Réunion publique à Rocquigny (08) : discours de Marine Le Pen
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qui est non doute une type qui a organisé cette réunion et à qui l'on doit cette belle réussite. C'est ce fond du pays. A Charles-Ville-Mézières, un de ses poèmes les plus connus, le bateau ivre. C'est une sorte d'un bateau qui n'est plus dirigé et qui est livré au fil des eaux, qui va de l'espoir à une certaine désillusion. Même si le poète a voulu exprimer autre chose, peut-être de plus intime, l'image du bateau ivre n'est pas sans ressembler à la macronie. Tant pour la campagne que pour la gouvernance de la France. Parce que la campagne a officiellement démarré et avec elle, nous aurions pu le souhaiter, le débat sur l'Europe.
Drôle de campagne, drôle de guerre, que j'étais censé avoir convaincu de se lancer dans la bataille électorale le soir de notre débat télévisé. Vous vous rappelez de cette séquence mémorable et, il faut dire, un peu pathétique. Elle ne fait quasiment plus de plateau, elle ne débat pas, elle n'est nulle part désormais flanquée d'un ministre ou même de plusieurs, comme si son propre camp l'avait exfiltré ou mis sous tutelle. Madame Loiseau n'est pas partie en campagne, mais semble déjà partie de la campagne. République En Marche, cerveau génial de Madame Loiseau. Là aussi, on constate un certain retard à l'allumage. On nous le promet pour dans deux jours. Ben, il est temps, quand même.
Il est temps, à quelques jours de l'élection. Si M. Macron ne nous avait pas prouvé sa haine du gasoil, on pourrait croire que LREM fonctionne au diesel, avec quand même une grosse période de préchauffage. Mais à ce point, ça ressemble presque à de la panne sèche. Les macronistes ont-ils la naïveté de croire qu'il suffit d'être au pouvoir pour faire des voix ? Et qu'ils pourront rééditer la vague de 2017 sur une nouvelle, une énième illusion ? Et s'ils croient pouvoir vivre de la rente du macronisme, c'est aux Français qu'il appartiendra de les faire redescendre de leurs petits nuages ?
Cette situation surréaliste et inédite dans notre vie politique m'inquiète tout de même, au fond, pour deux raisons. D'abord, il est anormal de priver les Français d'un débat électoral aussi important, un débat qui va déterminer l'avenir de l'Europe et donc de la politique française pour cinq ans. Nous sommes dans une dérobate pitoyable qui s'apparente à un déni de démocratie. Cela est d'autant plus inadmissible que, sans le dire, le gouvernement s'apprête à faire campagne, non pas vraiment sur l'Europe, non sur les enjeux du scrutin, mais en distillant des mesures électoralistes pour amadouer les Français.
« Ah, il y a les élections dans 15 jours, allez, on va leur donner 1% de ceci, une petite espérance là, et puis comme ça, ça va calmer tout le monde. » Mais ils ne veulent pas parler d'Europe, en fait, c'est ça le fond du sujet. Ils ont trop peur de parler Europe. Et visiblement, il n'y a d'ailleurs plus personne dans la classe politique pour défendre le bilan de l'Union européenne. C'est leur bébé. Ils l'ont conçu, ils l'ont accompagné, ils lui ont donné des pouvoirs absolument incroyables. Et quand on dit « Et qui est le papa ? Qui est la maman ? Il y a quelqu'un dans la salle ? » Tout le monde se retourne en disant « C'est pas moi, hein ? C'est pas mon bébé, je le reconnais pas.
» Mais si, si, je vous assure que c'est le vôtre. C'est quand même pas très courageux, mes chers amis, parce qu'après tout, après tout, il y aurait un certain panache de leur part à venir et dire « Bon, ben écoutez, voilà, on s'est trompé. On a commis une erreur manifeste. On a construit un espèce de monstre et on ne veut plus de cela. Et on vous propose, en réalité, d'améliorer la situation. » Mais personne n'assume, personne n'a le courage d'assumer ses responsabilités. Et c'est probablement ça, moi, qui me dérange le plus.
