'augmentation de la CSG. »
  • 20:16InvitéFait
    « Donc, j'estime qu'il est totalement inadmissible de venir ponctionner, alors qu'ils ont contribué pendant des années, les retraites. »
  • 20:24InvitéFait
    « Lorsque je vois qu'Emmanuel Macron veut créer la police de proximité, la police de proximité, mais quelle insulte à l'égard de ces milliers de policiers et de gendarmes. »
  • 20:56InvitéFait
    « Et je ne vote pas à droite pour qu'il y ait moins de policiers et de gendarmes. »

Temps de parole

  • Invité55 %
  • Geoffroy Didier21 %
  • Invité 29 %
  • Présentateur8 %

4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:05
Présentateur

Et notre invité ce matin est Geoffroy Didier qui est donc directeur de campagne de Laurent Wauquiez pour l'élection présidentielle des Républicains. Jean-Michel Apathy.

0:13
Geoffroy Didier

Bonjour Geoffroy Didier. Donc effectivement vous soutenez Laurent Wauquiez, vous en êtes le directeur de campagne. Deux autres candidats affrontent Laurent Wauquiez pour cette élection, Maël Decalan et Florence Portelli. 10 décembre pour le premier tour de scrutin, Laurent Wauquiez grand favori. S'il y a besoin d'un second tour, ce sera le 17 décembre. Et quelle est l'ambition de Laurent Wauquiez dans cette campagne, au-delà s'il devient président des Républicains ? Il l'a expliqué de la manière suivante à Mandelieu, mercredi soir, c'était le lieu de son premier meeting. On écoute donc Laurent Wauquiez.

0:43
Invité

On a érigé toute une série de sujets en tabou dont il n'est plus permis de débattre, sans être immédiatement qualifié de sulfureux. La nation, l'immigration massive, l'identité, la transmission des valeurs, la lutte contre l'islamisme. Autant de thèmes interdits que petit à petit la droite a déserté. Mais de quoi a-t-on encore le droit de débattre ?

1:08
Geoffroy Didier

De tout. On débat de tout dans la société française. Si vous avez envie de parler de la nation, de l'immigration, de l'identité et de l'islamisme, pour reprendre le mot de Laurent Wauquiez, vous pouvez le faire ? On reste un peu sceptique quand on entend Laurent Wauquiez.

1:22
Invité

Vous faites peut-être semblant de ne pas comprendre Jean-Michel Apathy. Allez-y. Parce que l'importance n'est pas le débat, c'est l'action. Et en réalité, oui, on débat de beaucoup de choses, notamment sur cette antenne, sur France Info. Partout. Mais où est l'action des politiques ? Où sont le bilan des politiques ? Je me souviens, par exemple, qu'en 2007, Nicolas Sarkozy avait eu le courage de vouloir créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Oui, il l'a créé, oui. J'ai moi-même, d'ailleurs, participé auprès de Brice Hortefeux. Il l'a créé. Nous avons voulu maîtriser les flux migratoires. Et deux ans après, il l'a abandonné. Non, non, mais on a...

Déjà, souvenez-vous... Non, mais attendez. Ce que je veux dire... Laissez-moi vous expliquer. Nous avons créé le ministère de l'immigration et l'identité nationale, afin de maîtriser les flux migratoires. Qu'est-ce qu'on a entendu dans le débat public, sous prétexte que nous voulions parler d'immigration ? Nicolas Sarkozy a commencé à maîtriser les flux migratoires. Puis François Hollande est arrivé. Et alors là, boum, badaboom, désolé, mais l'immigration clandestine a augmenté massivement.

2:21
Geoffroy Didier

Ce que je veux dire, il n'y a pas de tabou aujourd'hui, on peut tout dire. Que cherche à dire exactement Laurent Wauquiez ? Je vais dire des choses qu'on ne dit jamais à droite sur l'immigration, sur la Une du Monde, aujourd'hui, cet après-midi. Laurent Wauquiez veut refonder la droite sur une ligne identitaire. Identitaire, c'est un mot du Front National. Alors, c'est ce qu'essaie de faire Laurent Wauquiez ? De dire, je vais vous amener là où on n'a jamais été ?

