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interviewMayotte la 1ère· 2 décembre 2025 16 min

Zakweli du 2 décembre 2025 avec Davy Rimane et Anchya Bamana

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Nous sommes avec le député Guyen Devir Riman. Il est également le président de la délégation aux outremèes à l'Assemblée nationale. Bonjour et merci d'être avec nous ce matin.

Bonjour à Mayotte. Bonjour aux auditeurs de Mayotte la première. On est également avec Unchia Bamana, la députée à reen de Mayotte.

Bonjour. Bonjour Carla. Merci de votre invitation.

Merci euh d'être avec nous euh ce matin. Camar l'a rappelé, vous êtes ici pour une semaine sur le territoire pour évaluer un peu les politiques publiques mises en place depuis le passage du Cyclone Chido pour faire le point un peu. Mais euh j'ai envie de dire qu'est-ce qui n'a pas encore été dit après le passage du cyclone Sido ? parce que 1 an après le passage tous les jours, on a parlé de cette reconstruction de passage de cyclone tous les jours et nos deux députés que ça soit un cheia Bamana ou Estel Youssoufa rappelle la situation tous les jours à l'Assemblée nationale.

Du coup, qu'est-ce que vous êtes venu voir exactement Devireman ? Donc suite aux différents, je rappelle qu'il y a eu euh des textes de loi voté euh à l'assemblée depuis le passage de Chido. Et donc nous on concrètement est venu voir ce qui était mise en œuvre de façon concrète parce que il y a des choses qui sont dites.

Ensuite maintenant il faut savoir si elles ont été traduites euh euh de façon concrète sur le terrain. Donc nous aujourd'hui c'est de voir effectivement depuis notre passage euh en janvier je mois euh début décembre maintenant quasiment 1 an. On vient voir ce qui a été fait concrètement, ce qui a avancé, ce qui n'a pas avancé, pourquoi ça n'a pas avancé, qu'est-ce qui bloque euh à à différents niveaux.

Et la chose moi qui en tout cas euh qui reste quand même euh non élucide dans ce qui me concerne, c'est la problématique de l'eau. Euh je jusqu'aujourd'hui, on ne comprend pas pourquoi l'État euh ne n'a pas déployé les moyens nécessaires à ce que cette réalité que connaît les Maores et les Maores depuis tant de temps euh soit plus qu'un mauvais souvenir. On parlera de la question de l' Mais je je reviens d'abord, je rebondis sur ce que vous avez dit hein sur ces textes de loi.

À l'époque, on vous l'avait dit, vous vous dénonciez-vous he un texte qui sert de laboratoire politique, vous disiez aux idée d'extrême droite et pour un faire un modèle exportable à d'autres territoires de France, vous ne vous n'avez pas voté hein pour ce texte. Alors aujourd'hui euh finalement vos idées sont déjà faites sur ces textes là. Non, moi j'ai toujours dit que dans au tard du texte, il mettait plus les la vision sur la question migratoire que sur les problèmes problèmes récurrent que connaît Mayotte.

La la question migratoire, c'est une c'est une conséquence. Aujourd'hui, fondamentalement, les politiques publiques aujourd'hui pour le développement de Mayotte, pour l'aménagement de Mayotte euh ne sont pas au niveau escompté. et et quand je fais des parallèles à d'autres territoires ultramarins qui sont déjà de passé en département depuis 1946 mais le dernier département de France à officiellement avoir vu le jour et j'ai souvent dit au collègues mais nous depuis 46 on est passé en département et aujourd'hui en 2025 mais on voit les effets de cette départementalisation là et le compte n'y est pas.

Donc nous souvent on on disait à aux collègues même à l'époque on était pas forcément d'accord avec la le parti prix euh de shabamana et même de Yossoufa. on n'était pas d'accord sur ce fond-là, mais nous on leur disait déjà et vous allez voir, vous allez voir que qu'est-ce que l'État au travers d'une départementalisation, vous allez vite comprendre dans quoi vous êtes. Il y en a eu et sans sans être mauvaise langue euh on le voit, moi je suis désolé, il y a des choses qui pour moi sont insupportables.

Ce n'est pas parce que je suis que je ne suis pas maor, que je ressens pas la la douleur et la détresse et l'incompréhension des uns des autres, mais je la comprends tellement bien parce que nous on la vit déjà depuis un certain nombre de temps. un cher bamana hein, vous n'avez entendu votre collègue que vous ne partagez pas forcément les mêmes idées en tout cas sur certains points notamment l'immigration mais vous êtes vous êtes là pour cette visite d'une semaine et justement l'immigration est au cœur de de cette visite parce que vous allez euh regarder les moyens mis en place pour la lutte contre l'immigration clandestine. Il s'agit de démontrer quoi exactement du coin Bamana ?