Alors, après avoir tenté de les endormir avec le grand débat, ou plutôt le faux débat, voilà qu'il voudrait acheter les citoyens avec une demi-reculade sur les 80 km à l'heure ou avec une baisse du coût du permis de conduire. Personne ne se laissera ni acheter ni duper, à mon avis. Il semble que le séminaire gouvernemental sur les mesures d'après-grand débat – il faut suivre, parce que c'est un peu compliqué – fut de l'aveu même d'Emmanuel Macron, je cite, « un goûter de campagne », comme c'est joliment dit. « On a débroussaillé des trucs, à vous, de manière lamentable, un participant. » C'est vous dire le sérieux de cette équipe. Je le dis avec peine pour les Français.
Ceux qui nous gouvernent n'ont vraiment aucun respect. Aucun respect des citoyens, aucun respect pour les fonctions qu'ils occupent et aucun respect pour le pays qui attend de la considération, des décisions et de l'action. On le voit, ils sont inamendables. La frayeur du mois de décembre étant passé, ils reprennent leurs habitudes, leurs mauvaises habitudes, leurs détestables habitudes de roi fainéant pour reprendre là aussi une expression de leur chef, M. Macron. La réalité, c'est qu'ils incarnent une oligarchie qui ne peut se départir d'une certaine désinvolture. Et on est obligé de le remarquer d'une inquiétante propension à l'incompétence. Je vais vous faire une confidence.
Si je déplore l'évaporation de Mme Loiseau au moment où nos candidats et militants sillonnent le pays village après village, ce n'est pas parce qu'elle nous manque, mais parce que cela en dit déjà beaucoup sur l'après-26 mai. Qui peut croire que ces gens qui ne sont même pas présents pendant la campagne le seront pendant le mandat ? Qui peut croire que des candidats qui n'ont aucune idée à faire valoir avant l'élection pourront proposer quelque chose de concret une fois élus ? Qui peut croire que des gens d'une telle inconsistance pourront efficacement défendre les intérêts français une fois élus à Bruxelles ? Et puis, à côté de la campagne, il y a le pays.
Voilà deux ans, jour pour jour, que M. Macron a été élu président de la République. On est loin du temps où Emmanuel Macron fanfaronnait en disant « Sky is the limit ». C'était en septembre 2016. Depuis, il a été rattrapé par la réalité et le ciel qui était pour lui la seule limite lui est tombé sur la tête. Dans quel état est le pays ? Je ne vais même pas parler du bilan qui est atterrant, mais du présent. Le sentiment qui règne, c'est l'impression d'une grande confusion, des cafouillages permanents à l'échelon gouvernemental, le désordre dans la rue, le discrédit de la France à l'extérieur, une incertitude qui s'empare de l'opinion et même du monde économique.
Tous les samedis, le pays connaît des scènes d'une violence inouïe, d'une violence de rue qui n'est plus tolérable, qui met aux prises des Français les uns contre les autres, d'une violence générale dont l'autorité politique, et elle seule, porte l'entière responsabilité, tant par son incapacité à résoudre la crise sociale profonde qu'à penser le maintien de l'ordre avec la sérénité qui convient. On constate en fait une bénalisation du régime. Bénala ne semble pas avoir été un accident, mais un mode normal de fonctionnement de la République macronienne.
Comment juger un gouvernement dont le ministre de l'Intérieur et le ministre de la Santé, appuyés par le Premier ministre en personne, se sont livrés à des opérations de diffamation d'État contre des manifestants en les accusant d'avoir, excusé du peu, attaqué un hôpital ? Ou même d'avoir volé du matériel ? On navigue entre l'indigne et le grotesque. Monsieur Castaner, qui croit pouvoir exercer sa fonction de ministre de l'Intérieur, comme on joue une partie de poker dans une arrière-salle malfamée de tripots, est discrédité depuis longtemps.
Mais je me demande si cette affaire glauque et emblématique de la salle pétrière n'est pas révélatrice d'un discrédit plus général, qui touche désormais le gouvernement tout entier, M. Édouard Philippe en tête. À ces violences sociales, à ces violences de rue, s'ajoutent les violences du quotidien, ou plutôt l'ultra-violence de la délinquance, dont absolument personne ne parle. Absolument plus personne n'en parle, et pourtant, les chiffres de la délinquance ordinaire explosent. Règlement de comptes dans les vies sur fond de trafic de drogue ou sur fond de trafic d'armes, les cambriolages dans les campagnes, l'explosion des agressions contre les personnes ou contre les biens.
