Colère agricole, Mercosur, budget...L'interview de Yaël Braun-Pivet en intégralité
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Yael Brunpivet. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin dans ce studio. Vous êtes la présidente de l'Assemblée nationale. Je voudrais d'abord qu'on revienne sur ce qui s'est passé hier. Il était 11h. Il y avait un certain nombre de manifestants, agriculteurs devant l'Assemblée nationale. Vous êtes sortis à leur rencontre et voilà ce qui s'est passé.
– Merci de venir nous rencontrer. – Je vous en prie, à ce qu'on peut arriver. – Franchement, je vous en prie.
– Vous avez été huée, des cris de démission. Vous avez même pris, semble-t-il, un projectile, peut-être même un crachat. – Non, une poignée de neige. – Une poignée de neige ?
– Vous avez le sourire ce matin ? – Mais bien sûr, parce que vous savez, quand on fait de la politique, on ne peut pas avoir peur des gens qu'on représente. On ne peut pas avoir peur des Français, des citoyens. Donc les citoyens viennent manifester devant l'Assemblée nationale. C'est qu'ils ont des choses à dire à la représentation nationale. Il est normal que la présidente que je suis aille à leur rencontre et essaye de discuter avec eux. – Même quand ils sont énervés, même quand ils sont en colère. – Mais bien sûr, vous savez, moi, ça fait plusieurs années que je fais de la politique. J'ai vécu les manifestations lors de la réforme des retraites avec des cassereaux-lades.
Les préfets me disaient, n'y allez pas, annulez votre déplacement. Je ne l'ai jamais fait. J'ai toujours, toujours été à la rencontre des Français, à la rencontre des syndicalistes. C'est comme ça que je conçois la vie politique. On ne peut pas avoir peur du dialogue, de la confrontation, parfois désagréable. Mais ce n'est pas grave, c'est ainsi. Si on ne veut pas cette confrontation, on ne fait pas de politique, on fait autre chose.
– Donc, pour vous, pas de regrets d'y avoir été. Vous les avez ensuite reçus posément dans votre bureau. Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui s'est dit ?
– Moi, j'ai reçu l'ensemble des organisations syndicales, les unes après les autres. C'est des organisations avec lesquelles je suis en contact régulièrement. Je vais aussi, quand je me déplace sur le territoire national, beaucoup à la rencontre de nos agriculteurs, dans des exploitations, etc. Donc, c'est une préoccupation que j'ai depuis longtemps. Donc, ce dialogue syndical, il faut l'avoir. Et après, il faut les écouter. Et c'est un peu, et c'est ça qui est un petit peu, finalement, perturbant. C'est que c'est toujours les mêmes revendications qui reviennent. Ils ont besoin de simplification, trop de normes, trop de complexité administrative. Ils ont des boulets aux pieds.
Ils estiment que la concurrence n'est pas loyale entre ceux qu'ils font et les autres producteurs à l'international. Ils doivent faire face à des crises, crises sanitaires, crises climatiques. Et ils ont le sentiment de ne pas être suffisamment armés. Pour autant, ils aiment leur métier. Nous aimons nos agriculteurs, nous aimons notre agriculture. C'est ce qui définit notre pays. On le sait tous, on y est très attachés. Les écouter, c'est bien. Et donc, il faut engager un certain nombre d'actions. Continuer, parce que ça s'inscrit dans un certain nombre d'actions qu'on a déjà réalisées.
Yann Brune-Pivet, vous dites, ce qui est terrible, c'est que c'est toujours les mêmes revendications.
Mais parce que les choses n'ont pas changé. Alors, elles ont changé, mais à chaque fois, on ne va pas assez loin. Et ça ne va pas assez vite. Je prends un exemple. Les questions de simplification, ça fait des mois que nos préfets ont travaillé avec les agriculteurs, main dans la main, pour simplifier les procédures. Mais il faut continuer. On n'est pas au bout du chemin. Et ils ont le sentiment que quand on remet une disposition, eh bien, on recomplexifie à nouveau. Et que c'est une espèce de va-et-vient qui s'installe. Et donc, il faut qu'on ait un cap clair de simplification. Et c'est ce que je crois à engager le gouvernement actuellement.
Sauf que l'une des revendications de ces agriculteurs, c'est le Mercosur. Journée décisive aujourd'hui à Bruxelles. La France a annoncé qu'elle voterait non.