D'abord pour dire que on vient pour avoir une vision globale de effectivement ce qui a été promis suite à au vote des trois lois qui ont eu lieu depuis février de cette année jusqu'au mois de juillet. Euh on vient voir pour effectivement les moyens mis en place ou les conséquences de l'immigration illégale sur le territoire euh mais aussi sur toutes les autres politiques publiques. Euh il y a eu un reportage hier à TFIN qui fait un peu cet exercice et qui montre effectivement que les promesses n'ont pas été tenues.

Moi ce que je retiens suite notamment à l'entretien hier, le premier entretien qu'on a eu avec le préfet, avec la délégation, ce que je retiens c'est que quand les communes n'ont pas reçu le fameux fond d'amorçage pour notamment faire les travaux des écoles et payer les entreprises qui ont travaillé suite à la catastrophe naturelle, c'est de voir qu'il y a eu un texte d'urgence en février mais que les procédures de simplification ne sont pas réellement appliquées pour euh euh assouplir les choses et que enclencher le versement des fonds aux communes pour réaliser les travaux. Et ça c'est regrettable. On sait que le système éducatif notamment et au fin fond du gouffre, le système de rotation qui pénalise l'éducation des enfants de Mayotte quand on a à peine 3h de cours par jour.

Ce n'est pas normal. Est-ce que du coup c'est euh un an après vous n'êtes pas en train de vous rendre compte que finalement j'ai envie de dire entre guillemet l'arnaque c'était ces textes de loi. Vous avez passé beaucoup d'énergie sur ces textes de loi.

Au final concrètement il n'y a rien sur le terrain. Ça ça montre le manque de volonté politique du gouvernement et ça on l'a dit depuis depuis Paris. Il y a un manque manifeste de volonté politique de sortir ce territoire de de l'inertie et du sous-développement.

Et pourquoi je vous regarde des vian ? Mais ça c'est faut pas se tromper, c'est lié à l'histoire de nos territoires. Je rappelle que à la base nos territoires sont pas des territoires intrinsèquement euh euh liés à à la République puisqueon a toujours été euh en reprenant les mots de de feu mais Césarer je dirais de de façon entièrement à part.

Dès qu'on parle des outresem, des territoires dit d'outre mer, il y a toujours un particularisme, il y a toujours euh une approche différenciée, c'est plus compliqué. Moi, je me suis vu pour vous donner le niveau de du regard qui est porté sur sur ce que nous sommes, j'ai fait j'ai fait valoir le le fait de demander une augmentation du budget de la délégation parce que euh automatiquement à partir du moment où est-ce qu'on parle de la délégation, ben dès que nous ouvrons des missions ou des déplacements à faire, ben c'est plus conséquent, plus onéreux puisque nos territoires sont bien plus éloignés. Euh on a fait compant qu'on était un peu logié à la même enseigne, qu' ils avaient déjà fait un effort et que de toutes les manières de façon générale, les autres mères coûtent cher lorsque lorsque vous êtes à l'Assemblée nationale, vous êtes au au cœur de la démocratie française, de la République française et que l'un des l'un des de vos collègues vous dit "Ben, les autres mères coûtent cher, ça résume un peu la réalité.

Si si on nous voit juste sous la forme de chiffre et pas la forme d'individu qui compose une République qui sont censé composer une République, ben le comme on dit bien le verre est dans le fruit. Donc cette cette nonvolonté, cette réalité différenciée que nous connaissons depuis pas mal de temps euh ben c'est lié à cette histoire-là qui n'est toujours pas réglé en ce qui me concerne. En regardant euh votre programme, je me suis euh posé la question de l'impact de cette visite sur le quotidien euh des Maoré.

Ceux qui n'ont toujours pas été indemnisés par leurs assureurs, ils sont nombreux. Ceux qui n'ont pas d'assurance, ils sont très très nombreux et qui n'ont perçu aucune aide aujourd'hui pour reconstruire leur maison. Et ils sont très nombreux à cette saison des plus.

Qu'est-ce que vous leur dites ? Est-ce que vous allez les voir ces personnes ? Et quelle réponse ?

Mais euh lorsqu'on était venu, on avait été bon la zone de l'île la plus touchée c'était au nord. On avait été par exemple dans la commune de Brandabois pour voir effectivement les dégâts. Et on avait effectivement discuté avec des révins qui étaient là qui nous expliquai leur quotidien, problème d'assurance, manque d'accompagnement, manque de visibilité, pas d'écoute, livre à eux-mêmes.