Ces faits de délinquance constituent une atteinte permanente à la tranquillité et à la dignité des citoyens, qui sont souvent obligés de baisser la tête devant les caïds, d'adopter des stratégies d'évitement ou de se barricader. Et je ne parle pas des atteintes à la liberté d'aller et de venir, la liberté pour les femmes de se balader dans la rue sans être importunées, la liberté pour elles de porter une jupe sans, par exemple, être interdites de bus par un chauffeur à rate épée qui s'érige en police religieuse islamiste. Jordan vous en parlait tout à l'heure.
En février, ici, dans les Ardennes, la presse relatait que 4 mineurs, défavorablement connus des forces de l'ordre, avaient été interpellés pour un total de 71 faits pour les faits connus. 14 vols avec effraction, 10 vols de véhicules dont 8 incendiés, 13 vols de deux roues, 28 vols à la roulotte, plusieurs délits routiers et pour achever leur exploit, 2 vols à l'arraché au préjudice de deux personnes âgées. Au total, les policiers de Sedan ont recensé 49 victimes. On le voit, ce désordre et cette confusion qui s'installent doucement dans le pays ne peuvent plus durer. Le pays veut sortir de cette situation chaotique incertaine qui rend impossible tout retour à la confiance.
Le pays doit en sortir. Tout le monde est à bout. Il plane sur le pays un légitime sentiment d'exaspération. Exaspération parce que les honnêtes gens sont traqués par les radars, les amendes, les péages, les contrôles d'une administration tâtillonnée sans pitié pour eux, pour une erreur, une difficulté passagère ou simplement une incompréhension. Exaspération parce que les vrais fauteurs de troubles, les délinquants et même les criminels sont laissés en paix, continuent leur trafic ou leurs exactions en toute tranquillité.
Exaspération parce qu'en pleine alerte terroriste, le gouvernement laisse rentrer les revenants de Daesh qui ne sont mûs que par la volonté d'assassiner nos policiers, nos militaires, nos concitoyens, nos enfants. Exaspération parce que quoi qu'ils en disent, l'immigration prend des allures de déferlement torrentiel et que certains migrants, ivres de promesses que des irresponsables ont pu leur faire, finissent par se croire en pays conquis. Il faut mettre un terme à cette situation, mes chers amis. Nous, Français, nous aspirons à la sérénité, à la tranquillité, à la sécurité et au retour d'une harmonie sociale. Ça tombe bien.
Ça tombe bien parce que dans moins de 20 jours, les Français vont pouvoir le dire et le dire avec une arme d'une redoutable efficacité en démocratie, le bulletin de vote. Ce bulletin de vote, pour peu qu'il soit bien utilisé, peut être décisif. Bien utilisé, cela veut dire en tout état de cause ne pas voter pour une liste qui n'est pas assurée de faire les 5%. Car vous le savez, en dessous de 5%, il n'y a pas d'élu. Et donc la voix, elle est perdue. Elle est gâchée. Un vote de témoignage, ça peut être sympathique, bien sûr, mais c'est inefficace. Un vote perdu, c'est un avantage donné à Emmanuel Macron. En votant pour la liste Rassemblement National, vous ferez coup double.
D'abord, contrez l'Europe de Macron. Deuxièmement, contrez la politique de Macron. Ça fait quand même deux bonnes raisons d'aller voter. France, vous l'a rappelé tout à l'heure, nous ne serons jamais assez nombreux à vous le dire, à vous le redire, à vous le répéter dans les 20 jours qui nous restent. Et vous devez vous-même le dire autour de vous. Le scrutin a lieu à la proportionnelle en un seul tour. Plus on vote, plus on a d'élus. Un seul tour, un seul jour, un seul vote efficace, le Rassemblement National. 1% c'est un élu. 23%, 23 élus, 24%, 24 élus, ça vaut quand même le coup de se déplacer, de se motiver.