Et ça ne changera rien. Écoutez, on est 27. C'est une union. Et donc, il n'y a pas de droit de veto, comme au Conseil de sécurité des Nations Unies. Et donc, il fallait convaincre des partenaires. Nous avons fait tout ce que nous avons pu pour ce faire. Et nous avons réussi en décembre à convaincre les Italiens. Et à avoir ainsi une minorité de blocage. Ça n'a pas perduré. Les Italiens ayant obtenu d'autres garanties. Et donc, il faut continuer à se battre. Parce que le combat n'est pas fini. Il y a le Parlement européen qui va s'exprimer. La Cour de justice de l'Union européenne qui peut être saisie. Et donc, il y a encore des procédures.
Et puis, il y a toujours et encore ce combat pour renforcer les garanties. Les agriculteurs, nous en avons parlé. Ces fameuses clauses de sauvegarde. Ces fameuses clauses miroirs. Et surtout, ces contrôles. Pour ne pas, en fait, avoir posé des actes. Poser des paroles. Poser des principes de concurrence loyale. Et finalement, faire que ça ne soit pas effectif.
La question de la réalité, effectivement, de ces contrôles. On va y revenir. Mais vous n'êtes pas triste, quand même, de vous dire que, hier, on entendait, par exemple, la ministre de l'Agriculture, sur notre antenne, qui disait que c'est un nom puissant de la France.
Mais c'est un nom puissant qui ne pèse plus rien. Alors, je ne suis pas d'accord. Il ne pèse pas plus rien, ce nom. Déjà, il a été exprimé très puissamment. Et par le gouvernement. Mais aussi par l'Assemblée nationale. L'Assemblée nationale, à travers plusieurs votes. Donc, de façon très transpartisane, a exprimé son opposition très ferme au Mercosur. Mais cette opposition, cette position de la France, elle a permis, justement, d'avoir ces clauses de sauvegarde. Elle a permis, justement, d'avoir ces clauses miroirs. Elle a permis, justement, de pouvoir renforcer les contrôles au niveau européen. Donc, ça n'est pas rien.
Mais pas suffisamment, puisque le Premier ministre lui-même dit que le compte n'y est pas. Mais c'est la raison pour laquelle nous nous y opposons. Et c'est la raison pour laquelle nous continuons à mener le combat. Et nous allons être très constants en la matière.
Il y a un mot qui m'a frappée dans les paroles d'Annie Gennevard. Elle dit que c'est un symbole fort. Et moi, je vais vous dire, c'est ce qui m'a le plus désolée. C'est qu'au fond, nous ne sommes plus que symboliques.
Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. Je ne suis pas d'accord. La France est attendue. La France a une parole forte. La France a une place importante en Europe. A nous, après, de mener les combats. Nous sommes dans un collectif.
Vous-même, présidente de l'Assemblée nationale, vous l'avez constaté, les députés français ont voté à la quasi-unanimité contre le Mercosur.
Mais c'est ce qui permet au gouvernement aujourd'hui d'avoir une assise très démocratique pour pouvoir continuer à s'opposer à cet accord qui, aujourd'hui, ne nous satisfait pas pleinement. Le compte n'y est pas. Nous ne sommes pas contre les accords de libre-échange. Mais pour autant, il faut continuer à nous battre pour préserver nos intérêts, préserver nos agriculteurs. Vous ne vous dites pas que la France est faible. Mais pas du tout. Si vous considérez que vous êtes faible, vous ne pouvez pas aller vous battre et vous vous battez avec les mains dans le dos. Nous pensons que la France est puissante.
Nous pensons que la voix de la France compte à nous, hommes et femmes politiques, de la portée haute. Mais nos agriculteurs, en cela, nous aident. Parce que, justement, ils nous montrent qu'ils se mobilisent de façon très unitaire pour défendre l'agriculture. Vous soutenez ? Et nous sommes aussi leur porte-parole. Nous sommes leur représentant. Vous soutenez cette mobilisation, et même si elle doit durer ? Mais je soutiens la mobilisation des agriculteurs et je souhaite aussi que nous puissions leur apporter des réponses. Tout n'est pas dans le Mercosur. Tout n'est pas dans le Mercosur. C'est ce que je vous disais au départ.
Et vous parliez de la question de la simplification, la question de la concurrence déloyale, qui n'est pas qu'avec des pays hors de l'Union européenne. C'est aussi nos propres voisins. C'est l'Espagne, c'est l'Allemagne, qui ont des règles moins dures. Est-ce que nous, la France, on ne s'est pas trompée en étant trop zélée sur un certain nombre de normes, plus en tout cas que nos voisins ? En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il faut...