2:47
Invité

Mais identitaire, ça veut dire quoi ? Je ne sais pas. Vous parlez d'identité de la France ? Je ne sais pas. Parlez de son histoire ? Assumez ses gloires et ses déboires ? Ça vous dérangerait ? Ça appartiendrait au Front National ? Le problème, c'est qu'à force de dire que l'identité de la France appartient au Front National, on se retrouve avec un Front National qui n'a fait qu'augmenter depuis 20 ans. Donc moi, ce que je voudrais vous dire, c'est que les valeurs de patriotisme, l'identité de la France, assumer son histoire, le refus de la repentance, ce sont effectivement des valeurs de la droite républicaine qui n'ont rien à voir avec l'extrémisme et le repli.

Ce que je voudrais, c'est qu'on ait une droite qui veille effectivement à ses traditions.

3:28
Présentateur

Mais le fait de veiller à ses traditions n'empêche en rien d'être ouvert au progrès. Prenons un exemple très récent, la campagne présidentielle. Ce sont des thèmes qui n'étaient pas abordés par la droite ? Si, mais j'estime que la droite républicaine... Parce que là, il dit, Laurent Wauquiez, la droite ne veut plus parler de ces questions-là. Pendant la campagne présidentielle, François Fillon avait un problème avec ces sujets-là ?

3:49
Invité

Non, il avait d'autres problèmes, je pense. D'accord. Je pense que la droite est devenue ringarde et qu'il est urgent de la déringardiser. Je pense qu'on a pris les fonctionnaires pour des chiffres, qu'on a réduit les banlieues à des délinquants. Et que durant la dernière campagne présidentielle, la droite est même allée jusqu'à proposer de ne plus rembourser les rhumes. Que la droite a oublié un grand nombre de nos concitoyens. Et ça, c'est ringard, pour reprendre le mot que vous venez d'utiliser. C'est ringard parce que c'est très conservateur. Et moi, ce que je propose, c'est une droite qui brise les chaînes du déterminisme social.

C'est-à-dire une droite qui permet à chacun de s'émanciper. Ça veut dire quoi, s'émanciper ? Ça veut dire être reconnu et promu selon son mérite, selon son talent. Ça veut dire que l'État peut être là à un moment pour mettre le pied à l'étrier de ceux qui débutent dans la vie. Ou être là aussi, dans un juste équilibre entre responsabilité et solidarité pour tous ceux qui ont un accident de la vie. Je voudrais juste que la droite se réunisse autour de ce que je considère être un nouveau contrat social qui consisterait à dire « Aide-toi et l'État t'aidera ». T'aidera, voilà. L'État t'aidera, à droite. Très bien.

5:09
Geoffroy Didier

Bien sûr. Oui. On va écouter Marine Le Pen qui parle de Laurent Wauquiez.

5:14
Locuteur non identifié

Quelle est la valeur de ces responsables politiques qui en réalité tiennent exactement les mêmes propos que nous tout en cherchant systématiquement à nous mettre au banc de la vie politique française ?

5:29
Geoffroy Didier

Ma question est simple. Qu'est-ce qui vous sépare du Front National aujourd'hui ? Tout. Tout. Tout. C'est vrai ?

5:34
Invité

L'histoire du Front National, l'incapacité de Mme Le Pen à affronter la réalité économique. Elle ne sait même pas, elle-même, si elle veut se séparer de l'euro ou pas.

5:47
Geoffroy Didier

S'ils abandonnent la fin de l'euro ?

5:49
Invité

Si le FN abandonne ce qu'il est, je ne sais même plus ce que pense le Front National. Je ne sais même pas ce que pense Mme Le Pen.

6:00
Geoffroy Didier

S'ils abandonnent la sortie de l'euro, ça change beaucoup de choses d'après vous ?