Ces députés européens que vous donnerez constitueront un pacte pour défendre les intérêts des Français en Europe. Ce pacte, cette équipe de France, rejoindra nos alliés patriotes des autres pays pour faire avancer le grand projet qui est le nôtre. Le projet d'une Europe des nations, vous le savez, une Europe où les peuples pourront enfin décider à nouveau pour eux-mêmes une Europe d'une coopération loyale, respectueuse et bénéfique pour tous.
Cette Europe, nous sommes en train de la construire avec nos alliés et nous serons le 18 mai à Milan pour un meeting géant aux côtés de Matteo Salvini mais aussi aux côtés des Autrichiens, des Hollandais, des Tchèques, des Flamands, des Allemands, des Danois, des Finlandais, des Estoniens et de tous les autres. Aujourd'hui, nos adversaires au sein du Parlement européen se chuchotent dans les couloirs l'hypothèse terrifiante pour eux que le groupe Europe des Nations et des Libertés qui était jusqu'à présent le huitième groupe du Parlement européen pourrait devenir demain le troisième d'ici et même peut-être le deuxième.
Là, je peux vous dire que là, ça commence à trembler chez les technocrates gris et froid de ces grandes tours de Bruxelles qui se disent que les choses ont très probablement changé et objectivement pas à leurs bénéfices mais au grand bénéfice des peuples en Europe qui enfin vont pouvoir être entendus et défendus. L'Europe va changer parce que nous allons la faire changer mais un bulletin de vote bien utilisé le 26 mai cela veut dire aussi donner un sens à votre voix dans le débat politique français. L'élection du 26 mai est la seule élection nationale du quinquennat. Les autres ne seront que des élections locales.
J'ai envie de dire comme je l'ai dit il y a quelque temps sur un plateau de télévision en fait c'est la dernière sortie avant l'autoroute. ce qui se joue évidemment c'est que c'est la seule élection qui a une portée directe sur la conduite des affaires du pays. Ce qui se joue c'est la première place qui revêt un impact symbolique déterminant savoir si la politique de monsieur Macron est validée ou non. Vous avez vu nous sommes au coude à coude.
Je le dis aux gilets jaunes comme à tous les français et notamment aux retraités qui sont devenus les souffres douleurs du pouvoir aux contribuables qui n'en peuvent plus d'être essorés aux salariés ou aux artisans tellement ponctionnés qu'ils n'arrivent plus à vivre des fruits de leur travail. Si Emmanuel Macron arrive en tête il appliquera sa politique de manière inflexible pour le reste du quinquennat avec des dégâts je vous l'annonce qui seront considérables. J'ai en plus bien peur qu'il n'ait envie de se venger d'une séquence qu'il a interprétée comme une humiliation personnelle.
En revanche si la liste au Rassemblement National arrive en tête il perdra de sa superbe et vraisemblablement le gouvernement Philippe tombera. Emmanuel Macron l'a quasiment admis. Alors le 26 mai je vous propose le grand chelème en boutant l'oiseau Philippe et Castaner hors du jeu. Nous n'en manquons pas il s'appelle Jordan Bardella il s'appelle Thierry Mariani Jean-Paul Garraud Hervé Juvin il s'appelle Franck Zammet député sortante. Cette victoire il nous faut l'arracher. Et moi je vous propose de vous associer à l'opération ma voix plus une. chaque électeur du Rassemblement National doit dans les 20 prochains jours convaincre une personne d'aller voter Rassemblement National.
Chacun d'entre vous doit prendre une procuration également car il n'est pas imaginable que des gens ne puissent pas voter simplement parce qu'ils en sont empêchés matériellement ou physiquement. sur le fil de l'arrivée chaque voix va compter. En fait notre adversaire c'est la résignation. Notre adversaire en réalité c'est l'abstention. Dites partout autour de vous que le vote Rassemblement National est non seulement utile contre l'Europe de Macron mais qu'il est décisif contre la politique de Macron. C'est un vote utile utile politiquement mais aussi utile pour vous et utile pour le pays.
Ensemble nous allons faire du 26 mai une victoire française jusqu'au 26 mai on ne lâche rien et le 26 mai on arrive !