On a créé cette distorsion. Parfois, on a créé à travers ce qu'on appelle des surtranspositions. Et donc, on a été peut-être un peu plus loin qu'on aurait dû. Et c'est la raison pour laquelle il faut absolument remettre un certain nombre de choses à plat pour créer les conditions d'exercice du métier d'agriculteur qui soient satisfaisantes. Et j'ai oublié quelque chose qui, finalement, est fondamental parce que c'est ce qui vient en premier dans la liste. Un revenu digne. Un agriculteur, sa revendication aujourd'hui principale, telle qu'elle a été exprimée encore hier dans mon bureau, c'est de pouvoir gagner dignement sa vie.
Et sa vie de son métier, pouvoir produire en ayant une stabilité financière qui lui permette de regarder l'avenir avec sérénité, de pouvoir nourrir sa famille, ses enfants, de pouvoir se projeter.
Ça a des conséquences aussi en termes de bras de fer politique. Alors, du côté de Marine Le Pen, elle demande à ce que l'on brandisse la menace d'une suspension de la contribution de la France au budget de l'Union européenne. Est-ce qu'il faut qu'on rentre dans ce bras de fer ?
Je crois que ce n'est pas la bonne méthode parce que de l'autre côté, nous avons aussi la politique agricole commune, la fameuse PAC, dont la France est un des principales bénéficiaires. Donc c'est pour ça qu'il faut continuer à discuter, mais il ne faut pas rentrer dans cette radicalité-là. Je pense qu'elle serait parfaitement contre-productive.
Les Républicains, par la voix de Bruno Retaillon, ont évoqué aussi la possibilité de censurer le gouvernement sur la question du Mercosur.
J'ai vu effectivement qu'il y aurait peut-être une motion de censure, alors pas à l'initiative des Républicains, mais à l'initiative du Rassemblement national. On verra quand elle sera déposée. À l'heure où je vous parle, elle n'est pas déposée. On verra aussi quels sont les arguments et comment cela est posé. Et puis le débat aura lieu. Si elle est déposée rapidement, le débat aura lieu la semaine prochaine à l'Assemblée nationale.
La méthode des agriculteurs, vous avez dit que vous souteniez la mobilisation. On voit sur des images en direct, pour ceux qui nous regardent sur BFM TV, je les commente pour RMC, ce sont des agriculteurs sur le périphérique. Ils continuent donc leur mobilisation, quitte à bloquer cet aspect-là. Est-ce que la méthode, vous la soutenez ?
Non, je ne soutiens pas les blocages, je ne soutiens pas l'entrave, à la liberté d'aller et venir des Français. Je ne soutiens pas les dégradations. J'ai des parlementaires qui, encore hier, ont vu leur permanence dégradée. Donc je ne soutiens pas ces actions qui visent à entraver les Français dans leur liberté. Vous leur demandez de rentrer chez eux. Donc moi, je souhaite qu'on arrive à avoir ce dialogue. Ce qui est important, c'est qu'on discute et qu'on arrive. Ils savent que nous sommes à leur côté. Donc il faut qu'on avance main dans la main pour pouvoir gagner ce combat ensemble.
Je le précise, ces opérations escargots, donc des tracteurs, des agriculteurs, ça se passe sur le périphérique parisien en ce moment même. Et on continue à vous informer sur BFM TV et RMC. Le budget, pendant ce temps-là, la France n'a toujours pas de budget. Les discussions ont repris cette semaine. Et ça pourrait vraisemblablement se terminer assez vite par un 49-3. Est-ce que vous le comprenez que finalement, on en arrive là ?
Je trouve cela dommage. Et je trouve qu'il y a encore aujourd'hui une autre voie de passage. La voie du débat parlementaire. Vous l'avez rappelé, le débat a recommencé. Donc on est en nouvelle lecture à l'Assemblée nationale en commission. La semaine prochaine, dans l'hémicycle, mardi, et je présiderai mardi après-midi, l'ouverture des débats sur cette loi de finances. Moi, je pense et j'invite tout le monde à réussir à converger. Parce qu'on ne peut pas vouloir, à la fois, quand on fait partie des oppositions, l'abandon du 49-3. Donc l'abandon d'un passage un peu en force du gouvernement devant le Parlement. Et puis après, ne pas aller jusqu'au bout du débat.
Et finalement, être capable de l'assumer et de voter, soit pour, soit au moins de s'abstenir. Il faut être cohérent. Donc moi, j'invite tout le monde. Vous y croyez encore ? Moi, j'y crois toujours. Et je me rappelle, j'étais sur un plateau un peu avant le vote du PLFSS. Et on me disait, mais Madame la Présidente, c'est un peu la méthode Coué. Vous croyez au vote. Mais en fait, vraiment, ce n'est pas réaliste. Et c'est passé. Et c'est passé. Donc moi, j'y crois toujours. C'est l'essence de mon travail en ce moment.