Donc moi tout ce que je leur dirai si effectivement on venait recroiser ces mêmes personnes là quasiment un an après on leur dirait que moi avec beaucoup d'honnêtetés leur dire mais en fait je suis pas étonné parce que l'un des l'un des pendant dans ce texte de loi qui était pour la refondation de Mayotte dans les discussions dans les débats que nous avons eu on a on a on a parlé de de cet angle mort de la loi. Oui, mais attendez, il y a des personnes que vous savez très bien qui n'avez pas forcément d'assurance. Quel accompagnement va être mis en place pour ces pour ce pour pour ce public le plus touché ?

Euh celui qui a le moins de moyens ? C'est pas sous forme de prêt garanti qui vont pouvoir les gens sont déjà en difficulté financière donc faut pas faut pas se leurer. Donc quel dispositif particulier va être mis en place pour accompagner ces personnes-là ?

Mais rien du tout hein. Et quand vous avez rencontré le préfet hier sur ces questions là chez Abamana, moi je l'ai soulevé quand on a eu le plan quinquénal qui a été écrit par le général Facon avec les son équipe. J'ai j'ai fait le nécessaire pour qu'il rencontre par exemple les présidents de l'UDAF de l'UDCCAS justement pour leur dire que il n'y avait rien qui était prévu dans le plan quinquenal alors que ce sont les 17 CC communes euh qui ont porté secours à la population dès qu'il y a eu le cyclone.

Donc le social est complètement euh absent de ce plan. Donc je sais qu' suite à ma démarche il a rencontré les présidents de ces structures, la DAFM, les édents familiaux là on est au cœur du social des personnes que concrètement ça c'est ça c'est j'ai envie de dire le carcas un peu administratif mais quand il répond que les gens sont pas identifi les gens disent ben en fait nous on a rien vu alors à part au tout début et même les aides sont arrivées très tardivement Non mais c'est c'est pour signifier rien en fait c'est pour signifier que ils sont absents dans le plan quinquenal alors que ce plan est censé reconstruire le territoire pendant 6 ans. Est-ce qu'on ne se sent pas un échec dans ce cas-là en tant qu'élu de ce territoire après le face d'un gouvernement qui ne veut rien faire et c'est la réalité ça n'est que la faute du gouvernement aujourd'hui.

Ah bah en période de crise, l'État la République a bien dit qu'on est en calamité et dans ce cas-là, il y a des mesures qui doivent être mise en place en urgence et ça a été dit à l'Assemblée nationale, ils n'ont pas fait mais c'est une réalité. Vous vous dites souvent, on vous l'avait dit encore he ces politiques euh différencié dans les autres mères. Est-ce que les élus ultramarins sont en mesure aujourd'hui d'inverser les choses ? le jour où les élus que je dis bien les élus de de nos territoires tous prendre conscience euh de la force qu'ils ont par rapport à ce que fait le gouvernement de nos territoires depuis des décennies, la la vie de nos constitens changera.

Je pense que nous-même aussi nous nous faisons partie du du problème parce que nous n'y croyons pas. On se dit toujours oui bon euh c'est plus compliqué. beaucoup beaucoup en on approche on approche des fétistes et et suivent le et suivre le le mouvement donné impulsé par le gouvernement alors que non en fait on doit être en rupture puisque on voit que ça ça ne fonctionne pas.

Donc certains avent l'approche de dire oui mais bon il faut être bien avec eux, il faut leur discuter, il faut être faut être faut être proche de du des gouvernements quel qu'il soit pour qu'on puisse faciliter les choses. Ça ne fonctionne pas. C'est un leur, c'est le miroir aux alhouettes.

Maintenant, si aujourd'hui on n'a pas la capacité euh avec l'intellect et quand je dis ça, je suis très pragmatique, je ne fais pas d'idéologie politique, d'accord ? Vous m'avez dit nous sommes dans la République, nous avons droit à telle telle chose. C'est un du.

Sauf que chaque fois qu'on doit parler de nous, c'est toujours plus compliqué. Il faut attendre. C'est pas maintenant.

Si on si on je vous donne un exemple, lorsqu'on a fait un contrebudget pour nos territoires au niveau de la de la mission autre mè aujourd'hui le budget il a il a 2,9 milliards. Nous on a fait un contrebudget pour répondre aux urgences et des projets importants euh euh pour tous les autres ma près plus de 10 milliards d'euros. Mais vous savez nous-même au sein des députés au Tramarins, on n'y a pas cru.