6:02
Invité

Mais non, mais attendez. Autre exemple, la peine de mort. Le Front National est favorable à la peine de mort. Ce n'est pas cardinal ça. Ce n'est pas cardinal, pardon. Mais ça a été l'un des grands combats de François Mitterrand. Ça a été l'un des grands défis et des grands sujets de société dans les années 80. Et Mme Le Pen, qui est toujours en train de vouloir rétrograder la France sur le plan social, sur le plan sociétal, comme sur le plan économique, est favorable à une solution de repli. Et elle est l'héritière d'une tradition d'exclusion, de repli qui est tout le contraire de la droite républicaine et de son histoire.

6:37
Présentateur

Elle appelle à lutter contre l'islamisme, comme vous, à revendiquer une identité, comme vous, à lutter contre une immigration massive, comme vous, et à aborder le sujet de la nation, comme vous.

6:49
Invité

Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous êtes en train de nous dire ? Vous êtes en train de nous dire que vouloir redonner ces lettres de noblesse à la nation et vouloir condamner, lutter contre l'extrémisme islamiste, c'est dire la même chose que le Front National ? C'est-à-dire parce que le Front National prétend vouloir lutter contre l'islamisme, nous, au sein de la droite républicaine, nous n'aurions plus le droit d'avoir ce combat.

7:15
Geoffroy Didier

Mais attendez, réveillez-vous, réveillez-vous, je sais qu'il est 8h40, il est temps de se réveiller, il est temps, effectivement, qu'on voit la réalité en face. On va dire les choses autrement, ils se ramènent au début de l'émission, tout le monde veut lutter contre l'islamisme, évidemment, et donc on ne voit pas...

7:29
Invité

D'où le non-sens de la question de Bruce Toussaint, qui, par ailleurs, est un excellent journaliste.

7:32
Geoffroy Didier

Et donc on ne voit pas le tabou qu'évoquait Laurent Roquille. Ah, mais c'est pas celui-ci, ça c'est sûr.

7:36
Présentateur

Il était cité dans la liste. Je vais être ringard, parce que vous évoquiez la droite ringard tout à l'heure.

7:43
Invité

Si vous vous sentez de droite, peut-être qu'effectivement vous pourriez être... De droite et de gauche, c'est pas le sujet. Dans ceux que vous estimez de la droite ringard, mais je ne préjuge de rien de vos convictions politiques.

7:53
Présentateur

Je sens que ça va être formidable, jusqu'au bout. Vous restez avec nous, bien sûr. Il est 8h40, l'essentiel de l'info, Agathe Mailluet.

7:59
Invité

Il faut interdire le glyphosate. Voilà ce que pensent 8 Français sur 10, en raison du danger potentiel pour la santé, d'après notre sondage Odoxa d'Ensu Consulting pour France Info et Le Figaro. Seuls 19% des interrogés estiment que l'autorisation de l'herbicide doit être prolongée, car les agriculteurs français, disent-ils, en ont toujours besoin. La lutte contre l'obésité, les députés ont validé cette nuit la nouvelle taxe soda, qui doit inciter les industriels à réduire toujours plus le taux de sucre dans les boissons gazeuses. L'Assemblée qui a également voté pour la disparition progressive du RSI, le régime social des indépendants.

La tension est retombée d'un cran à Cayenne, après une soirée d'émeute, des affrontements entre la police et les membres de collectifs citoyens. Alors qu'Emmanuel Macron est en Guyane pour trois jours, la police est intervenue avec des gaz lacrymaux. Cinq manifestants ont été interpellés. Et puis l'Académie française ne veut pas entendre parler d'écriture inclusive. Cet outil qui se développe pour davantage d'égalité homme-femme, sauf que cela donne une langue désunie, imprononçable, selon l'Académie de Richelieu, qui dénonce un péril mortel et formule donc une mise en garde solennelle.

9:13
Présentateur

Geoffroy Didier, directeur de campagne de Laurent Wauquiez pour l'élection à la présidence des Républicains, et l'invité de France Info, Jean-Michel Apathy.