En fait, le mot débat, vous l'aurez prononcé de très, très nombreuses fois depuis le début de cette interview.
Mais je le prononce depuis 2022, depuis que je préside l'Assemblée nationale. Moi, j'y crois à cette Assemblée, parfois un peu contre vents et marées. Et j'y crois parce qu'elle est le résultat du vote des Français. Et moi, mon job, c'est de faire en sorte qu'elle fonctionne et qu'elle produise ce qu'elle doit produire. Et aujourd'hui, ce qu'elle doit produire, c'est un budget pour la France. Et donc, continuons à y travailler. Par le débat, c'est le lieu du débat, le Parlement.
Vous trouvez ça dommage, vous regrettez, vous espérez encore qu'on puisse s'en passer. Mais si toutefois le 49.3 était nécessaire, alors il ne faut pas s'en priver ?
Moi, je n'y souscris pas. Je suis présidente de l'Assemblée nationale. Et donc, je ne souscris pas au 49.3. Je ne souscris pas à ce type d'outil dans les circonstances actuelles. À partir du moment où le Premier ministre et le gouvernement ont dit qu'ils y renonçaient. Je pense que la parole publique est importante. La parole publique doit être crédible. Et lorsque l'on dit une chose, on ne peut pas faire l'inverse. Quelques semaines ou quelques mois plus tard. En tout cas, moi, ça me dérange profondément sur le plan démocratique. Mais la contrepartie de cela, c'est que chacun doit faire des efforts. Chacun doit faire des efforts pour débattre.
Chacun doit faire des efforts pour aller au compromis. Mais si pas de 49.3, ça peut durer des semaines. Mais non, parce que les débats vont avoir lieu et vont s'enchaîner à l'Assemblée nationale. Et il va y avoir des votes dans les jours qui viennent. Donc, ça ne peut pas durer des semaines. Mais j'invite tout le monde à être très conscient de cette situation et à continuer à faire des pas les uns vers les autres pour que nous puissions avoir un budget par le vote. Alors, on n'utilise pas le 49.3 dans votre scénario. On continue à débattre. On vote. Et si le budget n'est pas adopté, on fait quoi ? Eh bien, ça, c'est une impasse. Et donc, on continue.
Si le budget n'est pas adopté, on continue sous le régime de la loi spéciale que nous avons. Ça n'est pas du tout satisfaisant. Et c'est la raison pour laquelle il faut que nous ayons un budget. Donc, si je comprends bien, ça n'est pas satisfaisant ? Il faut faire le maximum d'efforts. Nous sommes aujourd'hui à un moment où les débats n'ont pas repris ni en commission ni dans l'hémicycle. Donc, ne jouons pas d'ores et déjà la fin de la partie. Aujourd'hui, la partie qui s'ouvre, c'est une partie de débat parlementaire. Donc, mettons tous nos forces dans ce débat parlementaire. Et j'espère que nous réussirons à trouver le chemin.
Yael Brunpivet, ce qui est important, c'est que vous dites ce matin que vous ne voulez pas de 49.3. Vous dites qu'ils se sont engagés à ne pas l'utiliser. Il ne faut donc pas l'utiliser. Que pour autant, effectivement, les ordonnances seraient une impasse. Qu'il faut donc continuer jusqu'au bout. Mais sur quel texte ? Par exemple, un des points de blocage, c'est la question, il faut encore trouver entre 12 et 15 milliards, c'est la question de la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés. Et vous, là-dessus, vous êtes OK ? Vous dites on le fait ?
Moi, j'ai toujours été favorable au fait qu'il fallait qu'on ait un budget qui soit équitable et que l'effort soit justement partagé et qu'il y ait donc une contribution des plus aisés sur les personnes privées et des sociétés. Ça ne me pose aucune difficulté. Il faut trouver le bon niveau de prélèvement pour que chacun ait le sentiment et la conviction que l'effort est juste. Ça ne vous pose aucune difficulté ? Ça ne vous paraît pas contraire à ce qu'était l'engagement du macronisme ?