Je dis mais pourtant on est parti des rapports de l'État, on est parti de la rapport de la Cour des comptes. Donc c'est c'est on ne parle pas de rien. Ça veut dire que nous-mêmes nous ne sommes pas artisans de ce changement là.

Le jour où nous serons artisans de ce changement est-ce que ça fonctionnera pour autant. Oui, moi je suis optimiste. Vous avez deux députés de bord politique complètement opposés et pourtant nous sommes là pour défendre les intérêts des Mais vous manquez d'unité aujourd'hui les élus ultramarins.

Il n'y a pas d'unité entre tous les élus ultramarins. Moi la dernière délégation entre qu'on a eu la réunion, moi j'ai fait par au collègues de faire de faire comprendre que les malheurs qu'il y a dans différents territoires doivent nous toucher toutes et tous parce que effectivement à partir du moment où est-ce que nous sommes unis sur des choses comme ça euh on arrive à impulser, on a démontré que chaque fois qu'on était uni au niveau de l'assemblée, on a on a inversé la chose, on a on a fait on a fait basculer sur le côté positif. Mais tant que des fois nous serons divisés et ça arrange l'État à partir du moment sur des problèmes similaires nous sommes et nous sommes et nous sommes fracturé ben ça va avancer moins rapidement qu'on ne le pense.

Vous euh au bout d'un an préfet hier a accepté que ce n'est pas normal le fait qu'on ait pas de l'eau avant 2027 parce que ça fait depuis Chido que j'entends Ah oui mais il y a le plan haut à partir de 2027 suite aux travaux de d'ironie B de l'usine de dessement. Je lu dit mais avant 2027 nous devons avoir de l'eau et nous devons enfin avoir le planè il y a que Mayotte qui n'en dispose pas et ça hier j'ai senti une prise de conscience alors que jusqu'à maintenant crise de l'eau nomination de préfet comme si nommé des qu' accepté que ça n'est pas normal mais qu'est-ce que ça va changer sur le quotidien des gens est-ce qu'on va avoir une livraison de bouteilles d'eau c'est déjà une prise de conscience mais c'est déjà ça sur moi j'ai abordé et le combat continu On a abordé la question sur le fait qu'il ait vendu le le sort stratégique aux enchères. Je dis moi excusez-moi de notre fenêtre, c'est choquant par rapport à ce que vit Mayotte.

Donc il nous a fait savoir que c'est plus un problème d'ordre réglementaire qu'autre chose. Donc je dis écoutez nous on va s'en saisir, il faudra que les choses changent puisque il n'est il est totalement anormal et inadmissible que c'est un territoire qui un manque d'eau où est-ce que la population n'a pas accès à l'eau au quotidien que parce que le stock stratégique est arrivé à date euh limite on va dire que vous vendiez aux enchères. vous devez distribuer.

Donc il nous a fait savoir qu'il était dans l'incapacité de le faire. Donc nous sortir de ce déplacement à Mayotte, nous ferons en sorte avec le ministère de de Tutelle pour que les préfets, en tout cas celui de Mayotte, puissent distribuer l'eau lorsque la date est arrivée et ne plus avoir cette cette réalité de vend aux enchè l'eau ici. Le bras armé hein pour la reconstruction de Mayotte, en tout cas dans l'urgence et l'établissement public.

Est-ce que vous avez vous allez rencontrer le général Facon ? J'ai pas vu hein sur votre programme. Non, on on l'a pas parce que pour nous c'est pas prioritaire.

Le le l'objectif pour nous c'est d'aller sur le terrain visiter général Faon. On le rencontre régulièrement au ministère des autres maères. moi l'objectif de la délégation et je tiens ce matin à remercier la délégation des autres maires son président et le collègue Califer de la Guadeloupe que je salue euh mais d'aller sur le terrain et se rendre compte de la réalité des choses parce que les informations qui arrivent par les représentants de l'État à Paris souvent sont biaisés, ne réflèteent pas réellement la réalité quand on pourant il y a il y a eu des délégations à maillot qui sont venus voir justement euh ce qui passait.

En tout cas pour juste dernier appel vous devrez rencontrer également le conseil départemental et puis le SU desv parler aussi de la gestion de déchets puis la question de l'eau. Merci beaucoup à vous deux pour cet entretien. Vous restez avec nous pour la suite.

Zakweli du 2 décembre 2025 avec Davy Rimane et Anchya Bamana — Davy Rimane · Pourquijevote