9:19
Geoffroy Didier

On va repartir à Mandeleu, au lieu du meeting de Laurent Wauquiez mercredi soir, vous y étiez, et bien sûr Geoffroy Didier. Alors dans ce meeting, Laurent Wauquiez s'est présenté comme un candidat opposé aux élites du pays, les élites qui auraient affaibli le pays. Et ce passage a fait un peu sourire notre chroniqueur, Guy Birenbaum, qui sur l'antenne hier matin a dit ceci.

9:41
Invité

« Ancien élève de l'école normale supérieure de la rue Dulme, j'ai fait des études d'histoire, master à l'université Panthéon-Sorbonne, rédigé en mémoire de maîtrise portant sur le flambeau des Mille et Une Nuit et l'Orient des Lumières, 1704-1798, reçu premier à l'agrégation d'histoire, titulaire d'un DEA de droit public. Je suis entré à l'école nationale d'administration, l'ENA, dont je suis sorti en 2001. Quel punk !

10:15
Geoffroy Didier

C'est un punk Laurent Wauquiez ?

10:17
Invité

Non, mais ce n'est pas le sens de son propos. On ne va pas quand même reprocher à Laurent Wauquiez d'être un exemple de la méritocratie française. D'être une élite.

10:24
Geoffroy Didier

C'est un peu démagogique de ne pas reconnaître, de dire les élites c'est le problème quand on en fait partie. C'était ça le sens de la chronique.

10:30
Invité

Oui, j'ai bien compris. Mais vous estimez que les élites depuis 30 ans n'ont pas failli ?

10:35
Geoffroy Didier

Peut-être, mais il en fait partie.

10:37
Invité

Et alors, parce qu'il en a fait partie et qu'il a travaillé pour faire des études... Il en fait toujours partie. Non, mais on en fait tous partie. D'accord. Mais est-ce que ça nous interdit de voir la réalité en face ? Est-ce que ça nous interdit de prendre en compte le fait que depuis 30 ans, effectivement, beaucoup des politiques publiques ont failli, qu'on a dit beaucoup de choses, mais qu'on en a fait très peu, ce qui nous sauvera ? Le fait d'avoir réussi à faire des études par son travail, par son effort, pour vouloir précisément s'émanciper, comme je le disais il y a quelques instants, sur cette même antenne, ça nous interdit de voir la réalité en face.

Mais attendez, là aussi, réveillons-nous quand même.

11:16
Geoffroy Didier

Ce qui sauve la politique, ce qui la sauvera, parce qu'elle est un peu en danger, c'est la sincérité. Et là, quand on entend Laurent Wauquiez dire « je suis candidat contre les élites », ça ne sonne pas juste. Je ne suis pas d'accord. L'oreille est un peu hérissée par le sang que produit l'affirmation.

11:30
Invité

Et d'ailleurs, je suis assez frappé, voire choqué, de ces procès d'intention qui sont faits à Laurent Wauquiez. Comme disait Coluche, tous ces gens autorisés, qui s'autorisent à penser, ils s'autorisent tous à penser que Laurent Wauquiez doit être infréquentable, qu'il est identitaire, comme si l'identité était un gros mot, comme si, alors qu'il avait réussi des études académiques... Un délit de CV, si vous voulez. Oui, c'est ça, exactement.

11:58
Présentateur

Un délit de CV qui ne doit pas... En gros, il est jeune, il est de droite. Personne ne parle de ça, on parle juste du CV.

12:07
Invité

Oui, oui, j'y viens, il est jeune, il est de droite, il est cash, il est franc, et en plus, il a fait des études. Mon Dieu, effectivement, quel diable ! Ce n'est pas du tout le sujet, mais bon... Si, c'est un peu le sujet, c'est-à-dire que si, parce qu'on a fait des études, on ne doit pas voir la réalité en face, une nouvelle forme... Personne ne lui reproche de faire des études. Oui, mais alors, qu'est-ce qu'on lui reproche ? Je ne sais pas, qui fait des procès ? C'est vous qui faites des questions ?

12:31
Geoffroy Didier

Qui fait des... Ah, mais on ne lui reproche rien. Là, un peu, si. Un peu de démagogie.

12:35
Invité

Mais arrêtez ces procès d'intention.