Mais pas du tout, parce que l'engagement du macronisme, c'était de promouvoir une politique de l'offre, de promouvoir une activité économique qui se redynamise, une réindustrialisation de notre pays, de la création d'emplois, la baisse des impôts de production. C'est ce que nous avons fait. Maintenant, nous sommes dans une situation compliquée, vous savez quoi ? Il est beaucoup plus dommageable pour nos entreprises, pour notre économie, de ne pas avoir de budget, d'être dans une situation de blocage où ils n'ont pas de perspective.
Vous savez, lorsque nous n'avons pas eu de budget l'année dernière, c'est quasiment 50% des investissements, que ce soit d'entreprises étrangères ou d'entreprises françaises, qui ont été gelées, reportées, etc. On ne peut pas se payer ce luxe-là. Et c'est la raison pour laquelle aussi, il est important de trouver un vrai compromis sur le budget, qui nous permette d'avancer, qui nous permette de nous projeter, et qui nous permette de pouvoir nous occuper des autres sujets de préoccupation des Français. Elle va servir à quoi, cette année 2026 ? Justement, nous avons des lois, probablement agricoles, dont il faut que nous débattions à nouveau. Nous avons l'importante loi sur la fin de vie.
Vous savez que c'est un combat que je mène depuis des années, pour que nous puissions avoir un débat parlementaire, suivi d'un vote sur ce texte, pour ouvrir ce nouveau droit pour les Français. Moi, je souhaite qu'il soit ouvert en 2026. Le débat va commencer la semaine prochaine au Sénat, et ce texte reviendra en février à l'Assemblée nationale. Nous avons un texte important sur les fraudes, les fraudes sociales, les fraudes fiscales, qui est prêt, qui attend d'être examiné dans l'hémicycle. Nous avons un texte sur la politique pénale de notre pays, sur l'accord, sur les collectivités. Donc oui, cette année, mais ce n'est pas, elle peut être utile, elle doit être utile. C'est notre mission.
Les Français ne nous ont pas confié un mandat de 3 ans et demi. Ils nous ont confié un mandat de 5 ans. Et donc, nous devons travailler jusqu'au bout.
J'ai envie de vous dire, ils vous ont confié un mandat de 5 ans, et puis il y avait eu les 5 ans précédents. Est-ce que pour vous, le macronisme existe encore ? Est-ce que ça existe encore ? Écoutez, je crois que je suis devant vous et que j'existe.
Comment vous l'incarnez ? Et que j'agis et on est très nombreux à agir. Le macronisme, c'est une action politique qui croit, dans le dépassement de clivage, moi je suis peut-être la dernière à y croire. Moi j'y crois. J'y crois au rassemblement des énergies. Je crois au rassemblement des convictions. Je crois au travail avec des gens qui ne sont pas complètement d'accord avec moi, mais qui partagent la même vision, les mêmes valeurs, et qui ont envie de s'asseoir à la même table que moi pour travailler dans l'intérêt des Français. Ça c'est le macronisme. Le macronisme, c'est le progressisme. C'est une vision européenne. C'est justement une haute idée de la France.
Moi j'entends plein d'hommes et de femmes politiques qui pensent que la France est en déclin, que la France s'effondre. Mais ce n'est pas cette France-là. Ni que je vois, ni que j'aime, ni cette France dont les Français me parlent.
Je trouve ça très séduisant de se dire « Moi j'y crois encore à cette France puissante ». Évidemment, on n'a qu'une envie, c'est de se dire la même chose. Mais vous comprenez bien qu'on se heurte au mur du réel.
Oui, mais justement. En fait, moi je crois aujourd'hui que la description qu'on fait du réel, parfois, est en fait complètement erronée. Il y a un sentiment que ça se dégrade, alors qu'en réalité ça ne se dégrade pas ? Non, il y a des choses qui se dégradent. Évidemment, il ne faut pas être naïf. Mais tout ne va pas mal dans notre pays. Tout ne va pas mal dans notre pays. Vous savez, moi, sur le plan de la santé, on dit que ça ne va pas bien. Et c'est vrai, il y a des déserts médicaux, il y a un énorme problème d'accès aux soins. Nos compatriotes nous le disent partout où on va sur le territoire de notre pays.
Pour autant, on a la meilleure recherche du monde, on a des chercheurs, on a des prix Nobel. Et donc, soyons aussi optimistes, ayons confiance dans les forces de notre pays, soyons conscients de nos faiblesses pour pouvoir y remédier, mais croyons en la grandeur et à la hauteur de la France.
Merci Yael Brunpivet d'avoir répondu à mes questions ce matin. Président de l'Assemblée nationale, vous êtes bien sur RMC, BFM TV. Merci Yael Brunpivet d'avoir regardé cette vidéo !
Yaël Braun-Pivet