12:37
Geoffroy Didier

Alors, qui fait des procès d'intention à Laurent Wauquiez ? Vous êtes vice-président de la région Île-de-France ? Il suffit de lire la presse tous les jours. Pas que la presse, vous êtes vice-président de la région Île-de-France, vous êtes chargé du logement et de la ville. La présidente de la région Île-de-France s'appelle Valérie Pécresse. Et Valérie Pécresse, début septembre, disait « Je n'exclus pas de quitter les Républicains si Laurent Wauquiez en est élu président. » Qu'est-ce que vous répondez à la personne qui préside la région Île-de-France pour laquelle vous êtes vice-président ?

13:08
Invité

Nous avons eu cette discussion, elle et moi, franche et sincère. Et je peux vous dire que Valérie Pécresse exclut totalement de quitter sa famille politique d'origine. Elle incarne une sensibilité de la droite différente de celle que promeut Laurent Wauquiez.

13:26
Geoffroy Didier

Tant mieux ! Vous lui avez demandé pourquoi il avait dit ça ? Elle a peur de quoi ? Est-ce que vous le savez ?

13:31
Invité

Valérie Pécresse, elle n'a peur de rien. Non mais avec l'élection de Laurent Wauquiez... Elle est très concentrée sur les réformes structurelles qu'elle entreprend pour l'Île-de-France et pour le Grand Paris. Donc elle a fait le choix de se concentrer sur l'Île-de-France. Elle reste par ailleurs une militante de sa famille politique. Elle a créé un mouvement d'idées qui s'appelle Libre, que je soutiens pleinement. Ah, vous soutenez le mouvement de Valérie Pécresse ? Mais attendez, on ne peut pas travailler... Vous soutenez tout le monde ? Mais oui, je soutiens... Vous êtes un homme œcuménique. Mais ils font partie de la même famille politique ?

Je n'aurais pas le droit de travailler avec Valérie Pécresse et de travailler avec Laurent Wauquiez ? Non, non, c'est sûr, vous avez le droit. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les journalistes vont nous expliquer qu'on n'a pas le droit de travailler avec deux figures nationales de sa propre famille politique, sous prétexte qu'on leur devine quelques ambitions présidentielles. Les ambitions présidentielles, c'est pour 2022.

14:28
Présentateur

Le fait que quelqu'un comme Valérie Pécresse, que vous connaissez très bien, et ce questionnement, ce n'est pas rien, quand même. La première question que je me pose, c'est la porosité avec le Front National.

14:36
Geoffroy Didier

J'entends qu'aujourd'hui, beaucoup de gages sont donnés sur cette absence de porosité. Et Valérie Pécresse, encore sur Laurent Wauquiez. J'ai entendu Laurent Wauquiez dire « Donald Trump est inspirant, moi, il ne m'inspire pas ».

14:52
Invité

Valérie Pécresse avait une crainte qui a été levée. Laurent Wauquiez l'a dit sur toutes les ondes, j'imagine notamment celles-là, que jamais il n'y aurait d'alliance avec le Front National. Jamais, il ne peut le dire en français, en anglais, en chinois. Certains refuseront de le croire, certes, parce que certains ont décidé de lui faire des procès d'intention. Moi, justement, je voudrais qu'on juge aux actes. Laurent Wauquiez a toujours été très clair. Et d'ailleurs, s'il n'avait pas été aussi clair, j'imagine qu'il n'aurait pas gagné la région Rhône-Alpes-Auvergne. Parce qu'on l'oublie évidemment bien souvent, parce que ça arrange certains.

Mais je me souviens quand même que Laurent Wauquiez est l'un de ceux qui ont fait baisser le Front National. Donc il ne veut pas s'allier avec le Front National. Il veut, en revanche, parler à tous les Français. Et ça, j'estime que c'est notre mission et même notre honneur, si je puis dire. Parler à tous ceux qui, hier, votaient à droite et se sont tournés vers Marine Le Pen. Précisément parce que la droite, lorsqu'elle est au pouvoir, ne fait pas ce qu'elle a promis et tout ce qu'elle a dit. Y a-t-il un risque de scission de votre famille politique ? Je ne crois pas du tout. Je ne crois pas du tout et je suis très optimiste.

Et je le dis notamment à tous ceux qui nous écoutent et qui ont des convictions de droite et qui même parfois se sont tournés vers Emmanuel Macron lors de la dernière élection présidentielle. C'est le moment de s'engager. C'est le moment de s'engager pourquoi ? Parce que moi, je ne me résous pas à ce que, dans une démocratie, la seule alternative au pouvoir en place soit l'extrémisme. Aujourd'hui, on nous explique que les seuls opposants à Emmanuel Macron, ce sont Jean-Luc Mélenchon et Mme Le Pen.

16:23
Présentateur

Parce que l'électorat de droite soutient massivement Emmanuel Macron dans tous les sondages d'opinion publiés depuis l'élection présidentielle. L'électorat de droite, à plus de 60% environ, dit qu'on soutient Emmanuel Macron.

16:36
Invité

C'est un sujet pour vous. Mais quand Emmanuel Macron fait des réformes que la droite n'a pas eu le courage de faire, je le soutiens. Je soutiens, par exemple, la flat tax, c'est-à-dire l'imposition forfaitaire sur les revenus du capital. Je suis totalement d'accord sur l'ISF. Je regrette juste qu'il ne soit pas allé jusqu'au bout et qu'il n'ait pas supprimé l'ISF aussi sur l'immobilier. Mais je constate que lui, au moins, a eu le courage de le faire. Le code du travail aussi. Mais bien sûr. Vous êtes inconstructif, alors ? Mais constructif dans l'âme. Et je n'ai pas attendu que Thierry Solaire crée le groupe Les Constructifs pour être constructif.

Et je pense que nous sommes tous constructifs, mais avec un petit C, pas avec un C majuscule.

17:18
Présentateur

Constructif dans l'âme. Geoffroy Didier, vous restez avec nous. Il est 8h50. Voici l'essentiel de l'info avec Agathe Maouet.

17:23
Invité

La visite du président Macron en Guyane, ternie par des affrontements ces dernières heures à Cayenne. Manifestation dispersée devant la préfecture. Le calme depuis est revenu. Et si le chef de l'État, finalement, a bien rencontré les maires guyanais, eh bien, ses élus locaux sont repartis déçus. Les 2 milliards d'euros réclamés au printemps, en effet, sont remis en cause. Plus de 3000 documents liés à l'assassinat de Kennedy devaient être dévoilés, mais 200 dossiers ont été jugés trop sensibles pour être publiés sur le site des archives nationales américaines. 50 ans après la mort de JFK, Donald Trump a dû céder à la pression de la CIA et du FBI. Le piège se referme sur la Catalogne.

Madrid doit décider aujourd'hui d'une mise sous tutelle de la région, puisque Carles Puigdemont, malgré la pression de la rue, renonce à convoquer lui-même des élections anticipées. Enfin, n'oubliez pas que c'est déjà ce week-end que nous passons à l'heure d'hiver. Ce dimanche, à 3h, il sera à nouveau 2h. Et nous allons donc pouvoir dormir une heure de plus.

18:27
Présentateur

Geoffroy Didier, directeur de campagne de Laurent Wauquiez pour l'élection à la présidence des Républicains. Il est invité de France Info, Jean-Michel Apathy.

18:33
Geoffroy Didier

Alors, vous soutenez, vous venez de le dire, les principales réformes d'Emmanuel Macron. Pourquoi exclure alors du parti les Républicains ceux qui les mènent ? Le mystère s'épaissit. En tout cas, sachez qu'Edouard Philippe, le Premier ministre, est un peu indifférent à cette menace d'exclusion. Il est l'invité dimanche, donc dans 2 jours, sur C8, d'une émission qui s'appelle Au tableau. Le Premier ministre interrogé par des enfants sur son exclusion des Républicains. Ça donne ceci.

18:57
Invité

Elles sont comment, vos relations avec les Républicains ? Elles sont variables. C'est-à-dire que, j'ai encore, heureusement d'ailleurs, plein de copains dans le parti Les Républicains, mais je n'aime pas ce qu'ils sont en train de devenir. Parce que je trouve qu'ils sont de plus en plus à droite. Vous soutenez qui pour la présidence du parti ? Personne. Non, mais personne, c'est leur truc, quoi. Je ne vais pas voter, ils veulent me virer.

19:25
Geoffroy Didier

Ah, ils veulent me virer. Pourquoi vouloir virer quelqu'un ? Non, vous soutenez les réformes, alors là, si vous voulez.

19:29
Invité

Non, mais je n'ai pas dit que je soutenais toutes les réformes d'Emmanuel Macron. Ah, vous en avez cité trois importantes ? Vous m'avez interrogé sur trois, qui, effectivement, sont celles qu'Emmanuel Macron entreprend.

19:37
Geoffroy Didier

Est-ce que vous ne soutenez pas la loi antiterroriste ?

19:40
Invité

Non, mais Emmanuel Macron... La moralisation de la vie politique. Là aussi, réveillons-nous. Emmanuel Macron ignore la culture française. Il méprise les... Il ignore la culture française, vous voulez dire quoi ? Il m'a dit durant la campagne présidentielle. Il a dit qu'il n'y a pas de culture française.

19:55
Geoffroy Didier

Ah oui, c'est un propos super intellectuel.

19:57
Invité

On parle des réformes depuis le début du caractère. C'est ça qui nous intéresse. Un exemple, l'augmentation de la CSG. Ça, j'estime que, moi, ce que je voudrais, c'est qu'on ait une règle d'or. C'est-à-dire qu'on arrête de toucher, par principe, au pouvoir d'achat des retraités. Parce que les retraités, par définition, ne créent plus de richesse. Ils ont contribué pendant des années. Donc, j'estime qu'il est totalement inadmissible de venir ponctionner, alors qu'ils ont contribué pendant des années, les retraites.

Lorsque je vois qu'Emmanuel Macron veut créer la police de proximité, la police de proximité, mais quelle insulte à l'égard de ces milliers de policiers et de gendarmes, comme s'ils n'étaient pas, aujourd'hui, eux, sur le terrain, dévoués corps et âme, ne risquaient pas leur vie pour protéger les nôtres. Qu'est-ce que c'est que cette façon bien socialiste de voir le sentiment d'insécurité ? Moi, j'aimerais, effectivement, qu'on augmente le nombre de policiers et de gendarmes. Et je vous le dis, je regrette que, sous le quinquennat de la droite, nous ayons supprimé un certain nombre de policiers et de gendarmes. Et je ne vote pas à droite pour qu'il y ait moins de policiers et de gendarmes.

Et j'aimerais aussi que la droite parle autrement aux fonctionnaires, arrête de les prendre pour des chiffres, n'est pas pour seul programme d'en supprimer 500 000 et, par exemple, propose la rémunération au mérite des agents de la fonction publique.

21:12
Geoffroy Didier

Vous en parlerez avec la ministre du Budget quand vous serez au pouvoir. « Je ne suis pas le père Noël parce que les Guyanais ne sont pas des enfants. » C'est la phrase qu'a prononcée Emmanuel Macron tout à l'heure en Guyane, où il est en déplacement. Une phrase maladroite ou vous en comprenez le sens ? « Je ne suis pas le père Noël parce que les Guyanais ne sont pas des enfants. »

21:31
Invité

Non, ce n'est pas une phrase maladroite. C'est sûr qu'en référence à ce que je vous disais sur la hausse de la CSG, on ne peut pas dire aujourd'hui qu'Emmanuel Macron soit le père Noël pour les billions de retraités, et notamment ceux qui nous écoutent. Mais je ne suis pas là pour juger les petites phrases. Ça ne m'intéresse pas.

21:46
Geoffroy Didier

Très bien. Alors je vais vous poser une autre question. Vous avez longtemps défendu, alors là ce matin un peu moins, vous avez longtemps défendu et soutenu Nicolas Sarkozy.

21:55
Invité

Bien sûr, et j'en suis très fier.

21:56
Geoffroy Didier

Est-ce qu'il y a un point commun entre Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron ? C'est ce que pense Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT.

22:03
Locuteur non identifié

Faire des déclarations comme ça et faire des coups de menton, ça nous rappelle des trucs. Ça rappelle des déclarations à l'emporte-pièce en disant... De qui ? De M. Sarkozy, oui, bien sûr.

22:13
Geoffroy Didier

C'est vrai, il y a un point commun à votre avis entre... Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy.

22:18
Invité

Il y a beaucoup de qualités qu'avait Nicolas Sarkozy et que je retrouve chez Laurent Wauquiez, effectivement. Je vous parlais d'Emmanuel Macron.

22:27
Présentateur

C'était sur Emmanuel Macron la question.

22:29
Invité

Laurent Wauquiez a toutes les qualités. J'aurai ce livre de mes réponses. Moi, je préfère en tant que directeur de campagne de Laurent Wauquiez parler de Laurent Wauquiez que d'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron parle très bien de lui-même.

22:38
Présentateur

Vous nous endormez, vous qui nous demandez de nous réveiller depuis le début de cette interview. Là, vous nous endormez.

22:43
Geoffroy Didier

Est-ce qu'il y a du Sarkozy chez Macron ? Oui, c'était ça la question.

22:47
Invité

Je ne sais pas. Je ne suis pas psychologue. Je ne sais pas. Honnêtement, ça m'intéresse assez.

22:54
Geoffroy Didier

Merci à indiquer au président de la commission des finances du Sénat qu'on en a parlé tout à l'heure. La modification de l'ISF et puis l'introduction de la flat tax permettrait aux 100 plus riches patrimoines de gagner – on va voir les indications de Merci – 1,5 million d'euros par an. Vous qui plaidiez tout à l'heure pour l'équilibre dans la société, est-ce que ce constat-là vous fait dire que la réforme fiscale pose un problème ou est-ce que ce constat-là, vous pensez qu'il est bon pour la société dans la mesure où peut-être ça modifiera l'état d'esprit de ceux qui ont de l'argent en France et peut-être l'investiront-ils différemment ?

23:33
Invité

Tout dépend de ce qu'ils en font de l'argent. Moi, j'estime que l'argent n'est pas un problème en soi, qu'il faut arrêter avec ce mal français qui consiste à détester tous ceux qui réussissent par leur effort et par leur mérite. Si ces 1,5 million d'euros sont réinjectés dans l'économie française, sont investis dans les entreprises qui créent de l'emploi, permettent de consommer davantage et donc de créer des emplois, écoutez, c'est une bonne nouvelle. Vous préférez qu'on s'appauvrisse ? Moi, je préfère que chacun s'enrichisse, chacun s'émancipe, chacun vive ses rêves.

Et effectivement, s'il y a un point d'accord avec Emmanuel Macron, c'est cette image de premier de cordée où s'il y en a ceux qui ont la force de travailler, ceux qui ne sont pas des accidentés de la vie et qui peuvent essayer de relever l'ensemble, ça me va très bien. Arrêtons avec ce nivellement par le bas, arrêtons avec cet égalitarisme socialiste dont nous avons trop souffert et essayons d'incluser quelque chose d'un peu positif. C'est aussi ça le message de la droite.

24:32
Présentateur

Sens commun a toujours sa place chez les Républicains ?

24:34
Invité

Tout dépend des précisions qu'apporteront et qu'ont d'ailleurs déjà commencé à apporter les dirigeants de sens commun. Si c'est pour s'acoquiner avec le Front National, il est hors de question que sens commun reste chez nous puisqu'il trahirait les valeurs de la droite. Si en revanche, ils veulent être une sensibilité de la droite incarnée par des militants, je l'espère sincère, moi je suis totalement favorable à ce que la droite apprenne à respecter des sensibilités différentes.

25:04
Présentateur

Merci beaucoup Geoffroy Didier, merci d'avoir été l'invité de France Info.